| CELEX | 52021IP0017 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 21 janvier 2021 |
| 10.11.2021 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 456/129 |
P9_TA(2021)0017
Mesures en faveur de la reconstitution des stocks de poissons au-dessus du niveau de RMD
Résolution du Parlement européen du 21 janvier 2021 sur le thème: «Plus de poissons dans les océans?» Mesures en faveur de la reconstitution des stocks au-dessus du niveau de rendement maximal durable (RMD), notamment les zones de reconstitution des stocks de poissons et les zones marines protégées (2019/2162(INI))
(2021/C 456/11)
Le Parlement européen,
| — | vu l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne et les articles 11, 39 et 191 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), |
| — | vu le règlement (UE) no 1380/2013 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2013 relatif à la politique commune de la pêche (PCP) (1), |
| — | vu la directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre «stratégie pour le milieu marin») (2), |
| — | vu l’article 13 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui prévoit que, lors de l’élaboration des mesures en matière de pêche, l’Union et les États membres doivent tenir prendre en compte le fait que les animaux sont des êtres sensibles et accorder par conséquent la plus grande attention aux exigences concernant leur bien-être, |
| — | vu le règlement (UE) 2019/1241 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2019 relatif à la conservation des ressources halieutiques et à la protection des écosystèmes marins par des mesures techniques (3), |
| — | vu la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (4) et la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages (5), |
| — | vu le règlement (CE) no 1099/2009 du 24 septembre 2009 du Conseil sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort (6), et en particulier son article 3, dont le principe clé disposant que «toute douleur, détresse ou souffrance évitable est épargnée aux animaux lors de la mise à mort et des opérations annexes» s’applique aux poissons, |
| — | vu la directive 2014/89/UE du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 établissant un cadre pour la planification de l’espace maritime (7) (directive sur la planification de l’espace maritime), |
| — | vu la directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 concernant la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles (8), en particulier pour ce qui concerne le ruissellement des fertilisants, |
| — | vu le règlement (CE) no 1049/2001 du 30 mai 2001 du Parlement et du Conseil relatif à l’accès du public aux documents du Parlement, du Conseil et de la Commission (9) et le règlement (CE) no 1367/2006 du 6 septembre 2006 du Parlement et du Conseil concernant l’application aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement (10), |
| — | vu la stratégie de l’Union en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, établie dans la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 — Ramener la nature dans nos vies» (COM(2020)0380), |
| — | vu sa résolution du 16 janvier 2018 sur la gouvernance internationale des océans: un programme pour l’avenir de nos océans dans le contexte des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 (11), |
| — | vu le rapport 2020 de la FAO sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (SOFIA, 2020), |
| — | vu la communication de la Commission du 20 mai 2020 intitulée «Une stratégie “De la ferme à la table” pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement» (COM(2020)0381), |
| — | vu la communication du 16 juin 2020 de la Commission intitulée «Vers une pêche plus durable dans l’UE: état des lieux et orientations pour 2021» (COM(2020)0248), |
| — | vu la déclaration de Johannesburg de 2002 sur le développement durable, le plan de mise en œuvre de Johannesburg et le document final de la conférence des Nations unies sur le développement durable Rio + 20 de juin 2012 intitulé «L’avenir que nous voulons», |
| — | vu le rapport de 2020 du comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) sur le suivi de l’efficacité de la politique commune de la pêche (STECF-Adhoc-20-01), |
| — | vu la convention sur la diversité biologique (CDB), et en particulier l’objectif 11 des objectifs d’Aichi pour la biodiversité, qui font partie du plan stratégique 2011-2020 de la CDB pour la biodiversité, |
| — | vu le rapport 2019 de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) consacré à l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques, |
| — | vu le rapport spécial de 2019 du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les océans et la cryosphère dans le contexte du changement climatique, |
