| CELEX | 52021IP0396 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 16 septembre 2021 |
| 11.3.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 117/159 |
P9_TA(2021)0396
Renforcement de la transparence et de l’intégrité des institutions de l’UE par la création d’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique
Résolution du Parlement européen du 16 septembre 2021 sur le renforcement de la transparence et de l’intégrité des institutions de l’Union par la création d’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique (2020/2133(INI))
(2022/C 117/17)
Le Parlement européen,
| — | vu les orientations politiques pour la prochaine Commission européenne 2019-2024, présentées le 10 septembre 2019, |
| — | vu la lettre de mission du 1er décembre 2019 de la présidente de la Commission à Věra Jourová, vice-présidente désignée chargée des valeurs et de la transparence, |
| — | vu sa résolution du 14 septembre 2017 sur la transparence, la responsabilité et l’intégrité au sein des institutions européennes (1), |
| — | vu sa résolution du 26 novembre 2020 sur le bilan des élections européennes (2), |
| — | vu le traité sur l’Union européenne (traité UE), et notamment ses articles 9, 10, 13, 14, 15, 16 et 17, |
| — | vu le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), et notamment son article 223, paragraphe 2, et ses articles 245 et 295, |
| — | vu l’acte portant élection des membres du Parlement européen au suffrage universel direct («l’acte électoral»), annexé à la décision du Conseil du 20 septembre 1976, tel que modifié, |
| — | vu le projet d’accord interinstitutionnel entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne sur un registre de transparence obligatoire, |
| — | vu le rapport spécial no 13/2019 de la Cour des comptes européenne intitulé «Les cadres éthiques des institutions de l’UE auditées: des améliorations sont possibles», |
| — | vu les conclusions du Conseil sur le rapport spécial no 13/2019 de la Cour des comptes européenne, |
| — | vu sa décision du 28 septembre 2005 portant adoption du statut des députés au Parlement européen (2005/684/CE, Euratom) (3), |
| — | vu le règlement intérieur du Parlement européen, et notamment ses articles 2, 10 et 11, son article 176, paragraphe 1, son annexe I, articles 1 à 3, article 4, paragraphe 6, et articles 5 et 6, et son annexe II, |
| — | vu les rapports annuels du comité consultatif sur la conduite des députés, |
| — | vu les rapports annuels sur l’application du code de conduite des membres de la Commission européenne, y compris les avis du comité d’éthique indépendant, |
| — | vu les recommandations du Médiateur européen dans l'enquête conjointe sur les plaintes 194/2017/EA, 334/2017/EA et 543/2017/EA sur le traitement fait par la Commission de l'emploi post-mandat d'anciens membres de la Commission, d'un ancien président de la Commission et sur le rôle de son «comité d'éthique», |
| — | vu les recommandations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO) et de plusieurs organisations non gouvernementales, |
| — | vu le statut des fonctionnaires et le régime applicable aux autres agents des Communautés européennes, et notamment ses articles 11, 11 bis, 12, 12 bis, 12 ter, 13, 15, 16, 17, 19, 21 bis, 22 bis, 22 quater, 24, 27 et 40, |
| — | vu les compétences de la commission des affaires juridiques du Parlement européen définies à l’annexe VI de son règlement intérieur, |
| — | vu l’article 54 de son règlement intérieur, |
| — | vu les avis de la commission des affaires juridiques, de la commission du contrôle budgétaire, de la commission des affaires économiques et monétaires et de la commission des pétitions, |
| — | vu le rapport de la commission des affaires constitutionnelles (A9-0260/2021), |
| A. | considérant que le traité UE dispose que «l’Union respecte le principe de l’égalité de ses citoyens, qui bénéficient d’une égale attention de ses institutions, organes et organismes»; que cela implique que les décisions publiques sont prises dans l’intérêt du bien commun; |
| B. | considérant que les traités ont mis en place un système de répartition des compétences entre les institutions de l’Union, qui attribue à chacune d’entre elles son propre rôle au sein de la structure institutionnelle européenne et dans l’accomplissement des tâches qui lui sont confiées; |
| C. | considérant que si chaque institution de l’Union dispose d’un droit souverain d’organisation, toutes les institutions de l’Union sont tenues de respecter les normes les plus élevées en matière d’indépendance et d’impartialité; |
| D. | considérant que le traité UE et le traité FUE établissent un cadre de gouvernance européenne fondé sur la séparation des pouvoirs en définissant des droits et des obligations distincts pour chaque institution; |
| E. | considérant que l'indépendance, la transparence et la responsabilité des institutions publiques ainsi que de leurs élus, commissaires et fonctionnaires sont de la plus haute importance pour favoriser la confiance des citoyens, qui est nécessaire au fonctionnement légitime des institutions démocratiques; |
| F. | considérant que les normes éthiques applicables aux institutions de l’Union sont à bien des égards supérieures à celles mises en œuvre chez leurs équivalents nationaux, mais qu’elles ne sont pas appliquées de manière satisfaisante; |
| G. | considérant que l’application du cadre éthique pourrait être améliorée; |
| H. | considérant que la confiance des citoyens dans les institutions publiques et les processus de prise de décision constitue l’un des piliers de tout gouvernement démocratique et passe par l’exemplarité, l’intégrité, la transparence, la responsabilité ainsi que les normes les plus élevées de comportement éthique; |
| I. | considérant que pour que les processus démocratiques ne soient pas pris en otage par des intérêts privés et que les droits des citoyens soient pleinement respectés, il est essentiel qu’il n’y ait ni abus d’influence de la part de représentants d’intérêts, notamment au moyen d’activités rémunérées proposées aux députés au Parlement européen, de cadeaux ou d’invitations à voyager, de promesses d’emploi après la fin du mandat du député ou la cessation des fonctions d’un fonctionnaire, ni utilisation indue d’informations ou de contacts; |
