COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 8.11.2021
COM(2021) 675 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL ET AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN
sur l'application et la mise en œuvre du règlement (UE) 2018/644 relatif aux services
de livraison transfrontière de colis
1 Introduction
La demande en services de livraison de colis , tant nationale que transfrontière, a considérablement augmenté ces dernières années. Les possibilités d’achat en ligne sans frontières ont entraîné une augmentation du commerce électronique transfrontière et ouvert la voie à une croissance dynamique des services de livraison de colis. Comme le montre le dernier rapport du groupe des régulateurs européens dans le domaine des services postaux (ci-après «GREP»), le volume de colis au cours de la période de référence 2018-2019 a augmenté de 9,1 %, soit de plus de 500 millions d’unités de colis . La pandémie de COVID-19 a donné un coup d’accélérateur supplémentaire à cette évolution. Confinés chez eux, les clients ont eu accès à une variété importante de produits et les opérateurs de livraison ont pu poursuivre leurs activités malgré les restrictions imposées pendant la pandémie, notamment dans les secteurs du transport et du fret. Les consommateurs aspirent aujourd’hui à accéder à un large choix de services de livraison de colis, à des offres compétitives de ces services, en termes tant de qualité que de niveau de tarifs, et à la transparence des tarifs nationaux et transfrontières des services de livraison de colis. Par ailleurs, les consommateurs considèrent de plus en plus l’aspect qualitatif, tels des points de livraison flexibles et des délais de livraison courts, comme une caractéristique importante de la livraison transfrontière de colis.
Le règlement (UE) 2018/644 relatif aux services de livraison transfrontière de colis (ci-après le «règlement») a été adopté en 2018 dans le cadre de la stratégie pour un marché unique numérique de l’Union dans le but de répondre à l’inquiétude soulevée par le fait que le niveau relativement élevé des tarifs applicables aux services de livraison transfrontière de colis, le manque de transparence et de surveillance réglementaire de ces services et des tarifs connexes constitue un obstacle à la fourniture transfrontière de services de livraison de colis et au fonctionnement du marché intérieur.
Le règlement s’appuie sur les règles de la directive 97/67/CE (ci-après la «directive sur les services postaux») et les complète en ce qui concerne les services de distribution transfrontière de colis. En même temps que le présent rapport, la Commission a adopté un rapport concernant l’application de la directive sur les services postaux qui s’appuie sur l’évaluation de la directive et identifie les domaines dans lesquels le cadre des services postaux pourrait devoir être adapté à l’évolution du marché et des technologies, ainsi qu’aux besoins changeants des utilisateurs .
Le règlement impose aux opérateurs de déclarer leurs tarifs pour certains services de livraison nationale et transfrontière. Il prévoit également une procédure imposant aux autorités réglementaires nationales d’identifier les tarifs de livraison transfrontière de colis individuels qui sont déraisonnablement élevés. Le règlement accorde également à toutes les autorités réglementaires des pouvoirs appropriés pour surveiller les services de livraison de colis. Enfin, il confirme le droit des consommateurs à être informés des options de livraison transfrontière, des frais payables par le consommateur pour la livraison transfrontière de colis, ainsi que des politiques en matière de traitement des plaintes des professionnels, conformément à la directive sur les droits des consommateurs .
Conformément à l’article 11 du règlement, la Commission est tenue de présenter un rapport d’évaluation sur l’application et la mise en œuvre du règlement et d’évaluer, en particulier, la contribution du règlement à l’amélioration des services de livraison transfrontière de colis, y compris leur caractère abordable pour les PME et les particuliers, et ses incidences sur le volume des livraisons transfrontières de colis et sur le commerce électronique. Elle est également invitée à examiner la mesure dans laquelle les autorités réglementaires nationales ont rencontré des difficultés dans l’application du règlement et les avancées réalisées dans d’autres initiatives visant l’achèvement du marché unique des services de livraison de colis.
Le présent rapport met en lumière les principales réalisations et les principales difficultés rencontrées à ce jour en matière d’application et de mise en œuvre et il indique, en particulier, que toutes les autorités réglementaires nationales ont acquis des connaissances importantes concernant les opérateurs de livraison de colis actifs sur le marché des services de livraison de colis, notamment concernant les nouveaux modèles commerciaux.
2. Méthode et champ d’application
Le présent rapport couvre les deux premières années d’application du règlement. Il s’appuie sur les contributions du GREP . Les tarifs utilisés dans le rapport ont été communiqués par les autorités réglementaires nationales chaque année entre 2019 et 2021. La Commission a également mené une consultation ciblée adressée aux opérateurs de service de livraison, aux consommateurs, aux détaillants et aux partenaires sociaux réunis au sein du comité du dialogue social européen pour le secteur postal.
Le règlement impose aux autorités réglementaires nationales l’obligation de collecter des informations spécifiques, notamment concernant les tarifs, auprès des prestataires de services de livraison de colis. Les tarifs entrant dans le champ d’application du règlement sont les tarifs nationaux et transfrontières intra-UE publiés pour quinze services de livraison de colis couramment utilisés, tels qu’ils sont énoncés en annexe du règlement. Ces tarifs concernent exclusivement les envois unitaires, sans réduction. Ils s’appliquent donc principalement aux services de livraison de colis achetés par des consommateurs individuels ou de très petits détaillants pratiquant le commerce électronique qui n’ont pas négocié de tarifs avec les opérateurs. Les expéditeurs de plus grande envergure, en particulier les détaillants pratiquant le commerce électronique ou les plateformes de commerce électronique, bénéficient en général de tarifs réduits négociés, en raison principalement des volumes élevés, mais aussi parce que les expéditeurs effectuent certaines activités de tri préalable et de transport. Les tarifs publiés ne s’appliquent donc qu’à une très petite fraction du marché global des services de livraison de colis, n’excédant parfois pas 6 % du volume global de colis .
Les expéditeurs individuels de colis unitaires sont pourtant particulièrement sensibles aux tarifs, qui devraient rester abordables pour eux. Ce constat a été confirmé par les consommateurs qui ont répondu à la consultation ciblée. Les très petits détaillants en ligne, qui sont les plus susceptibles de recourir à un service de livraison de colis à tarif unitaire, recherchent souvent les options de livraison les moins chères lorsqu’ils développent leurs activités de commerce électronique. Une transparence accrue des tarifs ne peut donc leur être que profitable. Les tarifs transparents pour les articles unitaires servent également de point de référence pour les grands détaillants en ligne lors de la négociation de tarifs réduits avec les prestataires de services de livraison.
3 Vue d’ensemble du marché des livraisons de colis dans l’UE
Le marché des services de livraison transfrontière de colis est ouvert à la concurrence depuis les années 1990, les différents prestataires offrant des services et des prix différents en fonction du poids, de la taille et de la destination, ainsi que de caractéristiques à valeur ajoutée telles que la traçabilité ou les options de délai d’acheminement.
Le marché de la livraison de colis peut être segmenté en trois sous-marchés: «entreprise à entreprise» (B2B), «entreprise à consommateur» (B2C) et «consommateur à toute autre partie» (C2X). Parmi ceux-ci, le segment C2X ne constitue qu’une petite fraction du marché: à titre d’exemple, le segment C2X, qui couvre les colis envoyés au tarif unitaire, représente ainsi moins de 7 % du marché total de la livraison de colis en Allemagne et moins de 3 % aux Pays-Bas .
