COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 16.12.2021
COM(2021) 816 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Rapport annuel 2021
relatif à la mise en œuvre des instruments de l’action extérieure de l’Union européenne en 2020
{SWD(2021) 388 final}
Table des matières
ENGAGEMENTS DANS LE MONDE
Introduction
Approche de l’équipe d’Europe: réagir à la crise de la COVID-19 au niveau mondial
L’UE: un acteur mondial de premier plan
PRIORITÉS MONDIALES
Développement humain
Pacte vert
Croissance et emplois durables
Science, technologie, innovation et transition numérique
Migration et assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées
Gouvernance, paix et sécurité
ACTION AU NIVEAU MONDIAL
Afrique subsaharienne
Amérique latine et Caraïbes
Asie, Asie centrale, Proche-Orient/Golfe et Pacifique
Élargissement
Voisinage européen
Pays et territoires d’outre-mer (PTOM)
ENGAGEMENTS DANS LE MONDE
Introduction
L’année 2020 a été marquée par la COVID-19. La pandémie a eu des répercussions sur la vie de chacun d’entre nous, d’un bout à l’autre de la planète. L’UE y a fait face au moyen de ses instruments d’action extérieure, faisant montre d’adaptabilité et de souplesse et démontrant toute la puissance de ses partenariats internationaux.
Le présent rapport décrit les principaux aspects du soutien financier que l’UE a accordé en 2020 dans le cadre de la coopération internationale et du développement, de l’aide humanitaire, de la politique étrangère et de l’élargissement. Dès avant la survenue de la pandémie, l’UE s'était fait le chantre d’un programme à long terme aligné sur les objectifs de développement durable (ODD) et guidé par un objectif de viabilité et de partenariat. Loin de détourner l’UE de cet objectif, la COVID-19 a en fait révélé la clairvoyance des auteurs de ce programme et démontré qu’il était plus urgent que jamais, la pandémie mettant en lumière certains problèmes tels que la croissance des inégalités dans le monde et le fossé numérique.
En 2020, l’UE et ses États membres ont uni leurs forces dans le cadre d’une «approche de l'équipe d'Europe», mobilisant plus de 40 000 000 000 EUR pour lutter contre la COVID-19 et ses conséquences sur nos pays partenaires à travers le monde, qui viennent s’ajouter aux efforts consentis pour protéger les peuples et les économies de l’UE elle-même.
Si la priorité immédiate en 2020 a été d’atténuer les répercussions de la COVID-19 dans les pays les plus vulnérables, l’UE n’a pas pour autant perdu de vue la nécessité de jeter les bases d’une transition écologique et numérique au moyen d’une reprise mondiale juste, inclusive et résiliente. Lors de la conférence à haut niveau des Nations unies sur le financement du développement de septembre 2020, la présidente von der Leyen a appelé de ses vœux une initiative pour la relance au niveau mondial liant des investissements et des allègements de dette aux ODD.
En 2020, l’UE a progressé dans deux grands domaines de son action extérieure: sur le plan interne, les négociations sur le nouvel instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI — L’Europe dans le monde) pour la période 2021-2027; sur le plan externe, les négociateurs en chef de l'UE et de l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) sont parvenus à un accord politique dans le cadre de l'après-Cotonou de nature à actualiser et à moderniser les relations de l’UE avec les 79 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
L’UE a franchi une étape historique en décidant d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie. Parallèlement, un plan économique et d’investissement ambitieux pour les Balkans occidentaux s’est attaché à y encourager la relance à long terme et à faciliter leur cheminement vers l’adhésion à l’UE.
Tout au long de l’année 2020, l’UE a continué d’apporter une réponse aux évolutions géopolitiques dans les pays et régions de son voisinage. Elle a pris la tête d’initiatives visant à renforcer la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, à consolider le processus de stabilisation et de paix en Libye dans le cadre du processus de Berlin, et à soutenir la société civile en Syrie.
Les efforts de l’UE destinés à promouvoir la paix et la stabilité dans la région du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger), en République centrafricaine et dans la Corne de l'Afrique (Somalie) comportaient notamment des missions diplomatiques et civiles, ainsi que des missions et opérations militaires relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), de même qu’une aide humanitaire, une aide à la stabilisation et une aide au développement, dans une approche de partenariat intégrée.
