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AccueilDroit européen52021AE3275
Avis institutionnel52021AE3275

Avis institutionnel — 52021AE3275

CELEX52021AE3275
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 20 octobre 2021

Texte intégral

4.3.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 105/114


Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Cadre stratégique de l’Union européenne en matière de santé et de sécurité au travail pour la période 2021-2027 — Sécurité et santé au travail dans un monde du travail en mutation»

[COM(2021) 323 final]

(2022/C 105/18)

Rapporteur:

Carlos Manuel TRINDADE

Consultation

Commission, 10.8.2021

Base juridique

Article 153, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

6.10.2021

Adoption en session plénière

20.10.2021

Session plénière no

564

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

153/25/41

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) soutient que la protection des travailleurs contre les risques pour la santé et la sécurité au travail (SST) est essentielle afin de garantir dans la durée des conditions de travail décentes; consacrée par les traités et par la charte des droits fondamentaux, cette protection est un droit inscrit dans le principe 10 du socle européen des droits sociaux et est fondamental pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies (1).

1.2.

Le CESE adhère totalement à l’affirmation de la Commission selon laquelle «des conditions de travail saines et sûres constituent une condition préalable à la bonne santé et à la productivité de la main-d’œuvre. Personne ne devrait souffrir de maladies ou d’accidents liés au travail. Il s’agit également d’un aspect important pour la viabilité et la compétitivité de l’économie de l’Union» (2). Le CESE partage également le constat que «la qualité de la SST restreint également les coûts des soins de santé et d’autres charges pour la société, alors qu’un faible niveau de SST aura un coût élevé pour les particuliers, les entreprises et la société» (3).

1.3.

De manière générale, le CESE approuve la vision stratégique et les actions envisagées dans le cadre stratégique, sans préjudice des observations, propositions et recommandations exposées dans le présent avis, à savoir les éléments suivants:

1.3.1.

Le CESE prend acte en particulier de l’intention de la Commission de présenter «fin 2021 une initiative visant à améliorer les conditions de travail des personnes œuvrant via des plateformes numériques […] [pour] garantir des conditions de travail adéquates, y compris du point de vue de la santé et de la sécurité», si les partenaires sociaux ne sont pas disposés à négocier entre eux (4).

1.3.2.

Le CESE soutient i) l’approche «Vision zéro» à l’égard des décès liés au travail; ii) les mesures prévues pour lutter contre le cancer; iii) la ratification de la convention (no 190) de l’OIT sur la violence et le harcèlement de 2019; iv) la présentation, avant fin 2021, d’une initiative législative visant à prévenir et à combattre la violence sexiste à l’égard des femmes et la violence domestique; v) l’objectif de la Commission d’intégrer les risques psychosociaux et ergonomiques dans la campagne pour des lieux de travail sains.

1.3.3.

Le CESE, de manière générale, convient notamment: i) qu’il est «essentiel de tirer les enseignements de la pandémie de COVID-19 et d’améliorer la préparation aux éventuelles crises sanitaires futures […], et [d’]approfondir les synergies entre la SST et la santé publique»; ii) que la COVID-19 doit être incluse dans la recommandation concernant la liste européenne des maladies professionnelles (5).

1.3.4.

Le CESE, de manière générale, convient notamment de la nécessité: i) d’«enrayer la tendance à la baisse du nombre d’inspections du travail dans certains États membres»; ii) d’organiser, en 2023, un sommet de bilan en matière de SST, qui fera en particulier le point sur les progrès accomplis dans la réalisation de l’approche «Vision zéro» en matière de décès liés au travail; iii) d’introduire un nouvel indicateur sur les accidents du travail mortels, déjà proposé dans le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux; iv) d’améliorer les activités des inspecteurs du travail au moyen d’orientations et de formations au niveau européen et national; v) de promouvoir la coopération au niveau de l’UE et des États membres pour assurer une mise en œuvre cohérente de la législation; vi) d’aider les employeurs, en particulier les microentreprises et les petites entreprises, à se conformer à la législation en matière de SST (6).

1.3.5.

Le CESE, de manière générale, approuve notamment: i) la coopération entre l’UE, l’OIT et l’OMS en matière de données et de connaissances; ii) le fait que l’UE soutiendra, en collaboration avec les États membres, la création d’un nouvel indicateur sur la mortalité due aux maladies attribuées aux facteurs de risque professionnels (dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations unies); iii) le fait que l’UE soutiendra l’intégration du droit à des conditions de travail sûres et saines dans le cadre de l’OIT sur les principes et droits fondamentaux au travail; iv) l’intention de l’UE d’encourager la SST dans les chaînes d’approvisionnement mondiales; v) l’intention de l’UE de veiller à ce que les normes en matière de SST soient dûment intégrées aux engagements contraignants sur les normes sociales et du travail, et de promouvoir la question du travail décent dans les futurs accords commerciaux; vi) le soutien aux pays candidats pour leur permettre d’intégrer dans leurs législations l’acquis de l’UE en matière de SST (7).

1.4.

En particulier, le CESE propose à la Commission d’intégrer les actions, mesures ou initiatives suivantes dans le cadre stratégique de l’UE pour la période 2021-2027:

1.4.1.

