COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.12.2021
COM(2021) 788 final
RAPPORT DE LA COMMISSION
sur l’évaluation ex post du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) 2014-2020
{SWD(2021) 381 final}
| CELEX | 52021DC0788 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | lundi 13 décembre 2021 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 13.12.2021
COM(2021) 788 final
RAPPORT DE LA COMMISSION
sur l’évaluation ex post du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) 2014-2020
{SWD(2021) 381 final}
Contexte
Le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) a été créé en 2006 pour apporter, dans un esprit de solidarité, une aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi à la suite de modifications majeures de la structure du commerce mondial dues à la mondialisation. Le champ d’application du règlement FEM initial 1 a été élargi en 2009 2 afin d’inclure les licenciements résultant de la crise financière et économique mondiale. Le FEM cofinance jusqu’à 60 % 3 des mesures mises en œuvre par les États membres pour aider les travailleurs licenciés à réintégrer le marché du travail. Pour la période 2014-2020, le champ d’application a été élargi 4 de manière à couvrir les licenciements causés par toute nouvelle crise financière et économique mondiale. Il a également été permis aux États membres confrontés à un taux élevé de chômage des jeunes d’inclure les jeunes «ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation» (ci-après les «NEET») dans les demandes d’intervention du FEM sous certaines conditions 5 .
Portée de l’évaluation ex post
Conformément à l’article 20 du règlement FEM, la Commission a procédé à une évaluation ex post afin de déterminer si le FEM a atteint ses objectifs pour la période 2014-2020.
L’évaluation ex post porte sur 49 demandes approuvées d’intervention du FEM (ci-après également «dossiers») 6 présentées à la Commission entre 2014 et mai 2020 7 . Ces demandes, qui concernent 12 États membres (Belgique, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne et Suède) portent sur 27 secteurs économiques, les principaux représentés étant le secteur de la vente au détail (six dossiers), le secteur des véhicules à moteur (cinq dossiers) et le secteur automobile (cinq dossiers). Depuis 2017, le nombre de demandes d’intervention du FEM a diminué du fait de la reprise économique, si bien que les données disponibles pour l’analyse sont moins nombreuses. Toutefois, six demandes ont été présentées à la fin de 2020, dont quatre en raison des conséquences de la pandémie de COVID-19.
L’efficacité — y compris l’impact —, l’efficience, la cohérence, la pertinence et la valeur ajoutée européenne du FEM ont été évaluées.
L’évaluation ex post est présentée en tant que document de travail des services de la Commission (SWD). Ce SWD se fonde principalement sur les résultats d’une étude d’appui communiqués par des experts externes indépendants. L’étude d’appui a fait l’objet de discussions avec des membres du groupe de pilotage interservices de la Commission, composé d’acteurs clés de différents services de la Commission, et a été acceptée par la direction générale de la Commission chargée de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion en décembre 2020. Le SWD a été élaboré notamment sur la base de précédents rapports, d’évaluations du FEM, de l’expérience du personnel de la Commission chargé de la gestion du FEM, du partage des connaissances avec des parties prenantes du FEM dans tous les États membres et de la base de données interne de la Commission sur le FEM, qui contient des données sur toutes les demandes d’intervention du FEM entre 2007 et 2020. Les résultats de cette évaluation permettent de tirer des enseignements pour la mise en œuvre et la conception du FEM.
Le rapport résume les principaux résultats à l’intention des institutions, organes et partenaires sociaux de l’UE 8 .
Principales conclusions
Efficacité du FEM
Le FEM fournit un soutien ciblé, personnalisé et individualisé aux bénéficiaires, les plaçant ainsi dans une situation plus favorable que les personnes qui n’ont pas bénéficié de son aide. Le FEM supprime les obstacles à la participation et veille à ce que tous les bénéficiaires soient traités sur un pied d’égalité, en accordant une attention particulière aux groupes vulnérables et/ou défavorisés.
