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AccueilDroit européen52021DC0688
Acte préparatoire52021DC0688

Acte préparatoire — 52021DC0688

CELEX52021DC0688
TypeActe préparatoire
Datemercredi 10 novembre 2021

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 10.11.2021

COM(2021) 688 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL

sur l'état d'avancement des préparations pour la mise en œuvre complète des règlements sur l'interopérabilité conformément à l'article 78, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/817 et à l'article 74, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/818


Synthèse

Les règlements sur l’interopérabilité (2019/817 et 2019/818) imposent à la Commission de présenter au Parlement européen et au Conseil un rapport annuel sur l’état d’avancement des préparations pour la mise en œuvre complète desdits règlements. Le présent document est le deuxième rapport de la Commission.

La mise en œuvre de la nouvelle architecture informatique dans le domaine de la migration, des frontières et de la sécurité est indispensable à la mise en place de l’un des systèmes de gestion des frontières les plus modernes au monde. Une mise en œuvre complète et en temps utile n’est possible que si les États membres de l’UE et les pays associés à l’espace Schengen, les agences de l’UE et la Commission progressent ensemble. Le retard éventuel de l’une des parties induira des retards chez toutes et entraînera probablement une hausse des coûts.

Depuis son dernier rapport, la Commission a continué d’examiner, au sein des comités et groupes d’experts concernés, une série d’actes d’exécution et d’actes délégués nécessaires au développement des éléments d’interopérabilité. À l’heure actuelle, 24 actes qui se trouvent à différents stades de la procédure d’adoption ont déjà été soumis à un vote formel au sein des comités d’interopérabilité ou le seront prochainement. Les deux actes restants sont en préparation. Au total, 74 actes d’exécution et actes délégués sont nécessaires au développement de la nouvelle architecture informatique.

Depuis 2019, la Commission convoque deux fois par an des forums de haut niveau sur l’interopérabilité afin de réunir toutes les parties prenantes concernées. Il s’agit pour ces dernières de débattre des moyens de faire progresser les préparatifs, de recenser les risques et les solutions et d’apporter tout le soutien nécessaire afin que le cadre d’interopérabilité soit intégralement mis en œuvre d’ici à l’échéance de fin 2023.

Le cinquième forum sur l’interopérabilité, qui s’est tenu en avril 2021, a mis en évidence les points suivants:

Le processus d’alerte rapide (RAP-IT) a permis à la Commission de suivre les progrès accomplis par les États membres. Grâce à ce suivi, la Commission a été en mesure de poursuivre et d’intensifier les contacts bilatéraux avec les États membres qui rencontrent des difficultés. En particulier, la fréquence des réunions a été accrue et des lettres ont été adressées au niveau politique.

Lors de réunions spéciales, la Commission a continué à fournir des supports de formation aux États membres pour leur permettre d’informer les utilisateurs finaux sur l’utilisation du cadre et des éléments d’interopérabilité et de les y former. Les travaux d’élaboration d’un manuel pratique ont commencé.

Le sixième forum sur l’interopérabilité a eu lieu le 28 octobre 2021. La Commission et l’eu-LISA continueront d’entretenir des contacts avec les États membres concernés et se tiennent prêtes à apporter leur soutien, en tant que de besoin.

-La mise en œuvre du système d’entrée/de sortie (EES) et la révision du système d’information Schengen (SIS) se trouvent dans une phase critique, l’entrée en service prévue de ces systèmes (respectivement mai 2022 et février 2022) approchant rapidement.

-Le système d’entrée/de sortie est confronté à des risques de retard par rapport au calendrier de mise en œuvre convenu. Certains États membres rencontrent des difficultés à respecter le calendrier prévu, en raison principalement de retards dans les procédures de passation de marchés. Depuis le forum du mois d’avril, les retards de livraison de certains contractants au niveau central posent des problèmes similaires. En ce qui concerne la révision du système d’information Schengen (SIS), l’Agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (eu-LISA) et les États membres ont commencé à tester l’état de préparation des systèmes nationaux avec un mois et demi de retard. Les essais devraient être achevés d’ici à décembre 2021. Il conviendrait de continuer à appliquer toutes les mesures d’atténuation possibles afin de veiller à ce que tout soit prêt pour le lancement, dans les délais, de ces systèmes et de la nouvelle architecture d’interopérabilité.

