COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 15.12.2021
COM(2021) 814 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
relative à l'intensification de la lutte contre la criminalité environnementale
| CELEX | 52021DC0814 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 15 décembre 2021 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 15.12.2021
COM(2021) 814 final
COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
relative à l'intensification de la lutte contre la criminalité environnementale
1.INTRODUCTION
La réussite du pacte vert pour l’Europe dépend dans une large mesure des règles visant à réduire la pollution, à gérer les déchets et à préserver la biodiversité. La criminalité environnementale porte gravement atteinte à ces objectifs et il est nécessaire de redoubler d’efforts pour la combattre.
La criminalité environnementale, source de préoccupation croissante, cause des dommages considérables à l’environnement et à la santé humaine au sein de l’Union et hors de ses frontières, ainsi qu’à l’économie. Selon Interpol et le Programme des Nations unies pour l’environnement, la criminalité environnementale représente la quatrième activité criminelle au monde après le trafic de stupéfiants, la traite des êtres humains et la contrefaçon, et elle augmente de 5 % à 7 % par an 1 . Eurojust classe le trafic illicite de déchets et d’espèces sauvages, la criminalité liée à la pollution et le commerce illicite de substances dangereuses parmi les crimes les plus graves contre l’environnement 2 . Des études récentes 3 estiment que les revenus annuels tirés du seul marché illicite des déchets dans l’Union se situent entre 4 et 15 milliards d’EUR.
Les infractions qui relèvent du droit pénal sont les suivantes: la pollution grave et illicite de l’air, de l’eau et des sols; la mauvaise gestion des déchets; le commerce illicite d’espèces sauvages; l’extraction illicite de minéraux; la persécution illicite d’animaux et d’oiseaux sauvages; et le défrichement de sites naturels. Tous ces agissements réduisent la qualité de l’air et de l’eau, contaminent les sols, nuisent aux espèces sauvages et endommagent ou détruisent des habitats naturels précieux. Les citoyens, et la société dans son ensemble, subissent les effets de la dégradation de l’environnement, notamment les atteintes à la santé publique. L’économie circulaire en pâtit, la concurrence loyale est ébranlée et les recettes publiques sont réduites. Les victimes sont aussi bien les générations futures que les générations actuelles.
Malgré les préjudices qu’ils occasionnent, bien souvent, les auteurs de ces crimes courent de faibles risques d’être découverts et s’exposent à des poursuites et à des peines encore plus faibles, alors qu’ils tirent un avantage financier à contourner les mesures de protection de l’environnement. Cette situation contribue à expliquer l’implication d’organisations criminelles dans ce type d’activités illicites. En mai 2017, dans le cadre du cycle politique permanent de l’UE pour lutter contre la grande criminalité organisée, le Conseil a inscrit la lutte contre la criminalité environnementale parmi les priorités en matière de lutte contre la criminalité pour la période 2018-2021. En 2021, cette priorité a été renouvelée pour la période 2022-2025 4 .
La lutte contre la criminalité environnementale constitue un aspect de ce que les Nations unies nomment «l’état de droit environnemental» 5 . Il s’agit d’une situation dans laquelle la législation est largement comprise, respectée et appliquée et dans laquelle les bénéfices de la protection de l’environnement profitent aux populations et à la planète. Depuis l’adoption, en 2008, de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal 6 , on comprend mieux les enjeux de la lutte contre la criminalité environnementale ainsi que les moyens les plus efficaces pour combattre ce fléau. En 2019, à la suite d’un cycle d’évaluations mutuelles sur la mise en œuvre pratique et le fonctionnement des politiques européennes en matière de prévention et de lutte contre la criminalité environnementale, le Conseil a élaboré un rapport contenant une série de recommandations, portant (entre autres) sur l’adoption de stratégies nationales, la coopération et la coordination interinstitutionnelles, la formation et les statistiques 7 .
Pour lutter efficacement contre la criminalité environnementale, le cadre juridique doit répondre aux enjeux actuels et fournir une base légale solide pour y faire face. Aucune amélioration durable dans la répression des infractions ne sera possible si les États ne placent pas la lutte contre la criminalité environnementale au premier rang de leurs priorités en matière de mise en application des règles, tant au niveau national que transfrontière à l’échelle de l’Union. Si la probabilité d’encourir des sanctions pénales est faible, les criminels ne seront pas dissuadés de commettre des infractions environnementales, même si le cadre législatif est amélioré.
C’est dans ce contexte que la Commission invite les colégislateurs de l’Union et les États membres à accorder la priorité aux mesures visant à renforcer la lutte contre la criminalité environnementale.
