| CELEX | 52021AE3471 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 8 décembre 2021 |
| 6.4.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 152/97 |
Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Stratégie pour le financement de la transition vers une économie durable»
[COM(2021) 390 final]
(2022/C 152/16)
| Rapporteure: | Judith VORBACH |
| Corapporteur: | Jörg Freiherr FRANK VON FÜRSTENWERTH |
| Consultation | Commission européenne, 10.8.2021 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 23.11.2021 |
| Adoption en session plénière | 8.12.2021 |
| Session plénière no | 565 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 123/1/2 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | La politique économique de l’Union européenne doit être guidée tant par les objectifs énoncés à l’article 3 du traité sur l’Union européenne que par les objectifs de développement durable des Nations unies. Il convient donc d’adopter, en matière de finance durable également, une approche pluridimensionnelle qui intègre des objectifs environnementaux comme sociaux. Malheureusement, nombre des mesures présentées dans la communication ne tiennent pas compte de la durabilité sociale. La convergence des mesures de développement durable avec celles en matière de numérique et de gestion de la COVID-19 peut conférer plus de poids et d’efficacité à la politique de l’Union. Les politiques environnementales doivent aller de pair avec une économie européenne plus robuste et avec la création d’emplois de qualité. Il faut tirer parti des synergies entre l’union des marchés des capitaux et la stratégie en matière de finance durable. La transparence, par exemple, accroît l’efficacité du marché tout en constituant une condition d’accès aux financements durables. |
| 1.2. | Le Comité économique et social européen (CESE) souscrit pleinement à l’objectif qui vise à réorienter les investissements dans l’optique de soutenir la transition de l’économie européenne vers la durabilité. Si la plupart des mesures proposées dans la communication sont judicieuses, elles semblent souvent bien timides face à l’urgence d’agir. Le facteur temps est particulièrement décisif dans le domaine de l’action climatique. Pour permettre à la stratégie de fonctionner dans la pratique, nous devons disposer d’un arsenal législatif cohérent et bien séquencé, et sans complexité excessive. Mieux vaut agir avec célérité plutôt que de viser la perfection. Il convient d’accorder une attention toute particulière aux pratiques trompeuses de «blanchiment» dans le domaine de la durabilité. De manière générale, la stratégie en matière de finance durable ne pourra produire les effets incitatifs voulus que si elle s’inscrit dans une politique économique globale axée sur la durabilité. La réglementation et les investissements publics ont un rôle crucial à jouer. |
| 1.3. | Le CESE salue la détermination de la Commission à amorcer la transition vers une économie européenne durable, et invite le Conseil et le Parlement européen à soutenir ces efforts. Le CESE demande que les partenaires sociaux et la société civile soient associés à la conception et à la mise en œuvre d’une finance durable. Ces acteurs doivent être suffisamment représentés tant au sein de la plateforme sur la finance durable que dans le Groupe consultatif pour l’information financière en Europe (EFRAG). Il convient par ailleurs de consulter directement les organisations de partenaires sociaux concernées, pour ce qui est, par exemple, des critères ESG (1) et donc des problématiques liées au monde du travail. Dans l’ensemble, le CESE critique la pratique qui consiste à recourir de manière excessive à des actes délégués pour réglementer d’importantes questions relatives à la stratégie. |
| 1.4. | La taxinomie de l’Union doit refléter un niveau d’ambition plus élevé que celui prévu par la législation européenne. Le succès de cette taxinomie est tributaire d’une large adhésion. Les activités qui y sont reprises ne peuvent déroger ni aux objectifs environnementaux ni aux normes sociales, et doivent respecter le principe de précaution. De larges pans de la société civile européenne doutent très sérieusement que l’énergie nucléaire ou le gaz naturel, par exemple, réponde à ces critères. Le CESE estime plutôt qu’il serait peut-être préférable que ce type d’activités économiques controversées, qui peuvent encore jouer un rôle utile pendant la période de transition, soient traitées hors du cadre de la taxinomie proprement dite. Le CESE devrait en outre envisager de consacrer une initiative distincte à ce thème. Le Comité soutient l’intégration des autres objectifs environnementaux à la taxinomie, de même que son extension aux activités économiques présentant un niveau de performance intermédiaire, ainsi qu’aux activités qui n’ont pas d’incidence importante sur la durabilité environnementale et à celles qui lui causent un préjudice important. Des propositions devraient être faites rapidement en ce sens. La taxinomie et les normes devraient servir de référence dans divers domaines, de manière à accroître l’efficacité de ces instruments. Il importe néanmoins d’éviter toute lacune propice à l’écoblanchiment. |