| J. | considérant que les lacunes du cadre éthique actuel de l’Union découlent en grande partie du fait que celui-ci se fonde sur une démarche d’autorégulation, sur l’absence de droit pénal de l’Union ainsi que sur l’insuffisance des ressources et des compétences aux fins de la vérification des informations; que toute évolution du cadre éthique de l’Union doit disposer d’une base juridique précise tout en respectant la séparation des pouvoirs prévue par les traités; que la création d’un organisme indépendant chargé des questions d’éthique est susceptible de contribuer à renforcer la confiance dans les institutions de l’Union et dans leur légitimité démocratique; |
| K. | considérant que, par conséquent, des cas de conduite problématique se sont produits; que l’incidence de tout comportement contraire à l’éthique et leur traitement inadéquat par les institutions de l’Union érodent la confiance que les citoyens européens accordent aux institutions de l’Union et ont gravement contribué à nuire à la réputation de l’Union; |
| L. | considérant notamment que le phénomène du pantouflage est en nette augmentation; que de nombreux membres de la Commission et un tiers des députés au Parlement européen de la législature 2014-2019 ont été recrutés par des organisations figurant dans le registre européen de transparence; que cette situation comporte des risques de conflits d’intérêts avec les domaines de compétence légitimes des États membres et des institutions de l’Union, des risques de diffusion ou d’utilisation abusive d’informations confidentielles ainsi que le risque que d’anciens membres du personnel utilisent leurs relations personnelles, voire leur amitié avec d’anciens collègues pour se livrer à des activités de lobbying; |
| M. | considérant que le cadre actuel des normes éthiques au niveau de l’Union est adapté aux spécificités de chaque institution de l’Union, ce qui implique différentes procédures et différents niveaux d’application d’un seul et même statut des fonctionnaires de l’Union dans les diverses institutions, organes et organismes de l’Union et génère ainsi un système complexe, difficile à appréhender tant pour les citoyens de l’Union que pour les personnes tenues de suivre les règles; |
| N. | considérant que la Cour des comptes européenne a souligné, dans son rapport spécial no 13/2019, que, dans de nombreux domaines, il existait de bonnes raisons d'adopter des approches harmonisées en matière de traitement des problèmes d'éthique entre les institutions de l’Union; que la Médiatrice européenne et la Cour des comptes européenne ont alerté à maintes reprises les institutions de l’Union de l’existence de graves défaillances dans leurs politiques de prévention des conflits d’intérêts; que la Médiatrice européenne et la Cour des comptes européenne se sont dites tout particulièrement préoccupées par l’absence, au niveau de l’Union, de cadre éthique commun comportant des procédures et des canaux de communication précis; que ce problème concerne notamment les travaux des représentants des États membres au Conseil, où il faut aborder la question des conflits d’intérêts de haut niveau, du pantouflage et des règles de transparence; que les règles d'éthique de l'Union ne sont pas alignées sur les lignes directrices de l'OCDE en matière de gestion des conflits d'intérêts dans le service public; |
| O. | considérant que l’exemple de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique en France montre qu’un organisme unique et indépendant compétent pour le contrôle et l'application des règles éthiques applicables aux organismes publics, ainsi que pour la prise de sanctions en la matière, constitue un outil puissant et efficace capable de réduire à long terme les cas de comportement contraire à l’éthique; |
| P. | considérant que l’équilibre des pouvoirs attribués aux institutions constitue une garantie fondamentale que le traité offre aux citoyens de l’Union; |
| Q. | considérant que la doctrine Meroni, élaborée par la Cour de justice de l’Union européenne, permet la délégation de compétences des institutions de l’Union à des organismes externes, dont des compétences qui ne sont pas encore exercées; que, selon la Cour de justice, toute délégation de pouvoirs doit être limitée et ne peut concerner que des pouvoirs nettement délimités dont l’usage doit être entièrement soumis au contrôle des institutions délégantes et ne peut pas porter sur des pouvoirs discrétionnaires impliquant un quelconque jugement politique afin de ne pas compromettre l’équilibre des pouvoirs entre les institutions; |
| R. | considérant que, selon le principe d’attribution des compétences, les institutions ne peuvent déléguer, au moyen d’un accord interinstitutionnel, des pouvoirs dont elles ne disposent pas elles-mêmes, par exemple lorsque ces pouvoirs sont conférés par les traités à la Cour des comptes ou sont restés aux mains des États membres; |
| S. | considérant que pendant l'examen des conflits d'intérêts potentiels des commissaires désignés en 2019, les membres de la commission des affaires juridiques ont souligné les profondes limites de la procédure actuelle; que ces limites comprennent l’accès à un éventail d’informations limité, le manque de temps disponible pour l’examen, l’absence de pouvoirs d’enquête et l’absence de soutien de la part d’experts; que l’article 17, paragraphe 3, du traité UE prévoit que les membres de la Commission européenne doivent être choisis «parmi des personnalités offrant toutes garanties d'indépendance»; |
| T. | considérant qu’il est nécessaire d’améliorer le cadre éthique strict en vigueur pour les membres de la Commission afin de combler les lacunes législatives existantes telles que l’absence d’un statut de membre de la Commission; que ce processus est étroitement lié au contrôle et à la supervision parlementaires et qu’il convient de définir un statut de membre de la Commission conformément à la procédure législative ordinaire et d’inviter la Commission à présenter une proposition; |
| U. | considérant que tous les candidats têtes de liste aux élections européennes de 2019 ont soutenu la création d’un organisme indépendant chargé des questions d’éthique commun à toutes les institutions de l’Union; que la présidente de la Commission a fait part de son soutien à son égard dans ses orientations politiques; |
| V. | considérant que la liberté du mandat des députés au Parlement européen est dans l’intérêt des citoyens qu’ils représentent; |
| W. | considérant que l’une des principales fonctions du Parlement, telle qu’en dispose le traité UE, est d’exercer un contrôle politique; |
| X. | considérant que le personnel des institutions relève du statut des fonctionnaires de l’Union européenne et du régime applicable aux autres agents de l’Union européenne; |
1.