| — | vu la résolution de 2016 de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) intitulée «Accroître l’étendue des aires marines protégées pour assurer l’efficacité de la conservation de la biodiversité», |
| — | vu l’objectif de développement durable (ODD) 14 du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies, sur la conservation et l’exploitation de manière durable des océans, des mers et des ressources marines, |
| — | vu le rapport du 25 juin 2020 de la Commission relatif à la mise en œuvre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (COM(2020)0259), |
| — | vu sa résolution du 16 janvier 2020 sur la 15e réunion de la conférence des parties (COP15) à la convention sur la diversité biologique (12), |
| — | vu le rapport de la Banque mondiale de 2017 intitulé «The sunken billions revisited: Progress and Challenges in Global Marine Fisheries» (Retour sur les milliards engloutis: progrès et défis dans le domaine des pêches maritimes mondiales), |
| — | vu le rapport spécial no 1/2017 du 21 février 2017 de la Cour des comptes intitulé «Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel du réseau Natura 2000», |
| — | vu le rapport no 17/2019 du 25 juin 2020 de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) intitulé «Messages marins II», |
| — | vu la décision du Médiateur européen dans l’affaire 640/2019/FP relative à la transparence du processus décisionnel du Conseil de l’Union européenne conduisant à l’adoption de règlements annuels fixant les quotas de pêche (totaux admissibles des captures), |
| — | vu le rapport no 3/2015 du 1er octobre 2015 de l’AEE intitulé «Les zones marines protégées dans les mers d’Europe: vue d’ensemble et perspective pour l’avenir», |
| — | vu le rapport du 1er octobre 2015 de la Commission sur l’avancement de la mise en place des zones marines protégées (conformément à l’article 21 de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (2008/56/CE, COM(2015)0481), |
| — | vu le rapport du 31 juillet 2018 de la Commission sur l’évaluation des programmes de mesures des États membres au titre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» (COM(2018)0562), |
| — | vu la communication du 16 juin 2020 de la Commission intitulée «Vers une pêche plus durable dans l’UE: état des lieux et orientations pour 2021» (COM(2020)0248), |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu le rapport de la commission de la pêche (A9-0264/2020), |
| A. | considérant que la politique commune de la pêche (PCP) vise à garantir la viabilité des activités de pêche et d’aquaculture sur le plan environnemental à long terme ainsi qu’une gestion cohérente au regard des objectifs visant à obtenir des retombées positives en matière économique, sociale et d’emploi et à contribuer à la disponibilité des produits alimentaires; que, afin de parvenir à l’objectif consistant à rétablir progressivement et à maintenir les populations des stocks halieutiques au-dessus des niveaux de biomasse qui permettent d’obtenir le rendement maximal durable, le taux d’exploitation permettant d’obtenir le rendement maximal durable doit si possible être atteint en 2015, et pour tous les stocks, progressivement et par paliers, en 2020 au plus tard; |
| B. | considérant que l’ODD 14 appelle à conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable; |
| C. | considérant que la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin» a pour objectif d’assurer la protection et la conservation du milieu marin, d’éviter sa détérioration et de restaurer les écosystèmes marins, ainsi que de parvenir à un bon état écologique des eaux marines de l’Union européenne d’ici 2020; |
| D. | considérant qu’en vertu de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», le bon état écologique repose sur onze descripteurs; que le descripteur 3 s’applique aux populations de tous les poissons et crustacés exploités à des fins commerciales qui se situent dans les limites de sécurité biologique, en présentant une répartition de la population par âge et par taille qui témoigne de la bonne santé du stock; |
| E. | considérant qu’il existe trois critères primaires d’évaluation considérés au titre du descripteur 3 du bon état environnemental: 1) durabilité de l’exploitation, 2) capacité reproductive et 3) conservation de la proportion des poissons âgés et de grande taille, mais que seulement 10,5 % des stocks peuvent être évalués à la lumière des indicateurs 1) et 2), et qu’il n’existe pas de méthode d’évaluation commune satisfaisante au niveau européen pour le critère 3); |
| F. | considérant qu’il est urgent d’améliorer la collecte de données de certains stocks halieutiques, notamment dans la mer Noire, la mer Méditerranée et la Macaronésie, afin que l’évaluation scientifique indispensable à une gestion durable des stocks puisse être menée à bien; |