Fin 2020, la communication intitulée «Un nouveau programme UE-États-Unis pour un changement planétaire» visait à renforcer le partenariat transatlantique sur plusieurs programmes stratégiques, dont le changement climatique, la santé et la mise en œuvre du programme à l’horizon 2030.
La promotion et la protection des droits de l'homme constituent une pierre angulaire de l’action extérieure de l’UE, réaffirmée dans le cadre du plan d’action de cette dernière en faveur des droits de l’homme et de la démocratie pour la période 2020-2024. À l’ère du numérique, dans un monde en proie à la désinformation, ce plan d’action favorise aussi le renforcement de la démocratie et de la transparence au moyen d’une éducation aux médias. L’adoption, le 7 décembre, du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme et les inscriptions ultérieures, en mars 2021, sont des exemples concrets de la détermination de l’UE à défendre les droits de l’homme dans le monde.
Approche de l’équipe d’Europe: réagir à la crise de la COVID-19 au niveau mondial
L’approche de l’équipe d’Europe est une innovation pratique de premier ordre portant sur la manière dont l’UE et ses États membres collaborent dans des domaines de compétences parallèles. Elle est apparue en réaction à la crise de la COVID-19.
Elle rassemble les institutions et les États membres de l’UE, leurs agences de mise en œuvre et des institutions européennes de financement du développement. En combinant ressources, méthodes de travail, savoir-faire et outils, dans le respect des compétences de l’UE et des procédures décisionnelles instituées par les traités, cette approche forge une culture stratégique de coordination autour d'une action transformatrice.
L’UE a soutenu dès le départ le dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (dispositif ACT). Co-organisée le 4 mai 2020 par la Commission, la conférence des donateurs dans le cadre de la riposte mondiale face au coronavirus a permis de lever 15 900 000 000 EUR en vue de permettre le développement collaboratif de vaccins, d'outils de diagnostic et de traitements contre la COVID-19, ainsi que leur distribution dans le monde entier. Plus de 70 % de ces engagements provenaient de l’UE et de ses États membres.
Sur un total supérieur à 40 000 000 000 EUR mobilisés par l’UE et ses États membres en 2020 afin de lutter contre la COVID-19, 65 % environ a été décaissé l’année même.
Dans le cadre d’un effort de rapatriement unique en son genre, l’UE a aidé plus de 625 000 citoyens européens bloqués à l'étranger à regagner leur domicile. Le mécanisme de protection civile de l’UE a également facilité la fourniture de plus de 18 millions d’articles de protection individuelle et de dispositifs médicaux, dont plus de trois millions d’articles provenant des réserves rescEU constituées en 2020.
L’UE: un acteur mondial de premier plan
L’UE demeure l’un des rares acteurs bénéficiant d’une présence mondiale et d’une panoplie complète d’instruments d’action lui permettant de réagir et de soutenir ses partenaires à travers le monde.
L’UE et ses États membres se sont engagés à prendre en considération les objectifs de la coopération au développement dans les politiques externes et internes concernant les pays en développement. Le consensus européen pour le développement de 2017 a réaffirmé l’importance de la cohérence des politiques au service du développement.
En 2020, d’après des données provisoires, l’UE et ses 27 États membres demeuraient le premier pourvoyeur mondial d'aide publique au développement (APD), faisant passer leur contribution collective à 66 800 000 000 EUR. Cela représente 46 % du montant total octroyé par l’UE et les autres donateurs du Comité d’aide au développement (CAD), soit encore l’équivalent de 0,50 % du revenu national brut (RNB) de l’UE.
En 2020, l’UE a continué de s’investir activement dans les processus des Nations unies liés au développement. La Commission a présenté le document de travail de ses services intitulé «Delivering on the UN Sustainable Development Goals – a comprehensive approach» (Réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies – Une approche globale) , qui indique l’engagement pris par l’UE au regard du programme à l’horizon 2030. Avec l’aide de l’UE, des cadres de financement nationaux intégrés (CFNI) ont été mis au point en vue d’élaborer des stratégies de financement par pays visant à progresser dans la réalisation des ODD.