2. RENFORCEMENT DU CADRE JURIDIQUE DE L’UE
L’adoption, en 2008, de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal a constitué une étape importante en ce qui concerne la reconnaissance du rôle du droit pénal dans la protection efficace de l’environnement. Cette directive a permis de faire en sorte qu’un ensemble d’infractions environnementales graves, arrêtées d’un commun accord, soient considérées comme des crimes dans tous les États membres de l’Union.
Toutefois, il ressort de l’évaluation effectuée par la Commission en 2020 8 que la version en vigueur de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal présente des limites et des lacunes importantes. Cette directive, qui n’a pas été actualisée au regard de l’évolution du droit de l’environnement de l’Union, s’avère inadaptée aux enjeux actuels. Par exemple, elle ne couvre pas des catégories d’infractions telles que le commerce illicite du bois ou le recyclage illicite de navires. En ce qui concerne ses effets pratiques, la directive exige, en des termes assez généraux, que la législation nationale comporte des dispositions relatives aux sanctions pénales; elle ne prévoit rien concernant les niveaux et les types de sanctions à adopter, ni sur les questions liées à la détection ou à la poursuite des infractions environnementales. En outre, les définitions des infractions environnementales et des notions essentielles employées dans la directive, telles que la «dégradation substantielle», devraient être clarifiées.
L’évaluation montre également que le niveau des sanctions varie grandement d’un État membre à un autre et que leur application dans la pratique n’est pas dissuasive. Aucune amélioration nette de la coopération transfrontière n’a été observée depuis l’entrée en vigueur de la directive.
| Au vu des avis de professionnels travaillant sur le terrain, pour que la lutte contre la criminalité environnementale soit efficace, il est essentiel: ·d’envisager les infractions environnementales comme relevant du phénomène plus large des atteintes à l’environnement et de s’appuyer à la fois sur le droit administratif et sur le droit pénal; ·de garantir la prévention et la détection des infractions environnementales ainsi que des sanctions et la réparation des dommages; ·de faire appel à une multiplicité de compétences, de disciplines et de spécialisations; ·de veiller à un haut niveau de coordination et de coopération entre professionnels; ·d’assurer la collecte et l’utilisation efficace des données; et ·d’affecter des ressources humaines et financières suffisantes à ces activités. |
Afin de remédier aux lacunes de la directive en vigueur, de tenir compte de l’évolution récente de la situation et des nouvelles tendances en matière de criminalité environnementale et de satisfaire aux principales demandes des professionnels, la Commission propose que la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal soit révisée conformément aux objectifs suivants:
·Mettre à jour et affiner la liste des infractions pénales. La liste des infractions pénales couvertes par la directive en vigueur sera mise à jour et de nouvelles infractions seront ajoutées afin de refléter l’évolution du droit de l’environnement de l’Union et de mieux faire face aux activités illicites les plus dommageables. La directive révisée garantira une plus grande sécurité juridique en décrivant les infractions pénales de manière claire et spécifique. Les infractions pénales couvertes par la proposition représentent des violations graves d’obligations prévues par la législation sectorielle telle qu’elle existe à la date de cette proposition 9 . La Commission continue de présenter des propositions législatives dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Il s’agit par exemple de propositions visant à réduire au minimum les risques de déforestation et de dégradation des forêts associés aux produits mis sur le marché de l’Union 10 , et d’une prochaine proposition de loi relative à la restauration de la nature. La Commission invite les colégislateurs à envisager d’élargir plus avant le champ d’application de la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal, compte tenu de l’adoption imminente de ces nouveaux actes législatifs. Cela permettrait de garantir l’inclusion, dans une directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal appelée à évoluer, des infractions les plus graves traitées par la nouvelle législation.
| Les nouvelles catégories d’infractions proposées dans la nouvelle directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal comprennent: ·le commerce illicite du bois; ·le recyclage illicite de navires; ·le captage illicite d’eau entraînant une dégradation substantielle des ressources en eau; ·les infractions graves à la législation de l’Union sur les produits chimiques entraînant une dégradation substantielle de l’environnement ou de la santé humaine; ·la mise sur le marché de produits qui, en violation d’exigences impératives, entraîne une dégradation substantielle de l’environnement ou de la santé publique en raison d’une utilisation à plus grande échelle des produits en question; ·le rejet de substances polluantes par des navires; ·les infractions graves à la législation relative aux espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union; ·le contournement grave des exigences relatives à l’obtention d’autorisations de projet et à la réalisation d’une évaluation des incidences sur l’environnement, entraînant une dégradation substantielle; ·les infractions graves liées au traitement des gaz à effet de serre fluorés. |
·Renforcer les dispositions relatives aux sanctions pénales. Les dispositions proposées concernant le rapprochement des types et des niveaux de sanctions renforceront l’effet dissuasif de celles-ci et contribueront à garantir une application plus cohérente dans l’ensemble de l’Union, offrant ainsi des conditions de concurrence équitables aux entreprises. Des sanctions et mesures auxiliaires sont proposées afin que les juges et procureurs nationaux disposent d’une panoplie d’instruments leur permettant d’imposer des sanctions adaptées à chaque cas. Les dispositions relatives aux circonstances aggravantes permettront d’imposer des sanctions plus efficaces, notamment en tenant compte des liens avec la criminalité organisée, des antécédents des auteurs en matière de respect des règles et des entraves aux contrôles et à l’exécution.