| 1.5. | Le CESE se félicite des efforts visant à faciliter l’accès des investisseurs de détail et des PME aux financements durables et souligne la nécessité de garantir des conditions de financement équitables. Il soutient aussi les mesures visant à étendre la publication d’informations en matière de durabilité, car les politiques d’entreprise durables sont également dans l’intérêt des clients des PME et de la société civile dans son ensemble. Les exigences en matière de publication d’informations ne devraient pas imposer trop de ressources ni engendrer de coûts excessifs, mais plutôt contribuer efficacement à la transparence afin d’améliorer l’efficacité du marché et, partant, l’accès aux financements. En ce qui concerne la budgétisation verte, le CESE recommande d’établir un lien entre cet outil et une (future) règle d’or pour les investissements. |
| 1.6. | Les mesures prévues pour soutenir les investissements sociaux crédibles sont loin d’être suffisantes et devraient, elles aussi, être consolidées. L’accent doit être mis davantage sur la durabilité sociale, de sorte que les citoyens et le monde du travail soient au centre des préoccupations. Il convient d’associer pleinement les partenaires sociaux et la société civile à ce processus, et de s’appuyer sur le socle européen des droits sociaux et les objectifs de développement durable des Nations unies. Une taxinomie intégrée, qui engloberait tout autant des objectifs environnementaux que sociaux, permettrait de jeter les précieuses fondations d’une Union européenne durable sur les plans économique, social et environnemental. Pour ce qui est de la publication d’informations en matière de durabilité, il y a lieu d’accorder une attention toute particulière aux indicateurs relatifs aux droits des travailleurs et aux droits de l’homme, et de les perfectionner. |
| 1.7. | Les facteurs de durabilité doivent être pris en considération dans la gestion des risques et la provision en fonds propres du secteur financier, ce dont il faut tenir compte sur le plan réglementaire et, à court terme, sur le plan technique également. Le CESE plaide en faveur de stratégies saines et prospectives en matière de fonds propres, et préconise que l’évaluation des risques se borne à la dimension économique, de sorte que leur pondération se fonde sur les risques réels pour la stabilité. Il convient de tenir compte des répercussions que les risques en matière de durabilité peuvent avoir sur les banques et les assurances, voire sur la stabilité du secteur financier dans son ensemble. En lien avec la prise en compte systématique des risques ESG dans les notations de crédit, il faudrait relancer le débat sur l’agence européenne de notation et ainsi affirmer le rôle pionnier de l’Union dans le domaine de la durabilité. |
| 1.8. | Le CESE se félicite des mesures destinées à intensifier la surveillance des risques systémiques découlant de la crise climatique et suggère de couvrir, dans la mesure du possible, tous les volets du secteur financier. Il est également temps de tenir enfin compte des risques sociaux en matière de durabilité, qui menacent la cohésion sociale en creusant les écarts de distribution. Le Comité préconise en outre de renforcer le caractère contraignant de la publication d’informations en matière de durabilité par les établissements financiers. S’agissant des devoirs fiduciaires et des règles de gestion, les mesures ne doivent pas donner lieu à des transferts disproportionnés de risques sous couvert de considérations écologiques et la classification des investissements non durables doit être soigneusement ajustée. |
| 1.9. | Les autorités de surveillance doivent être dotées, dans les plus brefs délais, des compétences nécessaires pour lutter contre l’écoblanchiment. Pour faciliter le processus, il serait bon de disposer d’une définition de ce concept. Il serait également utile de s’appuyer sur un cadre de suivi afin de mesurer les progrès réalisés par le système financier de l’Union. Le CESE demande que la société civile soit associée à l’examen de l’alignement des marchés financiers sur les objectifs en matière de durabilité. Enfin, le Comité apporte également son soutien au renforcement de la coopération entre les autorités de surveillance et la BCE. La société civile doit être associée aux recherches sur la finance durable, qui doivent prendre en considération la durabilité sociale. |
| 1.10. | Le CESE se félicite que la Commission s’engage en faveur d’un consensus ambitieux au sein des enceintes internationales, car les marchés mondiaux requièrent des cadres internationalement reconnus. Les entreprises européennes ne devraient pas avoir à subir de graves désavantages concurrentiels du fait de la multiplicité des réglementations à respecter. Il s’agit notamment d’offrir, à l’échelle mondiale, un accès aux données qui permettent d’évaluer la durabilité des investissements, ainsi qu’une réglementation et une surveillance adéquates des fournisseurs de données ESG. La lenteur de la coordination internationale ne doit pas retarder l’adoption de mesures au niveau européen. Dans le cadre de l’approfondissement des travaux de la plateforme internationale sur la finance durable, la Commission est invitée à œuvrer non seulement en faveur d’un renforcement de la coopération avec le secteur privé, mais aussi avec la société civile. Le CESE demande instamment qu’il soit davantage tenu compte de la durabilité sociale à l’échelle internationale, notamment dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations unies. |
2. Contexte de l’avis
