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Initiative législative52021IR2505

Initiative législative — 52021IR2505

CELEX52021IR2505
TypeInitiative législative
Datemardi 12 octobre 2021

Texte intégral

4.2.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 61/15


Avis du Comité européen des régions sur le thème «Participation effective des collectivités locales et régionales à la préparation des accords de partenariat et des programmes opérationnels pour la période 2021-2027»

(2022/C 61/04)

Rapporteur:

Juraj DROBA (SK/ECR), président de la région autonome de Bratislava

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

1.

rappelle que la politique de cohésion, en tant que principal outil d’investissement de l’Union européenne, a pour objectif premier de réduire les disparités économiques, sociales et territoriales entre les régions de l’Union et de résoudre les défis structurels que sont notamment la création d’emplois, la préservation de ceux qui existent, la compétitivité, la croissance économique, ainsi que la mobilité durable et la lutte contre le changement climatique et l’exclusion sociale; souligne de même que les régions, les villes et les communes assument la responsabilité du développement global et durable de leur territoire, et qu’elles devraient dès lors être dotées des moyens financiers appropriés pour mener à bien cette tâche;

2.

souligne que la valeur ajoutée de la politique de cohésion de l’Union va au-delà des retombées positives avérées sur le plan économique, social et territorial en ce sens qu’elle témoigne également de l’engagement des États membres et des régions en faveur du renforcement de l’intégration européenne;

3.

rappelle que la législation de l’Union relative à la politique de cohésion exige d’associer les collectivités territoriales à toutes les étapes de la période de programmation, en partant de la planification, en passant par la mise en œuvre, le suivi et jusqu’à l’évaluation; estime qu’il est essentiel, à l’étape de la planification, de les associer pleinement au processus d’analyse des besoins et de détermination des mesures dans le cadre de la préparation des accords de partenariat et des programmes opérationnels thématiques visant à s’attaquer aux difficultés spécifiques que connaissent les régions et à accomplir les objectifs de la politique de cohésion; à défaut, l’on risque que l’orientation imprimée à ces documents ne réponde pas aux besoins des territoires;

4.

fait observer que les règles essentielles afin d’associer les partenaires sont fixées par le code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (1) (par la suite «le code de conduite européen»), qui demeure en vigueur également pour la nouvelle période de programmation;

5.

fait observer que la planification stratégique est le fondement du succès de la mise en œuvre de la politique de cohésion; elle donne lieu aux documents cruciaux que sont les accords de partenariat et les programmes opérationnels, lesquels définissent les priorités stratégiques, y compris l’allocation des financements et les mesures proposées qui auront des effets déterminants sur le développement des régions au cours de la prochaine décennie;

6.

demande que soient approuvés au plus tôt les principaux documents stratégiques relatifs à la nouvelle période de programmation afin d’en commencer dès que possible la mise en œuvre en tant que telle;

7.

se félicite de la volonté de la présidence slovène du Conseil de l’Union européenne de se consacrer de manière plus approfondie au thème du partenariat dans le cadre des Fonds ESI en vue d’améliorer son application; déclare être prêt à coopérer à cet égard;

Application des principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux

8.

estime que le principe de partenariat et le modèle de gouvernance à plusieurs niveaux, qui reposent sur une coordination renforcée entre les autorités publiques, les partenaires économiques et sociaux ainsi que la société civile, peuvent effectivement contribuer à améliorer la communication sur les objectifs et les résultats de la politique de l’Union;

9.

rappelle que l’approche de partenariat constitue un processus participatif et collectif d’association des pouvoirs publics à l’échelon européen, national, régional et local, tout comme des partenaires socio-économiques et des représentants de la société civile concernés;

10.

fait valoir que l’application des principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux contribue à mieux discerner les besoins, à renforcer l’engagement collectif des partenaires concernés en vue de réaliser leurs objectifs, tout comme leur sentiment d’appropriation, ainsi qu’à accroître les complémentarités avec d’autres instruments; l’application de ces principes contribue de même à renforcer l’assentiment au projet européen commun en informant de la manière dont la politique de cohésion aide à résoudre les problèmes locaux, et, ce faisant, elle rapproche encore l’Union de ses citoyens et réduit le déficit démocratique;