·Reconnaître et renforcer la chaîne répressive. L’application effective du droit pénal dépend des capacités, des compétences et des performances de chaque maillon d’une chaîne liant entre eux les rôles des inspections de l’environnement, des forces de police et des autres services répressifs, du parquet et du pouvoir judiciaire. La proposition prévoit l’adoption de stratégies nationales ayant comme priorité commune de mobiliser les efforts en vue de lutter le plus efficacement possible contre la criminalité environnementale. Afin de renforcer la chaîne répressive, la proposition vise à garantir la disponibilité d’une formation spécialisée appropriée, d’outils d’enquête efficaces et de mécanismes de coopération entre les autorités chargées de faire respecter les règles dans un État membre. De telles mesures permettraient de déployer des efforts plus efficaces et comparables pour lutter contre la criminalité environnementale dans l’ensemble de l’Union. La proposition met également en avant le rôle des réseaux européens des autorités de contrôle.
·Reconnaître et renforcer le rôle des citoyens et de la société civile. Pour lutter efficacement contre la criminalité environnementale, il est également essentiel de mobiliser les citoyens et la société civile et de garantir la confiance du public dans les systèmes répressifs nationaux. Les lanceurs d’alerte qui dénoncent des infractions pénales environnementales 11 , de même que les personnes qui collaborent aux procédures pénales, devraient être protégés et soutenus. Le public concerné devrait pouvoir participer aux procédures pénales, conformément aux règles de procédure nationales, par exemple en tant que partie civile.
La criminalité environnementale est un phénomène complexe qui nécessite, pour y mettre un terme efficacement, une approche stratégique globale et à différents niveaux. Il est donc particulièrement important de garantir l’application effective du droit pénal en matière d’environnement dans les États membres.
3.GARANTIR L’APPLICATION EFFECTIVE DU DROIT PÉNAL EN MATIÈRE D’ENVIRONNEMENT DANS LES ÉTATS MEMBRES
Disposer d’un cadre législatif solide et clair en matière pénale est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Des systèmes répressifs efficaces sont également requis. La proposition définit des normes minimales en matière de répression pénale des infractions environnementales, notamment en ce qui concerne les outils d’enquête, les ressources et la coopération. La Commission peut également contribuer à cet objectif de plusieurs autres manières.
Cohérence avec les programmes et les dispositions plus généraux visant à garantir le respect des règles environnementales en ce qui concerne le régime de sanctions de la législation environnementale de l’Union
Le recours au droit pénal s’inscrit en fin de compte dans un objectif plus large, à savoir garantir le respect général de la législation environnementale de l’Union. En 2018, la Commission a présenté cet objectif en termes d’«assurance du respect de la législation environnementale» 12 . Cette notion renvoie à l’ensemble de mesures auxquelles ont recours les autorités compétentes afin de garantir le respect de cette législation. Il comprend la promotion du respect de la législation, la prévention des infractions, la vérification du respect de la législation, la découverte des infractions et le recours à des mesures répressives d’ordre administratif ou pénal.
Comme indiqué, les professionnels soulignent l’importance du recours à des mesures pénales cohérentes avec une assurance plus générale du respect de la législation et des liens avec la répression reposant sur le droit administratif. Toutes les infractions au droit de l’Union doivent être punies 13 , et pas seulement celles qui justifient des sanctions pénales. C’est la raison pour laquelle les propositions législatives de la Commission comportent des dispositions relatives aux sanctions 14 . Pour être en mesure de déterminer le type de sanction approprié dans chaque situation, il importe de pouvoir choisir au cas par cas. Dans certains cas, on décidera d’engager des poursuites contre une infraction environnementale; dans d’autres, on optera pour des sanctions administratives. Il peut être nécessaire d’appliquer à la fois des mesures relevant du droit administratif et du droit pénal, par exemple lorsqu’une activité constituant un comportement délictueux donne également lieu à une obligation de réparation des dommages environnementaux, pour autant que ces mesures n’équivalent pas à une double peine.
