| CELEX | 52021AE2582 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 22 septembre 2021 |
| 22.12.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 517/51 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2013/34/UE, 2004/109/CE et 2006/43/CE ainsi que le règlement (UE) no 537/2014 en ce qui concerne la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises
[COM(2021) 189 final — 2021/104 (COD)]
(2021/C 517/07)
| Rapporteur: | Marinel Dănuț MURESAN |
| Consultation | Conseil de l’Union européenne, 22.6.2021 Parlement européen, 23.6.2021 |
| Base juridique | Articles 50 et 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Marché unique, production et consommation» |
| Adoption en section | 2.9.2021 |
| Adoption en session plénière | 22.9.2021 |
| Session plénière no | 563 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 226/0/7 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le CESE accueille favorablement la proposition relative à la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (Corporate Sustainability Reporting directive, CSRD) et estime que la publication d’informations de qualité élevée en matière de durabilité constituera un élément essentiel de la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe et notamment des objectifs ambitieux du paquet «Ajustement à l’objectif 55». |
| 1.2. | Plus particulièrement, l’extension du champ d’action de la CSRD à toutes les grandes entreprises remplissant certaines conditions, ainsi qu’aux PME cotées, soutiendra la transformation de l’économie européenne conformément à l’accord de Paris, tout comme le mandat confié à l’EFRAG d’élaborer des normes de l’Union cohérentes en matière d’information non financière. |
| 1.3. | À la suite du plan d’action sur le financement de la croissance durable, le CESE se félicite de l’accent mis par la Commission européenne sur l’incitation à la publication de données de haute qualité en matière de durabilité par les entreprises et les institutions financières. Les secteurs public et privé doivent œuvrer de concert à ce résultat et le cadre législatif pour la finance durable et l’information des entreprises jouera un rôle crucial à cet égard. |
| 1.4. | Le CESE encourage les colégislateurs à évaluer les coûts opérationnels et administratifs liés à l’inclusion progressive et volontaire des PME dans le champ d’application de la directive, et à envisager d’éventuelles mesures de soutien supplémentaires pour contribuer à compenser toute charge administrative et opérationnelle pour ce segment crucial de l’économie. |
| 1.5. | Le CESE se félicite grandement de la clarification par la Commission européenne du principe de double importance relative (double materiality) et de son adhésion à ce principe, et accueille favorablement la description qui en est donnée au paragraphe 3 de la proposition. |
| 1.6. | Le CESE soutient le mandat donné au Groupe consultatif pour l’information financière en Europe (EFRAG) de préparer l’avis technique en vue de l’élaboration de normes européennes pour la communication d’informations non financières. Ce processus de normalisation doit associer toutes les parties prenantes ayant un intérêt significatif à la préparation et à l’utilisation d’informations en matière de durabilité: il convient de s’assurer que les acteurs financiers et non financiers concernés du monde de l’entreprise, les partenaires sociaux et la société civile aient un rôle clair à jouer à tous les stades. |
| 1.7. | Le CESE encourage la Commission européenne, les autorités européennes de surveillance et les colégislateurs à veiller à un alignement rigoureux, sur le plan du contenu et du séquençage, des différentes composantes du cadre de publication des informations en matière de durabilité, y compris celles qui concernent les établissements financiers. |
| 1.8. | Le CESE encourage également la Commission européenne et l’EFRAG à réfléchir à la manière dont des exigences spécifiques en matière de publication d’informations pays par pays sur les risques et les incidences en matière de durabilité, pour toutes les entités relevant du champ d’application, pourraient encourager la publication d’informations plus détaillées et significatives. |