Les mesures du FEM viennent compléter les mesures nationales classiques ou intensifier leurs effets. Les résultats obtenus grâce au FEM sont souvent meilleurs, pour ce qui est du nombre de bénéficiaires aidés et du taux de réinsertion, que ceux qui seraient obtenus uniquement au moyen de mesures d’aide nationales. Aucun effet de déplacement n’a été observé au niveau des dossiers.
Il a été recouru à la possibilité de soutenir les NEET dans 12 dossiers FEM (sur 49) dans cinq États membres (Belgique, Grèce, Irlande, Espagne et Portugal). L’impression générale est que le FEM n’est pas le meilleur outil pour cibler les jeunes et que d’autres instruments de l’UE, comme l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ), sont plus appropriés. Néanmoins, partout où cette aide a été proposée, les jeunes qui étaient visés y ont largement recouru (environ 62 %). Dans certains cas, la possibilité de soutenir les NEET a été considérée comme une valeur ajoutée essentielle du FEM.
Le FEM permet aux États membres de tester des mesures actives innovantes sur le marché du travail qui, dans des conditions normales, ne seraient sans doute pas accessibles aux travailleurs licenciés. Lorsque les mesures innovantes se sont révélées efficaces, certains États membres, dont la Belgique, la Finlande et l’Italie 9 , les ont ensuite intégrées dans leur système d’aide standard.
La participation des partenaires sociaux et des entreprises qui licencient des travailleurs a eu une incidence positive sur l’efficacité des interventions du FEM car elle contribue à améliorer la conception et la mise en œuvre des mesures. En Finlande, en Suède et en Espagne, cette participation a également parfois guidé les bénéficiaires pour trouver très rapidement un nouvel emploi.
Le fait qu’il soit nécessaire de démontrer dans une demande le lien entre les licenciements et la «mondialisation» ou bien la «crise financière et économique» est un frein à une utilisation plus large du FEM. Cette démonstration relève du défi car il est de plus en plus difficile d’identifier et de démontrer le facteur déterminant qui a déclenché une restructuration. Pour les demandes présentées au titre des critères de la taille réduite du marché du travail ou de l’existence de circonstances exceptionnelles, il doit également être prouvé que les licenciements ont une «incidence significative» sur l’économie et en particulier sur les niveaux d’emploi. Il est ressorti des discussions avec les parties prenantes dans le cadre des réunions des personnes de contact du FEM organisées par la Commission que la plupart des États membres estiment que la recherche des preuves appropriées constitue un obstacle.
Les retards dans la mise en œuvre d’une intervention FEM nuisent à son efficacité. Ces retards peuvent être dus par exemple à la longueur et à la complexité du processus décisionnel au niveau de l’UE (en moyenne 28,8 semaines à compter de la date de la demande), aux procédures administratives nationales dans les États membres, à la gestion des dossiers au niveau national/régional et au manque d’expérience des États membres dans le recours au FEM. Dans environ 15 % des cas, les États membres n’étaient pas disposés à prendre le risque de préfinancer les mesures du FEM avec leurs propres fonds publics en attendant l’approbation formelle par l’UE. Lorsque de tels retards surviennent, il est possible que les travailleurs trouvent seuls un nouvel emploi ou perdent leur intérêt à participer aux mesures du FEM.
Les exigences limitées en matière de collecte de données et de suivi prévues par le règlement FEM constituent un obstacle à la réalisation d’une analyse plus approfondie des performances du FEM. Cette limitation a été corrigée dans le règlement FEM pour la période 2021-2027 10 avec l’inclusion d’une liste détaillée des indicateurs à déclarer.
