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Acte préparatoire52021DC0493

Acte préparatoire — 52021DC0493

CELEX52021DC0493
TypeActe préparatoire
Datevendredi 27 août 2021

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 27.8.2021

COM(2021) 493 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Évaluation ex post de la manifestation «Capitales européennes de la culture 2019» (Plovdiv et Matera)

{SWD(2021) 232 final}


RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

Évaluation ex post de la manifestation «Capitales européennes de la culture 2019» (Plovdiv et Matera)

1.Introduction

Le présent rapport est présenté conformément à l’article 12 de la décision nº 1622/2006/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 2006 instituant une action communautaire en faveur de la manifestation «Capitale européenne de la culture» pour les années 2007 à 2019 1 (ci-après la «décision»), qui dispose que, chaque année, la Commission assure une évaluation externe et indépendante des résultats atteints par la manifestation «Capitale européenne de la culture» de l’année précédente 2 et présente un rapport sur cette évaluation aux institutions et organes de l’Union européenne pertinents.

Les conclusions et la méthode de l’évaluation ex post sont présentées de façon plus approfondie dans le document de travail des services de la Commission qui accompagne ce rapport.

2.Contexte

2.1.Action de l’UE en faveur de la manifestation «Capitale européenne de la culture» (CEC)

Depuis le lancement – au niveau intergouvernemental – de la manifestation «Ville européenne de la culture» en 1985 3 , cette action est devenue une action de l’Union européenne à part entière en 1999 4 . Elle est actuellement régie par la décision nº 445/2014/UE 5 , mais les villes qui ont été désignées en tant que CEC pour la période allant jusqu’en 2019 sont régies par la décision nº 1622/2006/CE.

L’action CEC est conçue pour mettre en valeur la richesse, la diversité et les traits caractéristiques communs des cultures européennes, encourageant ainsi une plus grande compréhension mutuelle entre les citoyens européens. Elle vise également à stimuler un développement des villes à long terme fondé sur la culture. Pour atteindre ces objectifs, l’action CEC vise à aider les villes hôtes à accroître l’éventail, la diversité et la dimension européenne de leur offre culturelle, à élargir la participation à la culture de leurs résidents, à renforcer les capacités de leur secteur culturel et à augmenter leur rayonnement international.

2.2.Sélection et suivi de la CEC 2019

Conformément à la décision, la Bulgarie et l’Italie étaient les deux États membres désignés pour accueillir une CEC en 2019.

Conformément à la décision nº 1622/2016/CE, la procédure de sélection commence au plus tard six ans avant l’année de la manifestation, les autorités pertinentes des États membres concernés (c’est-à-dire leurs ministères de la culture respectifs) publiant un appel à candidatures des villes intéressées dans leur pays. La sélection s’articule en deux phases: la présélection et la recommandation finale, respectivement cinq et quatre ans avant l’année de la manifestation. Un jury composé de treize membres, dont six désignés par l’État membre concerné et sept par les institutions et organes de l’Union européenne, examine les candidatures soumises par les villes en lice sur la base des objectifs et critères énoncés dans la décision.

En Italie, le ministère des biens et activités culturels et du tourisme a lancé cet appel en novembre 2012. À la date limite du 20 septembre 2013, il avait reçu un nombre record de 21 candidatures, ce qui illustre la grande popularité et la forte attractivité du titre de CEC dans le pays. Lors de la réunion de présélection en novembre 2013, le jury a recommandé au ministère de convier six villes à l’étape finale: Cagliari, Lecce, Matera, Pérouse, Ravenne et Sienne. Enfin, en octobre 2014, le jury a recommandé que Matera reçoive le titre de CEC 2019 en Italie 6 .

En Bulgarie, le ministère de la culture a publié l’appel en décembre 2012 et huit villes se sont portées candidates avant la date limite du 18 octobre 2013. Lors de la réunion de présélection en décembre 2013, quatre d’entre elles ont été présélectionnées: Plovdiv, Sofia, Varna et Veliko Tarnovo. En septembre 2014, le jury a recommandé que Plovdiv devienne la première ville de Bulgarie à obtenir le titre de CEC.

