| CELEX | 52021IR3054 |
| Type | Initiative législative |
| Date | jeudi 2 décembre 2021 |
| 28.2.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 97/36 |
Avis du Comité européen des régions — Une économie bleue et une aquaculture durables
(2022/C 97/08)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS
Observations générales
Une économie bleue durable
| 1. | accueille favorablement la communication de la Commission européenne relative à «une nouvelle approche pour une économie bleue durable dans l’Union européenne — Transformer l’économie bleue de l’Union européenne pour assurer un avenir durable», qui expose la vision générale de la Commission et établit une stratégie en matière d’économie bleue durable pour l’ensemble des secteurs et industries liés aux océans, aux mers et aux côtes; salue à ce titre la transition entre le concept de «croissance bleue» et celui d’«économie bleue»; |
| 2. | convient que l’économie bleue est indispensable à la mise en œuvre des objectifs du pacte vert et à la transition vers une économie plus durable et respectueuse de l’environnement. La poursuite des objectifs du pacte vert et d’un développement durable dans tous les secteurs nécessite d’opérer des changements radicaux, de manière à réduire l’impact des activités humaines sur les mers et les océans et à préserver les ressources et la biodiversité, en veillant à ce que ces changements soient compatibles avec la durabilité économique et sociale des activités liées à la mer; |
| 3. | soutient donc qu’il convient de mieux associer les politiques vertes et bleues. Les océans sont l’un des principaux réservoirs de la biodiversité dans le monde. Ils constituent plus de 90 % de l’espace habitable sur la planète et absorbent environ 26 % des émissions de dioxyde de carbone anthropique et plus de 90 % du surcroît de chaleur émis dans l’atmosphère par an. De nombreuses études démontrent le rôle essentiel de la biodiversité marine pour la santé de la planète et le bien-être social; |
| 4. | souligne que la bonne santé des océans est une condition préalable pour une économie bleue prospère, et que cette économie bleue doit s’épanouir dans les limites écologiques, conformément au concept de «limites planétaires». À ce titre, il conviendrait d’inscrire, parmi les grandes priorités du programme d’action stratégique de l’Union européenne, une gestion durable des océans et des mers, fondée sur les connaissances, la sensibilisation et la coopération transfrontière, moyennant l’échange de données actualisées et la poursuite d’objectifs communs; |
| 5. | observe que l’économie bleue a des retombées socio-économiques considérables, non seulement sur les régions côtières et maritimes, mais sur l’Union européenne dans son ensemble, et qu’elle peut être le gage d’une reprise écologique et inclusive au lendemain de la pandémie de COVID-19, en particulier dans les secteurs qui ont été les plus touchés, comme le tourisme et la pêche. L’économie bleue a un impact positif majeur sur le PIB de nombreux pays; |
| 6. | relève que les énergies marines peuvent jouer un rôle important pour accroître la fiabilité de l’approvisionnement en énergie et garantir la sécurité énergétique. L’exploitation des énergies marines, pour autant qu’elle soit compatible avec les activités déjà existantes et respectueuse des habitats marins, permettrait aux États de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, contribuerait à atténuer le changement climatique et favoriserait la création de nouveaux emplois de qualité, surtout dans les régions côtières d’Europe où le niveau du chômage est souvent élevé; |
| 7. | souligne l’apport des industries maritimes à la transition énergétique et à la lutte contre le changement climatique, notamment avec la filière des énergies renouvelables, la décarbonation des transports maritimes et l’économie circulaire, dont le recyclage du plastique des océans; |