11.

est d’avis qu’une analyse approfondie de leur territoire de la part des collectivités territoriales constitue le fondement d’une orientation adéquate des programmes; la coopération des acteurs à chacun des différents niveaux de gouvernement contribue de surcroît à améliorer les synergies entre leurs politiques respectives et elle évite les doubles emplois, voire des approches contradictoires, sur un territoire donné;

12.

souligne que les collectivités régionales et locales disposent déjà d’une riche expérience s’agissant de préparer et de mettre en œuvre les périodes pluriannuelles de programmation, sur laquelle il est indispensable de se fonder conformément au principe de l’approche partenariale pour mieux orienter la nouvelle période de programmation; rappelle toutefois que leur expérience révèle également qu’il existe des disparités entre chacun des différents États membres de l’Union en matière de respect des principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux et que les procédures des administrations centrales ne sont pas toujours forcément inclusives;

13.

constate que de manière générale, le partenariat formel est appliqué, bien qu’il subsiste une marge d’amélioration, au sein d’États décentralisés ou dotés d’une structure fédérale assortie de mécanismes bien établis de coopération, tandis que dans des États unitaires de moindre taille, il n’incombe aux collectivités territoriales qu’un rôle limité; dans le même temps, le sentiment prévaut dans de nombreux États que plus les régions, les villes et les communes sont éloignées de la capitale, plus leur participation aux procédures de préparation de la période de programmation s’amenuise; invite tous les États membres de l’Union à garantir une application correcte de la gouvernance à plusieurs niveaux afin que toutes les collectivités locales et régionales puissent en tirer parti;

14.

est très inquiet que le principe de partenariat ne puisse pas être mis en œuvre correctement dans tous les États membres; les négociations relatives aux accords de partenariat et aux programmes opérationnels montrent que même si les collectivités locales et régionales ont été consultées dans la plupart des cas, leur participation au processus n’équivalait pas à un partenariat plein et entier, tel que défini dans le code de conduite européen sur le partenariat;

15.

s’inquiète du peu de progrès réalisés dans certains États membres en ce qui concerne l’ouverture d’espaces de dialogue et de communication en vue de définir les documents stratégiques régionaux pour la période de programmation 2021-2027, au point que la dotation financière des Fonds structurels qui seront affectés à la mise en œuvre des programmes opérationnels n’est pas encore connue;

16.

s’inquiète des principales conclusions d’une étude (2) qui relèvent que l’association des partenaires à la préparation de la nouvelle période de programmation n’a connu qu’une amélioration limitée par rapport à la période précédente 2014-2020 et que la manière de mettre en œuvre les partenariats n’a connu que des changements minimaux, empêchant de ce fait d’en exploiter tout le potentiel; s’inquiète également des conclusions qui mettent en avant la proportion excessive de collectivités territoriales qui sont associées uniquement aux consultations publiques et qui sont privées d’une participation plus directe à l’élaboration des documents stratégiques; dans les pays où le principe du partenariat n’a pas été établi comme il se doit et est purement superficiel, la Commission européenne devrait également apporter son aide pour examiner les mécanismes qui permettraient de remettre le partenariat sur la bonne voie;

17.

invite la Commission européenne et les États membres à renforcer l’attractivité des financements au titre de la politique de cohésion de l’Union en poursuivant sur la voie de la simplification et en évitant la surréglementation, ainsi qu’à envisager de réduire la complexité et, s’il y a lieu, le nombre de règles et de lignes directrices;

18.

est d’avis qu’aucun règlement ni autre disposition législative ne sera en mesure d’imposer un partenariat à part entière, lequel résulte d’un dialogue à long terme fondé sur la confiance et le respect mutuel, sur la culture politique et sur un intérêt sincère des parties engagées à apporter les meilleures solutions possibles pour le territoire concerné; fait observer que ce dialogue mené à longue échéance et dans un climat de confiance requiert aussi, dans le domaine juridique et stratégique, un cadre clair et fiable qui ressortit également à la responsabilité des institutions européennes;

19.