-Parallèlement, les États membres devraient en priorité mener à bien leurs procédures de passation de marchés relatives, d’une part, au système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) et, d’autre part, à la création de leurs unités nationales ETIAS respectives. L’entrée en service de ce système (décembre 2022) approche aussi à grands pas.



1.Introduction

Les règlements sur l’interopérabilité 1 , qui sont entrés en vigueur le 11 juin 2019, ont pour objectif de mettre à niveau les systèmes d’information de l’Union en matière de sécurité et de gestion des frontières et des migrations et de faire en sorte qu’ils fonctionnent ensemble de manière plus intelligente et plus efficiente. À cette fin, l’interopérabilité entre les systèmes d’information de l’UE a été établie dans le but d’améliorer l’efficacité et l’efficience des vérifications aux frontières extérieures, ainsi que de contribuer à prévenir la migration irrégulière et de favoriser un niveau élevé de sécurité intérieure au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice de l’UE. Elle vise également à améliorer la mise en œuvre de la politique commune de visas, à fournir une aide pour l’examen des demandes de protection internationale, à contribuer à la prévention et à la détection des infractions terroristes ou d’autres infractions pénales graves et aux enquêtes en la matière, et à concourir à l’identification de personnes inconnues.

Lorsque les règlements sur l’interopérabilité ont été adoptés, trois systèmes d’information de l’UE étaient déjà en service: le système d’information Schengen (SIS), le système d’information sur les visas (VIS) et Eurodac, le système de comparaison des empreintes digitales des demandeurs d’asile. Trois autres systèmes d’information de l’UE sont actuellement en phase de développement: le système d’entrée/de sortie (EES), le système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) et le système d’information sur les casiers judiciaires pour les ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN).

L’interopérabilité entre les systèmes d’information de l’UE a été établie afin que ces derniers se complètent mutuellement, facilitent l’identification correcte des personnes et contribuent à la lutte contre la fraude à l’identité, tout en garantissant le strict respect des droits fondamentaux, en particulier des exigences en matière de protection des données.

Les règlements sur l’interopérabilité énoncent également des dispositions en matière de suivi et d’évaluation par la Commission et par l’eu-LISA. En décembre 2019, l’eu-LISA a présenté un premier rapport sur l’état d’avancement du développement des éléments d’interopérabilité 2 , suivi d’un deuxième rapport en juillet 2020 3 puis d’un troisième en décembre 2020 4 .

En application de l’article 78, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/817 et de l’article 74, paragraphe 5, du règlement (UE) 2019/818, la Commission est tenue de présenter au Parlement européen et au Conseil un rapport sur l’état d’avancement des préparations pour la mise en œuvre complète des règlements sur l’interopérabilité. Ce rapport devrait contenir des informations détaillées sur les coûts encourus ainsi que des informations relatives à tout risque susceptible d’avoir des retombées sur les coûts totaux. La Commission doit soumettre des rapports similaires chaque année, jusqu’à ce que les dates de mise en service des éléments d’interopérabilité soient fixées par la voie des actes d’exécution de la Commission visés à l’article 72 du règlement (UE) 2019/817 et à l’article 68 du règlement (UE) 2019/818.

La Commission a présenté son premier rapport le 21 août 2020 5 .

2.Actes d’exécution des règlements sur l’interopérabilité

Conformément aux règlements sur l’interopérabilité, il conviendrait d’adopter des actes d’exécution afin de préciser et de mettre en œuvre certains détails techniques des règlements. Certains de ces actes sont nécessaires pour que l’agence eu-LISA puisse réellement commencer la conception et le développement des éléments d’interopérabilité utilisés dans le cadre de l’architecture globale du système informatique, d’autant plus que cette étape nécessite de définir des spécifications techniques et de préparer les procédures de passation de marchés qui permettront de travailler avec des contractants. Les cahiers des charges établis dans ce cadre doivent reposer sur des spécifications techniques claires et complètes, énoncées dans les appels d’offres requis. D’autres actes sont nécessaires pour définir des règles techniques visant à faciliter la mise en œuvre sur le terrain par les autorités compétentes des États membres et les agences de l’UE concernées, par exemple par l’utilisation de formulaires types et l’établissement de procédures de coopération pour faire face aux incidents de sécurité.