Section 2.1: i) en ce qui concerne les personnes qualifiées de travailleurs indépendants, auxquelles les règles en matière de SST ne devraient pas s’appliquer, selon le cadre stratégique, le Comité recommande qu’une étude soit menée en temps utile, avec la participation de la Commission, d’experts et des partenaires sociaux, en vue de trouver la meilleure solution en accordant toute l’attention appropriée aux travailleurs indépendants, qui doivent eux aussi pouvoir travailler dans un environnement sûr et sain, et que les conclusions de cette étude soient présentées lors du sommet sur la SST de 2023; ii) en ce qui concerne l’initiative non législative relative à la santé mentale au travail que la Commission prévoit de lancer au niveau de l’UE, le Comité propose, précisément en raison de la pertinence des motifs invoqués dans le cadre stratégique, d’opter pour une initiative législative.

1.4.2.

Section 2.2: i) le Comité invite la Commission à inclure les cancers d’origine professionnelle dans le futur plan européen pour vaincre le cancer, et à élargir le champ d’application de la directive sur les agents cancérigènes et mutagènes (DCM) aux substances reprotoxiques et aux médicaments dangereux, en garantissant un suivi sur le long terme des travailleurs exposés à ces agents, y compris lorsqu’ils n’exercent plus leur travail dans les mêmes conditions; ii) il recommande que l’intention de la Commission d’évaluer «les moyens de renforcer l’efficacité de la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs (2009/52/CE)» aboutisse à une révision prévoyant des sanctions plus sévères pour les employeurs contrevenants; iii) il estime urgent, comme le démontrent les enseignements tirés récemment de la COVID-19, d’élaborer une initiative législative sur la prévention des risques psychosociaux; iv) il considère que l’expérience acquise et les recherches sur les troubles musculo-squelettiques justifient la nécessité d’une initiative législative en la matière.

1.4.3.

Section 2.3: i) le Comité préconise de transformer en directive la recommandation concernant la liste européenne des maladies professionnelles; ii) il suggère d’améliorer la directive sur les agents biologiques compte tenu des expériences récentes; iii) s’agissant des inspections nationales du travail, il propose de fixer comme objectif que, d’ici à la fin de la période couverte par le cadre stratégique, les États membres respectent le ratio fixé dans les normes de l’OIT, à savoir un inspecteur du travail pour 10 000 travailleurs. Si cet objectif n’est pas atteint au cours de la période couverte par le cadre stratégique, la Commission devrait présenter une initiative législative à cette fin.

1.4.4.

Chapitre 3: le Comité recommande que les actions en matière d’inspection de l’Autorité européenne du travail (AET) soient correctement intégrées et promues dans le cadre stratégique, compte tenu du rôle important que joue cette autorité dans la coordination des inspections transfrontalières.

1.5.

Le CESE relève qu’en dépit de certaines améliorations au cours des dernières années, les données et les connaissances sur la réalité de l’UE et des États membres en matière de SST font toujours cruellement défaut. Le CESE est convaincu que ces connaissances sont indispensables pour pouvoir mieux recenser les difficultés et prévenir les risques, élaborer des politiques appropriées et suivre la mise en œuvre et les progrès réalisés au niveau de l’UE et dans les différents États membres, en particulier en ce qui concerne les objectifs et les actions découlant du cadre stratégique en matière de SST pour la période 2021-2027.

1.6.

Le CESE souligne qu’il convient de prendre en compte, lors de la révision des législations européenne et nationales existantes en matière de SST, les transformations écologique, numérique, démographique et sociale de l’économie européenne, en particulier dans le monde du travail, afin de protéger les travailleurs tant salariés qu’indépendants, pour ces derniers conformément au paragraphe 1.4.1, point i) du présent avis.

1.7.

Il incombe en particulier aux États membres de faire respecter la législation en matière de SST et de garantir des conditions de travail saines et sûres à tous les travailleurs européens, en particulier les travailleurs saisonniers et les groupes les plus vulnérables tels que les jeunes, les personnes âgées, les femmes, les personnes handicapées, les migrants et les travailleurs précaires. Le renforcement des ressources techniques et humaines des inspections du travail, qui ont diminué ces dernières années dans de nombreux États membres, ainsi que l’amélioration de la coordination, de la coopération et de la formation au niveau européen, sont des facteurs essentiels pour améliorer sensiblement l’application de la législation en matière de SST. Les orientations et les aides visant à permettre aux PME, en particulier les microentreprises, de se conformer à la législation en matière de SST devraient également constituer une priorité pour les différents États membres. En tant que gardienne des traités, la Commission européenne a la responsabilité de veiller à ce que les États membres respectent comme il se doit la législation en matière de SST.

1.8.

Le CESE recommande à la Commission et aux États membres de prendre, lors de la mise à jour des stratégies nationales en matière de SST, des initiatives en vue de promouvoir un dialogue social permanent entre les partenaires sociaux sur les conditions de santé et de sécurité dans les différents secteurs, dans les entreprises et sur les lieux de travail. La participation des syndicats et des représentants des travailleurs et leur consultation permanente sur l’évaluation et la prévention des risques sont essentielles pour promouvoir des environnements de travail sûrs et sains, ayant une incidence directe sur la santé des travailleurs, la productivité des entreprises et les services de santé publique.

1.9.