La visibilité du FEM est également limitée, même parmi ses bénéficiaires. Les États membres sont redevables d’informations sur le FEM, mais les ressources qu’ils consacrent aux activités d’information et de communication sont le plus souvent insuffisantes. Pour ce qui est de la Commission, des informations claires sont disponibles sur l’internet et des séminaires de mise en réseau sont organisés deux fois par an pour que les États membres puissent échanger leurs expériences. Depuis 2019, la Commission a également commencé à partager des informations sur le FEM sur les médias sociaux (Twitter). Cela étant, il est encore possible d’améliorer la visibilité des résultats des interventions spécifiques du FEM.
Dans l’ensemble, le FEM est efficace et a atteint son objectif de solidarité avec les personnes licenciées dans le cadre de restructurations de grande ampleur et de les aider à trouver un nouvel emploi. Le taux moyen de réinsertion des travailleurs licenciés sur le marché du travail s’est amélioré par rapport à la période de financement précédente (il est passé de 49 % à 60 %). Toutefois, les résultats sont propres à chaque cas et dépendent de plusieurs facteurs, tels que la situation de l’économie et du marché travail dans la région. Il est difficile de comparer les taux de réinsertion entre les différents cas d’intervention et de trouver des indicateurs appropriés pour comparer des mesures similaires. Afin d’améliorer la mesure de la performance, il est recommandé aux États membres de définir à l’avenir des objectifs spécifiques au cas par cas.
Au-delà de la réinsertion sur le marché du travail, le FEM a eu des effets positifs durables sur l’employabilité générale des bénéficiaires, grâce à l’acquisition de nouvelles compétences et qualifications, au renforcement de la confiance et à la formation à l’utilisation des réseaux sociaux. Les États membres devraient procéder à une évaluation qualitative des résultats, par exemple en interrogeant régulièrement les bénéficiaires du FEM sur leur expérience.
Efficience du FEM
Dans l’ensemble, on observe dans les dossiers FEM une tendance à n’utiliser qu’une partie des ressources allouées (taux d’absorption), même si les taux d’absorption se sont améliorés par rapport à la période précédente, passant d’une moyenne de 55 % à 59 %, avec des écarts importants selon les cas. Le faible taux d’absorption s’explique en partie par le fait que, bien souvent, les États membres connaissent mal le contexte et les besoins spécifiques du groupe cible lorsqu’ils estiment le budget total au stade de la demande. La flexibilité budgétaire pendant la mise en œuvre est importante pour permettre une réaffectation en fonction des besoins spécifiques des bénéficiaires.
Cette réaffectation des fonds était possible au cours de la période 2014-2020, et les États membres y ont recouru dans environ 30 % des dossiers pour des réaffectations correspondant à moins de 20 % du budget prévu. En cas de réaffectations représentant plus de 20 % du budget prévu, les États membres doivent en informer la Commission. Cela ne s’est produit que dans environ 10 % des dossiers.
Aucune tendance claire ne se dégage en ce qui concerne les ressources dépensées par rapport au nombre de bénéficiaires aidés ou ayant retrouvé un travail. Les coûts dépendent en grande partie des spécificités nationales et régionales, ainsi que de la nature des mesures proposées et des connaissances préexistantes des bénéficiaires. Toutefois, 80 % des dossiers FEM ont eu un meilleur rapport coût-efficacité 11 que prévu et le montant réellement dépensé par bénéficiaire aidé a été inférieur aux prévisions. Dans 68 % des cas, le rapport coût-efficacité 12 du FEM s’est amélioré au fil du temps 13 .
La longueur du processus décisionnel au niveau de l’UE 14 entraîne des retards dans la mise en œuvre. Toutefois, les procédures au niveau national/régional constituent une source d’inefficacité plus importante encore. La durée moyenne de la procédure de demande est d’environ 200 jours pour la période 2014-2020, contre environ 300 jours pour la période de programmation précédente. Des retards considérables ont également été engendrés par le dépassement des délais pour l’approbation par l’autorité budgétaire 15 , lesquels, pour la plupart des dossiers 16 , ont duré en moyenne neuf semaines, au lieu des six prévues par le règlement FEM. Une procédure plus rapide au niveau de l’UE ainsi qu’une procédure simplifiée de demande d’intervention exigeant moins de preuves et de statistiques pour démontrer le lien entre les licenciements et le critère de la mondialisation ou de la crise contribueraient à améliorer l’efficacité du fonds.