La Commission contribuera à garantir la cohérence par les moyens suivants:
·un examen plus approfondi des dispositions relatives aux sanctions dans la législation sectorielle de l’Union, tant au moment de leur formulation que lors de leur transposition en droit national. La Commission évaluera notamment si, outre ces dispositions relatives aux sanctions, les modifications des dispositions existantes et les dispositions futures du droit de l’environnement doivent être assorties d’adaptations des infractions définies dans la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal pour garantir l’efficacité de sa mise en œuvre et de son application;
·un niveau accru de coopération avec les États membres et les services répressifs dans le domaine du respect de la législation environnementale et de la gouvernance environnementale, notamment par l’intermédiaire du forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale 15 . Ce cadre de coopération permettra à la Commission d’aborder les questions transversales relatives au recours au droit pénal et au droit administratif en matière de répression 16 .
Soutenir la chaîne répressive
Les maillons faibles de la chaîne répressive sapent l’efficacité de systèmes entiers. Un faible niveau de détection fait que des crimes ne sont pas mis au jour; des services répressifs surchargés ou mal formés font que les crimes mis au jour sont mal jugés, ou même échappent à tout jugement; enfin, les systèmes judiciaires dont les capacités sont insuffisantes, ou dans lesquels le fonctionnement de la criminalité environnementale est mal compris, entraînent des retards dans les procès et des résultats peu satisfaisants.
Au niveau de l’Union, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) (en matière administrative), Europol et Eurojust représentent des formes de coordination et de soutien de la chaîne répressive. Les réseaux européens volontaires d’agences pour l’environnement, d’inspecteurs, de forces de police, de procureurs et de juges soutiennent également cette chaîne en facilitant les échanges de connaissances et d’expériences entre les professionnels des services répressifs et ceux des autorités judiciaires. Outre les propositions de nouvelles dispositions, la Commission cherchera à soutenir la chaîne répressive:
·en encourageant les réseaux professionnels volontaires à utiliser le forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale pour échanger leurs idées sur le fonctionnement de la chaîne au gré de l’évolution du droit pénal et, s’il y a lieu, à se rapprocher des agences de l’Union telles qu’Eurojust;
·en contribuant à l’élaboration d’outils et d’approches visant à rendre la lutte contre la criminalité environnementale plus efficace, par exemple en soutenant le recours au renseignement géospatial et à l’intelligence artificielle pour recueillir et rassembler des éléments probants concernant les infractions telles que l’élimination illicite des déchets et la destruction d’habitats protégés 17 ;
·en encourageant le recours au règlement LIFE pour développer des moyens plus efficaces de lutte contre la criminalité environnementale 18 et soutenir le fonctionnement de plusieurs réseaux clés 19 ;
·en examinant s’il convient que les futures propositions législatives incluent des dispositions en matière de vérification du respect des règles et de détection des infractions visant à compléter les dispositions relatives aux sanctions et à renforcer l’assurance globale du respect de la législation;
·en améliorant la part consacrée au droit pénal de l’environnement dans le programme de formation continue pour la coopération avec les juges et procureurs nationaux, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union 20 ;
·en promouvant la plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) et en y participant, en tant qu’initiative de sécurité menée par les États membres en vue de déterminer, de hiérarchiser et de contrer les menaces liées à la criminalité organisée et à la grande criminalité internationale, notamment en faisant de la criminalité environnementale une priorité pour la période 2022-2025 et par des actions opérationnelles concrètes.
En outre, la Commission étudiera la possibilité d’étendre le mandat de l’OLAF dans la législation sectorielle, afin qu’il puisse mener des enquêtes administratives concernant des infractions environnementales.
Il est essentiel que les États membres contribuent eux aussi à soutenir la chaîne répressive au niveau de l’Union, notamment en permettant à leurs professionnels de participer aux réseaux volontaires européens et en encourageant une telle démarche. Sans cela, il sera plus difficile de garantir une approche cohérente et uniforme de la lutte contre la criminalité environnementale dans l’ensemble de l’Union.
Tirer parti des connaissances des professionnels des services répressifs
La lutte contre la criminalité environnementale est complexe du point de vue des connaissances requises en matière de droit, de procédures et d’interactions humaines avec l’environnement. Ces connaissances sont l’apanage des professionnels eux-mêmes ainsi que des agences et institutions compétentes en matière répressive et judiciaire. Le Réseau européen de formation judiciaire (REFJ) dispense une formation de qualité et fournit des connaissances essentielles dans le domaine concerné aux praticiens de la justice.