Le potentiel de croissance du marché de la livraison de colis est étroitement lié à la croissance du marché du commerce de détail en ligne. Le total des ventes au détail sur internet en Europe a atteint 424 milliards d’euros en 2019, avec une croissance de 15 % par an depuis 2014. La livraison transfrontière représente près de 24 % du total des ventes en ligne en Europe . Le marché européen de la livraison de colis a dès lors connu une croissance considérable au cours des deux dernières années et a dépassé 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 . La technologie de suivi et localisation du courrier et des colis et un service de livraison plus sûr et plus fiable ont amélioré et renforcé la confiance des consommateurs.
La crise de la COVID-19 a considérablement accéléré le commerce électronique, qui était déjà en plein essor, et partant, les services de livraison de colis. À l’échelle mondiale, les volumes de colis ont crû en moyenne de 43 % au cours du deuxième trimestre de 2020, c’est-à-dire lors du confinement imposé dans le cadre de la COVID-19 . Cette tendance s’est poursuivie pendant le reste de l’année .
Le premier réexamen à court terme du règlement sur le blocage géographique , adopté le 30 novembre 2020, a conclu que certains professionnels du commerce en ligne se montrent toujours peu enclins à proposer des options de livraison transfrontière. Même si le règlement sur le blocage géographique n’oblige pas les professionnels à effectuer des livraisons transfrontières lorsque cela n’est pas prévu dans le contrat, le processus d’achat peut être entravé lors des dernières étapes, car ce n'est qu'alors que les consommateurs sont informés que le détaillant en ligne ne livre pas dans leur pays de résidence. Une enquête mystère mentionnée dans le rapport sur le blocage géographique, portant sur différents aspects des achats en ligne (sans se limiter à la livraison transfrontière de colis), a révélé que seule une tentative d’achat transfrontière sur trois aboutissait.
Ces problèmes risquent de contrarier les attentes des consommateurs qui souhaiteraient que les produits proposés en ligne soient accessibles dans l’ensemble du marché unique européen. Parallèlement, les commerçants en ligne se heurtent toujours à des obstacles administratifs (notamment des exigences en matière d’enregistrement à la TVA) et ne connaissent pas exactement les exigences en matière de protection des consommateurs qui s’appliquent aux ventes transfrontières . Ces problèmes dissuadent les professionnels de la vente en ligne de s’engager plus activement au-delà des frontières.
Les prestataires de services de livraison de colis actifs sur le marché comprennent des opérateurs postaux nationaux, des opérateurs internationaux de services express et de services logistiques, des opérateurs dont la présence est essentiellement nationale et des courtiers en colis (c’est-à-dire des intermédiaires entre les clients et les opérateurs qui regroupent les demandes de clients en matière de services de livraison de colis). Si, dans leurs pays respectifs, les opérateurs postaux nationaux du service universel détiennent généralement des parts très élevées sur le marché des lettres , ils n’avaient qu’une part moyenne du marché des colis s’élevant à environ 33 % en volume et 27 % en chiffre d’affaires sur la période 2015 à 2019. Les opérateurs internationaux de services express et de services logistiques sont les acteurs les plus importants dans les divers segments du marché, ces derniers ayant également vu des plateformes internationales de vente en ligne faire leur apparition sur le marché de la livraison de colis dans certains États membres (Allemagne, Espagne, France, Italie et Autriche). Outre les opérateurs historiques qui ont une empreinte nationale, un nombre croissant d’acteurs actifs dans ce secteur ont donc une structure logistique multinationale/internationale.
Le marché de la livraison de colis se caractérise par une évolution constante de l’innovation et de la numérisation. La technologie a contribué à fournir des services de livraison de colis de meilleure qualité, à moindres coûts et à fiabilité plus élevée. Des opérateurs ont investi dans l’amélioration de leurs systèmes d’information, tant pour fournir à leurs clients de meilleures informations sur la livraison (par exemple, en utilisant des solutions innovantes pour le suivi des colis) que pour améliorer leur efficacité opérationnelle. De nombreux transporteurs se sont récemment dotés d’une flotte de vélos-cargos pour couvrir le dernier kilomètre de livraison et de véhicules électriques pour réduire l’empreinte écologique et ont augmenté le recours à des casiers à colis et multiplié les points de collecte afin de faciliter la vie des acheteurs en ligne.
4 Principaux résultats concernant l’application et la mise en œuvre du règlement
4.1 Surveillance réglementaire
Conformément aux exigences énoncées dans le règlement, les prestataires de services de livraison de colis (occupant plus de 50 employés ou établis dans plus d’un État membre) ont notifié à l’autorité réglementaire nationale de l’État où ils sont établis des informations clés sur leurs activités, notamment sur leur chiffre d’affaires, leurs volumes et les effectifs. Neuf des treize représentants syndicaux qui ont participé à la consultation ont toutefois estimé que cette notification n’avait pas amélioré la transparence quant au nombre de personnes employées par les opérateurs de livraison de colis, et onze ont indiqué que cela n’avait amélioré ni la communication ni la transparence en ce qui concerne le statut d’emploi des travailleurs dans le secteur de la livraison de colis. Selon le GREP, plusieurs autorités réglementaires nationales ont éprouvé des difficultés à collecter des données sur l’emploi et à assurer la granularité requise des informations à communiquer sur l’emploi. Toujours selon le GREP, 15 autorités réglementaires nationales ont décidé en 2020 de ne pas publier les données recueillies .
Les prestataires exerçant des activités transfrontières ont également communiqué leur liste publique de tarifs pour les quinze services de livraison de colis couramment utilisés. Ces obligations de notification ont conduit, de manière générale, à un processus de collecte d’informations et de données plus cohérent et plus détaillé dans les États membres, même si certaines disparités ont pu être constatées dans le niveau de précision des données transmises.
Une fois par an, les autorités réglementaires nationales soumettent à la Commission la liste publique des tarifs des quinze services de livraison de colis les plus utilisés. Dans la plupart des cas, le délai de soumission des tarifs a été respecté par toutes les autorités réglementaires. Les autorités réglementaires nationales étaient également tenues d’identifier et d’évaluer les tarifs considérés comme déraisonnablement élevés et de soumettre ces évaluations à la Commission. Cette évaluation ne porte toutefois que sur les tarifs des services soumis à une obligation de service universel. En effet, conformément à la directive sur les services postaux, seuls ces services doivent être orientés vers les coûts et abordables. Dans ses lignes directrices de 2018, la Commission recommande que lors de l’application d’un mécanisme de filtre d’évaluation préliminaire, c’est-à-dire un système de classement des tarifs transfrontières pour les quinze services de livraison de colis couramment utilisés dans le cadre de la procédure d’évaluation, les régulateurs nationaux examinent les 25 % des tarifs les plus élevés du classement. Le GREP a récemment recommandé à la Commission qu’à partir de l’exercice 2022, les autorités réglementaires nationales réduisent l’évaluation aux 20 % des tarifs les plus élevés.
En 2020, 20 rapports d’évaluation ont été soumis par les régulateurs nationaux à la Commission, ce qui équivaut au nombre soumis en 2019. Dans les six pays où des tarifs potentiellement élevés ont été observés en 2020, l’intervention des régulateurs nationaux a entraîné une baisse des prix dans deux États membres en 2021.
La Commission a publié les versions non confidentielles des rapports d’évaluation susmentionnés . Le 20 septembre 2018, la Commission a également adopté un règlement d’exécution établissant les formulaires à utiliser pour la soumission d’informations par les prestataires de services de livraison de colis. Le 12 décembre 2018, la Commission a, par ailleurs, publié des lignes directrices à l’intention des autorités réglementaires nationales sur la transparence et l’évaluation des tarifs de livraison transfrontière de colis. Ces deux actes visent à normaliser et à garantir la cohérence des rapports et des évaluations tarifaires, tout en réduisant la charge administrative qui pèse sur les autorités réglementaires nationales et sur les prestataires de services de livraison de colis.
