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AccueilDroit européen52021AE2758
Avis institutionnel52021AE2758

Avis institutionnel — 52021AE2758

CELEX52021AE2758
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 22 septembre 2021

Texte intégral

22.12.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 517/108


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions relative à une nouvelle approche pour une économie bleue durable dans l’Union européenne — Transformer l’économie bleue de l’Union européenne pour assurer un avenir durable

[COM(2021) 240 final]

(2021/C 517/17)

Rapporteur:

Simo TIAINEN

Consultation

Commission européenne, 31.5.2021

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Agriculture, développement rural et environnement»

Adoption en section

9.9.2021

Adoption en session plénière

22.9.2021

Session plénière no

563

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

229/0/11

1. Conclusions et recommandations

1.1.

L’économie bleue joue un rôle considérable et recèle un potentiel qui s’affirme chaque jour davantage pour l’économie européenne et mondiale, la création d’emplois et le bien-être des citoyens. Le CESE estime qu’il est extrêmement important de tirer le meilleur parti de ces possibilités, tout en réduisant au minimum les effets négatifs sur le climat, la biodiversité et l’environnement. Une bonne qualité de l’eau et des écosystèmes aquatiques sains constituent une condition préalable à l’essor d’une l’économie bleue durable.

1.2.

Outre les problèmes environnementaux, les acteurs de l’économie bleue doivent affronter des défis tels qu’une concurrence mondiale déloyale et une évolution technologique rapide. De nombreux secteurs d’activité, en particulier celui du tourisme, ont été durement touchés par la pandémie de COVID-19. Une reprise fructueuse et sans heurts est donc primordiale pour l’économie bleue.

1.3.

L’économie bleue couvre un large éventail de secteurs et d’activités, traditionnels ou nouveaux, dont la diversité toujours plus grande des activités relevant de l’économie bleue pose des problèmes de compatibilité mutuelle et entraîne une concurrence pour l’accès à l’espace maritime et aux ressources marines. Le CESE insiste sur l’importance d’aménager l’espace maritime, aussi bien pour permettre la coexistence d’activités diverses que pour préparer l’adaptation au changement climatique.

1.4.

Le CESE invite l’Union européenne à soutenir activement, dans le domaine des activités maritimes, le développement et l’introduction de technologies et de solutions numériques et écologiques, en vue de dégager des avantages aussi bien économiques, sociaux qu’environnementaux. Il fait aussi valoir l’importance de la recherche océanographique, en parallèle des recherches sur les incidences socio-économiques et environnementales des activités relevant de l’économie bleue.

1.5.

Le CESE demande instamment à l’Union européenne de créer un environnement prévisible, propice à l’innovation et aux investissements, encadré par des procédures administratives rationalisées et des conditions réglementaires et financières sûres. Le Comité se félicite que l’Union mette à disposition des fonds importants à l’appui d’une économie bleue durable, et il souligne qu’il est essentiel de faciliter l’accès aux financements pour les acteurs opérant aux niveaux national et local.

1.6.

Le CESE insiste sur la nécessité de prendre en considération l’économie bleue de l’Union et le potentiel qui est le sien dans un contexte mondial, y compris les relations extérieures et les affaires commerciales. Il invite l’Union à assurer aux entreprises européennes des conditions de concurrence équitables par rapport à leurs concurrents internationaux, et à améliorer la mise en œuvre, à l’échelle mondiale, des conventions et accords internationaux ayant trait à la coopération économique, aux conditions de travail et à l’environnement.

1.7.

Le CESE souligne que les partenaires sociaux jouent un rôle cardinal pour ce qui est d’anticiper les évolutions du travail, d’accompagner le développement des compétences et d’améliorer l’employabilité des travailleurs actifs dans l’économie bleue. En outre, le dialogue social au niveau national, dans chaque secteur et sur le lieu de travail est essentiel pour garantir des conditions de travail adéquates.

1.8.

En raison de sa nature horizontale, il convient de tenir compte de l’économie bleue d’une manière globale et cohérente dans l’élaboration des politiques. Aussi une coopération harmonieuse est-elle nécessaire entre les responsables politiques à tous les niveaux: entre l’Union et les États membres, entre les États membres situés dans diverses régions, tout comme entre les différents domaines d’action que sont par exemple l’industrie, la pêche, le commerce, les transports, l’énergie, l’emploi et l’environnement.

1.9.