Le Conseil de l’Union européenne a officiellement désigné les villes de Matera et Plovdiv en tant que CEC 2019 en mai 2015 7 .

Par la suite, les deux villes ont été soumises aux modalités de suivi: sous l’égide de la Commission, ces modalités visaient la constitution d’un jury composé des sept experts indépendants désignés par les institutions et organes de l’Union européenne pour vérifier les progrès des villes, leur fournir des orientations en matière de mise en œuvre et garantir la conformité au programme et le respect des engagements sur la base desquels les villes ont été sélectionnées. Les représentants de Matera et de Plovdiv ont participé à deux réunions de suivi officielles, en octobre 2016 et en avril 2018. À l’issue du processus de suivi, le jury a formulé, à l’intention de la Commission, une recommandation favorable concernant l’octroi, à chacune des deux villes, d’un prix de 1 500 000 EUR en l’honneur de Melina Mercouri. Le prix – financé au titre du programme «Europe créative» 8 – a été versé aux deux CEC à l’automne 2018.

2.3.Thèmes et accents des deux CEC 2019

Matera est une ville relativement petite de 60 000 habitants située dans la région de la Basilicate, dans le sud de l’Italie. C’est la capitale de la province de Matera et elle est connue sous le nom de «Città Sotteranea» (la ville souterraine). Aujourd’hui, Matera est connue dans le monde entier pour son centre historique, connu sous le nom de «I Sassi», désormais un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1993. Bien qu’elle ait connu des taux élevés de pauvreté et de mortalité infantile jusque dans les années 50, Matera est également un bon exemple de renaissance et de régénération urbaines, qui ont commencé dans les années 60 et ont fini par faire de la ville une capitale régionale des loisirs et de la culture et une destination pour les visiteurs régionaux.

La candidature de Matera à la CEC a mis en évidence l’importance du processus de rénovation culturelle, non seulement pour cette ville, mais également pour l’ensemble du sud de l’Italie, à une période caractérisée par un déclin économique et social. Son programme culturel s’intitulait «Open Future» et visait «à renforcer une citoyenneté large, ouverte et diversifiée; à renforcer les relations internationales et, surtout, à transformer Matera en la plus importante plateforme de la culture ouverte dans le sud de l’Europe».

Plovdiv est la deuxième plus grande ville de Bulgarie et compte environ 347 000 habitants. C’est le centre culturel et d’affaires de la Bulgarie méridionale. Elle est unique par son histoire longue de 8 000 ans et est l’une des villes les plus anciennes et encore habitées au monde. Elle possède de nombreux vestiges de l’Antiquité et plus de 200 sites archéologiques ainsi qu’une scène culturelle très animée. Sur le plan économique, elle fait partie des villes de Bulgarie se développant le plus rapidement, active depuis longtemps dans les secteurs de l’industrie manufacturière, du commerce, des transports, des communications et du tourisme.

La ville se distingue également par sa population multiethnique, en ce qu’elle compte parmi sa population des Bulgares, des Turcs, des Grecs, des Arméniens, des Juifs et des Roms. Cet aspect du contexte de la ville est devenu un élément fondamental de la candidature à la CEC et du programme général, et c’est là que se sont concentrés certains des thèmes et projets principaux. La diversité de Plovdiv se reflète également dans sa devise de la CEC «Ensemble», inspirée par la coexistence de différentes minorités ethniques, groupes sociaux et communautés religieuses.

3.Évaluation

3.1.Modalités de l’évaluation

Sur la base de l’étude de soutien externe et indépendante mentionnée dans l’introduction (voir note de bas de page 2), l’évaluation examine la mise en œuvre des deux actions CEC 2019 tout au long de leur cycle de vie, depuis leur phase de conception initiale jusqu’à leur durabilité et à leur héritage.

Plus précisément, elle évalue la pertinence, l’efficacité et l’efficience des deux CEC 2019. Elle examine également la valeur ajoutée européenne ainsi que la cohérence et la complémentarité de l’action CEC en 2019 avec d’autres initiatives de l’Union européenne. Enfin, elle tire des conclusions des deux expériences.