regrette que le règlement établissant la facilité pour la reprise et la résilience n’impose pas l’application du code de conduite, mais se limite à recommander la participation des collectivités locales et régionales, ce qui a eu pour conséquence que l’élaboration des plans nationaux pour la reprise et la relance s’est déroulée dans des cercles fermés, en n’y associant que de manière tout à fait minimale les collectivités territoriales et sans qu’elles puissent fournir une contribution significative, mettant ainsi en péril la capacité d’absorption et de mise en œuvre des fonds; cette approche revient à reléguer de facto les collectivités territoriales au rang de simples exécutantes des décisions prises par les États membres dans des domaines relevant de leurs compétences propres;

20.

fait observer que dans un certain nombre d’États, le potentiel du partenariat n’est pas suffisamment exploité, ni pris en considération, et demande de recenser les exemples de bonnes pratiques qui permettent une association effective des acteurs; regrette dans le même temps que les gouvernements d’un certain nombre d’États membres ne fassent guère preuve d’ouverture à l’égard des nouveaux procédés pour associer les partenaires et qu’ils reproduisent des schémas hérités du passé, ce qui empêche de mettre en œuvre un partenariat effectif; dans ce contexte, se félicite toutefois de l’intention de la Commission européenne de réactiver la «communauté de pratique européenne sur le partenariat» afin d’échanger des expériences et de renforcer les capacités; se déclare prêt à apporter sa contribution active à cette initiative;

21.

souligne que la mobilisation des acteurs, le renforcement de leurs capacités et la prise en compte de leurs vues demeurent la principale difficulté pour mettre en œuvre les partenariats; déplore l’absence de prise en compte de plusieurs des observations formulées par les collectivités territoriales au cours de la précédente période de programmation, ainsi que la persistance, de ce fait, des problèmes liés à la mobilisation des partenaires; invite dès lors la Commission européenne à exiger des États membres qu’ils expliquent les motifs de cette absence de considération et qu’ils présentent des mesures concrètes visant à mobiliser les parties prenantes et à renforcer leur participation au cours de la nouvelle période de programmation;

22.

est d’avis qu’une orientation efficace des procédures de gouvernance à plusieurs niveaux requiert non seulement une approche verticale en associant chacun des différents niveaux de gouvernement, mais aussi une dimension horizontale en associant les partenaires socio-économiques et les représentants de la société civile ou encore du monde universitaire concernés;

23.

fait observer que les collectivités locales ont souvent la sensation de ne pas être suffisamment représentées, de jouer un rôle mineur ou de ne pas être écoutées dans le cadre des procédures de préparation; compte tenu du nombre élevé de communes, leur représentation dans les négociations intervient avant tout par le truchement de leurs associations faîtières, lesquelles jouent ainsi un rôle important dans la procédure de préparation; il s’impose toutefois d’assurer dans le cadre de leurs structures des capacités appropriées garantissant une circulation efficace des informations à l’intention des villes et des communes, afin que celles-ci soient suffisamment informées des procédures en cours et qu’elles aient la possibilité de les influencer par l’intermédiaire de leurs associations;

24.

fait valoir qu’il est indispensable de donner aux collectivités territoriales un rôle prédominant dans les comités de suivi des programmes opérationnels; demande dans le même temps aux autorités de gestion d’associer pleinement les collectivités territoriales également à la préparation des programmes Interreg;

25.

exige que les principes du partenariat s’appliquent pleinement également dans le cadre des nouveaux instruments que sont le Fonds pour une transition juste, la facilité pour la reprise et la résilience et d’autres nouveaux instruments financiers dans le cadre de «NextGenerationEU»; met en relief l’incidence déterminante qu’aura la facilité pour la reprise et la résilience sur la politique de cohésion, ainsi que le risque de possibles doubles emplois et conflits entre ces instruments;

26.

demande que le principe de partenariat soit également appliqué de manière effective dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) lors de l’élaboration et de la mise en œuvre des plans stratégiques; dans ce processus, il convient de veiller à ce que les collectivités locales et régionales soient fortement associées à la démarche, en particulier pour ce qui est des interventions du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader); souligne les possibilités qu’offre l’application du principe de partenariat dans la PAC, notamment s’agissant de trouver des synergies entre les projets financés au titre du FEDER et du deuxième pilier de la PAC;