L’Afrique est restée une priorité essentielle de l’UE en 2020. En mars, la Commission et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont rendu publique leur vision du renforcement du partenariat entre l’UE et l’Afrique dans une communication conjointe intitulée «Vers une stratégie globale avec l’Afrique» . Ils ont proposé d’approfondir la coopération dans cinq domaines clefs: transition verte, transformation numérique, croissance et emplois durables, paix et gouvernance, ainsi que migration et mobilité.
L’UE et ses États membres demeurent conjointement le premier pourvoyeur d’aide humanitaire au monde. Le budget d’aide humanitaire de l’UE pour 2020 s’est élevé à 2 138 000 000 EUR.
En 2020, l’UE a financé des organisations d’aide humanitaire dans plus de 80 pays et régions, notamment en Afghanistan, en Haïti, au Sahel, au Soudan du Sud, en Syrie, en Turquie, en Ukraine, au Venezuela et au Yémen.
En 2020, le mécanisme de protection civile de l’Union a été activé 102 fois, dont 57 à l’extérieur de l’Europe, pour toutes sortes de catastrophes naturelles et d'origine humaine.
En 2020, l’UE a poursuivi la mise en œuvre de sa politique européenne de voisinage (PEV), faisant progresser des réformes et renforçant la résilience et la prospérité de partenaires de son voisinage. En mars 2020, la Commission et le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont adopté la communication conjointe sur la politique du partenariat oriental au-delà de 2020 intitulée «Renforcer la résilience – Un partenariat oriental qui profite à tous», qui définit cinq objectifs politiques à long terme ayant la résilience comme objectif transversal.
En novembre 2020, le 25e anniversaire de la déclaration de Barcelone a été l’occasion de se pencher sur les priorités du partenariat entre l’UE et la région de son voisinage méridional. La communication conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité sur un partenariat renouvelé avec le voisinage méridional a mis l’accent sur le développement humain, une reprise économique durable et inclusive, et l’émancipation de la jeunesse.
Pour les Balkans occidentaux, la Commission a adopté des propositions visant à consolider le processus d’adhésion et, en mars 2020, le Conseil européen a approuvé la décision du Conseil des affaires générales d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la République d’Albanie et la République de Macédoine du Nord. Lors du sommet UE-Balkans occidentaux du 6 mai 2020, les dirigeants de l’UE ont réaffirmé que l’UE est résolue à encore intensifier son action avec la région et ont accueilli avec satisfaction l’engagement des partenaires des Balkans occidentaux de mettre en œuvre les réformes nécessaires.
En 2020, des accords politiques ont été conclus en ce qui concerne le Fonds européen de la défense et la facilité européenne pour la paix. Dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), les missions civiles et les missions et opérations militaires (par exemple en République centrafricaine, en Géorgie, en Iraq, au Kosovo, en Libye, au Mali, au Niger, dans les territoires palestiniens, en Somalie, en Méditerranée du Sud, en Ukraine et dans l'océan Indien occidental) ont continué de venir en aide à nos partenaires et à faire face aux crises de par le monde.
Une nouvelle opération militaire de la PSDC, l'EUNAVFOR MED IRINI, a été lancée le 31 mars 2020 avec pour mandat principal la mise en œuvre de l’embargo des Nations unies sur les armes imposé à la Libye. À l’issue d’un réexamen stratégique global de l’engagement de la PSDC dans la Corne de l’Afrique, les mandats des opérations militaires Atalanta de l'EUNAVFOR et EUTM Somalia, ainsi que de la mission civile EUCAP Somalia ont été prolongés jusqu’au 31 décembre 2022. L’UE a proposé un nouvel outil, les présences maritimes coordonnées, visant à accroître sa capacité à agir en tant qu'acteur de la sûreté maritime. En septembre, le plan de mise en œuvre d’un projet pilote dans le golfe de Guinée a été adopté.