3.2.Méthode et limites de l’approche retenue

L’évaluation et sa méthode sont conçues pour répondre aux exigences de la décision et contribuer à une compréhension plus approfondie des résultats et réalisations de l’action CEC. En particulier, elles constituent une occasion précieuse de revenir, de façon critique, sur l’année écoulée dans le but de mettre en évidence les enseignements et recommandations utiles pour refaçonner la sagesse et les connaissances actuelles sur la base de l’expérience des deux villes d’accueil.

Comme pour tous les exercices d’évaluation précédents, la logique d’intervention repose sur une hiérarchie d’objectifs correspondant à la décision.

Afin que les résultats soient comparables, la méthode de cette évaluation a suivi l’approche de la collecte et de l’analyse des données probantes, adoptées lors de toutes les évaluations précédentes de l’action CEC. Toutefois, en raison de la pandémie de COVID-19 au premier semestre 2020, la méthode a dû être légèrement révisée, étant donné que les visites initialement prévues dans les deux villes n’ont pas pu avoir lieu et que les entretiens en face-à-face ont été remplacés par des entrevues à distance et des réunions en ligne avec les parties intéressées.

L’évaluation était fondée sur deux types de données et leurs sources respectives:

-les données primaires incluaient des données fournies par chaque CEC, comme des entretiens et des questionnaires en ligne; les entretiens, en particulier, visaient à obtenir un large éventail d’éclairages sur chaque CEC, y compris ceux des équipes de gestion, des décideurs, ainsi que des opérateurs culturels majeurs, une série de partenaires associés à la réalisation du programme et un échantillon d’organisations qui dirigent les projets concernés ou qui y participent;

-parmi les sources de données secondaires figuraient des documents stratégiques et législatifs de l’Union, des recherches académiques sur les CEC et le rôle de la culture dans le développement des villes, les deux candidatures initiales à la CEC 2019, des rapports internes liés aux processus de candidature, des rapports de suivi et d’évaluation, des études et des rapports annuels produits ou commandés par les CEC, des programmes d’activité, du matériel promotionnel et des sites internet, ainsi que les données statistiques essentielles recueillies par les deux villes sur les budgets et dépenses, les nombres et types de projets, les taux de participation et les chiffres, réalisations et résultats relatifs au public;

-l’évaluation n’inclut pas une consultation publique plus large. Comme expliqué dans la feuille de route connexe 9 , l’action est considérée comme étant locale, et la participation internationale est éparpillée au sein et hors de l’Europe et difficile à obtenir.

Comme pour toutes les évaluations ex post des CEC précédentes 10 , la Commission maintient que la méthode retenue est à même de fournir une base raisonnablement solide pour pouvoir déduire des conclusions sensées des résultats de l’action CEC.

Toutefois, comme il a déjà été souligné dans tous les rapports des années précédentes, le manque de données de référence à intégrer dans une étude comparative de la ville avant l’acquisition du titre, au début de l’année de la manifestation et après la mise en œuvre de l’année CEC, continue de constituer une limitation. Ces données sont primordiales pour obtenir une vision équilibrée, soutenue par une base de données significative et vaste, de l’incidence réelle de l’action CEC sur une ville.

Toutefois, le budget affecté aux travaux d’évaluation (environ 70 000 EUR par an), proportionné au niveau modeste des fonds octroyés directement par l’Union à chaque ville accueillant la manifestation CEC (Prix Melina Mercouri de 1 500 000 EUR), ne permet pas d’avoir une étude fournissant une image «avant» (étude de référence) et «après» (évaluation ex post). Une conséquence supplémentaire de ce budget modeste réside dans le fait que la collecte de données probantes d’ordre primaire tend à être de nature plus qualitative que quantitative; alors que les données qualitatives conservent une grande importance dans l’évaluation, le manque de diversité des sources des données se traduit par une moindre fiabilité, par exemple, dans le processus consistant à démontrer les résultats et incidences objectifs de la CEC sur l’élargissement de la participation à la culture.

