COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 17.12.2021
COM(2021) 965 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Résultats de l’évaluation finale du programme ISA²
{SWD(2021) 965}
| CELEX | 52021DC0965 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | vendredi 17 décembre 2021 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 17.12.2021
COM(2021) 965 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
Résultats de l’évaluation finale du programme ISA²
{SWD(2021) 965}
Table des matières
1. Introduction
2. Quelles étaient les attentes à l’égard du programme ISA2?
3. Comment la situation a-t-elle évolué au cours de la période d’évaluation?
3.1. Adoption d’un nouvel EIF
3.2. Contexte politique
3.3. Un environnement réglementaire européen de plus en plus complexe
3.4. Investissements dans la transformation numérique
4. Résultats de l’évaluation
4.1. Dans quelle mesure les objectifs du programme ISA2 ont-ils été atteints?
4.2. Qu’est-ce que le programme ISA2 a changé au quotidien pour les citoyens et les entreprises?
4.3. Le programme ISA² et ses objectifs sont-ils encore pertinents?
5. Conclusions et enseignements tirés
5.1. Importance de l’interopérabilité pour la mise en œuvre des politiques de l’UE
5.2. D’une approche cohérente à une approche stratégique de l’interopérabilité du secteur public de l’UE
5.3. Développement et adoption de solutions d’interopérabilité conviviales arrivées à maturité
6. Prochaines étapes
1.Introduction
La décision ISA2 1 établissait, au 1er janvier 2016, un programme quinquennal concernant des solutions d’interopérabilité et des cadres communs pour les administrations publiques, les entreprises et les citoyens européens (le «programme ISA2»). Il s’agit du cinquième d’une série de programmes de la Commission européenne 2 axés sur des solutions interopérables pour le secteur public. L’interopérabilité telle qu’elle est définie dans le cadre d’interopérabilité européen (EIF) n’est pas une question technique. Il s’agit davantage d’exigences juridiques, organisationnelles, sémantiques et techniques permettant l’intégration des services publics.
Le présent rapport expose les résultats et les recommandations de l’évaluation finale du programme ISA2 3 . En vertu de l’article 13, paragraphe 3, de la décision ISA2, la Commission est tenue d'effectuer cette évaluation et d'en communiquer les résultats au Parlement européen et au Conseil pour le 31 décembre 2021 au plus tard.
La Commission a effectué l’évaluation avec le concours d’une équipe d’experts indépendants venant d’un cabinet de conseil 4 . L’évaluation a été supervisée par un groupe de pilotage interservices 5 et réalisée en étroite coordination avec l’évaluation de l’EIF et l’analyse d’impact pour une future politique d’interopérabilité 6 , que la Commission prévoit de proposer au Parlement et au Conseil au deuxième trimestre 2022.
2.Quelles étaient les attentes à l’égard du programme ISA2?
Les quatre objectifs du programme ISA2 (article 1er, paragraphe 1, de la décision ISA21) étaient les suivants:
(a)développer, maintenir et promouvoir une approche globale de l'interopérabilité dans l'Union;
(b)faciliter une interaction électronique transfrontalière ou transsectorielle efficace et effective afin de contribuer à l'élaboration d'une administration en ligne plus efficace, simplifiée et conviviale à l'échelon national, régional et local des administrations publiques;
(c)définir, créer et exploiter des solutions d'interopérabilité qui soutiennent la mise en œuvre des politiques et activités de l'Union;
(d)faciliter la réutilisation de solutions d'interopérabilité par les administrations publiques européennes.
Pour atteindre ces objectifs, le programme s’est appuyé sur les réalisations de son prédécesseur, le programme ISA 7 . Il a également mis l’accent sur une intégration harmonieuse dans le cadre plus large du passage au numérique, et en particulier sur l’interopérabilité des administrations publiques dans l’UE. L’article 1er, paragraphe 2, de la décision ISA2 dispose: «[l]e programme ISA2 assure une conception commune de l’interopérabilité au travers de l’EIF et de sa mise en œuvre dans les administrations des États membres».
Le programme ISA2 devait également contribuer à d’autres initiatives telles que le plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne 8 , ainsi qu’à plusieurs initiatives sectorielles en matière d’interopérabilité (dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, de la santé ou des fonds européens, par exemple) 9 .
