COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 5.8.2021
COM(2021) 449 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport annuel sur les activités de l’Union européenne en matière de recherche et de développement technologique et sur le suivi d’«Horizon 2020» en 2020
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport annuel sur les activités de l’Union européenne en matière de recherche et de développement technologique et sur le suivi d’«Horizon 2020» en 2020
1.Contexte
Ce rapport, élaboré conformément à l’article 190 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et à l’article 7 du traité Euratom, à l’article 31 du programme-cadre Horizon 2020 et à l’article 21 du programme Euratom complétant Horizon 2020, fournit un aperçu concis et non exhaustif des principales activités de recherche et d’innovation (R&I) menées en 2020. Il fait référence au tableau de bord d’«Horizon» pour des données de suivi plus détaillées.
2.Contexte politique
L’année 2020 a été marquée par l’épidémie de COVID-19 et ses effets sur la société. L’UE et la Commission ont dû relever ce défi parallèlement à ceux déjà existants.
Le budget à long terme de l’UE pour la période 2021-2027, associé à NextGenerationEU , constituera le plus grand train de mesures de relance jamais financé en Europe. NextGenerationEU, un instrument exceptionnel et temporaire, est conçu pour stimuler la reprise après la crise économique, sociale et sanitaire causée par la pandémie de COVID-19. Le budget reflète les priorités de l’Union pour la période 2021-2027, en soutenant les transitions écologique et numérique afin de rendre l’économie européenne plus équitable, plus résiliente et plus durable pour les générations futures. La R&I soutenue par l’UE joue un rôle important dans ces efforts, car elle est susceptible de stimuler la croissance, de renforcer la compétitivité, de créer des emplois et de mobiliser des investissements supplémentaires pour chaque euro investi au niveau de l’UE.
La nouvelle stratégie industrielle pour une Europe verte et numérique , adoptée le 10 mars 2020, a exposé les grandes priorités consistant à maintenir la compétitivité mondiale de l’industrie de l’UE et des conditions de concurrence équitables, à devenir climatiquement neutre d’ici à 2050 et à façonner l’avenir numérique de l’UE.
À la suite de la communication de 2019 sur le pacte vert pour l’Europe, la Commission a présenté, le 4 mars 2020, une proposition législative relative à une loi européenne sur le climat pour parvenir à la neutralité climatique d’ici à 2050. Le 17 septembre 2020, la Commission a adopté une communication sur le plan cible en matière de climat à l’horizon 2030 , qui relève l’ambition collective de l’UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % (par rapport aux niveaux de 1990). Le 9 décembre 2020, la Commission a adopté une communication sur le pacte européen pour le climat , qui a débouché sur une communication de la Commission sur la nouvelle stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique , adoptée le 24 février 2021. À la suite du programme de travail de la Commission pour 2021 , afin de parvenir à une Europe neutre pour le climat d’ici à 2050, la Commission présentera un paquet «Ajustement à l’objectif 55 (Fit for 55)» visant à réduire les émissions d’au moins 55 % d’ici à 2030.
En réponse à la crise de la COVID-19 qui a mis en lumière la nécessité urgente d’accélérer la transformation numérique de l’Europe, et en s’appuyant sur la stratégie européenne pour les données et sur la stratégie pour façonner l’avenir numérique de l’Europe , la communication sur les objectifs numériques pour 2030 énonce: i) une vision pour la transformation numérique de l’Europe d’ici à 2030; ii) des objectifs clairs et concrets s’articulant autour de quatre points cardinaux — compétences, infrastructures, transformation numérique des entreprises et numérisation des services publics — afin de définir la trajectoire de l’UE à l’horizon 2030; iii) un cadre permettant de déterminer des principes numériques donnant aux citoyens les moyens d’agir dans le monde numérique; et iv) une structure de gouvernance commune solide entre les États membres pour assurer un suivi et une réalisation efficaces des objectifs fixés pour 2030. Afin de renforcer sa capacité à définir ses propres règles et à faire des choix technologiques autonomes en conséquence, l’UE doit mettre en place un véritable marché unique numérique et une souveraineté numérique sûre, et développer et déployer des technologies, capacités et infrastructures numériques stratégiques.
3.Cadre d’action
3.1 Horizon Europe
En 2020, dernière année du programme «Horizon 2020», les colégislateurs ont progressé sur le programme «Horizon Europe» , le prochain programme-cadre pour la R&I, et la Commission a pris des décisions importantes sur sa mise en œuvre.
Le 11 décembre 2020, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord politique sur le règlement «Horizon Europe» et son budget de 95,5 milliards d’EUR en prix courants (dont 5,4 milliards d’EUR provenant de NextGenerationEU). Le règlement a été officiellement adopté le 28 avril 2021.
La Commission a poursuivi ses travaux sur la planification stratégique d’«Horizon Europe» (notamment au moyen de consultations en ligne et des Journées de la recherche et de l’innovation 2020 ) et a réalisé des progrès en ce qui concerne le premier plan stratégique «Horizon Europe» (2021-2024). En particulier, la Commission:
·a utilisé les rapports fournis par les comités de mission pour évaluer la faisabilité du développement des missions identifiées;
·a poursuivi ses travaux sur les partenariats européens désignés (les partenariats cofinancés et coprogrammés ont été définis dans le plan stratégique, tandis qu’une proposition distincte de la Commission relative à un acte de base unique sur les partenariats européens institutionnalisés fondé sur l’article 187 du TFUE a été présentée le 23 février 2021 );
·a déterminé les orientations stratégiques clés, les domaines d’incidence et les répercussions pour le soutien à la R&I.
L’objectif de ce premier plan stratégique dans le cadre d’«Horizon Europe» , adopté le 15 mars 2021, est de faire en sorte que la R&I contribue aux priorités de l’UE, notamment à une Union neutre pour le climat et verte, adaptée à l’ère numérique, où l’économie est au service des citoyens.
Sur cette base, la Commission a réalisé de grands progrès en ce qui concerne les premiers programmes de travail d’«Horizon Europe» (en tenant compte des politiques de l’UE en matière de biodiversité, d’énergie, de changement climatique, de migration, d’asile et de sécurité intérieure, d’aspects industriels et numériques, de systèmes alimentaires, de bioéconomie, d’une nouvelle approche globale de la R&I et de nouvelles évolutions, telles que le principe «ne pas causer de préjudice important»). Elle a aussi progressé sur d’autres éléments de mise en œuvre nécessaires, tels que le modèle de convention de subvention, qui porte sur des approches telles que la science ouverte.
En ce qui concerne les synergies entre «Horizon Europe» et d’autres programmes de l’UE, un nouveau cadre a été créé pour permettre le financement alternatif, combiné ou cumulé d’actions et de transferts de ressources entre les programmes. Une révision en cours du règlement général d’exemption par catégorie facilitera les synergies entre «Horizon Europe» et d’autres programmes de l’UE et leur combinaison avec des programmes nationaux et régionaux.