| 2.1. | Le cadre pour la finance durable est appelé à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat et dans la réalisation des objectifs du pacte vert. Étant donné que, d’après la Commission, l’ampleur des investissements requis dépasse largement les capacités du secteur public, le cadre pour la finance durable devrait contribuer à orienter les flux financiers privés vers les activités économiques pertinentes. En outre, le cadre pour la finance durable et l’union des marchés des capitaux devraient se renforcer mutuellement, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives (2). |
| 2.2. | La stratégie de 2018 en matière de finance durable repose sur une taxinomie, un système de publication d’informations par les entreprises et des outils d’investissement, qui incluent notamment des indices de référence, des normes et des labels. La Commission constate que des avancées majeures ont été réalisées dans les efforts tendant à poser les bases du cadre pour la finance durable, mais qu’il reste beaucoup à faire. Par l’initiative à l’examen, elle engage une nouvelle phase dans la stratégie de l’Union en matière de finance durable, en l’articulant désormais autour des actions suivantes: financer la transition de l’économie réelle vers la durabilité, veiller au caractère inclusif de la finance durable, améliorer la résilience du secteur financier et sa contribution à la durabilité, et œuvrer en faveur d’une ambition mondiale. |
3. Observations générales
| 3.1. | Le CESE plaide en faveur d’une politique économique qui soit axée sur la prospérité et intègre plusieurs objectifs: durabilité environnementale, croissance durable et inclusive, plein emploi et qualité de l’emploi, répartition équitable, santé et qualité de vie, stabilité financière, stabilité des prix, équilibre des échanges commerciaux dans le cadre d’une structure économique et industrielle équitable et compétitive, et stabilité des finances publiques. Ces objectifs sont cohérents tant avec ceux énoncés à l’article 3 du traité sur l’Union européenne qu’avec les objectifs de développement durable des Nations unies. Il est donc regrettable que de longs pans de la stratégie en matière de finance durable se réfèrent uniquement aux objectifs climatiques. Le CESE recommande une approche holistique qui intègre les enjeux environnementaux comme les objectifs sociaux, et veille à l’équilibre entre ces impératifs. Afin d’éviter tout revers et de parvenir au consensus requis, il convient de concevoir la politique climatique dans une perspective économique axée sur la prospérité. |
| 3.2. | La convergence des mesures de développement durable avec celles de la politique numérique et de la stratégie de l’après-COVID-19 peut conférer plus de poids et d’efficacité à l’action de l’Union. Les politiques environnementales doivent aller de pair avec la création d’emplois de qualité, une répartition équitable des coûts et des risques, et un renforcement de l’économie européenne, notamment sur la scène internationale. Il faut également tirer parti des synergies entre le projet d’union des marchés des capitaux et la stratégie en matière de finance durable. La transparence et l’information sont indispensables à l’efficacité des marchés, et constituent dans le même temps des prérequis pour la finance durable. De manière générale, ces éléments permettront aussi d’améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises à des financements durables sur le plan social et environnemental. Qui plus est, le groupe d’experts techniques de la Commission sur les PME (TESG) souligne la nécessité de travailler avec les petites entreprises et de les soutenir dans leurs efforts pour se conformer aux obligations d’information en matière de durabilité. |
| 3.3. | Le CESE souscrit pleinement à l’objectif visant à réorienter et à promouvoir les investissements dans l’optique de soutenir la transition de l’économie européenne vers la durabilité. Si la plupart des mesures proposées dans la stratégie sont judicieuses, elles se bornent souvent à prévoir des vérifications ou d’éventuelles dispositions juridiques, sans être toujours assorties d’échéances. Or, le facteur temps et l’efficacité sont déterminants, tout particulièrement dans le domaine de l’action climatique. Plutôt que de viser la perfection, il faut savoir composer avec un certain degré d’incertitude, des divergences d’opinions et des questions en suspens. Il convient d’enclencher les étapes suivantes sans plus attendre et d’analyser le degré de cohérence entre les réglementations existantes. Nous avons besoin d’un arsenal législatif structuré, bien séquencé et cohérent, sans redondances ni complexité excessive, pour permettre à la stratégie de fonctionner dans la pratique. |
| 3.4. | Le CESE salue la détermination de la Commission à amorcer la transition vers une économie européenne durable. Cependant, le travail de fond concernant l’élaboration de la taxinomie ou la publication d’informations en matière de durabilité est délégué, respectivement, à la plateforme sur la finance durable et au Groupe consultatif pour l’information financière en Europe (EFRAG). Or, pour mener à bien la transition vers la durabilité, l’ensemble des organes décisionnels de l’Union ainsi que les États membres doivent s’investir tout autant. Le CESE exhorte en particulier le Conseil et le Parlement européen à soutenir et à faire avancer les efforts en faveur de la durabilité. |