Le règlement impose aux États membres l’obligation d’adopter des règles sur les sanctions à appliquer aux prestataires qui ne se conforment pas au règlement. Toutes les autorités réglementaires nationales disposent de pouvoirs de sanction qui leur sont conférés par la législation nationale. À ce jour, aucune des autorités réglementaires nationales n’a imposé de sanctions liées à des infractions présumées au règlement.
De manière générale, les prestataires de services de livraison de colis, les autorités réglementaires nationales et les États membres ont respecté les obligations prévues par le règlement. Dans certains cas, les autorités réglementaires nationales ont présenté tardivement à la Commission les rapports d’évaluation sur les tarifs. La Commission examinera la mesure dans laquelle ces retards se représenteront au cours des prochaines périodes de référence et en déterminera les raisons.
Conséquences et difficultés administratives pour les autorités réglementaires nationales
En ce qui concerne la collecte et la notification d’informations par les prestataires de services de livraison de colis, certains régulateurs ont fait état de problèmes mineurs, mais variés, rencontrés par les prestataires de services de livraison de colis concernant, par exemple, des interprétations divergentes de termes spécifiques (franchisés, sous-traitants) ou liés à certaines données (chiffre d’affaires, volumes, emploi). En 2020 cependant, les autorités réglementaires nationales ont été moins nombreuses qu’en 2019 à dénoncer de telles difficultés, ce qui peut suggérer l’existence d’une courbe d’apprentissage.
En ce qui concerne la collecte et la communication des tarifs par les prestataires de services de livraison de colis aux autorités réglementaires nationales et la transmission subséquente de ces informations par celles-ci à la Commission, les principales difficultés signalées sont liées à des problèmes techniques rencontrés avec l’application «Parcel» (un outil de collecte de données basé sur le web) qui est utilisée pour soumettre les tarifs. Ces problèmes ont été résolus. Quelques autorités réglementaires nationales ont reçu les tarifs des fournisseurs de services de livraison de colis avec un certain retard et ont donc éprouvé des difficultés à les vérifier et à respecter le délai de transmission de ceux-ci à la Commission.
Quant aux tarifs des quinze services de livraison de colis les plus utilisés, les problèmes de définition et les difficultés à trouver la bonne catégorie tarifaire s’expliquent souvent par le fait que le règlement se fonde sur la catégorisation par poids qui est utilisée par les prestataires du service universel désignés. D’autres prestataires de services de livraison de colis (souvent des prestataires de services express) ont plutôt tendance à baser leurs tarifs sur d'autres critères, tels que la dimension, plutôt que sur le poids. Certains prestataires ont donc éprouvé des difficultés à faire entrer leurs services dans l’une des quinze catégories. Compte tenu de ce qui précède, il est apparu difficile de procéder à une réelle comparaison des tarifs. Une certaine incohérence dans l’attribution des produits a également été constatée, certains prestataires reprenant les mêmes données de colis dans différentes catégories. Certains prestataires du service universel indiquent ne pas avoir de services de suivi et localisation des colis, à côté des colis standard non suivis du service universel.
Le nombre de prestataires de services de livraison de colis qui déclarent leurs tarifs à leur autorité réglementaire nationale varie fortement d’un État membre à l’autre, quelle que soit la taille de l’État membre. Le nombre de prestataires offrant des services de livraison nationale et transfrontière pour un colis de 1 kg avec suivi et localisation varie de 4 à 18 en fonction de l’État membre. Cela peut indiquer soit des degrés variables de concentration du marché dans l’UE, soit des difficultés dans le chef des régulateurs à faire respecter les obligations de déclaration par les opérateurs.
En ce qui concerne l’évaluation, par les autorités réglementaires nationales, des tarifs susceptibles d’être déraisonnablement élevés, les principales difficultés signalées par les autorités réglementaires étaient généralement liées à des problèmes de disponibilité et de comparabilité des données. L’expérience a montré que certains éléments à prendre en compte par les régulateurs dans l’évaluation, notamment les volumes entre l’État membre d’origine et l’État membre de livraison, les coûts spécifiques de transport et de manutention et les autres coûts pertinents ainsi que la qualité du service, étaient plus utilisés que d’autres (dont l’incidence probable sur les utilisateurs individuels et les petites et moyennes entreprises) dans la réalisation des évaluations tarifaires.
Le GREP a également évalué les conséquences administratives de l’application du règlement pour les autorités réglementaires nationales .
Au total, 108 heures de travail en moyenne ont été consacrées à la collecte et au traitement des informations requises par le règlement en 2020 contre 168 en 2019 (-35 %). Pour la collecte et la communication des informations concernant les tarifs, le nombre moyen d’heures de travail était de respectivement 95 en 2020 et 159 en 2019 (-40 %). Le nombre d’heures de travail varie toutefois de manière assez significative entre les autorités réglementaires nationales. S’agissant de l’évaluation des tarifs, celle-ci a requis en moyenne 135 heures de travail en 2020 contre 182 en 2019 (-26 %).
Les problèmes signalés ci-dessus semblent être principalement liés à la période initiale d’application et ne suggèrent pas l’existence de problèmes importants dans la collecte des données et la surveillance réglementaire. La Commission vérifiera si certains problèmes persistent et évaluera comment garantir une meilleure comparabilité des données, par exemple par la fourniture de conseils aux opérateurs et aux autorités réglementaires.
Les difficultés techniques liées à la transmission des données en vue de leur publication dans l’application web «Parcel» devront faire l’objet d’un suivi permanent.
4.2 Transparence des tarifs transfrontières
Afin d’accroître la transparence des tarifs transfrontières, la Commission a mis en place en 2019 un outil de transparence en ligne. Cet outil publie la liste publique des tarifs nationaux et transfrontières de quinze services de livraison de colis couramment utilisés pour les colis unitaires dans tous les États membres . Ces tarifs ne sont, en principe, pertinents que pour les consommateurs ou les très petits commerçants en ligne (micro-commerçants) qui ne bénéficient pas de tarifs réduits.
En 2021, la Commission a publié 40 440 tarifs appliqués par 281 prestataires de services de livraison de colis, contre 52 276 tarifs émanant de 386 prestataires de services de livraison de colis en 2019. La diminution du nombre de prestataires et de tarifs ne semble pas refléter une réelle tendance à la consolidation du marché. Elle serait plutôt le résultat de la réévaluation ou de la redéfinition, par les autorités réglementaires nationales, du champ de leurs obligations de déclaration après leur première expérience en 2019. En effet, dans certains États, des filiales opérant dans le même pays dupliquaient les données sur les prix.
Sur la base du nombre de visites, le niveau de connaissance de l’outil de transparence fondé sur le web apparaît plutôt faible. En moyenne, l’outil a été consulté 333 fois en 2019 et 814 fois en 2020. Certaines autorités réglementaires nationales se sont montrées plus proactives que d’autres dans la diffusion du lien vers l’outil, comme le montre le profil des utilisateurs, dont la plupart se trouvaient en Italie (40 %), en Hongrie (16 %), en Belgique (8 %) et en Croatie (7 %). La Commission et les régulateurs nationaux sont vivement encouragés à fournir des efforts pour promouvoir et améliorer la convivialité de cet outil de transparence.
Les répondants à la consultation ciblée de la Commission sur la livraison transfrontière de colis confirment que les détaillants en ligne et les consommateurs connaissent à peine son existence. Et lorsqu’ils en ont connaissance, les prestataires de services de livraison de colis soulignent que des informations plus pertinentes sont disponibles sur leurs propres sites web, ainsi que sur d’autres sites de comparaison des prix.