En 2020, le service des instruments de politique étrangère (FPI) de l’UE a déployé 17 missions électorales, réalisé des examens documentaires à distance et soutenu 14 processus électoraux.
Dans le cadre du plan d’investissement extérieur (PIE), le Fonds européen pour le développement durable (FEDD) a été constitué en vue de soutenir l’investissement en Afrique et dans le voisinage de l’UE. Fin 2020, la Commission avait signé avec des institutions financières partenaires des accords de garantie d’un montant total de 1 550 000 000 EUR.
Le cadre de financement mixte de l’UE comprend sept mécanismes régionaux de financement mixte actifs. En 2020, ces mécanismes ont investi plus de 900 000 000 EUR dans des projets à travers la planète.
Le soutien budgétaire demeure un outil important à l’appui de l’action extérieure de l’UE. L’UE a décaissé au total 3 000 000 000 EUR de soutien budgétaire en 2020.
La programmation conjointe préconise de baser nos relations avec nos pays partenaires sur une stratégie européenne commune. Fin 2020, on recensait 22 documents relatifs à la programmation conjointe, dont un nouveau document pour l’Équateur. La prolongation des instruments de renforcement des institutions (TAIEX et Twinning) en 2020 a contribué à la mobilisation de l’expertise européenne dans le monde.
PRIORITÉS MONDIALES
En 2020, l’UE a poursuivi son objectif en matière de développement durable au moyen de partenariats pragmatiques. Voici quelques exemples soulignant l’engagement constant de l’UE en faveur de la durabilité.
Développement humain
La COVID-19 a entraîné la fermeture d’écoles et d’universités, touchant ainsi plus de 1,5 milliard d’étudiants dans le monde. Des programmes de soutien à l’éducation financés par l’UE, tels que le partenariat mondial pour l’éducation, l’«Éducation ne peut pas attendre» et l’éducation dans les situations d’urgence, ont été réorientés afin de fournir un financement d’urgence et de garantir la continuité des apprentissages à plus de 355 millions d’enfants dans 66 pays. Des mécanismes de flexibilité ont été introduits dans Erasmus+ afin de continuer à soutenir les universités, les étudiants et le personnel des pays partenaires.
En 2020, l’UE a sensiblement accru son soutien à l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, qui constituent la première ligne de défense contre la COVID-19, dans des pays tels que les Philippines, le Pakistan, l’Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal et le Cameroun, notamment.
Fin 2020, 26 pays et six régions bénéficiaient de l’initiative Spotlight de l'UE et des Nations unies, un partenariat mondial inédit visant à éradiquer la violence à l’encontre des femmes et des filles, 497 000 000 EUR ayant été engagés au total.
En 2020, 60 % environ des financements liés à la COVID-19 sont allés au soutien de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’émancipation des femmes.
En 2020, l’UE a dépassé de 800 000 000 EUR sa contribution globale de 3 500 000 000 EUR en faveur de la nutrition. Entre 2014 et 2020, l’UE a engagé 4 300 000 000 EUR pour lutter contre la malnutrition infantile et maternelle. L’UE a aussi soutenu les services de santé durant la pandémie en renouvelant les engagements concernant, d’une part, la vaccination de routine dans les pays partenaires au moyen d’une promesse de don de 300 000 000 EUR à GAVI, l’Alliance du vaccin, et d’autre part, la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation, au moyen d’une subvention de 26 500 000 EUR au mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents.
Pacte vert
Fin 2020, les activités financées par l’UE en faveur des énergies durables dans ses pays partenaires avaient contribué à la génération de 18 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de production d’énergie renouvelable. Cela a permis à plus de 22 millions de personnes d’accéder à une énergie et à des services énergétiques durables.
Dans le cadre du PIE, les premiers programmes de garantie ciblant des villes durables ont été signés en 2020.
Un soutien direct a été apporté à 12 pays partenaires afin de revoir à la hausse leurs contributions déterminées au niveau national (CDN). Par l’intermédiaire de l’Alliance mondiale pour la lutte contre le changement climatique (AMCC+), l’UE a contribué à plus de 80 stratégies nationales de lutte contre le changement climatique dans plus de 60 pays.