Depuis le rapport de 2020, la Commission a continué d’examiner, au sein des comités et groupes d’experts concernés, une série de projets d’actes d’exécution et d’actes délégués nécessaires au développement des éléments d’interopérabilité. À l’heure actuelle, 12 actes qui se trouvent à différents stades de la procédure d’adoption ont déjà été soumis à un vote formel au sein des comités d’interopérabilité 6 ou le seront prochainement. Les deux actes restants sont en préparation. Au total, 74 actes d’exécution et actes délégués sont nécessaires au développement de la nouvelle architecture informatique, comme l’illustre le tableau ci-dessous:

Tableau 1: État des lieux des actes d’exécution et des actes délégués exigés par les règlements, au 17 septembre 2021

Règlement

Type d’acte

Nombre d’actes adoptés

En cours d’adoption formelle

Nombre d’actes examinés par les groupes ou les comités

Travaux pas encore entamés

ETIAS

délégué

5

2

3

d’exécution

10

2

3

1

EES

délégué

d’exécution

13

1

SIS

délégué

1 (facultatif)

d’exécution

5

2

Interopérabilité

délégué

2

4

d’exécution

12

6

2

Ainsi que l’exigent les règlements sur l’interopérabilité, la Commission a également adopté deux avis favorables sur les spécifications techniques fournies par l’eu-LISA en vue du développement des systèmes informatiques. L’un de ces avis porte sur le répertoire central des rapports et statistiques 7 et l’autre, sur le portail de recherche européen, sur le répertoire commun de données d’identité et sur le détecteur d’identités multiples 8 .

Au cours de la période couverte par le présent rapport (2020/2021), le Parlement européen et le Conseil sont également parvenus à un accord politique sur les modifications corrélatives apportées au système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages. Après l’adoption formelle de ces modifications corrélatives par les co-législateurs, la Commission devra modifier certains des actes de droit dérivé déjà adoptés qui découlent des règlements sur l’interopérabilité.

En décembre 2020, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord provisoire sur la proposition de la Commission visant à réviser et à moderniser le système d’information sur les visas. Le nouveau règlement a été adopté par les co-législateurs en juillet 2021 9 . Certains actes du droit dérivé adoptés à ce jour dans le cadre de l’interopérabilité devront être modifiés à la suite de l’entrée en vigueur de ce règlement. La Commission entame le réexamen des actes concernés. À l’instar des autres systèmes d’information de l’UE, nouveaux ou modernisés, le nouveau système d’information sur les visas devrait être opérationnel et pleinement interopérable d’ici à la fin de 2023.

3.Suivi de la mise en œuvre par les États membres et les agences de l’UE

L’importance d’une mise en œuvre sans retard des règlements sur l’interopérabilité est reconnue tant au niveau de l’UE que par les États membres. La mise en œuvre intégrale et correcte des règlements n’est possible que si les États membres, les agences de l’UE et la Commission progressent ensemble en étroite collaboration afin d’éviter que l’inaction de l’une des parties n’entraîne un report de la mise en service pour toutes les autres.

Dans cette optique, la Commission utilise un «processus d’alerte rapide pour suivre la mise en œuvre et l’utilisation des systèmes informatiques dans le domaine de la migration, de la sécurité et de la justice, ainsi que leur interopérabilité» (RAP-IT). Ce processus permet de rationaliser le suivi et le contrôle de la mise en œuvre de la nouvelle architecture des systèmes informatiques, tout en supervisant parallèlement l’utilisation des systèmes déjà en service.