| 3.5. | Le CESE critique la pratique qui consiste à recourir de manière excessive à des actes délégués pour réglementer d’importantes questions de politique économique, plutôt que de passer par la procédure législative ordinaire. Les partenaires sociaux et la société civile doivent, eux aussi, être pleinement associés à la conception et à la mise en œuvre d’une finance durable, et notamment à la définition des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, dits critères ESG. Il faut veiller à ce que ces acteurs soient équitablement représentés au sein de la plateforme sur la finance durable et de l’EFRAG. Étant donné que la taxinomie et la publication d’informations en matière de durabilité touchent aussi au monde du travail, il est inacceptable que les syndicats y soient aussi peu associés (3). Il convient par ailleurs de consulter directement les partenaires sociaux sur les questions liées au monde du travail. |
| 3.6. | La réalisation des objectifs climatiques constitue un bien public qui transcende les générations et les frontières, et s’accompagne d’un risque de comportements opportunistes et de défaillances du marché. On ne peut pas s’attendre à ce que des entreprises concurrentes incorporent volontairement les externalités et endossent ainsi le rôle de «gendarme de la transition». Il ne faut pas non plus escompter qu’une réorientation massive des investissements s’opère sur la base d’une autorégulation intervenue sous l’effet d’une transparence accrue. La stratégie en matière de finance durable ne pourra donc produire les effets incitatifs voulus, avec l’efficacité requise, que si elle s’inscrit dans le cadre d’une politique (économique) globale axée sur la durabilité et d’une réglementation adéquate. À cet égard, la clarté des politiques permet aussi de faciliter la gestion des risques dans le secteur financier. |
| 3.7. | De même, les investissements publics continuent de jouer un rôle crucial, notamment parce qu’ils attirent souvent d’autres investissements privés. Malheureusement, le cadre budgétaire de l’Union a souvent incité à réduire les investissements publics (4), ce qui se traduit aujourd’hui par un manque d’investissements en faveur de la durabilité et de l’inclusion. Pour atteindre les objectifs du pacte vert, il faut à la fois réorienter les investissements privés et stimuler les investissements publics. Le débat sur la durabilité vient notamment souligner la nécessité d’instaurer une règle d’or. |
4. Observations particulières
4.1. Financer la transition de l’économie réelle vers la durabilité
| 4.1.1. | La taxinomie de l’Union doit refléter un niveau d’ambition plus élevé que celui prévu par la législation européenne, puisqu’en tout état de cause, le respect de ces dispositions peut être tenu pour acquis. Seule une telle approche permettra de consolider le rôle de premier plan des activités économiques durables, au moyen de la finance et des possibilités de financement. Le succès de la taxinomie est tributaire d’une large adhésion sociale. Ce système de classification doit être transparent, fondé sur des données scientifiques et mis à jour en permanence. Pour que la taxinomie réponde à une notion de durabilité largement acceptée, il faut veiller à ce que les activités économiques qui y figurent ne compromettent aucun des objectifs environnementaux (5) ni n’entraînent de dysfonctionnements sociaux. Le CESE renvoie au principe de précaution inscrit dans la politique environnementale de l’Union (6). |
| 4.1.2. | En vue d’accroître l’efficacité de la taxinomie, le CESE préconise de l’utiliser dans la gestion des risques des entreprises financières (voir le paragraphe 4.4). Parmi les autres approches que le CESE juge prometteuses, citons le recours au ratio d’actifs verts (Green Asset Ratio ou GAR) pour déterminer la proportion des actifs des institutions financières qui sont alignés sur la taxinomie, l’intégration des risques environnementaux dans les tests de résistance et l’utilisation de la taxinomie pour les obligations vertes. Par ailleurs, le Comité recommande de se référer à la taxinomie ainsi qu’aux normes et aux labels, dans le domaine des aides et des marchés publics, par exemple, ou dans le contexte du cadre budgétaire de l’Union. |
| 4.1.3. | L’ajout de critères d’examen technique [action 1 (c)] doit se faire avec une grande prudence et dans le strict respect du principe de précaution. Il convient notamment d’appliquer scrupuleusement le critère énoncé dans le règlement sur la taxinomie (7), à savoir ne pas causer de préjudice important à d’autres objectifs environnementaux ou sociaux (8). En ce sens, les propositions visant à intégrer l’agriculture, le gaz naturel et l’énergie nucléaire dans la taxinomie doivent être examinées avec la plus grande attention. Il est essentiel de préserver la crédibilité de cet outil pour éviter de compromettre le projet de taxinomie dans son ensemble. Le CESE souligne que de larges pans de la société civile européenne nourrissent de sérieux doutes quant au caractère durable des secteurs économiques que la Commission propose d’inclure. Ces observations s’appliquent également à la législation relative au financement de certaines activités économiques [action 1 (a)]. |
| 4.1.4. | Le CESE reconnaît que même des activités économiques dont le caractère durable est très controversé peuvent jouer un rôle utile pendant la période de transition, surtout lorsqu’elles répondent aux normes techniques les plus récentes. Le CESE estime donc qu’il serait peut-être préférable que ce type d’activités fassent l’objet d’un traitement distinct, hors du cadre de la taxinomie européenne. Le CESE devrait en outre envisager de consacrer une initiative distincte à ce thème. L’objectif d’une telle initiative serait de plaider en faveur d’une politique énergétique axée sur la prospérité et centrée sur les objectifs environnementaux, ainsi que sur l’accessibilité financière, le maintien d’emplois de qualité et le renforcement de l’économie européenne sur le marché intérieur comme à l’international. |