27.

met en relief l’importance de la diplomatie parallèle que mènent les collectivités régionales et locales à l’échelon européen; demande à la Commission européenne de les associer également aux négociations sur la teneur des accords de partenariat et des programmes opérationnels, sachant que ces collectivités sont à même de contribuer, au moyen de leurs arguments fondés sur des données probantes et sur la connaissance des problèmes, à établir de manière plus réaliste et plus efficace les priorités dans le cadre des documents stratégiques;

28.

souligne que les collectivités locales et régionales peuvent concevoir leurs programmes opérationnels de manière à ce que l’intégration des questions d’égalité entre les hommes et les femmes y occupe une place importante, conformément à l’article 16, paragraphe f), de l’accord interinstitutionnel, à l’ambition de la Commission européenne d’intégrer la dimension de genre dans les programmes de l’Union et au plan visant à mettre en œuvre, dans les analyses d’impact, une méthode d’évaluation de l’impact selon le genre le 1er janvier 2023 au plus tard; invite les États membres et les collectivités locales et régionales à tenir compte de cet élément à toutes les étapes de la programmation;

29.

souligne que dans certains cas, les différences qui existent entre les calendriers d’élaboration des plans nationaux pour la reprise et la résilience, d’une part, et des accords de partenariat, d’autre part, peuvent entraver une coordination institutionnelle efficace et limiter la recherche de synergies; fait valoir qu’en raison de la pression exercée pour que sa mise en œuvre et l’engagement de ses fonds s’effectuent rapidement, il est possible que la facilité pour la reprise et la résilience bénéficie, par rapport à la politique de cohésion, d’une priorité de financement qui est susceptible de réduire les activités concernant la programmation et l’exécution de l’action de cohésion à l’horizon de 2027 et de provoquer ainsi de nouveaux retards et problèmes pour l’absorption des ressources financières relevant de cette politique; met en garde contre le risque d’une reprise inégale entre les différents territoires de l’Union et une augmentation des inégalités du fait de l’absence d’une approche territoriale dans l’élaboration des plans financés par la facilité pour la reprise et la résilience; invite dès lors les instances européennes et nationales à accélérer la confection des accords de partenariat et des programmes opérationnels et à renforcer les synergies entre ces accords de partenariat et les plans nationaux pour la reprise et la résilience;

30.

exige la communication des documents pertinents aux collectivités territoriales suffisamment à l’avance préalablement à la tenue des réunions de travail; regrette dans le même temps que les partenaires ne disposent souvent que d’un temps très court pour formuler leurs observations sur les documents; demande donc que leur soient octroyés des délais adéquats au regard de l’importance des documents qui leur sont soumis pour observations; l’association des collectivités régionales et locales ne saurait revêtir un caractère purement formel et les objections que celles-ci soulèvent devraient toujours donner lieu à un retour d’informations;

31.

demande à la Commission européenne de suivre en détail l’application du principe de partenariat aussi bien dans le cadre des négociations informelles avec les États membres que dans celui de l’évaluation des propositions d’accords de partenariat et de programmes opérationnels, ainsi que de fournir aux États membres et aux organismes concernés des recommandations afin d’améliorer les procédures de partenariat;

32.

propose d’organiser, en coopération avec la présidence slovène du Conseil de l’UE, un atelier commun destiné à associer les collectivités régionales et locales et à faire prendre en compte leurs vues afin d’accroître l’efficacité de la préparation et de la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion; propose dans le même temps de traiter le thème du partenariat dans le cadre des Fonds ESI au titre de l’initiative «Mieux légiférer» et de l’inscrire aussi à l’ordre du jour des sessions du Conseil afin de mettre en relief l’apport des partenariats effectifs et de la gouvernance à plusieurs niveaux à la préparation et à la mise en œuvre des programmes de la politique de cohésion, et de démontrer ainsi que cette approche concourt à la réalisation des objectifs stratégiques communs de l’Union et qu’elle devrait par conséquent également être appliquée dans d’autres domaines d’action;

Le code de conduite européen en matière de partenariat dans le cadre des Fonds ESI

33.