estime qu’un organisme européen indépendant unique chargé des questions d’éthique permettrait de mieux assurer la mise en œuvre cohérente et intégrale des normes éthiques dans l’ensemble des institutions de l’Union afin de garantir que les décisions publiques soient prises au nom de l’intérêt général et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’Union; propose la conclusion d’un accord interinstitutionnel sur la base de l’article 295 du traité FUE afin de mettre en place, pour le Parlement et la Commission, un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique ouvert à la participation de l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union et propose que cet organisme fournisse également aux institutions, organes et organismes participants une formation et une orientation active;
Principes
| 2. | estime que les dispositions de cet accord interinstitutionnel doivent respecter les dispositions et principes suivants:
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| 3. | estime que dans le cadre de ses missions, notamment en matière de contrôle et d’enquête, l’organisme devrait se fonder sur les compétences actuellement conférées aux institutions pour demander des informations à leurs membres ou sur l'autorisation des autorités nationales pour partager des informations; souligne que le Président du Parlement, le Collège des commissaires ou l’autorité d’une institution participante conservera le pouvoir de statuer définitivement en attendant une révision éventuelle des règles; |
| 4. | estime que la procédure suivie par l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique devrait assurer un niveau de transparence approprié tout en préservant les garanties procédurales définies dans la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et que l’accord interinstitutionnel devrait comporter des règles de procédure ainsi qu’un protocole approprié sur la protection des données se référant aux principes en vigueur au sein des organismes européens existants chargés des questions d’éthique ainsi qu’aux valeurs communes de l’Union (article 2 du traité FUE), au droit de la personne concernée d’être entendue et à son droit de recours, à l’obligation de collaborer et aux exigences en matière de publication; |
Champ d’application et mandat
| 5. | estime que le nouvel organisme européen chargé des questions d’éthique devrait se voir déléguer une liste de missions convenues et être consulté sur les règles éthiques applicables aux membres de la Commission, aux députés au Parlement européen et au personnel des institutions participantes avant, pendant et, dans certains cas, après leur mandat ou leur carrière conformément aux règles applicables, dont:
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| 6. | estime que l'accord devrait s’appliquer aux membres et au personnel des institutions participantes avant, pendant et après leur mandat ou leur carrière, conformément aux règles applicables; considère que cette disposition devrait s’appliquer aux députés au Parlement européen, aux membres de la Commission et à l’ensemble du personnel de l’Union relevant du champ d’application du statut des fonctionnaires; |
| 7. | rappelle que, pour les personnes relevant du statut des fonctionnaires, la compétence pourrait être déléguée à l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique par le recours aux clauses d’habilitation de l’article 2, paragraphe 2, ou de l’article 9, paragraphe 1, ou des deux et concernerait le contrôle et l’application des obligations éthiques, tandis que les autorités investies du pouvoir de nomination continueraient de veiller au respect des autres obligations professionnelles; |
| 8. | insiste pour que l’accord interinstitutionnel soit ouvert à la participation de l’ensemble des institutions et organes de l’Union et souligne que les colégislateurs peuvent décider de lier les agences au moyen de leur règlement fondateur; estime que l'accord interinstitutionnel devrait permettre à l’organisme chargé des questions d’éthique d’échanger des informations avec les autorités nationales lorsque l’accomplissement de ses missions l’exige tout en traitant ces informations avec le même degré de confidentialité que l’autorité d’où elles proviennent, par exemple des informations fiscales, des registres fonciers et des données détenues par les organismes nationaux chargés des questions d’éthique, ainsi que d’étudier les meilleures pratiques et les examens par les pairs; estime que, sans préjudice des principes généraux énoncés au paragraphe 2 et lorsque l'accomplissement de ses missions en dépend, l’organisme indépendant chargé des questions d’éthique devrait avoir la possibilité de coopérer et d’échanger des informations avec les organes compétents de l’Union tels que l’OLAF, le Parquet européen, le Médiateur ou la Cour des comptes européenne dans les limites de leurs mandats respectifs; |
Compétences et pouvoirs
| 9. | estime que, sans préjudice de l’équilibre instauré entre les institutions par les traités, toutes les institutions participantes devraient, dans le cadre de leur autonomie procédurale respective, confier à l’organisme européen chargé des questions d’éthique, d’une part, un rôle préventif par la sensibilisation et l’orientation en matière d’éthique et, d’autre part, un rôle en matière de contrôle de la conformité et de conseil assorti de la faculté d’émettre des recommandations en matière d’éthique, y compris en ce qui concerne les conflits d’intérêts; estime que les compétences de décision devraient continuer à relever de l’institution concernée jusqu’à ce que l’organisme européen chargé des questions d’éthique se voie confier des compétences décisionnelles en vertu d’une base juridique appropriée; rappelle que les missions de l’organisme européen chargé des questions d’éthique se limiteraient à une liste convenue de missions déléguées par les institutions participantes et qu’elles seraient donc accomplies sans préjudice et dans le respect intégral des compétences de l’OLAF, du Parquet européen et des juridictions nationales en cas de violation des lois relevant de leurs compétences; souligne que pour contrôler l’intégrité, le Parlement devrait commander régulièrement des études qui définissent l’intégrité par une série d’objectifs et d'indicateurs de performance bien définis et qu’il devrait faire rapport sur les progrès accomplis; |
