LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52021IR2503
Initiative législative52021IR2503

Initiative législative — 52021IR2503

CELEX52021IR2503
TypeInitiative législative
Datejeudi 2 décembre 2021

Texte intégral

28.2.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 97/56


Avis du Comité européen des régions sur le thème «La dimension de genre dans les Fonds structurels et de cohésion pour la période 2021-2027, avec une attention particulière portée à la préparation des programmes opérationnels»

(2022/C 97/11)

Rapporteure:

Donatella PORZI (IT/PSE)

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

Observations préliminaires et d’ordre général

1.

réitère l’importance que revêt la politique de cohésion, dont les objectifs généraux consistent à promouvoir l’essor économique et social de l’Union européenne tout en réduisant les écarts de développement entre ses différentes régions, afin d’assurer la cohésion de son économie, de sa société et de son territoire;

2.

souligne que, dans ce contexte, l’égalité entre les hommes et les femmes doit être appréhendée d’une manière appropriée, en tant qu’elle constitue 1) un principe fondamental lorsqu’il s’agit de légiférer en matière de politique de cohésion, 2) un critère horizontal présidant à l’élaboration des programmes de la politique de cohésion, 3) un objectif qu’ils se doivent de poursuivre et 4) un puissant levier nécessaire pour atteindre les visées de cette politique en matière de développement durable et équitable;

3.

relève que l’égalité entre les hommes et les femmes continue d’être principalement abordée de manière générale et limitée aux domaines stratégiques du FSE+, ainsi qu’à la phase d’analyse du contexte et de la programmation, alors qu’une attention accrue et régulière devrait être accordée aux phases d’élaboration législative, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation;

4.

observe que l’égalité des sexes ne bénéficie pas qu’aux seules femmes mais est profitable pour la société tout entière, car elle représente un puissant moteur de développement social et économique, comme le mentionne également la stratégie de l’Union européenne pour l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025, qui relève qu’elle favorise l’augmentation de l’emploi et de la productivité;

5.

a la conviction qu’en sus du renforcement des régimes de protection sociale, en particulier en faveur de la maternité, de l’enfance et des soins familiaux, l’égalité des sexes et des chances aidera à combiner plus aisément une carrière professionnelle et la fondation d’une famille et pourrait ainsi contribuer à augmenter le taux de participation des femmes au marché du travail et à remédier à la grave crise démographique à laquelle l’Europe est confrontée. L’accroissement du soutien aux familles européennes et de la présence des femmes sur le marché de l’emploi représentent des mesures importantes pour atténuer les problèmes de durabilité auxquels les systèmes de protection sociale se heurtent et aider les jeunes à s’établir comme parents;

6.

reconnaît et salue les efforts déployés par les institutions européennes pour encourager l’intégration de la dimension de genre, ainsi que la haute importance accordée à la réalisation des objectifs du socle européen des droits sociaux dans le contexte du cadre réglementaire et programmatique assigné à la politique de cohésion pour la période 2021-2027, en particulier pour ce qui est des conditions favorisantes et du système de suivi concernant les programmes de dépenses liés à des objectifs spécifiques;

7.

s’alarme, en revanche, de constater qu’en 2017, le taux d’emploi et le salaire moyen des femmes accusaient encore, par rapport à ceux des hommes, un retard s’élevant respectivement à 12 %, en l’occurrence 67,3 % contre 79 %, pour le premier et à 16 % pour le second, et que selon les analyses de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), les performances des États membres ont enregistré une baisse depuis 2012 pour ce qui est d’intégrer la dimension d’égalité hommes-femmes dans l’ensemble des politiques, puisque selon cette source, qui classe sur une échelle de 0 à 16 les principaux critères de cette intégration, la note moyenne obtenue par les États membres a régressé, passant de 8,4 en 2012 à 7,4 en 2018;

8.

regrette par ailleurs que la stratégie de l’Union européenne en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 ne prévoie pas d’actions visant expressément à intégrer cette dimension d’égalité dans tous les domaines d’intervention de l’Union européenne et rappelle qu’il est nécessaire de renforcer l’utilisation d’indicateurs qui mesurent et évaluent de manière efficace les effets en la matière qui résultent de la mise en œuvre des stratégies;