| G. | considérant que les mesures de gestion des pêches adoptées en vertu de la PCP portent leurs fruits, puisque les stocks halieutiques exploités à des niveaux durables ont augmenté et permis des rendements plus élevés à partir de stocks surexploités; |
| H. | considérant que quelque 38 % des stocks de l’Atlantique du Nord-Est et 92 % de ceux qui font l’objet d’une évaluation scientifique en Méditerranée et en mer Noire sont surexploités, à savoir exploités au-delà des niveaux du rendement maximal durable (RMD), selon le CSTEP, malgré l’obligation légale de mettre un terme à la surpêche d’ici à 2020; note que, selon le rapport SOFIA 2020 de la FAO, 62,5 % des stocks de la mer Méditerranée et de la mer Noire ont été surexploités en 2017; |
| I. | considérant que les totaux admissibles des captures (TAC) proposés par la Commission dans l’Atlantique du Nord-Est sont conformes au rendement maximal durable pour l’ensemble des 78 stocks sur lesquels des avis scientifiques étaient disponibles; |
| J. | considérant que le Conseil a établi, en 2019, que 62 TAC sur 78 des espèces concernées étaient conformes au rendement maximal durable; qu’en 2020, plus de 99 % des débarquements dans la Baltique, dans la mer du Nord et dans l’Atlantique, gérés exclusivement par l’Union, devraient donc provenir de pêches gérées de façon durable; |
| K. | considérant que la biomasse n’a cessé d’augmenter dans l’Atlantique du Nord-Est depuis 2007, et qu’en 2018, elle dépassait de 48 % le niveau de 2003 pour les stocks ayant fait l’objet d’une évaluation complète; qu’en mer Méditerranée et dans la mer Noire, la situation est restée quasiment la même depuis que l’on a commencé à prendre en compte les ensembles de données, en 2003, même s’il a pu y avoir un léger accroissement de la biomasse depuis 2012; |
| L. | considérant que le rendement maximal économique (RME) correspond au niveau de captures auquel les bénéfices économiques pour les flottilles sont maximisés, ce qui améliore la résilience du secteur, et auquel le niveau des stocks sont maintenus au-dessus du RMD; |
| M. | considérant que la gestion des espèces fondée sur le modèle du rendement maximal durable est impossible à appliquer aux pêcheries multispécifiques, même dans le cas des pêcheries reconnues et documentées scientifiquement; |
| N. | considérant que les études scientifiques sur le sujet ont suscité des inquiétudes quant à l’incidence négative à long terme de certaines techniques de pêche, telles que les engins de fond et les dispositifs de concentration de poissons, sur les stocks, la biodiversité marine et le milieu marin; |
| O. | considérant que la PCP n’a pas encore été pleinement mise en œuvre et que certaines de ses mesures, telles que la mise en place de zones de reconstitution des stocks, n’ont pas été appliquées; |
| P. | considérant que, selon l’IPBES, le milieu marin a été dégradé à 66 % par l’activité humaine à l’échelle mondiale, et que, selon la FAO, 34,2 % des stocks halieutiques sont pêchés à des niveaux biologiquement non durables; |
| Q. | considérant que l’UICN demande qu’au moins 30 % de tous les habitats marins soient transformés, d’ici 2020, en un réseau de zones maritimes très protégées, entre autres mesures de conservation efficaces fondées sur les zones, l’objectif poursuivi consistant à ne mener aucune activité d’extraction dans 30 % au moins de l’océan, sans tenir compte des conséquences économiques et sociales; |
| R. | considérant que le rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture (SOFIA, 2020) rappelle que la gestion est le meilleur outil de conservation et la seule voie vers la durabilité, et que les stocks faisant l’objet d’une gestion efficace sont de plus en plus durables: 78,7 % des débarquements actuels de poissons marins dans le monde proviennent de stocks biologiquement durables; |
| S. | considérant que la stratégie de l’Union en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 demande que soit fixé un objectif juridiquement contraignant de protection d’au moins 30 % des mers de l’Union et de protection stricte de 10 % d’entre elles; |
| T. | considérant que la surveillance électronique à distance, par exemple la transmission de la position des navires en temps quasi réel, et le renforcement des contrôles sur place jouent un rôle positif dans l’application des zones maritimes protégées; |
| U. | considérant que la perte de biodiversité marine a des répercussions socio-économiques sur le secteur de la pêche, sur les collectivités côtières, d’outre-mer et sur la société dans son ensemble, et qu’il convient donc de la prévenir; que, selon la Banque mondiale, le rétablissement des stocks halieutiques présenterait des bénéfices économiques plus importants que les populations de poissons en leur état actuel; |