Les autorités réglementaires nationales soulignent un nombre supplémentaire de lacunes de l’outil de transparence en ligne de la Commission, ce qui soulève des questions quant à son efficacité dans son format actuel . À titre d’exemple, la base de données du site web n’est mise à jour qu’une fois par an, alors que les tarifs peuvent changer tout au long de l’année. Les autorités réglementaires nationales indiquent également qu’il n’est pas exclu que les tarifs ne représentent pas les services les plus courants utilisés par les particuliers et les détaillants en ligne. Certains prestataires de services de livraison de colis basent, par ailleurs, leurs tarifs sur la dimension d’un colis et non sur son poids (alors que ce dernier est l’un des critères de recherche utilisés sur l’outil web). Il existe en outre d’autres caractéristiques du produit dont les clients finaux ont besoin pour faire un choix éclairé, comme le délai de livraison ou les conditions d’assurance. Ces caractéristiques ne sont pas reprises dans le rapport.
Conformément au règlement, les tarifs disponibles sur le site web de la Commission s’entendent hors TVA. Or, un prestataire de services de livraison de colis qui n’est pas un prestataire du service universel est soumis à la TVA contrairement au prestataire du service universel qui en est exonéré. L’outil de comparaison complique dès lors la comparaison par les consommateurs du prix réel qu’ils paieraient pour un service de livraison de colis. Cela nuit à l’efficacité et à la convivialité de l’outil.
Un calculateur de prix plus dynamique, par exemple un calculateur fournissant régulièrement des tarifs actualisés ou permettant aux utilisateurs d’inclure davantage d’options dans leur recherche du service souhaité, pourrait constituer une meilleure alternative que l’outil web actuel de la Commission. Les autorités réglementaires nationales mettent toutefois en garde contre le fait qu’une telle approche risque de représenter une charge administrative importante tant pour les autorités réglementaires que pour les prestataires de services de livraison de colis. Elles soulignent par ailleurs que les prestataires commerciaux sont peut-être mieux placés pour fournir un tel service, qui est déjà disponible dans certains États membres.
Selon le règlement, l’outil web de la Commission doit être neutre et non commercial. Les réductions entre les détaillants en ligne et les opérateurs de livraison de colis sont le résultat de négociations entre les deux parties. Les inclure dans le site web de la Commission ne serait d’aucune utilité, car elles ne refléteraient pas les conditions spécifiques applicables à tous les détaillants en ligne. Ces réductions sont, en outre, des données commerciales sensibles et non publiques.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour évaluer pleinement le fonctionnement de l’outil de transparence en ligne de la Commission, il semble que les tarifs de la livraison transfrontière de colis individuels soient plus transparents aujourd’hui qu’avant l’adoption du règlement. Afin de remédier à la faible utilisation de l’outil de transparence, la Commission examinera quelles améliorations pourraient être apportées à l’outil web dans le but d’assurer une plus grande comparabilité entre les tarifs, notamment en ce qui concerne le traitement différent de la TVA. Elle veillera également à en améliorer la promotion auprès du grand public, notamment en démontrant la complémentarité de l’outil avec les autres outils de comparaison des prix actuellement disponibles.
Prix abordables pour les PME et les particuliers
Une transparence accrue des tarifs devrait contribuer à l’amélioration et au caractère abordable des services de livraison transfrontière de colis, en particulier pour les utilisateurs des services unitaires non négociés.
Une analyse tarifaire a été réalisée pour des colis normalisés de respectivement 1 kg et 2 kg avec suivi et localisation, ces catégories étant les plus populaires en ce qui concerne le nombre d’offres de prix sur l’outil de transparence . L’analyse porte sur l’évolution au cours des trois premières années de collecte des données. Elle fournit des éléments contrastants sur l’évolution et le niveau des tarifs des services offerts par les prestataires du service universel et les prestataires du service non universel .
Les tarifs moyens pour la livraison transfrontière de ces deux colis par les prestataires du service universel sont généralement restés globalement stables en termes nominaux au cours de la période 2019-2021, à l’exception de la Finlande, qui a connu une baisse importante des tarifs transfrontières, et de la Hongrie, qui a enregistré une hausse substantielle. Au cours de la même période, de nombreux États membres ont également enregistré d’importantes augmentations tarifaires pour la livraison nationale de ces mêmes colis, les augmentations excédant 12 % dans huit États membres.
Le rapport entre les tarifs transfrontières et les tarifs nationaux moyens pratiqués par les prestataires du service universel en 2021 va d’environ 2 (en Espagne, en France, à Malte, aux Pays-Bas et en Suède pour les deux types de colis) à plus ou moins 9 (en Roumanie pour le colis de 2 kg avec suivi et localisation). Cela indique qu’en moyenne, les tarifs transfrontières sont de deux à neuf fois plus élevés que les tarifs nationaux. Le rapport n’a pas énormément évolué au cours des trois années de référence.
Les tarifs transfrontières moyens des mêmes catégories de colis livrés par des prestataires de services non universels affichent une augmentation tarifaire plus forte en pourcentage sur la période 2019-2021. Dans de nombreux cas cependant, l’augmentation des tarifs nationaux est encore plus forte. Le rapport entre les tarifs transfrontières et les tarifs nationaux moyens pratiqués par les prestataires de services non universels en 2021 varie d’environ 2 (en Finlande, en France, en Italie, au Luxembourg et aux Pays-Bas pour le colis de 1 kg avec suivi et localisation) à environ 30 (Malte pour le colis de 2 kg avec suivi et localisation).
Les tarifs transfrontières moyens pratiqués par les prestataires de services non universels sont généralement plus élevés que ceux du service universel pratiqués par les prestataires du service universel. Une comparaison des tarifs pratiqués par les prestataires du service universel et les prestataires de services non universels en 2019 montre également que les tarifs du service universel pratiqués par les prestataires du service universel pour l’envoi transfrontière d’un colis de 1 kg avec suivi et localisation sont plus proches de la fourchette inférieure des tarifs pratiqués pour ce service que du tarif le plus élevé .
Le prix n’est toutefois pas l’unique facteur qui contribue à rendre la livraison d’un colis abordable (ou non) pour l’utilisateur final. La qualité des services, comme le délai de livraison ou le point de livraison, joue aussi un rôle important. Globalement, les niveaux de service se sont améliorés au cours des dernières années comme l’attestent, par exemple, l’amélioration de la rapidité de livraison, les systèmes numériques de suivi et de localisation informant le destinataire de l’endroit où se trouve le colis ou la disponibilité plus large de points de livraison alternatifs tels que les casiers à colis ou les magasins. Dans un contexte de prix stables ou en légère hausse, les services de livraison de colis font désormais preuve d’un niveau plus élevé de qualité ou intègrent des services de livraison gratuits.
En 2019, seul un petit nombre des États membres où les colis relevant du service universel étaient identifiés dans la fourchette supérieure des tarifs transfrontières ont conclu dans leur évaluation que ces tarifs étaient déraisonnablement élevés (quatre États membres) ou potentiellement déraisonnablement élevés (un État membre). Tenant compte d’un certain nombre d’éléments objectifs, tels que tout autre tarif pertinent pour un service de livraison de colis comparable, les volumes des flux commerciaux ou les coûts spécifiques de transport, de manutention ou tout autre coût pertinent, ces régulateurs ont conclu qu’il existait une différence significative entre les tarifs et leurs coûts sous-jacents. De manière générale, les tarifs identifiés comme étant déraisonnablement élevés en 2019 l’étaient aussi en 2020. Le règlement ne contient aucune disposition imposant aux régulateurs nationaux de prendre des mesures pour corriger cette situation.