Les huit séries d’évaluations mutuelles menées à bien par le Conseil sont une illustration de la façon dont ces connaissances peuvent être mises à profit. Il en va de même pour l’approbation, en 2021, par le forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale d’orientations relatives à la lutte contre la criminalité environnementale et les infractions connexes 21 . Cette approbation est le fruit d’une collaboration approfondie entre la Commission, les États membres et les réseaux professionnels. On pourrait également citer les travaux réalisés par les réseaux professionnels sur des sujets tels que les inspections fondées sur les risques ainsi que les bonnes pratiques et les facteurs de gravité concernant les poursuites et les condamnations 22 . De nouvelles possibilités de mettre à profit ces savoirs professionnels viendront avec l’évolution des dispositions et des pratiques en matière pénale.
La Commission s’efforcera de jouer son rôle:
·en diffusant et en promouvant activement les travaux déjà réalisés en collaboration avec les professionnels, notamment par l’intermédiaire du REFJ;
·en encourageant les réseaux de professionnels à définir les sujets de préoccupation et à fournir des conseils pratiques sur la manière de les traiter.
Soutenir les défenseurs de l’environnement, les lanceurs d’alerte et les victimes
Si la lutte contre la criminalité environnementale est une charge qui incombe aux autorités publiques, le rôle des défenseurs de l’environnement et des lanceurs d’alerte mérite lui aussi d’être reconnu, de même que la place des victimes.
La lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages bénéficie amplement du travail d’organisations non gouvernementales (ONG) spécialisées qui percent à jour les crimes, recueillent les éléments permettant de les qualifier et en dénoncent les effets. Plus généralement, la société civile, dont font partie un certain nombre d’ONG, joue un rôle essentiel en alertant les autorités sur des problèmes tels que l’élimination illicite des déchets. Les lanceurs d’alerte peuvent jouer un rôle crucial pour mettre au jour le comportement criminel des entreprises. La toute première stratégie de l’UE relative au droit des victimes (2020-2025) 23 porte, entre autres, sur les victimes de la criminalité environnementale, notant que celles-ci peuvent être particulièrement exposées aux risques de victimisation secondaire, d’intimidations et de représailles, notamment si les infractions sont le fait de la criminalité organisée.
La Commission cherchera à soutenir davantage les défenseurs de l’environnement, les lanceurs d’alerte et les victimes:
·en encourageant le recours au règlement LIFE pour les projets impliquant la participation des défenseurs de l’environnement, en vue de lutter contre la criminalité environnementale;
·en encourageant les États membres à disposer de systèmes efficaces de traitement des plaintes permettant aux membres de la société civile de signaler en toute sécurité des infractions environnementales aux autorités compétentes 24 .
·comme annoncé dans le programme de travail de la Commission pour 2021, une proposition de législation contre les recours abusifs visant les journalistes et les défenseurs des droits, y compris les défenseurs de l’environnement, sera adoptée.
Développer la responsabilité des entreprises
La lutte contre les infractions environnementales et les dommages qui en découlent soulève de nombreuses questions, dont celle de la responsabilité pour les dommages environnementaux, notamment la responsabilité des entreprises, alors même que les chaînes d’approvisionnement sur les marchés actuels sont vulnérables aux activités criminelles et autres activités répréhensibles 25 .
La Commission reconnaît que la lutte contre la criminalité environnementale sera plus efficace si elle s’inscrit dans un effort plus général visant à renforcer la responsabilité des entreprises et à garantir le respect du principe du pollueur-payeur.
Parallèlement aux travaux sur la criminalité environnementale, la Commission:
·procédera à la deuxième évaluation de la directive 2004/35/CE sur la responsabilité environnementale, afin d’examiner de quelle manière améliorer l’application du principe du pollueur-payeur aux dommages environnementaux. Si les deux directives (la directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal et la directive sur la responsabilité environnementale) visent à renforcer la protection de l’environnement, la première concerne les infractions individuelles à la législation environnementale, tandis que la seconde traite des mesures correctives à mettre en place afin de réparer les dommages environnementaux;
·présentera, comme annoncé dans son programme de travail pour 2021, une proposition législative sur la gouvernance d’entreprise durable afin de favoriser un comportement durable et responsable à long terme des entreprises.