| V. | considérant que des habitats sains, notamment les bancs de sable, les prairies sous-marines et les récifs de corail, sont essentiels au rétablissement du fonctionnement des écosystèmes marins et à la reconstitution des stocks halieutiques, ainsi qu’à la constitution des puits de carbone permettant d’atténuer le changement climatique; |
| W. | considérant qu’il est indispensable de bien gérer les zones marines protégées pour renforcer la biodiversité et préserver les habitats naturels d’autres espèces, comme les oiseaux; |
| X. | considérant qu’il existe un fort consensus scientifique quant au fait que les zones maritimes protégées peuvent être bénéfiques aux pêches grâce à leur effet d’entraînement et à leurs retombées positives sur l’embauche, au moyen par exemple de la protection des sites de reproduction, des jeunes poissons et des grands poissons femelles ayant une capacité de reproduction élevée; |
| Y. | considérant que la pollution tellurique, en particulier dans les bassins maritimes partiellement fermés, et la pollution provenant d’autres activités maritimes ont également une incidence sur la reconstitution des stocks de poissons; |
| Z. | considérant qu’en 2018, la biomasse globale des espèces soumises à quotas au sein des stocks gérés par l’Union dépassait, de 48 % le niveau de 2003; |
| AA. | considérant que la capture de poissons sauvages représente de loin la source de protéines la plus saine et la plus respectueuse de l’environnement sur terre, grâce à la faible empreinte carbone de l’industrie de la pêche; que les produits de la mer constituent donc la source de protéines animales la plus indiquée au regard de la lutte contre le changement climatique; |
| AB. | considérant que le Conseil n’a jusqu’à présent pas suivi la recommandation du Médiateur européen invitant à publier spontanément les documents relatifs à l’adoption des règlements TAC; |
| AC. | considérant que la pêche selon le principe du rendement maximal durable continue d’apporter des résultats bénéfiques dans l’Atlantique du Nord-Est; |
Améliorer la gestion des pêches pour faire cesser la surexploitation
| 1. | réitère son appel à la mise en œuvre pleine et entière de la PCP afin de rétablir et de maintenir les stocks halieutiques au-delà des niveaux de biomasse permettant de parvenir au RMD; |
| 2. | souligne que la nature, les poissons et les autres organismes vivants ont une valeur intrinsèque, même s’ils ne sont pas exploités par les activités humaines; |
| 3. | demande à la Commission et aux États membres de renforcer la couverture scientifique en vue d’atteindre l’objectif consistant à évaluer l’ensemble des stocks halieutiques exploités dans les eaux européennes au plus tard d’ici 2025 et d’en calculer le rendement maximal durable lorsque cela est scientifiquement possible; |
| 4. | rappelle que les États membres sont responsables de la collecte des données et que ces dernières sont indispensables pour évaluer la santé des stocks halieutiques; rappelle que selon l’article 23 du règlement (UE) 2017/1004 (13), la Commission doit remettre au Conseil et au Parlement un rapport relatif à sa mise en œuvre et à son fonctionnement; |
| 5. | invite la Commission à présenter ses propositions de TAC et le Conseil à fixer les TAC au niveau du RMD, comme le prévoit le règlement relatif à la PCP; |
| 6. | invite la Commission, les États membres et la communauté scientifique à élaborer un modèle fondé sur des données scientifiques pour optimiser la gestion et l’exploitation des pêcheries multispécifiques; recommande, dans le cadre de ce modèle, à mettre en œuvre des objectifs de gestion similaires au RMD dans la PCP, afin de pouvoir suivre l’évolution des règles de gestion mises en œuvre; |
| 7. | prie instamment la Commission d’intensifier la mise en œuvre de l’approche écosystémique en matière de gestion des pêches, notamment par une approche de plus en plus multispécifique, afin de minimiser l’incidence négative des activités de pêche, et autres facteurs comme le changement climatique, sur les écosystèmes marins, les stocks halieutiques et la société, et de garantir la résilience des océans face au changement climatique; réaffirme que des pêches pleinement documentées et des données de qualité sont la clé d’une meilleure gestion des pêches; demande à la Commission et aux États membres de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la collecte de données sur la pêche récréative, compte tenu des effets de celle-ci sur l’environnement et de sa valeur socio-économique; |