Eu égard aux défis de la mondialisation et à l’ambition européenne de «relever les normes en matière de SST à l’échelle mondiale», le CESE recommande à la Commission et aux États membres de coopérer étroitement avec l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour promouvoir l’intégration du droit à des conditions de travail sûres et saines dans le cadre de l’OIT sur les principes et droits fondamentaux au travail, ainsi que le respect de ces principes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

2. Contexte général

2.1.

Le CESE relève que, «depuis près de 20 ans, les cadres stratégiques de l’UE en matière de SST orientent la manière dont les autorités nationales et les partenaires sociaux décident des objectifs de SST» (8). Toutefois, le CESE souligne que, bien qu’ils revêtent une importance indéniable dans les plans nationaux, ces cadres stratégiques manquent de visibilité et que, dans plusieurs États membres, les organisations syndicales et patronales n’ont pas été suffisamment associées à leur élaboration et à leur suivi.

2.2.

Le CESE prend acte de l’évaluation du cadre stratégique de l’UE en matière de santé et de sécurité au travail pour la période 2014-2020, notamment la mise en lumière d’aspects importants tels que: i) les contraintes des États membres en matière de ressources; ii) la nécessité de mettre davantage l’accent sur les maladies professionnelles, l’évolution démographique, les risques psychosociaux et les troubles musculo-squelettiques; et iii) la nécessité d’aider tant les inspections du travail que les entreprises à améliorer leurs normes en matière de SST (9).

2.3.

Le CESE constate que la législation européenne a permis de réduire ces risques et contribué à l’amélioration des normes en matière de SST dans tous les secteurs d’activité économique, dans l’ensemble des États membres. Pourtant, des défis subsistent et la pandémie de COVID-19 a exacerbé les risques, qu’il convient de prendre en compte.

2.4.

Le CESE reconnaît les progrès significatifs accomplis ces dernières années dans l’UE dans le domaine de la SST: les accidents du travail mortels ont diminué d’environ 70 % entre 1994 et 2018. Si la désindustrialisation de l’Europe et l’amélioration des soins médicaux ont contribué à cette diminution, il est également vrai que le système de SST de l’UE a lui aussi joué un rôle important (10).

2.5.

Le CESE relève que malgré ces progrès, plus de 3 300 accidents mortels et 3,1 millions d’accidents non mortels ont encore eu lieu dans l’EU-27 en 2018, et plus de 200 000 travailleurs meurent chaque année de maladies professionnelles. Cette situation à l’origine d’immenses souffrances humaines exige le maintien et l’amélioration des normes de protection des travailleurs, qui constituent un défi permanent et une nécessité constante (11).

2.6.

Le CESE souligne que, chaque année, les accidents et maladies liés au travail coûtent à l’économie de l’Union plus de 3,3 % du PIB (environ 460 000 000 000 EUR en 2019), et que selon les estimations, chaque euro investi dans la SST entraîne pour l’employeur un gain environ deux fois plus élevé (12).

2.7.

La pandémie de COVID-19 a montré à quel point la SST est essentielle pour protéger la santé des travailleurs, pour le fonctionnement de notre société et pour la continuité des activités économiques essentielles. Le CESE adhère au constat selon lequel la pandémie a également mis en évidence la nécessité d’une stratégie s’articulant autour de la SST et des politiques de santé publique, en créant des synergies entre ces deux dimensions qui ont une incidence directe sur «le fonctionnement de notre société et […] la continuité des activités économiques et sociales essentielles» (13).

3. Le cadre stratégique de l’Union européenne en matière de santé et de sécurité au travail pour la période 2021-2027

3.1.

C’est dans ce contexte général que la Commission présente le nouveau cadre stratégique de l’UE en matière de SST pour la période 2021-2027 (14) (ci-après dénommé «cadre stratégique»), annoncé dans le socle européen des droits sociaux, qui se concentre sur les trois grands objectifs suivants:

—

anticiper et gérer les changements dans le nouveau monde du travail, résultant des transitions écologique, numérique et démographique,

—

améliorer la prévention des accidents et des maladies professionnels,

—

améliorer la préparation à d’éventuelles crises sanitaires futures.

3.2.

Le CESE partage l’avis de la Commission européenne selon lequel la réalisation de ces objectifs passera par:

i)

un dialogue social renforcé;

ii)

l’augmentation des capacités de recherche et de collecte de données au niveau des États membres et de l’Union;

iii)

une meilleure mise en application de la législation;

iv)

la sensibilisation;

v)

une mobilisation accrue des financements.

3.3.

Le CESE relève que le cadre stratégique prévoit, au cours de la période couverte, la mise en œuvre de 36 actions, dont 17 relèvent de la responsabilité directe de la Commission, 16 des États membres et 3 des partenaires sociaux.

4. Observations sur le cadre stratégique

4.1. Section 2.1: Anticiper et gérer le changement

4.1.1.

Dans le contexte des transitions écologique et numérique, la nature des fonctions ainsi que des modes et des lieux de travail évolue, ce qui place les États membres et les entreprises face à d’importants défis pour garantir la santé et le bien-être des travailleurs.

4.1.2.

Le vieillissement de la main-d’œuvre exige d’adapter l’environnement de travail et les tâches aux besoins spécifiques des travailleurs plus âgés afin de réduire les risques au minimum, la SST jouant ainsi un rôle essentiel pour répondre de manière adéquate à l’évolution démographique.