3.2Évolution des politiques
COVID-19
Les dirigeants de l’UE se sont engagés à tout mettre en œuvre pour soutenir la recherche sur la COVID-19 et ont souligné qu’il était urgent de partager les informations scientifiques et de collaborer tant au sein de l’UE qu’à l’échelle mondiale. Pour traduire leurs engagements en actions, les États membres se sont rapidement mis d’accord sur le plan d’action ERAvsCorona .
Ce plan a soutenu la création de la plateforme européenne de données sur la COVID-19 , hébergée par le nuage européen pour la science ouverte. Il s’agit d’un espace numérique ouvert et gratuit permettant aux chercheurs de partager et de télécharger des ensembles de données. Depuis son lancement le 20 avril 2020, elle a reçu plus de 3,6 millions de demandes en ligne émanant de plus de 170 pays.
La Commission a aussi joué un rôle essentiel dans le renforcement de la coopération avec des partenaires du monde entier afin de soutenir la réaction globale de l’UE face à l’épidémie , y compris sa contribution au sommet sur une riposte mondiale contre le coronavirus qui s’est tenu en mai 2020, et en mobilisant les partenaires internationaux au moyen de diverses activités de sensibilisation.
Les aspects liés à la R&I ont été pris en compte dans plusieurs communications de la Commission sur la COVID-19, notamment: i) des lignes directrices relatives aux différents essais et à leurs performances; ii) la stratégie de l’UE en matière de vaccins; iii) des considérations relatives aux stratégies de vaccination et au déploiement des vaccins; iv) l’union européenne de la santé: préparation et résilience face aux menaces sanitaires transfrontalières; v) la stratégie pharmaceutique; vi) un plan d’action en matière de propriété intellectuelle afin de soutenir la reprise et la résilience dans l’Union européenne; et vii) la stratégie de l’UE pour la poursuite des mesures de contrôle.
La Commission et le haut représentant ont adopté une communication conjointe intitulée «Lutter contre la désinformation concernant la COVID-19 – Démêler le vrai du faux» ; Les aspects importants de la R&I ont fait l’objet de la création d’une section spécifique sur le site web Europa consacrée à la manière dont la recherche soutient la lutte contre la désinformation et incluant une fiche d’information sur le rôle de la R&I dans la lutte contre la désinformation .
Un groupe d’experts «Horizon 2020» a publié une étude sur l’incidence du sexe et du genre dans la pandémie de COVID-19 . Celle-ci souligne l’importance du genre en ce qui concerne le risque d’exposition à la COVID-19 et les conséquences socio-économiques à long terme dans les domaines de l’emploi, de la violence domestique et des inégalités.
Le cadre temporaire des aides d’État comprend des dispositions visant à accélérer la recherche et le développement (R&D) dans le domaine de la COVID-19 et à soutenir l’expérimentation et le développement d’infrastructures qui contribuent au développement de produits permettant de lutter contre la pandémie.
Industrie
L’édition 2020 du tableau de bord de l’UE sur les investissements en R&D industrielle a montré que 421 entreprises établies dans l’UE représentent 20,9 % du total de la R&D et que leurs investissements dans ce domaine ont augmenté pour la 10e année consécutive, notamment dans les secteurs de l’automobile, des TIC et de la santé. Les tendances en matière d’«investissements verts» conformes aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies sont particulièrement prometteuses.
Le rapport intitulé «Industry 5.0 – Towards a sustainable, human-centric and resilient European industry» démontre l’importance de l’industrie pour atteindre les objectifs sociétaux au-delà de l’emploi et de la croissance, et son rôle en tant que contributeur constant à la prospérité dans l’UE.
Les travaux se sont poursuivis sur le deuxième projet important d’intérêt européen commun relatif à l’innovation et au développement des batteries , qui constitue à ce jour le plus gros investissement des États membres dans ce domaine. Les propositions présentées par les industries de l’UE étaient conformes au contexte plus large du pacte vert pour l’Europe, de l’Alliance européenne pour les batteries et du plan d’action stratégique sur les batteries .
En juillet 2020, la Commission a adopté un ensemble de mesures visant à moderniser le programme de recherche du Fonds de recherche du charbon et de l’acier en révisant sa base juridique. Son principal objectif est de soutenir la recherche collaborative dans les secteurs liés au charbon et à l’acier conformément au pacte vert pour l’Europe, tout en soutenant les technologies de pointe menant à des projets de production d’acier à faibles émissions de carbone et de recherche pour gérer la «transition juste» dans le secteur du charbon et dans les régions minières, conformément au mécanisme pour une transition juste .
Énergie et mobilité
Un grand nombre d’initiatives de la Commission ont mis en évidence la valeur de la R&I:
· la communication intitulée «Powering a climate-neutral economy: An EU strategy for energy system integration» présente la R&I comme un catalyseur essentiel pour créer et exploiter de nouvelles synergies dans le système énergétique;
· la communication intitulée «A hydrogen strategy for a climate-neutral Europe» résume les efforts de R&I déployés par l’UE en matière d’hydrogène dans le cadre d’«Horizon Europe» (y compris le partenariat pour l’hydrogène propre), du fonds pour l’innovation et d’autres instruments spécifiques associés à des initiatives régionales, nationales et internationales (par exemple, les «vallées hydrogène»);
· la communication intitulée «Une stratégie de l’UE pour exploiter le potentiel des énergies renouvelables en mer en vue d’un avenir neutre pour le climat» souligne l’importance d’«Horizon Europe» pour soutenir le développement et l’expérimentation de technologies, de composants et de solutions nouveaux et innovants dans le domaine des énergies renouvelables en mer;
· la communication intitulée «Une vague de rénovations pour l’Europe: verdir nos bâtiments, créer des emplois, améliorer la qualité de vie» vise à doubler le taux annuel de rénovation énergétique des bâtiments d’ici à 2030 et accorde une attention particulière à la rénovation des bâtiments publics, à la lutte contre la précarité énergétique, aux bâtiments les moins performants et à la décarbonation du chauffage et du refroidissement;
· la communication intitulée «Stratégie de mobilité durable et intelligente – mettre les transports européens sur la voie de l'avenir» évoque un avenir dans lequel les émissions seront fortement réduites, notamment grâce aux investissements de l’UE dans la R&I;
·Dans le cadre du «plan stratégique européen pour les technologies énergétiques» (appelé plan SET), une réflexion interne est en cours sur la manière d’aligner les priorités sur le pacte vert pour l’Europe. Sa conférence annuelle a porté sur diverses initiatives liées à l’énergie du pacte vert pour l’Europe en 2020 (par exemple, l’hydrogène, l’intégration des systèmes énergétiques, les énergies renouvelables en mer et la vague de rénovations). Il s’agissait d’un bon moyen de lancer de nouvelles approches de collaboration, conformément à l’objectif du nouvel Espace européen de la recherche (EER) consistant à établir conjointement des priorités et à programmer les investissements et les activités de R&I à l’appui d’objectifs stratégiques spécifiques, et
·le premier rapport d’étape sur la compétitivité dans le cadre de l’état de l’union de l’énergie, qui a mis en évidence une diminution des dépenses en matière de R&I dans le domaine de l’énergie propre (tant publiques que privées) mettant en péril la réalisation de notre ambition en matière d’énergie et de climat. En outre, le rapport analyse la situation concurrentielle des technologies clés en matière d’énergie propre grâce à une analyse de la chaîne de valeur, renforçant ainsi l’analyse du 5e pilier de l’union de l’énergie sur la recherche, l’innovation et la compétitivité.