| 8. | invite la Commission à continuer de soutenir les plans visant à améliorer la sélectivité et la survie des espèces non cibles, et dans le cadre de la mise en œuvre écosystémique de la gestion des pêches, à identifier les pratiques qui ont une incidence néfaste sur les stocks, la biodiversité des océans et les milieux marins et à mettre en place des mesures pour les limiter et les faire évoluer; |
| 9. | estime que l’Union devrait le cas échéant, suite à l’évaluation de la PCP d’ici à 2022, adapter les pratiques actuelles de gestion de la pêche et accélérer la transition vers une pêche à faible incidence, non seulement pour maintenir les stocks halieutiques au niveau actuel, mais surtout de les reconstituer ainsi que les écosystèmes marins, en concertation avec les acteurs concernés, en particulier le secteur de la pêche, et de soutenir ces mesures par l’intermédiaire du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche; |
| 10. | estime que la pêche artisanale devrait faire l’objet d’une attention et d’un soutien spécifiques car elle entraîne moins de surpêche et est plus durable en matière de gestion biologique des stocks et du point de vue socioéconomique; |
| 11. | demande à la Commission de soutenir l’harmonisation des indicateurs de critère 3) pour le bon état environnemental au titre de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», afin de définir des points de référence communs et une méthodologie d’évaluation commune entre les États membres; |
| 12. | invite la Commission à envisager l’adoption d’autres indicateurs que le RMD pour tenir compte des interactions entre les espèces, des facteurs socio-économiques et des effets du changement climatique et de la pollution dans la gestion de la pêche; constate que d’autres indicateurs tels que le rendement maximal économique sont actuellement étudiés et mis en œuvre par certains pays; |
| 13. | rappelle que limiter la pression des activités humaines sur les stocks halieutiques passe par plus de recherche et d’innovation dans le secteur de la pêche afin de développer des bonnes pratiques liées à l’économie circulaire, à la durabilité et à la sélectivité des engins de pêche; |
| 14. | souligne l’importance de la pêche côtière à petite échelle et considère que le secteur peut contribuer de manière significative à la transition vers une gestion durable des stocks de poissons; invite dès lors les États membres à augmenter le pourcentage destiné à ce segment dans le cadre des quotas alloués à chaque État; |
| 15. | invite la Commission à veiller à ce que les États membres adoptent des programmes de collecte des données couvrant les incidences des activités de pêche sur l’environnement dans son ensemble, y compris les prises accessoires d’espèces sensibles et les incidences sur le fond marin; |
| 16. | demande que le Conseil rende publics de manière proactive tous les documents relatifs à l’adoption des règlements TAC, conformément à la recommandation du Médiateur européen et aux règlements (CE) no 1049/2001 et (CE) no 1367/2006; |
Étendre le réseau des zones protégées et améliorer leur gestion
| 17. | insiste sur le fait que si l’Union européenne a fait des progrès et atteint l’objectif de déclarer 10 % des eaux européennes zones protégées, le réseau des ZMP est cependant loin d’être pleinement efficace, étant donné que seule une infime partie des ZMP font l’objet de plans de gestion et de mesures de protection; |
| 18. | souligne que les zones marines protégées peuvent générer d’importants avantages socio-économiques, en particulier pour les communautés côtières et les secteurs de la pêche et du tourisme, et jouer un rôle écologique essentiel dans la reproduction et la résilience des stocks halieutique (avec les zones de frai et d’alevinage); |
| 19. | se félicite que la Commission, dans sa stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030, demande qu’au moins 30 % de la superficie marine de l’Union soit protégée, notamment par des zones de reconstitution des stocks de poissons, comme le prévoit la PCP, et des zones où les techniques de pêche et les activités économiques les plus destructrices seraient limitées; |
| 20. | demande qu’un tiers de cette superficie, à savoir 10 % des eaux européennes, bénéficie d’un niveau élevé de protection, y compris les zones où toutes les captures et toutes les activités économiques sont interdites (zones interdites de pêche); |
| 21. | invite la Commission à accompagner chaque proposition législative d’analyses d’impact fondées sur les meilleurs avis scientifiques, en étroite coordination avec les communautés et autorités locales; |
| 22. | demande instamment à la Commission d’établir des lignes directrices visant à mettre en œuvre les objectifs des zones maritimes protégées dans chaque région maritime de l’Union, afin de garantir une répartition géographique équilibrée et une représentativité écologique; |