La directive sur les services postaux ne prévoit qu’un cadre général pour l’évaluation du caractère abordable et de l’orientation vers les coûts des tarifs des services postaux universels. Selon le GREP , un certain nombre d’autorités réglementaires nationales confirment le caractère abordable de ces tarifs pour les consommateurs et les petites et moyennes entreprises. Ce constat s’explique notamment par le fait que d’autres prestataires de services de distribution offraient des services similaires à des prix inférieurs ou que les tarifs concernaient des produits qui n’étaient pas couramment utilisés.
En réponse à la consultation de la Commission, les parties prenantes ont exprimé des avis mitigés sur le caractère abordable des tarifs des services de livraison de colis. Selon les clients finaux et les associations de détaillants, au cours des deux dernières années, le caractère abordable des tarifs n’a pas changé. De leur côté, la majorité des prestataires de services de livraison de colis, y compris les prestataires du service universel, ont, par contre, un avis plus positif et estiment que le caractère abordable des services de livraison de colis s’est amélioré. L’évaluation globale des réponses à la consultation semble indiquer que les tarifs sont en général abordables.
La Commission continuera à surveiller les tarifs pratiqués par les prestataires de services postaux, ainsi que leur évolution et leur caractère abordable pour les utilisateurs en tenant également compte de l’évolution globale significative des volumes au cours des dernières années.
Incidence sur les niveaux de livraison transfrontière de colis et le commerce électronique, y compris les données sur les frais de livraison
Avec son champ d’application limité et ses objectifs ciblés, le règlement ne contient aucune disposition susceptible d’influer directement sur les niveaux de livraison transfrontière de colis dans un contexte de commerce électronique.
La transparence accrue des tarifs transfrontières pourrait faciliter l’installation de nouveaux petits détaillants en ligne et aider les petits détaillants traditionnels qui décident de vendre leurs produits en ligne, en leur permettant de déterminer les meilleures options de livraison parmi les quinze services de livraison de colis les plus utilisés. Ce dernier groupe comprend également les nombreux petits détaillants traditionnels qui ont été contraints de trouver des solutions alternatives pour vendre leurs produits dans le contexte de la pandémie de COVID-19, en particulier pendant les périodes de confinement.
En effet, en ce qui concerne les frais de livraison dans le contexte du commerce électronique, il convient d’établir une distinction entre les tarifs que les fournisseurs de services de livraison de colis appliquent aux détaillants en ligne et les montants que ces derniers facturent à leurs clients finaux pour la livraison. Alors que le règlement vise à rendre certains tarifs pratiqués par les prestataires de services de livraison de colis plus abordables pour les particuliers grâce à une transparence accrue, les tarifs négociés par le détaillant peuvent être sensiblement différents, étant donné que le montant payé en bout de course par le client final lors d’une transaction dépend en très grande partie de la stratégie commerciale du détaillant. Un détaillant en ligne peut, en effet, décider de proposer la gratuité des frais de port en absorbant les frais de livraison (en tout ou en partie) ou en intégrant les frais de livraison (en tout ou en partie) dans le prix du produit. Il peut en être de même pour d’autres coûts liés à la vente en ligne de produits, par exemple les coûts d’emballage. Il n’est donc pas possible d’extrapoler les frais de livraison réels en partant du prix total payé par le client final. Aussi est-il difficile d’évaluer si le règlement a un impact quelconque sur les frais de livraison que les clients finaux paient pour les produits qu’ils achètent en ligne. Il pourrait néanmoins être intéressant d’étudier comment sont fixés les tarifs des livraisons de colis dans un contexte de commerce électronique.
4.3 Information des consommateurs
Le règlement précise que pour les contrats entrant dans le champ d’application de la directive sur les droits des consommateurs , les professionnels doivent informer les consommateurs, dès le stade précontractuel, des options de livraison transfrontière s’offrant à eux, des frais leur incombant et de la politique de traitement des plaintes du professionnel. Le cadre réglementaire de l’UE sur les droits des consommateurs a été révisé récemment, ce qui a donné lieu aux nouvelles initiatives suivantes, qui concernent la livraison de colis:
·La directive concernant une meilleure application et une modernisation des règles de protection des consommateurs de l’UE exige que la place de marché en ligne mentionne explicitement la manière dont les obligations liées au contrat sont partagées entre le tiers qui propose les biens et le fournisseur de la place de marché en ligne (par exemple, en indiquant quel professionnel – le tiers ou la place de marché en ligne – est responsable de la livraison du colis et du traitement des articles retournés et à qui le consommateur peut s’adresser en cas de problème);
·La directive relative aux actions représentatives visant à protéger les intérêts collectifs des consommateurs permettra également aux entités qualifiées d’engager des actions collectives tant pour faire cesser les atteintes aux droits des consommateurs que pour obtenir réparation. Il convient de noter que, bien que le règlement 2018/644 ne soit pas mentionné dans les actes juridiques énoncés à l’annexe I de la directive (UE) 2020/1828 sur les actions représentatives, applicable depuis 2023, les États membres restent compétents pour étendre l’applicabilité des dispositions de la directive (UE) 2020/1828 à d’autres domaines que ceux qui sont repris à l’annexe I .
5 Avancées réalisées dans d’autres initiatives visant l’achèvement du marché unique des services de livraison de colis
Le règlement requiert une évaluation des avancées réalisées dans d’autres initiatives pertinentes concernant la livraison transfrontière de colis. La section ci-dessous met en évidence les évolutions récentes qui ont une incidence sur la livraison transfrontière de colis.
Numérisation et commerce électronique
La stratégie pour le marché unique numérique a pour ambition de mettre un terme aux obstacles injustifiés au commerce électronique transfrontière, d’améliorer les services de livraison transfrontière de colis, de protéger les droits des clients du commerce électronique et de promouvoir l’accès transfrontière aux contenus en ligne. Un nouveau cadre réglementaire sur le blocage géographique est entré en vigueur le 3 décembre 2018 .
Même si le règlement sur le blocage géographique susmentionné ne réglemente pas la livraison transfrontière de colis, il sert notamment à traiter et à combattre la discrimination entre consommateurs et entreprises fondée sur leur nationalité, leur lieu de résidence ou leur lieu d’établissement lors de l’achat de biens ou de services en ligne dans l’UE. Le 30 novembre 2020, la Commission a publié le premier rapport sur le règlement relatif au blocage géographique duquel il ressort que les consommateurs nourrissent souvent des attentes élevées concernant les livraisons transfrontières dans le marché intérieur qui sont souvent contrecarrées par le refus de livraison transfrontière ou l’absence de possibilités de livraison pour certains pays, notamment par les professionnels multinationaux. Le rapport a conclu que le processus d’achat est souvent arrêté dans sa phase finale parce que le commerçant ne livre pas dans le pays de l’acheteur. Ainsi, lors du récent exercice d’enquête mystère, lorsqu’une livraison transfrontière était demandée, seule une tentative d’achat transfrontière sur trois a pu aboutir . Cela tient essentiellement à la persistance des limitations de livraison dans les achats transfrontières. Ces limitations touchent encore plus de 50 % des tentatives d’achat, même auprès de professionnels multinationaux qui proposent des variantes nationales de leurs sites internet.
Pour ces raisons, la Commission a conclu, entre autres, qu’elle continuerait à surveiller l’évolution des éléments affectant l’engagement transfrontière actif des professionnels, notamment en ce qui concerne la livraison transfrontière et/ou la disponibilité de services de livraison innovants pour les consommateurs .
Élaboration de normes
La dernière demande de normalisation de la Commission a été adoptée en 2016 et a abouti en 2020. Plusieurs normes élaborées depuis lors visent à améliorer les opérations de livraison de colis:
·une norme permettant de mesurer les plaintes concernant les colis endommagés, retardés ou perdus. La norme met l’accent sur le commerce électronique en abordant la question des opérateurs multiples pour un envoi, ainsi que le rôle du destinataire par rapport à la personne qui a payé le service;
·normalisation des boîtes à colis dotées de fonctions numériques. Ces boîtes à colis à usage domestique améliorent la convivialité du commerce électronique;
·interfaces pour les colis transfrontières. Cet outil contribue au commerce électronique en spécifiant l’échange d’informations entre le commerçant en ligne et le premier opérateur logistique. Il concerne aussi bien l’étiquette physique que les échanges électroniques;
·normalisation des exigences relatives aux données électroniques préalables dans les opérations postales. Cet outil concerne les données qui sont envoyées avant l’arrivée effective du colis, indiquant la valeur, le matériel à risque, etc. Il favorise l’interopérabilité des opérations de livraison de colis.
Une nouvelle demande de normalisation de la Commission sur les services postaux est en cours de préparation.
Interconnect
30 opérateurs postaux, dont une majorité de prestataires du service universel de l’UE, participent au programme Interconnect, lancé par l’International Post Corporation (IPC), dans le but d’améliorer l’interopérabilité de la livraison transfrontière de colis. Les prestataires du service universel participants se sont engagés à recevoir et à distribuer les envois les uns des autres conformément à des normes convenues conjointement, ce qui leur permet d’accroître leurs volumes de livraison en ligne. Interconnect a enregistré des niveaux records de colis transfrontières suivis en 2020 . Cela s’explique en partie par l’essor du commerce électronique lié à la COVID, mais reflète en partie aussi la confiance croissante des postes et des commerçants en ligne. En 2018, IPC a également lancé une plateforme d’achats transfrontières («Dynamic Merchant Platform») qui permet aux commerçants en ligne, notamment aux PME, de proposer à leurs clients un large éventail de solutions de livraison postale (transfrontière) .
Union postale universelle
La croissance substantielle des colis en provenance de pays non membres de l’UE, en particulier de pays d’Asie du Sud-Est, a placé les opérateurs de l’UE devant un certain nombre de défis commerciaux et stratégiques importants. Les prestataires du service postal universel recevaient, en effet, du prestataire d’origine une rémunération («frais terminaux») beaucoup trop faible et sans rapport avec les frais d’affranchissement nationaux ou avec les coûts réels de distribution.
Cela a créé des distorsions du marché dans le secteur du commerce électronique, en permettant aux opérateurs de commerce électronique non européens de bénéficier de frais de livraison moins élevés. Les petits commerçants en ligne européens en ont été particulièrement affectés. En 2019, le système de rémunération établi à l’échelon mondial dans le cadre de l’Union postale universelle a été révisé, introduisant un taux de rémunération pouvant être décidé unilatéralement par l’opérateur de service universel destinataire et s’élevant à 70 % du tarif pour la livraison domestique d’un colis unitaire (les «taux autodéclarés»). Ceux-ci seront introduits progressivement d’ici 2025 (juillet 2020 pour les États-Unis).
L’exonération de TVA à l’importation applicable aux marchandises d’une valeur très faible, n’excédant pas 22 euros, a par ailleurs été supprimée au 1er juillet 2021. Le but de cette mesure était de remédier au problème de fraude lié au recours abusif à l’exonération de la TVA pour les marchandises acquises en dehors de l’UE, ce qui engendrait des distorsions du marché et créait une concurrence déloyale . Ces changements conduiront à la création de conditions plus équitables dont les prestataires de services de livraison de colis et les détaillants en ligne pourront bénéficier.
6 Conclusions
Dans sa forme actuelle, le règlement a un champ d’application limité et des objectifs clairement définis. En se concentrant sur la livraison de colis unitaires, il ne concerne pas les tarifs des livraisons en vrac dans un contexte de commerce électronique. Dans le cadre de son champ d’application et de ses limites, le règlement a globalement atteint ses principaux objectifs, à savoir accroître le niveau de transparence de certains tarifs pour les colis unitaires et renforcer la surveillance réglementaire de la partie du marché de la livraison de colis qui entre dans son champ d’application. Il est important de souligner que les nouvelles obligations de déclaration prévues par le règlement ont permis d’améliorer le déroulement de la collecte des informations et des données dans les États membres. Cela a contribué à renforcer les capacités de surveillance du marché des colis des autorités réglementaires nationales. De manière générale, les États membres, les autorités réglementaires nationales et les prestataires de services de livraison de colis ont rempli les obligations leur incombant au titre du règlement. Au cours de la période de référence, les autorités réglementaires nationales n’ont pas fait usage de leurs pouvoirs de sanction pour faire appliquer le règlement. À ce stade précoce, la Commission estime qu’il est trop tôt pour évaluer les effets directs et indirects de la mise en œuvre du règlement et envisager des modifications à cet égard. Il faudra également plus de temps pour pouvoir évaluer la façon dont le règlement interagit avec d’autres initiatives en cours qui pourraient traiter directement ou indirectement des questions relevant du règlement. Cette évaluation pourrait comprendre un examen de la façon dont les tarifs de livraison de colis sont fixés.
Plusieurs initiatives pourraient être mises en œuvre afin d’améliorer la transparence des tarifs et la surveillance réglementaire:
·la comparabilité des données collectées par les autorités réglementaires nationales pourrait encore être améliorée suite à l’adoption de lignes directrices supplémentaires par la Commission en coopération avec le groupe des régulateurs européens des services postaux;
·la Commission continuera également à surveiller les tarifs pratiqués par les opérateurs de distribution de services postaux, leur évolution et leur caractère abordable pour les utilisateurs et à prêter attention aux modèles commerciaux alternatifs tels que ceux qui s’appuient sur l’économie collaborative et les plateformes de commerce électronique qui entrent sur les marchés de la distribution de colis. La Commission continuera également à surveiller les pratiques commerciales générales des professionnels et l’incidence de celles-ci sur les choix offerts au public dans l’ensemble de l’UE dans le contexte du règlement sur le blocage géographique;
·la Commission et les autorités réglementaires nationales devraient poursuivre leurs efforts visant à promouvoir l’outil de transparence en ligne de la Commission et à en améliorer la convivialité, notamment en démontrant sa valeur ajoutée par rapport à d’autres outils de comparaison des prix actuellement disponibles. L’outil présente toutefois des limites qu’il convient de reconnaître. En effet, les tarifs publiés concernent des articles unitaires, sans aucune réduction, qui ne s’appliquent qu’à une très petite fraction du marché global des services de livraison de colis, et non au contexte plus large du commerce électronique. Les améliorations possibles pour rendre l’outil de transparence plus performant et mieux adapté aux réalités du marché seront discutées avec les représentants des consommateurs, les opérateurs et les régulateurs nationaux;
·une cohérence globale avec d’autres initiatives en cours, telles que la mise en œuvre de la stratégie numérique européenne et le pacte vert pour l’Europe, doit par ailleurs être assurée.
La Commission invite le Parlement européen, le Conseil et le Comité économique et social européen à prendre acte du présent rapport conformément à l’article 11 du règlement.
Annexe 1 Analyse du tarif de colis de respectivement 1 kg et 2 kg avec suivi et localisation
Méthode
Les tableaux tarifaires portant sur des colis de respectivement 1 kg et 2 kg avec suivi et localisation ont été établis en se fondant sur les tarifs applicables aux colis unitaires qui ont été publiés en 2019, 2020 et 2021 sur l’outil web de transparence tarifaire de la Commission . Les tarifs sont indiqués en euros et s’entendent hors taxe sur la valeur ajoutée. Pour que les fluctuations des taux de change n’affectent pas les calculs des tendances, le taux utilisé pour convertir en euros tous les tarifs exprimés dans une autre devise au cours des trois années est celui qui était appliqué par la Banque centrale européenne le 31 mars 2020.
Le processus de collecte des données n’ayant débuté qu’en 2019, la Commission fait remarquer que l’ensemble des données relatives aux prix sur les trois années n’est pas encore totalement stable. Des doutes subsistent, en particulier, quant à savoir si les incohérences sont dues à de réelles évolutions tendancielles ou à des problèmes de collecte des données (autrement dit à une déclaration incohérente des données par les fournisseurs ou à une modification des pratiques de collecte des régulateurs). Pour résoudre ce problème, l’ensemble des données a été affiné: (1) les produits «colis» qui n’ont pas été invariablement déclarés au cours de chacune des trois années ont été retirés; (2) le produit «colis» d’un prestataire de services donné pour lequel un prix anormalement bas a été déclaré en 2020/2021 par rapport à 2019 a été retiré. Il convient donc d’utiliser ces tableaux avec la prudence qui s’impose et en tenant compte des précisions données.
Tableau 1 OSU par prestataires du service universel (PSU) – Colis de 1 kg et de 2 kg avec suivi et localisation (S+L) – Tarifs nationaux et transfrontières pour 2019, 2020 et 2021
| | Colis S+L de 1 kg (en EUR) | Colis S+L de 2 kg (en EUR) |
| | 2019 | 2020 | 2021 | Écart en %, 2021 vs 2019 | 2019 | 2020 | 2021 | Écart en %, 2021 vs 2019 |
| | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE |
| Autriche | 4,8 | 13,9 | 4,8 | 13,9 | 4,8 | 13,9 | 0 % | 0 % | 4,8 | 13,9 | 4,8 | 13,9 | 4,8 | 13,9 | 0,2 % | 0 % |
| Belgique | 5,7 | 30,5 | 5,7 | 30,5 | 5,7 | 30,5 | 0 % | 0 % | 5,7 | 30,5 | 5,7 | 30,5 | 5,7 | 30,5 | 0,0 % | 0 % |
| Croatie | 2,6 | 13,7 | 2,6 | 13,7 | 3,3 | 13,8 | 27 % | 1 % | 2,6 | 17,6 | 2,6 | 17,6 | 3,3 | 17,8 | 25,2 % | 1 % |
| Chypre | 4.2 | 16,5 | 4.2 | 16,5 | 4.2 | 16,5 | 0 % | 0 % | 4,5 | 20,0 | 4,5 | 20,0 | 4,5 | 20,0 | 0,0 % | 0 % |
| Tchéquie | 4,0 | 15,3 | 4,7 | 15,3 | 4,7 | 15,3 | 18 % | 0 % | 4,0 | 16,5 | 4,7 | 16,5 | 4,7 | 16,5 | 17,1 % | 0 % |
| Danemark | 8,0 | 21,0 | 10,2 | 22,1 | 8,0 | 20,4 | 0 % | -3 % | 8,6 | 30,0 | 10,2 | 31,1 | 8,6 | 29,5 | 0,0 % | -2 % |
| Estonie | 3,8 | 17,2 | 3,8 | 17,2 | 5,2 | 17,1 | 37 % | -1 % | 4.1 | 19,1 | 4.1 | 19,1 | 5,6 | 19,3 | 36,3 % | 1 % |
| Finlande | 4,8 | 27,0 | 4,8 | 27,2 | 4,8 | 20,6 | 0 % | -24 % | 4,8 | 26,8 | 4,8 | 27,2 | 4,8 | 20,6 | 0,0 % | -23 % |
| France | 7,8 | 15,2 | 8,0 | 15,5 | 8,0 | 16,0 | 3 % | 5 % | 8,8 | 17,2 | 9,0 | 17,6 | 9,2 | 18,1 | 4,0 % | 5 % |
| Grèce | 2,6 | 22,4 | 2,6 | 22,4 | 3,0 | 22,1 | 15 % | -1 % | 3,1 | 26,1 | 3,1 | 26,3 | 3,5 | 26,6 | 12,9 % | 2 % |
| Hongrie | 4.3 | 23,7 | 4,5 | 23,8 | 4,8 | 27,9 | 12 % | 18 % | 4.3 | 24,6 | 4,5 | 24,7 | 4,8 | 28,8 | 11,8 % | 17 % |
| Lituanie | 2,5 | 14,4 | 2,5 | 14,4 | 2,5 | 14,1 | 0 % | -2 % | 2,7 | 16,0 | 2,7 | 16,0 | 2,7 | 15,7 | 0,0 % | -2 % |
| Malte | 9,0 | 13,9 | 9,0 | 13,9 | 9,0 | 13,9 | 0 % | 0 % | 9,0 | 16,4 | 9,0 | 16,4 | 9,0 | 16,4 | 0,0 % | 0 % |
| Pays-Bas | 7,0 | 16,8 | 7,3 | 17,0 | 7,3 | 16,8 | 4 % | 0 % | 7,0 | 16,8 | 7,3 | 17,0 | 7,3 | 16,8 | 4,3 % | 0 % |
| Pologne | 1,7 | 11,9 | 1,7 | 11,9 | 2,9 | 11,9 | 71 % | 0 % | 1,7 | 13,2 | 2,3 | 13,2 | 3,3 | 13,2 | 94,1 % | 0 % |
| Portugal | 7,7 | 27,3 | 7,7 | 27,3 | 8,1 | 27,3 | 5 % | 0 % | 7,7 | 30,7 | 7,7 | 30,7 | 8,1 | 30,7 | 5,9 % | 0 % |
| Roumanie | | 11,5 | 1,4 | 11,9 | 1,4 | 11,4 | | -1 % | | 14,4 | 1,5 | 15,0 | 1,5 | 14,2 | | -1 % |
| Slovaquie | 3,9 | 16,7 | 3,9 | 16,7 | 3,9 | 16,7 | 0 % | 0 % | 3,9 | 18,7 | 3,9 | 18,7 | 3,9 | 18,7 | 0,0 % | 0 % |
| Slovénie | 3,7 | 13,7 | 3,9 | 13,7 | 4,4 | 14,0 | 19 % | 2 % | 3,7 | 13,7 | 3,9 | 13,7 | 4,4 | 14,0 | 18,0 % | 2 % |
| Espagne | 10,9 | 29,4 | 11,4 | 29,4 | 12,7 | 30,5 | 17 % | 4 % | 12,9 | 32,8 | 13,5 | 32,8 | 14,3 | 34,2 | 11,3 % | 4 % |
| Suède | 11,0 | 25,1 | 11,0 | 25,1 | 11,0 | 25,1 | 0 % | 0 % | 11,0 | 27,6 | 11,0 | 28,0 | 11,0 | 28,0 | 0,0 % | 1 % |
Source: données de l’outil de transparence tarifaire de l’UE, couvrant 21 États membres.
Aucune donnée disponible pour les pays suivants:
·Bulgarie, Irlande et Lettonie: Pas de colis de 1 kg S+L et 2 kg S+L disponibles selon le PSU.
·Allemagne: pas de données communiquées.
