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Initiative législative — 52021IP0026

CELEX52021IP0026
TypeInitiative législative
Datejeudi 21 janvier 2021

Texte intégral

10.11.2021

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 456/232


P9_TA(2021)0026

Résorber le fossé numérique entre les femmes et les hommes: la participation des femmes à l’économie numérique

Résolution du Parlement européen du 21 janvier 2021 — Résorber le fossé numérique entre les femmes et les hommes: la participation des femmes à l’économie numérique (2019/2168(INI))

(2021/C 456/20)

Le Parlement européen,

—

vu l’article 2 et l’article 3, paragraphe 3, deuxième alinéa, du traité sur l’Union européenne et l’article 8 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (ci-après dénommé «traité FUE»),

—

vu l’article 23 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne,

—

vu la déclaration et le programme d’action de Pékin, adoptés lors de la quatrième conférence mondiale sur les femmes en 1995, et notamment le volet intitulé «Les femmes et les médias»,

—

vu la convention no 190 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur la violence et le harcèlement et sa recommandation no 206 sur la violence et le harcèlement, toutes deux de 2019,

—

vu le document final du 16 décembre 2015 de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies sur l’évaluation globale de la mise en œuvre des conclusions du Sommet mondial sur la société de l’information,

—

vu la communication de la Commission du 6 mai 2015, intitulée «Stratégie pour un marché unique numérique en Europe» (COM(2015)0192), et l’évaluation à mi-parcours de sa mise en œuvre, intitulée «Un marché unique numérique connecté pour tous» (COM(2017)0228), du 10 mai 2017,

—

vu le socle européen des droits sociaux, et en particulier ses principes 1, 2, 3 et 20,

—

vu les piliers II («Créer un environnement propice au développement des réseaux et services numériques innovants») et III («Maximiser le potentiel de croissance de notre économie numérique européenne») de la stratégie de la Commission pour un marché unique numérique,

—

vu le cadre stratégique pour la coopération européenne dans le domaine de l’éducation et de la formation (Éducation et formation 2020),

—

vu les communications de la Commission intitulées «ICT for Work: Digital Skills in the Workplace» (Compétences numériques sur le lieu de travail) et «Les femmes à l’ère numérique»,

—

vu la communication de la Commission du 5 mars 2020 intitulée «Une Union de l’égalité: stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025» (COM(2020)0152),

—

vu la communication de la Commission du 1er juillet 2020 intitulée «Une stratégie européenne en matière de compétences en faveur de la compétitivité durable, de l’équité sociale et de la résilience» (COM(2020)0274),

—

vu le rapport de la Commission du 1er octobre 2013 intitulé «Women active in the ICT sector» (Les femmes actives dans le secteur des TIC),

—

vu l’étude du 26 janvier 2017 de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) intitulée «Gender and digital agenda» (Genre et stratégie numérique),

—

vu les conclusions du Conseil du 30 mai 2016 sur le développement de l’éducation aux médias et de l’esprit critique au moyen de l’éducation et de la formation,

—

vu les conclusions du Conseil du 6 décembre 2018 intitulées «Égalité des sexes, jeunesse et numérisation»,

—

vu les conclusions du Conseil du 10 décembre 2019 intitulées «Égalité entre les hommes et les femmes dans les économies de l’UE: la voie à suivre»,

—

vu l’avis du comité consultatif de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes du 19 décembre 2018 intitulé «The future of gender equality strategy after 2019: the battles that we win never stay won» (L’avenir de la stratégie en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes après 2019: les batailles remportées ne sont jamais acquises),

—

vu la déclaration d’engagement sur les femmes dans le numérique (WID), signée en 2019 par 27 ministres et représentants des États membres de l’Union ainsi que par la Norvège,

—

vu sa résolution du 24 mai 2012 contenant des recommandations à la Commission sur l’application du principe de l’égalité des rémunérations des travailleurs et des travailleuses pour un même travail ou un travail de valeur égale (1),

—

vu sa résolution du 12 mars 2013 sur l’élimination des stéréotypes liés au genre dans l’Union (2),

—

vu sa résolution du 12 septembre 2013 sur la stratégie numérique pour la croissance, la mobilité et l’emploi: il est temps de passer à la vitesse supérieure (3), notamment en ce qui concerne la grande coalition sur les emplois numériques,

—

vu sa résolution du 8 octobre 2015 sur l’application de la directive 2006/54/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité des chances et de l’égalité de traitement entre hommes et femmes en matière d’emploi et de travail (4),

—

vu sa résolution du 28 avril 2016 sur l’égalité des genres et l’émancipation des femmes à l’ère du numérique (5),

—

vu le forum 2019 du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) sur les technologies de l’information et de la communication en vue d’atteindre les objectifs de développement durable,

—

vu le forum 2020 du SMSI intitulé «Encourager la transformation numérique et les partenariats mondiaux: lignes d’action du SMSI en vue d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD)»,

—

vu la question à la Commission sur l’émancipation des femmes et des filles par le secteur numérique (O-000004/2018 — B8-0010/2018),

—

vu sa résolution du 17 avril 2018 sur l’émancipation des femmes et des filles à l’aide du secteur numérique (6),

—

vu sa réunion interparlementaire de commissions à l’occasion de la Journée internationale de la femme 2018 sur l’émancipation des femmes et des filles dans les médias et les technologies de l’information et de la communication (TIC),