Le CESE met en avant la nécessité que les politiques ressortissant à l’économie bleue reposent sur des connaissances scientifiques solides et une base de données stable, et qu’elles reflètent pleinement les besoins et les points de vue des acteurs et des parties prenantes de l’économie bleue. Le Comité demande que les employeurs, les travailleurs et les autres segments de la société civile soient étroitement associés à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques européennes et nationales relevant de l’économie bleue.

1.10.

S’il est pertinent et même nécessaire d’envisager l’économie bleue selon une approche globale et horizontale, il importe également d’examiner les différents secteurs et activités sous l’angle des possibilités et des défis spécifiques qu’ils présentent, de manière à pouvoir contribuer aux politiques de l’économie bleue en partant de la base.

1.11.

Le CESE souligne par ailleurs la nécessité de prévoir une éducation et des mesures propres à sensibiliser le public à l’importance de l’économie bleue quant aux perspectives qu’elle ouvre, outre les emplois et la prospérité, en matière de régimes alimentaires sains, de mobilité et de loisirs, et rappelle qu’il est primordial de protéger le milieu marin, par exemple contre les déchets plastiques.

2. Observations générales

2.1.

Le CESE accueille favorablement la communication de la Commission européenne relative à une nouvelle approche pour une économie bleue durable dans l’Union européenne, et souscrit aux objectifs qui y sont définis consistant à soutenir la transition vers une économie neutre pour le climat, efficace dans l’utilisation des ressources et compétitive, comme le prévoit le pacte vert pour l’Europe.

2.2.

Le CESE défend avec ferveur une approche intégrée de l’économie bleue quant aux différentes dimensions du développement durable, et souligne que celle-ci contribue à la plupart des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, en particulier ceux liés aux océans, aux mers et aux ressources marines, ainsi qu’à l’action pour le climat, à la réduction de la pauvreté et de la faim, à la promotion de la santé et du bien-être, à une consommation et une production responsables, au travail décent et à la croissance économique (1).

2.3.

L’économie bleue joue un rôle considérable et recèle un potentiel qui s’affirme chaque jour davantage pour renforcer l’économie européenne et mondiale, créer des emplois de qualité et assurer le bien-être des citoyens dans des types d’endroits très divers, sachant qu’elle apporte des bénéfices particuliers à des régions rurales et côtières. Le CESE estime qu’il est extrêmement important de tirer le meilleur parti de ces possibilités.

2.4.

Dans le même temps, le CESE juge essentiel de limiter autant que possible la pollution de l’eau et de l’air, la production de déchets et les effets néfastes sur le climat et la biodiversité. Une telle démarche est capitale non seulement pour des raisons environnementales, mais aussi pour le caractère essentiel de la bonne qualité de l’environnement et des écosystèmes sains pour garantir que l’économie bleue elle-même bénéficie de conditions adéquates et de ressources suffisantes. Il y a donc lieu de considérer la gestion des aspects environnementaux comme faisant partie intégrante de toute activité économique.

2.5.

L’économie bleue couvre un large éventail d’activités indispensables à la vie quotidienne des citoyens et concerne une grande diversité d’entreprises allant des grandes sociétés internationales aux PME locales. Si la production de denrées alimentaires et d’énergie, l’industrie extractive, les industries maritimes, le transport et le tourisme représentent les principaux secteurs liés au milieu marin, d’autres secteurs émergent également, tels que la production de nouveaux types de produits issus de la bioéconomie bleue. L’économie circulaire et les activités de protection de l’eau sont elles aussi intrinsèquement liées à l’économie bleue.

2.6.

Étant donné que la définition de l’économie bleue se rapporte aux océans, aux mers et aux côtes, elle concerne au premier chef les pays situés en bord de mer. Cependant, les chaînes d’approvisionnement transfrontières et les marchés communs, de même qu’un climat et un environnement communs, font de l’économie bleue une question digne d’intérêt pour l’ensemble de l’Union et des États membres, de la mer Méditerranée à la mer Baltique et à l’océan Arctique, ou encore de la mer Noire à l’océan Atlantique et à la mer du Nord.

2.7.

Le CESE relève par ailleurs que le concept d’économie bleue ne devrait pas se limiter aux seuls océans et mers, puisqu’il existe des activités économiques analogues fondées sur les ressources en eau douce et que, bien entendu, les cours d’eau intérieurs finissent tous par se jeter dans les mers et les océans, d’où l’importance de la coopération régionale pour contrôler la pollution de l’eau.