| 4.1.5. | L’acte délégué déjà prévu dans le règlement sur la taxinomie en vue de couvrir les quatre autres objectifs environnementaux [action 1 (d)], dans les domaines de l’eau, de la biodiversité, de la prévention de la pollution et de l’économie circulaire, représente une avancée opportune sur la voie d’une approche globale de la durabilité. Le CESE se félicite également de l’annonce faite par la Commission de proposer des critères d’évaluation relatifs à la biodiversité, afin de l’articuler avec la politique climatique. De même, l’extension de la taxinomie aux activités économiques présentant un niveau de performance intermédiaire, ainsi que la distinction entre les activités économiques qui n’ont pas d’incidence importante sur la durabilité environnementale et celles qui lui causent un préjudice important [action 1 (b)] représentent un pas dans la bonne direction. À cet égard, le règlement sur la taxinomie prévoit la publication, d’ici à la fin de 2021, d’un rapport sur les activités économiques qui présentent ou non une incidence importante. Le CESE insiste pour que ce rapport soit effectivement présenté à l’échéance prévue. Il convient également de veiller à ce que l’élargissement de la taxinomie ne suscite pas de lacunes propices à l’écoblanchiment, du fait notamment d’une complexité accrue. |
| 4.1.6. | Le CESE se félicite de l’extension des normes et des labels [action 1 (e)] et réclame plus de détermination, entre autres dans l’introduction de normes minimales. Il serait utile de définir un cadre général pour les labels destinés aux instruments financiers finançant la transition de l’économie, et ce, afin de disposer de repères clairs et fiables. Il convient d’accorder une attention toute particulière au «blanchiment» dans le domaine de la durabilité, c’est-à-dire aux pratiques trompeuses par lesquelles un établissement prétend faire preuve de plus de durabilité sur le plan environnemental ou social que ce n’est le cas en réalité. À cet égard, la Commission prévoit uniquement de procéder d’ici à 2023 à une évaluation de la nécessité d’un tel outil. Même pour ce qui est de la création d’un indice de référence ESG, la Commission a seulement annoncé qu’elle évaluerait cette possibilité, alors qu’ici aussi, il serait bon de disposer de définitions et règles contraignantes, qui contribueraient à offrir aux investisseurs et à la société la clarté qu’ils réclament à juste titre. |
4.2. Un cadre inclusif pour la finance durable
| 4.2.1. | Le CESE se félicite des efforts visant à faciliter l’accès des consommateurs, des investisseurs de détail et des PME aux financements durables, dans le but d’encourager les projets de petite envergure au niveau local [action 2 (a)]. À cette fin, il faut également garantir des coûts de financement équitables. Une bonne approche consiste à promouvoir les connaissances en matière de durabilité, ce qui permet de répondre à l’intérêt croissant pour ce domaine. Néanmoins, l’éducation financière ne saurait se substituer à une bonne protection des investisseurs, et l’importance accordée aux questions de durabilité ne doit pas conduire à dissimuler des risques excessifs. Des représentants des investisseurs doivent être associés à l’élaboration d’un cadre de compétences financières. |
| 4.2.2. | Le CESE salue les projets en matière de conseil ainsi que le guide de la taxinomie de l’UE (EU Taxonomy Compass) [action 2 (a)], qui visent à améliorer la communication d’informations sur la durabilité, y compris pour les PME qui ne sont pas couvertes par la proposition de directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) (9). Il est important d’améliorer ces rapports et de les rendre plus contraignants, car les activités économiques des petites entreprises peuvent aussi avoir de profondes répercussions sur l’environnement. Le CESE fait remarquer que la société civile dans son ensemble s’intéresse fortement au caractère durable des politiques d’entreprise. La clientèle et les investisseurs des PME, en particulier, exigeront eux aussi des déclarations sur la durabilité. Toutefois, dans le cadre d’un système simplifié de déclaration ESG, il faut rester particulièrement attentif aux risques d’écoblanchiment. Le CESE recommande également d’adopter les mesures suivantes: assurer la normalisation et la comparabilité des informations non financières des entreprises de l’Union, mettre en place un cadre de réglementation et de surveillance pour les fournisseurs de données sur la durabilité et garantir l’accès aux informations non financières brutes des entreprises. Les exigences en matière de publication d’informations ne constituent pas une fin en soi; elles ne devraient donc pas imposer trop de ressources ni engendrer de coûts excessifs, mais plutôt contribuer efficacement à la transparence afin d’améliorer l’efficacité du marché et, partant, l’accès aux financements. |