| 1.9. | Enfin, le CESE invite la Commission européenne à envisager de renforcer l’éducation financière et l’éducation à la durabilité. Si la proposition à l’examen garantira que les entreprises et les établissements financiers seront en mesure de fournir des données précises aux utilisateurs finaux, aux futurs bénéficiaires et aux autres investisseurs finaux, un effort complémentaire est toutefois nécessaire pour permettre à ceux-ci de canaliser leur épargne vers des investissements durables avec une confiance suffisante. Le CESE se félicite donc des engagements pris à cet égard dans le cadre de la stratégie pour le financement de la transition vers une économie durable (1). |
2. Proposition de la Commission
| 2.1. | La directive sur la publication d’informations non financières 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil (2) portant modification à la directive comptable, a été adoptée en 2014. Les entreprises relevant du champ d’application de la directive ont dû faire rapport conformément à ses dispositions pour la première fois en 2018 (pour l’exercice 2017). |
| 2.2. | Conformément à la directive sur la publication d’informations non financières, la Commission a publié en 2017 des lignes directrices non contraignantes sur le sujet à l’intention des entreprises (3). En 2019, elle a publié des lignes directrices supplémentaires relatives aux informations en rapport avec le climat (4). Ces lignes directrices n’ont pas permis d’améliorer suffisamment la qualité des informations publiées par les entreprises dans les conditions prévues par la directive sur la publication d’informations non financières. |
| 2.3. | La Commission européenne s’est engagée à proposer une révision de la directive sur la publication d’informations non financières dans le cadre du pacte vert pour l’Europe et de son programme de travail pour 2020 (5). |
| 2.4. | En mars 2018, la Commission européenne a publié le plan d’action sur le financement de la croissance durable (6), qui a réaffirmé la nécessité de poursuivre la normalisation des informations non financières que les entreprises sont tenues de communiquer et qui sont nécessaires pour orienter les décisions d’investissement. Après le plan d’action, la Commission a publié trois propositions législatives visant à préciser davantage la nature des données demandées aux entreprises à cette fin: le règlement sur la taxinomie (7), le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité (8) et le règlement relatif à l’indice de référence «bas carbone» (9). |
| 2.5. | Dans son rapport d’initiative sur la finance durable de mai 2018, le Parlement européen a appelé à renforcer encore les obligations de déclaration dans le cadre de la directive sur la publication d’informations non financières (10). Dans sa résolution de décembre 2020 sur la gouvernance d’entreprise durable, il s’est félicité de l’engagement pris par la Commission de réviser la directive sur la publication d’informations non financières, a demandé une extension de son champ d’application afin d’y inclure d’autres catégories d’entreprises et a salué la volonté de la Commission d’élaborer des normes de l’Union en matière d’information non financière (11). Le Parlement européen a également estimé que les informations non financières publiées par les entreprises conformément à la directive devraient faire l’objet d’un audit obligatoire. |
| 2.6. | La directive sur la publication d’informations non financières, ainsi que le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers et le règlement sur la taxinomie, sont les éléments centraux des exigences régissant la publication d’informations relatives à la durabilité qui sous-tendent la stratégie de l’UE en matière de finance durable. |
| 2.7. | L’objectif de la présente proposition est par conséquent d’améliorer la publication d’informations sur la durabilité afin de mieux exploiter les possibilités qu’offre le marché unique européen de contribuer à la transition vers un système économique et financier totalement durable et inclusif, conformément au pacte vert pour l’Europe, et notamment au paquet «Ajustement à l’objectif 55», et aux objectifs de développement durable des Nations unies. |
3. Observations générales