2.8. Défis et perspectives

2.8.1.

La diversité toujours plus grande des activités relevant de l’économie bleue entraîne des problèmes de compatibilité mutuelle ainsi qu’une concurrence pour l’accès à l’espace maritime et aux ressources marines. Le CESE insiste dès lors sur le rôle que peut tenir l’aménagement de l’espace maritime, et notamment de la gestion intégrée et de l’évaluation des impacts cumulés; invite les États membres à rechercher des espaces adéquats, qu’ils affecteront à des activités diverses, afin que celles-ci puissent prospérer et coexister en produisant l’incidence négative la plus réduite qui soit sur les autres acteurs et sur le milieu marin.

2.8.2.

Tandis que les océans et les mers jouent un rôle nullement négligeable en tant que puits de carbone, les écosystèmes marins et les zones côtières sont vulnérables au changement climatique et à ses effets, notamment au réchauffement des eaux, à l’élévation du niveau des mers et aux phénomènes météorologiques extrêmes. L’économie bleue doit donc être bien préparée pour une adaptation au changement climatique, et le CESE invite instamment les États membres à considérer cette adaptation comme un élément essentiel de l’aménagement de l’espace maritime, en privilégiant les mesures qui contribuent aussi à la préservation de la biodiversité. En outre, les périodes de sécheresse toujours plus fréquentes et la raréfaction croissante de l’eau douce impliquent de trouver de nouvelles solutions pour garantir la sécurité alimentaire.

2.8.3.

Le CESE souligne que les acteurs de l’économie bleue doivent également affronter de nombreux autres défis, tels qu’une concurrence mondiale déloyale ou une évolution technologique rapide. De surcroît, nombre d’activités ont été durement touchées par la pandémie de COVID-19, et il faut s’employer à en amortir les effets. C’est tout particulièrement le cas du tourisme et des services qui en dépendent. Une reprise fructueuse et sans heurts, s’inscrivant dans le cadre des transitions écologique et numérique, est donc primordiale pour l’économie bleue.

2.8.4.

Dans l’ensemble, l’économie bleue ouvre une multitude de perspectives pour ce qui concerne les transitions numérique et écologique. Des efforts soutenus dans le domaine de la recherche et de l’innovation seront indispensables pour saisir ces opportunités. Une démarche en ce sens est primordiale, tant pour le développement des activités traditionnelles que pour la création de nouveaux débouchés, ce qui contribuerait aussi à attirer les jeunes et à diversifier le spectre d’activités de l’économie bleue.

2.8.5.

Le CESE invite l’Union européenne à soutenir activement, dans le domaine des activités maritimes, la conception et l’introduction de solutions numériques, y compris leur utilisation pour la cartographie marine ainsi que le suivi, l’étude, la modélisation et les prévisions en ce qui concerne l’état de l’environnement marin et de ses ressources. L’innovation est également nécessaire pour améliorer l’efficacité énergétique et matérielle, et contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, la pollution de l’air et de l’eau, ou encore la quantité de déchets. Une attention particulière devrait être accordée au soutien à apporter aux petites entreprises dans la transition verte et numérique. Il appelle par ailleurs avec force à partager les bonnes pratiques et à amplifier les innovations sociales créées par les acteurs et les parties prenantes de l’économie bleue, notamment en vue de renforcer l’interconnectivité, la résilience, la transparence et l’équité des chaînes de valeur.

2.8.6.

Le développement d’une économie bleue durable passe par une bonne compréhension des phénomènes physiques, chimiques et biologiques liés à la mer ainsi que de leur évolution. Le CESE fait valoir l’importance de la recherche océanographique, en parallèle des recherches sur les incidences socio-économiques et environnementales des activités relevant de l’économie bleue, en suivant l’approche de la science ouverte, et en faisant appel à des projets de «science citoyenne».

2.8.7.

L’exploitation du potentiel de l’économie bleue en matière de création d’emplois doit s’accompagner d’une augmentation des emplois de qualité élevée qui favorisent le bien-être des citoyens. Le développement d’une formation poussée et de compétences transférables, la reconnaissance mutuelle des qualifications, la mobilité transsectorielle et l’adaptabilité aux transformations du marché du travail est également nécessaire. Le CESE invite les États membres et les prestataires d’enseignement, en coopération avec les représentants des opérateurs de l’économie bleue et des partenaires sociaux, à prendre en compte ces besoins dans l’élaboration des programmes d’éducation et de formation, y compris s’agissant de perfectionnement et de reconversion professionnels, et pour ce faire, de recourir au Fonds social européen Plus, entre autres ressources.