Le programme ISA2, doté d'un budget total de 130,9 millions d’euros, couvrait la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2020. Certaines activités sont toujours en cours. Il a financé des actions prévues sur une base annuelle dans le programme de travail glissant. ISA2 était ouvert aux États membres de l’Union, à d’autres membres de l’Espace économique européen et aux pays candidats. Outre les 28 États membres de l’UE (27 pour 2020), quatre autres pays ont participé au programme 10 .
3.Comment la situation a-t-elle évolué au cours de la période d’évaluation?
Au cours de la période d’évaluation, la transformation numérique et plus précisément l’interopérabilité ont pris davantage d’importance à tous les niveaux de la société. Il s’agit donc d’une priorité permanente de la Commission européenne.
3.1.Adoption d’un nouvel EIF
Comme prévu dans la communication sur une stratégie pour un marché unique numérique en Europe 11 et dans le plan d’action 2016-2020 pour l’administration en ligne, l’EIF a été mis à jour et étendu en 2017. Le nouvel EIF a été présenté dans une communication 12 et a été accompagné d’un plan d’action en matière d’interopérabilité. Le nouvel EIF a doté le programme ISA2 d’un nouveau cadre d’action compatible avec les objectifs du programme. En février 2020, la Commission a annoncé dans sa communication «Une stratégie européenne pour les données» 13 qu’elle allait présenter un cadre d’interopérabilité européen renforcé.
3.2.Contexte politique
Au cours de la période d’évaluation, le soutien politique des États membres n’a cessé de se renforcer. Dans la déclaration de Tallinn sur l’administration en ligne 14 , les ministres chargés des actions liées à l’administration en ligne dans toute l’Europe ont affirmé leur attachement à plusieurs principes, dont celui de l’«interopérabilité par défaut». Cet attachement a été récemment réaffirmé par la déclaration de Berlin sur la société numérique et l’administration numérique fondée sur des valeurs 15 , qui a mis en évidence la nécessité d’adopter une approche fondée sur des valeurs — intégrant la souveraineté et l’interopérabilité numériques — à la transformation numérique du secteur public.
En février 2020, la Commission a adopté la communication « Façonner l’avenir numérique de l’Europe » 16 dans le cadre de la grande ambition «Une Europe adaptée à l’ère du numérique». Elle cite, parmi les actions clés; le «renforcement de la stratégie d’interopérabilité des pouvoirs publics de l’UE» visant à améliorer la coordination et l’adoption de normes communes pour les services publics et les flux de données.
3.3.Un environnement réglementaire européen de plus en plus complexe
La décision ISA2 renvoie à un large éventail d’activités sectorielles et transversales relatives à l’interopérabilité au niveau de l’UE. D’autres initiatives clés de l’UE ont été adoptées depuis le lancement du programme.
·En 2016, le règlement général sur la protection des données 17 et la directive relative à l’accessibilité des sites internet 18 sont entrés en vigueur.
·En 2018, le règlement établissant un portail numérique unique 19 et le règlement relatif au libre flux des données à caractère non personnel sont entrés en vigueur 20 .
·En 2019, le règlement sur la cybersécurité 21 et d’autres actes législatifs connexes sont entrés en vigueur, de même que la directive concernant les données ouvertes 22 .
·En 2020, la Commission a proposé la législation sur les services numériques 23 , l’ acte sur la gouvernance des données 24 et, en réponse à la crise liée à la COVID-19, des initiatives en matière d’interopérabilité relatives à la santé en ligne 25 .
3.4.Investissements dans la transformation numérique
Les administrations publiques de toute l’UE investissent massivement dans la transformation numérique de leurs services de guichet et d'arrière-guichet. La crise de la COVID-19 a mis encore plus en évidence l’importance que revêtent les solutions numériques. Outre ISA2, d’autres programmes ont contribué à soutenir le passage au numérique pendant la période d’évaluation:
·le programme d'appui à la réforme structurelle 26 , mis en œuvre de 2017 à 2020, suivi par l’instrument d’appui technique pour la période 2021-2027 27 ;
·le programme Horizon 2020 28 (consacré à la recherche et à l’innovation), le Fonds social européen 29 et le Fonds européen de développement régional 30 ont financé la transformation numérique. La facilité pour la reprise et la résilience 31 constituera une autre source importante de financement à l’avenir, étant donné que 20 % de son budget doit être consacré aux dépenses dans le domaine du numérique.