| 10. | estime que cette capacité de contrôle devrait comprendre, entre autres, la possibilité de vérifier la véracité de la déclaration d’intérêts financiers, qui devrait être directement transmise à l’organisme européen chargé des questions d’éthique par les personnes qui en relèvent, ainsi qu’au Parlement en ce qui concerne les commissaires désignés, afin qu’elles parviennent au plus vite à tous les responsables du contrôle démocratique et/ou public, comme le stipulent les règles applicables, le traitement des conflits d’intérêts, les règles relatives aux activités de lobbying, la vérification des obligations de transparence, y compris au cours de la procédure législative, et la vérification du respect des règles relatives au pantouflage et, de manière générale, la vérification du respect de toutes les dispositions des codes de conduite et des règles applicables en matière de transparence, d’éthique et d’intégrité; |
| 11. | constate qu’au sein des institutions de l’Union, les différentes dispositions législatives et autres visant à prévenir les conflits d’intérêts contiennent des définitions divergentes du terme «conflit d’intérêts»; note qu’une définition est contextuelle et évolutive par nature et que même une transparence totale ne garantit pas nécessairement l’absence de tout conflit d’intérêts, ni l’instauration ou le renforcement de la confiance de la population; note que l’application des règles éthiques et la responsabilité publique en cas de conflits d’intérêts constituent une condition préalable à la confiance des citoyens dans les institutions publiques; |
| 12. | rappelle qu’il importe de faire la distinction entre un conflit d’intérêts qui survient pendant l’exercice d’une fonction et un conflit d’intérêts qui survient à l’issue de celle-ci ainsi qu’entre les actes qui sont autorisés s’ils sont déclarés et les actes qui ne sont pas du tout autorisés; |
| 13. | fait observer que le Parlement européen a instauré le comité consultatif sur la conduite des députés, qu’il a chargé de donner aux députés des orientations sur l’interprétation et la mise en œuvre du code de conduite; note par ailleurs que le comité consultatif est également chargé d’évaluer les manquements présumés au code de conduite et de conseiller le Président sur les éventuelles mesures à prendre; considère que le Parlement européen doit donner l’exemple en ce qui concerne les règles d’éthique et leur application; |
| 14. | estime que l’organisme européen chargé des questions d’éthique pourrait également avoir autorité pour les obligations imposées par le registre de transparence et devrait envisager une meilleure protection des lanceurs d’alerte et une meilleure gestion des conflits d’intérêts dans les cas de corruption et de fraude; |
| 15. | estime qu’il convient de confier à l’organisme européen chargé des questions d’éthique la mission de concevoir un portail public de l’Union qui reprenne des informations pertinentes sur les règles éthiques, des rapports sur les meilleures pratiques, des études et des statistiques, ainsi qu’une base de données contenant les déclarations d’intérêts financiers de toutes les institutions participantes; |
| 16. | souligne que l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique devrait avoir le droit d’ouvrir une enquête de son propre chef et de mener des enquêtes sur place et sur pièce sur la base d’informations qu’il a recueillies ou qu’il a reçues de tiers, par exemple de journalistes, de médias, d'ONG, de lanceurs d'alerte, de la société civile ou du Médiateur européen; insiste sur le fait que toute personne tierce saisissant de bonne foi l'organisme indépendant chargé des questions d'éthique doit être protégée et voir son identité maintenue anonyme; estime que lorsqu’il ouvre une enquête de son propre chef, l’organisme doit avertir, par message confidentiel, la personne concernée ainsi que l’autorité chargée d’appliquer des sanctions au sein des institutions concernées; estime que dans ce cas, l’autorité compétente de cette institution, de cet organe ou de cet organisme peut exiger une explication de l’organisme chargé des questions d’éthique; |
| 17. | souligne que les demandes de documents fiscaux et bancaires sont des interventions qui relèvent du droit privé et pour lesquelles des allégations sérieuses qui relèvent des compétences de l’OLAF doivent exister; |
| 18. | souligne qu’il faut que l’organisme protège les lanceurs d’alerte, en particulier les fonctionnaires européens, afin qu'ils puissent faire part de leurs préoccupations concernant d'éventuelles violations des règles sans craindre de représailles; suggère, à cet égard, que l’organisme supervise les mécanismes de réclamation internes et confidentiels prévus par le statut des fonctionnaires de l'Union européenne et le régime applicable aux autres agents; rappelle que seul un environnement de travail sûr et protecteur permettra aux fonctionnaires de faire part de leurs préoccupations et de contribuer ainsi au bon travail de l'organisme indépendant chargé des questions d’éthique; |
| 19. | estime que pour être pleinement efficace, l’organisme devrait regrouper les fonctions des organes existants chargés des questions d’éthique; estime que l’organisme devrait conseiller les députés au Parlement européen ou les membres de la Commission lorsque ceux-ci sollicitent ses conseils en matière d’éthique; considère que l’organisme devrait émettre des recommandations de sanctions à l’autorité investie du pouvoir de nomination lorsqu’elle traite des obligations du personnel en matière d’éthique et que, en ce qui concerne les députés au Parlement européen et les membres de la Commission, l’organisme devrait émettre des recommandations aux autorités compétentes de l’institution participante concernée; recommande que l’organisme chargé des questions d’éthique émette des recommandations pouvant faire office de précédents dans des situations identiques ou semblables; estime que cela permettra d'assurer l’efficience, la cohérence et la prévisibilité ainsi que de réduire considérablement la charge de travail, notamment pour les questions touchant au personnel si de nombreux cas semblables devaient survenir; |