Dans le domaine de l’agriculture durable, 19 projets DeSIRA (initiative «Développement et innovation intelligente grâce à la recherche dans le domaine de l’agriculture») ont été signés en 2020.
En 2020, plusieurs partenaires se sont joints à l’UE pour lancer une initiative ambitieuse intitulée «Landscapes for Our Future», qui vise à promouvoir une gestion intégrée des paysages, s’étendant à plus de 20 pays et trois sous-régions.
Croissance et emplois durables
En 2020, l’UE a fourni 183 000 000 EUR au fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes du FMI, qui aide les gouvernements des pays les plus pauvres et les plus vulnérables à faire face aux conséquences de la COVID-19 et à préserver l’emploi.
Une contribution de 10 000 000 EUR octroyée à l'instrument pour l’inclusion financière des femmes a permis, par un effet de levier, de mobiliser d’importants investissements publics et privés d’un montant total 75 000 000 EUR en 2020, en vue de soutenir l'autonomisation économique de plus de six millions de femmes dans le monde, ainsi que leur inclusion financière.
Le partenariat de l’UE pour des minerais responsables a contribué à la création de 22 organisations de mineurs dans le monde, en leur donnant accès aux marchés officiels. En 2020, sept nouveaux projets ont été lancés en Afrique et en Amérique latine.
Dans les Balkans occidentaux et en Turquie, plus de 25 programmes de l’UE ont directement contribué à l’insertion sur le marché du travail et à un travail décent.
Science, technologie, innovation et transition numérique
En 2020, l’UE a accru son engagement en faveur de la science, de la technologie, de l’innovation et de la transition numérique, en lançant de nouvelles initiatives avec l’Afrique et en élargissant les travaux sur son système Copernicus d’observation de la terre par satellite.
La plateforme Digital4Development (D4D) a été lancée en décembre 2020; il s’agit d’une plateforme stratégique pour le dialogue multipartite et la coordination entre États membres visant à stimuler les investissements et les partenariats ayant trait à la transformation numérique.
Il a été pris acte de l’importance accrue de la science, de la technologie et de l’innovation aux fins d’une croissance inclusive et durable dans les régions ACP avec le lancement d’un nouveau programme de 60 000 000 EUR destiné à renforcer les écosystèmes et les capacités d’innovation.
La collaboration avec les programmes-cadres de l’UE pour la recherche et l'innovation (Horizon 2020 pour l’année 2020) et ses partenariats (EDCTP, par ex.) a été capitale pour garantir des synergies entre les différents instruments de financement.
Migration et assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées
Alors que plus de 82,4 millions de personnes sont actuellement déplacées de force dans le monde, l’UE a continué d’octroyer une aide humanitaire en faveur des populations vulnérables ainsi déplacées. Une assistance a été apportée dans les principaux pays d’accueil de réfugiés (Bangladesh, Colombie, Éthiopie, Iran, Kenya, Liban, Pérou, Turquie et Ouganda, par ex.), ainsi que dans les pays concernés par des déplacements internes (Colombie, République démocratique du Congo, Soudan du Sud et Syrie, par ex.). Les migrants vulnérables ont également bénéficié d’une assistance et d’une protection vitales le long des grands axes migratoires en Amérique centrale, en Libye et au Yémen.
Le pacte européen sur la migration et l’asile a été adopté par la Commission en septembre 2020. Des partenariats sur mesure en matière de migration ont été mis en place ou renforcés avec plusieurs pays d’Afrique et d’Asie.
En 2020, de nouveaux programmes d’une valeur de 561 000 000 EUR ont été approuvés dans le cadre du fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique; ils concernent la Corne de l’Afrique, le lac Tchad, l’Afrique du Nord et le Sahel et contribuent à faire en sorte que les migrations en provenance, à destination et au sein de ces régions se déroulent de manière sûre, sécurisée, légale et ordonnée.
Le fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique et le fonds fiduciaire régional de l’UE en réponse à la crise syrienne ont tous deux été prolongés d’un an consécutivement à la crise de la COVID-19 et du fait de l’explosion survenue dans le port de Beyrouth. À la fin de 2020, la totalité du budget de 6 000 000 000 EUR de la facilité en faveur des réfugiés en Turquie avait fait l’objet de contrats.