Cohérence du FEM
Au niveau des dossiers, aucun chevauchement avec d’autres financements de l’UE ou nationaux n’a été constaté. Le FEM complète d’autres fonds de l’UE tels que le Fonds social européen (FSE): le FSE offre un soutien anticipatif et préprogrammé à la promotion de l’emploi tandis que le FEM offre un soutien réactif en réponse à un nombre élevé de pertes d’emplois inattendues. Le FEM apporte une valeur ajoutée à cet égard car il est mobilisé en fonction des besoins, lorsque les États membres nécessitent une aide financière pour venir en aide aux travailleurs licenciés. Toutefois, il serait possible de mieux aligner le FEM et le FSE, étant donné que certains États membres choisissent de financer des mesures de type FEM avec le FSE, en raison du taux de cofinancement plus élevé de ce dernier. C’est le cas en particulier pour le soutien aux jeunes, vu qu’à la fois le FEM et l’IEJ soutiennent les NEET dans les régions où le taux de chômage des jeunes est élevé.
Le FEM est cohérent avec les politiques nationales et offre suffisamment de flexibilité pour compléter les mesures prises par les États membres en faveur du marché du travail aux niveaux national, régional et/ou local. Cependant, les États membres devraient mieux aligner le FEM sur les recommandations du cadre de qualité de l’Union européenne pour l’anticipation des changements et des restructurations 17 .
Pertinence du FEM
Le champ d’application du FEM était pertinent au cours de la période 2014-2020, mais il gagnerait à être élargi à la lumière des nouveaux défis sur le marché du travail européen (comme l’automatisation, la numérisation, la transition vers une économie à faible intensité de carbone) et conformément aux priorités stratégiques et à long terme de l’UE.
Le recours limité à la clause relative aux NEET (12 dossiers sur 49) et la nature du FEM (en tant que fonds d’urgence ayant pour objectif d’aider les personnes qui perdent leur emploi plutôt que de s’attaquer aux problèmes structurels du chômage) font qu’il est moins pertinent pour venir en aide aux jeunes. Plusieurs parties prenantes se sont demandé si le FEM était l’instrument approprié pour apporter une aide aux NEET. Il existe d’autres mécanismes au niveau de l’UE, à savoir le FSE et son initiative pour l’emploi des jeunes, qui sont mieux à même de fournir des mesures de soutien à ce groupe spécifique.
Dans l’ensemble, le FEM est pertinent et reste un outil important pour aider et faire preuve de solidarité à l’égard des personnes touchées par des restructurations dues à la mondialisation et aux défis liés à la crise. Dans le même temps, les parties prenantes de la plupart des États membres ont indiqué qu’un ajustement du champ d’application du Fonds, de manière à tenir compte de toutes les causes de pertes d’emploi, à exiger moins de preuves pour appuyer une demande et à abaisser le seuil de travailleurs licenciés, permettrait d’améliorer la mobilisation du FEM et sa pertinence.
Valeur ajoutée du FEM
Le FEM apporte une valeur ajoutée par rapport à ce qui pourrait être réalisé par les États membres à eux seuls. Le FEM crée des «effets de volume», en augmentant l’aide financière disponible pour les bénéficiaires et en aidant plus de personnes à trouver un emploi qu’il ne serait possible avec uniquement des fonds nationaux et d’autres fonds de l’UE. Il apporte également un soutien plus intensif et plus ciblé que les mesures nationales, en s’efforçant de ne laisser personne de côté.
En termes d’«effets de portée», le FEM soutient tous les groupes de bénéficiaires, tandis que les mesures nationales ciblent souvent les personnes les plus éloignées du marché du travail. Il permet aux États membres d’offrir un soutien qu’ils ne sont normalement pas en mesure de fournir, comme des formations proposées à de petits groupes de participants ou des incitations financières à la création d’une entreprise 18 .