—

vu l’analyse approfondie intitulée «Empowering women on the Internet» (L’émancipation des femmes sur l’internet), publiée par la direction générale des politiques internes de l’Union le 30 octobre 2015 (7),

—

vu l’étude intitulée «The underlying causes of the digital gender gap and possible solutions for enhanced digital inclusion of women and girls» («Les causes sous-jacentes de l’écart hommes-femmes en matière numérique et les solutions envisageables pour renforcer l’insertion numérique des femmes et des filles»), publiée par sa direction générale des politiques internes le 15 février 2018 (8),

—

vu l’étude intitulée «Cyber violence and hate speech online against women» (Cyberviolence et discours haineux en ligne à l’égard des femmes) publiée par sa direction générale des politiques internes le 16 août 2018 (9),

—

vu l’étude intitulée «Éducation et emploi des femmes dans les sciences, les technologies et l’économie numérique, y compris l’IA et son influence sur l’égalité hommes-femmes», publiée par sa direction générale des politiques internes le 15 avril 2020 (10),

—

vu l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) intitulée «La violence à l’égard des femmes: une enquête à l’échelle de l’UE», publiée en 2014,

—

vu la directive 2011/36/UE du Parlement européen et du Conseil du 5 avril 2011 concernant la prévention de la traite des êtres humains et la lutte contre ce phénomène ainsi que la protection des victimes, remplaçant la décision-cadre 2002/629/JAI du Conseil (11),

—

vu la communication de la Commission du 19 juin 2012 intitulée «La stratégie de l’Union en vue de l’éradication de la traite des êtres humains pour la période 2012-2016» (COM(2012)0286) et le rapport à mi-parcours du 17 octobre 2014 relatif à sa mise en œuvre (SWD(2014)0318),

—

vu le tableau de bord consacré aux femmes dans le monde numérique (12),

—

vu l’article 54 de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission des droits des femmes et de l’égalité des genres (A9-0232/2020),

A.

considérant que, selon l’article 8 du traité FUE, pour toutes ses actions, l’Union doit chercher à éliminer les inégalités et à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes; qu’afin de parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes, il convient de garantir aux filles et aux jeunes femmes un accès équitable à la technologie et à une formation au numérique ainsi qu’à la sécurité en ligne; que le cinquième objectif de développement durable (ODD) concerne l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et fait appel à l’utilisation des technologies et de l’internet;

B.

considérant que le passage à l’ère numérique a fondamentalement modifié la plupart des aspects de notre vie en créant d’innombrables possibilités, mais aussi de nouveaux défis; que la crise de la COVID-19 et ses retombées sont susceptibles d’entraîner des changements permanents dans la vie en Europe, dans laquelle le numérique jouera un rôle majeur; que l’incidence de la numérisation sur les perspectives d’emploi des femmes et les ramifications du télétravail doivent être étudiées et évaluées; que l’équilibre entre le télétravail, la vie privée et les responsabilités en matière de soins ajoute une pression supplémentaire, et que les femmes sont donc confrontées à une charge émotionnelle, mentale et sociale accrue; qu’en raison de la pandémie, le marché du travail est confronté à une profonde transformation numérique;

C.

considérant que les stéréotypes sexistes constituent un obstacle majeur à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui contribue à la ségrégation de genre dans l’éducation et le travail, creuse encore l’écart entre les hommes et les femmes dans le secteur numérique et empêche la pleine participation des femmes en tant qu’utilisatrices, innovatrices et créatrices; que les stéréotypes ordinaires attribuent des compétences intellectuelles de haut niveau aux hommes plutôt qu’aux femmes et que ces stéréotypes sont intégrés par les enfants dès l’âge de six ans, notamment les filles, et influencent leurs intérêts;

D.

considérant que l’indice d’égalité de genre 2019 révèle des inégalités persistantes entre les sexes dans le secteur numérique;

E.

considérant que les données d’Eurostat de 2018 montrent qu’environ 1,3 million de personnes suivent des études dans le domaine des technologies de l’information et de la communication dans l’Union européenne, et que les filles et les femmes sont largement minoritaires, puisqu’elles ne représentent que 17 % de l’ensemble des étudiants en TIC dans l’Union;

F.

considérant que 73 % des garçons âgés de 15 à 16 ans utilisent avec aisance des appareils numériques qui leur sont moins familiers, contre 63 % des filles de la même tranche d’âge (13), qui se montrent moins confiantes, bien qu’elles possèdent les compétences nécessaires pour surpasser les garçons en matière de culture numérique;

G.

considérant que les stéréotypes sexistes influencent fortement les choix des matières; que très peu d’adolescentes dans les États membres de l’Union (moins de 3 %) manifestent un intérêt pour travailler dans le domaine des TIC à 30 ans (14); considérant que les enseignants et les parents qui découragent les filles de poursuivre une carrière dans les TIC contribuent à aggraver les stéréotypes sexistes; que l’élimination des attentes sexopécifiques en matière de professions et la promotion de modèles féminins dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) et les TIC peuvent encourager les filles à poursuivre des études dans les technologies de l’information et de la communication;

H.

considérant que les femmes dans le secteur de l’information et de la communication gagnent 19 % de moins que les hommes; que l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes contribue directement à l’écart de pension (15); que les niveaux de rémunération des hommes et des femmes doivent être conformes au principe d’équité et d’égalité;

I.

considérant que partout dans le monde, les femmes, en tant que groupe démographique, utilisent moins souvent l’internet que les hommes, que ce soit pour installer des logiciels, pour accéder à la radio ou à la télévision en ligne, pour des services bancaires en ligne ou pour des services de commerce électronique;

