| CELEX | 52021AE5387 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 8 décembre 2021 |
| 6.4.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 152/122 |
Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à une Année européenne de la jeunesse 2022
[COM(2021) 634 final — 2021/0328(COD)]
(2022/C 152/20)
| Rapporteur général: | Michael McLOUGHLIN |
| Consultation | Conseil de l’Union européenne, 21.10.2021 Parlement européen, 21.10.2021 |
| Base juridique | Article 165, paragraphe 4, et 166, paragraphe 4, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en session plénière | 8.12.2021 |
| Session plénière no | 565 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 201/0/1 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social se félicite que 2022 ait été proclamée «Année européenne de la jeunesse». Cette décision est aussi particulièrement pertinente dans le contexte du socle européen des droits sociaux et du récit de la relance après la pandémie. |
| 1.2. | Le CESE est prêt à jouer un rôle moteur dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse, en s’appuyant sur des initiatives qu’il a menées avec succès, telles que «Votre Europe, votre avis!» ou les tables rondes de la jeunesse pour le climat et la durabilité. Le CESE est particulièrement bien placé pour faciliter le dialogue avec les réseaux de jeunes. |
| 1.3. | Des indicateurs et des objectifs politiques clairs doivent être élaborés pour l’Année. Ces derniers devraient se concentrer sur l’impact sur les politiques et les travaux intersectoriels au-delà des activités organisées. |
| 1.4. | Le CESE se déclare préoccupé par le fait que le programme et les priorités de l’Année européenne semblent surchargés et estime que des priorités simples pourraient aider toutes les parties prenantes. |
| 1.5. | Si les activités de promotion constituent le principal contenu de l’Année européenne, cela devrait apparaître clairement dans toutes les communications, en particulier avec les jeunes. |
| 1.6. | L’Année de la jeunesse doit contribuer à la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse au moyen de plans et d’un engagement clairs, compte tenu notamment de la dimension transsectorielle de la stratégie en faveur de la jeunesse. |
| 1.7. | L’Année doit veiller à inclure les groupes les plus difficiles à atteindre. Le cas échéant, des indicateurs au niveau du groupe et des indicateurs géographiques devraient être utilisés à cette fin. |
| 1.8. | S’agissant du budget, le CESE estime qu’il y a lieu de faire preuve d’une plus grande ambition. Compte tenu de la situation critique à laquelle sont confrontés les jeunes dans l’Union, il convient de dégager des ressources au-delà des programmes existants pour les conseils nationaux de la jeunesse et les organisations de jeunesse. |
| 1.9. | Le CESE estime qu’en plus d’une enveloppe totale de 10 000 000 EUR, 2 000 000 EUR sont nécessaires pour la coordination au niveau national. Le Forum européen de la jeunesse et ses membres sont également très importants. Ces fonds pourraient être octroyés en cascade, par l’intermédiaire des conseils nationaux de la jeunesse. |
| 1.10. | Des alliances locales pour l’Année européenne au niveau des États membres seraient les bienvenues. Le CESE peut également jouer un rôle à cet égard. |
| 1.11. | Les travaux envisagés sur les relations extérieures et avec le SEAE sont également les bienvenus pour l’Année européenne et au-delà. Les politiques de jeunesse, relativement bien développées en Europe, peuvent jouer un rôle important dans notre voisinage et au-delà. |
2. Contenu essentiel de la proposition
| 2.1. | La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé dans le discours sur l’état de l’Union du 15 septembre que la Commission proposerait que 2022 soit l’Année européenne de la jeunesse. À l’issue des réflexions sur l’expérience de la COVID-19 en Europe, la présidente de la Commission a attiré l’attention sur l’année 2022 et sur la nécessité de reconstruire après la pandémie. Elle s’est inspirée de l’engagement des jeunes dans le militantisme climatique, de l’importance qu’ils accordent à la solidarité et de leur détermination à poursuivre leurs efforts pour améliorer l’avenir. |
| 2.2. | Le passage spécifiquement consacré à la jeunesse est inscrit dans le contexte du marché social et du socle européen des droits sociaux. Le discours fait également référence à la nouvelle initiative l’initiative ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve — Orientation, Apprentissage, Maîtrise, Réussite) de la DG Emploi, affaires sociales et inclusion, qui est axée sur les jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation. Le discours a également établi un lien entre la proposition à la conférence sur l’avenir de l’Europe: «Et les jeunes doivent mener les débats de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. C’est leur avenir et ça doit être leur Conférence. Et comme nous l’avons dit au début du mandat, la Commission sera disposée à donner suite aux points qui seront décidés par la Conférence». Ursula von der Leyen, discours sur l’état de l’Union, 15 septembre 2021 |