Le FEM crée également des «effets de rôle», étant donné que l’expérimentation de mesures innovantes et les enseignements tirés de la mise en œuvre ont été ou seront intégrés dans les mesures habituelles au niveau national ou régional (voir encadré 1).
Encadré 1. Exemple d’«effet de rôle» à partir d’un dossier FEM en Estonie
L’expérience acquise dans le cadre du FEM a montré que les travailleurs qui ont perdu leur emploi étaient davantage intéressés par l’acquisition d’une éducation formelle dans le cadre de mesures du FEM que dans le cadre des mesures nationales standard. À partir de ce constat, la possibilité de s’inscrire dans l’éducation formelle a été intégrée dans les mesures de niveau national et offerte à toute personne, qu’elle soit au chômage ou en activité mais ayant besoin de mettre à jour ses connaissances formelles ou d’acquérir une formation professionnelle. Le FEM a également amélioré l’accès à la formation linguistique dans la région, y compris à différents niveaux de compétences. Cette expérience a été utilisée pour améliorer l’accès à la formation linguistique en tant que mesure de prévention du chômage.
Des «effets de processus» sont engendrés parce que le FEM renforce les partenariats entre les parties prenantes publiques et privées, qui continuent d’exister au-delà du projet FEM (voir encadré 2).
Encadré 2. Exemple d’«effet de processus» à partir d’un dossier FEM en Finlande
Dans le dossier FEM concernant les licenciements de Broadcom, une approche innovante pour la procédure d’appel d’offres a été élaborée et mise en œuvre. L’aspect innovant de l’appel d’offres était que le contenu des formations destinées aux experts du secteur des TIC n’était pas fourni dans le dossier d’appel d’offres mais était mis au point par les prestataires de formation. Cette approche a donné de bons résultats et des formations d’un type totalement nouveau ont été proposées.
Les constatations et conclusions sont considérées comme suffisamment solides, même si les résultats de la consultation publique et de l’enquête auprès des bénéficiaires doivent être interprétés avec prudence 19 .
Enseignements tirés
Les consultations des parties prenantes menées avant et pendant l’évaluation, c’est-à-dire avant et pendant la pandémie de COVID-19, ont montré que le FEM gagnerait à avoir une portée plus large, adaptée aux autres grands défis du marché du travail européen (comme l’automatisation, la numérisation, la transition vers une économie à faible intensité de carbone). Ce champ d’application élargi a été inclus dans le règlement FEM 2021-2027.
Une procédure de demande simplifiée et raccourcie, exigeant moins de justificatifs, améliorerait l’efficacité du FEM. Cela a été pris en compte dans le règlement FEM 2021-2027.
La flexibilité du FEM sur le plan des mesures proposées et le degré d’ajustement possible des mesures en fonction des besoins, des connaissances et des intérêts des différents bénéficiaires sont l’un des principaux facteurs de réussite. Laisser la possibilité d’étoffer ou de compléter les mesures prises par les États membres aux niveaux national, régional et/ou local est le gage d’une valeur ajoutée européenne grâce au FEM.
L’amélioration du suivi et de l’établissement de rapports ainsi que l’évaluation future de l’impact du FEM (au niveau des États membres et de l’UE) nécessitent une collecte systématique de données de suivi plus détaillées, en particulier sur la catégorie de travailleurs bénéficiant des mesures (parcours professionnel et éducatif), leur statut au regard de l’emploi et le type d’emploi trouvé. Le succès des mesures du FEM devrait être mesuré non seulement à l’aune des taux de réinsertion, mais aussi sur la base de critères qualificatifs comme l’acquisition de nouvelles compétences/qualifications et de réseaux sociaux ainsi que le renforcement de la confiance en soi grâce à la participation aux mesures du FEM. Le règlement FEM pour la période 2021-2027 prévoit également la réalisation d’une enquête auprès des bénéficiaires après chaque demande d’intervention du FEM.