9.

presse la Commission européenne, en conséquence, d’intensifier les efforts visant à établir une véritable égalité entre les hommes et les femmes, qu’il y a lieu de poursuivre grâce à l’approche duale combinant, d’une part, des initiatives particulières destinées à éliminer des inégalités spécifiques et, d’autre part, un processus horizontal étendu à l’ensemble des politiques européennes;

10.

rappelle que si l’on veut parvenir à une véritable égalité entre les hommes et les femmes, cet objectif doit être repris dans toutes les étapes du processus décisionnel et, ultérieurement, lors de sa phase de mise en œuvre, au moment où l’on définit les priorités, développe les politiques, et répartit les ressources; relève qu’il importe, à cette fin, que les pouvoirs régionaux et locaux soumettent les programmes à des évaluations d’impact spécifiques concernant l’égalité hommes-femmes;

11.

conseille toutefois de veiller à ce que l’approche visant à l’intégration de la dimension de genre ne détourne pas l’attention quant à la nécessité de mesures et investissements qui ont expressément pour objectifs d’éliminer les causes de la discrimination et de soutenir les processus qui émancipent les femmes, favorisent leur participation et renforcent leur rôle, dans la société et le monde du travail;

12.

réclame, à cet effet, que la Commission européenne fasse un usage plus étendu des instruments que l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes déploie pour soumettre à un suivi régulier la mise en œuvre des engagements pris en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et de cohésion; pour pallier l’éventuelle insuffisance de ces instruments, demande la création d’outils spécifiques permettant de mesurer les résultats concrets obtenus en matière d’égalité et de cohésion;

13.

juge qu’il est nécessaire, en référence au principe du «mieux réglementer», de s’attacher de manière plus attentive à ce que les interventions réglementaires qui ont été adoptées soient propres à exercer une influence réelle et efficace sur l’environnement social et culturel, de manière à ce que les garanties juridiques énoncées sur le papier soient converties en dynamiques qui induisent un changement structurel dans les relations entre les sexes; est d’avis qu’à cette fin, il y a lieu d’encourager la production d’une réglementation qui cesse d’envisager la personne comme une abstraction juridique et se montre sans cesse plus soucieuse de se plonger dans la réalité concrète des discriminations qui opèrent dans la société;

14.

estime qu’il convient d’étudier les liens qui existent entre la fracture numérique et l’égalité entre les hommes et les femmes, davantage d’investissements étant nécessaires dans la numérisation, l’innovation numérique et la connectivité numérique. La politique de cohésion devrait soutenir l’égalité d’accès des femmes et des hommes à la formation et à l’emploi et contribuer à faire en sorte que les transitions juste, verte et numérique n’aggravent pas l’écart entre les hommes et les femmes;

15.

demande à la Commission européenne de présenter une proposition de méthodologie pour évaluer l’impact que les programmes financés par l’Union européenne produisent en ce qui concerne l’égalité hommes-femmes, en mettant à disposition des données et des indicateurs sexospécifiques, conformément aux dispositions convenues dans le dernier accord interinstitutionnel sur la discipline budgétaire; invite dès lors la Commission à déployer, à l’intention des autorités de gestion, des mesures de formation appropriées pour améliorer l’application des nouvelles méthodes de ce type;

16.

fait observer que parce qu’elle a frappé tout particulièrement des secteurs économiques où la présence féminine est forte, la pandémie de COVID-19 a aggravé les inégalités de genre. Les femmes sont plus fréquemment employées dans des professions qui passent traditionnellement pour être des «métiers féminins», comme les soins de santé, la vente au détail ou la garde d’enfants. Ces travailleuses se sont dès lors trouvées œuvrer en première ligne durant la pandémie, de sorte qu’elles ont été exposées de manière disproportionnée au virus et aux effets de la crise. L’impact de grande ampleur que la COVID-19 a produit de ce point de vue s’est marqué non seulement dans le fléchissement des taux d’occupation des femmes mais aussi dans les difficultés accrues qu’elles éprouvent, en comparaison des hommes, pour réintégrer le monde professionnel quand l’activité a repris, de sorte qu’il convient de mettre en place des instruments adéquats pour les aider à retrouver leur emploi, lorsque le confinement le leur a fait perdre, en s’appuyant notamment pour ce faire sur l’expérience acquise lors de crises antérieures;