Autres politiques de durabilité
Les points suivants ont mis en évidence le rôle de la R&I:
· la stratégie «De la ferme à la table» , qui vise à accélérer la transition vers un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement et reconnaît la R&I et la technologie en tant que facilitateurs de la transformation des systèmes alimentaires;
· la stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques , qui souligne l’importance de la R&I pour répondre aux préoccupations urgentes en matière d’environnement et de santé et introduit une approche «sûre et durable dès la conception» pour les substances chimiques et les matériaux, qui est une approche avant commercialisation axée sur la fourniture d’une fonction, tout en évitant les volumes et les propriétés chimiques susceptibles de nuire à la santé humaine ou à l’environnement;
· La stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 , qui reconnaît l’importance de la R&I pour améliorer les connaissances, l’éducation et les compétences afin de mettre au point des solutions écologiques.
Sécurité et migration
La Commission a présenté trois stratégies politiques clés en matière de sécurité et de migration: Stratégie de l’UE pour l’union de la sécurité , Programme de lutte antiterroriste pour l’UE: anticiper, prévenir, protéger et réagir , et la communication sur un nouveau pacte sur la migration et l’asile . Les documents des différentes politiques font explicitement référence à l’importance des technologies modernes et à la pertinence du cycle de R&I. À ce titre, le développement et le déploiement de technologies et de solutions innovantes en matière de sécurité tout au long de la chaîne de valeur de la sécurité permettront d’atteindre les objectifs stratégiques visés.
Aspects internationaux
La pandémie de COVID-19 a montré que la coopération internationale dans le domaine de la R&I est plus cruciale que jamais pour relever les défis mondiaux urgents. Tout au long de l’année 2020, la Commission a travaillé à la révision de sa stratégie en vue d’une communication sur une approche mondiale de la R&I , qui a été adoptée en mai 2021. Cette approche a été conçue pour contribuer à la réalisation des principaux objectifs stratégiques de la Commission et pour s’adapter au contexte géopolitique actuel, soutenir la reprise économique après la COVID-19, promouvoir et protéger les valeurs de l’Europe et accroître sa résilience conformément à son modèle d’autonomie stratégique ouverte.
La Commission a poursuivi le renforcement de la coopération en matière de R&I avec des partenaires et des régions stratégiques, par exemple avec l’Afrique, avec l’organisation de la première réunion ministérielle UE-Union africaine en matière de R&I , et les travaux sur une feuille de route commune ambitieuse UE-Chine pour la coopération future en matière de science, de technologie et d’innovation, axée sur la mise en place de conditions de concurrence équitables et sur la réciprocité. Le partenariat pour l’Afrique a servi de cadre à la poursuite du développement, dans le cadre d’«Horizon Europe», de la coopération initiée dans le cadre d’«Horizon 2020» entre l’UE et l’Union africaine dans le domaine des énergies renouvelables. La coopération avec l’Amérique latine et la région des Caraïbes a été renforcée, notamment grâce à l’organisation réussie de l’ initiative conjointe UE-CELAC pour la rencontre de hauts fonctionnaires en matière de R&I , qui a ouvert la voie à l’adoption d’une feuille de route stratégique 2021-2023 couvrant les infrastructures, la mobilité, les défis sociétaux mondiaux et un nouveau pilier de la coopération en matière d’innovation.
La réunion ministérielle des Balkans occidentaux visant à renforcer encore les liens régionaux avec l’UE dans le domaine de l’éducation, de la formation et de la R&I, qui s’est tenue en décembre 2020, a approuvé le contenu du programme des Balkans occidentaux en matière d’innovation, de recherche, d’éducation, de culture, de jeunesse et de sport. Le groupe chargé de la R&I dans le cadre du Partenariat oriental a examiné une proposition de nouveaux éléments livrables pour l’après-2020 en ce qui concerne la R&I.
Mission Innovation (l’une des principales plateformes de coopération internationale par l’intermédiaire desquelles l’UE promeut la portée mondiale du pacte vert pour l’Europe) est arrivée au terme de son premier mandat de 5 ans. Elle est désormais prête à lancer sa deuxième phase lors de la prochaine réunion ministérielle qui se tiendra au Chili en juin 2021.
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a publié un projet de recommandation sur une science ouverte (auquel la Commission a contribué), qui présente des valeurs et des principes communs et définit des mesures et des engagements concrets pour faciliter la production et la diffusion de connaissances scientifiques et de données de recherche dans le monde entier.
Le Consortium international dédié à la recherche sur les maladies rares, codirigé par la Commission, a publié un guide de développement des médicaments orphelins , qui vise à accélérer le développement de médicaments pour les maladies rares en organisant les ressources et les outils disponibles dans l’UE, aux États-Unis et au Japon dans un cadre normalisé.
Les préparatifs en vue de l’adhésion de pays tiers à «Horizon Europe», en tant que membres associés, se sont intensifiés. Les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni ont abouti à un accord de commerce et de coopération qui couvre la participation de ce pays aux programmes de l’Union.
3.3Partenariat avec les États membres
Le 30 septembre 2020, la Commission a adopté la communication intitulée «Un nouvel EER pour la recherche et l'innovation» (un nouvel EER) pour un espace européen de la recherche revitalisé doté d’un programme tourné vers l’avenir. Cette communication annonçait, entre autres mesures: i) des actions spécifiques visant à actualiser et à élaborer des principes directeurs visant à créer de la valeur à partir des connaissances; ii) un code de bonnes pratiques pour l’utilisation intelligente de la propriété intellectuelle; et iii) des actions visant à élaborer des feuilles de route communes pour les technologies industrielles, à soutenir la mise en œuvre de la nouvelle stratégie industrielle et à accélérer le transfert des résultats de la recherche vers l’économie réelle. Cela aidera l’industrie de l’UE à faire face à la double transition (écologique et numérique) et à devenir plus résiliente. À la suite de l’adoption des conclusions du Conseil sur le nouvel EER en décembre 2020, et en étroite relation avec le Comité de l’Espace européen de la recherche et de l’innovation , la Commission a créé le Forum pour la transition de l’EER .