| 4.2.3. | Il est tout indiqué de recourir aux technologies numériques pour la finance durable et, de manière réciproque, les questions de durabilité doivent être intégrées à la technologie [action 2 (b)]. La coordination des mesures destinées à encourager la durabilité globale, à promouvoir la numérisation et à surmonter la crise de la COVID-19 crée des synergies qu’il convient de renforcer afin de conférer plus de poids et d’efficacité à l’action de l’Union. En ce qui concerne la budgétisation verte [action 2 (e)], le CESE recommande d’établir un lien entre cet outil et une (future) règle d’or pour les investissements. Plus généralement, il est regrettable qu’ici non plus, la durabilité ne fasse pas l’objet d’une approche globale. En matière de partage des risques, il convient d’éviter tout transfert unilatéral des risques au détriment du secteur public et de veiller à ce que la charge ne lui incombe pas entièrement. |
| 4.2.4. | L’augmentation de la couverture d’assurance contre les risques environnementaux représente une adaptation à la situation actuelle [action 2 (c)]. D’après la Commission, une légère augmentation de cette couverture réduira considérablement le coût des catastrophes climatiques pour les contribuables et les gouvernements, ce dont le CESE se félicite vivement. En revanche, les mesures proposées, telles que l’identification d’exemples de bonnes pratiques, semblent extrêmement défensives. En tout état de cause, les partenaires sociaux et la société civile doivent être associés dans le cadre d’un dialogue sur la résilience (climatique). |
| 4.2.5. | Les mesures prévues pour soutenir les investissements sociaux crédibles [action 2 (d)] sont loin d’être suffisantes pour combler les lacunes de la stratégie dans le domaine social. Si le règlement sur la taxinomie (10) prévoit des garanties minimales, en renvoyant notamment aux conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail, cette mention ne suffit pas à faire de la taxinomie un levier du progrès social. Pour renforcer la durabilité sociale, nous avons également besoin d’une approche cohérente, centrée sur les citoyens et le monde du travail. Les bases en sont déjà posées, grâce au socle européen des droits sociaux et aux objectifs de développement durable des Nations unies. À titre d’exemple, une taxinomie qui engloberait tout autant les objectifs environnementaux que sociaux, et, partant, le principe consistant à ne pas «causer de préjudice important» (11), permettrait de jeter les précieuses fondations d’une Union européenne durable sur les plans économique, social et environnemental. À présent, il convient de mettre au point rapidement une taxinomie globale, en associant les partenaires sociaux et la société civile. En tout état de cause, le rapport sur une taxinomie sociale paraîtra assez tardivement, sa publication étant prévue à la fin de 2021. |
| 4.2.6. | Par ailleurs, il est prévu que les normes techniques définies dans le règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) (12) soient révisées afin de préciser les incidences négatives dans le domaine environnemental et social, mais pas avant la fin de l’année 2022, ce qui paraît encore une fois trop tard. Le CESE demande, en particulier, que les indicateurs relatifs aux droits des travailleurs et aux droits de l’homme soient examinés beaucoup plus rapidement et que des normes plus strictes soient appliquées. Il va de soi que les partenaires sociaux et la société civile doivent être, ici aussi, pleinement associés au processus. |
4.3. Renforcer la résilience face aux risques en matière de durabilité
| 4.3.1. | Le CESE est favorable à l’intégration des facteurs de durabilité dans la gestion des risques au sein du secteur financier. C’est le seul moyen de rompre le cercle vicieux dans lequel des entreprises financières financent des activités néfastes pour le climat, alors même que le changement climatique fait peser de graves risques sur les banques et les compagnies d’assurance. Pis encore, le changement climatique a aussi des répercussions sur l’ensemble du secteur financier et compromet même la stabilité financière dans sa globalité. Dans ce contexte, le CESE prévient qu’il ne faut pas interpréter à tort le rôle du secteur financier et ne pas le voir comme un organe d’exécution qui imposerait des objectifs de durabilité dans l’intérêt général. Il est néanmoins difficile de quantifier les risques climatiques avec précision, compte tenu de leur ampleur, de leur caractère inédit et de leur imprévisibilité. Toutefois, cela ne doit en aucun cas différer l’adoption de mesures concrètes, car un tel retard ne ferait qu’aggraver le problème. Dans l’ensemble, une démarche rapide et prudente s’impose afin d’éviter les réactions de choc. Il convient ici de s’appuyer sur la taxinomie de l’UE. |
| 4.3.2. | Le CESE se félicite de la prise en compte des risques en matière de durabilité dans les normes d’information financière, ainsi que de l’élaboration d’une norme relative au capital naturel [action 3 (a)], sachant qu’il est essentiel de disposer de normes et de méthodes fiables, rigoureuses et fondées sur des données scientifiques. La prise en compte systématique des risques ESG pertinents dans les notations de crédit et les perspectives de notation [action 3 (b)] est tout aussi opportune. Dans le contexte actuel, le CESE suggère de relancer le débat sur une agence européenne de notation et ainsi d’affirmer le rôle pionnier de l’Union dans le domaine de la durabilité. |