| 20. | considère que l’organisme européen chargé des questions d’éthique devrait promouvoir l’intégrité et se voir confier des tâches de conseil afin de fournir des conseils fiables et dignes de confiance à toute personne ou institution relevant de son champ d’application qui souhaite demander l’interprétation d’une norme éthique en ce qui concerne une conduite appropriée dans un cas précis; estime que, pour garantir l’application cohérente des normes éthiques et la prévisibilité, les conseils formulés devraient lier l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique lorsqu’il porte un avis sur la même matière; |
| 21. | rappelle que la confirmation par la commission des affaires juridiques de l’absence de tout conflit d’intérêts est une condition préalable essentielle à la nomination des commissaires désignés et que la commission des affaires juridiques est clairement habilitée à rejeter des commissaires désignés si un conflit d’intérêts a été constaté; |
| 22. | rappelle que le Parlement peut retirer sa confiance à un membre individuel de la Commission, après quoi le président de la Commission doit demander à ce membre de démissionner ou exposer au Parlement, durant la période de session suivante, les motifs de son refus d’agir ainsi, conformément au point 5 de l’accord interinstitutionnel du 20 novembre 2010; |
| 23. | est d’avis que l’examen des déclarations présentées par les commissaires désignés, en vue d’établir l’existence d’un conflit d’intérêts, est d’une importance fondamentale sur le plan institutionnel et démocratique et devrait être entrepris avec la plus grande attention, le plus grand engagement et la plus grande responsabilité, au moyen d’une interprétation pleinement objective, démocratique et indépendante; estime que les règles relatives à l’examen des conflits d’intérêts potentiels devraient également s’appliquer à la déclaration du président élu de la Commission européenne; |
| 24. | souligne que la décision relative aux conflits d’intérêts des commissaires désignés avant les auditions demeure une compétence démocratique et institutionnelle de la commission des affaires juridiques du Parlement; souligne, à cet égard, que le futur organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique devrait se voir conférer des pouvoirs d’enquête appropriés, ainsi que le pouvoir de demander des documents administratifs et d’y avoir accès, afin de lui permettre de procéder à des évaluations bien motivées et documentées; souligne qu’il convient, lors du processus de vérification des implications d’un conflit d’intérêts, de respecter pleinement les règles relatives à la confidentialité, à la protection de la vie privée, ainsi qu’à la protection des données à caractère personnel; est d'avis que la commission des affaires juridiques devrait disposer de plus de temps et que, pour déterminer l’existence d’un conflit d’intérêts des commissaires désignés, la commission des affaires juridiques, tout en conservant sa pleine compétence en la matière, devrait s’appuyer sur des recommandations non contraignantes, précises et motivées de l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique, qui viendrait ainsi la renforcer dans son action; estime que la commission des affaires juridiques devrait, pour finir, organiser un débat sur les recommandations émises par l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique; estime que les recommandations devraient être publiées avec les déclarations d’intérêts financiers des commissaires désignés; estime qu’au-delà de l’examen des déclarations des commissaires désignés par la commission des affaires juridiques, l’examen des conflits d’intérêts devrait être effectué, de manière générale, avant, pendant et après une fonction publique ou un emploi, pour l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union; estime en outre qu’elle devrait disposer des ressources, outils et compétences suffisants pour recouper et localiser les informations nécessaires ainsi que pour demander des informations complémentaires si nécessaire; |
Composition
| 25. | estime que l’organisme chargé des questions d’éthique devrait être composé de neuf membres, à savoir trois choisis par la Commission, trois élus par le Parlement et trois nommés de jure parmi les anciens juges de la Cour de justice, la Cour des comptes et les anciens Médiateurs européens; estime que pour les questions touchant au personnel, des représentants du personnel de l’institution de la personne concernée devraient être inclus; souligne que l’annexe II du statut des fonctionnaires devrait être modifiée en conséquence; |
| 26. | estime que les membres de l’organisme doivent être indépendants, choisis en fonction de leurs compétences, de leur expérience et de leurs qualités professionnelles, ainsi que de leur intégrité personnelle, avoir un comportement éthique irréprochable et fournir une déclaration d’absence de conflits d’intérêts; considère que l’équilibre hommes-femmes doit être respecté dans la composition de l’organisme; insiste sur le fait que tous les membres doivent être indépendants dans l’exercice de leurs fonctions; est d’avis que les membres devraient être choisis pour une période de six ans et être renouvelés par tiers tous les deux ans; |
| 27. | demande qu’un responsable des questions d’éthique soit chargé de la vérification des déclarations des candidats; considère que les membres devraient travailler dans un esprit de collaboration et de cohérence dans leurs analyses et recommandations; demande que l’équilibre entre les hommes et les femmes soit garanti dans la composition de l’organisme; |
| 28. | estime que la composition de l’organisme chargé des questions d’éthique devrait être assortie d’un cadre pour l’exercice du mandat ainsi que d’une procédure pour y mettre fin; |
| 29. | suggère que, pour recueillir un large soutien, le Parlement élise les membres de l’organisme à une large majorité, selon une procédure semblable à la procédure de désignation des membres de l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes ou à l’adoption des décisions relatives au prix Sakharov; |