Un certain degré de flexibilité budgétaire est nécessaire pour permettre aux États membres de réaffecter les fonds du FEM en fonction des besoins qui se manifestent au cours de la mise en œuvre, pour autant que ces changements soient justifiés. La réaffectation des fonds était déjà possible au cours de la période de programmation 2014-2020, et les États membres en ont largement fait usage. Cette flexibilité a été maintenue dans le règlement FEM 2021-2027 et devrait faire l’objet d’une meilleure communication auprès des États membres.
Il serait possible de mieux aligner les taux de cofinancement du FEM et du FSE afin de garantir la cohérence du financement. Cet aspect a été pris en compte dans le règlement FEM 2021-2027.
Comme cela a été souligné dans l’évaluation à mi-parcours du FEM pour la période 2014-2020 et confirmé par la présente évaluation, l’un des enseignements importants qu’ont tirés les États membres concerne l’apprentissage organisationnel. Afin d’évaluer les résultats obtenus, la mise en œuvre des interventions devrait être achevée de manière à ce qu’un nombre suffisant d’éléments probants puissent être collectés et analysés. Le règlement FEM pour la période 2021-2027 a tenu compte de cet aspect du moment où est réalisée l’évaluation de sorte que des délais suffisants soient laissés pour permettre la mise en œuvre complète des interventions du FEM.
Une meilleure communication, à la fois générale et ciblée, au niveau des États membres et de l’UE, améliorerait la visibilité des résultats d’interventions spécifiques du FEM. Cette question a été abordée dans le règlement FEM 2021-2027.
Règlement FEM 2021-2027
Le règlement FEM pour la période 2021-2027 20 a tenu compte des conclusions des évaluations antérieures, qui ont été confirmées par la présente évaluation. Il a également donné suite à la plupart des recommandations formulées par les parties prenantes dans tous les États membres.
Les principaux changements apportés au FEM 2021-2027 sont les suivants:
·élargissement de l’éligibilité des aides à toute restructuration non prévue de grande ampleur;
·abaissement du seuil de licenciements de 500 à 200;
·alignement du taux de cofinancement sur le FSE+ (tout en maintenant 60 % comme seuil minimum);
·augmentation du plafond annuel maximal à 186 millions d’euros (prix de 2018).
Des procédures de demande plus simples et plus rapides nécessitant moins de justificatifs de la part des États membres et assorties de délais plus courts tant pour les États membres que pour la Commission ont également été introduites. De même, des exigences supplémentaires en matière de communication et de publicité ont été ajoutées. Les NEET ne bénéficieront plus de l’aide du FEM.
Le règlement FEM pour la période 2021-2027 comprend des indicateurs communs spécifiques ainsi qu’une enquête auprès des bénéficiaires visant à suivre la mise en œuvre et mesurer l’impact de chaque dossier FEM. Le rapport final à soumettre par les États membres inclura non seulement les taux de réemploi, mais aussi certaines informations qualitatives comme les qualifications acquises à la fin de la période de mise en œuvre. Cela devrait faciliter le suivi et l’évaluation de l’efficacité du FEM. La proposition de la Commission de fixer des objectifs spécifiques et d’établir des rapports sur le type d’emploi trouvé n’a pas été incluse dans l’accord final entre le Parlement européen et le Conseil.
La Commission a proposé une procédure plus rapide au niveau de l’UE, ce qui aurait simplifié l’approbation formelle par le Parlement européen et le Conseil. Toutefois, cette proposition n’a pas été retenue dans l’accord final sur le règlement FEM 2021-2027, de sorte que la procédure d’approbation formelle actuelle est maintenue.
De 2007 à 2009 ainsi qu’en 2012 et en 2013, le taux de cofinancement du FEM s’est élevé à 50 %; il a atteint 60 % au cours des périodes 2009-2011 et 2014-2020 (voir l’annexe 6 du document SWD d’accompagnement).