4.1.3.

Les technologies numériques peuvent également offrir aux travailleurs, y compris les travailleurs handicapés ou plus âgés, de nouvelles possibilités d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, tant pour les femmes que pour les hommes, et soutenir la mise en œuvre de la SST par des outils accessibles, des mesures de sensibilisation et des inspections plus efficaces.

4.1.4.

Le CESE estime que la robotisation et le recours à l’intelligence artificielle peuvent réduire les risques associés aux tâches dangereuses, comme celles se déroulant dans des zones fortement contaminées, tels les systèmes d’eaux usées, les décharges ou les zones de fumigation agricole, et peuvent aussi offrir de nouvelles possibilités aux travailleurs et aux entreprises. Il est cependant vrai que les nouvelles technologies posent également de grandes difficultés en raison de l’irrégularité accrue du moment et du lieu d’exécution du travail, de la possibilité de surveiller les travailleurs et des risques liés aux nouveaux outils et machines, qui augmentent le stress psychologique, entraînant ainsi un nombre croissant de maladies psychosomatiques contre l’apparition desquelles des mesures appropriées doivent être trouvées.

4.1.5.

Alors que la législation de l’UE en matière de SST couvre déjà un grand nombre des risques découlant de l’évolution des industries, des équipements et des lieux de travail, le CESE partage l’idée de la Commission européenne selon laquelle les évolutions technologiques, le vieillissement de la main-d’œuvre et l’évolution des formes de travail appellent de nouvelles propositions législatives.

4.1.6.

Dans ce contexte, le CESE recommande à la Commission de réviser la directive-cadre sur la SST afin de l’adapter aux réalités du travail ainsi qu’aux nouveaux risques et défis liés au changement climatique (par exemple, le fait de travailler par des températures élevées ou à l’air libre), au changement démographique et à la numérisation.

4.1.7.

Le CESE estime que les risques psychosociaux, déjà très élevés avant la pandémie, ont considérablement augmenté en conséquence de la COVID-19 et de l’introduction massive, non planifiée, du travail à distance non volontaire, avec ses corollaires tels que la disparition de la frontière entre travail et vie privée, la connectivité permanente, le manque d’interactions sociales et l’utilisation accrue des TIC.

4.2. Section 2.2: Améliorer la prévention des maladies et accidents professionnels

4.2.1.

Le CESE partage l’approche de la Commission, et notamment sa «“Vision zéro” à l’égard des décès liés au travail» et l’idée de renforcer la culture de la prévention, et convient que «la seule manière de prévenir les décès liés au travail est: i) d’enquêter de manière approfondie sur les accidents et les décès sur le lieu de travail, ii) de repérer et de combattre les causes de ces accidents et décès, iii) de sensibiliser davantage aux risques liés aux accidents, blessures et maladies professionnels et iv) de renforcer le contrôle de l’application des règles et lignes directrices existantes».

4.2.2.

Le CESE juge inacceptable la centaine de milliers de décès liés à des cancers d’origine professionnelle et invite les États membres à mettre rapidement en œuvre la stratégie de la feuille de route relative aux substances cancérigènes et à faire appliquer les valeurs limites et les autres dispositions adoptées au niveau de l’Union, limitant l’exposition de quelque 40 millions de travailleurs à 26 substances dangereuses et améliorant ainsi leurs conditions de travail. Le CESE estime qu’il convient de revoir et de compléter la liste des substances dangereuses, notamment en y intégrant les nanomatériaux et leurs effets cancérigènes, et recommande que le nombre des agents cancérigènes soumis à des valeurs limites d’exposition soit porté à 50.

4.2.3.

Le CESE invite la Commission et les États membres à promouvoir la santé au travail et à accorder la priorité à l’amélioration de la recherche et de la collecte de données, tant au niveau de l’UE qu’à l’échelon national. Leurs actions devraient porter en particulier sur les maladies cardiovasculaires d’origine professionnelle, les troubles musculo-squelettiques et les risques psychosociaux.

4.2.4.

Le CESE soutient la proposition d’actualiser en permanence la méthode pour traiter le problème des substances dangereuses afin de déterminer les gains d’efficacité possibles dans l’établissement des valeurs limites en matière de SST. Il souligne et soutient le processus qui consiste à traiter le problème des substances dangereuses sur la base d’une évaluation scientifique, conformément au principe «une substance, une évaluation». La consultation du Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (CCSS) tripartite et la participation étroite de toutes les parties prenantes sont considérées comme ayant été fructueuses.

4.2.5.

Il estime, dans le contexte des positions du Parlement européen et des acteurs concernés sur la nécessité de protéger le personnel de santé exposé à des médicaments dangereux et à d’autres risques, qu’il y a lieu d’approfondir la question, non seulement grâce à la formation, l’éducation et l’orientation, mais aussi par l’adoption d’une législation contraignante.

4.2.6.

Le CESE considère qu’il est essentiel de reconnaître la diversité, y compris les différences et les inégalités entre les hommes et les femmes, et de lutter contre la discrimination au sein de la main-d’œuvre pour garantir la sécurité et la santé tant des femmes que des hommes, notamment dans l’évaluation des risques au travail, et qu’il y a lieu de prévoir des mesures destinées à éviter les préjugés sexistes. En tout état de cause, il convient de garder à l’esprit que l’aptitude au travail peut être affectée par l’état biologique (allaitement, grossesse).