| 2.3. | La Commission a publié sa proposition le 14 octobre. En vertu de la proposition, l’objectif de l’Année est d’intensifier les efforts déployés par l’Union, les États membres et les autorités régionales et locales pour mettre à l’honneur les jeunes dans une perspective d’après-pandémie, les soutenir et nouer un dialogue avec eux». Elle définit en outre trois moyens d’y parvenir, en intégrant la manière dont «les transitions verte et numérique offrent une perspective d’avenir renouvelée et des possibilités de lutter contre les effets négatifs de la pandémie sur les jeunes et la société dans son ensemble», en incitant tous les jeunes «à devenir des citoyens actifs et engagés ainsi que des acteurs du changement» et en «promouvant les possibilités offertes aux jeunes» de «soutenir leur développement personnel, social et professionnel dans une Union plus verte, plus numérique et plus inclusive». |
| 2.4. | La proposition fait référence à un certain nombre de domaines d’action et de programmes de financement pertinents susceptibles de soutenir l’Année européenne de la jeunesse. Ces mesures sont notamment les suivantes: la garantie renforcée pour la jeunesse; le programme Erasmus+; le corps européen de solidarité; l’initiative ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve — Orientation, Apprentissage, Maîtrise, Réussite); la stratégie européenne en faveur de la jeunesse; les objectifs européens pour la jeunesse; l’espace européen de l’éducation; le pacte européen pour le climat; le plan d’action actualisé en matière d’éducation numérique; l’initiative «HealthyLifestyle4All» (un mode de vie sain pour tous); la stratégie européenne en matière de compétences; le Fonds social européen plus; le programme «Europe créative»; le programme Horizon Europe; le programme «Citoyens, égalité, droits et valeurs»; le Fonds «Asile, migration et intégration»; le programme «Justice»; le Fonds européen de développement régional; le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture; ou encore le Fonds européen agricole pour le développement rural. |
| 2.5. | Il est prévu que les fonds qui se concentrent principalement sur le domaine de la jeunesse, tels qu’Erasmus+ et le corps européen de solidarité, auront un rôle clé à jouer pour soutenir les activités menées dans le cadre de l’Année européenne de la jeunesse. Ces deux programmes célèbreront aussi respectivement leur 35 et 5e anniversaire. Les États membres sont invités à désigner un coordinateur national chargé d’organiser leur participation à l’Année européenne de la jeunesse, et la Commission assurera la coordination au niveau de l’Union. |
| 2.6. | L’article 3 de la proposition législative définit sept types d’activités possibles envisagés pour l’Année européenne, y compris des conférences, des manifestations et des initiatives visant à promouvoir la participation des jeunes. Ces activités permettent aux jeunes d’entrer en contact avec les décideurs politiques, de recueillir des idées au moyen de méthodes participatives, de campagnes d’information, d’éducation et de sensibilisation, de créer un espace d’échanges portant sur la transformation des défis en opportunités dans un esprit d’entreprise, de réaliser des études et des recherches sur la situation des jeunes dans l’Union et de promouvoir des programmes, des possibilités de financement, des projets, des actions et des réseaux présentant un intérêt pour la jeunesse, y compris par l’intermédiaire des médias sociaux et des communautés en ligne. |
| 2.7. | En octobre, la DG EAC a lancé une enquête sur l’Année européenne de la jeunesse pour les jeunes. Des coordinateurs nationaux ont également été désignés. |
3. Observations générales
| 3.1. | La proposition souligne à juste titre l’impact considérable que la COVID-19 a eu sur les jeunes, et il convient d’en tenir dûment compte. Il ne s’agit pas d’attiser l’opposition entre différents groupes, mais de veiller à ce que les citoyens comprennent que les effets sur les jeunes peuvent être durables et qu’il incombe aux responsables politiques d’y remédier. |
| 3.2. | La proposition contient un très grand nombre d’engagements, des références à d’autres initiatives, budgets et domaines d’action. À pratiquement tous les égards, il convient de s’en féliciter. La proposition reflète également la nature transsectorielle de ce domaine d’action et de la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Toutefois, il importe également que la proposition fasse preuve de clarté et de précision. Parfois, le mieux est l’ennemi du bien et l’on peut craindre qu’une longue liste de domaines d’action et de responsabilités partagées puisse porter préjudice à l’accent mis sur les effets, la responsabilité et les résultats. |