| 30. | suggère que chaque institution choisisse ses membres notamment parmi les anciens juges de la Cour de justice, les anciens présidents de l'OLAF et de la Cour des Comptes, les anciens ou actuels membres des plus hautes juridictions des États membres, les anciens députés au Parlement européen, les anciens membres du personnel des institutions et organes participants, les anciens Médiateurs européens et les membres des autorités chargées de l’éthique dans les États membres; suggère en outre que l’organisme élise un président et deux vice-présidents parmi ses membres; souligne que cela n’affecte pas le droit du personnel à s’organiser pour élire ses représentants pour ce qui concerne les questions touchant au personnel; |
| 31. | insiste sur la nécessité d’assurer la diversité des parcours et de l’expertise indépendante des membres; suggère de limiter la participation des anciens députés européens et des anciens membres de la Commission au tiers de la composition de l’organisme; |
| 32. | recommande que les membres soient assistés par un secrétariat disposant des ressources humaines, matérielles et financières à la hauteur du mandat et des tâches de l’organisme, et notamment d’un responsable des questions d’éthique chargé de former à l’éthique et de formuler des conseils au sein de l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique; estime que la mise en commun des budgets et du personnel actuellement alloués aux divers organismes européens chargés des questions d’éthique, au moment de leur fusion, permettrait d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources et pourrait conduire à une réduction des coûts; |
Procédures
| 33. | estime que la création d’un organisme européen chargé des questions d’éthique devrait contribuer à l’instauration d’une culture institutionnelle fondamentalement basée sur la prévention, le soutien et la transparence; propose à cet effet une démarche en deux étapes selon laquelle, dans le cas où l’organisme européen chargé des questions d’éthique apprend l’existence d’une violation ou d’une éventuelle violation des règles éthiques, il recommande tout d’abord, dans un délai donné, des mesures visant à mettre fin à la violation; estime que, dans le cadre de cette première étape préventive, il convient d’assurer la confidentialité et le secret ainsi que le droit de la personne à être entendue et à réfuter les accusations; suggère que, dans le cas où la personne concernée refuse de prendre les mesures appropriées et où la violation persiste, l’organisme européen chargé des questions d’éthique formule une recommandation motivée de sanctions et transmette l’ensemble des informations pertinentes sur l’affaire à l’autorité compétente, qui décidera des suites à donner à la recommandation dans un délai de 20 jours ouvrables; |
| 34. | estime qu’au terme de ce délai, la recommandation motivée de l’organisme indépendant chargé des questions d’éthique devrait, sans préjudice du règlement général sur la protection des données et des droits de la personne, être rendue publique avec la décision de l’autorité compétente, qui devrait apporter une explication si les recommandations ne sont pas intégralement suivies; estime, à titre de première mesure, que la publication ou transmission des recommandations et décisions pourraient constituer une forme de sanction en soi; souligne qu’un tel organisme ne peut pas se substituer à la Cour de justice; suggère que, dans les cas exceptionnels, lorsque l’autorité compétente justifie dûment qu’elle a besoin de plus de temps pour instruire l’affaire, elle puisse demander à l’organisme chargé des questions d’éthique de prolonger le délai jusqu’à 20 jours ouvrables supplémentaires avant de rendre sa décision; estime que cette démarche en deux étapes devrait s’appliquer chaque fois que la personne avait des motifs raisonnables de croire que les informations étaient véridiques au moment de leur divulgation, et recommande que toute violation intentionnelle, négligence grave, dissimulation d’éléments de preuve, absence de respect des règles ou absence de coopération soit considérée comme une circonstance aggravante pour les recommandations de sanctions, même lorsque la violation elle-même a cessé; |
| 35. | demande l'adoption de dispositions précises habilitant la personne concernée a introduire, dans le plein respect des principes fondamentaux de l'état de droit, un recours contre toute décision de cette nature prise par le Président; |
| 36. | estime qu’en règle générale, l’organisme européen chargé des questions d’éthique devrait rendre ses décisions à la majorité simple de ses membres; |
| 37. | insiste sur le fait que les procédures prévues dans les traités, telles que la transmission des enquêtes de la Cour des comptes à l’OLAF et à la Cour de justice, doivent être appliquées; |
Dispositions générales
| 38. | estime que l’organisme européen chargé des questions d’éthique devrait réaliser des études et établir des statistiques annuelles sur les déclarations d’intérêts financiers, les cas de pantouflage et d’autres données pertinentes et qu’il devrait publier un rapport annuel contenant des informations sur l’accomplissement de ses missions et, le cas échéant, des recommandations visant à améliorer les normes éthiques, lequel rapport serait présenté au Parlement; préconise que ce rapport annuel reprenne le nombre de cas ayant fait l’objet d’une enquête, les noms des institutions d’où proviennent les particuliers, le type de violation concerné, la durée des procédures, le temps pris pour mettre fin à la violation, la proportion des sanctions imposées et les recommandations; |
| 39. | estime qu’une clause de réexamen devrait être prévue dans l'accord interinstitutionnel afin que deux ans au plus tard après son instauration, les institutions participantes puissent adopter une évaluation de ses activités, et notamment une analyse du fonctionnement des règles et des procédures ainsi que de l’expérience acquise dans leur application; souligne notamment que ce réexamen devrait porter sur l’évaluation de l’efficacité de la mise en œuvre du mandat de l’organisme européen chargé des questions d’éthique et que l’évaluation du Parlement devrait tenir compte de la contribution de l’organisme lui-même; |