4.2.7.

Il convient également d’améliorer les perspectives des personnes handicapées sur le marché du travail, y compris en ce qui concerne l’application concrète de la santé et de la sécurité au travail et les programmes de réadaptation professionnelle pour les personnes souffrant de maladies chroniques ou ayant été victimes d’accidents.

4.2.8.

La protection des groupes de travailleurs particulièrement vulnérables doit être améliorée. Dans ce contexte, tous les États membres devraient accorder une attention particulière aux organismes d’inspection du travail et à la ratification de la convention de 2019 sur la violence et le harcèlement. Le CESE invite instamment tous les États membres à ratifier cette convention pendant la période de mise en œuvre de la stratégie.

4.3. Section 2.3: Améliorer la préparation — réagir rapidement aux menaces

4.3.1.

La crise de la COVID-19 a montré que la sécurité et la santé au travail sont primordiales pour aider les travailleurs, les entreprises et les États membres à protéger des vies et à gérer les risques pour garantir le bien-être, la continuité des activités et la viabilité des entreprises.

4.3.2.

L’un des enseignements à tirer pour l’avenir est l’importance des synergies entre la SST et la santé publique, qui ont permis de réagir efficacement pendant la crise. Cette interaction doit être renforcée dans tous les États membres afin que l’UE soit prête à faire face à de futures crises sanitaires.

4.3.3.

Le CESE reconnaît l’importance des travaux de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) pour la création, en coopération avec les États membres et les partenaires sociaux, d’outils d’orientation qui ont permis aux entreprises, en particulier aux PME, de réagir de manière adéquate aux différentes phases de la pandémie.

4.3.4.

La classification du virus SARS-CoV-2 en vertu de la directive sur les agents biologiques a contribué à assurer la protection des travailleurs dans les installations où le virus est manipulé pour la production, la distribution et l’administration de vaccins.

4.3.5.

La pandémie a fait apparaître que les travailleurs mobiles et frontaliers — y compris les travailleurs saisonniers, migrants et précaires — sont davantage exposés à des conditions de vie et de travail malsaines ou dangereuses, par exemple parce qu’ils occupent des logements insalubres ou surpeuplés ou parce qu’ils ignorent leurs droits. Le CESE invite les États membres à remplir leurs obligations en matière de SST et à renforcer leurs campagnes de sensibilisation sur la nécessité de promouvoir des conditions de travail et de vie équitables et sûres pour les travailleurs saisonniers, mobiles et frontaliers.

4.3.6.

Le CESE relève l’importance, soulignée par la Commission, de soutenir les travailleurs infectés par la COVID-19 et les familles endeuillées à la suite de l’exposition d’un proche au SARS-CoV2 sur le lieu de travail, et constate que 25 États membres ont déjà pris des mesures dans ce sens, notamment en reconnaissant la COVID-19 comme maladie professionnelle (15).

4.4. Chapitre 3: Mise en œuvre du cadre stratégique actualisé

4.4.1.

Le CESE rejoint la Commission lorsqu’elle affirme que «les partenaires sociaux sont particulièrement bien placés pour trouver des solutions adaptées aux circonstances propres à une activité ou à un secteur spécifique» (16).

4.4.2.

Le CESE souligne que la pandémie a montré le rôle majeur des entreprises et des lieux de travail dans la propagation des contaminations; il est dès lors d’autant plus important de prendre des mesures en matière de SST qui soient adaptées à chaque unité économique spécifique.

4.4.3.

Le CESE recommande à la Commission de prendre des initiatives à cet égard, au titre du cadre stratégique, en vue de promouvoir un dialogue social permanent entre les partenaires sociaux sur les conditions de santé et de sécurité dans les différents secteurs d’activité, et en particulier dans les entreprises. La participation des syndicats et des représentants des travailleurs et leur consultation permanente sur la situation, en étroite coordination avec la négociation et les conventions collectives, ainsi que l’évaluation, la prévention et la gestion des risques, l’exploitation des possibilités et la création d’environnements de travail sûrs et sains ont une incidence directe sur la santé des travailleurs, la productivité et la compétitivité des entreprises et la société elle-même, en particulier sur les services de santé publique.

4.4.4.

Le CESE partage l’avis de la Commission selon lequel seule une connaissance exacte et actualisée de la réalité en matière de SST, tant au niveau de l’UE qu’à celui des États membres, permet de recenser les enjeux et de prévenir les risques, de définir des politiques appropriées, de suivre leur mise en œuvre et d’analyser leurs résultats. La connaissance des innovations scientifiques et technologiques et leur intégration constante dans les décisions politiques permettent également de faire évoluer ces dernières en permanence.

4.4.5.

Le CESE souscrit à la nécessité de disposer, au niveau de l’UE et des États membres, de bases de données actualisées et appropriées en matière de SST, avec de nouveaux indicateurs sociaux permettant la recherche et l’établissement de rapports, d’analyses et d’études sur la SST dans toutes ses dimensions (17).

4.4.6.