met l’accent sur l’importance du code de conduite européen sur le partenariat et du rôle du principe de partenariat dans le renforcement de l’engagement collectif à l’égard de la politique de cohésion et de l’adhésion à celle-ci;

34.

rappelle que le code de conduite européen fournit des recommandations détaillées pour mettre en œuvre effectivement les partenariats tout en tenant compte des besoins spécifiques qui se présentent à l’échelon local et régional;

35.

souligne que l’article 6 du règlement général exige une participation équilibrée des partenaires à l’élaboration des accords de partenariat et des programmes opérationnels, ainsi que le respect du code de conduite européen; demande donc aux autorités de gestion et aux organes centraux de coordination d’appliquer pleinement ces exigences et d’associer les partenaires dans un cadre qui dépasse de simples consultations formelles;

36.

entend, conformément à ses priorités politiques pour la période 2020-2025 (3), suivre en détail l’application du code de conduite européen au cours de la préparation des accords de partenariat et des programmes opérationnels; demande en outre à la Commission de vérifier la bonne application du principe de partenariat avant toute approbation des accords nationaux de partenariat et des programmes opérationnels;

37.

fait observer le principe de partenariat a été instauré dans le cadre du code de conduite européen aux fins de la période de programmation 2014-2020 et qu’il ne tient pas compte de ce fait de nouveaux instruments ni de la situation qui prévaut depuis le début de la pandémie; est donc d’avis qu’il convient de renforcer le principe de partenariat dans le cadre du code de conduite européen, ce qu’il a déjà demandé dans ses avis antérieurs;

38.

demande d’associer pleinement les collectivités régionales et locales à la procédure de réexamen à mi-parcours de la période de programmation 2021-2027; cette procédure devrait également comprendre la préparation d’un avis du CdR portant sur les expériences acquises lors des premières années de mise en œuvre et les attentes des collectivités locales et régionales vis-à-vis des enveloppes financières, ainsi que sur la mise en œuvre technique pour le reste de la période de programmation actuelle; cela pourrait en outre déboucher sur l’élaboration d’une étude qui évalue les expériences tirées de l’application des recommandations du code de conduite européen dix ans après son instauration, soit en 2024; estime qu’il devrait participer à l’élaboration du cahier des charges de l’étude, débattre de celle-ci et être associé à la formulation de recommandations afin de donner suite aux conclusions de l’étude;

39.

demande à la Commission européenne de suivre et d’évaluer en détail l’application du code de conduite européen et, s’il devait en ressortir une application insuffisante du partenariat, d’entamer sa révision sur la base des exemples de bonnes pratiques dans les États membres; invite la Commission européenne, dans l’éventualité d’une révision du code de conduite européen, à tenir compte des recommandations du présent avis, ainsi que des conclusions des ateliers des experts;

40.

recommande à la Commission européenne, sur la base des exemples positifs recueillis, d’inviter les États membres à élaborer des plans d’action sur la manière d’améliorer l’approche de partenariat dans le cadre de la mise en œuvre et du suivi de la période de programmation en cours;

41.

recommande dans le même temps à la Commission européenne d’envisager de créer un baromètre de l’application du partenariat, qui inciterait à le mettre en œuvre de manière plus conséquente;

Approche territorialisée

42.

souligne que l’association des collectivités locales et régionales à la préparation des accords de partenariat et des programmes opérationnels constitue une condition essentielle pour en orienter la stratégie de manière à ce qu’ils reflètent les besoins réels du territoire concerné; est convaincu qu’il est indispensable d’appliquer effectivement le partenariat et la gouvernance à plusieurs niveaux pour mieux déterminer les priorités des investissements que doivent soutenir les moyens des Fonds ESI; afin de cibler efficacement les investissements, il est indispensable de tenir compte des spécificités régionales et locales des territoires concernés, y compris les handicaps naturels ou démographiques qui les désavantagent; il convient également d’associer les collectivités locales à la procédure de sélection des indicateurs et des allocations aux régions, dont le montant devrait être corrélé aux problèmes structurels du territoire concerné; eu égard aux disparités qui existent entre les régions comme au sein de chacune d’entre elles, il est encore et toujours nécessaire de réaliser des investissements dans les infrastructures essentielles, pour assurer les prestations de base dans le domaine de l’environnement, du transport, des technologies de l’information et de la communication, de l’assistance sociale, des services de santé et de l’éducation;