Par conséquent, le rapport et ses conclusions sont étayés par une large base de données qualitatives (par exemple, les points de vue de divers types de parties prenantes) plus que par un ensemble complet de données quantitatives.

La Commission ne peut que rappeler dans le présent rapport ce qu’elle a exprimé à plusieurs reprises dans les rapports annuels précédents sur les évaluations ex post des CEC depuis 2007, à savoir qu’elle est pleinement consciente de – et accepte – ces limitations, qui avaient été clairement signalées et communiquées dans le document de travail des services de la Commission accompagnant la proposition de nouvelle décision du Parlement européen et du Conseil instituant une action de l’Union en faveur des CEC pour les années 2020 à 2033 et abrogeant la décision nº 1622/2006/CE 11 .

Comme mentionné dans ses rapports précédents, en ce qui concerne cette difficulté, cette proposition et la décision finalement adoptée par le Parlement européen et le Conseil 12 prévoient que les villes désignées – qui sont les bailleurs de fonds et bénéficiaires principaux de l’action CEC et les mieux placées pour obtenir des données de référence et collecter des données primaires sur l’incidence du titre – deviennent elles-mêmes les principaux agents de mise en œuvre du processus d’évaluation. Afin d’aider les villes dans cet exercice, la Commission a publié des lignes directrices 13 , lesquelles soulignent l’importance de procéder à des évaluations longitudinales et la nécessité d’utiliser des données de référence afin de mesurer l’incidence.

Cette nouvelle obligation, qui ne s’appliquera qu’à partir des titres 2020, impose aux villes CEC – et non à la Commission – de réaliser une évaluation ex post des manifestations organisées pendant l’année. Outre ces évaluations réalisées directement par les lauréats, la Commission réalisera toutefois également une évaluation globale couvrant plusieurs années de manifestations CEC, permettant de mieux mesurer les retombées à long terme de l’action CEC, comme indiqué dans la décision nº 445/2014/UE.

Il convient également de souligner que les résultats des activités de recherche locales commandées par Plovdiv et Matera ont, chaque fois que possible, alimenté l’évaluation de la Commission.

En conclusion, malgré l’insuffisance de données quantitatives et d’autres éléments de preuve indépendants, la Commission constate une solidité suffisante des données collectées pour soutenir l’évaluation et partage son évaluation et ses estimations globales, qui sont considérées comme fournissant une image généralement exacte et éclairée de la CEC 2019.

4.Principales constatations

4.1.Pertinence

Conformément aux constatations de l’évaluation, les objectifs des deux CEC 2019 étaient pertinents au regard des objectifs de l’action CEC, tels qu’établis dans la décision nº 1622/2006/CE.

Les programmes de Matera 2019 et Plovdiv 2019 promouvaient la diversité culturelle et une meilleure compréhension entre les citoyens européens, en particulier du point de vue de la procédure, mais également du contenu.

À Matera, cette promotion a été réalisée moyennant la participation de près de 200 artistes internationaux, la mise en œuvre de plus de 1 000 programmes de mobilité internationale, la mise en place de résidences artistiques, l’intégration de manifestations internationales dans le programme, etc. Le programme a également atteint ses objectifs initiaux, tels qu’ils ont été exprimés dans la candidature initiale, en modifiant radicalement l’approche de Matera à l’égard de la culture et son rôle sur la scène culturelle nationale et européenne et (du moins en partie) en encourageant un processus de rénovation culturelle grâce à la participation active des opérateurs culturels locaux et des citoyens (voir 4.3).

En ce qui concerne Plovdiv, plus de 130 partenariats avec des organisations créatives d’Europe ont été établis et 80 manifestations ont eu une dimension transfrontière en 2019, soit quatre fois plus que le nombre d’événements de ce type au cours de l’année de référence 2017. Plovdiv a atteint ses objectifs consistant à diversifier considérablement son offre culturelle grâce à une présence bien plus importante d’artistes européens et internationaux, à renforcer les capacités culturelles (voir 4.3) et, dans une moindre mesure, malgré quelques résultats encourageants, à mieux inclure la communauté rom (une proportion importante de la population de Plovdiv) dans la vie culturelle de la ville (voir le document de travail des services de la Commission qui accompagne ce rapport).