| 3.1. | L’Europe sort actuellement d’une situation d’urgence sanitaire qui a mis en évidence la nécessité de disposer d’un système financier et économique résilient pour être en mesure à l’avenir de nous préserver des crises imprévues. Comme l’a soutenu la Banque centrale européenne, la pandémie constitue «un rappel brutal que, pour éviter que le changement climatique ne porte durablement préjudice à l’économie mondiale, des changements structurels fondamentaux s’imposent dans notre économie, lesquels passent par des modifications systématiques dans la manière dont l’énergie est produite et consommée» (12). Dans le même temps, la BCE souligne que ne pas agir avec l’urgence requise menace la vie humaine elle-même, particulièrement celle des plus pauvres et des plus vulnérables. La qualité des informations non financières communiquées par les entreprises est un élément crucial pour s’assurer que les deux dimensions du problème soient dûment prises en compte. |
| 3.2. | Parallèlement, le fait de progresser sur la voie de l’union des marchés des capitaux (UMC) contribuera à ce que l’industrie européenne, dont les PME, qui concourent à plus de la moitié du PIB européen (13), constituent l’épine dorsale, puisse continuer de prospérer, de créer des emplois de qualité et de renforcer la compétitivité à long terme de l’Union européenne. Ces avancées sur la voie de l’UMC dépendent de l’allocation de capitaux aux entreprises en pleine transition pour leur permettre d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris et de soutenir ceux du pacte vert pour l’Europe, et de la garantie que l’éducation financière et l’éducation à la durabilité feront partie intégrante des engagements de l’Europe. |
| 3.3. | Des données d’entreprise de grande qualité, comparables, pertinentes, répondant aux critères de la double importance relative (double materiality), constituent une condition préalable essentielle pour que le secteur financier soit en mesure d’évaluer le profil de durabilité des clients et contreparties non financiers et financiers, lui permettant d’aider ses clients à atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Le CESE invite les colégislateurs à s’assurer que la proposition à l’examen réponde à cet objectif clé, qui constituera la base d’une reprise durable après la pandémie de COVID-19 et garantira la compétitivité et la croissance à long terme du marché unique. |
| 3.4. | Le Groupe consultatif pour l’information financière en Europe (EFRAG) est chargé d’élaborer les normes techniques (ci-après «les normes») qui mettront en pratique le texte législatif. À la suite du rapport final de l’EFRAG sur la question (14), le CESE encourage la plateforme de l’UE sur la finance durable et la plateforme internationale sur la finance durable à consulter étroitement l’EFRAG en vue de déterminer un niveau de détail approprié pour les normes, en veillant à ce que les entités communiquant les informations fournissent des données significatives et comparables. Compte tenu de l’évolution rapide de la situation au niveau international dans le domaine de la publication d’informations sur la durabilité, notamment l’utilisation généralisée, tant par les entreprises que par les institutions financières, des cadres de la GRI, du SASB et du groupe de travail sur la divulgation d’informations financières en rapport avec le climat, le CESE recommande que les normes s’inspirent des principales dispositions de ces cadres. Comme l’a également souligné l’EFRAG, la coopération internationale dans ce domaine ne devrait toutefois pas entraver l’ambition de l’Union en tant que chef de file mondial en matière de durabilité en ce qui concerne la portée du cadre réglementaire européen et le rythme de son élaboration. Garantir une représentation équilibrée des principaux groupes de parties prenantes, y compris les partenaires sociaux, dans la structure de gouvernance de l’EFRAG permettra de s’assurer que ce processus soit mis en œuvre aussi résolument que possible. |
| 3.5. | Pour garantir la fourniture de données comparables et de haute qualité, il sera crucial de veiller à la cohérence dans l’adoption des pratiques en matière de communication d’informations relatives à la durabilité dans l’ensemble de l’Union à 27. Le CESE encourage les colégislateurs à veiller à ce que les négociations aboutissent à un résultat suffisamment souple pour que les dispositions de la directive ne fassent pas l’objet de modifications importantes au cours du processus de transposition, en raison du fait qu’un règlement n’aurait pas été adopté. Cela revêt en effet une importance cruciale pour garantir la cohérence des obligations de déclaration dans l’ensemble de l’Union