J.

considérant qu’au cours des dernières années, le nombre de femmes travaillant dans le domaine de la cybersécurité a augmenté, mais que les chiffres restent particulièrement bas, les femmes représentant moins de 20 % des professionnels de la cybersécurité en Europe;

K.

considérant qu’à l’avenir, plus de 90 % des emplois devraient nécessiter un certain degré de compétences numériques et de culture numérique;

L.

considérant que les femmes sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés pour trouver leur place dans le secteur des TIC en raison de divers obstacles, tels que les stéréotypes sexistes et le manque de diversité sur les lieux de travail à prédominance masculine; qu’il existe une ségrégation verticale et horizontale considérable dans le secteur des TIC et que les femmes sont souvent surqualifiées pour les postes qu’elles occupent; que seule une petite minorité de femmes occupent des postes supérieurs en ingénierie logicielle;

M.

considérant que l’utilisation et la création de logiciels prennent de plus en plus d’importance dans la transformation numérique; que l’écart entre les hommes et les femmes parmi les développeurs et les ingénieurs de logiciels est un sujet de préoccupation pour ce qui est de la participation des femmes dans ce secteur, ainsi que des éventuels préjugés sexistes discriminatoires, conscients ou non, véhiculés par les applications d’IA, les jeux vidéo, les jouets et d’autres applications;

N.

considérant que l’enquête de l’Agence des droits fondamentaux sur la violence à l’égard des femmes montre que 14 % des femmes ont été victimes de cyberharcèlement depuis l’âge de 15 ans (16); que de nombreux cas de harcèlement sexuel ont été signalés sur les sites d’enseignement des STIM, notamment dans les écoles, les universités et les lieux de travail, ce qui exclut encore davantage les femmes du secteur; que de nombreuses femmes ont été victimes de nouvelles formes de harcèlement sexuel et psychologique en ligne au cours de la pandémie de COVID-19, y compris l’irruption dans les visioconférences («Zoom-bombing»), la cyberprédation ou les menaces en ligne; qu’il est urgent de prendre des mesures de lutte contre ces nouvelles formes de harcèlement sexuel et psychologique; que la chosification, l’hypersexualisation et l’exploitation des femmes en ligne, notamment par l’intermédiaire de la pornographie sur l’internet, ont un effet dévastateur sur la construction de la sexualité et, d’une manière plus générale, sur l’égalité entre les hommes et les femmes;

O.

considérant que les TIC sont un secteur caractérisé par une faible proportion de femmes; qu’un grand nombre d’entre elles abandonnent leur cursus d’enseignement supérieur, leurs perspectives universitaires et leur carrière dans le domaine des TIC (phénomène connu sous le nom de «tuyau percé»), principalement en raison d’un mauvais équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de contraintes organisationnelles et d’un environnement dominé par les hommes; que la perte de productivité annuelle pour l’économie européenne due au fait que les femmes quittent leur emploi dans le domaine du numérique et deviennent inactives s’élève à 16,1 milliards d’euros (17);

P.

considérant que le secteur des technologies de l’information a connu une augmentation significative du nombre de femmes dans les conseils d’administration, mais qu’il est également celui où le pourcentage de conseils d’administration exclusivement masculins est le plus élevé;

Q.

considérant que la compétence numérique désigne la capacité à acquérir, à traiter et à communiquer des informations numériques et que celle-ci est influencée par le contexte socioculturel et économique; que les femmes passent plus de temps à administrer des soins et à effectuer du travail domestique non rémunérés; que cela limite leur temps libre, leur temps de travail rémunéré ou les possibilités d’acquérir des compétences numériques et des compétences en matière d’utilisation de l’internet; que des interventions visant à promouvoir la sensibilisation, à lutter contre les stéréotypes et normes sexistes ainsi qu’à parvenir à une meilleure redistribution de la charge de la garde d’enfants et du travail domestique non rémunérés pourraient permettre à davantage de femmes de prendre part au marché du travail et aux formations (numériques) et d’acquérir de meilleures compétences numériques;

R.

considérant qu’une part négligeable d’investisseurs en capital-risque, d’investisseurs providentiels et d’investisseurs sont des femmes; que les filles ayant tendance à étudier moins de matières dans le domaine des TIC et des STIM, de l’école primaire à l’université, les femmes sont amenées à travailler dans des proportions nettement inférieures dans ces domaines sur le marché du travail et en tant que créatrices et propriétaires d’entreprises privées et de jeunes entreprises; que le pourcentage plus faible de femmes participant aux secteurs de la technologie a un effet direct sur l’évolution de la société dans son ensemble et donne lieu à des préjugés en matière d’innovation pour ce qui est du type d’innovations et de nouvelles technologies mises à la disposition des consommateurs;

S.

considérant que la tendance indique une diminution du nombre de femmes qui s’orientent vers des études supérieures dans le domaine des TIC par rapport à 2011; que le pourcentage de femmes parmi les 8 millions de spécialistes des TIC dans l’Union s’élève à 17 %; que, si davantage de femmes entraient sur le marché des emplois numériques, le secteur bénéficierait grandement d’un réservoir de talents inexploité et de perspectives variées, ce qui pourrait générer une augmentation annuelle du produit intérieur brut de 16 milliards d’euros pour l’économie européenne;

T.