| 8. | rappelle, en particulier, que les émissions provenant du transport maritime ont augmenté de près de 32 % au cours des vingt dernières années. Le développement d’une industrie navale durable pourrait contribuer grandement à la réalisation des objectifs climatiques de l’Union européenne; soutient, à ce titre, les objectifs de la Commission européenne de réduire potentiellement jusqu’à 80 % et 20 %, respectivement, dans un délai de dix ans, les émissions atmosphériques de SO2 et de NOx provenant du transport maritime international. Il est cependant indispensable de prendre en considération les besoins des régions ultrapériphériques, dont l’éloignement et la forte dépendance au transport aérien et maritime pour leur desserte et leur approvisionnement exigent de prendre des mesures adaptées à leurs caractéristiques structurelles; |
| 9. | insiste sur le fait que, pour défendre et créer des emplois durables et de qualité, notamment dans la construction navale, il est nécessaire de protéger l’Europe des concurrences déloyales qui détruisent son tissu industriel; |
| 10. | encourage une approche transversale des industries maritimes qui intègre l’ensemble des activités de la mer, historiques et nouvelles, civiles et militaires, et considère les enjeux transversaux et critiques que sont la transition écologique, le numérique, ou encore l’industrie 4.0; |
| 11. | salue l’ambition de la Commission européenne de créer un «forum bleu» pour rassembler les connaissances et l’expertise, mobiliser des synergies, faire émerger des solutions créatives et favoriser le développement de ce secteur, et enfin formuler des propositions afin de coordonner la mobilisation des fonds dans ce domaine; |
| 12. | regrette que le développement de l’économie maritime soit négligé par les gouvernements nationaux. Dans la plupart des États côtiers, le soutien qui lui est affiché reste lettre morte tandis que l’attention qui lui est portée dans les plans nationaux et dans les stratégies de spécialisation intelligente est insuffisante, tout comme les aides financières qui lui sont consacrées, dont les règles et critères d’attribution sont par ailleurs complexes; |
L’aquaculture
| 13. | relève que l’aquaculture s’est imposée dernièrement comme un secteur important de l’économie bleue, recelant un potentiel considérable, non seulement sur le plan économique, mais aussi du point de vue de la protection de l’environnement. Ce secteur peut potentiellement être porteur de nouveaux emplois et ouvrir de nouvelles perspectives de développement économique, en particulier pour les populations des zones côtières et rurales, et certaines pratiques aquacoles, comme l’élevage de moules, contribuent à l’atténuation des effets du changement climatique ou encore à la protection des écosystèmes moyennant l’emploi de pratiques à faible impact; |
| 14. | réserve un accueil favorable à la communication de la Commission relative à des orientations stratégiques pour une aquaculture durable dans l’Union européenne, et souligne la contribution importante du secteur aquacole s’agissant d’apporter une solution à la problématique d’un approvisionnement en denrées alimentaires de qualité et de garantir la fourniture en produits de mer et d’eau douce sur un marché en pleine croissance, aussi longtemps que reste écarté tout risque d’aggraver le déclin des ressources halieutiques sauvages et en contribuant à la mise en œuvre des objectifs du pacte vert pour l’Europe et de la stratégie «De la ferme à la table» ainsi qu’au développement d’une économie bleue durable; |
| 15. | salue la présentation de la stratégie en matière de bien-être animal, notamment en ce qui concerne la définition d’indicateurs contrôlables, l’offre de formation destinée aux producteurs, la recherche de paramètres de bien-être animal spécifiques à chaque espèce, et une diversification permettant de s’éloigner des monocultures; souligne qu’il appartient désormais aux États membres de mettre à jour leurs plans nationaux, conformément aux nouvelles orientations; |
| 16. | insiste sur l’importance des objectifs spécifiques qui ont été fixés pour l’aquaculture dans la stratégie «De la ferme à la table», en ce qui concerne notamment la réduction des ventes d’antimicrobiens et l’extension substantielle de l’aquaculture biologique; se réjouit que la Commission entende prendre des mesures pour réduire la vente globale dans l’Union d’antimicrobiens destinés à des animaux d’élevage et à l’aquaculture de 50 % d’ici à 2030; |