| 3.3. | Il ressort clairement de la proposition que l’Année européenne de la jeunesse concerne principalement des activités et des manifestations promotionnelles. Il est important d’être clair sur ce point. Bien qu’il puisse être envisagé d’influencer ainsi la politique ou de mettre en évidence les possibilités de contribution politique, la proposition ne contient pas, en soi, d’engagements politiques. |
| 3.4. | La proposition indique explicitement que tout financement important d’initiatives proviendra effectivement de sources existantes et le programme Erasmus+ semble être le principal domaine d’action. Une fois de plus, si tel est le cas, il est important de l’indiquer sans ambiguïté. De même, si les agences nationales d’Erasmus+ doivent donner la priorité aux activités liées à l’Année européenne de la jeunesse, elles auront besoin de clarté, de soutien et d’orientation. Les nouvelles initiatives de participation des jeunes dans le cadre du programme Erasmus+ pourraient être bien adaptées à de telles activités, mais, là encore, une préparation et une information adéquates seront nécessaires pour les candidats dans les États membres. Une fois de plus, tous les supports promotionnels et autres activités doivent clairement indiquer que l’Année européenne de la jeunesse mobilise largement les ressources existantes. Cette honnêteté est cruciale lorsque l’on travaille avec des jeunes. |
| 3.5. | Il serait également important de veiller à ce que des lignes de financement supplémentaires provenant d’autres DG soient pleinement disponibles pour les activités pertinentes et que cela soit également rendu public et mis en évidence par ces responsables budgétaires. Ceci se justifie tout particulièrement compte tenu de la nature transsectorielle de la jeunesse en tant que thématique, et de l’importance qui y est accordée dans la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse. Bien entendu, cela fournirait également davantage de ressources pour les activités, relierait d’autres domaines d’action et permettrait de sensibiliser de nouveaux groupes de jeunes et, potentiellement, les groupes les plus difficiles à atteindre. |
| 3.6. | L’activité de coordination revêtira une importance cruciale pour le succès de l’Année européenne. Il est nécessaire d’y associer davantage la société civile et de renforcer le rôle des organisations de jeunesse aux niveaux national, local et européen. Les conseils nationaux de la jeunesse et les autres grandes organisations de jeunesse devraient être des partenaires égaux au sein du groupe des coordinateurs nationaux participant à la création conjointe et à la mise en œuvre de l’Année et devraient être soutenus dans l’exercice de cette fonction. Le rôle du Forum européen de la jeunesse devrait également être reconnu en tant que partenaire clé au sein du groupe des parties prenantes. |
| 3.7. | La stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse est le principal engagement politique de l’Union dans le domaine de la jeunesse. Elle représente également un engagement significatif et souhaitable en faveur de la dimension transsectorielle de la jeunesse en tant qu’enjeu politique. Cela est essentiel pour progresser sur toute une série de politiques en faveur des jeunes, telles que l’emploi, l’environnement, l’éducation et la formation. Il est donc essentiel que l’Année européenne de la jeunesse soit étroitement liée à la stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse, en particulier à la dimension transsectorielle de la politique de la jeunesse. La proposition le précise, mais il importera également que tous les secteurs apportent leur contribution et jouent leur rôle en matière de suivi et de surveillance. |
| 3.8. | Les travaux doivent se poursuivre dans tous les domaines de la politique de la jeunesse et dans les domaines intersectoriels connexes afin de garantir un engagement maximal avec les personnes les plus difficiles à atteindre. Cela devrait faire partie du suivi de l’Année et certaines méthodes pourraient permettre de donner la priorité à certains groupes, voire à certaines zones défavorisées, afin de s’assurer que les activités qui en proviennent sont suffisantes. Il convient également de saluer ici la référence à l’initiative ALMA, tout comme l’accent mis sur les jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (NEET), bien que davantage d’informations soient encore nécessaires à cet égard. |
| 3.9. | L’accent mis sur les activités et les manifestations doit être lié aux résultats. Pour ce faire, des indicateurs allant au-delà des activités seront nécessaires. Si le résultat est que la voix des jeunes est entendue, cela doit se refléter dans les indicateurs. Étant donné que des notions telles que «rendre hommage aux jeunes, les soutenir et dialoguer avec eux» reviennent fréquemment dans la proposition, elles pourraient offrir un cadre adéquat pour les indicateurs. Ce qui importe le plus, c’est qu’ils aillent au-delà du simple résultat des activités et des manifestations et qu’ils se concentrent sur les résultats de ces activités. |