2.8.8.

Le CESE souligne aussi que les partenaires sociaux jouent un rôle crucial pour ce qui est d’anticiper les évolutions du travail, d’accompagner le développement des compétences et d’améliorer l’employabilité des travailleurs actifs dans l’économie bleue. Par ailleurs, le dialogue social au niveau national, dans chaque secteur et sur le lieu de travail, et notamment la négociation collective, sont essentiels non seulement pour garantir des normes minimales, mais également pour améliorer les conditions de travail dans tous les secteurs de l’économie bleue.

2.9. Investissement, financement et cadre international

2.9.1.

En vue de réaliser le potentiel de l’économie bleue durable, le CESE demande instamment à l’Union européenne de créer un environnement opérationnel et prévisible, propice à l’innovation et aux investissements, comprenant des procédures administratives rationalisées ainsi que des conditions réglementaires et financières sûres. En définissant une vision à long terme et un cadre global, la communication de la Commission constitue un outil précieux à même de garantir la prévisibilité.

2.9.2.

Le CESE se félicite que l’Union mette à disposition des fonds importants à l’appui d’une économie bleue durable, qu’il s’agisse de financements spécifiquement liés au milieu marin, ou d’instruments généraux tels que le programme Horizon Europe, les Fonds structurels et d’investissement et la facilité pour la reprise et la résilience. Le CESE souligne qu’il est essentiel de faciliter l’accès aux financements pour les acteurs opérant aux niveaux national et local.

2.9.3.

Pour donner plus d’ampleur à l’économie bleue, il importe également de mobiliser des financements privés — d’où la nécessité que les projets attirent les investisseurs et les bailleurs de fonds privés, et qu’ils soient guidés par les principes et les normes de la finance durable. Le CESE plaide de surcroît en faveur du renforcement, sur le terrain, des projets de partenariat entre le secteur public, les entreprises et les citoyens.

2.9.4.

Le CESE insiste sur la nécessité de considérer l’économie bleue de l’Union et le potentiel qu’elle recèle dans un contexte mondial, sachant que la plupart des activités qui s’y rapportent se trouvent reliées à l’international par l’intermédiaire des chaînes d’approvisionnement et de commercialisation ou des zones marines partagées. Une coopération internationale et des règles communes sont dès lors indispensables pour garantir des conditions de concurrence équitables ou pour éviter les conflits liés aux ressources marines. Le CESE encourage l’Union à améliorer la mise en œuvre, à l’échelle mondiale, des conventions et accords internationaux conclus dans des domaines tels que le commerce, les transports, les conditions de travail, le climat et l’environnement, en sus de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

2.9.5.

Le CESE invite instamment l’Union européenne à veiller à ce que l’économie bleue bénéficie, sur son territoire, de conditions compétitives par rapport à celles d’autres acteurs internationaux comme la Chine. Les entreprises européennes en ont besoin pour pouvoir exporter sur les marchés internationaux des produits, des technologies et des solutions issus de l’économie bleue durable, et réussir à concurrencer les importations en provenance de pays tiers.

2.9.6.

Le CESE attire également l’attention sur les possibilités qui découlent de la coopération avec les pays en développement, et il encourage l’Union à accorder une plus grande place à l’économie bleue dans le cadre du partenariat avec l’Afrique.

2.10. Élaboration cohérente et inclusive des politiques

2.10.1.

En raison de la nature horizontale de l’économie bleue, il convient d’en tenir compte d’une manière globale et cohérente dans l’élaboration des politiques. Aussi une coopération harmonieuse est-elle nécessaire entre les responsables politiques à tous les niveaux, tant horizontalement que verticalement: entre l’Union et les décideurs nationaux, entre les différents États membres, et entre divers domaines d’action comme l’industrie, la pêche, le commerce, les transports, l’énergie, l’emploi et l’environnement.

2.10.2.