| 17. | fait observer que les stratégies et les autres instruments juridiques de l’Union européenne fournissent des orientations et des recommandations pour développer le secteur, mais constate néanmoins que les collectivités locales et régionales qui ne possèdent pas de compétences exclusives en la matière déplorent l’absence d’une analyse détaillée, fondée sur des connaissances pratiques, des données plus précises et des mesures spécifiques, quant aux modalités selon lesquelles la filière de l’aquaculture est appelée à se développer; |
| 18. | souligne que la condition la plus importante pour l’essor du secteur de l’aquaculture est le caractère durable de son développement; préconise à ce titre l’élaboration d’une définition claire de l’aquaculture durable, à la lumière de critères environnementaux, sociaux et économiques. Inscrire une approche stratégique dans un temps long pour une croissance durable de l’aquaculture dans l’Union contribuerait au redressement de ce secteur au lendemain de la crise de la COVID-19 et en assurerait la durabilité et la résilience à long terme; |
| 19. | observe une fois encore que l’aquaculture devrait être reconnue comme un domaine d’action à part entière, doté d’un financement adéquat, de manière à offrir un complément à la pêche traditionnelle; constate que le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture assure depuis des années la promotion d’activités aquacoles durables ainsi que de la transformation et la commercialisation des produits de l’aquaculture. Il convient également d’encourager l’aquaculture biologique, en soutenant les marchés locaux des produits issus de l’aquaculture européenne et en réduisant la charge administrative qui bride le développement efficace de ce secteur, ainsi que de formuler des orientations générales en vue de rationaliser l’accès à l’espace nécessaire pour son développement, en particulier sur les côtes, en veillant à ce que ces orientations soient compatibles avec les autres politiques, par exemple celles dans le domaine de l’environnement; |
| 20. | se félicite que la Commission ait invité les États membres de l’Union à inclure dans leurs plans stratégiques nationaux pour l’aquaculture une augmentation de la part des produits issus de l’aquaculture biologique, et à y affecter à cet effet une partie des financements accordés au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture; |
| 21. | souligne une nouvelle fois qu’il est nécessaire, en plus d’opérer des changements dans le secteur agricole, d’accélérer l’évolution vers une production durable de poisson, car la pêche et l’aquaculture sont des composantes importantes de systèmes alimentaires durables; souscrit également à l’ambition d’encourager la pêche à faible incidence sur l’environnement et de reconstituer les stocks halieutiques ou encore de protéger les écosystèmes marins en renforçant les activités de pêche qui sont durables sur le plan environnemental et économique, tout en étant socialement viables et compétitives; |
| 22. | préconise des objectifs juridiquement contraignants au niveau de l’Union européenne en vue de restaurer et préserver la biodiversité marine et de réhabiliter les écosystèmes dégradés; les collectivités locales et régionales peuvent aider à recenser et désigner de nouvelles zones marines protégées, conjointement avec les États membres, la Commission et l’Agence européenne pour l’environnement; |
Le soutien financier et les investissements
| 23. | signale que des investissements durables sont essentiels pour un développement fructueux de l’économie bleue. Il importe de mettre en place un environnement propice qui faciliterait et encouragerait les investissements consentis à cette fin, tant publics que privés. Il est nécessaire de financer l’innovation, y compris dans le domaine du numérique, et le développement de nouveaux produits, d’investir dans les technologies innovantes et les solutions intelligentes, et enfin de soutenir les nouvelles technologies, comme les énergies marines renouvelables, les industries maritimes ou encore les entreprises de bioéconomie bleue, afin qu’elles puissent se développer sans outrepasser les limites planétaires; |
| 24. | demande instamment à ce que la Commission européenne, en matière d’investissement durable dans le secteur maritime et notamment les industries maritimes, s’appuie plus significativement sur les régions, leurs stratégies de spécialisation intelligente et leurs écosystèmes économiques pour constituer des réseaux de coopération à l’échelle européenne capables de concurrencer les acteurs internationaux. Ces réseaux, sous le label «European Sea Tech», devraient pouvoir répondre à des appels à propositions émis par la Commission européenne pour développer et financer les premières phases de leurs projets à haut risque; |