| 4.3.3. | Il est judicieux d’intégrer les facteurs ESG dans les systèmes de gestion des risques des banques et dans le cadre prudentiel applicable aux assurances [actions 3 (c) et 3 (d)]. Ces éléments devraient aussi être pris en compte dans les révisions du règlement sur les exigences de fonds propres (CRR), de la directive sur les exigences de fonds propres (CRD) et de la directive Solvabilité II (13), qui feront sans doute l’objet de longs débats. Le CESE préconise dès lors d’agir rapidement en ce qui concerne les normes de mesure des risques dans le cadre de la gestion des risques, afin de dresser rapidement une cartographie des risques en matière de durabilité et d’assurer une provision en fonds propres adéquate. Sur le plan technique, il est ici possible de s’appuyer, entre autres, sur les lignes directrices fournies par les autorités européennes de surveillance. De manière générale, dans le domaine des risques et des fonds propres, le CESE plaide en faveur de stratégies saines, prospectives et soigneusement pondérées, qui tiennent compte des effets que les risques en matière de durabilité produisent sur la stabilité financière. |
| 4.3.4. | Des outils tels que les tests de résistance internes constituent un pas dans la bonne direction, à titre de mesures complémentaires. Toutefois, le CESE se dit opposé à l’idée d’un traitement prudentiel spécifique pour les expositions considérées comme durables, qui conduirait par exemple à réduire les exigences de fonds propres. La complexité du corpus réglementaire s’en trouverait accrue, ce qui risquerait de faire naître une certaine confusion et des lacunes dans la réglementation. Le CESE préconise donc que l’évaluation des risques se borne à la dimension économique. La pondération des risques doit se fonder en premier lieu sur les risques en matière de stabilité économique. Ce faisant, les investissements nocifs pour le climat pourraient bien voir leur valeur dépréciée et ne pas aboutir de toute façon. Dans le cas où le CRR, la CRD et la directive Solvabilité II venaient à être détricotés, le CESE met en garde contre le risque d’une évolution en dents de scie dans le domaine prudentiel et d’une mise en péril des normes déjà adoptées. |
| 4.3.5. | La Banque centrale européenne (BCE), entre autres, attire l’attention sur le lien entre la crise climatique et la stabilité financière. Le CESE se félicite que la BCE ait publié des guides concernant la prise en compte des risques ESG et soutient les mesures destinées à renforcer la surveillance et la gestion des risques systémiques potentiels [action 3 (e)]. L’objectif est ici de couvrir, dans la mesure du possible, l’ensemble des établissements, des acteurs, des produits et des plateformes de négociation, et notamment les secteurs moins réglementés. Le CESE souligne également qu’il convient d’accorder une priorité absolue à l’atténuation des risques, plutôt qu’à leur recensement. Par ailleurs, le CESE regrette qu’il ne soit même pas fait mention des risques sociaux en matière de durabilité, qui menacent pourtant la cohésion sociale en creusant les écarts de distribution. |
4.4. Améliorer la contribution du secteur financier aux objectifs de durabilité
| 4.4.1. | Le secteur financier occupe une fonction centrale dans le circuit macroéconomique et joue donc un rôle important en matière de durabilité. En effet, derrière les investissements d’aujourd’hui se profilent les émissions de CO2 de demain. Il est donc logique que la CSRD exige des différents établissements financiers qu’ils publient leurs plans de transition et leur contribution à la réduction de l’empreinte environnementale, et qu’elle cherche, dans le cadre du SFDR, à renforcer la transparence et l’efficacité des mesures de décarbonation prises par les acteurs des marchés financiers pour les produits financiers [action 4 (a)]. Le CESE préconise que l’amélioration de la publication d’informations soit reliée à des trajectoires de transition prédéfinies, et que les exigences en matière de publication d’informations soient étendues à d’autres acteurs des marchés financiers. Les engagements pris volontairement en matière de durabilité ne sauraient être qu’une première étape, comme le souligne la Commission elle-même; il convient donc de soutenir toutes les mesures visant à renforcer le caractère contraignant de ces engagements, pour prévenir toute confusion et toute dimension arbitraire. |
| 4.4.2. | En ce qui concerne les devoirs fiduciaires et les règles de gestion, de nouveau, les mesures consistent surtout en des évaluations [action 4 (b)]. Il est judicieux d’élargir le concept d’«intérêt supérieur à long terme des membres et des bénéficiaires» et d’imposer une prise en compte des effets en matière de durabilité. Là encore, ces mesures ne doivent pas donner lieu à des transferts disproportionnés de risques sous couvert de considérations écologiques. La classification des investissements non durables doit être soigneusement ajustée, en accordant une attention particulière à la pondération des risques pour les nouveaux investissements dans les combustibles fossiles. Si l’on souhaite parvenir à une transition juste, la durabilité sociale ne doit pas être, une fois encore, jetée aux oubliettes. L’amélioration de la disponibilité, de l’intégrité et de la transparence des recherches et des notations ESG apporte un complément essentiel, car il est urgent d’en accroître la fiabilité et la comparabilité, face à la variété déroutante des concepts [action 4 (c)]. |
4.5. Veiller à la transition ordonnée du système financier et en garantir l’intégrité
| 4.5.1. | Le CESE soutient toutes les mesures qui permettent aux autorités de surveillance de s’attaquer à l’écoblanchiment [action 5 (a)]. Somme toute, il est bien naturel de leur donner les moyens d’accomplir leur mission. Malheureusement, ici encore, seule une évaluation est envisagée, sans précision de calendrier. Le CESE insiste une nouvelle fois sur la question des délais et regrette qu’il ne soit fait référence qu’à la durabilité environnementale. Enfin, il est conseillé de préciser la définition du «blanchiment» dans le domaine de l’écologie («écoblanchiment») ou de la durabilité, pour faciliter l’application de contre-mesures en la matière. |