4.Résultats de l’évaluation
L’évaluation intermédiaire du programme ISA2 reposait sur des données quantitatives et qualitatives recueillies à l’aide de méthodes diverses, telles que des recherches documentaires, des consultations publiques, des enquêtes ciblées en ligne, des entretiens approfondis et deux ateliers réunissant les parties prenantes. Les activités de consultation ont permis de couvrir le large spectre des différentes parties prenantes au programme ISA2, allant des représentants des États membres de l’UE et des services de la Commission jusqu’aux citoyens et aux organismes de normalisation.
Afin d’améliorer la collecte des données, un échantillon de 21 actions a été sélectionné parmi les 54 actions — regroupées en 9 paquets — financées par le programme ISA2. L'échantillonnage a obéi à trois critères prédéfinis afin de garantir que les actions sélectionnées soient largement représentatives du programme. La collecte globale des données a été complétée par une évaluation du programme effectuée par cinq experts techniques dans le domaine de l’interopérabilité.
L’évaluation a été axée sur les sept critères principaux suivants 32 : pertinence, efficacité, efficience, cohérence, valeur ajoutée européenne, utilité et durabilité.
4.1.Dans quelle mesure les objectifs du programme ISA2 ont-ils été atteints?
Sur la base des données recueillies auprès des 102 parties prenantes consultées 33 , de celles tirées des recherches documentaires approfondies et des évaluations d’experts, l’évaluation montre que, dans une certaine mesure, les objectifs du programme ISA2 ont été atteints. Les utilisateurs de solutions et les responsables d’actions ISA2 consultés, qui connaissent mieux le programme, estiment généralement que les objectifs ont été atteints dans une large mesure. En général, parmi tous les groupes de parties prenantes consultés, les répondants ayant attribué les notes les plus basses en termes de réalisation des objectifs du programme sont ceux qui représentent les autorités publiques nationales et infranationales.
En ce qui concerne les objectifs généraux et spécifiques, la plupart des réponses et les recherches documentaires confirment que les objectifs suivants ont été atteints dans une certaine mesure ou dans une large mesure:
·«définir, créer et exploiter des solutions d'interopérabilité qui soutiennent la mise en œuvre des politiques et activités de l'Union» (note globale moyenne de 3,43 sur 5). Les actions ISA2 ont contribué, de diverses manières, à la mise en œuvre de l’ EIF 34 , du portail numérique unique 35 , de la directive concernant les données ouvertes 36 , des marchés publics électroniques 37 , de la directive INSPIRE 38 , du système statistique européen 39 et d'actes législatifs financiers 40 ;
·«faciliter la réutilisation de solutions d’interopérabilité» (note globale moyenne de 3,43 sur 5). L’action « Joinup 41 », portant sur la plateforme éponyme, fournit une vue d’ensemble complète des solutions interopérables existantes disponibles en ce qui concerne la réutilisation, y compris l’accès à plusieurs portails nationaux, voire locaux. La carte interactive 42 sur la page web ISA2 illustre la situation en matière d’adoption des solutions ISA2 dans l’UE. Des mesures supplémentaires pourraient être prises pour favoriser leur adoption et encourager leur réutilisation, en particulier aux niveaux régional et local;
·«développer, maintenir et promouvoir une approche globale de l’interopérabilité dans l’UE» (note globale moyenne de 3,39 sur 5). ISA2 a joué un rôle important dans la sensibilisation accrue à l’interopérabilité, en établissant des structures de coopération avec les pays de l’UE (le comité ISA2) et en soutenant la promotion et le suivi de la mise en œuvre de l’EIF.
En ce qui concerne le développement d’«une administration publique en ligne plus efficace, simplifiée et conviviale aux niveaux national, régional et local», la contribution du programme ISA2 a été moindre (note globale moyenne de 3,20 sur 5). L’évaluation a montré que, aux niveaux régional et local, les solutions restent trop peu connues et leur adoption est limitée. En outre, l’approche stratégique et globale fait défaut.
Pour tous les paquets ISA2, les travaux ont progressé conformément aux attentes pour ce qui est des tâches et du budget prévus. Du fait de l’hétérogénéité des indicateurs de performance, il a été difficile de tirer des conclusions sur le rapport coût-efficacité global du programme. En ce qui concerne les paquets pour lesquels il était possible d’appliquer des techniques visant à déterminer le rapport coût-efficacité, l'estimation a montré que les coûts par utilisateur final (par exemple les entreprises, les citoyens, etc.) étaient bas. Pour les bénéficiaires finaux des solutions développées, les avantages sont donc supérieurs aux coûts. Toutefois, ces avantages risquent de s’amenuiser en l’absence de mesures appropriées en matière de durabilité.