considérant que, d’après le rapport 2018 sur la parité entre les hommes et les femmes dans le monde du Forum économique mondial, seuls 22 % des professionnels dans le domaine de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale sont des femmes, contre 78 % d’hommes, ce qui représente un écart hommes-femmes de 72 % qui reste à combler; qu’en 2019, pour chaque tranche de 100 dollars américains investis dans des entreprises de technologie européennes, 92 dollars ont financé des équipes exclusivement masculines (18);

U.

considérant que l’insertion numérique désigne la possibilité pour toutes les personnes et communautés d’accéder aux TIC et d’en faire usage; que le manque d’accès aux TIC, leur caractère non abordable et le manque d’éducation en matière de TIC ainsi que les attentes sexospécifiques et les normes socioculturelles, la faible participation à l’enseignement des STIM et des TIC, l’utilisation limitée des outils numériques et l’activité restreinte sur les plateformes sociales en raison de la cyberviolence à l’égard des filles et des femmes sont autant de facteurs qui contribuent à les exclure de l’insertion numérique; que la dimension de l’insertion numérique équilibrée entre les hommes et les femmes doit être intégrée dans toutes les initiatives et tous les investissements de l’Union dans le domaine des TIC et du numérique;

V.

considérant que l’inclusion financière numérique désigne l’accès numérique à des services financiers formels adaptés aux besoins et déployés de façon responsable à un prix abordable, et l’utilisation de ces derniers; que les lois et les normes susceptibles de nuire au droit des femmes de participer à la population active, de détenir des actifs, de proposer des financements en faveur d’entreprises formelles et d’accéder à ces financements, ainsi que de prendre leurs propres décisions économiques constituent le principal facteur de l’exclusion financière des femmes; qu’environ un milliard de femmes n’ont toujours pas accès à des services financiers formels parce qu’elles n’ont pas accès à des documents d’identité, à des téléphones portables ou à des compétences numériques et qu’elles ne disposent pas de connaissances financières ou de produits adéquats; qu’un meilleur accès à des services financiers numériques responsables et une meilleure utilisation de ces derniers peuvent contribuer à renforcer le pouvoir et l’indépendance économiques des femmes;

W.

considérant que la capacité des femmes à accéder aux technologies numériques et à les utiliser dépend de nombreux facteurs, tels que les investissements, les réglementations et la concurrence; considérant que les femmes et les filles des régions rurales et isolées sont confrontées à des difficultés et à des obstacles pour accéder à l’internet et aux technologies et infrastructures numériques, ce qui les empêche de profiter pleinement du potentiel numérique des technologies modernes; que les femmes et les filles vivant dans des régions rurales travaillent généralement dans l’agriculture et que leur travail est souvent non rémunéré et précaire, ce qui les conduit à vivre dans des environnements où la technologie est peu présente et à éprouver des difficultés à accéder aux technologies numériques;

Remarques générales

1.

invite la Commission et les États membres à aligner les mesures en faveur de la transition numérique avec les objectifs de l’Union en matière d’égalité entre les hommes et les femmes; souligne que la transition numérique ne doit laisser personne de côté; se félicite de l’engagement pris par la Commission de renforcer la participation des femmes à l’économie numérique et à la société de l’information dans le cadre de la stratégie 2020-2025 en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes; invite la Commission à continuer de lutter contre les écarts considérables entre les hommes et les femmes dans le secteur des TIC dans le cadre de la stratégie numérique pour l’Europe et de toutes les autres politiques et initiatives en matière de compétences et d’éducation dans le domaine du numérique, par des mesures concrètes visant spécifiquement à accroître la participation des femmes et des filles dans ce secteur; souligne qu’une participation accrue des femmes au secteur numérique peut avoir une incidence importante sur la lutte contre les inégalités, les stéréotypes et la discrimination sexistes, l’amélioration de l’accès des femmes au marché du travail et de leurs conditions de travail, ainsi que la lutte contre l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes; invite la Commission et les États membres à accorder un financement adéquat aux programmes visant à inciter un plus grand nombre de filles et de femmes à étudier et à travailler dans le domaine des STIM, à mettre en place des programmes d’entrepreneuriat qui financent les femmes et les filles qui lancent des projets technologiques ou de nouvelles entreprises, à élaborer des stratégies visant à accroître leur insertion numérique et financière dans les domaines liés aux STIM, à l’intelligence artificielle et au secteur de la recherche et de l’innovation, et à adopter une approche à plusieurs niveaux pour remédier à l’écart entre les hommes et les femmes à tous les échelons de l’éducation et de l’emploi dans le secteur numérique;

2.

invite la Commission à tenir dûment compte de l’égalité des chances et de l’écart numérique entre les hommes et les femmes lors de la négociation des programmes dans le prochain cadre financier pluriannuel et des fonds et prêts relevant du plan de relance, et à sensibiliser davantage les femmes à ces mécanismes; souligne que l’intégration dans les différentes politiques des questions d’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que l’intégration de ces questions dans le processus budgétaire à l’aide d’indicateurs mesurables devraient faire partie des politiques en faveur du développement des TIC; invite la Commission à garantir l’intégration des questions d’égalité entre les hommes et les femmes dans la législation sur les services numériques et dans toutes les propositions à venir en lien avec le domaine du numérique;

3.

invite la Commission et les États membres à veiller à la mise en œuvre intégrale de la déclaration ministérielle d’engagement sur les femmes dans le numérique; invite la Commission à suivre la mise en œuvre par les États membres de plans nationaux transversaux sur les femmes dans le secteur du numérique;