Le forum sur l’interopérabilité s’inscrit dans ce processus de suivi. Depuis 2019, la Commission convoque ces réunions semestrielles à haut niveau afin de réunir tous les États membres et tous les pays associés à l’espace Schengen, les agences de l’UE et les autres parties prenantes concernées. Il s’agit pour les participants d’aborder les moyens de faire progresser les préparatifs, de recenser les risques et les solutions et de fournir tout le soutien nécessaire afin que le cadre d’interopérabilité soit intégralement mis en œuvre d’ici à l’échéance convenue de la fin de 2023. Les agences concernées de l’UE sont l’eu-LISA, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes et Europol. La participation au forum a été ouverte à d’autres parties intéressées, telles que le Parlement européen et le Conseil, le coordinateur de l’UE pour la lutte contre le terrorisme, l’Agence de l’Union européenne pour la formation des services répressifs, le Bureau européen d’appui en matière d’asile, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne et le Contrôleur européen de la protection des données.

Le premier forum sur l’interopérabilité qui s’est tenu en mars 2019 a été suivi d’un deuxième en novembre 2019 puis d’un troisième en mai 2020. À la suite de l’adoption, en août 2020, du premier rapport de la Commission sur l’état d’avancement des préparations pour la mise en œuvre complète des règlements relatifs à l’interopérabilité, deux autres réunions du forum ont été organisées par visioconférence, en octobre 2020 et en avril 2021. Pour ces réunions, la Commission a élaboré, à l’aide des réponses aux questionnaires, des tableaux de bord individuels et des tableaux de bord globaux montrant l’état d’avancement, dans tous les États membres, de la mise en œuvre de la nouvelle architecture informatique.

Lors du forum d’octobre 2020, il a été relevé que les États membres et les pays associés à l’espace Schengen avaient, dans l’ensemble, fait preuve d’une bonne gouvernance et avaient considérablement progressé dans la mise en œuvre de la nouvelle architecture des systèmes d’information de l’UE. Néanmoins, certains défis restent à relever. Les États membres ont été encouragés à continuer d’apporter un soutien politique de haut niveau et ont été sensibilisés à la nécessité d’accorder une plus grande attention aux questions suivantes:

·retards concernant les procédures nationales de passation de marchés;

·achèvement, par les États membres, de l’évaluation de leur législation nationale et des modifications qui y sont apportées; et

·estimation et obtention rapides des ressources nécessaires au niveau national.

À l’approche de la date prévue pour la mise en service du système d’entrée/de sortie, le forum d’octobre 2020 a également été l’occasion d’examiner plus avant l’état de la mise en œuvre de ce système. La Commission a fait part de certaines préoccupations quant à l’évolution de cette mise en œuvre dans certains États membres qui avaient indiqué un faible niveau de préparation. Des inquiétudes ont également été exprimées au sujet des procédures de passation de marchés pour le développement technique et les équipements aux points de passage frontaliers. La Commission y a fait suite en poursuivant ses cycles de réunions bilatérales régulières avec les États membres considérés comme présentant un risque et a accordé une attention particulière aux discussions sur les questions financières et contractuelles. Elle a également adressé des lettres aux États membres concernés afin de les sensibiliser au niveau politique.

Dans ce contexte, et compte tenu de l’analyse de l’eu-LISA et des discussions qui ont eu lieu avec les États membres au sein des organes directeurs de cette dernière et des groupes de travail du Conseil, la Commission a réexaminé le calendrier. En décembre 2020, elle a proposé de prolonger de deux mois le calendrier de mise en œuvre du système d’entrée/de sortie, en prévoyant une entrée en service en mai 2022. Cette prolongation n’a toutefois pas d’incidence sur le délai global fixé à la fin de 2023 pour la mise en œuvre complète de l’interopérabilité. La proposition de la Commission a été approuvée par les ministres de la justice et des affaires intérieures en décembre 2020.