| 40. | estime que le nouvel organisme européen chargé des questions d’éthique devrait avoir le pouvoir de contribuer, au moyen de propositions, à la conception et à la mise à jour régulière d’un cadre éthique commun pour les institutions de l’Union, comprenant des règles communes et un modèle commun de déclarations d’intérêts financiers dans un format lisible par machine ainsi qu’une proposition de modification de ses compétences et de la présenter au Parlement européen; estime que les normes éthiques de l’ensemble des institutions, organes et organismes devraient être harmonisées au plus vite; estime qu’il convient de définir un statut de membre de la Commission conformément à la procédure législative ordinaire; |
| 41. | suggère que l’organisme indépendant chargé des questions d’éthique travaille à une définition commune du conflit d’intérêts pour les institutions de l’Union sur la base des normes les plus élevées; souligne que de nombreux États membres ont des dispositions exigeantes; relève que l’OCDE définit le conflit d’intérêts comme une «situation dans laquelle une personne ou une entreprise (publique ou privée) est en mesure d'exploiter sa qualité professionnelle ou officielle d'une quelconque manière à des fins personnelles ou dans l'intérêt de l'entreprise»; |
| 42. | demande la transparence totale de toutes les réunions que l’organisme chargé des questions d’éthique prépare ou auxquelles il participe avec des acteurs privés et leurs représentants, y compris les organisations à but lucratif ou à but non lucratif; |
| 43. | souligne que, sans préjudice des compétences du Parlement visées au paragraphe 24, les recommandations de l’organisme européen chargé des questions d’éthique devraient être dûment justifiées, bien documentées et mises à la disposition du membre ou de l’agent ainsi que de l’institution concernée; estime que les institutions participantes devraient s’engager à coopérer pleinement dans toutes les procédures relevant du champ d’application de l’accord interinstitutionnel conclu, et en particulier à transmettre à l’organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique toutes les informations et tous les documents nécessaires à l’examen adéquat des règles éthiques; souligne que les activités de l’organisme chargé des questions d’éthique devraient pouvoir faire l’objet de plaintes éventuelles auprès du Médiateur européen et que les décisions des institutions participantes fondées sur les recommandations devraient continuer à pouvoir faire l’objet d'un contrôle juridictionnel par la Cour de justice; |
| 44. | est d’avis que le renforcement de l’intégrité, de la transparence et de la responsabilité ainsi que les normes les plus élevées en matière de comportement éthique au sein des institutions de l’Union et dans les processus de prise de décision de l’Union devraient faire partie des thèmes à débattre dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe; souligne qu’il s’agit de l’occasion pour les citoyens de l’Union de débattre d’une révision des traités, ce qui permettrait de disposer d’une base juridique claire pour instaurer, au moyen de la procédure législative ordinaire, un tel organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique pour toutes les institutions; |
| 45. | invite l’organisme indépendant chargé des questions d’éthique à montrer l’exemple en matière de transparence en publiant toutes les recommandations, tous les rapports annuels, toutes les décisions et toutes les dépenses dans un format de données ouvert et lisible par machine à la disposition de tous les citoyens, conformément aux règles applicables en matière de protection des données; recommande vivement que tout logiciel conçu pour assurer le respect des normes d’éthique dans l’administration publique de l’Union soit mis à disposition dans le cadre d’une licence logicielle libre et ouverte et qu’il soit partagé avec toute institution européenne souhaitant l’utiliser; demande une collaboration étroite avec le Contrôleur européen de la protection des données à cet égard; |
| 46. | invite les États membres à veiller à ce que les affaires pénales relatives à des violations des règles d’intégrité, en particulier lorsqu’elles concernent des députés au Parlement européen et des responsables politiques nationaux qui jouent un rôle dans l’élaboration des politiques de l’Union, soient traitées avec efficience et sans retard indu; |
| 47. | déplore avec préoccupation l’absence de prise en compte des mesures de prévention et d’exécution visant à éviter les conflits d’intérêts dans le cadre des procédures d’adjudication de la Commission; |
| 48. | relève que l’application des règles existantes s’appliquant aux membres de la Commission, aux députés au Parlement européen et aux fonctionnaires européens a montré bien trop de lacunes; rappelle, selon un rapport publié par Transparency International EU, qu’au début de l’année 2017, plus de 50 % des anciens membres de la Commission et 30 % des anciens députés au Parlement européen ayant quitté la politique travaillaient pour des organisations inscrites au registre de transparence de l’Union européenne; insiste, en particulier en ce qui concerne les députés élus, sur la nécessité de transparence et de responsabilité eu égard aux engagements personnels et financiers; souligne que les questions de transparence et d’intégrité aux niveaux national et de l’Union sont fortement liées; encourage par conséquent le travail du Groupe d’États contre la corruption du Conseil de l’Europe (GRECO), et invite les États membres à appliquer ses recommandations, en particulier celles relatives à la création d’un code de conduite strict pour les responsables politiques au niveau national et à l’introduction de règles en matière d’emploi d’après-mandat; |