Compte tenu des synergies importantes et du faible nombre de chevauchements observés dans les actions ISA2, le bilan du programme est positif en ce qui concerne la cohérence interne. Toutefois, donner la priorité à un ensemble plus restreint d’actions renforcerait les synergies. Une coopération étroite a été établie entre ISA 2 et un large éventail d’autres politiques, programmes et initiatives pertinents de l’UE. Cela pourrait toutefois être fait de manière plus systématique.
4.2.Qu’est-ce que le programme ISA2 a changé au quotidien pour les citoyens et les entreprises?
Le programme ISA 2 visait à améliorer la vie des citoyens et des entreprises en aidant les administrations publiques de l’UE à alléger la charge administrative et à fournir des services publics conviviaux, en particulier lors d’interactions avec les administrations publiques d’autres pays de l’UE. La Commission et le Parlement européen ont reconnu que les petites et moyennes entreprises, en particulier, pâtissent de la charge administrative 43 . Les utilisateurs finaux, les entreprises et les citoyens devraient tirer avantage des services de guichet communs, réutilisables et interopérables résultant de l’amélioration de l’intégration des processus et de l'échange de données par les services d'arrière-guichet des administrations publiques de l’UE.
Le programme ISA2 a permis d’améliorer la coordination au niveau de l’UE, qui est nécessaire pour accroître l’interopérabilité globale entre les administrations publiques européennes, et notamment les services de guichet et d’arrière-guichet. La plupart des répondants ont confirmé que des initiatives nationales ou infranationales prises isolément n’auraient que faiblement contribué à la réalisation de la plupart des objectifs. Les utilisateurs de solutions et les administrations publiques nationales et infranationales consultés ainsi que les parties prenantes responsables de la gouvernance des programmes elles-mêmes estiment qu’une approche au niveau de l’UE est donc mieux adaptée pour relever les défis liés à l’interopérabilité des administrations et des services publics. ISA2 serait aussi en mesure de réaliser ses objectifs pour un coût moindre que des initiatives nationales ou infranationales comparables. Toutefois, selon la plupart des répondants représentant l’ensemble des groupes de parties prenantes, en ce qui concerne la réduction des coûts et de la charge administrative des interactions transfrontalières, ces objectifs n’ont été atteints que dans une mesure limitée.
Il faut encore améliorer la manière dont les solutions peuvent répondre aux besoins des utilisateurs. Une adoption plus large des solutions ISA2 dans l’ensemble des administrations publiques européennes devrait permettre de satisfaire ces besoins et de régler ces problèmes.
En résumé, en raison de la nature technique du programme, les changements tangibles que celui-ci a entraînés pour le quotidien des citoyens et des entreprises sont limités. Il a néanmoins apporté une valeur ajoutée européenne. Selon l’évaluation, les avantages du programme pourraient devenir durables si le développement de certaines de ses solutions était poursuivi dans le cadre de communautés de logiciels libres ou si des entreprises étaient encouragées à mettre en place des services basés sur des solutions ISA2 libres dans le cadre de la licence publique de l’Union européenne (EUPL) 44 .
4.3.Le programme ISA² et ses objectifs sont-ils encore pertinents?
Les besoins et les problèmes initiaux auxquels le programme entendait répondre sont toujours d'actualité. La pandémie de COVID-19 a démontré la pertinence du programme et, plus généralement, celle des initiatives en matière d’interopérabilité. Elle a également accentué le caractère urgent des besoins existants, notamment la nécessité d’une coordination lors de la mise en œuvre de solutions numériques au niveau de l’UE 45 .
Les parties prenantes déplorent qu’une approche globale de l’interopérabilité soit encouragée, mais pas assurée, en particulier en ce qui concerne l’interopérabilité des solutions fournies pour mettre en œuvre les politiques de l’UE.
5.Conclusions et enseignements tirés
L’évaluation dresse un bilan positif des réalisations du programme ISA2. L’interopérabilité du secteur public apparaît aujourd’hui plus pertinente que jamais pour créer une valeur ajoutée pour les citoyens et les entreprises. Le programme a été mis en œuvre dans un cadre politique essentiellement non contraignant qui évolue à un rythme sans précédent (point 3.3 ). Les investissements considérables qui vont être consacrés à la transformation numérique du secteur public (point 3.4 ) justifient une étude attentive des enseignements à tirer du programme ISA2 et de la nécessité de continuer à se fonder sur ses réalisations.