La coopération régionale entre les États membres, de même qu’avec les pays tiers, revêt une importance toute particulière (2) puisque les zones marines et de nombreux cours d’eau intérieurs sont de nature transfrontière. La coopération est également essentielle pour garantir la sécurité des activités liées au milieu marin et protéger les droits humains et l’environnement face à une multitude de menaces intérieures et extérieures, qui vont des risques géopolitiques à la piraterie, en passant par les atteintes à l’environnement et la cybercriminalité.

2.10.3.

Le CESE fait valoir la nécessité que les politiques et les mesures relevant de l’économie bleue reposent sur des données factuelles tirées de connaissances scientifiques solides et sur une base de données stable. Par ailleurs, étant donné le rôle primordial que jouent les acteurs de la société civile pour mettre en place une économie bleue durable dans la pratique, le Comité demande que les organisations d’employeurs et de travailleurs, tout comme les organisations de défense de l’environnement et les autres structures concernées, soient étroitement associées à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques européennes et nationales.

2.10.4.

Le CESE invite la Commission à poursuivre les travaux en vue de l’élaboration d’une feuille de route plus spécifique sur les actions à mener, sur la base des retours d’information et des contributions transmis par différents acteurs et parties prenantes de l’économie bleue, ainsi que du dialogue qui doit se tenir dans le cadre du forum bleu pour les utilisateurs de la mer.

2.10.5.

Le CESE souligne aussi la nécessité de prévoir une éducation et des mesures propres à sensibiliser le public à l’importance de l’économie bleue quant aux perspectives qu’elle ouvre, outre les emplois et la prospérité, en matière de régimes alimentaires sains ainsi que de mobilité et de loisirs, et rappelle qu’il est primordial de protéger le milieu marin, par exemple contre les déchets plastiques.

3. Observations particulières

3.1.

S’il apparaît bel et bien pertinent et même nécessaire d’envisager l’économie bleue selon une approche globale et horizontale, il importe également d’examiner les différents secteurs et activités sous l’angle des possibilités et des défis spécifiques qu’ils présentent. Ainsi, il est possible d’apporter une contribution émanant de la base et de la combiner avec l’approche descendante de la communication en objet.

3.2. Transports et infrastructures portuaires

3.2.1.

Le transport maritime est essentiel pour la logistique du transport de marchandises et le transport de passagers, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union européenne. Le CESE invite l’Union à conforter les conditions qui permettront d’accroître la compétitivité internationale, la numérisation et l’écologisation du transport maritime, et à œuvrer à l’élimination des pratiques qui conduisent à une concurrence déloyale, telles que les pratiques abusives dans le cadre de la navigation sous pavillon étranger. Au-delà des évolutions technologiques prises isolément, les solutions numériques déployées au niveau du système contribuent à améliorer les performances économiques et environnementales des transports, par exemple en permettant une meilleure adéquation entre l’offre et la demande. Il conviendrait aussi d’exploiter sans réserve les avantages du transport maritime à courte distance pour réduire les incidences du transport sur l’environnement. Le CESE attire en outre l’attention sur les possibilités qu’offrent les nouvelles voies de transport mondiales telles que le passage du Nord-Est dans la région arctique.

3.2.2.

Le CESE souligne le rôle déterminant que jouent les ports en tant que pôles de l’économie bleue, notamment dans les transitions écologique et numérique. Si le rôle traditionnel des ports en tant que vecteurs du transport maritime et points de débarquement des captures de la pêche subsiste, il s’étend désormais à de nouvelles activités comme la promotion des énergies renouvelables ou l’économie circulaire. Cette évolution nécessite des investissements dans les infrastructures ainsi qu’un nouveau type de gestion globale. Ces nouveaux rôles sont également susceptibles d’accroître l’importance des ports de moindre taille dans les régions concernées.

3.3. Pêche, aquaculture et nouveaux bioproduits

3.3.1.

Le CESE souligne le rôle essentiel de la pêche, de l’aquaculture et des industries connexes pour fournir aux européens une alimentation saine et à faible intensité de carbone. La quantité considérable de poissons et de fruits de mer importés dans l’Union constitue une raison manifeste de réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis des importations de denrées alimentaires et de créer pour la pêche, l’aquaculture et les industries connexes des conditions de concurrence permettant à ces activités de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires. Compte tenu du vieillissement de la flotte de pêche de l’Union européenne, il convient de lui allouer des fonds au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture afin de la moderniser et d’améliorer tant ses performances sur le plan environnemental que les conditions de travail et l’attractivité des métiers du secteur. Le Comité reconnaît les efforts déployés par les pêcheries pour maintenir les stocks halieutiques à des niveaux durables et protéger les écosystèmes marins, et il les encourage à poursuivre en ce sens. Il préconise également le partage de pratiques concrètes telles que la participation des chalutiers à la collecte des déchets plastiques.