| 3.10. | Une grande partie des perspectives de l’Année de la jeunesse dépendra de l’action menée au niveau des États membres, mais les délais ont été extrêmement serrés pour les autorités nationales. De même, le financement posera problème à un stade si tardif, car les autorités nationales sont inévitablement débordées, et il existe également des différences considérables entre les politiques en faveur de la jeunesse, comme le relève le travail de la DG EAC. Tous ces facteurs constitueront des défis pour la mise en œuvre de l’Année européenne. |
| 3.11. | Globalement, le budget de 8 millions d’euros prévu dans la proposition est très restreint, même s’il se limite à financer les actions au niveau de l’Union. Des ressources doivent être prévues pour les activités nationales et/ou la coordination de l’Année afin d’obtenir un certain impact et d’encourager un maximum d’adhésion et de participation. Le CESE estime qu’en plus d’une enveloppe totale de 10 000 000 EUR, 2 000 000 EUR sont nécessaires pour la coordination au niveau national. |
4. Observations particulières
| 4.1. | La proposition visant à désigner 2022 «Année de la jeunesse» a été élaborée très rapidement. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse là du meilleur moyen de concevoir de telles propositions, aussi souhaitables soient-elles. La mise en place du corps européen de solidarité en 2016 avait, elle aussi, fait l’objet d’une annonce dans le discours sur l’état de l’Union. De ce fait, les importantes initiatives liées à la jeunesse risquent de prendre davantage la forme d’annonces politiques médiatisées que d’évolutions systématiques sur le long terme. Une telle tendance pourrait aggraver le cynisme chez les jeunes. De même, le processus législatif a souffert de cette approche précipitée. |
| 4.2. | Bien qu’il s’agisse d’un document officiel, le langage employé par endroits dans la proposition est plutôt alambiqué et loin du type d’anglais clair que nous souhaiterions lire lorsqu’un document s’adresse aux jeunes, voire au public en général. |
| 4.3. | La Commission doit s’assurer que les jeunes et les organisations de jeunesse aux niveaux national et infra-régional, le cas échéant, prennent part au suivi et à la supervision de l’Année. Il est essentiel que la Commission y veille car nous savons que les politiques en faveur de la jeunesse sont inégales et que les approches adoptées à l’égard de ces questions varient encore d’un État membre à l’autre. |
| 4.4. | Les dispositions relatives aux objectifs pour la jeunesse européenne sont les bienvenues et fournissent des domaines très concrets fondés sur la participation des jeunes. De plus, elles illustrent bien la nature transsectorielle des besoins et aspirations des jeunes. |
| 4.5. | Les dispositions relatives aux questions numériques sont les bienvenues, d’autant plus que l’idée répandue selon laquelle les jeunes sont des natifs numériques est effectivement assez simpliste. Au cours de la pandémie de COVID-19, il est surtout apparu que ces compétences ne sont pas partagées par tous et que, en particulier, les jeunes qui accèdent à des contenus au moyen de leur téléphone, possèdent des aptitudes et des compétences très différentes de celles qui sont nécessaires à l’apprentissage en ligne. Bon nombre de ces compétences ne sont pas technologiques, mais sociales, et l’avis du CESE sur la formation mixte (1) mettait en garde contre une dépendance excessive à l’égard du temps d’écran et de l’activité en ligne. Il existe une solide tradition d’activités de plein air et d’activités environnementales chez les jeunes et dans l’animation socio-éducative, qu’il convient également de promouvoir et d’encourager. |
| 4.6. | Le plan d’action pour la jeunesse lié à l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale et à l’action extérieure offre de fait une occasion précieuse pour l’engagement des jeunes et s’avère particulièrement bienvenu. Le CESE attend la proposition de la commissaire Urpilainen à ce sujet. Il serait essentiel de veiller à ce que la société civile et les organisations de jeunesse soient étroitement associées à un tel plan d’action. Le modèle européen d’animation socio-éducative peut fortement inspirer le monde et devrait être plus présent dans nos relations extérieures. |
| 4.7. | La mobilité, qui reste une composante essentielle de la politique de la jeunesse, a été au cœur du programme Erasmus+. Il est naturel qu’il s’agisse d’un élément important de la proposition relative à l’Année européenne de la jeunesse. Toutefois, nous devons toujours être conscients que la mobilité peut parfois être perçue de manière négative par les jeunes, en particulier lorsqu’elle est involontaire ou forcée, comme cela peut encore être le cas dans les régions les plus pauvres ou subissant la «fuite des cerveaux». |
| 4.8. | L’idée d’une action qui «vise spécifiquement à renforcer la voix des jeunes au niveau européen» est naturellement la bienvenue, et toutes les institutions doivent développer davantage la voix des jeunes dans leurs propositions politiques. Là encore, cela pourrait également être un but ou un objectif général de l’Année européenne de la jeunesse. |
| 4.9. | Les dispositions relatives à la mise en œuvre, bien que positives, auraient besoin d’indicateurs plus clairs, notamment en ce qui concerne l’impact sur les politiques et les programmes dans le domaine au-delà de l’Année et sur les aspects transsectoriels des dispositions. |
| 4.10. | Les dispositions relatives au programme de travail européen sur l’animation socio-éducative sont positives et souhaitables, mais elles accroissent également le nombre d’initiatives et de priorités politiques figurant dans la proposition, et en particulier dans le texte législatif. Une fois de plus, la surcharge peut susciter des inquiétudes, compte tenu du nombre de domaines d’action et de priorités, nonobstant la nécessité d’un travail intersectoriel. |
| 4.11. | L’article 3 du texte législatif fournit un bon résumé de ce qui est envisagé et indique une fois de plus de manière claire sur quoi portera l’Année européenne. La fiche financière considère les Années européennes comme des «instruments de sensibilisation», soulignant à nouveau cet aspect. |
| 4.12. | Les tableaux financiers semblent indiquer qu’Erasmus+ devrait être le principal bailleur de fonds de l’ensemble des activités. Les propositions semblent également prévoir un soutien au niveau de l’Union pour le personnel et les ressources des délégations et des contractants, mais pas pour les jeunes ou les organisations de jeunesse. Il semble également difficile de déterminer l’ampleur du financement qui pourrait provenir d’Erasmus+. |
5. Examen plus général des «Années européennes»
| 5.1. | Il est peut-être temps que la Commission et les autres institutions de l’Union examinent le concept d’«Année de…». La proposition fait référence aux années antérieures, telles que l’Année du développement et l’Année de la citoyenneté. Elles semblent voir le jour de manière épisodique et il serait souhaitable de garantir une certaine cohérence quant à leur utilisation et à leur finalité. |
| 5.2. | Dans son avis sur l’Année européenne des citoyens (2), le Comité a conclu que le développement de ces années nécessitait un dialogue significatif avec la société civile et qu’un budget important — supérieur à celui qui figurait dans la proposition — était requis. Le CESE était favorable à ce que son processus de planification et de mise en œuvre soit le plus ouvert possible, avec la participation de tous les acteurs concernés, à tous les niveaux et à tous les stades, notamment celle du Comité européen des régions, la sienne propre, celle des représentants des organisations de la société civile, dont les partenaires sociaux, ainsi que celle des organes administratifs nationaux et locaux. |
| 5.3. | Le Comité avait par ailleurs invité à assurer une coordination transparente et efficace de l’Année européenne 2013 à tous les niveaux et entre tous les acteurs qui y participent, notamment en utilisant au maximum les potentialités des comités de pilotage, par la création de mécanismes efficaces d’échanges d’expérience à l’échelle nationale. |
| 5.4. | En ce qui concerne l’Année européenne du développement, le Comité avait déclaré qu’il était essentiel d’éviter de dépenser de l’argent pour des campagnes coûteuses menées, entre autres, par des agences de relations publiques, et que le recours à de tels services devrait être réduit au strict minimum. La nécessité d’une approche décentralisée a également été soulignée. Au niveau national, il a été jugé que les groupes de travail devraient définir par pays une devise, un slogan ou une invitation pour l’Année européenne qui reflète au mieux la situation au sein de l’État membre. Leurs travaux et le soutien qui leur est accordé devraient se poursuivre au-delà de l’Année européenne. La société civile organisée doit jouer un rôle essentiel dans ces groupes de travail (3). |
| 5.5. | Le CESE avait invité à élaborer et à mettre en œuvre des mesures spécifiques afin de garantir un lien entre les différentes années thématiques et la pérennité des résultats de la manifestation. Le Comité avait également indiqué qu’il était nécessaire non seulement de mener des campagnes d’information, mais aussi d’entreprendre des actions pratiques et concrètes élaborées par des décideurs travaillant en collaboration avec la société et d’élaborer un rapport de suivi. Le Comité soutient l’allocation des fonds par l’intermédiaire des représentations de la Commission dans les États membres (4). |
Bruxelles, le 8 décembre 2021.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) SOC/701 — «La formation mixte» (JO C 105 du 4.3.2022, p. 128).
(2) JO C 181 du 21.6.2012, p. 137.
Avis institutionnel — 52021AB0040
29/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0039
28/12/2021
Avis institutionnel — 52021AB0038
22/12/2021
Avis institutionnel — 52022AG0001(01)
20/12/2021