Le CESE relève que «le succès de ce cadre stratégique dépend en grande partie de sa mise en œuvre au niveau national et local» (18). Cette approche confère aux États membres une plus grande responsabilité en matière de respect et de mise en œuvre de la législation, de promotion du dialogue social entre les partenaires sociaux et de suppression des obstacles à ce dialogue, étant donné que l’une des conditions de base du succès du cadre stratégique est l’intervention des inspections du travail au niveau des États membres, l’action des techniciens et des médecins du travail et la participation des syndicats et des représentants des travailleurs en matière de SST.

4.4.7.

Pour que les objectifs du cadre stratégique soient réalisés, le CESE rappelle que les entreprises ont une responsabilité globale en matière de santé et de sécurité au travail, que ce soit sur le lieu de travail ou lorsque le travailleur travaille à distance. Il estime toutefois que cela pose problème lorsque le travailleur effectue son travail depuis son domicile ou un autre endroit que l’employeur ne peut contrôler ou auquel il n’a pas accès.

4.4.8.

Le CESE partage l’avis selon lequel la sensibilisation aux risques liés aux accidents, blessures et maladies professionnels est essentielle pour atteindre les objectifs du cadre stratégique, en mettant l’accent sur la «Vision zéro» à l’égard des décès dus aux accidents du travail. Le CESE estime que la sensibilisation est effectivement l’une des mesures fondamentales pour l’application de la législation, mais que la clé du succès réside dans l’existence préalable de cette législation, conjuguée, a posteriori, à la participation et au contrôle. Le CESE est convaincu que, pour atteindre les objectifs de cette stratégie, il est essentiel de mettre l’accent sur la prévention et le respect des directives en matière de SST.

4.4.9.

Selon le CESE, cette sensibilisation dépend largement de la participation active des partenaires sociaux et de toutes les parties prenantes. C’est dans ce contexte qu’il valorise le rôle du CCSS et recommande à la Commission de mieux le mettre en avant.

4.4.10.

Le CESE considère que, si toutes les parties prenantes — États membres, entreprises, inspections du travail et travailleurs — s’accordent sur la nécessité d’atteindre ces objectifs, le degré de responsabilité varie, et ce sont les travailleurs, qui sont les plus vulnérables et ont le moins de pouvoir, qui devraient donc bénéficier de la plus grande protection.

4.4.11.

Le CESE estime dès lors que le travailleur, lorsqu’il constate un risque d’accident ou de maladie grave sur son lieu de travail, et en particulier un risque mortel, devrait pouvoir refuser de travailler et, en dernière instance, avoir le droit de mettre fin à son contrat en bénéficiant d’une indemnisation si sa vie est mise en danger parce que l’entreprise ne respecte pas les règles en matière de SST.

4.4.12.

Le CESE note qu’il existe un total de 11 fonds et mécanismes financiers européens qui permettent de financer des actions dans les différents domaines de la SST (19). Le CESE souligne que le soutien financier aux actions en matière de SST est l’une des clés de la réussite du cadre stratégique lui-même. Le CESE recommande à la Commission de fournir des informations plus détaillées aux États membres et, en particulier, aux partenaires sociaux, afin de faciliter leur accès aux projets en matière de SST et d’améliorer leur mise en œuvre.

4.5. Chapitre 4: Promouvoir des normes efficaces en matière de SST dans le monde entier

4.5.1.

Le CESE souscrit à l’affirmation selon laquelle «à l’ère de la mondialisation, les menaces pour la santé et la sécurité ne s’arrêtent pas aux frontières» et est également d’avis que l’objectif du cadre stratégique est «de relever les normes en matière de SST à l’échelle mondiale» (20).

4.5.2.

Le CESE appuie également la position de la Commission consistant à collaborer avec l’OIT pour mettre en œuvre et suivre l’application de la déclaration du centenaire pour l’avenir du travail (2019), en soutenant l’intégration du droit à des conditions de travail sûres et saines dans le cadre de l’OIT sur les principes et droits fondamentaux au travail.

Bruxelles, le 20 octobre 2021.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) Communication de la Commission [COM(2021) 323 final].

(2) Ibidem.

(3) Ibidem.

(4) Ibidem.

(5) Ibidem.

(6) Ibidem.

(7) Ibidem.

(8) Ibidem.

(9) Ibidem.

(10) Communication de la Commission [COM(2021) 323 final].

(11) Ibidem.

(12) Ibidem.

(13) Communication de la Commission [COM(2021) 323 final].

(14) Ibidem.

(15) Ibidem.

(16) Ibidem.

(17) Ibidem.

(18) Ibidem.

(19) Ibidem.

(20) Ibidem.


ANNEXE

Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 43, paragraphe 2, du règlement intérieur):

AMENDEMENT 1

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.1.5

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Alors que la législation de l’UE en matière de SST couvre déjà un grand nombre des risques découlant de l’évolution des industries, des équipements et des lieux de travail, le CESE partage l’idée de la Commission européenne selon laquelle les évolutions technologiques, le vieillissement de la main-d’œuvre et l’évolution des formes de travail appellent de nouvelles propositions législatives.

Alors que la législation de l’UE en matière de SST couvre déjà un grand nombre des risques découlant de l’évolution des industries, des équipements et des lieux de travail, le CESE partage l’idée de la Commission européenne selon laquelle les évolutions technologiques, le vieillissement de la main-d’œuvre et l’évolution des formes de travail pourraient appeler de nouvelles propositions législatives.