| 49. | appelle de ses vœux un renforcement du cadre réglementaire et d’application actuel pour les conflits d’intérêts qui surviennent avant l’exercice d’un mandat public ou dans l’après-mandat, afin d’établir des limites pertinentes, claires, contraignantes et proportionnées entre le secteur public et les secteurs privé et non lucratif, et d’améliorer ainsi la crédibilité du processus décisionnel de l’Union aux yeux du grand public; |
| 50. | souligne que les situations de conflits d’intérêts apparus à l’issue d’un mandat public ou par «pantouflage» constituent un problème récurrent, systématique et commun aux institutions, organes et organismes de l’Union; recommande l’adoption de périodes de viduité harmonisées et adéquates dans toutes les institutions de l’Union et le renforcement de l’application de ces règles; considère que les situations de conflits d’intérêts pourraient compromettre l’intégrité des institutions et des agences de l’Union, ce qui porterait atteinte à la confiance des citoyens à leur égard; souligne la nécessité d’aligner et de faire respecter la législation et les codes de conduite européens concernés, notamment en vue d’exiger la pleine transparence sur l’emploi ou les projets entrepris par les hauts fonctionnaires européens à l’issue d’un mandat public et sur toutes les activités annexes menées par les députés au Parlement européen; est d’avis que les règles relatives à la prévention des conflits d’intérêts après une fonction publique ou un emploi devraient être applicables dans un délai raisonnable tout en respectant les règles relatives à l’indemnisation appropriée; souligne la nécessité de tirer les enseignements des meilleures pratiques dans les États membres qui disposent déjà d’autorités nationales compétentes en matière d’éthique disposant d’une expertise pertinente; souligne qu’il existe des pratiques nationales différentes en ce qui concerne l’application des normes éthiques; note que, dans certains États membres, il est demandé aux représentants élus de ne pas voter sur les questions dans lesquelles ils ont un intérêt personnel et qu’il est demandé aux députés au Parlement européen de s’abstenir d’être rapporteurs dans des cas similaires; rappelle, dans ce contexte, les dispositions des articles 2 et 3 du code de conduite des députés au Parlement européen en matière d’intérêts financiers et de conflits d’intérêts; |
| 51. | souligne que la Médiatrice européenne traite les plaintes relatives aux conflits d’intérêts en l’absence de mécanisme spécifique, en plus de ses autres missions, mais sans disposer des moyens ni des pouvoirs appropriés qui lui permettraient de faire appliquer ses décisions; |
| 52. | souligne qu’un organisme européen indépendant chargé des questions d’éthique ne suffira pas, à lui seul, à régler efficacement les situations de conflits d’intérêts dans les institutions et agences de l’Union; considère que la révision des règles de l’Union en matière d’éthique et d’intégrité pourrait comprendre des mesures telles que la prolongation des délais de notification et de viduité pour les hauts fonctionnaires, de façon proportionnée et au cas par cas, afin de garantir l’égalité de traitement conformément à l’article 15 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, le renforcement de la directive 2014/24/UE (4) sur les marchés publics, la cession obligatoire d’intérêts détenus dans des entreprises qui relèvent de l’autorité de l’institution à laquelle appartient le fonctionnaire nouvellement nommé ou qui sont en relation avec cette institution, la récusation obligatoire lorsqu’il traite de questions touchant un ancien employeur privé, ou l’interdiction faite aux membres de la Commission et aux hauts fonctionnaires des institutions et agences de l’Union de détenir des actions pendant leur mandat; invite de nouveau la Commission à envisager de proposer une révision du cadre juridique pertinent; |
| 53. | est d’avis que l’extension des délais de viduité pour les hauts fonctionnaires qui quittent une agence ou une institution est justifiée, dès lors qu’elle se fonde sur une procédure objective assortie de critères clairs, en tant qu’outil juridique visant à protéger l’intérêt général et l’intégrité des organismes publics; |
| 54. | fait part de ses inquiétudes quant aux procédures de nomination des hauts fonctionnaires de l’Union, à la gestion des conflits d’intérêts de membres de la Commission et des infractions au code de conduite des députés au Parlement européen, ainsi qu’au suivi des obligations de transparence et à la vérification du respect des règles relatives au pantouflage; |
| 55. | estime que les institutions européennes devraient appliquer les normes éthiques les plus élevées pour éviter tout cas de pantouflage ou de conflit d’intérêts, y compris en ce qui concerne les nominations à des fonctions de haut niveau dans les institutions et agences européennes; |
| 56. | estime que les procédures de sélection de candidats aux postes de haut niveau devraient être menées selon des critères totalement objectifs et être pleinement transparentes pour le grand public; souligne qu’il conviendrait de mettre en place un cadre pour les questions et les objections assorti de procédures de suivi ouvertes et de la possibilité d’annuler les décisions dont le manque de transparence et d’intégrité a été démontré; insiste sur le fait que les procédures devraient faire l’objet d’une évaluation régulière afin de contrôler leur efficacité et de les améliorer si nécessaire; |
| 57. | souligne le rôle clé que doit jouer le Parlement dans le processus de renforcement du système européen actuel de surveillance en matière d’éthique applicable à l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union, afin d’accroître la confiance de la population dans les processus décisionnels de l’Union; |
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| 58. | charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission. |
(1) JO C 337 du 20.9.2018, p. 120.
(2) Textes adoptés de cette date, P9_TA(2020)0327.
(3) JO L 262 du 7.10.2005, p. 1.
(4) Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE (JO L 94 du 28.3.2014, p. 65).
Initiative législative — 52021IP0516
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0515
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0514
16/12/2021
Initiative législative — 52021IP0510
16/12/2021