·Italie: le PSU a indiqué que les colis de 1 kg S+L et de 2 kg S+L n’entrent pas dans le champ d’application de l’OSU.
·Luxembourg: pas de données disponibles pour 2021
Tableau 2 Prestataires sans OSU – Colis de 1 kg et de 2 kg avec suivi et localisation – Tarifs nationaux et transfrontières pour 2019, 2020, 2021
| | Colis S+L de 1 kg (en EUR) | Colis S+L de 2 kg (en EUR) |
| | 2019 | 2020 | 2021 | Écart en %, 2021 vs 2019 | 2019 | 2020 | 2021 | Écart en %, 2021 vs 2019 |
| | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE | National | EEE |
| Autriche | 10,0 | 39,5 | 10,1 | 40,3 | 10,1 | 40,4 | 1 % | 2 % | 10,1 | 46,8 | 10,2 | 47,7 | 10,3 | 48,2 | 1 % | 3 % |
| Belgique | 16,8 | 50,3 | 17,0 | 52,1 | 17,6 | 52,7 | 5 % | 5 % | 16,2 | 55,0 | 17,3 | 57,1 | 17,9 | 57,7 | 10 % | 5 % |
| Bulgarie | 3,6 | 43,9 | 3,5 | 41,9 | 3,5 | 42,7 | -2 % | -3 % | 4.2 | 48,3 | 3,8 | 46,2 | 3,8 | 47,4 | -9 % | -2 % |
| Croatie | 5,2 | 27,7 | 5,4 | 28,6 | 5,4 | 33,2 | 3 % | 20 % | 5,7 | 32,3 | 5,8 | 35,5 | 5,8 | 39,8 | 3 % | 23 % |
| Chypre | 7,2 | 41,4 | 7,2 | 41,7 | 7,2 | 41,6 | 0 % | 0 % | 7,2 | 70,2 | 7,2 | 76,6 | 7,2 | 76,3 | 0 % | 9 % |
| Tchéquie | 7,6 | 54,1 | 7,9 | 47,4 | 8,3 | 50,2 | 9 % | -7 % | 8,0 | 60,8 | 8,3 | 52,4 | 8,8 | 56,0 | 9 % | -8 % |
| Danemark | 31,1 | 80,9 | 31,7 | 82,2 | 33,2 | 83,4 | 7 % | 3 % | 31,4 | 101,7 | 32,1 | 103,6 | 33,5 | 105,7 | 7 % | 4 % |
| Estonie | 8,0 | 72,3 | 8,3 | 74,3 | 8,7 | 77,0 | 10 % | 7 % | 10,3 | 88,6 | 9,5 | 135,8 | 9,9 | 87,8 | -3 % | -1 % |
| Finlande | 38,7 | 85,0 | 39,9 | 89,8 | 41,9 | 93,0 | 8 % | 9 % | 39,7 | 98,9 | 40,9 | 107,0 | 43,0 | 111,2 | 8 % | 12 % |
| France | 37,4 | 77,6 | 38,5 | 81,4 | 41,1 | 84,8 | 10 % | 9 % | 29,2 | 93,9 | 29,2 | 94,4 | 29,2 | 94,8 | 0 % | 1 % |
| Allemagne | 3,5 | 14,3 | 4.1 | 16,9 | 4.1 | 16,5 | 17 % | 16 % | 3,7 | 14,9 | 4.1 | 17,4 | 4.2 | 14,9 | 13 % | 0 % |
| Grèce | 6,3 | 44,4 | 6,3 | 46,0 | 6,2 | 46,9 | -1 % | 6 % | 7,1 | 62,6 | 7,1 | 64,6 | 7,0 | 65,0 | -1 % | 4 % |
| Hongrie | 6,2 | 35,2 | 6,2 | 37,0 | 6,7 | 35,9 | 7 % | 2 % | 6,7 | 43,1 | 6,8 | 45,5 | 7,3 | 42,0 | 10 % | -2 % |
| Irlande | 7,3 | 58,7 | 17,7 | 61,1 | 12,0 | 63,8 | 65 % | 9 % | 7,3 | 67,7 | 17,7 | 70,7 | 12,0 | 73,6 | 65 % | 9 % |
| Italie | 22,5 | 43,7 | 23,1 | 45,1 | 23,9 | 47,1 | 6 % | 8 % | 24,0 | 52,4 | 24,7 | 54,1 | 25,5 | 56,5 | 6 % | 8 % |
| Lettonie | 9,7 | 40,3 | 10,7 | 41,4 | 10,1 | 42,0 | 4 % | 4 % | 11,1 | 46,7 | 12,1 | 53,9 | 11,5 | 48,6 | 4 % | 4 % |
| Lituanie | 5,4 | 51,8 | 5,4 | 53,6 | 5,5 | 48,1 | 1 % | -7 % | 6,0 | 62,6 | 6,0 | 64,8 | 6,3 | 57,2 | 6 % | -9 % |
| Luxembourg | 3,9 | 13,1 | 3,9 | 13,1 | 8,1 | 13,5 | 107 % | 3 % | 4,6 | 17,4 | 4,6 | 17,4 | 9,9 | 18,0 | 114 % | 3 % |
| Malte | 5,8 | 53,3 | 1,9 | 49,8 | 1,9 | 45,5 | -67 % | -15 % | 5,8 | 67,8 | 1,9 | 63,7 | 1,9 | 58,1 | -67 % | -14 % |
| Pays-Bas | 19,1 | 48,2 | 19,5 | 48,9 | 19,9 | 50,3 | 4 % | 4 % | 17,0 | 43,8 | 17,4 | 44,4 | 17,6 | 46,3 | 3 % | 6 % |
| Pologne | 5,6 | 58,1 | 5,3 | 61,3 | 6,2 | 53,7 | 10 % | -8 % | 6,1 | 79,7 | 5,9 | 83,6 | 7,0 | 74,9 | 15 % | -6 % |
| Portugal | 10,6 | 40,1 | 8,9 | 41,2 | 8,7 | 41,6 | -18 % | 4 % | 12,6 | 71,4 | 10,6 | 56,0 | 10,4 | 55,8 | -18 % | -22 % |
| Roumanie | 10,2 | 49,6 | 10,2 | 51,5 | 10,7 | 53,0 | 5 % | 7 % | 8,6 | 62,6 | 8,8 | 60,5 | 9,5 | 65,8 | 10 % | 5 % |
| Slovaquie | 6,6 | 69,7 | 7,0 | 74,3 | 6,4 | 72,7 | -3 % | 4 % | 6,6 | 76,7 | 7,6 | 80,0 | 6,5 | 80,8 | -3 % | 5 % |
| Slovénie | 6,6 | 53,6 | 6,9 | 55,3 | 7,2 | 57,7 | 8 % | 8 % | 6,3 | 62,1 | 6,6 | 63,9 | 6,8 | 65,6 | 9 % | 6 % |
| Espagne | 7,6 | 43,2 | 7,7 | 43,1 | 8,0 | 44,5 | 5 % | 3 % | 8,6 | 47,7 | 8,9 | 50,0 | 10,0 | 55,7 | 16 % | 17 % |
| Suède | 26,3 | 71,4 | 27,1 | 74,7 | 28,3 | 76,3 | 8 % | 7 % | 23,4 | 73,2 | 24,7 | 78,2 | 25,1 | 78,0 | 7 % | 7 % |
Source: données de l’outil de transparence tarifaire de l’UE, couvrant tous les États membres
Précisions:
comme expliqué dans la description de la méthode, tous les prestataires de services postaux ne sont pas représentés.
France, Luxembourg: série de données incomplète pour 2021 à la date d’extraction.