Éducation

4.

souligne l’importance de veiller à intégrer la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de l’éducation numérique à tous les niveaux, y compris dans l’enseignement extrascolaire, informel et non officiel, ainsi qu’au sein du personnel enseignant; réclame des stratégies spécifiques adaptées à chaque tranche d’âge;

5.

encourage la Commission et les États membres, ainsi que les développeurs, les entreprises et les universités à faire face aux disparités entre les hommes et les femmes dans le secteur des TIC et à coopérer pour trouver des solutions et partager les bonnes pratiques en vue d’une meilleure intégration des filles dans les matières pertinentes pour l’éducation numérique dès le plus jeune âge; demande à l’Union européenne et à ses États membres de mettre en place, de soutenir et de mettre en œuvre les mesures préconisées par les Nations unies et ses organes;

6.

invite la Commission à traiter en profondeur, dans son programme pour une Europe numérique et son plan d’action actualisé en matière d’éducation numérique, le problème du faible nombre de femmes suivant des études ou travaillant dans le domaine des TIC et à garantir une forte intégration de la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en ce qui concerne l’accessibilité et le caractère abordable des équipements numériques; souhaite que les établissements d’enseignement intègrent une composante relative à l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les programmes dans les domaines des STIM et des TIC, dans le matériel éducatif et dans les pratiques pédagogiques dès le plus jeune âge, afin d’inciter les filles à continuer de s’inscrire à des cours de mathématiques, de programmation, de TIC et de sciences; encourage la Commission et les États membres à collaborer avec les établissements d’enseignement et les organisations de la société civile pour évaluer et modifier les formats éducatifs des TIC;

7.

souligne qu’il est important que le rôle des femmes et des filles comme coauteures de leur propre avenir devienne une partie intégrante de l’éducation dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie, des mathématiques et des TIC dans l’enseignement préscolaire et primaire, et que les stéréotypes sexistes néfastes sur le rôle respectif des filles et des garçons disparaissent;

8.

invite la Commission et les États membres à tenir compte de la perspective de genre dans l’élaboration des politiques d’éducation numérique afin de permettre aux étudiants et aux étudiantes de relever les défis futurs; demande à la Commission et aux États membres de mettre en place des programmes de tutorat dans les TIC à tous les niveaux d’enseignement, en y associant des modèles féminins; invite la Commission et les États membres à promouvoir des campagnes de sensibilisation à l’intention des étudiants et de leurs parents pour lutter contre les stéréotypes sexistes dans les projets scolaires et dans le monde du travail; souligne l’importance de valoriser le travail des femmes afin que les jeunes filles ne voient pas seulement des noms masculins dans les livres scientifiques, mais qu’elles aient aussi des modèles féminins;

9.

invite la Commission et les États membres à soutenir l’apprentissage tout au long de la vie afin de faciliter la réorientation professionnelle des femmes vers des emplois dans le domaine des TIC, ainsi que les formations et les programmes de renforcement des compétences numériques, de perfectionnement et de reconversion professionnelle des filles et des femmes; souligne que la recommandation du Conseil en matière d’enseignement et de formation professionnels et la nouvelle stratégie en matière de compétences pour l’Europe doivent garantir l’intégration de la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes;

10.

invite la Commission et les États membres à adopter des stratégies et à prendre des mesures visant à lutter contre le phénomène du «tuyau percé»;

11.

demande que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne un volet systématique et structurel des futures stratégies et politiques de l’Union européenne en faveur de la jeunesse;

Emploi et entrepreneuriat

12.

demande instamment aux États membres de transposer et de mettre pleinement en œuvre la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et invite la Commission à en assurer le suivi effectif afin de veiller à ce que les deux parents bénéficient de congés maternité ou paternité, de congés parentaux et de congés d’aidants; encourage les États membres à considérer les TIC comme un moyen de promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et à observer les tendances de la numérisation du monde du travail, y compris le secteur numérique, afin d’adapter, si nécessaire, leurs mesures existantes en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et à développer et renforcer leurs systèmes visant à une répartition égale des responsabilités en matière de soins; dans ce contexte, encourage la Commission et les États membres à mettre en place des politiques visant à améliorer la situation des travailleurs indépendants, en particulier des femmes entrepreneurs dans les secteurs des TIC et du numérique, et à répondre à leurs besoins en matière d’accès aux systèmes de protection sociale, de congé de maternité et de garde d’enfants; souligne que le télétravail permet aux femmes de travailler depuis chez elles et qu’il peut aboutir à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée; observe toutefois qu’il doit faire l’objet d’un suivi et d’une réglementation appropriée par les États membres;

13.

souligne que l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes a une incidence négative sur les prestations de sécurité sociale et creuse l’écart de pension en défaveur des femmes, notamment dans le secteur numérique; se félicite de l’engagement pris par la Commission de présenter des mesures contraignantes en matière de transparence salariale d’ici la fin de 2020, tout en tenant dûment compte de la situation unique des petites et moyennes entreprises européennes et des différents modèles de marché du travail existant dans l’Union, afin de remédier efficacement aux écarts de rémunération et de pension entre les hommes et les femmes et à la pauvreté chez les personnes âgées;

14.