4.UNE OUVERTURE VERS L’EXTÉRIEUR: DIMENSION INTERNATIONALE
La lutte contre la criminalité environnementale revêt également une dimension internationale. Le trafic d’espèces sauvages peut provenir de pays situés en dehors de l’Union et tant le trafic de déchets que celui d’espèces sauvages ont des effets négatifs graves, y compris en dehors des frontières de l’Union. En raison de la dimension mondiale des chaînes d’approvisionnement, l’Union est susceptible d’importer des biens et des services qui nuisent gravement à l’environnement. Le caractère planétaire des crises liées au climat et à la perte de biodiversité fait que l’Union subira elle-même les répercussions négatives des actes de criminalité environnementale perpétrés dans d’autres régions du monde, a fortiori lorsque ceux-ci sont de grande ampleur et menacent le bien commun mondial.
Au niveau international, la lutte contre la criminalité environnementale suscite un intérêt croissant, et l’idée qu’il est possible de parvenir à un changement durable en agissant ensemble est de mieux en mieux comprise. Par conséquent, il est important de continuer à favoriser la coopération internationale dans ce domaine. En outre, les abus commis à grande échelle et causant des dommages graves ou durables à l’environnement (également appelés «écocides» 26 ) suscitent une attention croissante; en renforçant la lutte contre la criminalité environnementale, la nouvelle directive relative à la protection de l’environnement par le droit pénal contribuera à traiter ce phénomène. La criminalité environnementale peut contribuer à alimenter les conflits et l’instabilité, étant souvent associée au financement de groupes armés et de conflits civils ainsi qu’à une dégradation de l’environnement. De fait, la valeur monétaire de la criminalité environnementale fait de celle-ci la quatrième forme de criminalité au monde, comme indiqué dans l’introduction. Le trafic d’espèces sauvages, l’exploitation forestière illicite et le commerce illicite du bois qui en découle, ainsi que le trafic illégal de déchets sont devenus une véritable menace pour la sécurité, la stabilité politique, l’économie, les ressources naturelles et le patrimoine culturel de nombreux pays et régions. Outre les répercussions sur l’environnement, de plus en plus d’éléments tendent à prouver que la corruption qui découle de ces activités et leur permet de fructifier alimente une spirale qui fragilise l’état de droit, favorise d’autres activités criminelles et exacerbe l’insécurité. Par ailleurs, la destruction et la dégradation de l’environnement, qu’elles résultent de l’utilisation de celui-ci comme arme de guerre ou des assauts et des activités de soutien des conflits, entravent le rétablissement des populations frappées par un conflit, qui dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance et leur bien-être. Il est essentiel de plaider au niveau international en faveur de la protection de l’environnement naturel dans les conflits armés, conformément au droit international humanitaire.
Afin de contribuer à la lutte contre la criminalité environnementale au niveau mondial, l’Union a été l’un des principaux piliers du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC), un partenariat auquel participent le secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale des douanes. Le Consortium s’efforce d’apporter un soutien coordonné aux organismes nationaux chargés de faire respecter la législation en matière d’espèces sauvages et aux réseaux sous-régionaux et régionaux connexes. L’Union devrait également renforcer son soutien à la formation du personnel des services répressifs et des membres de l’appareil judiciaire des pays associés à la criminalité environnementale au niveau mondial. Les activités relevant de la politique de sécurité et de défense commune peuvent également contribuer à ces efforts.
Il est aussi crucial que l’Union aborde les questions liées à la criminalité environnementale dans ses relations bilatérales avec les pays partenaires. L’intensification de la lutte contre la criminalité environnementale devrait figurer encore davantage dans les dialogues politiques et stratégiques de l’Union et constituer un domaine de coopération bilatérale et régionale.
La lutte contre la criminalité environnementale dans l’Union revêt une grande importance mondiale, étant donné qu’elle est nécessaire, notamment, à la réalisation des objectifs de développement durable. Le renforcement de cette lutte au niveau de l’Union permettra à celle-ci de prêcher par l’exemple et d’être un partenaire efficace au niveau mondial.