43.

souligne que ce sont précisément les régions, les villes et les communes qui connaissent les réalités de leur territoire et ses principaux problèmes à résoudre pour atteindre les objectifs européens tels que le pacte vert, de même que ceux fixés dans les programmes mondiaux comme les objectifs de développement durable; elles savent les forces et les faiblesses propres à la structure socio-économique du territoire (par exemple les zones qui subissent des difficultés dans les domaines de la mobilité, de l’environnement et de la transition durable, du climat, de la transition énergétique, de l’inclusion sociale et de la lutte contre les inégalités, de l’éducation, de la numérisation, etc.) et elles sont à même d’évaluer, sur la base des données, l’incidence escomptée de chacune des différentes interventions, ainsi que d’en proposer d’autres, mieux ciblées, ou de remanier celles qui existent;

44.

fait valoir que la pandémie de COVID-19 a montré, une fois de plus, l’importance des collectivités locales et régionales pour la mise en œuvre des fonds structurels et d’investissement, tout en mettant en lumière le manque de moyens financiers que nombre d’entre elles connaissent; se félicite à cet égard des mesures de flexibilité prévues par la Commission européenne dans le cadre des trains de mesures en faveur d’initiatives d’investissement en réaction au coronavirus (CRII et CRII+); demande à la Commission de présenter une proposition visant à proroger pour une année encore la possibilité d’obtenir un taux de cofinancement de 100 %, d’étendre la règle de l’année n+3 et de relever temporairement le seuil «de minimis» en matière d’aides d’État, de manière à ce que les collectivités locales et régionales obtiennent un soutien suffisant en ces temps difficiles;

45.

est d’avis que l’approche territorialisée est à même de contribuer sensiblement à une transition écologique et numérique durable; recommande d’effectuer plus fréquemment des évaluations de l’impact territorial dans le cadre de chacun des différents objectifs de la politique de cohésion, ainsi que du pacte vert pour l’Europe et de la stratégie numérique;

46.

est d’avis que pour résoudre les problèmes d’un territoire donné, il convient de privilégier une approche territorialisée fondée sur une approche intégrée par rapport à une approche purement sectorielle; ce sont précisément les effets néfastes des conflits de compétence et les pressions qu’exercent les acteurs pour faire prévaloir leurs intérêts particuliers qui entravent une approche globale et intégrée de la résolution des problèmes;

47.

est d’avis que les stratégies territoriales intégrées des régions et des villes (fondées sur des investissements territoriaux intégrés et sur le développement local participatif) offrent des possibilités considérables d’influer favorablement sur l’orientation des programmes opérationnels nationaux en tenant compte des problèmes spécifiques qui se posent à l’échelon régional et local; demande donc d’assurer la cohérence entre les programmes opérationnels et ces stratégies afin de faire parvenir les interventions à leur bonne destination; il convient d’intégrer également la trajectoire régionale dans les sections correspondantes des programmes opérationnels afin d’éviter des incohérences entre chacun des différents documents stratégiques;

48.

se félicite que, pour la période de programmation 2021-2027, il sera mis fortement l’accent, dans le cadre de la mise en œuvre, sur les investissements territoriaux intégrés; est d’avis que dans les domaines où cela s’avère utile, il convient de soutenir automatiquement les mesures proposées dans les stratégies intégrées sans qu’il soit nécessaire de procéder à des appels à proposition; il convient de concevoir de manière globale les stratégies d’investissement territorial intégré, lesquelles devraient rassembler les interventions quel que soit l’acteur compétent (l’État, les régions, les communes);

49.

rappelle que dans le cadre de la mise en œuvre des investissements territoriaux intégrés, des régions de l’Union disposent de plateformes de coopération bien établies fondées sur les principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux, qui sont à même de déterminer clairement les problèmes cruciaux et d’identifier les solutions les plus appropriées;

50.