Règlement (UE) no 1309/2013, JO L 347 du 20.12.2013, p. 855 (ci-après le «règlement FEM»).
Jusqu’au 31 décembre 2017, la condition pour le soutien des NEET était que certains des licenciements aient eu lieu dans des régions de niveau NUTS 2 éligibles au titre de l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ). En 2018, le règlement (UE, Euratom) 2018/1046 a prorogé la clause jusqu’à la fin de 2020 et a modifié les conditions. Selon ces nouvelles modalités, le lien avec l’IEJ a été supprimé et les États membres ont pu soutenir les NEET issus de régions dans lesquelles le taux de chômage des jeunes était d’au moins 20 %.
Les 49 demandes d’intervention du FEM, du dossier EGF/2014/001 au dossier EGF/2020/001 (compris), figurent dans le tableau 6 du document SWD d’accompagnement.
Entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2020, les États membres ont présenté 59 demandes: 54 ont été approuvées, quatre ont été retirées par la suite et une a été rejetée par le Conseil. Sur les sept demandes reçues en 2020, une demande (EGF/2020/001 ES/Galice secteurs connexes de la construction navale) a été prise en compte dans l’étude d’appui, les six autres n’ayant pas pu l’être puisqu’elles ont été déposées à la fin de 2020. Les chiffres concernant les demandes reçues en 2020 sont inclus. Toutefois, comme les résultats ne seront disponibles qu’en 2023, ils n’ont pas pu être analysés à ce stade.
Conformément à l’article 20, paragraphe 2, du règlement FEM.
En Belgique, ces mesures comprennent par exemple des ateliers sur la confiance en soi et l’estime de soi, la sensibilisation et le soutien à l’esprit d’entreprise, ainsi que la mise en place du projet «Coup de Boost» ciblé sur les NEET. Sur la base de l’expérience acquise par le FEM, la Finlande a adapté en 2016 le modèle national de «sécurité dans le changement» en exigeant des employeurs qui licencient du personnel qu’ils participent à la mise en œuvre de mesures relatives au marché du travail. En Italie, le FEM a donné l’occasion d’expérimenter des mesures comme le «coupon de réemploi» et les indemnités de compensation visant à concilier vie privée et vie professionnelle et à faciliter la participation à la formation. Ces mesures ne sont normalement pas prévues dans le système d’aides nationales en Italie.
Coûts par rapport au nombre de bénéficiaires aidés.
Coûts par rapport au nombre de bénéficiaires réinsérés.
18 mois après la fin de la mise en œuvre des mesures du FEM.
Le FEM est un instrument d’aide d’urgence, en dehors des plafonds du cadre financier pluriannuel (CFP), et le cofinancement de chaque dossier FEM doit être approuvé par le Parlement européen et le Conseil.
L’autorité budgétaire est composée du Parlement européen et du Conseil.
Le délai de six semaines n’a été respecté que dans 10 des 49 dossiers.
Sur la base de l’analyse de dossiers FEM pour la période 2014-2020.
Seulement 39 réponses ont été reçues au cours de la consultation publique. Parmi celles-ci, seuls 15 participants connaissaient le FEM. La consultation publique à elle seule ne peut pas être considérée comme représentative. En ce qui concerne l’enquête auprès des bénéficiaires, seules 950 réponses ont été prises en considération dans l’analyse, soit seulement 3,5 % du total des bénéficiaires aidés. Les résultats font l’objet d’un certain degré de partialité, étant donné que la moitié des répondants étaient des professionnels des TIC diplômés de l’enseignement supérieur et se sont exprimés principalement au sujet de dossiers Finlandais. Les répondants ne sont donc pas nécessairement représentatifs de l’expérience de tous les bénéficiaires dans tous les cas d’intervention du FEM et dans tous les États membres.