Dans le domaine des carrières et de la mobilité des chercheurs, le nouvel EER vise à: i) fournir un cadre pour les carrières dans la recherche, y compris une taxinomie des compétences permettant aux chercheurs d’accroître la visibilité de leur profession; ii) s’appuyer sur l’engagement d’encourager la «circulation des cerveaux» et de garantir l’inclusion; et iii) créer des conditions attrayantes pour les chercheurs.
Le rapport d’octobre 2020 intitulé «Towards a 2030 vision on the future of universities in Europe» présente les volets thématiques et transversaux de l’action en R&I. D’autres synergies entre l’EER et l’espace européen de l’éducation sous la forme d’une «stratégie européenne pour les universités», à développer avec les États membres et les parties prenantes en 2021, profiteront aux universités européennes.
Dans le cadre du cycle de coordination des politiques économiques du Semestre européen 2020, 21 États membres ont reçu une recommandation par pays visant à stimuler les investissements dans la R&I. À cet effet, la stratégie annuelle 2021 pour une croissance durable (publiée le 17 septembre 2020) a défini les grandes lignes de la facilité pour la reprise et la résilience et la Commission a aidé les États membres à élaborer des plans de relance et de résilience (PRR) pour la période 2021-2023, qui leur permettront d’accéder au soutien de la facilité en faveur des réformes et des investissements. Jusqu’à présent, la plupart des États membres qui ont élaboré des PRR mettent l’accent sur les investissements et les réformes de la R&I dans les domaines de l’hydrogène, de l’énergie propre, de la mobilité durable, de la rénovation et de la construction respectueuses du climat et de la décarbonation de l’industrie.
Le mécanisme de soutien aux politiques a déjà fourni des activités d’appui spécifiques à Chypre, à la Lettonie, à l’Arménie et à Malte, et a permis un échange de connaissances sur la coopération internationale.
Le premier rapport sur l’indice de performance en matière de transition fournit un cadre simplifié permettant aux États membres de suivre les progrès accomplis et de définir des actions prioritaires pour les quatre axes de transition que l’Europe doit aborder pour garantir la durabilité: économique, social, environnemental et gouvernance.
4.Mise en œuvre d’«Horizon 2020»
4.1 Réponse aux appels (pour la période 2014-2020)
Selon le tableau de bord d’ «Horizon» (au 21 juin 2021), 967 appels «Horizon 2020» étaient arrivés à échéance à la fin de 2020 et 283 078 propositions éligibles avaient été soumises, ce qui représente une contribution totale de l’UE de 473,2 milliards d’EUR. Parmi ces propositions, 33 791 ont été sélectionnées en vue d’un financement, portant le taux de succès global des propositions éligibles au cours des six premières années à 11,94 %. 35 027 conventions de subvention ont été signées, avec une dotation budgétaire de l’UE de 66,23 milliards d’EUR.
Les organismes d’enseignement supérieur restent le principal groupe de bénéficiaires (39,4 % de l’ensemble des bénéficiaires), tandis que 24,73 % des financements de l’UE au titre des priorités «Primauté industrielle» et «Défis de société» sont destinés aux PME.
4.2Caractéristiques sélectionnées d’«Horizon 2020»
COVID-19
La première priorité en 2020 a été de mobiliser les efforts de R&I soutenus par «Horizon 2020», menés dans l’UE et avec les partenaires internationaux, afin de lutter contre la pandémie. La Commission a lancé des activités dédiées à la R&I dès janvier, dans le cadre d’un engagement visant à relever divers défis découlant de la pandémie et dans le cadre duquel l’UE a pris l’initiative au niveau mondial, y compris en tant que contributeur de l’aide. Le financement d’«Horizon 2020» a aidé les plateformes multilatérales de recherche existantes à accélérer leurs efforts pour mettre au point des traitements, des vaccins, des thérapies et des diagnostics efficaces et pour garantir une disponibilité universelle à un prix abordable.
À ce jour , 602,3 millions d’EUR ont été alloués, au titre du programme «Horizon 2020», à des projets visant à mettre au point des diagnostics, des traitements (y compris en adaptant les traitements existants, le plasma sanguin, les anticorps monoclonaux), des vaccins ou l’épidémiologie, la préparation et la réaction aux épidémies, les aspects socio-économiques, la santé mentale, la production et les technologies numériques, ainsi que les infrastructures et les ressources de données qui permettent cette recherche.
Un premier appel d’urgence pour faire face à la pandémie a été lancé en un temps record dans le cadre du volet «Santé» du programme de travail, le 30 janvier 2020, jour où l’Organisation mondiale de la santé a déclaré la COVID-19 comme une urgence de santé publique de portée internationale, soit probablement le premier appel dans le monde entier. Il en a résulté 18 projets bénéficiant d’un financement total de l’UE de 48,2 millions d’EUR. Au mois de mai, un deuxième appel au titre du même volet du programme de travail a donné lieu à 23 projets bénéficiant d’un financement de l’UE de 128 millions d’EUR. Un financement supplémentaire d’environ 22,7 millions d’EUR a été mobilisé et alloué à sept conventions de subvention en cours pour couvrir des activités supplémentaires liées à la pandémie.
En outre, 400 millions d’EUR au titre du dispositif InnovFin Horizon 2020 ont été alloués pour accélérer l’élaboration de vaccins (par BioNTech et CureVac, par exemple) et d’autres interventions, médicaments, dispositifs médicaux et de diagnostic (par exemple, Scope Fluidics) ou nouvelles infrastructures de R&I critiques (y compris les installations de production). D’autres projets financés par l’UE (par exemple EAVI2020, EHVA, TBVAC2020, Rabyd-vax) mettent au point et utilisent un large éventail de technologies (ADN, ARN et vecteurs viraux) pour étendre les réserves de vaccins candidats. ADITEC et OptiMalVax font partie des projets visant à développer de nouvelles technologies d’immunisation et à les faire progresser jusqu’aux essais cliniques afin de rendre les vaccins plus efficaces, y compris pour les besoins non satisfaits des personnes âgées et des jeunes.
586 autres projets financés par «Horizon 2020» et son prédécesseur, le 7e programme-cadre (7e PC), ont été identifiés comme ayant contribué aux connaissances scientifiques ou aux technologies, telles que de nouveaux revêtements désinfectants pour vêtements de protection, la sécurité du transport des patients, le traitement des eaux usées et les applications numériques.