demande de créer des mécanismes efficaces qui permettent aux collectivités territoriales de participer à la sélection des interventions dans le cadre des investissements territoriaux intégrés sur la base du principe de territorialité et sans préjudice de la compétence des acteurs; recommande à la Commission européenne et aux États membres d’analyser les mécanismes à l’œuvre au sein de ces derniers qui permettent de coopérer efficacement et sont susceptibles de servir d’exemples de bonnes pratiques;

51.

juge utile d’aborder la définition des priorités dans le cadre de groupes thématiques dynamiques restreints qui analyseront les problèmes sur la base de données territoriales vérifiables et qui proposeront des solutions dans le cadre de la thématique sectorielle donnée;

52.

est conscient de l’obstacle que représente le manque de données à l’échelon régional et au niveau des régions transfrontalières pour cibler efficacement les investissements; demande donc à la Commission européenne de renforcer la collecte de données statistiques (par l’intermédiaire d’Eurostat et du programme ORATE) à l’échelon NUTS 3 dans le cadre de chacune des différentes politiques sectorielles pertinentes pour les objectifs de la politique de cohésion, et qui serviront également à mesurer les progrès accomplis sur le territoire concerné; estime que l’indice de progrès social de l’Union européenne constitue également un instrument adéquat, dont la Commission européenne a présenté une version mise à jour à la fin de l’année 2020;

53.

estime que font également obstacle à une association efficace des collectivités territoriales les capacités insuffisantes en matière d’administration et d’analyse; demande de renforcer celles-ci dans le cadre de la nouvelle période de programmation;

Recours aux outils numériques et conséquences de la pandémie

54.

regrette le retard intervenu du fait de l’épidémie dans les négociations entre les autorités législatives sur les programmes de l’Union et, partant, dans la préparation des accords de partenariat et des programmes opérationnels, qui n’ont pas été achevés à temps, avant que ne commence la nouvelle période de programmation; demande d’accélérer immédiatement les travaux préparatoires et d’intensifier les discussions;

55.

regrette également que les mesures prises pour limiter la propagation de la pandémie aient de surcroît conduit à retarder, voire à reporter, la coopération avec les collectivités régionales et locales, et ce de plusieurs mois dans certains cas, avec les conséquences délétères qui en découleront pour le développement de leurs territoires;

56.

met en garde contre les tendances qui poussent à la centralisation lors de la programmation et de la mise en œuvre des Fonds ESI en raison de la pandémie et du déroulement simultané de deux périodes de programmation;

57.

constate que la crise liée à la pandémie a également offert l’occasion d’associer des partenaires grâce à un recours accru aux outils numériques de communication, lesquels ont simplifié dans une certaine mesure les interactions entre les acteurs et présentent des possibilités d’influer positivement sur une participation équilibrée de partenaires qui, autrement, ne seraient pas en mesure de prendre part aux procédures de préparation;

58.

relève toutefois que dans le cadre de rencontres en ligne, les possibilités d’interaction des partenaires sont souvent limitées; estime de ce fait qu’au cours de telles rencontres, il est nécessaire d’améliorer constamment les conditions d’interaction avec les partenaires; pour mieux animer les rencontres en ligne, il est nécessaire de se familiariser avec diverses techniques et procédés de conduite des discussions, ce à quoi peut également servir l’assistance technique;

59.

recommande pour l’avenir aussi de s’appuyer sur les exemples de bonnes pratiques d’utilisation des outils de communication en ligne et interactifs; est toutefois d’avis que les solutions numériques ne sont pas en mesure de remplacer les rencontres et les consultations en personne et qu’il convient de n’y recourir qu’à titre complémentaire en tenant compte du format et de la nature des discussions.

Bruxelles, le 12 octobre 2021.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) Règlement délégué (UE) no 240/2014 de la Commission du 7 janvier 2014 relatif au code de conduite européen sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens (JO L 74 du 14.3.2014, p. 1).

(2) Application of the principles of partnership and multi-level governance in Cohesion Policy programming 2021-2027 (L’application des principes de partenariat et de gouvernance à plusieurs niveaux dans le cadre de la programmation de la politique de cohésion 2021-2027, disponible uniquement en anglais), https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/effcb753-a6ff-11eb-9585-01aa75ed71a1

(3) https://cor.europa.eu/fr/our-work/Pages/cor-priorities.aspx


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