La Commission et le haut représentant prévoient:
·de promouvoir la lutte contre la criminalité environnementale au niveau international, notamment en travaillant avec le PNUE et dans le cadre d’accords multilatéraux en matière d’environnement;
·de réviser le plan d’action de l’Union contre le trafic d’espèces sauvages à la lumière de l’expérience acquise jusqu’à présent dans sa mise en œuvre;
·de continuer de participer activement aux forums mondiaux multilatéraux et de travailler avec les organisations régionales et internationales concernées (telles que le PNUE, Interpol, l’ONUDC) afin de renforcer la coopération internationale contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité liée aux forêts et de tirer parti de la dimension transnationale du problème; de s’appuyer sur la coopération avec l’ICCWC dans le but de renforcer la police, les systèmes judiciaires et les contrôles aux frontières des pays exposés au commerce illicite d’espèces sauvages et de produits forestiers;
·de redoubler d’efforts pour que les questions liées à la lutte contre la criminalité environnementale soient abordées, s’il y a lieu, dans les dialogues politiques avec les pays partenaires, en particulier ceux où cette criminalité est la plus grave ou la plus récurrente;
·d’approfondir la coopération avec les pays partenaires afin de réduire la criminalité liée aux espèces sauvages (dont le braconnage) et la criminalité forestière, par exemple en renforçant les capacités des parties prenantes concernées tout au long de la chaîne de valeur/d’approvisionnement, des détaillants jusqu’aux négociants et aux consommateurs internationaux, tout en examinant les causes profondes de la criminalité environnementale;
·de maintenir le soutien aux pays partenaires de l’Union à la mise en œuvre des accords environnementaux multilatéraux en matière de déchets et de pollution, à l’amélioration des réglementations et au renforcement des capacités pour les faire appliquer;
·de suivre attentivement l’évolution de la situation internationale pour ce qui concerne la définition des écocides et les réponses éventuelles à y apporter 27 ;
·d’élaborer des solutions pour la mise en place, dans les pays du voisinage et les pays partenaires de l’Union, de programmes de formation à la prévention et à la lutte contre la criminalité environnementale, destinés tant aux forces de l’ordre qu’aux professionnels de la justice. Les activités relevant de la politique de sécurité et de défense commune pourraient également contribuer à ces efforts.
·de continuer de venir directement en aide aux défenseurs des droits en danger partout dans le monde, notamment les défenseurs des droits environnementaux, par l’intermédiaire du «mécanisme de l’UE pour les défenseurs des droits de l’homme»;
·de continuer à aider les partenaires de l’Union relevant des politiques d’élargissement et de voisinage – par exemple par des actions de renforcement des capacités – à lutter contre la criminalité environnementale et d’autres infractions graves, notamment au moyen d’inspections environnementales plus efficaces et de mesures répressives du droit administratif et du droit pénal; et
·de promouvoir des actions visant à mieux faire connaître les règles du droit international humanitaire relatives à la protection de l’environnement naturel dans les conflits armés et à en favoriser le respect.
UNEP-INTERPOL Rapid Response Assessment: The Rise of Environmental Crime – A Growing Threat To Natural Resources Peace, Development And Security, juin 2016.
Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale. (2021). Rapport sur le traitement par Eurojust des dossiers sur la criminalité environnementale. La justice pénale par-delà les frontières.
Mapping the risk of serious and organised crime infiltrating legitimate businesses , rapport final réalisé pour la direction générale de la migration et des affaires intérieures de la Commission européenne (2021), sous la direction de Shann Hulme, Emma Disley et Emma Louise Blondes, p. 40. Les auteurs de l’étude font état d’une augmentation des recettes estimées du marché illicite des déchets de l’Union, tant pour les déchets dangereux que pour les déchets non dangereux; selon eux, faute de mettre en place des mesures plus efficaces, le transfert illégal de déchets plastiques, de véhicules hors d’usage et de déchets électroniques devrait encore augmenter.
Conclusions du Conseil fixant les priorités de l’UE dans la lutte contre la grande criminalité organisée pour l’EMPACT 2022-2025, 8665/21, 12 mai 2021. L’objectif de la priorité relative à la criminalité environnementale consiste à «déstabiliser les réseaux criminels impliqués dans toutes les formes de criminalité environnementale, en mettant particulièrement l’accent sur le trafic de déchets et d’espèces sauvages, ainsi que sur les réseaux criminels et les entrepreneurs criminels individuels capables d'infiltrer les structures commerciales légales à haut niveau ou de créer leurs propres entreprises afin de faciliter leurs délits».
Dans sa communication de 2021 relative à la stratégie de l’UE visant à lutter contre la criminalité organisée, COM(2021) 170 final, la Commission a également souligné la nécessité d’améliorer le cadre législatif, de renforcer la capacité répressive à l’échelle nationale et de l’Union afin de lutter plus efficacement contre la criminalité environnementale et d’améliorer encore davantage la coopération par l’intermédiaire des réseaux européens de contrôle de l’application de la législation environnementale.
État de droit environnemental: premier rapport mondial | PNUE - Programme des Nations unies pour l’environnement .
Directive 2008/99/CE relative à la protection de l’environnement par le droit pénal, JO L 328 du 6.12.2008, p. 28.
Rapport final sur la huitième série d’évaluations mutuelles sur la criminalité environnementale, document 14065/19, https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-14065-2019-INIT/fr/pdf .
SWD (2020) 259 final.