Au cours de l’année 2020, de nouvelles initiatives ont porté sur le déplacement prolongé et ont soutenu les réfugiés vénézuéliens et rohingyas, réduisant la pression financière et sociale exercée sur les communautés d’accueil, tout en favorisant l’intégration locale et la protection des réfugiés, des migrants et des autres personnes déplacées.
En outre, pour relever les défis liés à la migration irrégulière, les fonds de développement ont été orientés vers les pays partenaires, en les aidant à mettre en place des systèmes efficaces en matière de gouvernance et de gestion des migrations, notamment en ce qui concerne les capacités de gestion des frontières et la lutte contre les réseaux criminels spécialisés dans le trafic de migrants, ainsi qu’à améliorer les processus de retour, de réadmission et de réintégration.
Gouvernance, paix et sécurité
En 2020, les missions civiles et militaires de la PSDC de l’UE ont contribué à la paix et à la sécurité, leurs tâches allant du conseil aux ministères compétents au niveau stratégique sur les réformes à effectuer dans les domaines de la sécurité et de la défense au soutien à la gestion des frontières ou encore à la formation de la police locale.
Deux projets ont été lancés pour associer les partenaires de l’élargissement et du voisinage aux travaux des agences européennes compétentes en matière de justice et d’affaires intérieures (EUROMED Police V et CT-INFLOW).
Pour ce qui est de l’état de droit et de l’égalité d'accès à la justice, le système judiciaire transitoire de l’UE a soutenu des actions à court terme et la fourniture de conseils d’experts au Burkina Faso, au Liberia, au Mali et au Yémen. Le fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique et l’instrument contribuant à la stabilité et à la paix ont également continué à soutenir les processus de stabilisation, de réconciliation et de paix dans divers pays et régions, dont la République centrafricaine, la Libye, le Mozambique, le Sahel, la Syrie et le Yémen.
En 2020, l'approche associant l'aide humanitaire, le développement et la paix a été mise en œuvre dans six pays partenaires pilotes (Tchad, Iraq, Myanmar/Birmanie, Nigeria, Soudan et Ouganda).
ACTION AU NIVEAU MONDIAL
En 2020, les partenariats et initiatives de l’action extérieure de l’UE ont prêté main-forte aux existences, aux moyens de subsistance et aux écosystèmes locaux dans chaque recoin de notre planète.
Afrique subsaharienne
La communication conjointe intitulée «Vers une stratégie globale avec l’Afrique », conjointement avec l’accord post-Cotonou, dessineront le contour des relations entre l’UE et l’Afrique au fil des années à venir.
En février 2020, la dixième réunion de la Commission de l'Union africaine et de la Commission européenne s’est tenue à Addis-Abeba. Les discussions ont porté sur quatre grands domaines: la croissance, le commerce et l’investissement durables et la numérisation; le changement climatique et les infrastructures résilientes; la paix, la sécurité et la gouvernance; et les migrations et la mobilité.
En avril, le sommet UE-G5 Sahel a encore approfondi les relations entre le G5 Sahel et l’UE, en soutenant la coalition pour le Sahel et le partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel (P3S), dont le secrétariat a été créé en novembre 2020.
La première réunion UA-UE des ministres chargés de la recherche et de l'innovation s’est tenue en juillet 2020. Tous les ministres sont tombés d’accord pour mettre un nouvel accent sur des activités de recherche et d’innovation communes en matière de santé, de transition écologique, d’innovation et de technologie, ainsi que de capacités pour la science. Les ministres ont aussi salué la perspective d’élaborer un programme commun d'innovation UA-UE.
En 2020, la construction de la centrale solaire DEFISSOL au Bénin a commencé. Elle fournira 35 GWh d’électricité par an à 180 000 bénéficiaires.