17.

considère que dans toute la gamme des instruments d’intervention de l’Union, c’est la politique de cohésion qui, tant par l’ampleur de ses financements que par leur nature et leur mise en œuvre, se prête tout particulièrement à augmenter le niveau d’égalité concrète entre les sexes; note que l’impact que les programmes exercent sur cette égalité dépend aussi de la manière dont ils sont formulés et mis en œuvre, en particulier dans les régions où ils représentent une part importante du budget total;

18.

invite la Commission européenne, et en particulier les États membres, à travailler en étroite coordination avec les collectivités locales et régionales lors de l’élaboration d’accords de partenariat, afin de tenir compte des défis liés aux politiques d’égalité déployées au niveau local et régional;

19.

fait valoir que les différents fonds ressortissant à cette politique donnent en effet la possibilité de concrétiser les mesures qui visent directement à favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de l’emploi, de l’inclusion sociale, de l’éducation et des services à l’enfance: tel est le cas du Fonds social européen (FSE), Le Fonds européen de développement régional (FEDER) doit fournir en la matière un apport de taille, qui va des investissements et services en faveur de l’entrepreneuriat des femmes à la résorption du fossé qui les sépare des hommes pour la recherche et l’innovation et à l’amélioration de leur accès aux infrastructures, qu’elles soient de nature physique, ressortissent aux technologies de l’information et de la communication ou présentent une dimension sociale;

20.

souhaite, en conséquence, que cette contribution à l’égalité des sexes ne fasse pas figure de mission incombant exclusivement au Fonds social européen, qui a effectivement vocation à intervenir principalement vis-à-vis des personnes, mais qu’elle s’applique au contraire à tous les fonds, notamment le FEDER, dont l’action est tournée en grande partie vers les entreprises, ainsi que le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), qui a un rôle important à jouer pour promouvoir le développement des zones rurales et régions de l’intérieur des terres, lesquelles constituent des aires où la problématique de cette égalité des femmes par rapport aux hommes et de leur participation au marché du travail revêt souvent un tour plus aigu;

21.

rappelle avec force que la politique de cohésion doit se saisir des problématiques qui ont partie liée avec l’égalité entre les sexes et la participation des femmes au marché du travail, en donnant une place prioritaire aux objectifs qui les concernent, dans la mesure où il serait utopique d’envisager un renforcement de la cohésion économique et sociale sans augmenter la place qu’elles occupent sur le marché de l’emploi, ni éliminer les discriminations salariales qui les affectent;

22.

estime en conséquence que parmi les clés de lecture qui devront être dûment prises en considération dans cette démarche, l’une de celles dont la portée est la plus importante consistera en ce que les interventions relatives aux politiques d’égalité entre les femmes et les hommes soient également abordées comme un moyen de transposer dans la réalité les buts poursuivis par l’action en faveur de la cohésion; accueille favorablement l’initiative qu’a prise la Commission d’inclure dans son huitième rapport sur la cohésion un chapitre expressément consacré à l’égalité hommes-femmes;

23.