À titre d’exemple, les infractions liées à la mauvaise gestion des déchets sont fondées sur les dispositions législatives de l’Union en matière de traitement des déchets.
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la mise à disposition sur le marché de l’Union et à l’exportation hors de l’Union de certains produits et marchandises associés à la déforestation et à la dégradation des forêts, COM(2021) 706 final.
Voir aussi la directive (UE) 2019/1937 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2019 sur la protection des personnes qui signalent des violations du droit de l’Union.
Communication de la Commission sur les actions de l’UE destinées à améliorer le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, COM(2018) 10 final.
Affaire 68/88 Commission/Grèce (maïs grec) [1989] Rec. 2965, points 23 et 24.
Un exemple de disposition relative au régime de sanctions est l’article 16 du règlement (CE) nº 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur commerce (règlement CITES). La proposition de la Commission concernant un nouveau règlement relatif aux transferts de déchets comporte également une disposition détaillée sur les sanctions.
Décision de la Commission du 18 janvier 2018 relative à la création du groupe d’experts sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale, C(2018) 10 final.
Un sous-groupe sur la sanction des infractions environnementales a été créé dans le cadre du forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale afin de veiller, entre autres, à garantir la cohérence entre les différents textes législatifs applicables et de recenser les bonnes pratiques en matière de répression et de sanctions.
Voir le règlement (UE) 2021/696 du Parlement européen et du Conseil du 28 avril 2021 établissant le programme spatial de l’Union et l’Agence de l’Union européenne pour le programme spatial et abrogeant les règlements (UE) nº 912/2010, (UE) nº 1285/2013 et (UE) nº 377/2014 et la décision nº 541/2014/UE, qui établit le rôle des technologies spatiales et du renseignement géospatial pour garantir le respect de la législation environnementale, désormais inclus dans le champ d’application du programme Copernicus [considérants 77, 78, article 49, paragraphe 4, point b), et article 51, paragraphe 1, point a)].
Voir le règlement (UE) nº 2021/783 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant un programme pour l’environnement et l’action pour le climat (LIFE) et abrogeant le règlement (UE) nº 1293/2013. Parmi quelques exemples de projets fructueux dans le domaine concerné, financés au titre de l’initiative LIFE par le passé, on citera utilement le projet LIFE SMART Waste (LSW), entre 2014 et 2020, un partenariat novateur entre plusieurs instances européennes clés et qui a permis de trouver des moyens innovants de comprendre, de combattre et de réduire la criminalité liée aux déchets, et le projet IMPEL LIFE SWEAP (2018-2023), axé sur les transferts de déchets, les mesures répressives et la cartographie des tendances en matière de transferts illégaux de déchets.
Le règlement LIFE consacre le rôle des réseaux, tels qu’IMPEL, REPE et EUFJE (considérant 33, article 13 et annexe 1).
Les supports de formation déjà élaborés dans le cadre de ce programme sont disponibles en ligne .
Les orientations relatives à la lutte contre la criminalité environnementale et les infractions connexes sont publiées en ligne .
Par exemple, le réseau IMPEL a élaboré des documents d’orientation sur le cycle d’inspection environnementale et sur l’inspection des décharges qui présentent les bonnes pratiques issues de différents systèmes juridiques et soulignent l’importance d’une planification adéquate des inspections. Le Réseau européen des procureurs pour l’environnement (REPE) a produit le rapport intitulé Sanctioning Environmental Crime – Prosecution and Judicial Practices .
COM(2020) 258 final.
En 2019, le forum sur le respect de la législation environnementale et la gouvernance environnementale a approuvé un vade-mecum sur le traitement des plaintes et l’engagement citoyen. Voir https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/1fc175c2-8051-11ea-b94a-01aa75ed71a1/language-fr . La Commission a aussi publié un guide succinct: https://ec.europa.eu/environment/system/files/2020-09/Environmental%20complaints%20-%20summary%20guide.pdf .
Résolution du Parlement européen du 20 mai 2021 sur la responsabilité des entreprises dans les dommages causés à l’environnement [2020/2027(INI)].
Voir par exemple la résolution du Parlement européen du 20 mai 2021 sur la responsabilité des entreprises dans les dommages causés à l’environnement, où l’on peut lire au point 12 que «[le Parlement européen] prend acte de l’engagement croissant des États membres à œuvrer en faveur de la reconnaissance de l’écocide aux niveaux national et international; demande à la Commission d’étudier la pertinence de la qualification d’écocide pour le droit de l’Union et sa diplomatie».
En ce qui concerne les réflexions menées dans le cadre du statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), il convient de noter que l’Union européenne n’est pas partie à ce Statut.