Le partenariat des pays européens et en développement sur les essais cliniques (EDCTP) a lancé trois appels d’urgence successifs pour des activités de recherche visant à gérer et/ou à prévenir la propagation de la COVID-19, avec un budget combiné de 35 millions d’EUR. En outre, les deux principaux réseaux EDCTP visant à renforcer les capacités des pays africains à réagir aux épidémies de maladies infectieuses ont immédiatement réorienté leurs efforts afin de faire face aux problèmes liés à la COVID-19.
L’«appel 21» accéléré dans le cadre de l’initiative relative aux médicaments innovants a été lancé pour des propositions de recherche en réponse à l’épidémie de COVID-19, avec un financement de 72 millions d’EUR au titre d’«Horizon 2020», avec un engagement de l’industrie à hauteur de 45 millions d’EUR.
Dans le cadre de la réponse politique visant à remédier aux perturbations économiques causées par la COVID-19, le mécanisme de garantie pour les PME du dispositif InnovFin a été modifié afin de faciliter la disponibilité de financements pour les entreprises innovantes, en particulier les facilités de trésorerie et le financement des fonds de roulement. Au 31 décembre 2020, plus de 3 300 entreprises, principalement des PME, avaient reçu un financement s’élevant à 1,7 milliard d’EUR. En outre, un nouveau mécanisme de fonds propres pour la relance des entreprises de technologies innovantes a été créé au titre du dispositif InnovFin Equity afin d’atténuer les effets de la crise de la COVID-19 sur le marché du capital-risque et, en particulier, l’augmentation de la consommation de liquidités au niveau des sociétés de portefeuille. Un montant de 100 millions d’EUR a été mis à disposition pour fournir aux intermédiaires financiers d’InnovFin la capacité d’investissement supplémentaire nécessaire pour soutenir les sociétés de portefeuille touchées par la crise de la COVID-19.
La partie «infrastructures de recherche» du programme de travail a été modifiée de manière à inclure un soutien ad hoc supplémentaire sur mesure dans des domaines spécifiques. Il s’agissait notamment de la diffusion, à l’échelle de l’UE et dans le monde entier, du test de diagnostic SARS-CoV2 (avec le Centre européen de contrôle des maladies et l’Organisation mondiale de la santé) et d’un soutien ciblé à la R&D en faveur du vaccin, ainsi que de la création d’une nouvelle infrastructure de recherche sur la santé de la population (qui constitue en même temps un point de départ pour la mise en place d’un espace européen des données de santé).
Des obligations spécifiques en matière d’exploitation ont été introduites pour les appels d’urgence liés à la COVID-19, tout comme un manifeste pour la recherche sur la COVID de l’UE visant à maximiser les résultats de la recherche, qui compte déjà plus de 2 200 signataires et a été approuvé par l’Organisation mondiale de la santé.
Le portefeuille de projets sur la modélisation de la neutralité climatique (principalement des modèles d’évaluation intégrés) a été mobilisé dans le but d’étudier les incidences de la pandémie sur l’action pour le climat et de formuler des recommandations stratégiques en vue d’une relance verte et résiliente. Plusieurs projets de recherche sont également en cours pour évaluer les liens entre risque pandémique et perte de biodiversité.
Pour faire face aux problèmes administratifs engendrés par la pandémie, les consortiums bénéficiant d’un financement au titre d’«Horizon 2020» ont été invités à demander, à leur convenance, une prolongation de leurs projets de 6 mois sans autre justification et ont été autorisés à présenter leur rapport périodique et à demander des paiements plus tard que prévu initialement.
Pacte vert pour l’Europe
Les parts budgétaires prévues pour l’action pour le climat et le développement durable sur la durée du programme Horizon 2020 se sont élevées respectivement à 35 % et 60 %. À la fin de 2020, les dépenses atteignaient 31 % pour le premier et 65 % pour le second. Malgré une augmentation considérable par rapport au 7e PC, les investissements en faveur de l’action pour le climat n’ont pas encore atteint leur objectif.
Des mesures ciblées ont été prises pour y remédier, notamment un nouvel appel lancé en septembre dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, qui portera finalement les dépenses en faveur du climat au-delà du seuil de 35 % (à 36 %). Cet appel de 1 milliard d’EUR vise à répondre à la crise climatique, à renforcer la protection de la biodiversité et des habitats menacés et à accélérer une reprise durable. Il constituait une première étape vers des villes climatiquement neutres et socialement innovantes et répondait aux priorités du pacte vert en matière d’énergie, à savoir des technologies innovantes liées aux énergies renouvelables terrestres et en mer, la démonstration d’un électrolyseur de 100 MW pour la production d’hydrogène et l’accélération de la transition vers l’énergie verte en Afrique, ainsi que l’efficacité énergétique dans les bâtiments. Cet appel portait aussi sur l’intégration et la démonstration de méthodes innovantes de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Des solutions claires et tangibles sont attendues dans huit domaines correspondant aux priorités du pacte vert pour l’Europe et dans deux domaines horizontaux: «renforcer les connaissances» et «donner aux citoyens les moyens d’agir». L’appel portait aussi sur les possibilités d’innovation pour soutenir la transition vers des systèmes alimentaires durables, au cœur de la stratégie de l’UE «De la ferme à la table». Il a été clôturé le 27 janvier 2021 et plus de 1 500 propositions ont été soumises sur les 20 sujets thématiques. Les subventions devraient être signées au cours du dernier trimestre de 2021.
Tout au long du programme «Horizon 2020», les projets ont contribué aux efforts visant à renforcer les capacités d’observation de la Terre en Europe et à mettre au point des solutions adaptées aux besoins spécifiques des utilisateurs. Vers la fin du programme «Horizon 2020», les résultats de ces projets ont contribué à diverses activités du groupe sur l’observation de la Terre (GEO) et à l’initiative EuroGEO, en particulier pour les ODD et l’accord de Paris adoptés au titre de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Ces efforts se poursuivront dans le cadre d’«Horizon Europe».
Coopération internationale
Au cours de la période 2014-2020, les participants d’États membres de l’UE ont reçu 90,41 % des fonds, le reste étant alloué à des pays associés (8,85 %) et à des pays tiers (0,74 %). Si le taux de participation des pays associés (7,68 %) correspond au pourcentage de financement reçu, celui des pays tiers non associés est nettement plus élevé (4,0 %), ce qui témoigne d’un intérêt pour l’ouverture internationale, indépendamment du financement.
Le programme de travail 2018-2020 comprenait plus de 30 initiatives phares en matière de coopération internationale, dans le cadre d’un budget de l’UE de près de 2 milliards d’EUR visant à inverser la tendance à la baisse de la coopération internationale au cours des premières années d’«Horizon 2020». Ces initiatives phares ont eu des effets positifs, la participation d’entités établies dans des pays tiers non associés à des projets collaboratifs passant de 2,4 % en moyenne en 2014-2017 à 3,3 % en 2018, 3,2 % en 2019 et 2,6 % jusqu’à présent pour 2020. La contribution des participants établis dans des pays tiers non associés est passée d’une moyenne de 44 millions d’EUR/an pour la période 2014‑2017 à 82 millions d’EUR en 2018 et à 153 millions d’EUR en 2019 (42 millions d’EUR à ce jour pour 2020). Au total, les participants établis dans des pays tiers non associés ont contribué à hauteur de près de 560 millions d’EUR aux projets «Horizon 2020».