à 27, prévenir la fragmentation du marché et encourager la circulation sans entrave des capitaux de manière égale dans toutes les juridictions. Si le CESE ne doute pas que les normes à venir seront appliquées de manière cohérente dans toute l’Union à 27, il est essentiel de souligner l’importance de s’assurer que les résultats de la transposition de la directive CSRD et du processus de normalisation rendent possible, sur l’ensemble du territoire de l’Union à 27, une communication d’informations en matière de durabilité qui soit de grande qualité, comparable et significative. Des études empiriques réalisées antérieurement par la société civile ont mis en évidence d’importantes différences régionales, qui sont susceptibles de compromettre cet objectif (15). |
4. Observations particulières
4.1. Champ d’action
| 4.1.1. | Le CESE se félicite de l’élargissement du champ d’application de la directive aux PME cotées — à l’exclusion de celles cotées dans le cadre de systèmes multilatéraux de négociation (MTF) ou sur les marchés de croissance des PME — et des dispositions relatives aux déclarations volontaires pour les PME non cotées, ainsi que de la période de transition de trois ans et de la norme simplifiée pour les PME cotées. En raison des contraintes administratives et opérationnelles considérables auxquelles sont soumises les PME pour obtenir les données appropriées et préparer leurs rapports, contraintes encore exacerbées par les effets de la pandémie de COVID-19, le CESE soutient le champ d’application actuel de la proposition à cet égard. Cette approche équilibrée permet aux PME de répondre de manière prévisible aux attentes croissantes en matière d’information sur la durabilité de leurs investisseurs et des parties prenantes au sens large, tout en leur laissant la souplesse et le temps nécessaires pour satisfaire progressivement et volontairement à ces exigences. |
| 4.1.2. | Le CESE recommande à la Commission européenne de réaliser sans délai une analyse d’impact et une analyse coûts-avantages spécifiquement consacrées aux effets de la période d’introduction progressive et de la norme d’information simplifiée pour les PME cotées et non cotées. Il importe, dans le cadre de ces analyses, d’inclure des données empiriques concrètes et de formuler des recommandations concernant l’inclusion, dans un délai raisonnable, des PME cotées et non cotées opérant dans des secteurs à haut risque, dans le champ d’application de la directive. Le cas échéant, la Commission européenne devrait également envisager des mesures de soutien supplémentaires pour aider les PME dans le cadre de leurs futures obligations de déclaration. |
4.2. Communication d’informations sur les risques et les incidences tout au long des chaînes de valeur
| 4.2.1. | Le CESE salue l’approche privilégiée dans la directive proposée, qui consiste à inclure des obligations de déclaration couvrant la chaîne de valeur des entités relevant du champ d’application. Compte tenu de la complexité des chaînes de valeur modernes, le CESE recommande des critères plus clairs et plus détaillés pour déterminer quand il y a lieu d’appliquer l’approche portant sur l’ensemble de la chaîne de valeur en matière de déclaration, conformément à la disposition de la directive proposée qui prévoit de la privilégier «le cas échéant», comme indiqué au considérant 29. Étant donné que des risques et impacts significatifs en matière environnementale, sociale et de gouvernance découlent d’activités menées dans les chaînes de valeur, le CESE tient à souligner que ces spécifications supplémentaires ne devraient pas remettre en question l’obligation de faire rapport d’une manière qui favorise une transparence totale concernant les incidences des activités menées dans les chaînes de valeur. |
4.3. Alignement des obligations de déclaration sur le plan du calendrier et du contenu
| 4.3.1. | Le CESE tient à souligner que le succès de la proposition à l’examen dépend d’un séquençage et d’un alignement minutieux des obligations de déclaration entre la directive CSRD et d’autres cadres législatifs. Étant donné que la proposition répond aux besoins des entreprises relevant du champ d’application qui sont à la fois utilisatrices et préparatrices d’informations non financières, il sera particulièrement important de veiller à ce qu’un délai suffisant soit prévu pour la collecte, l’évaluation et la publication des données pertinentes. Dans le cadre de cette coordination, il s’agira de veiller à ce que les clients non financiers des entités financières relevant du champ d’application de la directive soient tenus de publier les données nécessaires dans un premier temps, afin de permettre ensuite aux entités financières de les évaluer et de préparer leurs propres publications. |