| 4.5.2. | L’élaboration d’un solide cadre de suivi pour mesurer les progrès réalisés par le système financier de l’UE constitue une mesure d’accompagnement essentielle [action 5 (b)]. Il y a lieu de se féliciter des mesures visant à quantifier les flux de capitaux vers les investissements durables, à évaluer les besoins d’investissement et à analyser l’alignement des marchés financiers sur les objectifs climatiques et environnementaux. Malheureusement, la durabilité sociale est une fois de plus laissée de côté. Le CESE demande qu’en plus des institutions financières, les partenaires sociaux et la société civile soient, eux aussi, associés à l’examen de l’alignement des marchés financiers sur les objectifs climatiques et environnementaux. |
| 4.5.3. | Il est urgent de renforcer la coopération entre les autorités de surveillance et la BCE [action 5 (c)]. Dans l’optique d’une action politique plus concertée, il serait souhaitable de procéder avec célérité, en associant également les autorités nationales de surveillance à cette démarche. Le CESE demande que les partenaires sociaux et la société civile soient associés au renforcement de la recherche sur la durabilité et du transfert des connaissances entre le secteur financier et la communauté des chercheurs, et que la durabilité sociale soit prise en compte dans ce contexte. |
4.6. Œuvrer en faveur d’une ambition mondiale
| 4.6.1. | Le CESE se félicite que la Commission s’engage en faveur d’un consensus ambitieux au sein des enceintes internationales [action 6 (a)]. Étant donné l’étroite interconnexion entre les marchés financiers internationaux et la nécessité de préserver la stabilité financière mondiale, une bonne gouvernance internationale paraît essentielle en règle générale, et plus particulièrement dans le domaine de la durabilité. Les marchés mondiaux requièrent des cadres et des règles internationalement reconnus. Cela recouvre notamment des aspects très concrets, mais cruciaux, tels que la nécessité d’offrir, à l’échelle mondiale, un accès aux données qui permettent d’évaluer la durabilité des investissements. |
| 4.6.2. | Le fait que la coordination internationale soit parfois lente ne doit jamais servir d’excuse ni retarder les avancées au niveau européen. Au contraire, plus la finance durable est couronnée de succès en Europe, plus il est probable que la voie tracée par l’Union devienne un modèle pour le reste du monde. Dans ce contexte, la fiabilité de la taxinomie de l’UE et l’application généralisée de la double importance relative revêtent également une grande importance. Le CESE demande instamment qu’il soit davantage tenu compte de la durabilité sociale à l’échelle internationale, notamment dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations unies. Les entreprises européennes ne devraient pas avoir à subir d’importants désavantages concurrentiels du fait de la multiplicité des réglementations à respecter. |
| 4.6.3. | Il est judicieux d’approfondir le travail de la plateforme internationale sur la finance durable (IPSF) [action 6 (b)]. À cet égard, la Commission est invitée à œuvrer en faveur d’un renforcement de la coopération et de l’interaction de l’IPSF non seulement avec le secteur privé, mais aussi avec les partenaires sociaux et la société civile, afin de garantir, par exemple, la prise en compte des droits de l’homme dans le cadre de la finance durable. Il va de soi que le CESE préconise, là encore, de se concentrer sur une approche globale de la durabilité, ce qui s’applique aussi à l’aide destinée aux pays à revenu faible ou intermédiaire [action 6 (c)]. |
Bruxelles, le 8 décembre 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) L’abréviation «ESG» désigne les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
(2) JO C 155 du 30.4.2021, p. 20.
(3) La liste des membres et des observateurs de la plateforme sur la finance durable est disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/business_economy_euro/banking_and_finance/documents/eu-platform-on-sustainable-finance-members_en.pdf
(4) JO C 268 du 14.8.2015, p. 27.
(5) Règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2020 sur l’établissement d’un cadre visant à favoriser les investissements durables et modifiant le règlement (UE) 2019/2088 (JO L 198 du 22.6.2020, p. 13), article 17.
(6) Article 191 du TFUE.
(7) Règlement (UE) 2020/852, article 18.
(8) Principe de précaution consistant à ne pas «causer de préjudice important», défini à l’article 2, point 17 du règlement (UE) 2019/2088 du Parlement Européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (JO L 317 du 9.12.2019, p. 1).
(9) Proposition de directive sur la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises [COM(2021) 189 final].
(10) Règlement (UE) 2020/852, article 18.
(11) Principe de précaution défini à l’article 2, point 17 du règlement (UE) 2019/2088.
(12) Règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers.
(13) Directive 2009/138/CE du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2009 sur l’accès aux activités de l’assurance et de la réassurance et leur exercice (solvabilité II) (JO L 335 du 17.12.2009, p. 1).
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
22/12/2021
Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021