En avril 2021, le cinquième forum sur l’interopérabilité a mis en lumière une situation globalement positive, avec une sensibilisation et un soutien politique accrus dans tous les États membres. L’impact de la pandémie de COVID-19 avait été largement atténué et les difficultés relatives aux passations de marchés avaient globalement été résolues par les États membres concernés. Il a été souligné cependant que, bien que la mise en œuvre du système d’entrée/de sortie et du système d’information Schengen modernisé soit entrée dans une phase décisive — la mise à l’essai des systèmes étant sur le point de commencer —, quelques États membres étaient encore confrontés à d’importants risques de retard, résultant principalement de procédures de passation de marchés tardives. La Commission et l’eu-LISA ont continué d’entretenir des contacts avec les États membres concernés et se sont tenues prêtes à les soutenir. Depuis le forum d’avril, des difficultés subsistent également pour le système d’entrée/de sortie, des retards étant enregistrés dans les livraisons des contractants au niveau central. En ce qui concerne la révision du système d’information Schengen, l’eu-LISA et les États membres ont commencé à tester l’état de préparation des systèmes nationaux avec un mois et demi de retard. Les essais devraient être achevés d’ici à décembre 2021. Le sixième forum sur l’interopérabilité a eu lieu le 28 octobre 2021.

4.Besoins en formation

L’interopérabilité est davantage qu’un simple projet informatique. Les utilisateurs finaux, tels que les garde-frontières, les autorités chargées de l’asile et des visas ou les officiers de police, devront savoir comment accéder aux informations à leur disposition. Une formation adéquate doit être dispensée à l’ensemble du personnel concerné. À la suite de la manifestation «Train the Ambassadors», qui s’est tenue en mars 2020, la Commission a organisé des réunions spéciales pour continuer à fournir un support de formation aux autorités compétentes des États membres afin de leur permettre d’informer les utilisateurs finaux de l’utilisation du cadre et des éléments d’interopérabilité et de les y former. Ces formations n’ayant pas pu avoir lieu en présentiel en raison de la pandémie de COVID-19, la Commission a mis les supports de formation à disposition au format numérique. En particulier, le forum sur l’interopérabilité d’avril 2021 a été suivi d’un atelier spécialement consacré aux questions juridiques et financières conçu pour les experts aux niveaux national et de l’UE.

En mai 2021, l’eu-LISA a également organisé un atelier technique ayant pour thème le développement de l’interopérabilité. La Commission salue ces initiatives qui contribuent à l’information et au partage des connaissances techniques avec toutes les parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre du cadre d’interopérabilité.

Par ailleurs, les travaux d’élaboration d’un manuel sur l’interopérabilité ont commencé. La Commission collaborera étroitement avec les États membres, l'eu-LISA et les autres agences de l'UE concernées afin de mettre à disposition un manuel pratique sur la mise en œuvre et la gestion des éléments d'interopérabilité. Ce manuel contiendra des orientations techniques et opérationnelles, des recommandations et des bonnes pratiques.

5.Coûts et risques

La fiche financière législative accompagnant les propositions de la Commission relatives aux deux règlements sur l’interopérabilité indiquait que, pour la période 2019-2027, un montant global de 136,3 millions d’EUR devait être alloué aux États membres afin de les aider à couvrir le coût des modifications de leurs systèmes nationaux qui sont nécessaires à l’utilisation des éléments d’interopérabilité. En outre, l’eu-LISA s’est vu allouer 11,9 millions d’EUR pour les dépenses opérationnelles liées au développement des éléments d’interopérabilité en 2020 et 45,2 millions d’EUR pour l’année 2021. Dans son troisième rapport sur l’état d’avancement de l’interopérabilité, présenté en décembre 2020, l’eu-LISA indiquait que 8,9 millions d’EUR avaient été utilisés jusqu’alors pour soutenir les activités de préparation à l’interopérabilité.

Les États membres sont encouragés à affecter à la mise en œuvre des règlements sur l’interopérabilité les ressources disponibles au titre des programmes relevant du Fonds pour la sécurité intérieure.

En outre, les États membres sont invités à solliciter un soutien dans le cadre des nouveaux programmes des fonds «Affaires intérieures» de l’UE pour la période 2021-2027, en particulier de l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (IGFV). Ces fonds devraient être alloués en priorité aux actions visant à développer l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE et à en poursuivre la mise en œuvre.

La pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur les marchés publics et les procédures de mise en œuvre. Cette situation affectera aussi probablement le temps qui sera nécessaire à la mise en œuvre de la nouvelle architecture des systèmes d’information de l’UE pour les frontières, la migration et la sécurité. Bien que le projet d’interopérabilité de l’UE respecte le calendrier et le budget prévisionnel initial, la Commission continue d’évaluer de près cet impact, y compris en ce qui concerne le calendrier. Tout allongement du délai de mise en œuvre du projet entraînerait probablement une hausse des coûts. S’il demeure encore possible d’atténuer les effets sur le calendrier général et les coûts globaux, les questions relatives à la passation de marchés et au financement doivent faire l’objet d’une attention particulière.

6.Conclusion

Les États membres, les pays associés à l’espace Schengen et les agences de l’UE partagent l’engagement général d’assurer la mise en œuvre intégrale des règlements sur l’interopérabilité. La Commission, quant à elle, continue de coordonner et de suivre de près les progrès accomplis par toutes les parties concernées en vue d’assurer la pleine disponibilité des systèmes d’information nouveaux ou modernisés et de leurs éléments d’interopérabilité d’ici à la fin de 2023.

Dans l’ensemble, les travaux en vue de la mise en œuvre des règlements sur l’interopérabilité demeurent sur la bonne voie. Toutefois, pour atteindre cet objectif, tous les acteurs concernés doivent progresser ensemble dans le développement et la mise en œuvre de tous les systèmes d’information de l’UE et de tous les éléments d’interopérabilité. Les retards qui pourraient résulter de goulets d’étranglement particuliers en matière de marchés publics au niveau national, notamment en ce qui concerne le développement du système d’entrée/de sortie et du nouveau système d’information Schengen, devront faire l’objet d’un suivi continu. La Commission poursuit le dialogue avec toutes les parties prenantes concernées afin de détecter les éventuels retards qui pourraient survenir et de les limiter autant que possible de façon à respecter le calendrier de mise en œuvre convenu.

(1)

Règlement (UE) 2019/817 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2019 portant établissement d’un cadre pour l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE dans le domaine des frontières et des visas et modifiant les règlements (CE) nº 767/2008, (UE) 2016/399, (UE) 2017/2226, (UE) 2018/1240, (UE) 2018/1726 et (UE) 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil et les décisions 2004/512/CE et 2008/633/JAI du Conseil (JO L 135 du 22.5.2019, p. 27);

règlement (UE) 2019/818 du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 2019 portant établissement d’un cadre pour l’interopérabilité des systèmes d’information de l’UE dans le domaine de la coopération policière et judiciaire, de l’asile et de l’immigration et modifiant les règlements (UE) 2018/1726, (UE) 2018/1862 et (UE) 2019/816 (JO L 135 du 22.5.2019, p. 85).

(2)

Rapport de l’eu-LISA sur le développement de l’interopérabilité (2019-307).

(3)

Rapport de l’eu-LISA sur le développement de l’interopérabilité (2020-148).

(4)

Rapport de l’eu-LISA sur le développement de l’interopérabilité (2020-373).

(5)

COM(2020) 428 final.

(6)

Comité d’interopérabilité: frontières et visas; comité d’interopérabilité: coopération policière et judiciaire, asile et immigration.

(7)

C(2021) 810.

(8)

C(2021) 1926.

(9)

Règlement (UE) 2021/1134 du Parlement européen et du Conseil du 7 juillet 2021 modifiant les règlements (CE) nº 767/2008, (CE) nº 810/2009, (UE) 2016/399, (UE) 2017/2226, (UE) 2018/1240, (UE) 2018/1860, (UE) 2018/1861, (UE) 2019/817 et (UE) 2019/1896 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les décisions 2004/512/CE et 2008/633/JAI du Conseil, aux fins de réformer le système d’information sur les visas (JO L 248 du 13.7.2021, p. 11);

règlement (UE) 2021/1133 du Parlement européen et du Conseil du 7 juillet 2021 modifiant les règlements (UE) nº 603/2013, (UE) 2016/794, (UE) 2018/1862, (UE) 2019/816 et (UE) 2019/818 en ce qui concerne l’établissement des conditions d’accès aux autres systèmes d’information de l’UE aux fins du système d’information sur les visas (JO L 248 du 13.7.2021, p. 1).

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