Résultat du vote:

Voix pour:

70

Voix contre:

118

Abstentions:

11

AMENDEMENT 2

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.1.6

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Dans ce contexte, le CESE recommande à la Commission de réviser la directive-cadre sur la SST afin de l’adapter aux réalités du travail ainsi qu’aux nouveaux risques et défis liés au changement climatique (par exemple, le fait de travailler par des températures élevées ou à l’air libre), au changement démographique et à la numérisation.

Dans ce contexte, le CESE recommande à la Commission de continuer à suivre de près la mise en œuvre de la directive-cadre sur la SST et, le cas échéant, de réviser celle-ci , afin de veiller à ce qu’elle couvre également les nouveaux risques et défis liés au changement climatique (par exemple, le fait de travailler par des températures élevées ou à l’air libre), au changement démographique et à la numérisation.

Résultat du vote:

Voix pour:

68

Voix contre:

124

Abstentions:

12

AMENDEMENT 3

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.2.2

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Le CESE juge inacceptable la centaine de milliers de décès liés à des cancers d’origine professionnelle et invite les États membres à mettre rapidement en œuvre la stratégie de la feuille de route relative aux substances cancérigènes et à faire appliquer les valeurs limites et les autres dispositions adoptées au niveau de l’Union, limitant l’exposition de quelque 40 millions de travailleurs à 26 substances dangereuses et améliorant ainsi leurs conditions de travail. Le CESE estime qu’il convient de revoir et de compléter la liste des substances dangereuses, notamment en y intégrant les nanomatériaux et leurs effets cancérigènes, et recommande que le nombre des agents cancérigènes soumis à des valeurs limites d’exposition soit porté à 50 .

Le CESE juge inacceptable la centaine de milliers de décès liés à des cancers d’origine professionnelle et invite les États membres à mettre rapidement en œuvre la stratégie de la feuille de route relative aux substances cancérigènes et à faire appliquer les valeurs limites et les autres dispositions adoptées au niveau de l’Union, limitant l’exposition de quelque 40 millions de travailleurs à 26 substances dangereuses et améliorant ainsi leurs conditions de travail. Le CESE estime qu’il convient de revoir et de compléter la liste des substances dangereuses, notamment en y intégrant les nanomatériaux précis qui présentent des effets cancérigènes prouvés, et recommande d’accroître au maximum le nombre des agents cancérigènes soumis à des valeurs limites d’exposition.

Résultat du vote:

Voix pour:

68

Voix contre:

135

Abstentions:

6

AMENDEMENT 4

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.2.5

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Il estime, dans le contexte des positions du Parlement européen et des acteurs concernés sur la nécessité de protéger le personnel de santé exposé à des médicaments dangereux et à d’autres risques, qu’il y a lieu d’approfondir la question, non seulement grâce à la formation, l’éducation et l’orientation, mais aussi par l’adoption d’une législation contraignante .

Il estime, dans le contexte des positions du Parlement européen et des acteurs concernés sur la nécessité de protéger le personnel de santé exposé à des médicaments dangereux et à d’autres risques, qu’il y a lieu d’approfondir la question, non seulement grâce à la formation, l’éducation et l’orientation, mais aussi par une application efficace de la législation en vigueur .

Résultat du vote:

Voix pour:

71

Voix contre:

133

Abstentions:

9

AMENDEMENT 5

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.3.5

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

La pandémie a fait apparaître que les travailleurs mobiles et frontaliers — y compris les travailleurs saisonniers, migrants et précaires — sont davantage exposés à des conditions de vie et de travail malsaines ou dangereuses, par exemple parce qu’ils occupent des logements insalubres ou surpeuplés ou parce qu’ils ignorent leurs droits. Le CESE invite les États membres à remplir leurs obligations en matière de SST et à renforcer leurs campagnes de sensibilisation sur la nécessité de promouvoir des conditions de travail et de vie équitables et sûres pour les travailleurs saisonniers, mobiles et frontaliers.

La pandémie a fait apparaître que les travailleurs mobiles et frontaliers — y compris les travailleurs saisonniers et migrants en situation d’emploi précaire — pourraient être davantage exposés à des conditions de vie et de travail malsaines ou dangereuses, par exemple parce qu’ils occupent des logements insalubres ou surpeuplés ou parce qu’ils ignorent leurs droits. Le CESE invite les États membres à remplir leurs obligations en matière de SST et à renforcer leurs campagnes de sensibilisation sur la nécessité de promouvoir des conditions de travail et de vie équitables et sûres pour les travailleurs saisonniers, mobiles et frontaliers.

Résultat du vote:

Voix pour:

72

Voix contre:

125

Abstentions:

11

AMENDEMENT 6

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 4.4.11

Supprimer:

Avis de section

Amendement

Le CESE estime dès lors que le travailleur, lorsqu’il constate un risque d’accident ou de maladie grave sur son lieu de travail, et en particulier un risque mortel, devrait pouvoir refuser de travailler et, en dernière instance, avoir le droit de mettre fin à son contrat en bénéficiant d’une indemnisation si sa vie est mise en danger parce que l’entreprise ne respecte pas les règles en matière de SST.