invite la Commission et les États membres à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans les TIC et les entreprises liées aux TIC et dans l’économie numérique et à adopter des politiques transversales visant à réduire l’écart hommes-femmes dans l’économie numérique par des mesures ciblées, notamment des fonds européens pour financer des projets dirigés par des femmes dans l’environnement numérique, la promotion d’un nombre minimum de chercheuses participant à des projets de TIC, des cours de formation pour les départements des ressources humaines sur les «préjugés sexistes inconscients» afin de promouvoir un recrutement équilibré du point de vue du genre, la définition de systèmes de récompenses et d’incitations pour les entreprises et les organisations qui poursuivent activement des politiques neutres du point de vue du genre liées à des objectifs mesurables, la promotion de l’intégration des questions d’égalité entre les hommes et les femmes dans les stratégies des entreprises en matière de production, de conception et de commercialisation de produits TIC, des rapports annuels sur la diversité et l’écart de rémunération dans les entreprises de TIC, des politiques de marchés publics et/ou des lignes directrices sur l’acquisition de services TIC par des fournisseurs qui garantissent un équilibre entre les sexes dans la composition de leurs entreprises et de leurs organes de direction, la facilitation de la distribution de fonds européens aux entreprises qui tiennent compte de critères de parité hommes-femmes et encouragent la mise en œuvre de plans et de protocoles en matière d’égalité entre les sexes afin d’améliorer et de contrôler les performances des entreprises en ce qui concerne la participation des femmes, y compris au niveau de la gestion et de l’encadrement, ainsi que des programmes de tutorat;

15.

demande à la Commission et aux États membres d’évaluer soigneusement les causes et les facteurs du fort taux d’abandon des femmes dans les carrières numériques; invite la Commission et les États membres à analyser les conséquences d’un déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée sur la capacité des femmes à participer aux formations de perfectionnement nécessaires pour suivre la cadence quant aux compétences requises dans le secteur des TIC; invite la Commission et les États membres à mettre au point des mécanismes et des programmes visant à intégrer les femmes et les filles dans les initiatives en matière d’enseignement, de formation et d’emploi dans le secteur numérique, quel que soit leur statut en matière d’immigration sur le plan du droit;

16.

invite la Commission et les États membres à encourager l’esprit d’entreprise et l’engagement des femmes dans l’innovation et à accroître les possibilités de financement pour les femmes entrepreneurs et les jeunes entreprises numériques dirigées par des femmes, ainsi qu’à améliorer l’accessibilité des fonds existants afin qu’elles aient des chances égales de concourir sur le marché unique numérique, et à encourager une composition plus équilibrée des institutions de financement;

17.

encourage la Commission et les États membres à davantage financer la recherche sur les questions liées à l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine des TIC;

18.

juge de la plus haute importance qu’il y ait davantage de modèles féminins, et que davantage de femmes occupent des postes de direction dans le secteur des TIC; invite les modèles masculins à défendre l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’économie numérique; souligne la nécessité pour les entreprises dans le domaine des TIC d’introduire des pratiques en matière de ressources humaines qui favorisent la diversité, telles que l’équilibre entre les hommes et les femmes parmi les cadres intermédiaires et supérieurs ainsi qu’au sein des conseils d’administration; salue l’intention affirmée de la Commission d’encourager l’adoption de la proposition de directive de 2012 relative à un équilibre hommes-femmes parmi les administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en bourse (directive relative à la présence des femmes dans les conseils d’administration) et invite instamment le Conseil à la débloquer et à l’adopter;

Secteurs de la culture, des médias et de l’audiovisuel

19.

souligne l’influence que les secteurs de la culture, des médias, de la publicité et de l’audiovisuel peuvent avoir dans la création et le renforcement des stéréotypes sexistes et la mise en place de barrières normatives et culturelles, véhiculées par la langue et les images diffusées;

20.

invite les industries de l’audiovisuel et des médias à montrer de plus en plus de femmes exerçant des professions dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie, des mathématiques et des TIC, et à introduire des représentations de la diversité et des possibilités qu’offrent les STIM et les TIC; invite le secteur des médias à inclure les femmes dans les groupes de discussion, les articles de journaux ainsi que les autres espaces qui forgent l’opinion publique et le discours relatif aux thématiques technologiques;

21.

rappelle qu’il est essentiel d’éliminer les préjugés sexistes, conscients ou non, présents dans les algorithmes, les applications d’IA, les jeux vidéo et les jouets, car ils perpétuent des stéréotypes sexistes néfastes et contribuent à réduire la participation des femmes dans les domaines du numérique, de l’IA et des TIC; souligne la nécessité de remédier aux préjugés en matière d’innovation dans le secteur des TIC, les concepteurs et développeurs de services, de logiciels et d’applications utilisateurs étant principalement des hommes et les utilisateurs principalement des femmes;

Émancipation civique, politique et économique des femmes

22.

souligne que les TIC peuvent considérablement améliorer la participation des femmes aux processus électoraux, aux consultations publiques, aux sondages et aux débats, ainsi que les aider à organiser les droits des femmes et à plaider en leur faveur; invite la Commission et les États membres à tenir compte de l’égalité entre les hommes et les femmes lorsqu’ils élaborent des initiatives dans le domaine de l’administration en ligne; insiste sur l’efficacité de l’utilisation de l’internet pour les campagnes, les forums et la meilleure visibilité des modèles féminins;

23.

demande à la Commission et aux États membres de soutenir les organisations de la société civile numérique, de collaborer avec elles de manière constructive et de les encourager à s’investir dans la gouvernance de l’internet; invite en outre la Commission et les États membres à travailler en étroite collaboration avec les femmes et les organisations de femmes de la société civile et à les associer afin de mieux répondre aux préoccupations qui existent dans la vie quotidienne des femmes et des filles, à atténuer ces préoccupations lors de la définition et de la mise en œuvre des politiques publiques en matière de technologie et à promouvoir l’insertion économique et numérique des femmes;