| 25. | rappelle que, dans son précédent avis sur la croissance bleue, il avait déjà fait valoir que 10 % des projets relevant du programme-cadre pour la recherche et l’innovation devraient contribuer de manière significative aux enjeux de recherche marine et maritime; |
| 26. | rappelle que, dans sa communication relative à une nouvelle approche pour une économie bleue durable dans l’Union européenne, la Commission part du principe que le pacte vert pour l’Europe engage à accorder une attention particulière au rôle des régions ultrapériphériques de l’Union; invite la Commission à honorer cet engagement en élaborant un plan d’action concret indiquant les ressources financières envisagées; |
| 27. | regrette que le potentiel de l’économie bleue, notamment sa contribution potentielle majeure à la réalisation des objectifs du pacte vert, n’ait pas été suffisamment prise en compte dans l’examen des plans de relance financés par NextGenerationEU, par exemple le financement direct au niveau européen de projets structurants et de projets risqués, et la constitution de plateformes d’investissement régionales; |
| 28. | considère que le concept d’investissement durable doit être compris comme le fruit d’efforts conjugués qui relèvent, pour les uns, du progrès technique et de la recherche scientifique et, pour les autres, des entreprises et des pouvoirs publics nationaux en vue d’investir dans des projets porteurs d’avantages sociaux, économiques et environnementaux. La coopération entre la science et l’entreprise revêt en la matière une importance toute particulière; |
| 29. | salue l’ambition de la Commission de renforcer la coopération avec les institutions financières européennes afin d’accroître les investissements publics et privés, relève également l’importance de la plateforme BlueInvest ainsi que des fonds de l’Union et des contributions financières des programmes sectoriels provenant du budget européen qu’il est prévu de consacrer au développement du secteur, et propose d’évaluer les possibilités de créer un fonds ou un instrument unique pour assurer un accès coordonné aux financements; |
| 30. | se félicite que la Commission européenne invite les États membres à prévoir des investissements en faveur d’une économie bleue durable dans le cadre de leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience ainsi que de leurs programmes opérationnels au titre des différents fonds de l’Union; |
| 31. | souligne qu’il importe tout particulièrement d’encourager le recours à des instruments de financement innovants pour développer le secteur aquacole durable, de soutenir les investissements dans les technologies avancées, de créer les conditions nécessaires à la participation du secteur privé et d’allouer des moyens à la recherche et au développement, afin de favoriser la diversification et l’innovation dans l’aquaculture durable; |
| 32. | préconise une révision des règles relatives à l’octroi d’un concours financier de l’Union, et considère que les principaux critères conditionnant ce soutien devraient être l’innovation, la valeur ajoutée et, plus important encore, la mise en œuvre de solutions durables; |
| 33. | estime qu’il pourrait être utile d’étudier la possibilité pour l’aquaculture à faible impact, notamment en circuit fermé, d’être elle aussi classée parmi les pratiques écologiques et de la soutenir financièrement pour qu’elle se développe plus avant, si elle répond aux critères pertinents en matière de consommation d’énergie et de ressources, de bien-être animal et de recyclage durable des déchets. Il reste à l’heure actuelle difficile pour le secteur de l’aquaculture d’obtenir un soutien des fonds de l’Union. Pourtant, la pratique montre bien que l’emploi de technologies innovantes lui permet de satisfaire aux normes environnementales les plus exigeantes dans l’application de ses procédés techniques (par exemple, les déchets produits sous forme de boues peuvent servir à l’agriculture, les eaux usées sont traitées pour répondre aux paramètres les plus stricts et être réutilisées, etc.); |