Les actions Marie Skłodowska Curie (AMSC) ont continué de représenter plus de la moitié des participations d’entités établies dans des pays tiers non associés. De nombreux dialogues stratégiques et réunions conjoints dans le domaine de la science et de la technologie ont eu lieu avec des pays tiers non associés afin de mieux exploiter le potentiel de diffusion internationale des AMSC au niveau politique.
Conseil européen de la recherche (CER)
Le CER a lancé cinq appels à propositions pour des projets de recherche exploratoire et de validation de concepts. Avec un budget cumulé de 2,2 milliards d’EUR, celles-ci ont attiré 9 428 demandes et donné lieu à 1 178 nouvelles conventions de subvention. Le CER a procédé à une analyse de portefeuille de projets liés à la compréhension de la pandémie, en recensant plus de 185 projets pertinents. Deux chercheurs principaux du CER, notamment le professeur Uğur Şahin (PDG de BioNTech) et le professeur Adrian Hill (université d’Oxford), ont été à l’avant-garde du développement de deux vaccins contre la COVID-19.
Élargissement de la participation
À la suite du dernier appel à propositions «Horizon 2020» au titre du volet «Propager l’excellence et élargir la participation» du programme de travail, un total de 97 subventions, pour un montant total de 119 millions d’EUR, ont été signées. Parmi celles-ci, 20 contribueront à la mise en place de nouvelles équipes de recherche autour des chaires EER dans les pays de l’élargissement (tels que définis dans la présente partie du programme de travail) et 77 projets de jumelage établiront de nouveaux partenariats avec des centres de recherche de premier plan afin de renforcer le niveau d’excellence.
Le deuxième appel du projet pilote «Bourses d’élargissement» (sur le modèle des bourses individuelles AMSC) a continué d’aider des chercheurs d’excellence qui n’avaient pas été financés par les AMSC grâce à des bourses individuelles d’une durée de 2 ans dans un pays de l’élargissement. L’appel a donné lieu à une augmentation de 12 % du nombre de demandes et à une augmentation supplémentaire de 42 % du nombre de bourses dans les pays de l’élargissement, avec 39 bourses d’élargissement en plus de 92 bourses individuelles financées dans les pays de l’élargissement. La note la plus basse obtenue par une proposition retenue était de 90,4 %, ce qui reflète la qualité élevée de ces propositions.
Afin d’offrir aux chercheurs handicapés un accès équitable à l’enseignement doctoral, à la formation à la recherche, au développement des compétences et au transfert de connaissances, et de stimuler la participation inclusive et non‑discriminatoire au marché du travail de la R&I, le projet pilote concernant les «montants forfaitaires pour les besoins spécifiques» des AMSC s’est poursuivi en 2020. Un soutien financier a été apporté à 16 boursiers AMSC ayant des besoins particuliers.
Genre, sciences sociales et humaines (SSH) et science ouverte
Afin de soutenir les travaux politiques de l’EER sur l’égalité entre les femmes et les hommes, certains nouveaux projets mettent en place une communauté de praticiens de l’égalité entre les hommes et les femmes et des professionnels du changement institutionnel dans toute l’Europe. Un projet a commencé à élaborer des scénarios pour un système d’attribution/de certification en matière d’égalité entre les hommes et les femmes dans les organismes de recherche et les universités, et pour une nouvelle action R&I visant à renforcer la dimension de genre dans le dialogue scientifique de l’UE avec les partenaires internationaux. Les AMSC contribuent au taux de participation très élevé de chercheuses, qui est resté stable au fil des ans (41 % de l’ensemble des boursiers AMSC).
Le cinquième rapport de suivi (pour 2018) sur l’intégration des sciences humaines et sociales dans le programme «Horizon 2020», publié en 2020, a montré des résultats encourageants et des améliorations considérables: 65 % des projets ont fait preuve d’une bonne intégration des SSH et 391 ont été financés au titre des thèmes signalés, contre 262 en 2017. Le budget total des projets s’est élevé à 1,9 milliard d’EUR, contre 1,2 milliard d’EUR en 2017.
La plateforme sur la politique en matière de science ouverte a présenté son rapport final sur la mise en œuvre et le développement de la science ouverte dans l’UE en mai 2020, indiquant que le principal instrument permettant de faire progresser la science ouverte est le système actuel de récompenses et d’incitations pour les chercheurs. Ce rapport a été présenté au Conseil «Compétitivité» le 27 novembre 2020. La gouvernance provisoire du nuage européen pour la science ouverte (EOSC) a achevé ses travaux visant à mettre en place une structure de gouvernance qui garantisse le déploiement futur de l’EOSC. Elle est assurée par une association de l’EOSC qui a été créée en juillet 2020 et qui compte plus de 180 organisations à la fin de 2020. L’ambition renouvelée de l’EOSC est de développer un tissu de données et de services FAIR (faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables) pour la science, avec des normes communes et des logiciels de base, permettant aux objets de recherche tels que les publications, les ensembles de données et les logiciels d’être FAIR dès leur conception. Cette ambition a été rappelée dans la déclaration de l’EOSC présentée par la présidence allemande aux ministres de la recherche le 27 novembre 2020 . Les États membres ont confirmé leur intention de s’engager dans l’évolution future de l’EOSC.
À la suite du lancement d’Open Research Europe, la plateforme de publication ouverte pour «Horizon 2020» et les bénéficiaires d’«Horizon Europe» envisagée dans la nouvelle communication sur l’EER, des préparatifs sont en cours en vue du lancement officiel en 2021, avec des manuscrits prêts à faire l’objet d’une évaluation par les pairs ouverte.
Conseil européen de l’innovation (CEI)
Un projet pilote renforcé du CEI s’est poursuivi après le premier pilote, ce qui a permis de rapprocher un CEI à part entière de la réalité. Jusqu’à présent, chaque euro du soutien au pilote du CEI a généré 2,4 EUR d’investissements de suivi. En mars 2020, la Commission a modifié la section «pilote du CEI» du programme de travail 2020 afin d’y inclure un budget de 300 millions d’EUR pour des innovations d’excellence créatrices de marché qui contribuent à la réalisation des objectifs du pacte vert pour l’Europe et du programme de développement durable des Nations unies à l’horizon 2030.
L’appel spécifique à l’Accélérateur du CEI pour des propositions de «pacte vert» ciblant les jeunes entreprises et les PME a été lancé le 19 mai 2020 et a donné lieu à l’attribution de plus de 307 millions d’EUR à 64 d’entre elles. Parmi les propositions retenues figurent des solutions innovantes pour les secteurs automobile, aérospatial et maritime, les matériaux avancés et les technologies de l’«internet des objets». Ces bénéficiaires innovants sont basés dans un large éventail de pays, dont 17 États membres (dont sept rattrapent leurs performances en matière de R&I), ce qui fait de cet appel du CEI le plus diversifié sur le plan géographique à ce jour.
Le CEI a joué un rôle crucial dans le soutien aux innovateurs qui travaillent sur des solutions pour lutter contre la COVID-19. Outre la publication d’un appel à l’accélérateur ouvert aux start-ups et aux PME qui mettent au point des solutions innovantes pour aider à traiter, tester, surveiller ou faire face à divers aspects de l’épidémie, le CEI a organisé le hackathon et le matchathon EUvsVirus (un événement virtuel destiné à mettre en relation des chercheurs et des innovateurs travaillant sur des innovations liées à la COVID avec des acheteurs et des bailleurs de fonds potentiels intéressés). À la suite du très réussi premier événement «ePitching» du CEI contre la COVID-19, le 30 avril, la Commission a organisé un deuxième «ePitching» destiné aux acheteurs contre la COVID-19 le 17 novembre 2020.
L’introduction de financements mixtes et d’investissements en fonds propres pour soutenir l’innovation transformatrice constitue une nouvelle avancée majeure dans le financement de la R&I de l’UE et fait partie de la proposition de valeur unique du CEI. Un fonds CEI, créé en juin 2020 en tant qu’entité juridique distincte de droit privé, gère les investissements en fonds propres, la Banque européenne d’investissement fournissant des services de gestion essentiels. Le financement maximal (subventions et fonds propres) peut atteindre 17,5 millions d’EUR. Le Fonds du CEI vise à répondre à un besoin critique de financement auquel sont confrontées les entreprises innovantes pour porter leurs technologies parvenues à maturité technologique jusqu’au stade de la commercialisation. Il contribuera à combler cette lacune au stade de la phase de démarrage, où le marché du capital-risque de l’UE reste sous-performant par rapport au reste du monde. Il vise à soutenir l’égalité et l’équilibre entre les hommes et les femmes et à apporter une contribution importante à la durabilité, en mettant particulièrement l’accent sur la santé, la résilience et les transitions écologique et numérique. Son rôle est devenu encore plus important compte tenu de l’impact majeur de la crise COVID‑19, y compris pour de nombreuses start-ups innovantes. Une nouveauté notable a été que quatre gestionnaires de programmes du CEI ont été recrutés au cours de la phase pilote afin de gérer de manière proactive les portefeuilles et leurs communautés de bénéficiaires et autres parties intéressées.
4.3 Actions directes non nucléaires mises en œuvre par le Centre commun de recherche (JRC)
Le JRC a réagi rapidement à la pandémie de COVID-19 et a apporté un soutien stratégique aux initiatives de gestion immédiate des crises et de relance. La modélisation des aspects épidémiologiques et de l’incidence potentielle de la crise dans différents domaines d’action a contribué à l’élaboration de stratégies et de politiques. Des supports de contrôle ont été mis au point afin d’améliorer la fiabilité des tests COVID-19.
Les travaux du JRC sur le pacte climatique de l’UE, la stratégie renouvelée en matière de finance durable, la stratégie «De la ferme à la table», la stratégie en faveur de la biodiversité, le plan d’action en faveur de l’économie circulaire, le plan d’action de la stratégie pour la bioéconomie et la stratégie européenne en matière de données liées aux transitions écologique et numérique. Ses travaux sur des initiatives en matière d’imposition effective et de salaire minimum équitable contribuent à créer une «économie européenne au service des citoyens». Ses contributions à la stratégie européenne pour l’égalité entre les hommes et les femmes, à la stratégie pour l’Afrique et au nouveau pacte sur la migration et l’asile contribuent à renforcer l’Europe et à promouvoir notre mode de vie.
Le JRC a apporté une contribution essentielle à la prospective stratégique, notamment en co-rédigeant le premier rapport annuel de prospective stratégique axé sur la résilience, qui recommande de concentrer la deuxième étude prospective sur l’autonomie stratégique ouverte.
Il a également continué d’étendre ses activités de gestion des connaissances, en lançant de nouveaux centres de connaissances sur la biodiversité, l’observation de la Terre et le cancer.
Il a publié deux nouveaux rapports phares sur la cybersécurité et l’équité. Plus de 1 100 publications du JRC relatives à la politique et plus de 700 publications scientifiques et évaluées par des pairs. Environ 45 % de ses articles évalués par les pairs ont été publiés dans les 10 % des revues les plus citées.
Enfin, le JRC dirige les nouveaux Bauhaus européens, un mouvement de conception qui explore de nouveaux modes de vie pour soutenir la transformation de l’Europe en premier continent neutre pour le climat.
4.4 Institut européen d’innovation et de technologie (EIT)
La plus grande contribution financière jamais apportée (600 millions d’EUR) a été allouée en 2020 aux huit communautés de la connaissance et de l’innovation (CCI) pour la mise en œuvre de leurs plans d’entreprise pour 2020.
La communauté de l’EIT est devenue un réseau fiable de plus de 2 200 partenaires, avec plus de 60 centres de co‑implantation et pôles d’innovation dans tous les États membres, ce qui en fait l’une des plus grandes communautés d’innovation en réseau d’Europe. Depuis sa création, l’EIT et les CCI ont soutenu plus de 2 500 start-ups et entreprises en expansion qui ont attiré au total 3,3 milliards d’EUR d’investissements, ce qui a permis de créer plus de 13 000 emplois hautement qualifiés et de mettre sur le marché plus de 1 500 nouveaux produits et services. Plus de 4 000 étudiants ont déjà obtenu un diplôme de programmes éducatifs portant le label EIT.
En réponse à la pandémie de COVID-19, l’EIT a mobilisé 60 millions d’EUR de fonds supplémentaires en 2020 et lancé l’initiative «EIT crisis response» (réponse de l'EIT à la crise), qui a soutenu 62 projets d’innovation, réunissant 212 partenaires de 25 pays et 145 start-ups, entreprises en expansion et PME dans 23 pays.
5.Mise en œuvre du programme Euratom
5.1 Actions indirectes
Au total, 33 conventions de subvention ont été signées dans le cadre du programme Euratom, pour une contribution globale de 139,8 millions d’EUR. Un total de 254 propositions éligibles pour des appels dans le domaine de la fission ont été soumises depuis 2014, pour un montant total de 991,03 millions d’EUR. Parmi celles-ci, 98 ont été sélectionnées en vue d’un financement, avec une contribution de 416,74 millions d’EUR, ce qui porte le taux de réussite global des propositions éligibles à 38 % en 2020.