4.2.Efficacité

Dans l’ensemble, les données disponibles suggèrent que la CEC reste une action efficace de l’Union européenne qui fournit de bons niveaux de rendement au niveau de l’Union pour un investissement relativement modeste de cette dernière: l’octroi du titre lui-même a un effet de levier important sur le montant du financement que les villes d’accueil consacrent à la conception et à la mise en œuvre du programme culturel CEC, et constitue un important générateur d’intérêt et de financement de la part d’un large éventail de parties prenantes, dont les autorités locales, régionales et nationales et – dans une moindre mesure pour les villes d’accueil de 2019 – les contributeurs privés. En outre, la valeur absolue du Prix Melina Mercouri, à savoir la seule contribution financière directe que les villes d’accueil reçoivent de l’Union européenne, est modeste (1 500 000 EUR par CEC) par rapport aux coûts globaux d’une CEC: les dépenses opérationnelles de la CEC 2019 se sont élevées à environ 54 800 000 EUR pour Matera et à 10 000 000 EUR pour Plovdiv.

Au niveau de la ville, l’évaluation conclut que Matera et Plovdiv ont toutes deux rencontré des difficultés relatives aux modalités de gestion lors de la période de préparation. Fait positif, il y a eu une nette distinction des rôles et responsabilités au sein des équipes des deux fondations chargées de la mise en œuvre du projet CEC, ce qui a permis d’assurer la bonne exécution des programmes CEC au cours de l’année de la manifestation une fois les difficultés initiales surmontées. Matera a mobilisé des fonds suffisants pour mettre en œuvre un important programme culturel conformément à ses prévisions initiales (54 800 000 EUR contre 52 300 000 EUR dans sa candidature). La situation était plus difficile à Plovdiv, où le budget global (couvrant le fonctionnement et les infrastructures) était inférieur à celui proposé dans la candidature, en raison notamment de contributions du secteur privé et de la ville inférieures aux prévisions, mais le budget était néanmoins suffisant pour mener à bien un programme ambitieux qui a eu des effets positifs sur le tourisme et la croissance économique de la ville (voir ci-dessous).

4.3.Efficience

L’évaluation conclut que les deux CEC 2019 ont apporté une contribution importante à la réalisation des objectifs de la décision.

Elles ont toutes deux présenté des actions culturelles plus vastes, diverses, innovantes et internationales par rapport à l’offre culturelle des années précédentes

et permis d’élargir l’accès et la participation à la culture. À Matera, l’objectif initial, qui était de s’assurer qu’une grande partie des nombreux événements organisés en 2019 soient réalisés avec les citoyens de Matera, a été atteint. Le public général est estimé à 500 000 personnes. Plus important encore, environ 60 000 citoyens ont été associés au processus de cocréation et au programme de renforcement des capacités mis en place par la Fondation. À Plovdiv, la promotion de l’accès et de la participation aux événements culturels a également constitué un élément fort du projet CEC, et le programme culturel a réussi à attirer 1 528 432 personnes, y compris des jeunes issus de quartiers défavorisés et des personnes âgées venant de plus petites villes et villages de la région plus large de Plovdiv.

Les deux CEC ont contribué à renforcer les capacités culturelles de leurs secteurs de la culture et de la création, au moyen d’une infrastructure culturelle améliorée (cartographie d’environ 400 lieux et espaces pouvant être utilisés pour des manifestations culturelles à Matera) ou de programmes spécifiques de renforcement des capacités (4 900 participants à la plateforme éducative pluriannuelle gérée par la Fondation Plovdiv 2019).

En outre, la CEC a rehaussé le profil international des deux villes. À Plovdiv, environ 9 % des personnes assistant aux événements liés à la CEC étaient des visiteurs internationaux. Matera 2019 et son programme culturel ont fait l’objet de près de 58 000 articles dans des journaux et revues nationaux et internationaux et d’environ 1 300 reportages à la radio et à la télévision.

Des répercussions positives sont attendues en ce qui concerne l’héritage laissé par la CEC dans les deux villes, étant donné que des efforts considérables ont été déployés pour maintenir la dynamique après 2019, bien que les plans aient été fortement mis à mal par la pandémie de COVID-19 au début de 2020.

4.4.Cohérence

L’action CEC est cohérente et complémentaire par rapport au programme «Europe créative» de l’Union, en ce sens qu’elle contribue à atteindre les objectifs d’«Europe créative» et se distingue des autres activités soutenues par le programme. Par exemple, Plovdiv faisait partie d’un projet de renforcement des capacités financé au titre de l’initiative «Europe créative», l’Académie européenne des arts extérieurs – École du spectacle, visant à donner aux professionnels de la création une meilleure compréhension des possibilités en matière de célébrations artistiques extérieures. L’action CEC est également cohérente et complémentaire par rapport aux Fonds européens de cohésion. À titre d’illustration, en coopération avec Leeuwarden (CEC 2018), Aarhus (CEC 2017) et d’autres partenaires européens, Matera a mis en œuvre le projet Interreg «Night Light», visant à rassembler les leçons et pratiques clés tirées de plusieurs contextes européens en matière de réduction de la pollution par l’éclairage.

4.5.Valeur ajoutée de l’UE

Comme déjà mentionné et illustré ci-dessus, l’action CEC a eu une incidence qui n’aurait pas été atteinte par les actions des États membres seuls.

Les données relatives aux deux villes font apparaître que la manifestation CEC transmet à ses lauréates l’élan nécessaire à la mise en œuvre de programmes culturels plus étendus qu’ils ne l’auraient été en l’absence de la manifestation (1 300 événements et projets mis en œuvre à Matera en 2019, dont 80 % consistaient en des créations originales; 513 événements culturels à Plovdiv, dont certains étaient des productions ambitieuses qui ont été saluées par le public et la critique). Ce titre les aide également à attirer des ressources du secteur public (mais dans une moindre mesure du secteur privé) (voir 4.2) et à augmenter leur rayonnement international (voir 4.3). La Commission européenne joue un rôle essentiel dans la promotion de l’action CEC au moyen de publications, d’événements et du site web Europa, quoiqu’avec des ressources relativement limitées. Ces activités soutiennent les activités promotionnelles propres des CEC.

5.Conclusion

Sur la base de l’évaluation, la Commission conclut que l’action CEC reste pertinente au niveau de l’Union ainsi qu’un atout précieux pour les villes d’accueil, et qu’elle génère des programmes culturels très étendus qui ont des résultats et des retombées positifs, lesquels ne peuvent, toutefois, pas encore être appréciés de manière exhaustive au stade actuel de l’évaluation étant donné le peu de temps écoulé depuis la fin de l’année CEC. La Commission entend évaluer ces résultats et ces retombées de manière plus large à un stade ultérieur, dans le cadre de l’évaluation à long terme qu’elle mènera conformément à l’article 16 de la décision nº 445/2014/UE.

La Commission conclut également que les programmes mis en œuvre par les deux lauréates de 2019 ont été conformes aux objectifs de l’action CEC. Ils ont reflété la dimension européenne de celle-ci, en particulier par les liens établis à l’échelle européenne et internationale. En outre, ils ont suscité la participation des habitants et des parties prenantes au niveau local et élargi l’accès et la participation à la culture. Ils ont également permis de renforcer les capacités culturelles des secteurs de la culture et de la création locaux.

Ces constatations confirment celles qui sont ressorties de toutes les précédentes évaluations CEC, à savoir que les villes lauréates exécutent des programmes culturels qui sont plus larges et innovants que leur offre culturelle annuelle habituelle, avec une forte dimension européenne et impliquant les citoyens locaux et les visiteurs internationaux, conformément aux objectifs du traité et de l’action CEC.