| 23. | presse les États membres de continuer à désigner des zones maritimes protégées en vertu des directives «Oiseaux» (14) et «Habitats» (15) et de la directive-cadre «stratégie pour le milieu marin», afin d’atteindre ces objectifs; |
| 24. | demande que des ZMP soient établies comme partie intégrante d’un réseau cohérent de zones connectées comprenant également des zones de haute mer et de grands fonds; rappelle l’obligation de cesser toute pêche pratiquée à l’aide d’engins de fond à moins de 400 m dans des zones abritant ou susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables (EMV); |
| 25. | prie instamment la Commission d’arrêter, à l’intention des États membres, des lignes directrices strictes en matière de gestion des ZMP sur base scientifique et d’établir un classement des ZMP tenant compte de leur phase d’établissement, de leurs plans de gestion et de leurs avantages écosystémiques, en s’inspirant des orientations existantes, notamment des normes mondiales de l’UICN; |
| 26. | demande à la Commission d’assortir les accords de pêche conclus avec des pays tiers de mesures de gestion et de gouvernance, telles que les zones marines protégées, afin d’améliorer la bonne gestion des stocks halieutiques et de minimiser le cumul des incidences comme la pollution, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ou le développement de certaines pratiques de pêche industrielle qui pèsent sur la durabilité de certains stocks; |
| 27. | exhorte les États membres à établir des plans de gestion solides et efficaces pour les zones maritimes protégées actuelles et à venir, et à mettre en place des mesures de contrôle, de suivi et de surveillance plus strictes afin de garantir le respect de ces zones; |
| 28. | demande que les secteurs de la pêche commerciale et de la pêche récréative, ainsi que les organisations compétentes en matière de gestion des activités humaines et économiques en mer [par exemple les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) ou l’Organisation maritime internationale] soient associés au contrôle, au suivi et à la surveillance des zones marines protégées; |
| 29. | estime nécessaire de renforcer le contrôle des mesures soumises par les États membres concernant la gestion des pêches dans les sites Natura 2000 afin de garantir que les objectifs de conservation sont atteints, conformément à l’article 11 de la PCP; |
| 30. | souligne que la désignation des zones et l’élaboration des mesures de gestion doivent reposer sur les meilleurs avis scientifiques disponibles; |
| 31. | considère que, pour être efficaces, les zones maritimes protégées et autres zones protégées doivent être fondées sur une base scientifique solide, être acceptées par les pêcheurs commerciaux et récréatifs, les communautés côtières et autres acteurs concernés, et faire l’objet d’une communication claire sur ce qui est protégé, comment et pourquoi; demande donc que le secteur de la pêche, y compris sa composante artisanale ainsi que les organismes scientifiques en charge de la gestion des pêches et les autres parties intéressées, soient associés à l’élaboration, à la gouvernance et à la surveillance des ZMP; demande la création de zones d’éducation marine pour favoriser la participation de la société civile; |
| 32. | insiste sur l’importance d’adopter une démarche exhaustive et cohérente lors de l’établissement des ZMP, en ne restreignant pas uniquement les activités de pêche commerciale, mais en s’attaquant également à d’autres activités, comme la prospection et l’extraction de combustibles fossiles, les activités minières, l’aquaculture à grande échelle, le dragage, les parcs éoliens en mer, le transport, la pêche récréative et d’autres activités de loisirs; |
| 33. | invite les États membres à renforcer le réseau de zones de reconstitution des stocks de poissons en vertu de la PCP, notamment lorsqu’il existe des preuves manifestes de fortes concentrations de poissons en dessous de la taille minimale de référence de conservation, ou de fortes concentrations de frayères; considère que l’évaluation de la désignation et du succès de ces zones devrait figurer dans le prochain rapport sur le fonctionnement de la PCP; |
| 34. | invite la Commission et les États membres à préconiser, dans le cadre des négociations internationales sur un traité pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale et dans le cadre des ORGP, un mécanisme ambitieux à l’échelle mondiale visant à établir des zones marines protégées en haute mer ou dans des zones situées au-delà de la juridiction nationale, et à jouer un rôle proactif dans la mise en place de nouveaux outils de gestion par zone gérés efficacement, y compris des zones marines protégées en haute mer, dès qu’un accord sur la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale aura été conclu; rappelle que la mise en place de zones marines protégées au-delà des limites de la juridiction nationale doit s’appuyer sur des analyses d’impact socio-économique et écologique étayées par les meilleurs avis scientifiques disponibles; |