Résultat du vote:

Voix pour:

69

Voix contre:

135

Abstentions:

8

AMENDEMENT 7

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 1.4.1

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Section 2.1: i) en ce qui concerne les personnes qualifiées de travailleurs indépendants, auxquelles les règles en matière de SST ne devraient pas s’appliquer, selon le cadre stratégique, le Comité recommande qu’une étude soit menée en temps utile, avec la participation de la Commission, d’experts et des partenaires sociaux, en vue de trouver la meilleure solution en accordant toute l’attention appropriée aux travailleurs indépendants, qui doivent eux aussi pouvoir travailler dans un environnement sûr et sain, et que les conclusions de cette étude soient présentées lors du sommet sur la SST de 2023; ii) en ce qui concerne l’initiative non législative relative à la santé mentale au travail que la Commission prévoit de lancer au niveau de l’UE, le Comité propose, précisément en raison de la pertinence des motifs invoqués dans le cadre stratégique, d’opter pour une initiative législative .

Section 2.1: i) en ce qui concerne les personnes qualifiées de travailleurs indépendants, auxquelles les règles en matière de SST ne devraient pas s’appliquer, selon le cadre stratégique, le Comité recommande qu’une étude soit menée en temps utile, avec la participation de la Commission, d’experts et des partenaires sociaux, en vue de trouver la meilleure solution en accordant toute l’attention appropriée aux travailleurs indépendants, qui doivent eux aussi pouvoir travailler dans un environnement sûr et sain, et que les conclusions de cette étude soient présentées lors du sommet sur la SST de 2023; ii) en ce qui concerne l’initiative non législative relative à la santé mentale au travail que la Commission prévoit de lancer au niveau de l’UE, le Comité approuve l’approche ainsi adoptée .

Résultat du vote:

Voix pour:

66

Voix contre:

135

Abstentions:

8

AMENDEMENT 8

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 1.4.2

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Section 2.2: i) le Comité invite la Commission à inclure les cancers d’origine professionnelle dans le futur plan européen pour vaincre le cancer , et à élargir le champ d’application de la directive sur les agents cancérigènes ou mutagènes (DCM) aux substances reprotoxiques et aux médicaments dangereux, en garantissant un suivi sur le long terme des travailleurs exposés à ces agents, y compris lorsqu’ils n’exercent plus leur travail dans les mêmes conditions ; ii) il recommande que l’intention de la Commission d’évaluer «les moyens de renforcer l’efficacité de la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs (2009/52/CE)» aboutisse à une révision prévoyant des sanctions plus sévères pour les employeurs contrevenants ; iii) il estime urgent, comme le démontrent les enseignements tirés récemment de la COVID-19, d’élaborer une initiative législative sur la prévention des risques psychosociaux ; iv) il considère que l’expérience acquise et les recherches sur les troubles musculo-squelettiques justifient la nécessité d’une initiative législative en la matière .

Section 2.2: i) le Comité soutient la proposition présentée dans le cadre stratégique en matière de SST relative à l’établissement d’une liste prioritaire des produits reprotoxiques à traiter, sur la base de l’avis adopté au sein du Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail concernant une liste des substances prioritaires pour lesquelles des valeurs limites d’exposition professionnelle doivent être fixées, et invite la Commission à inclure les cancers d’origine professionnelle dans le futur plan européen pour vaincre le cancer; ii) il recommande que l’intention de la Commission d’évaluer «les moyens de renforcer l’efficacité de la directive relative aux sanctions à l’encontre des employeurs (2009/52/CE)» aboutisse à une mise en œuvre et une application efficaces ; iii) il se félicite de l’intention de la Commission de· préparer au niveau de l’UE, en coopération avec les États membres et les partenaires sociaux, une initiative non législative relative à la santé mentale au travail qui évaluera les problèmes émergents liés à la santé mentale des travailleurs ; iv) il appuie l’objectif de la Commission d’intégrer les risques psychosociaux et ergonomiques dans la campagne pour des lieux de travail sains .

Résultat du vote:

Voix pour:

70

Voix contre:

140

Abstentions:

7

AMENDEMENT 9

Proposé par:

LE BRETON Marie-Pierre

MINCHEVA Mariya

PILAWSKI Lech

VADÁSZ Borbála

VERNICOS George

SOC/698 — Santé et sécurité au travail — cadre stratégique de l’UE (2021-2027)

Paragraphe 1.4.3

Modifier comme suit:

Avis de section

Amendement

Section 2.3: i) le Comité préconise de transformer en directive la recommandation concernant la liste européenne des maladies professionnelles; ii) il suggère d’améliorer la directive sur les agents biologiques compte tenu des expériences récentes ; iii) s’agissant des inspections nationales du travail, il propose de fixer comme objectif que, d’ici à la fin de la période couverte par le cadre stratégique, les États membres respectent le ratio fixé dans les normes de l’OIT, à savoir un inspecteur du travail pour 10 000 travailleurs . Si cet objectif n’est pas atteint au cours de la période couverte par le cadre stratégique, la Commission devrait présenter une initiative législative à cette fin.

Section 2.3: le Comité relève que i) la recommandation concernant la liste européenne des maladies professionnelles devrait faire l’objet d’un suivi approprié au sein des États membres ; ii) la directive sur les agents biologiques a été améliorée compte tenu des expériences récentes.

Résultat du vote:

Voix pour:

70

Voix contre:

133

Abstentions:

7


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