Ces enseignements sont pertinents pour la poursuite des activités menées dans le cadre du programme pour une Europe numérique 46 et pour une future politique d’interopérabilité. Toutefois, nous ne devons pas perdre de vue la nécessité d’une approche globale de l’interopérabilité du secteur public de l’UE dans l’ensemble des politiques et programmes.
5.1.Importance de l’interopérabilité pour la mise en œuvre des politiques de l’UE
Les actions ISA2 ont contribué à la mise en œuvre d’un large éventail de politiques de l’UE. Un nombre croissant de politiques 47 ont une incidence significative sur l’infrastructure numérique du secteur public de l’UE. Pour garantir une mise en œuvre harmonieuse et des services publics numériques européens interopérables, il est essentiel d’associer des propositions sectorielles avec une gouvernance renforcée de l’interopérabilité. Même en l’absence de solutions centrales, les États membres de l’UE ont demandé un renforcement de la coordination et de l’échange de meilleures pratiques dans la mise en œuvre numérique des politiques de l’UE. Les solutions d’interopérabilité adoptées dans le cadre de la crise de la COVID-19 ont montré qu’il est de plus en plus demandé à l’UE de fournir des solutions interopérables que les pays peuvent réutiliser ou auxquelles ils peuvent renvoyer.
L’impact du programme ne se fait pas uniquement sentir au niveau des États membres de l’UE. Dans de nombreux pays, les administrations publiques régionales et locales sont au moins conjointement responsables de la fourniture de services publics numériques. Cela signifie qu’elles tireraient avantage de politiques pertinentes de l’UE accompagnées de solutions de mise en œuvre interopérables par défaut.
5.2.D’une approche cohérente à une approche stratégique de l’interopérabilité du secteur public de l’UE
L’évaluation montre que le programme pourrait contribuer, par les actions liées à la mise en œuvre de l’EIF, au développement, au maintien et à la promotion d’une approche cohérente de la transformation numérique du secteur public de l’UE et de l’interopérabilité.
Outre les actes mentionnés dans le cadre du contexte politique général (point 3.2 ), la Commission a récemment adopté une communication intitulée «Une boussole numérique pour 2030: l’Europe balise la décennie numérique 48 . Ce document insiste sur la nécessité de garantir «l’interopérabilité à tous les niveaux de pouvoir et dans tous les services publics». Avec la déclaration de Berlin, les ministres chargés de la politique en matière d’administration en ligne dans les États membres de l’UE ont souligné l’importance que revêt l’interopérabilité également pour la souveraineté numérique et comme condition préalable à une transformation numérique fondée sur des valeurs.
À l’avenir, il conviendra d'évaluer différentes options pour résoudre les problèmes en suspens, en tenant compte des besoins suivants des parties prenantes:
·Nécessité de renforcer la gouvernance en matière d’interopérabilité en associant les pays de l’UE et les administrations publiques régionales et locales.
·Nécessité d’adapter les politiques de l’UE au numérique.
·Nécessité d’une collaboration structurée et proactive et d’un échange de meilleures pratiques entre tous les niveaux (national, régional, local) des administrations publiques de l’UE participant au développement des services publics numériques.
·Nécessité d’une planification stratégique et collaborative de l’interopérabilité entre différents programmes politiques et initiatives de financement afin d’orienter les investissements vers un ensemble de solutions clés arrivées à maturité fondées sur les besoins des utilisateurs.
·Nécessité d’établir des liens systématiques avec les travaux de normalisation européenne et de sensibiliser davantage le secteur public, à tous les niveaux, au rôle essentiel des normes pour le soutien à la double transition numérique/verte.
·Nécessité de promouvoir des solutions efficaces et de continuer à sensibiliser à l’interopérabilité.