| 35. | invite la Commission et les États membres à faire prendre conscience que les océans fournissent des services écosystémiques à l’humanité et doivent à ce titre être considérés comme un bien commun dans les négociations internationales menées sous les auspices des Nations unies; |
Intégrer d’autres facteurs environnementaux qui menacent la reconstitution des stocks de poissons
| 36. | insiste sur la nécessité d’appliquer des mesures rapides et fortes pour lutter contre le changement climatique si l’on veut préserver la santé des populations et des habitats des organismes marins et, partant, la continuité des activités de pêche durable et la sécurité alimentaire à long terme; rappelle que, conformément à l’article 2 de l’accord de Paris sur le changement climatique, les parties doivent s’attacher à renforcer les capacités d’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques et à promouvoir la résilience à ces changements et un développement à faible émission de gaz à effet de serre, d’une manière qui ne menace pas la production alimentaire; |
| 37. | souligne la contribution positive que les ZMP ont apportée à l’adaptation du climat grâce au renforcement de la résilience des écosystèmes; exhorte les États membres à renforcer le rôle des réseaux de ZMP dans leurs stratégies nationales d’adaptation au changement climatique; |
| 38. | souligne que la reconstitution des stocks halieutiques et leur maintien à un niveau d’exploitation durable requièrent également de contrer certains effets anthropiques liés au changement climatique, à la raréfaction de l’oxygène et l’acidification, ainsi que d’autres sources de pollution, principalement terrestres mais également maritimes, qui nuisent à cette reconstitution ou contribuent à leur fragilité, comme les nitrates, les eaux usées, les engrais, les pesticides, les produits chimiques toxiques, la pollution d’origine industrielle et due au tourisme de masse, les résidus de l’aquaculture, les plastiques et microplastiques, les crèmes solaires, les hormones, la pollution sonore, les fuites de pétrole et les engins de pêche perdus ou rejetés; |
| 39. | invite la Commission à publier une étude sur l’incidence de ces différentes sources de pollution sur la reconstitution des stocks de poissons et sur les écosystèmes marins; |
| 40. | souligne la nécessité que les pêcheurs soient inclus dans la lutte contre la pollution des mers et des océans; invite donc la Commission à demander aux États membres d’adopter des réglementations permettant aux pêcheurs de ramener à terre les déchets capturés en mer; considère que ces réglementations doivent prévoir des mécanismes de primes pour les pêcheurs ainsi que des systèmes de collecte appropriés; |
| 41. | souligne l’importance d’augmenter le taux de survie des espèces non visées en réduisant les blessures et le stress provoqués lors de la capture et de la remise à l’eau; |
| 42. | invite la Commission à étudier ces demandes et à y répondre dans son nouveau plan d’action visant à préserver les ressources halieutiques et à protéger les écosystèmes marins, qu’elle prévoit de présenter en 2021, ainsi que dans sa révision de la PCP et dans toutes ses propositions législatives à venir; |
o
o o
| 43. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu’aux gouvernements et aux parlements des États membres. |
(1) JO L 354 du 28.12.2013, p. 22.
(2) JO L 164 du 25.6.2008, p. 19.
(3) JO L 198 du 25.7.2019, p. 105.
(4) JO L 206 du 22.7.1992, p. 7.
(5) JO L 20 du 26.1.2010, p. 7.
(6) JO L 303 du 18.11.2009, p. 1.
(7) JO L 257 du 28.8.2014, p. 135.
(8) JO L 375 du 31.12.1991, p. 1.
(9) JO L 145 du 31.5.2001, p. 43.
(10) JO L 264 du 25.9.2006, p. 13.
(11) JO C 458 du 19.12.2018, p. 9.
(12) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0015.
(13) Règlement (UE) 2017/1004 du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2017 relatif à l’établissement d’un cadre de l’Union pour la collecte, la gestion et l’utilisation de données dans le secteur de la pêche et le soutien aux avis scientifiques sur la politique commune de la pêche, et abrogeant le règlement (CE) no 199/2008 du Conseil (JO L 157 du 20.6.2017, p. 1).
(14) Directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages (JO L 20 du 26.1.2010, p. 7).
(15) Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (JO L 206 du 22.7.1992, p. 7).
Initiative législative — 52021IP0508
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0509
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0511
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0512
16/12/2021