| 4.3.2. | La Commission européenne et les colégislateurs devraient évaluer ces exigences de séquençage, notamment parce qu’elles influencent les entités relevant du champ d’application qui seront soumises à des obligations de déclaration en matière de durabilité en vertu du règlement sur les exigences de fonds propres (16), de l’article 8 du règlement sur la taxinomie, des actes délégués en lien avec le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (17) et de toute norme à venir relative au développement de la taxinomie sociale, ainsi que d’autres taxinomies. Le respect de ces exigences dépendra de la disponibilité de données de qualité fournies sur la base de la proposition à l’examen. Les informations requises dans le cadre de la publication d’informations au titre de la directive CSRD devraient avoir une portée similaire aux données à publier en vertu de ces obligations connexes, y compris celles prévues par les actes délégués du règlement sur la taxinomie, un point qui peut être clarifié davantage dans la proposition de directive et dans les travaux de l’EFRAG lors de l’élaboration des normes, le cas échéant. |
4.4. Assurance
| 4.4.1. | Le CESE reconnaît l’importance de garantir la qualité et le caractère vérifiable des données non financières publiées au titre de la directive proposée. Le rôle de l’assurance est essentiel à cet égard, et le CESE se félicite de la recommandation de la proposition de recourir à une assurance limitée pour vérifier les données non financières des entités relevant du champ d’application. |
| 4.4.2. | En raison de l’absence d’un cadre convenu d’un commun accord pour l’assurance raisonnable des informations sur la durabilité et la qualité prématurée de certaines formes de données non financières, il est recommandé que les exigences en matière d’assurance restent au niveau d’évaluation requis pour une assurance limitée. |
4.5. Droits de l’homme
| 4.5.1. | Le CESE se félicite de l’identification plus détaillée des thèmes en lien avec la durabilité sur lesquels des données doivent être publiées, y compris ceux qui ont trait aux incidences sur les communautés et les travailleurs vulnérables. En combinaison avec les progrès prévus dans le cadre de la publication d’une proposition sur la gouvernance d’entreprise durable, le CESE estime que la proposition à l’examen offre une bonne occasion d’élaborer un cadre pratique pour l’évaluation des risques financiers découlant des opérations commerciales qui influencent les communautés, tout en favorisant une bonne compréhension de l’impact des opérations commerciales sur ces mêmes communautés. La définition plus précise des exigences en matière de rapports et de diligence raisonnable devrait soigneusement équilibrer les besoins des partenaires sociaux, en s’appuyant sur un droit de consultation officiel. |
| 4.5.2. | Le CESE encourage les colégislateurs à envisager de définir plus clairement les parties prenantes à prendre en considération et à consulter dans le cadre de ce processus, et à s’assurer que ces exigences soient pleinement alignées sur les dispositions de la future proposition sur la gouvernance d’entreprise durable. Il conviendrait, d’une part, de mettre en évidence le processus que les entreprises devraient entreprendre pour se conformer aux exigences en matière de consultation des parties prenantes, en recensant uniquement les parties prenantes les plus pertinentes, et, d’autre part, de veiller à ce que ce processus soit simple, conçu de manière appropriée et ne rende pas les choses inutilement plus complexes pour les entreprises relevant du champ d’application élargi de la directive proposée. |
4.6. Planification de la transition