24.

recommande aux États membres et à la Commission d’organiser des campagnes de sensibilisation, de formation et d’intégration des questions d’égalité entre les femmes et les hommes, afin de mettre en avant le rôle central de l’habileté numérique dans l’émancipation économique des femmes;

25.

estime que les femmes doivent être encouragées à jouer un rôle plus déterminant dans la conception, l’élaboration, la construction et l’entretien de villes et villages intelligents;

Collecte des données

26.

se réjouit de la création du tableau de bord des femmes dans le numérique, qui s’inscrit pleinement dans l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI), ainsi que des quatre nouveaux indicateurs proposés par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) dans son rapport de 2018 intitulé «Égalité entre les hommes et les femmes et jeunesse: perspectives et dangers de la numérisation»;

27.

invite la Commission et les États membres, ainsi que les plateformes et les entreprises, à recueillir des données comparables ventilées par genre et par âge sur l’utilisation des TIC, et à proposer des initiatives, notamment dans le domaine de la recherche, visant à mieux faire comprendre les causes profondes de l’écart numérique entre les hommes et les femmes et à mieux y faire face; demande instamment à la Commission et aux États membres de recueillir des données ventilées par sexe et d’utiliser les données existantes afin de promouvoir la recherche sur l’interaction entre les différents facteurs qui freinent l’insertion numérique des femmes et des filles; souligne que la collecte harmonisée de données facilite la comparaison et le partage de données et d’exemples de bonnes pratiques par les États membres;

Lutte contre les violences à caractère sexiste: la cyberviolence

28.

constate avec une vive inquiétude l’augmentation des délits informatiques et des actes d’intimidation, de harcèlement moral, de divulgation d’informations personnelles (doxing), de harcèlement et de violence à l’encontre des femmes dans le monde numérique; souligne l’importance de l’éducation au numérique et aux médias, de l’hygiène informatique et de la cybersécurité; demande la mise à disposition de fonds et l’organisation de campagnes visant à sensibiliser et à éduquer les femmes sur la manière de sécuriser leurs comptes et leurs communications pour se protéger en ligne, et sur la communication sociale respectueuse sur l’internet, afin d’avertir les femmes contre les harceleurs ou agresseurs potentiels et de les informer sur la manière de demander de l’aide en cas d’incident; estime que ces campagnes devraient lutter contre la violence à caractère sexiste et les stéréotypes sexistes, sensibiliser les hommes à la manière de se comporter à l’égard des femmes en ligne et garantir la liberté d’expression des femmes et leur participation significative au discours public; estime, en outre, que les entreprises et les développeurs devraient lutter contre la violence et les abus sexistes en ligne dans leurs infrastructures au moyen de mécanismes efficaces de signalement et de suspension; invite les États membres à faciliter les canaux de signalement et à soutenir le développement d’outils de formation pour les forces de police, le système judiciaire et le secteur des technologies de l’information et de la communication afin de donner aux services répressifs les moyens d’enquêter et de poursuivre efficacement les auteurs d’attaques malveillantes et de soutenir les victimes de harcèlement et de violence en ligne;

29.

demande aux institutions, organes et organismes de l’Union, ainsi qu’aux États membres et à leurs services répressifs de coopérer et de prendre des mesures concrètes afin de coordonner leurs actions de lutte contre l’utilisation des TIC en vue de commettre des délits, notamment le harcèlement sexuel en ligne et la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle, et de collecter des données ventilées par sexe concernant les violences sexistes en ligne; se félicite de l’annonce par la Commission d’une enquête sur les violences sexistes; invite instamment la Commission et les États membres à octroyer un financement suffisant pour le développement de solutions d’IA qui préviennent et combattent la cyberviolence, le harcèlement sexuel en ligne, l’exploitation des femmes et des filles et le harcèlement sur le lieu de travail; invite les États membres à réviser leur droit pénal afin de veiller à ce que les nouvelles formes de violence numérique soient définies, reconnues et érigées en infractions pénales, et à ratifier la convention de l’OIT sur la violence et le harcèlement de 2019, qui s’applique, entre autres, aux communications professionnelles;

30.

estime qu’il est essentiel, pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes, de mettre en place une éducation sexuelle et relationnelle complète et adaptée à l’âge, qui comprenne la lutte contre la cyberviolence et le harcèlement sexuel en ligne, ainsi que la lutte contre la chosification en ligne et l’hypersexualisation et l’exploitation sexuelle des femmes; invite la Commission et les États membres à adopter des politiques et des mesures visant à faire face aux cas de harcèlement sexuel dans les établissements d’enseignement et les écoles dans le domaine des STIM, ainsi que dans le secteur des TIC; invite les employeurs à adapter les mesures en matière de ressources humaines pour lutter contre les anciennes et les nouvelles formes de harcèlement en ligne, en prévoyant des cours de formation obligatoires et des numéros d’urgence pour les victimes;

31.