Amérique latine et Caraïbes
En 2020, l’UE et ses États membres ont organisé deux réunions importantes avec des représentants de la région Amérique latine et Caraïbes (ALC): une vidéoconférence ministérielle informelle en juillet et une réunion ministérielle informelle en décembre. Les gouvernements des pays de l’UE et de l’ALC se sont engagés à unir leurs efforts pour «reconstruire en mieux», notamment au moyen d’un solide partenariat vert et d’une alliance numérique.
En juin 2020, le pilier politique et de coopération de l'accord d'association UE-Mercosur a fait l’objet d’un accord.
Du fait de la détérioration de la situation politique et de l’aggravation de la crise humanitaire au Venezuela, les flux migratoires ont grossi jusqu’à représenter plus de 5,4 millions de personnes fin 2020. Lors de la Conférence internationale des donateurs pour le Venezuela, en mai, l’UE a mobilisé plus de 144 000 000 EUR d’aide humanitaire et de coopération au développement afin de venir en aide aux personnes déplacées et à leurs communautés d’accueil.
Le fonds fiduciaire de l'UE en faveur de la Colombie a continué de soutenir la mise en œuvre de l’accord de paix grâce à un développement rural durable et à la réintégration des anciens combattants. Le projet sur les entreprises et la biodiversité a contribué à restaurer et à protéger la biodiversité marine et côtière dans les Caraïbes grâce à un tourisme durable en République dominicaine, en Haïti et au Honduras.
Asie, Asie centrale, Proche-Orient/Golfe et Pacifique
En 2020, l’UE a conservé des liens solides avec ses grands partenaires stratégiques au moyen de sommets organisés avec la Chine, l’Inde, le Japon et la République de Corée, deux réunions des dirigeants supplémentaires avec la Chine et une première réunion des dirigeants avec l’Australie.
La négociation d’un accord global UE-Chine sur les investissements (AGI) a débouché en décembre sur un processus de ratification s’inscrivant dans le contexte élargi des relations UE-Chine. Le sommet UE-Inde a donné lieu à l’adoption de la feuille de route UE-Inde à l'horizon 2025, destinée à servir de guide à la coopération future. En décembre, l’UE et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) sont convenues de lancer un partenariat stratégique.
En août 2020, l’accord de libre-échange UE-Viêt Nam est entré en vigueur. Il s’agit là de l’accord commercial le plus complet que l’UE ait conclu à ce jour avec un pays en développement partenaire.
Le dialogue et la coopération avec le Conseil de coopération du Golfe ont repris en juin 2020.
En Papouasie - Nouvelle-Guinée, le nouveau soutien apporté par l’UE au programme visant à soutenir l'entrepreneuriat, l'investissement et le commerce en milieu rural a permis d’offrir une formation à quelque 120 producteurs de cacao et 432 producteurs de vanille, tandis que plus de 10 000 producteurs recevaient plus de 60 000 semis de fèves de cacao particulièrement résistants aux organismes nuisibles.
Élargissement
En 2020, des évolutions majeures sont survenues en ce qui concerne le programme d’élargissement de l’UE. En février 2020, la Commission a adopté des propositions visant à consolider le processus d’adhésion et, en mars, le Conseil européen a approuvé la décision du Conseil des affaires générales d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la République d’Albanie et avec la République de Macédoine du Nord. Lors du sommet UE-Balkans occidentaux de mai, l’UE a réaffirmé sa détermination à intensifier davantage son engagement dans la région.
Le paquet «élargissement» annuel a été adopté en octobre, en même temps que le plan économique et d’investissement pour les Balkans occidentaux , qui comprenait des orientations pour la mise en œuvre du programme en matière d'environnement. Ce plan vise à stimuler la relance à long terme après la pandémie, à dynamiser la croissance économique (y compris les transitions écologique et numérique) et à soutenir les réformes requises pour l’adhésion, y compris en rapprochant les partenaires des Balkans occidentaux du marché unique de l’UE.
Au second semestre 2020, la Commission européenne a engagé des discussions techniques informelles avec les Balkans occidentaux concernant leur association à Horizon Europe.
L’instrument d’aide de préadhésion (IAP) II aide les bénéficiaires à introduire des réformes en vue de s’aligner sur les règles et valeurs de l’UE sur la voie de leur adhésion potentielle. En 2020, 14 nouveaux programmes nationaux mis en œuvre au titre de l’IAP ont été adoptés. Au total, les engagements opérationnels en faveur de l’AP II se sont montés à 1 230 000 000 EUR en 2020.