Après douze années d’évaluations ex post annuelles similaires couvrant les titres CEC de 2007 à 2019, l’évaluateur a produit un nombre très limité de recommandations (c’est-à-dire seulement cinq). Seules trois d’entre elles sont adressées à la Commission. L’évaluateur recommande à la Commission d’envisager de mettre davantage l’accent sur la durabilité de l’action et, en particulier, sur le renforcement des capacités des opérateurs culturels à cet égard. La durabilité est une préoccupation permanente, qui est dans une large mesure déjà reflétée dans la décision nº 445/2014/UE. Cette dernière oblige les villes candidates à mettre en place, au moment de leur candidature, une stratégie culturelle couvrant leur projet CEC et comprenant des plans pour maintenir les activités culturelles après l’année de la manifestation. Les plans des villes candidates visant à renforcer les capacités de leurs secteurs de la culture et de la création constituent également un critère pour l’attribution du titre de CEC.

Conformément à une autre recommandation de l’évaluateur, la Commission, avec l’aide du jury d’experts CEC, a déjà produit un ensemble clair et harmonisé d’indicateurs de performance clés minimaux que les villes lauréates peuvent utiliser pour rendre compte de leurs performances. Les orientations sont mentionnées dans le questionnaire que les villes candidates doivent remplir lors de l’appel d’offres pour le titre.

Conformément à la troisième recommandation adressée par l’évaluateur à la Commission, cette dernière continuera d’inviter les villes lauréates à participer à l’élaboration d’une campagne de communication internationale commune visant à obtenir des gains d'efficacité.

Enfin, comme l’a suggéré l’évaluateur en relation avec les autorités nationales, la Commission inclura, dans les orientations détaillées qu’elle fournit à ces autorités pour les aider à gérer leurs candidatures respectives, une invitation à envisager des actions visant à faciliter la coordination avec les parties prenantes et les autorités à l’échelle locale, régionale et nationale et à envisager de prévoir des possibilités pour les villes candidates actuelles ou potentielles d’échanger des expériences en matière de mobilisation de ressources financières et de parrainages privés pour leur CEC.

(1)

JO L 304 du 3.11.2006, p. 1.

(2)

Le texte intégral de l’évaluation est disponible à l’adresse suivante: https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/e501d588-3a96-11eb-b27b-01aa75ed71a1 .

(3)

Résolution des ministres responsables des affaires culturelles, réunis au sein du Conseil, du 13 juin 1985 relative à l’organisation annuelle de la «Ville européenne de la culture» (85/C 153/02).

(4)

Décision nº 1419/1999/CE du Parlement européen et du Conseil, du 25 mai 1999, instituant une action communautaire en faveur de la manifestation «Capitale européenne de la culture» pour les années 2005 à 2019 (JO L 166 du 1.7.1999, p. 1). Cette décision a été modifiée par la décision nº 649/2005/CE du Parlement européen et du Conseil (JO L 117 du 4.5.2005).

(5)

Décision nº 445/2014/UE du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 instituant une action de l’Union en faveur des capitales européennes de la culture pour les années 2020 à 2033 (JO L 132 du 3.5.2014).

(6)

Tous les rapports du jury relatifs à la présélection, à la sélection et au suivi sont disponibles à l’adresse suivante: https://ec.europa.eu/culture/matera-and-plovdiv

(7)

Décision (UE) 2015/809 du Conseil du 19 mai 2015 désignant les «Capitales européennes de la culture 2019», en Bulgarie et en Italie, disponible à l’adresse: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32015D0809

(8)

Règlement (UE) nº 1295/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 établissant le programme «Europe créative» (2014 à 2020) et abrogeant les décisions nº 1718/2006/CE, nº 1855/2006/CE et nº 1041/2009/CE (JO L 347 du 20.12.2013).

(9)

Voir: https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/initiatives/ares-2019-3143701_fr .

(10)

Il s’agit de la 12e évaluation ex post annuelle en autant d’années.

(11)

Voir SWD(2012)226 final, point 2.4.4.

(12)

Décision nº 445/2014/UE du Parlement européen et du Conseil, voir note de bas de page nº 5.

(13)

Voir: https://ec.europa.eu/culture/sites/default/files/2021-04/ecoc-guidelines-for-cities-own-evaluations-2020-2033.pdf

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