demande la mise en place de nouvelles mesures juridiquement contraignantes et l’adoption d’une directive visant à prévenir et à combattre les violences sexistes, y compris la cyberviolence, qui vise souvent les femmes, notamment les personnalités publiques, les femmes politiques et les militantes, ainsi que les discours de haine en ligne contre les femmes; invite la Commission à veiller à ce que la proposition de législation sur les services numériques à venir et le nouveau cadre de coopération entre les plateformes internet s’intéressent aux responsabilités des plateformes en ligne en ce qui concerne les discours haineux tenus par les utilisateurs et autres contenus néfastes, abusifs et sexistes, afin de protéger la sécurité des femmes en ligne; invite la Commission à élaborer des définitions juridiques harmonisées de la cyberviolence et un nouveau code de conduite pour les plateformes en ligne sur la lutte contre la violence à caractère sexiste en ligne;

Domaines émergents

32.

invite les administrations publiques nationales et les institutions de l’Union à collaborer avec le secteur privé pour concevoir des campagnes visant à trouver des figures auxquelles s’identifier à l’échelle européenne, afin d’encourager les jeunes femmes actives à se tourner vers les professions en lien avec la cybersécurité, ce qui réduirait considérablement les disparités entre les hommes et les femmes en matière de compétences, stimulerait l’économie et améliorerait la résilience générale du secteur de la cybersécurité en Europe;

33.

souligne la nécessité de poursuivre les efforts réglementaires pour veiller à ce que l’IA respecte les principes et les valeurs de l’égalité entre les hommes et les femmes et de la non-discrimination, tels qu’ils sont consacrés à l’article 21 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne;

34.

souligne la nécessité d’approfondir, en intégrant la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes, la compréhension des domaines émergents tels que la prise de décision algorithmique, la technologie des chaînes de blocs, la cryptomonnaie et le contrôle des données, et d’élaborer des stratégies pour faire face à ces questions;

Égalité entre les hommes et les femmes dans les politiques de développement

35.

exprime son inquiétude quant au risque d’aggravation de l’écart numérique entre les femmes et les hommes dans les pays et régions en développement dans le contexte de la crise actuelle; souligne qu’il importe de stimuler l’habileté numérique, l’accessibilité numérique et le caractère abordable du numérique pour les femmes et les filles comme outils permettant de parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes dans les stratégies en matière de développement; souligne la nécessité d’affecter les fonds de développement à la promotion de l’éducation numérique des filles et des femmes et de soutenir les projets dirigés par les femmes dans le secteur numérique, en particulier ceux qui ont une incidence sociale;

36.

rappelle que les personnes handicapées, les groupes ethniques et minoritaires, les femmes de différents milieux socioéconomiques, les femmes âgées et les femmes des zones rurales, ainsi que les femmes réfugiées et migrantes, peuvent rencontrer des difficultés pour accéder aux services numériques et aux infrastructures connexes; souligne l’importance d’une approche transversale pour toutes les initiatives d’intégration de la dimension d’égalité entre les hommes et les femmes dans les politiques visant à renforcer l’accès des femmes aux services numériques, leur utilisation de ces services, ainsi que leur accès à l’éducation et à l’emploi dans une économie et une société numériques; invite les États membres à lutter contre l’exclusion numérique de tous les groupes vulnérables de la société et à rendre l’éducation aux TIC accessible à ces derniers en adaptant les méthodes d’enseignement et les calendriers afin de tenir compte des différents facteurs qui déterminent l’accès des femmes à l’éducation;

o

o o

37.

charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission.

(1) JO C 264 E du 13.9.2013, p. 75.

(2) JO C 36 du 29.1.2016, p. 18.

(3) JO C 93 du 9.3.2016, p. 120.

(4) JO C 349 du 17.10.2017, p. 56.

(5) JO C 66 du 21.2.2018, p. 44.

(6) JO C 390 du 18.11.2019, p. 28.

(7) Analyse approfondie — «Empowering women on the Internet», Parlement européen, direction générale des politiques internes, département thématique C — Droits des citoyens et affaires constitutionnelles, 30 octobre 2015.

(8) Étude intitulée «The underlying causes of the digital gender gap and possible solutions for enhanced digital inclusion of women and girls» («Les causes sous-jacentes de l’écart hommes-femmes en matière numérique et les solutions envisageables pour renforcer l’insertion numérique des femmes et des filles»), Parlement européen, département thématique C, Droits des citoyens et affaires constitutionnelles, 15 février 2018.

(9) Étude — «Cyber violence and hate speech online against women», Parlement européen, direction générale des politiques internes de l’Union, département thématique C — Droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, 16 août 2018.

(10) Étude intitulée «Éducation et emploi des femmes dans les sciences, les technologies et l’économie numérique, y compris l’IA et son influence sur l’égalité hommes-femmes», Parlement européen, direction générale des politiques internes, département thématique C — Droits des citoyens et affaires constitutionnelles, 15 avril 2020.

(11) JO L 101 du 15.4.2011, p. 1.

(12) https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/women-digital-scoreboard

(13) Indice EIGE no 6. Source: Fiche d’information de l’EIGE sur l’égalité hommes-femmes et la numérisation dans l’Union européenne, publiée le 11 octobre 2018.

(14) Fiche d’information de l’EIGE sur l’égalité hommes-femmes et la numérisation dans l’Union européenne, publiée le 11 octobre 2018.

(15) https://ec.europa.eu/digital-single-market/en/women-ict

(16) Enquête de la FRA –

https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2018/604979/IPOL_STU(2018)604979_EN.pdf

(17) Étude de la Commission intitulée «Les femmes à l’ère numérique» (2018).

(18) https://2019.stateofeuropeantech.com/chapter/diversity-inclusion/article/state-di-european-tech/


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