| 4.6.1. | Le CESE reconnaît la nécessité pour les entreprises en transition d’attirer des financements. L’accent mis par la proposition de directive sur l’importance de rendre compte de la compatibilité des modèles et stratégies économiques avec la transition vers une économie durable et la limitation du réchauffement de la planète à 1,5 oC revêt dès lors une importance cruciale. Compte tenu du rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 (18), la fourniture de données solides et de haute qualité pour satisfaire à cette exigence de la directive proposée constituera un facteur essentiel pour garantir que les entreprises disposent de plans de transition crédibles et que les banques et les marchés des capitaux puissent les aider à atteindre leurs objectifs. Le CESE est favorable à ce que les exigences relatives à cette compatibilité soient définies de manière plus précise et proportionnée. Ces exigences devraient comprendre des informations supplémentaires sur les scénarios de transition adoptés par les entreprises, ainsi que sur les éléments déterminant leur compatibilité avec les objectifs de la transition juste. |
4.7. Élaboration des normes de l’UE en matière d’information non financière
| 4.7.1. | Le CESE réitère son soutien au mandat donné à l’EFRAG de fournir des conseils techniques concernant l’élaboration de normes de l’UE en matière d’information non financière. Le Comité souhaite attirer l’attention sur le fait que son mandat requiert «[des] procédures, [un] contrôle public et [une] transparence appropriés», et notamment la consultation d’un large éventail de parties prenantes dans le cadre de l’élaboration des normes, et souligne l’importance de s’assurer que les syndicats, les partenaires sociaux au sens large, les PME et les autres parties prenantes ayant un intérêt significatif à l’élaboration des normes, y compris les entreprises financières et non financières et les organisations de la société civile, soient associés et consultés tout au long de l’élaboration des conseils techniques. À cet égard, il soutient les efforts entrepris par l’EFRAG pour recueillir l’avis des parties prenantes sur l’évolution de sa procédure formelle (19), et espère un résultat final qui garantira l’inclusion de toutes les parties prenantes susmentionnées. |
Bruxelles, le 22 septembre 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) COM(2021) 390 final.
(2) Directive 2014/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 modifiant la directive 2013/34/UE en ce qui concerne la publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes (JO L 330 du 15.11.2014, p. 1).
(3) Communication de la Commission C(2017) 4234 final (JO C 215 du 5.7.2017, p. 1).
(4) Communication de la Commission C(2019) 4490 final (JO C 209 du 20.6.2019, p. 1).
(5) Communication de la Commission sur le pacte vert pour l’Europe [COM(2019) 640 final]; Remaniement du programme de travail de la Commission pour 2020 [COM(2020) 440 final].
(6) COM(2018) 97 final.
(7) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13).
(8) Règlement (UE) 2019/2088 du Parlement Européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (JO L 317 du 9.12.2019, p. 1).
(9) Règlement (UE) 2019/2089 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 modifiant le règlement (UE) 2016/1011 en ce qui concerne les indices de référence transition climatique de l’Union, les indices de référence accord de Paris de l’Union et la publication d’informations en matière de durabilité pour les indices de référence (JO L 317 du 9.12.2019, p. 17).
(10) Résolution du Parlement européen du 29 mai 2018 sur la finance durable [2018/2007(INI)] (JO C 76 du 9.3.2020, p. 23).
(11) Résolution du Parlement européen du 17 décembre 2020 sur la gouvernance d’entreprise durable [2020/2137(INI)] (JO C 445 du 29.10.2021, p. 94).
(12) https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2020/html/ecb.sp200717~1556b0f988.en.html
(13) https://ec.europa.eu/growth/smes_fr
(14) https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/business_economy_euro/banking_and_finance/documents/210308-report-efrag-sustainability-reporting-standard-setting_en.pdf
(15) https://www.allianceforcorporatetransparency.org/assets/Research_Report_EUKI_2020.pdf, p. 51.
(16) Règlement (UE) no 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d'investissement et modifiant le règlement (UE) no 648/2012 (JO L 176 du 27.6.2013, p. 1).
(17) C(2021) 2800 final.
(18) https://www.iea.org/reports/net-zero-by-2050
(19) https://www.efrag.org/Assets/Download?assetUrl=%2fsites%2fwebpublishing%2fSiteAssets%2fEFRAG%2520Due%2520Process%2520Procedures_V04.pdf
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