recommande que les autorités de gestion des programmes cofinancés par l’Union européenne pour la période 2021-2027 élaborent des projets visant: a) à favoriser la conciliation des phases de vie privée et d’activité économique, en encourageant les entreprises à mettre au point des stratégies ad hoc sur les lieux de travail, b) à encourager la réintégration dans la sphère professionnelle des travailleuses qui en avaient été évincées par la COVID-19, c) à renforcer et améliorer les services de soins à la personne, de manière à soulager les femmes de ces tâches, d) à mettre en œuvre des actions particulières et ciblées pour les inciter à investir des domaines d’activités où les hommes sont traditionnellement très présents, e) à combattre les stéréotypes de genre et les rôles sexospécifiques ainsi qu’à prévenir les discriminations et les actes de harcèlement sexuels et sexistes sur le lieu de travail, f) à recourir à des compétences et expertises spécifiques pour piloter tout le processus d’intégration de la dimension de genre, g) à fournir aux bénéficiaires des fonds européens des outils de soutien et des lignes directrices qui les aident à mieux intégrer l’aspect d’égalité hommes-femmes dans les différents champs d’intervention, allant des politiques de l’emploi à la recherche et développement, et de la protection de l’environnement aux transports publics et aux technologies numériques, h) à encourager les femmes à devenir entrepreneures, i) à veiller, dans la conception des infrastructures, à tenir compte de l’objectif d’améliorer la sécurité féminine, j) à encourager les actions de coéducation et d’élimination des stéréotypes et des rôles sexospécifiques dans les classes et enfin, k) à mettre fin aux représentations sexistes des femmes dans les médias;

24.

recommande aux autorités de gestion de la période de programmation 2021-2027 de coopérer et de coordonner leurs activités avec les organismes de promotion de l’égalité et de s’appuyer sur ceux-ci en ce qui concerne l’acquisition de compétences et de connaissances spécifiques afin d’intégrer systématiquement la perspective de genre tout au long du cycle de financement, tant lors de l’élaboration que de la mise en œuvre et de l’évaluation des programmes opérationnels, de manière à pouvoir ainsi connaître l’impact de ces programmes sur la réduction des écarts entre les hommes et les femmes pendant et après leur mise en œuvre;

25.

souhaite que l’on entreprenne d’élargir constamment l’évaluation des modèles organisationnels des services publics, par exemple en ce qui concerne les transports publics, ainsi que, d’une manière générale, les schémas d’intervention, de façon à vérifier leur concordance avec les objectifs poursuivis pour ce qui est de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes;

26.

juge qu’il est d’une importance capitale de veiller à ce que la perspective de genre ait également droit de cité dans les plans nationaux pour la reprise qui sont élaborés au titre de Next Generation EU, en appliquant à leurs projets principaux les principes et instruments d’évaluation de l’égalité entre les hommes et les femmes;

27.

préconise que soient mises à la disposition des pouvoirs régionaux et locaux les données et les statistiques qui sont nécessaires pour procéder à des évaluations adéquates des inégalités existantes entre hommes et femmes;

28.

réclame que soient davantage diffusés, au niveau des programmes européens, certains instruments qui sont encore trop rarement employés à l’heure actuelle, comme l’évaluation des impacts ou l’élaboration des budgets en fonction de l’égalité hommes-femmes;

29.

demande que l’on se penche sur l’expérience acquise au cours de la période 2014-2020 à propos d’un certain nombre de points critiques, auxquels il convient de porter une attention particulière, à savoir: a) l’hiatus entre les déclarations officielles et les avancées concrètes, b) le déficit de savoir adéquat quant à la manière de mettre en œuvre l’intégration de la dimension de genre, en particulier dans les interventions du Fonds européen de développement régional, c) la nécessité de donner au genre une place plus en vue dans les critères de sélection et les dispositifs d’évaluation, d) l’opportunité d’établir un lien plus étroit entre les stratégies nationales et les actions dont la politique de cohésion est vectrice dans le domaine de l’égalité entre les femmes et les hommes, et e) l’utilité que revêt la mise au point d’un système de gouvernance qui assure une coordination et un suivi pour ce qui est d’intégrer la dimension de l’égalité hommes-femmes;

30.

souligne qu’il importe que les autorités de gestion procèdent à des échanges d’idées et de bonnes pratiques avec les organisations de la société civile qui sont actives pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, en renforçant les activités de formation, de coordination et d’évaluation, tant en ce qui concerne les autorités de gestion que les partenariats.

Bruxelles, le 2 décembre 2021.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


Documents similaires

Initiative législative52021IP0508

Initiative législative — 52021IP0508

16/12/2021

Initiative législative52021IP0509

Initiative législative — 52021IP0509

16/12/2021

Initiative législative52021IP0511

Initiative législative — 52021IP0511

16/12/2021

Initiative législative52021IP0512

Initiative législative — 52021IP0512

16/12/2021

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →