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AccueilDroit européen52021DC0375
Acte préparatoire52021DC0375

Acte préparatoire — 52021DC0375

CELEX52021DC0375
TypeActe préparatoire
Datejeudi 8 juillet 2021

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 8.7.2021

COM(2021) 375 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur la mise en œuvre de l’assistance macrofinancière aux pays tiers en 2020

{SWD(2021) 178 final}


TABLE DES MATIÈRES

1 Introduction

2 Évolution macroéconomique dans les pays partenaires

2.1 Voisinage oriental

2.2 Voisinage méridional

2.3 Balkans occidentaux

3 Programmes d’assistance macrofinancière 2020()

3.1 Voisinage oriental

 Géorgie: AMF III et AMF dans le contexte de la COVID-19

 Moldavie: AMF et AMF dans le contexte de la COVID-19

 Ukraine: AMF IV et AMF dans le contexte de la COVID-19

3.2 Voisinage méridional

 Jordanie: AMF III et AMF dans le contexte de la COVID-19

 Tunisie: AMF dans le contexte de la COVID-19

3.3 Balkans occidentaux

 Albanie: AMF dans le contexte de la COVID-19

 Bosnie-Herzégovine: AMF dans le contexte de la COVID-19

 Kosovo: AMF dans le contexte de la COVID-19

 Monténégro: AMF dans le contexte de la COVID-19

 Macédoine du Nord: AMF dans le contexte de la COVID-19

4 Garantir le bon usage des fonds de l’AMF: évaluations opérationnelles, évaluations ex post et audits

4.1 Évaluations opérationnelles

4.2 Évaluations ex post

5 Développements généraux liés à l’instrument d’AMF

5.1 Fonctionnement de l’instrument d’AMF

5.2 L’AMF dans le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027

6 Perspectives – Programmes d’AMF et situation budgétaire en 2021

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur la mise en œuvre de l’assistance macrofinancière aux pays tiers en 2020( 1 )

1Introduction

L’assistance macrofinancière (AMF) est un instrument financier de l’Union européenne( 2 ) destiné aux pays partenaires dont la balance des paiements est en situation de crise. Depuis sa création en 1990, l’AMF contribue à renforcer la stabilité macroéconomique et financière de pays voisins ou géographiquement proches de l’Union européenne, tout en encourageant la mise en œuvre de réformes structurelles. Elle est subordonnée à un accord de prêt qui ne soit pas un arrangement de précaution, qui est convenu avec le Fonds monétaire international (FMI) et qu’elle doit compléter. Le fait de soulager le pays partenaire de la pression exercée pour résoudre les problèmes liés à sa balance des paiements lui permet d’accroître sa marge de manœuvre budgétaire, d’améliorer la soutenabilité de sa dette et de se concentrer sur la conduite des réformes nécessaires. En facilitant le processus d’ajustement macroéconomique, les programmes d’AMF peuvent contribuer au développement social, accordant au pays plus de temps et de marge de manœuvre pour traiter les causes profondes de la situation de crise.

L’AMF prend le plus souvent la forme de prêts, pour lesquels la Commission emprunte les fonds sur les marchés des capitaux pour les prêter ensuite au pays bénéficiaire, ou, dans certains cas, de dons financés par le budget de l’Union européenne, ou encore d’une combinaison de prêts et de dons.

L’AMF est versée par tranches et uniquement si certains critères de réforme structurelle particuliers, convenus avec le pays concerné, sont remplis. Elle appuie la mise en œuvre de mesures vigoureuses d’ajustement et de réforme destinées à renforcer les systèmes de finances publiques et à soutenir une croissance durable et inclusive ainsi que la création d’emplois. En outre, l’octroi de l’AMF est subordonné à l’application par le pays bénéficiaire de mécanismes démocratiques effectifs reposant, notamment, sur le pluralisme parlementaire, l’état de droit et la garantie du respect des droits de l’homme. Ainsi, l’AMF complète l’aide de coopération régulière de l’UE et contribue à l’objectif plus général de la préservation de la stabilité et de la promotion de la prospérité au-delà de l’Union européenne. L’AMF est généralement reconnue comme un instrument efficace de riposte aux crises, permettant à l’Union d’intervenir de manière visible et souple, avec un certain levier( 3 ). Cela est étayé par les conclusions de plusieurs évaluations ex post indépendantes de programmes d’AMF achevés( 4 ).

En tant qu’instrument de crise et contrairement à d’autres instruments de financement de l’action extérieure de l’UE, l’AMF ne constitue pas une assistance financière périodique et programmable. C’est pour cette raison que le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 prévoit que les différents programmes d’AMF continueront à être activés sur la base de décisions ad hoc. Lorsqu’ils sont fondés sur l’article 212 du TFUE, ils sont régis par la procédure législative ordinaire, qui requiert l’approbation du Parlement européen et du Conseil pour chaque programme (ou pour plusieurs programmes simultanément, comme c’était le cas pour les programmes d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adoptés en mai 2020).

Le présent rapport annuel est élaboré conformément aux obligations d’information de la Commission prévues par les différentes décisions du Parlement européen et du Conseil relatives aux programmes d’AMF. Il s’accompagne d’un document de travail des services de la Commission, qui fournit une analyse plus détaillée du contexte macroéconomique et de la mise en œuvre de chacun des programmes d’AMF.

2Évolution macroéconomique dans les pays partenaires

La pandémie de COVID-19 s’est largement propagée dans le monde entier, plongeant la plupart des partenaires de l’élargissement et du voisinage dans une récession en 2020. Toutefois, la durée et la gravité de la récession diffèrent et reflètent, au-delà de l’évolution de la pandémie, les structures économiques des pays partenaires ainsi que leur capacité à prendre des mesures de lutte efficaces. La présente section expose les défis régionaux auxquels sont confrontés les pays voisins de l’UE et les Balkans occidentaux, tandis que leurs performances économiques sont évaluées plus en détail par pays dans le document de travail des services de la Commission correspondant.

2.1Voisinage oriental

La pandémie de COVID-19 a durement frappé les économies des pays du voisinage oriental. La production économique s’est contractée dans l’ensemble d’entre eux en 2020 en raison d’un double choc dû à des mesures de confinement strictes (à l’exception de la Biélorussie) qui ont freiné la consommation intérieure et, dans une moindre mesure, à une baisse de la demande extérieure. La réaction nationale, prenant la forme d’importants trains de mesures budgétaires visant à soutenir les entreprises et l’emploi ainsi que d’une politique monétaire accommodante, a dans une certaine mesure amorti le choc. Le soutien international a également été essentiel pour aider la plupart des pays à faire face à des besoins financiers croissants. Toutes ces mesures ont contribué à contenir la hausse des taux de chômage dans la plupart des pays. En l’absence de pressions du côté de la demande et dans le contexte de la baisse des cours du pétrole, la hausse des prix à la consommation s’est ralentie ou s’est maintenue à des niveaux relativement bas pendant la majeure partie de 2020. En conséquence, la plupart des banques centrales ont poursuivi leur assouplissement monétaire, bien que d’une manière légèrement plus modérée dans les pays où la dépréciation de la monnaie était forte. Toutefois, le cycle d’assouplissement s’est interrompu (et, dans certains cas, s’est même inversé) à la fin de l’année en raison de la réapparition de tensions inflationnistes induites par les prix à l’importation (produits alimentaires et carburants) et des répercussions de la dépréciation des monnaies. Les positions budgétaires, qui avaient connu une nette amélioration au cours des années précédentes, se sont considérablement affaiblies depuis le début de 2020. Les recettes ont stagné avec la récession, tandis que les dépenses ont considérablement augmenté pour soutenir les entreprises et les emplois et pour répondre aux nouveaux besoins urgents en matière de soins de santé. Cette situation, conjuguée à la faiblesse des monnaies nationales et à la baisse du PIB nominal, a entraîné une détérioration des mesures de la dette publique. Sur le plan extérieur, l’évolution de la balance courante a été contrastée. La pandémie a entraîné une forte compression des importations en raison de l’affaiblissement de la demande et de la baisse des prix des matières premières (en particulier de l’énergie), mais cela n’a pas pu compenser le choc qui a frappé les pays dont le secteur touristique est important (Géorgie) ou ceux qui dépendent fortement des matières premières (Azerbaïdjan). En ce qui concerne le financement, la fuite de capitaux initiale, associée à l’incertitude croissante, a été atténuée par une assistance financière substantielle fournie par des institutions financières internationales, en particulier le FMI, qui a anticipé les décaissements. Les emprunts sur le marché financier ont également repris après le choc initial.

2.2Voisinage méridional

La pandémie de COVID-19 a gravement perturbé l’activité économique dans le voisinage méridional, plongeant la région dans la récession. La forte contraction observée en 2020 s’explique par l’incidence négative des mesures nationales de confinement sur la consommation et l’investissement, ainsi que par la baisse sensible de la demande extérieure des principaux partenaires commerciaux de la région. Le ralentissement de l’activité économique mondiale a eu des répercussions négatives sur les flux d’investissements étrangers, les envois de fonds et le tourisme. Des programmes de relance budgétaire en temps utile et des politiques monétaires de plus en plus accommodantes ont partiellement atténué le choc économique, bien que cela ait conduit à des augmentations significatives des déficits budgétaires et des ratios d’endettement. La détérioration des positions budgétaires résulte à la fois de la baisse des recettes due à la diminution de l’activité et de l’augmentation des dépenses nécessaires pour faire face à la crise sanitaire et soutenir les entreprises et l’emploi. Dans un contexte de baisse des prix de l’énergie et de contraction de la demande, l’inflation s’est également ralentie. Sur le plan extérieur, les comptes courants affichent une forte diminution des importations due à la faiblesse de la demande et, pour les importateurs de matières premières, à la baisse des prix des matières premières (notamment l’énergie), ainsi qu’à l’incidence considérable de la baisse de la demande mondiale et des restrictions de déplacement liées au contexte sanitaire sur les exportations et le tourisme. Dans des conditions difficiles sur les marchés financiers, les partenaires extérieurs et les institutions financières internationales ont fourni une aide financière indispensable pour répondre aux besoins de financement croissants, renforcer la liquidité et préserver la stabilité dans la région. Pour l’avenir, la région continuera d’être confrontée à une période difficile et disposera d’une marge de manœuvre de plus en plus réduite pour faire face au ralentissement économique. Dans un contexte politique instable dans de nombreux pays, les perspectives économiques demeurent incertaines et étroitement liées à l’évolution de la pandémie et au rythme de la reprise de l’activité économique mondiale.

2.3Balkans occidentaux

La flambée de la pandémie de COVID-19 au début du mois de mars 2020 a brusquement interrompu la dynamique de croissance dans les Balkans occidentaux. Les gouvernements de toute la région ont mis en œuvre des mesures de confinement pour enrayer la propagation du virus, notamment la fermeture des frontières, la distanciation sociale et le blocage de certaines parties de l’économie. Les effets perturbateurs de la crise ont entraîné de fortes pertes de production, toutes les économies ayant souffert de la contraction de la consommation des ménages et de l’effondrement des exportations et de l’investissement. La chute des importations et l’augmentation de la consommation publique ont constitué les principaux facteurs atténuants, mais elles n’ont pas suffi à compenser la dynamique négative d’autres dépenses. Parallèlement à la baisse de l’activité économique, la croissance de l’emploi a été négative, mais, comme la participation au marché du travail a également diminué, la hausse du taux de chômage a jusqu’à présent été limitée. La dynamique de l’inflation a reflété la faiblesse de la demande globale et des prix de l’énergie, tous les pays des Balkans occidentaux enregistrant une inflation très faible, voire négative, en 2020. Les pressions désinflationnistes conjuguées à l’abondance de la liquidité globale ont entraîné de nouvelles politiques monétaires accommodantes dans les pays des Balkans occidentaux qui ont une politique monétaire indépendante. Les mesures de relance budgétaire à grande échelle prises en soutien aux ménages et aux entreprises pour lutter contre les effets négatifs de la crise, associées à une baisse significative des recettes, ont entraîné une forte augmentation des déficits budgétaires dans tous les pays de la région. Outre une baisse du PIB, cela a entraîné une augmentation substantielle du ratio d’endettement par rapport à la fin 2019. Sur le plan extérieur, les déficits de la balance courante se sont creusés par rapport à l’année précédente en raison de pertes toujours fortes dans les exportations de services, comme le tourisme, ainsi que, dans la plupart des cas, de la diminution des envois de fonds depuis l’étranger. Pour l’avenir, les perspectives économiques sont très incertaines, étant donné que la reprise de l’activité économique dépend de l’évolution de la pandémie, elle-même étroitement liée au rythme de la vaccination.

3 Programmes d’assistance macrofinancière 2020( 5 )

L’année 2020 a été une année exceptionnelle dans les trente ans d’histoire de l’instrument d’AMF. Elle a d’abord été caractérisée par la conclusion de trois opérations d’AMF: l’AMF IV à l’Ukraine, l’AMF III à la Géorgie et à la Moldavie, ainsi que l’adoption d’une nouvelle opération de suivi avec la Jordanie (AMF III).

Ensuite, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, la Commission a proposé, le 22 avril 2020, d’octroyer un paquet de 3 milliards d’EUR d’AMF à dix pays partenaires de l’élargissement et du voisinage afin de les aider à limiter l’incidence économique de la pandémie de COVID-19( 6 ). Cette proposition est venue s’ajouter au train de mesures «Équipe Europe», qui est la stratégie de réponse ciblée par laquelle l’UE entend soutenir ses partenaires dans leur lutte contre la pandémie de COVID-19. Malgré son ampleur sans précédent compte tenu du nombre de pays couverts et du montant financier, la décision (le «paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19») a été adoptée à une vitesse record par le Parlement européen et le Conseil le 25 mai 2020( 7 ).

Dans le cadre de ce train de mesures, l’Union a approuvé la répartition suivante des prêts d’AMF: République d’Albanie (180 millions d’EUR), Bosnie-Herzégovine (250 millions d’EUR), Géorgie (150 millions d’EUR), Royaume hachémite de Jordanie (200 millions d’EUR), Kosovo (100 millions d’EUR), République de Moldavie (100 millions d’EUR), Monténégro (60 millions d’EUR), République de Macédoine du Nord (160 millions d’EUR), République tunisienne (600 millions d’EUR) et Ukraine (1,2 milliard d’EUR).

Les fonds de l’AMF prennent la forme de prêts accordés à des conditions très favorables pour aider ces partenaires à couvrir leurs besoins de financement urgents. Ils sont mis à disposition dès l’entrée en vigueur du protocole d’accord, en deux tranches, pendant 12 mois. Il s’agit d’une durée plus courte que la durée habituelle (de 2 ans et demi), ce qui reflète l’urgence créée par la pandémie et la volonté de mettre l’aide à disposition rapidement et de manière plus souple. La première tranche est mise à disposition dès l’entrée en vigueur du protocole d’accord et de la convention de prêt et est subordonnée au respect des conditions politiques générales préalables à l’AMF (respect de mécanismes démocratiques effectifs reposant, notamment, sur le pluralisme parlementaire, l’état de droit et les droits de l’homme) et à la présence d’un programme du FMI en bonne voie [le cas échéant( 8 )]. La deuxième tranche est en outre subordonnée à la mise en œuvre des mesures convenues dans le protocole d’accord.

Associés au soutien du FMI, les fonds d’AMF peuvent contribuer à renforcer la stabilité macroéconomique et à créer une marge de manœuvre permettant d’allouer des ressources pour protéger les citoyens et atténuer les conséquences socio-économiques de la pandémie.

Ce paquet d’AMF, et son adoption rapide par le Parlement européen et le Conseil, constituent une véritable preuve de la solidarité de l’Union européenne avec les pays partenaires dans une situation de crise sans précédent.

En 2020, ce sont 1 690 millions d’EUR (1 675 millions d’EUR de prêts et 15 millions d’EUR de dons) qui ont été décaissés au total. Le tableau 1 fournit des informations plus précises sur les montants décaissés par pays à la fin de 2020.

L’état d’avancement des programmes d’AMF en 2020 (par région) se présente comme suit:

3

3.1Voisinage oriental

·Géorgie: AMF III et AMF dans le contexte de la COVID-19

L’opération de l’AMF III en faveur de la Géorgie a été lancée en 2018( 9 ) et s’est achevée avec succès avec le décaissement de la deuxième et dernière tranche en novembre 2020. Le montant de cette tranche s’élevait à 25 millions d’EUR, dont 5 millions d’EUR sous forme de dons et 20 millions d’EUR sous forme de prêts.

À la suite d’une demande officielle de la Géorgie en vue d’une nouvelle AMF dans le contexte de la pandémie de COVID-19, le Parlement européen et le Conseil ont approuvé le paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 en mai 2020, y compris un nouveau programme d’AMF de 150 millions d’EUR en faveur de la Géorgie. Le protocole d’accord et la convention de prêt relatifs à cette opération d’AMF ont été signés et ratifiés par le Parlement géorgien le 30 septembre 2020, ce qui signifie que l’AMF court jusqu’en septembre 2021.

Conformément au protocole d’accord, l’assistance doit être fournie en deux tranches de 75 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et à la présence d’un programme du FMI sur la bonne voie. Le versement a été fait le 25 novembre 2020. La deuxième tranche sera également subordonnée au respect d’un ensemble de conditions quant aux politiques à mener qui sont énoncées dans le protocole d’accord dans le domaine des marchés publics, du système de retraite, du droit des sociétés, de la gouvernance des entreprises publiques, du système judiciaire, de l’efficacité énergétique et du marché du travail.

Ces programmes d’AMF sont fournis conjointement aux ressources d’institutions financières internationales et de donateurs bilatéraux, y compris le FMI, dans le cadre de son programme sur quatre ans au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) avec la Géorgie, qui a été approuvé en avril 2017 et augmenté en 2020 (pour atteindre un total d’environ 690 millions d’EUR). Toutes les évaluations effectuées dans le cadre de ce programme ont été approuvées par le conseil d’administration du FMI, y compris la plus récente en avril 2021.

·Moldavie: AMF et AMF dans le contexte de la COVID-19

En septembre 2017, le Conseil européen et le Parlement européen ont signé la décision accordant à la Moldavie une assistance macrofinancière de 100 millions d’EUR( 10 ). À la suite de la ratification du protocole d’accord, l’AMF est entrée en vigueur en janvier 2018 pour une période de deux ans et demi, la première tranche (30 millions d’EUR, dont 10 millions d’EUR sous forme de dons) ayant été versée en octobre 2019.

La décision relative au deuxième décaissement a été prise le 9 juin 2020, à la suite de discussions relatives aux conditions politiques préalables. Une lettre comportant huit conditions spécifiques à court terme visant à promouvoir de nouvelles réformes contribuant à évaluer les conditions politiques préalables a été transmise au premier ministre moldave en février 2020. À la suite d’une évaluation positive des conditions, le décaissement s’est déroulé en deux parties, à savoir un prêt de 20 millions d’EUR le 16 juillet et un volet «dons» de 10 millions d’EUR le 1er août. La troisième et dernière tranche de l’AMF a été annulée, toutes les conditions quant aux politiques à mener n’ayant pas été remplies avant la fin du programme, le 18 juillet 2020. L’AMF était liée à un programme sur quatre ans au titre de la facilité élargie de crédit/du mécanisme élargi de crédit du FMI d’un montant de 129,4 millions de droits de tirage spéciaux (DTS, environ 178,7 millions d’USD). La sixième et dernière évaluation du programme a été achevée en mars 2020.

Dans le cadre du paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020, l’UE a approuvé un nouveau programme d’AMF de 100 millions d’EUR en faveur de la Moldavie, qui complète le programme d’urgence du FMI de 235 millions d’USD (adopté en avril 2020). Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés et ratifiés par le Parlement moldave le 18 septembre 2020, ce qui signifie que le programme d’AMF sera en vigueur jusqu’en septembre 2021.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 50 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 25 novembre 2020. La deuxième tranche sera également subordonnée au respect d’un ensemble de conditions quant aux politiques à mener qui sont fixées dans le protocole d’accord. Les conditions du programme concernent principalement les réformes de la gestion des finances publiques, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, et l’amélioration du climat des affaires. La deuxième tranche pourra être décaissée une fois que ces conditions seront remplies.

Le 27 juillet 2020, le FMI et la Moldavie sont parvenus à un nouvel accord technique pour un programme sur trois ans au titre de la facilité élargie de crédit/du mécanisme élargi de crédit (FEC/MEDC) à hauteur de 558 millions d’USD, mais son adoption par le conseil d’administration du FMI a été suspendue en raison de l’évolution de la situation politique dans le pays après les élections présidentielles de 2020.

·Ukraine: AMF IV et AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite d’une demande officielle de l’Ukraine, la Commission européenne a adopté, le 9 mars 2018, une proposition de décision accordant à l’Ukraine une AMF supplémentaire de 1 milliard d’EUR sous forme de prêts. Le 4 juillet 2018( 11 ), le Parlement européen et le Conseil ont adopté la décision autorisant la quatrième opération d’AMF en Ukraine depuis 2014( 12 ). La première tranche de 500 millions d’EUR a été versée le 30 novembre 2018. La deuxième tranche de 500 millions d’EUR a été versée le 29 mai 2020, une fois que l’Ukraine a eu exécuté l’ensemble des 12 mesures de politique structurelle qu’elle s’était engagée à prendre.

En 2020, dans le cadre du paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020, l’Ukraine est devenue éligible à un cinquième programme d’AMF de 1,2 milliard d’EUR. Le protocole d’accord a été négocié au cours de l’été et est entré en vigueur le 14 septembre 2020, après ratification par le parlement national et signature par le président. La durée de validité du programme, de 12 mois, s’étend ainsi jusqu’en septembre 2021. Les conditions de politique structurelle du programme s’appuient sur des réalisations antérieures de l’AMF et couvrent quatre domaines: la gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption, l’amélioration du climat des affaires, des politiques sectorielles et la gouvernance des entreprises publiques.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 600 millions d’EUR chacune. Le versement de la première tranche était soumis aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et à la présence d’un programme du FMI sur la bonne voie. Il a été fait le 9 décembre 2020. Ce versement compris, l’UE a prêté un montant total de 4,4 milliards d’EUR à l’Ukraine entre 2014 et 2020 au moyen de cinq programmes d’AMF consécutifs. Le versement de la deuxième tranche est subordonné à la bonne mise en œuvre des huit mesures de politique structurelle que l’Ukraine s’est engagée à prendre dans le protocole d’accord.

Cette AMF dans le contexte de la COVID-19 en faveur de l’Ukraine est fournie en conjonction avec d’autres ressources provenant d’institutions financières internationales et de donateurs bilatéraux, dont plus particulièrement le FMI, dans le cadre de son accord de confirmation sur 18 mois, d’un montant de 5 milliards d’USD, conclu le 9 juin 2020. Les 2,1 premiers milliards d’USD ont été décaissés immédiatement. La première évaluation du programme par le FMI, qui a débuté en décembre 2020, est toujours en cours. Sa conclusion au niveau du personnel et son approbation par le conseil d’administration du FMI sont subordonnées à la mise en œuvre de mesures préalables cruciales visant à renforcer la base juridique des institutions qui luttent contre la corruption. Comme pour tous les pays partenaires bénéficiant d’une AMF, la présence d’un programme du FMI sur la bonne voie reste une condition générale à tout décaissement au titre de l’AMF.

3.2Voisinage méridional

·Jordanie: AMF III et AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite de la conclusion fructueuse de l’AMF II et compte tenu des difficultés budgétaires et des circonstances exceptionnelles auxquelles la Jordanie a dû faire face en raison de l’accueil d’un grand nombre de réfugiés syriens, le pays a présenté une demande d’AMF supplémentaire en juillet 2019. En réponse, la Commission a adopté, le 6 septembre 2019, une proposition visant à attribuer une troisième AMF à la Jordanie, d’un montant de 500 millions d’EUR sous forme de prêts (AMF III). Cette proposition a été adoptée par les colégislateurs le 15 janvier 2020( 13 ). L’assistance sera mise en œuvre en trois tranches.

Plus tard en 2020, au mois d’avril, lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé l’économie jordanienne déjà en difficulté, les autorités ont demandé une nouvelle AMF. Par conséquent, dans le cadre du paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020, l’UE a approuvé un programme d’AMF complémentaire de 200 millions d’EUR en faveur de la Jordanie (renforçant ainsi les ressources mises à disposition au titre de l’AMF III). Le protocole d’accord et la convention de prêt (qui régissent les deux opérations d’AMF) sont entrés en vigueur respectivement le 2 et le 7 octobre 2020. La durée de validité de 12 mois du programme mis en œuvre dans le contexte de la COVID‑19 court donc jusqu’en octobre 2021, tandis que celle de l’AMF III s’étend jusqu’en avril 2023. Les conditions du programme quant aux politiques à mener concernent principalement l’amélioration de la gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption et les réformes à entreprendre en matière de services publics, de politique sociale, de marché du travail et de gouvernance.

La première tranche (250 millions d’EUR sous forme de prêts) était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et à la condition de l’existence d’un programme du FMI sur la bonne voie. Le versement a été fait le 25 novembre 2020( 14 ). Les deuxième (250 millions d’EUR sous forme de prêts) et troisième tranches (200 millions d’EUR sous forme de prêts) sont en outre soumises à certaines conditions convenues entre la Jordanie et l’UE dans le protocole d’accord quant aux politiques à mener et devraient être versées une fois que ces conditions seront remplies.

Ces programmes d’AMF sont fournis conjointement aux ressources d’institutions financières internationales et de donateurs bilatéraux, y compris le FMI, dans le cadre de son programme sur quatre ans au titre du MEDC avec la Jordanie, qui a été approuvé le 25 mars 2020 (1,2 milliard d’EUR, soit 270 % de la quote-part du pays). En plus de ce programme, le 20 mai 2020, le FMI a également mis à disposition de la Jordanie une assistance d’urgence d’environ 366 millions d’EUR au titre de l’instrument de financement rapide afin d’aider le pays à faire face aux conséquences de la pandémie de COVID-19. Le conseil d’administration du FMI a achevé la première évaluation dans le cadre du MEDC en décembre 2020, décaissant environ 148 millions d’USD immédiatement et portant le total des versements du FMI en faveur de la Jordanie en 2020 à 689 millions d’USD. Un accord technique sur la deuxième évaluation a été conclu en mars 2021, le FMI notant: «le programme reste résolument en bonne voie et des progrès importants ont été accomplis concernant les réformes essentielles». Dans le cadre de cette évaluation, les autorités ont demandé d’accéder à 200 millions d’USD supplémentaires au titre du mécanisme. L’accord est soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI.

·Tunisie: AMF dans le contexte de la COVID-19

Dans le cadre du paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020, l’UE a approuvé un programme d’AMF de 600 millions d’EUR en faveur de la Tunisie. Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés le 24 novembre 2020, ont été ratifiés par le Parlement tunisien le 15 avril 2021 et sont entrés en vigueur le 11 mai 2021, dès leur publication au Journal officiel de la République tunisienne. La durée de validité du programme de 12 mois s’étend ainsi jusqu’en mai 2022. Les conditions du programme quant aux politiques à mener concernent principalement quatre domaines: la gestion des finances publiques et la réforme du secteur civil; les réformes dans les entreprises publiques; la protection sociale, et le climat d’investissement.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 300 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 1er juin 2021. La deuxième tranche devrait être versée au cours du second semestre de 2021, une fois que les conditions quant aux politiques à mener seront remplies.

L’assistance est destinée à compléter les ressources mises à disposition par d’autres donateurs, dont le FMI, dans le cadre de son instrument de financement rapide d’un montant de 685 millions d’EUR en faveur de la Tunisie, approuvé le 10 avril 2020.

3.3Balkans occidentaux

·Albanie: AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite des tremblements de terre dévastateurs de novembre 2019 et des défis posés par la pandémie de COVID-19, l’Albanie a officiellement demandé une AMF le 15 avril 2020. En réponse, dans le cadre du paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020, l’UE a approuvé un programme d’AMF de 180 millions d’EUR en faveur de l’Albanie. Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés le 3 novembre 2020 et sont entrés en vigueur respectivement le 3 novembre 2020 et le 26 janvier 2021. La durée de validité de l’AMF, de 12 mois, s’étend ainsi jusqu’en novembre 2021. Les conditions du programme quant aux politiques à mener visent à remédier à certaines lacunes dans la gestion des finances publiques, le secteur financier, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, et les politiques de protection sociale.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 90 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 31 mars 2021. La deuxième tranche devrait être versée au cours du second semestre de 2021, une fois que les conditions quant aux politiques à mener seront remplies.

L’assistance est destinée à compléter les ressources mises à disposition par d’autres donateurs, dont le FMI, dans le cadre de son instrument de financement rapide d’un montant de 174 millions d’EUR en faveur de l’Albanie, approuvé le 10 avril 2020.

·Bosnie-Herzégovine: AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite d’une demande officielle de la Bosnie-Herzégovine le 14 avril 2020, en vue d’une AMF dans le contexte de la pandémie de COVID-19, le Parlement européen et le Conseil ont approuvé le paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 en mai 2020, y compris un nouveau programme d’AMF de 250 millions d’EUR en faveur de la Bosnie-Herzégovine. Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés le 15 janvier 2021 et entreront en vigueur une fois que le processus de ratification dans le pays sera achevé et qu’ils seront publiés au Journal officiel.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 125 millions d’EUR chacune. La première tranche est soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et sera versée après l’entrée en vigueur du protocole d’accord. La deuxième tranche sera décaissée au plus tôt 3 mois après le versement de la première et sous réserve du respect d’un ensemble de conditions quant aux politiques à mener. Les mesures s’articulent autour des quatre domaines thématiques suivants: la gouvernance économique et le renforcement des institutions, la stabilité du secteur financier, la transparence et la lutte contre la corruption, et l’amélioration du fonctionnement du marché du travail.

L’assistance est destinée à compléter les ressources mises à disposition par d’autres donateurs, dont le FMI, dans le cadre de son instrument de financement rapide d’un montant de 330 millions d’EUR approuvé le 9 avril 2020.

·Kosovo: AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite d’une demande officielle présentée par le Kosovo le 8 avril 2020 en vue d’une AMF dans le contexte de la pandémie de COVID-19, le Parlement européen et le Conseil ont approuvé le paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 en mai 2020, y compris un nouveau programme d’AMF de 100 millions d’EUR en faveur du Kosovo. Le protocole d’accord et la convention de prêt sont entrés en vigueur le 8 septembre 2020. Les conditions du programme quant aux politiques à mener concernent principalement l’amélioration des finances publiques, le renforcement de la stabilité financière, la lutte contre l’économie informelle, le développement de la stratégie en faveur de l’état de droit et l’amélioration des perspectives d’emploi des jeunes.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 50 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 6 octobre 2020. La deuxième et dernière tranche a été versée le 1er juin 2021, une fois que le Kosovo a eu rempli les conditions prévues quant aux politiques à mener.

L’assistance est destinée à compléter les fonds du FMI (52 millions d’EUR) alloués au titre de son instrument de financement rapide (IFR) (50 % de la quote-part du Kosovo) le 10 avril 2020.

·Monténégro: AMF dans le contexte de la COVID-19

À la suite d’une demande officielle d’AMF présentée par le Monténégro le 15 avril 2020, l’UE a approuvé un programme d’AMF de 60 millions d’EUR en faveur du Monténégro sous la forme de prêts, dans le cadre du programme d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020. Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés le 28 août 2020 et sont entrés en vigueur respectivement le 28 août 2020 et le 15 septembre 2020. Les conditions du programme quant aux politiques à mener concernent principalement le renforcement des finances publiques et la lutte contre la corruption, le renforcement de la stabilité financière, l’amélioration de l’environnement des entreprises et la réforme de la protection sociale.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 30 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 6 octobre 2020. La deuxième et dernière tranche a été versée le 1er juin 2021, une fois que le Monténégro a eu rempli les conditions prévues quant aux politiques à mener.

L’assistance est destinée à compléter les ressources mises à disposition par d’autres donateurs, dont le FMI, dans le cadre de son instrument de financement rapide d’un montant de 75 millions d’EUR en faveur du Monténégro, approuvé le 24 juin 2020.

·Macédoine du Nord: AMF dans le contexte de la COVID-19

L’essor économique de la Macédoine du Nord s’est interrompu brutalement en 2020, la pandémie ayant frappé la demande intérieure et extérieure. Dans ce contexte, à la suite d’une demande officielle d’AMF présentée par les autorités le 15 avril 2020, l’UE a approuvé un programme d’AMF de 160 millions d’EUR en faveur de la Macédoine du Nord sous la forme de prêts, dans le cadre du programme d’AMF dans le contexte de la COVID-19 adopté en mai 2020. Le protocole d’accord et la convention de prêt ont été signés le 17 juillet 2020 et sont entrés en vigueur respectivement le 20 juillet 2020 et le 15 septembre 2020. Les conditions du programme quant aux politiques à mener concernent principalement le renforcement des finances publiques et la lutte contre la corruption, le renforcement de la stabilité financière, l’amélioration de l’environnement des entreprises et la réforme de la protection sociale.

L’AMF doit être fournie en deux tranches de 80 millions d’EUR chacune. La première tranche était soumise aux conditions politiques générales préalables à l’AMF et a été versée le 6 octobre 2020. La deuxième et dernière tranche a été versée le 1er juin 2021, une fois que la Macédoine du Nord a eu rempli les conditions prévues quant aux politiques à mener.

L’assistance est destinée à compléter les ressources mises à disposition par d’autres donateurs, dont le FMI, dans le cadre de son instrument de financement rapide d’un montant de 176 millions d’EUR en faveur de la Macédoine du Nord, approuvé le 10 avril 2020.

4Garantir le bon usage des fonds de l’AMF: évaluations opérationnelles, évaluations ex post et audits

4.1Évaluations opérationnelles

Conformément aux exigences du règlement financier de l’Union, la Commission, avec l’aide de consultants extérieurs, effectue des évaluations opérationnelles afin d’obtenir des assurances raisonnables quant au bon fonctionnement des procédures administratives et des circuits financiers dans les pays bénéficiaires.

Les évaluations opérationnelles portent sur les systèmes de gestion des finances publiques, notamment sur la manière dont les ministères des finances et les banques centrales sont organisés et la nature des procédures qu’ils mettent en œuvre, ainsi que, plus précisément, la manière dont sont gérés les comptes sur lesquels sont déposés les fonds européens. Une attention particulière est également accordée au fonctionnement, à l’indépendance et aux programmes de travail des organismes d’audit externe, ainsi qu’à l’efficacité de leurs mesures de contrôle. Les procédures de passation des marchés publics au niveau central sont également examinées.

En 2020, dix évaluations opérationnelles ont été réalisées dans le cadre des nouveaux programmes d’AMF dans le contexte de la COVID-19, ainsi que de la nouvelle AMF III en faveur de la Jordanie, dont il ressort que les circuits financiers et les procédures dans les pays partenaires sont solides et qu’ils sont donc considérés comme appropriés aux fins de l’AMF.

4.2Évaluations ex post

Conformément au règlement financier de l’UE et aux décisions d’AMF qui en appliquent les dispositions, la Commission réalise des évaluations ex post( 15 ) à l’issue des programmes d’AMF afin d’évaluer leur incidence. Les deux principaux objectifs de ces évaluations sont les suivants:

I.analyser l’incidence de l’AMF sur l’économie du pays bénéficiaire et en particulier sur la viabilité de sa position extérieure; et

II.évaluer la valeur ajoutée de l’action de l’UE.

En 2020, les évaluations ex post du programme d’AMF I en Tunisie et du programme d’AMF III en Ukraine ont toutes deux été achevées. Les documents de travail correspondants des services de la Commission ont été publiés respectivement en janvier et en avril 2021.

·AMF I en faveur de la Tunisie: l’évaluation a établi que «[l]’AMF-I a été efficace en ce qu’elle a contribué à améliorer la balance des paiements de la Tunisie et facilité l’assainissement budgétaire, grâce à des conditions financières très favorables et à l’imposition de conditions quant aux politiques à suivre. L’AMF a couvert environ 11,3 % du besoin de financement résiduel pour la période 2015-2016 et a renforcé la confiance dans l’économie tunisienne»( 16 ).

·AMF III en faveur de l’Ukraine: «L’ampleur [...] et [les] modalités favorables [de la troisième AMF en faveur de l’Ukraine] ont permis de réaliser des économies budgétaires, nécessaires à la mise en œuvre de réformes structurelles. La capacité de l’UE à mobiliser et à coordonner des ressources financières importantes à un rythme relativement soutenu a constitué une justification essentielle de l’intervention, les besoins de financement de l’Ukraine étant alors encore extrêmement importants. Les conditions attachées à l’AMF ont eu un effet de renforcement sur le plan politique, qui a contribué à mobiliser les autorités ukrainiennes autour de réformes essentielles. Le programme d’assistance a également apporté de la valeur ajoutée en redonnant confiance au secteur privé( 17 ).»

Enfin, en 2020, la Commission a lancé une méta-évaluation de tous les programmes d’AMF mis en œuvre entre 2010 et 2020. Cette évaluation analysera les principes et les caractéristiques qui régissent l’instrument d’AMF, et s’efforcera d’apporter des éléments sur la manière d’en améliorer la pertinence, l’efficacité, l’efficience, la valeur ajoutée et la capacité à répondre aux priorités de l’action extérieure de l’UE, ainsi que la gestion quotidienne des interventions d’AMF. La méta-évaluation devrait être achevée à l’automne 2021.

5Développements généraux liés à l’instrument d’AMF

5.1Fonctionnement de l’instrument d’AMF

La déclaration commune de 2013 du Parlement européen et du Conseil sur l’assistance macrofinancière( 18 ) établit le caractère macroéconomique et financier de l’assistance et indique clairement que son objectif est «de rétablir la viabilité des finances extérieures de pays et de territoires admissibles confrontés à des difficultés de financement extérieur». Pour que l’AMF soit effectivement un instrument d’«urgence», il est important de la mobiliser efficacement et en temps utile.

Dans le même temps, la Cour des comptes européenne et les évaluations ex post ont noté que les retards dans l’adoption des décisions d’AMF par le Parlement européen et le Conseil dans le cadre de la procédure législative ordinaire pouvaient constituer une lacune importante pour un instrument destiné à répondre à une crise de la balance des paiements et que, par conséquent, «[la] Commission devrait examiner, avec ses colégislateurs, les options possibles pour accélérer les procédures d’approbation des programmes d’AMF ultérieurs, en particulier pour les financements d’urgence»( 19 ).

Toutefois, la Commission note que l’expérience acquise avec le paquet d’AMF dans le contexte de la COVID-19 montre que la configuration actuelle de l’AMF peut permettre à la fois la souplesse et la simplification nécessaires à une adoption rapide. La Commission a travaillé avec le Parlement et le Conseil pour convenir du recours aux procédures d’urgence existantes qui ont permis d’adopter l’assistance dans un délai d’un mois à compter de la proposition de la Commission, et ce par les deux colégislateurs (alors que le recours à l’article 213 du TFUE, dans une situation où l’assistance était urgente, aurait signifié une adoption par le Conseil uniquement). Le Parlement européen a eu recours à une disposition spécifique (article 163) de son règlement intérieur, qui permettait d’adopter immédiatement la décision en plénière, sans devoir passer par la commission du commerce international (INTA), comme il est d’usage. Ce processus d’adoption rapide a été le résultat d’un sentiment d’urgence partagé par toutes les institutions en ces temps extraordinairement difficiles.

Ainsi, les règlements intérieurs du Conseil et du Parlement européen prévoient une procédure accélérée nécessaire à une adoption rapide. En entretenant des contacts constructifs en temps utile, il s’est avéré possible d’accélérer le processus d’adoption dans le cadre de la procédure législative ordinaire, avec la pleine participation du Parlement européen, ce qui n’aurait pas été le cas si la Commission avait proposé des mesures sur le fondement de l’article 213 du TFUE (applicable dans les cas où une assistance financière urgente est requise).

Comme mentionné ci-dessus, le fonctionnement global de l’instrument d’AMF sera également examiné plus en détail dans la méta-évaluation de l’AMF en cours, qui devrait s’achever au second semestre de 2021.

5.2L’AMF dans le prochain cadre financier pluriannuel 2021-2027

Étant donné que le voisinage de l’Union continue d’être en proie à l’instabilité géopolitique et économique, aggravée par les répercussions humanitaires et économiques de la propagation de la pandémie de COVID-19, la nécessité d’une assistance macrofinancière de l’UE devrait rester importante dans les années à venir.

Le 2 mai 2018, la Commission a adopté une communication relative au CFP 2021-2027. S’agissant de l’action extérieure de l’UE, la Commission a proposé de rationaliser les instruments existants afin de mieux communiquer sur les actions de l’UE, d’éviter les doublons, de rendre les processus moins contraignants, de gagner en efficience et en complémentarité, tout en démontrant mieux la valeur ajoutée de l’UE. Plusieurs instruments inscrits dans le CFP 2014-2020 ont été intégrés au nouvel instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) – «Europe dans le monde». Toutefois, l’AMF restera distincte de l’IVCDCI et des programmes d’AMF spécifiques continueront d’être activés, le cas échéant, sur le fondement de décisions distinctes fondées sur la base juridique du traité applicable, étant donné que le processus décisionnel des programmes d’AMF devrait rester distinct. L’AMF restera donc en principe régie par la procédure législative ordinaire, sur le fondement de l’article 212 du TFUE, ce qui exige du Conseil et du Parlement européen qu’ils approuvent chaque programme spécifique.

Les prêts d’AMF seront garantis par la nouvelle garantie pour l’action extérieure (GAE) qui a été créée par l’IVCDCI. La GAE couvrira les garanties dans les secteurs privé, souverain et sous-souverain («FEDD+»), les prêts d’AMF ainsi que les prêts extérieurs d’Euratom. La GAE sera provisionnée par le nouveau Fonds commun de provisionnement, qui incorporera le Fonds de garantie relatif aux actions extérieures existant ainsi que les autres fonds de garantie relevant de l’action de l’UE sur son territoire et à l’extérieur. En mai 2018, la Commission a proposé que le volume total des opérations relevant de la GAE atteigne jusqu’à 60 milliards d’EUR, dont 14 milliards étaient destinés aux prêts d’AMF à provisionner au taux de 9 %, conformément à l’évaluation à mi-parcours du CFP précédent. Le montant de la GAE a ensuite été réduit après les décisions du Conseil européen de juillet 2020 et sa ventilation a encore été modifiée au cours des trilogues entre les colégislateurs et la Commission. Le nouvel instrument «Europe dans le monde» devrait entrer en vigueur en juin 2021, après son adoption formelle par le Conseil et le Parlement.

6Perspectives – Programmes d’AMF et situation budgétaire en 2021

L’année 2021 sera avant tout caractérisée par la mise en œuvre des dix programmes d’AMF en cours, comme décrit ci-dessus. Il s’agit notamment du versement de la première tranche aux deux pays restants au titre de l’AMF dans le contexte de la COVID-19 (à savoir la Bosnie-Herzégovine et la Tunisie), ainsi que du versement de la deuxième tranche pour tous les pays bénéficiaires, pour autant que les conditions soient remplies de manière satisfaisante. En outre, en fonction de l’état d’avancement des réformes, la troisième et dernière tranche de l’AMF III en faveur de la Jordanie pourrait également être versée en 2021.

La Commission est disposée à examiner toute demande d’AMF à venir et, le cas échéant, proposera des programmes d’AMF nouveaux ou de suivi aux partenaires éligibles.

Le tableau 1 donne un aperçu des engagements et paiements de dons d’AMF et du décaissement des prêts au titre de l’AMF pour les années 2019, 2020 et (à titre provisoire) 2021. Le total des décaissements de prêts d’AMF devrait s’élever à 2 365 millions d’EUR en 2021.



Tableau 1:

Engagements et paiements pour les dons d’AMF et décaissements de prêts au titre de l’AMF pour la période 2019-2021 (en EUR)

(1)

Le présent rapport se fonde sur les renseignements disponibles jusqu’en mai 2021.

(2)

La base juridique de l’assistance macrofinancière aux pays tiers autres que les pays en développement est l’article 212 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). L’article 213 du TFUE peut être utilisé comme base juridique lorsque le pays tiers a besoin d’une aide financière urgente.

(3)

L’AMF complète également d’autres actions ou instruments extérieurs de l’UE en faveur du voisinage et des Balkans occidentaux, y compris l’appui budgétaire pour lequel un montant total de 1 059 millions d’EUR de dons a été versé dans ces régions en 2020. Le dernier rapport sur l’appui budgétaire est disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/international-partnerships/system/files/budget-support-trends-and-results_en.pdf

(4)

Toutes les évaluations ex post peuvent être consultées sur le site web de la Commission: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities_fr

(5)

Au moment de l’évaluation des demandes reçues, ces dix partenaires remplissaient tous les critères d’éligibilité à l’AMF, y compris la condition politique préalable et le lien avec un programme du FMI. En 2020, la Commission a également reçu des demandes d’AMF de la part de la Biélorussie et de l’Arménie. Toutefois, il a été conclu dans les évaluations que la Biélorussie ne remplissait pas la condition politique préalable à l’AMF (tandis que le Conseil européen avait indiqué qu’il était disposé à soutenir une transition démocratique pacifique dans le pays au moyen d’une série d’instruments, dont un plan global de soutien économique en faveur de la démocratie en Biélorussie). En ce qui concerne l’Arménie, les discussions ont été suspendues au début de l’année 2021 à la suite d’un emprunt fructueux sur le marché financier, d’un montant de 750 millions d’USD, qui couvrait largement les besoins de financement à court terme du pays.

(6)

Décision (UE) 2020/701 du Parlement européen et du Conseil du 25 mai 2020 relative à l’octroi d’une assistance macrofinancière à des partenaires de l’élargissement et du voisinage dans le contexte de la pandémie de COVID-19 (JO L 165 du 27.5.2020, p. 31).

(7)

L’AMF est toujours conditionnée par un programme de décaissement du FMI. Les pays bénéficiaires ayant conclu un accord de confirmation avec le FMI ou accepté un programme au titre du mécanisme élargi de crédit du FMI (ou disposant d’un accord similaire dans le cadre d’un programme d’ajustement et de réforme avec le FMI) doivent en principe maintenir leur programme du FMI sur la bonne voie, comme l’indiquent les évaluations positives. Dans le contexte de la crise de la COVID-19, l’AMF est aussi exceptionnellement mise à disposition de pays qui bénéficient d’un financement d’urgence du FMI, par exemple par l’intermédiaire de l’instrument de financement rapide (IFR), qui fait l’objet d’un décaissement unique du FMI.

(8)

Décision (UE) 2018/598 du Parlement européen et du Conseil du 18 avril 2018 accordant une nouvelle assistance macrofinancière à la Géorgie (JO L 103 du 23.4.2018, p. 8).

(9)

Décision (UE) 2017/1565 du Parlement européen et du Conseil du 13 septembre 2017 accordant une assistance macrofinancière à la République de Moldavie (JO L 242 du 20.9.2017, p. 14).

(10)

Décision (UE) 2018/947 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2018 accordant une nouvelle assistance macrofinancière à l’Ukraine (JO L 171 du 6.7.2018, p. 11).

(11)

Les trois opérations précédentes se sont élevées à 3,4 milliards d’EUR, dont 2,8 milliards d’EUR ont été décaissés: 1,6 milliard d’EUR en 2014-2015 (au titre des AMF I et II) et deux tranches de 600 millions d’EUR chacune en juillet 2015 et en avril 2017 (au titre de l’AMF III).

(12)

Décision (UE) 2020/33 du Parlement européen et du Conseil du 15 janvier 2020 portant attribution d’une nouvelle assistance macrofinancière au Royaume hachémite de Jordanie (JO L 14 du 17.1.2020, p. 1).

(13)

Décaissement au titre de la décision (UE) 2020/33 (100 millions d’EUR) et de la décision (UE) 2020/701 (150 millions d’EUR).

(14)

Toutes les évaluations ex post peuvent être consultées sur le site web de la Commission: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities_fr

(15)

Disponible à l’adresse: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities/ex-post-evaluation-macro-financial-assistance-mfa-operation-tunisia_en

(16)

Disponible à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/info/evaluation-reports-economic-and-financial-affairs-policies-and-spending-activities/ex-post-evaluation-mfa-operations-ukraine_en

(17)

Déclaration commune du Parlement européen et du Conseil adoptée en même temps que la décision accordant une assistance macrofinancière supplémentaire à la Géorgie (décision nº 778/2013/UE du 12 août 2013). Disponible à l’adresse:
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32013D0778&from=FR

(18)

Rapport spécial nº 03/2017 de la Cour des comptes, disponible à l’adresse: https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR17_3/SR_TUNISIA_FR.pdf .

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