Les instruments de renforcement des institutions (TAIEX et Twinning) ont soutenu activement les pays bénéficiant de l’IAP dans leurs processus de réforme. En 2020, TAIEX a organisé 143 événements, tandis que 53 projets de jumelage étaient en cours.
En 2020, le sixième train de mesures du programme de connectivité a été approuvé, concrétisant l’engagement de 1 000 000 000 EUR pris en 2015 en faveur d’investissements dans le domaine de l'interconnexion des réseaux de transport et des réseaux énergétiques dans les Balkans occidentaux. L’engagement de l’UE mobilisera au total des investissements d’un montant supérieur à 3 700 000 000 EUR.
Voisinage européen
Des progrès ont été réalisés en 2020 en ce qui concerne la mise en œuvre des accords d’association et des zones de libre-échange approfondi et complet avec la Géorgie, la République de Moldavie et l’Ukraine, ainsi que de l’accord de partenariat global et renforcé avec l'Arménie. Les négociations sur un nouvel accord global UE-Azerbaïdjan se sont poursuivies. En Biélorussie, les négociations sur les nouvelles priorités de partenariat ont été interrompues à la suite des élections présidentielles de 2020.
En Ukraine, des progrès ont été observés en 2020 dans des domaines tels que la décentralisation, le développement des infrastructures et la transformation numérique. Faisant suite au conflit du Haut-Karabakh, l’UE a mobilisé, en guise de première réaction, près de 4 000 000 EUR d’aide humanitaire et s’est dite disposée à soutenir la reconstruction et à élaborer un règlement durable et global.
Dans le cadre d’Horizon 2020, la Commission européenne a eu recours à toute une palette d’instruments pour soutenir le renforcement des capacités de recherche et d’innovation en Arménie, en Géorgie, en Moldavie et en Ukraine. Elle a aussi engagé des discussions techniques informelles avec l’Arménie, la Géorgie, Israël, la Moldavie, la Tunisie et l’Ukraine concernant leur association à Horizon Europe.
En collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, la Commission a procuré des fournitures médicales aux pays du voisinage oriental de l’UE, en réaction à la COVID-19, en l’occurrence plus de 11 millions d’articles de protection individuelle, 12 000 kits de laboratoire, plus de 1 500 respirateurs, des concentrateurs d'oxygène, des oxymètres de pouls, et plus de 20 000 kits de test PCR. Dans le voisinage méridional, la Commission a financé la fourniture d’équipements médicaux et soutenu le mécanisme COVAX, permettant ainsi de fournir quelque 6,7 millions de doses de vaccin.
En 2020, l’UE a continué d’apporter son aide à la Syrie et aux pays voisins accueillant des réfugiés, s’efforçant de soutenir le retour à la paix et la reprise de la transition vers la démocratie en Libye, et d’aider le Liban à surmonter ses crises politique et socio-économique.
De nouvelles initiatives relatives à la coopération, en particulier avec le Maroc (sur un partenariat vert et la coopération en matière de sécurité), ont également vu le jour.
Pays et territoires d’outre-mer (PTOM)
En 2020, l’UE a maintenu son partenariat étroit avec les PTOM, ainsi qu’il est ressorti du forum politique PTOM-UE à haut niveau de décembre 2020.
Le programme thématique tous PTOM et les programmes régionaux des Caraïbes, de l’océan Indien et du Pacifique, d’un montant de 97 800 000 EUR, ont contribué à promouvoir l’utilisation durable des ressources naturelles, à protéger la biodiversité et à soutenir l’action pour le climat et la résilience.
L’UE a aidé au financement de la connexion de Wallis-et-Futuna au câble numérique Tui-Samoa. La fourniture du haut débit a permis d’y effectuer plus de 300 consultations médicales à distance chaque année.
La participation des PTOM au programme Erasmus+ a plus que doublé depuis 2018, atteignant les 177 projets et les 95 bénéficiaires en 2020.