3.3.2.

En ce qui concerne l’aquaculture, le CESE renvoie à un autre avis, qui met l’accent sur les nouvelles orientations stratégiques pour l’aquaculture dans l’Union européenne (3). Le CESE approuve par ailleurs le développement de nouveaux bioproduits comme les produits pharmaceutiques, les denrées et additifs alimentaires, les aliments pour animaux, les cosmétiques et les nouveaux matériaux à base d’algues et d’autres organismes marins. Ces bioproduits complètent le spectre de la bioéconomie bleue, que le CESE a traitée dans un avis (4) antérieur couvrant également la question des eaux douces.

3.4. Tourisme et services y afférents

3.4.1.

Le tourisme maritime et côtier, qui comprend plusieurs activités connexes telles que les services de transport, d’hôtellerie et de restauration, est vital pour de nombreuses régions de l’Union européenne. Pour ce qui est des mesures visant à traiter les problèmes causés par la pandémie, le CESE renvoie à l’avis qu’il a consacré au tourisme et aux transports (5). Au sortir de la pandémie, le tourisme devrait recouvrer son rôle de premier plan en contribuant aux économies et aux emplois de qualité locaux, lesquels reposent souvent sur les PME, d’une manière qui garantisse sa durabilité globale. Le CESE fait observer que le tourisme durable est un moyen essentiel pour permettre aux citoyens non seulement d’accéder à des loisirs, mais aussi de connaître et de découvrir la diversité des cultures et des environnements qu’offre l’Union européenne.

3.5. Construction navale et technologie maritime

3.5.1.

Si la construction navale est une industrie maritime traditionnelle au service du transport de marchandises et de passagers, toute une série d’approches et éléments nouveaux y sont néanmoins introduits actuellement dans l’optique des transitions numérique et écologique. L’automatisation poussée des navires, par exemple, contribue à améliorer l’efficacité énergétique et la sécurité des transports, tandis que le développement et l’adoption de techniques de propulsion propres et de carburants renouvelables sont essentiels pour limiter autant que possible les émissions atmosphériques. Les technologies et pratiques liées à la réparation, à l’entretien et à la démolition navale qui favorisent l’économie circulaire sont aussi une composante majeure de cette évolution. Le CESE invite dès lors l’Union à créer des conditions favorables au développement des technologies marines et aux investissement dans ce secteur, y compris en ce qui concerne les équipements, les logiciels et la main d’œuvre.

3.6. Énergie

3.6.1.

Tandis qu’elles mettaient traditionnellement l’accent sur l’exploitation des combustibles fossiles, les activités énergétiques liées au milieu marin s’orientent désormais vers les énergies renouvelables, au premier rang desquelles l’énergie éolienne et l’énergie océanique. L’introduction des énergies renouvelables est déterminante pour progresser vers la neutralité climatique, et celles qui parmi elles sont issues du milieu marin peuvent contribuer de manière tout à fait conséquente au futur bouquet énergétique et à la réduction des émissions de carbone. En même temps, il convient de trouver des solutions pour régler les conflits d’intérêt résultant des différentes utilisations des zones marines. Le Comité a exprimé son point de vue sur les énergies renouvelables en mer dans l’avis qu’il a récemment élaboré sur la stratégie pour les énergies renouvelables en mer (6).

Bruxelles, le 22 septembre 2021.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/oceans/

(2) Avis du CESE sur «L’initiative pour le développement durable de l’économie bleue en Méditerranée occidentale» (JO C 129 du 11.4.2018, p. 82).

(3) Avis NAT/816 du CESE sur les «Orientations stratégiques pour le développement durable de l’aquaculture dans l’Union européenne» (voir page 103 du présent Journal officiel).

(4) Avis du CESE sur «La bioéconomie bleue» (JO C 47 du 11.2.2020, p. 58).

(5) Avis du CESE sur le thème «Tourisme et transport en 2020 et au-delà» (JO C 429 du 11.12.2020, p. 219).

(6) Avis du CESE sur «Une stratégie de l’UE pour exploiter le potentiel des énergies renouvelables en mer» (JO C 286 du 16.7.2021, p. 152).


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