5.3.Développement et adoption de solutions d’interopérabilité conviviales arrivées à maturité
L’évaluation démontre l’utilité du programme en ce qui concerne l’identification, la création et l’exploitation de solutions d’interopérabilité et la promotion de leur réutilisation. Certaines actions concrètes devraient être soigneusement évaluées afin de renforcer ces activités et de veiller à ce qu’elles soient durables:
·privilégier la mise au point d’un ensemble plus restreint de solutions clés arrivées à maturité, les développer continuellement et encourager leur adoption. Accorder une attention accrue aux priorités essentielles et aux besoins des utilisateurs pourrait également accroître la satisfaction des utilisateurs;
·fournir un guichet unique pour les solutions d’interopérabilité parvenues à maturité afin de permettre leur intégration dans l’écosystème d’interopérabilité existant, de donner davantage de visibilité aux solutions existantes et de favoriser leur adoption aux niveaux régional et local, avec le soutien des États membres de l’UE;
·améliorer la qualité des solutions existantes en tenant mieux compte des besoins des utilisateurs et en associant les utilisateurs à leur création;
·soutenir l’expérimentation et l’innovation en mettant en place un processus agile pour développer des solutions et tirer parti de la passation de marchés dans le domaine de l’innovation, associé au principe du bac à sable pour tester les solutions et obtenir un meilleur retour d’information,
·encourager la collaboration avec des communautés de logiciel libre pour le développement durable et ouvert des solutions existantes et futures.
6.Prochaines étapes
Dans le cadre de la mise en œuvre en cours du programme pour une Europe numérique et de la préparation d’une future politique d’interopérabilité, la Commission accordera une attention particulière aux conclusions et recommandations exposées ci-dessus. Elle les analysera afin de déterminer si les problèmes soulevés sont réels et de les traiter, en étroite coopération avec les États membres de l’UE.
Décision (UE) 2015/2240 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2015 établissant un programme concernant des solutions d’interopérabilité et des cadres communs pour les administrations publiques, les entreprises et les citoyens européens (programme ISA2) en tant que moyen pour moderniser le secteur public (JO L 318 du 4.12.2015, p. 1).
1) contribution communautaire à l’échange télématique de données entre administrations IDA (), 1995-1997 2) deuxième phase du programme IDA ( IDA ), 1999-2004; 3) fourniture interopérable de services paneuropéens d'administration en ligne aux administrations publiques, aux entreprises et aux citoyens ( IDABC ), 2005-2009; 4) solutions d'interopérabilité pour les administrations publiques européennes ( ISA ), 2010-2015; 5) solutions d’interopérabilité et cadres communs pour les administrations publiques, les entreprises et les citoyens européens ( ISA2 ), 2016-2020.
Les détails du processus d’évaluation et des résultats ainsi que les documents justificatifs sont consultables dans le document de travail des services de la Commission: SWD(2021) 965 final.
CEPS (2021): Étude à l’appui de l’évaluation finale du programme concernant des solutions d’interopérabilité pour les administrations publiques, les entreprises et les citoyens européens (ISA²), Commission européenne. DOI: 10.2799/94683
Les membres du groupe étaient les directions générales CNECT, DEFIS, DIGIT, ECFIN, EMPL, ENER, ENV, ESTAT, FISMA, GROW, JUST, MOVE, NEAR, OP, REFORM, RTD, SANTE, SG, TAXUD et le JRC.
Pour de plus amples informations sur l’état actuel de l’initiative: https://ec.europa.eu/isa2/shaping-future-interoperability-policy_en
Article 1er, paragraphe 3, de la décision (UE) 2015/2240.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne - Accélérer la mutation numérique des administrations publiques, COM(2016)179 final du 19 avril 2016.
Voir les considérants 4 à 19 de la décision (UE) 2015/2240.
L’Islande, la Norvège (depuis 2016), le Monténégro (depuis 2018) et la Macédoine du Nord (2020). Le programme encourageait également la coopération avec d’autres pays non membres de l’UE et avec des organisations et instances internationales. En 2018, des accords de coopération ont été signés avec l’Uruguay et l’Ukraine.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Stratégie pour un marché unique numérique en Europe — COM(2015)192 final du 6 mai 2015.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Cadre d’interopérabilité européen : stratégie de mise en œuvre, COM(2017) 134 final du 23 mars 2017.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social et au Comité des régions — Une stratégie européenne pour les données, COM(2020) 66 final du 19 février 2020.
Déclaration de Tallinn sur l’administration en ligne, présentée lors d’une réunion ministérielle le 6 octobre 2017 sous la présidence estonienne.
Déclaration de Berlin sur la société numérique et la transformation numérique basée sur des valeurs, présentée lors de la réunion ministérielle du 8 décembre 2020 sous la présidence allemande.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions – Façonner l’avenir numérique de l’Europe, COM (2020) 67 final du 19 février 2020.
Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).
Directive (UE) 2016/2102 du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public (JO L 327 du 2.12.2016, p. 1).
Règlement (UE) 2018/1724 du Parlement européen et du Conseil du 2 octobre 2018 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes, et modifiant le règlement (UE) nº 1024/2012 (JO L 295 du 21.11.2018, p. 1).
Règlement (UE) 2018/1807 du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2018 établissant un cadre applicable au libre flux des données à caractère non personnel dans l’Union européenne (JO L 303 du 28.11.2018, p. 59).
Règlement (UE) 2019/881 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relatif à l’ENISA (Agence de l’Union européenne pour la cybersécurité) et à la certification de cybersécurité des technologies de l’information et des communications, et abrogeant le règlement (UE) nº 526/2013 (règlement sur la cybersécurité) (JO L 151 du 7.6.2019, p. 15).
Directive (UE) 2019/1024 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 concernant les données ouvertes et la réutilisation des informations du secteur public (JO L 172 du 26.6.2019, p. 56).
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à un marché intérieur des services numériques (Législation sur les services numériques) et modifiant la directive 2000/31/CE, COM(2020) 825 final du 15.12.2020.
Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil sur la gouvernance européenne des données (acte sur la gouvernance des données) COM(2020) 767 final du 25.11.2020.
Règlement (UE) 2017/825 du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2017 établissant le programme d'appui à la réforme structurelle pour la période 2017-2020 et modifiant les règlements (UE) nº 1303/2013 et (UE) nº 1305/2013 (JO L 129 du 19.5.2017, p. 1).
Règlement (UE) 2021/240 du Parlement européen et du Conseil du 10 février 2021 établissant un instrument d’appui technique (JO L 57 du 18.2.2021, p. 1).
Règlement (UE) nº 1291/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 portant établissement du programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020» (2014-2020) et abrogeant la décision nº 1982/2006/CE (JO L 347 du 20.12.2013, p. 104).
Règlement (UE) nº 1304/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au Fonds social européen et abrogeant le règlement (CE) nº 1081/2006 du Conseil (JO L 347 du 20.12.2013, p. 470).
Règlement (UE) nº 1301/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au Fonds européen de développement régional et aux dispositions particulières relatives à l’objectif «Investissement pour la croissance et l’emploi», et abrogeant le règlement (CE) nº 1080/2006 (JO L 347 du 20.12.2013, p. 289).
Règlement (UE) 2021/241 du Parlement européen et du Conseil du 12 février 2021 établissant la facilité pour la reprise et la résilience (JO L 57 du 18.2.2021, p. 17).
Voir l’outil #47 de la boîte à outils de la Commission pour une meilleure réglementation (à compter de juillet 2021).
Pour des raisons ayant trait à la confidentialité et à la protection des données, l’équipe chargée de l’évaluation a demandé aux responsables d’actions de prendre contact avec les utilisateurs des solutions en tant qu’intermédiaires pour les activités de consultation. Cette approche en deux étapes peut avoir limité le nombre des réponses reçues.
https://ec.europa.eu/isa2/actions/continuously-updating-european-interoperability-strategy_en
https://ec.europa.eu/isa2/actions/common-architecture-single-digital-gateway_en
https://ec.europa.eu/isa2/solutions/dcat-application-profile-data-portals-europe_en
https://ec.europa.eu/isa2/actions/simplifying-public-tenders_en
https://ec.europa.eu/isa2/actions/sharing-statistical-services-and-solutions_en
https://ec.europa.eu/isa2/actions/towards-better-financial-data-reporting_en
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:52020DC0103 https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2020-0359_FR.html .
Dans ce contexte, la réponse apportée par le programme ISA2 a consisté à faciliter l’échange de meilleures pratiques et la réutilisation de solutions au moyen d’un répertoire commun baptisé «Digital Response to COVID-19» (réaction numérique européenne à la COVID-19) sur Joinup.
Règlement (UE) 2021/694 du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2021 établissant le programme pour une Europe numérique et abrogeant la décision (UE) 2015/2240 (JO L 166 du 11.5.2021, p. 1).
Outre les initiatives mentionnées au point 3.3, les propositions pertinentes présentées en 2021 concernaient: le règlement sur le certificat vert numérique, un cadre pour une identité numérique européenne et un règlement établissant des règles harmonisées en matière d’IA.
Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Une boussole numérique pour 2030: l'Europe balise la décennie numérique — COM(2021)118 final du 6 mai 2015.