En 2020, l’engagement final a été pris pour le programme commun EUROfusion , portant le montant total à 687,8 millions d’EUR depuis le début de l’année 2014.
5.2 Actions directes mises en œuvre par le JRC
Les scientifiques du JRC ont publié 143 articles dans des périodiques évalués par des pairs et 36 dans des monographies ou d’autres périodiques. Le JRC a aussi rédigé des sections entières de sept documents stratégiques et publié sept documents scientifiques et 81 rapports techniques, ainsi que 27 méthodes et mesures de référence, des systèmes techniques et des bases de données scientifiques. Limité par les restrictions liées à la pandémie, il a organisé quatre cours de formation à l’intention des professionnels et des étudiants des États membres et de la Commission, et a ouvert l’accès à ses infrastructures de recherche nucléaire, en développant des outils virtuels dans la mesure du possible.
Le JRC a élaboré un rapport sur les mesures de préparation et de réaction visant à garantir la continuité de l’exploitation sûre des centrales nucléaires dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Ce rapport a alimenté plusieurs initiatives de la Commission et de l’Agence de l’énergie nucléaire de l’OCDE.
Afin de garantir la mise en œuvre efficace et efficiente du système de contrôle de sécurité d’Euratom, le JRC a analysé environ 600 échantillons nucléaires et 100 échantillons environnementaux pour Euratom et les autorités de contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le fonctionnement des laboratoires de contrôle de sécurité d’Euratom s’est poursuivi presque sans interruption pour permettre des flux importants de matières nucléaires, même dans les conditions difficiles causées par la pandémie.
Le JRC a mené des recherches sur de nouvelles applications radio-isotopes et d’autres méthodes de production et a contribué à évaluer les défis liés à la fourniture de radio-isotopes médicaux au public européen. Ces activités soutiennent d’autres initiatives Euratom, notamment les travaux de l’Observatoire européen de l’approvisionnement en radio-isotopes à usage médical, le programme stratégique pour les applications des rayonnements ionisants à usage médical et le plan de lutte contre le cancer de l’Union européenne.
6.Diffusion, exploitation et communication
Les dispositions en matière d’accès ouvert figurant dans le modèle de convention de subvention «Horizon 2020» garantissent la disponibilité totale d’environ 105 000 publications générées par les projets «Horizon 2020», avec un accès ouvert à 98 % des articles publiés dans des revues à évaluation par les pairs. Cela fait de la politique d’accès ouvert d’«Horizon 2020» l’une des plus grandes réussites au monde.
Une nouvelle stratégie de diffusion et d’exploitation des résultats d’«Horizon Europe» a conduit à la création progressive d’un écosystème intégré de soutien à l’exploitation. La plateforme des résultats Horizon a attiré l’attention des investisseurs et des décideurs politiques sur les résultats des projets Horizon. Des synergies avec les réserves d’investissement de projets financés par l’UE, telles que BlueInvest , sont à l’étude. Elle a aussi contribué à la lutte contre la COVID-19 et le changement climatique en rassemblant et en promouvant les résultats pertinents des projets. Le nouvel amplificateur des résultats d’Horizon a commencé à fournir des services ciblés de diffusion et d’exploitation aux bénéficiaires en fonction de leurs besoins. La deuxième cérémonie de remise des prix «Horizon impact» reconnaissant et célébrant des projets remarquables relevant d’«Horizon 2020» ou du 7e PC, dont la valeur sociale a été démontrée, a eu lieu au cours des journées R&I 2020.
Les travaux se sont poursuivis en ce qui concerne la mise en œuvre de la stratégie en matière de données et des progrès ont été accomplis en ce qui concerne l’interopérabilité des données des PC avec des ensembles de données externes, tels que les publications et les brevets. L’initiative «European data for R&I policy» (ancienne plateforme européenne de données de R&I) a été lancée en liaison avec les États membres et les pays associés. Des progrès ont été réalisés en ce qui concerne CORTEX, un outil d’extraction de textes qui permet la création et le regroupement de portefeuilles de projets, ainsi que le suivi et le traçage des résultats de la recherche et de l’incidence du programme-cadre au fil du temps.
Un cadre clair et efficace de «retour d’information sur les politiques» a été approuvé par la Commission en vue d’obtenir un retour d’information sur les projets financés par les PC afin de répondre aux besoins politiques.
Un outil interactif de mise en relation est en cours d’élaboration par la Commission afin de mettre en évidence les synergies entre les programmes de l’UE et de répondre aux besoins des bénéficiaires en matière de mise en réseau et de mise en relation. Il couvre actuellement la coopération interrégionale et les programmes «Horizon 2020» à titre de test et aide à réunir les partenaires des projets par région et par thème de projet.
Le tableau de bord d’Horizon s’est étendu pour suivre les performances de plus de 50 000 organisations qui ont bénéficié d’un financement au titre d’«Horizon 2020» et du 7e PC. En outre, de nouveaux documents d’appui ont été ajoutés pour permettre à un public plus large d’exploiter facilement son contenu. CORDIS a continué de produire régulièrement des produits éditoriaux multilingues destinés aux utilisateurs spécialisés des résultats de la recherche, notamment le magazine Research*eu et les dossiers de résultats thématiques, et plus de 7 800 résumés de résultats, articles d’actualité et descriptions conviviales des objectifs de projets, complétés par des actions de sensibilisation et les médias sociaux. Une nouvelle section a été consacrée aux projets et résultats financés par l’UE pour contribuer à la lutte contre la COVID-19. CORDIS a étendu la taxonomie EuroSciVoc des domaines scientifiques et publié une première version d’une ontologie pour les projets de recherche, l’Ontologie européenne des informations sur la recherche . Cela permettra la conservation, l’amélioration et l’intégration de données avec des sources de données ouvertes reliées sur le Web.
7.Perspectives
Au cours du premier semestre de 2021, tous les actes de base pour «Horizon Europe» sont entrés en vigueur. Parallèlement, la Commission a adopté toutes les décisions d’exécution nécessaires concernant les premiers programmes de travail au titre du programme et a publié des appels à propositions immédiatement après. La Commission mettra aussi à la disposition du public les informations appropriées sur les conventions de subvention et l’évaluation des propositions.
Au cours de l’année 2021, la Commission évaluera les missions recensées dans le cadre d’«Horizon Europe» afin de déterminer celles qui devraient être élaborées au moyen d’appels de programmes de travail et soutenues par d’autres initiatives aux niveaux européen, international et national/régional.
S’appuyant sur l’expérience positive de 2019 et 2020, les journées R&I 2021 contribueront à maximiser l’incidence des dépenses en R&I pour la transition numérique et la transition écologique, notamment en mettant en évidence les liens entre «Horizon Europe» et l’EER.