| 34. | fait remarquer que les questions relatives au financement revêtent la plus grande importance pour les petits pays, où les investissements, le PIB et le potentiel d’innovation sont plus faibles, et note qu’il serait judicieux d’évaluer leurs besoins et d’opter pour des régimes d’aide spéciaux; |
Le rôle des collectivités locales et régionales
| 35. | souligne le rôle important que jouent les collectivités locales et régionales dans la transition vers une économie respectueuse de l’environnement. Une participation active des pouvoirs régionaux aux processus décisionnels et une gestion efficace par ces mêmes instances des fonds consacrés à la cohésion et à l’innovation écologique seraient susceptibles d’apporter une contribution significative à la mise en œuvre des objectifs du pacte vert; |
| 36. | regrette que, dans une majorité de pays, les pouvoirs régionaux ne soient pas associés à l’élaboration ni à la mise en œuvre des politiques nationales et qu’y prévale une approche centralisatrice où les exigences et les décisions sont imposées d’en haut, sans que les régions soient consultées sur le développement de l’économie maritime; invite dès lors la Commission européenne et les autorités nationales à traiter les collectivités locales et régionales comme des partenaires, sur un pied d’égalité avec l’administration centrale, dans les actions qu’elles engageront à l’avenir dans ce domaine; |
| 37. | invite une nouvelle fois la Commission européenne à proposer des règles aux États membres concernant la manière d’intégrer les collectivités locales et régionales dans la définition, l’élaboration, la programmation et la gestion des mesures, en leur attribuant des responsabilités plus grandes et mieux délimitées. Une participation accrue des collectivités locales serait le gage d’un développement plus florissant d’une économie bleue durable, qui soit de nature à en étendre les écosystèmes sous une forme dynamique et durable, à favoriser l’innovation, à déployer des solutions intelligentes et à créer des emplois; |
| 38. | se réjouit de l’intention de la Commission européenne, dans l’optique d’appuyer le redressement des régions côtières, d’aider les villes et les régions à gérer la transition écologique et numérique au niveau local et à tirer pleinement parti des fonds et des mesures incitatives de l’Union, grâce à l’élaboration d’un programme de soutien (sous la forme d’un «plan d’action pour les projets écologiques locaux») et d’orientations stratégiques (sous la forme, par exemple, du «Défi des villes intelligentes»); |
| 39. | suggère la mise en place d’un cadre réglementaire et budgétaire pour promouvoir l’élaboration et le déploiement de stratégies régionales et locales en faveur de l’économie bleue qui tiendraient compte de la diversité des activités qu’elle recouvre, ces stratégies devant répondre à un principe de compatibilité réciproque, surtout avec celles déjà existantes. Il conviendrait en particulier d’y refléter toute l’importance des évolutions technologiques liées aux industries maritimes et à la production d’énergie, ou encore de la production de protéines marines de qualité comme facteur de compétitivité à l’échelle mondiale; |
| 40. | souligne que les collectivités locales et régionales jouent un rôle important dans le développement de l’aquaculture en Europe. Elles sont souvent chargées de la délivrance des licences de pêche ainsi que du traitement et de l’octroi des aides accordées aux petites et moyennes entreprises présentes sur leur territoire, et ont acquis dans ces domaines une solide expérience qu’il est important, vu son rapport étroit avec le secteur, de reconnaître, de coordonner et de mettre à profit; |
| 41. | considère que les collectivités locales devraient être davantage associées à l’élaboration des politiques relatives à l’aquaculture, et fait observer une fois encore que les régions ont besoin d’orientations claires concernant le développement d’une aquaculture durable au niveau de l’Union, ainsi que d’un plan d’action spécifique; |
| 42. | regrette que le budget Interreg finançant la coopération territoriale ait été réduit, tant il aurait pu stimuler la coopération entre les régions côtières et les îles ayant des besoins communs au sein d’un même bassin maritime afin d’élaborer des stratégies d’adaptation et des approches communes en matière de gestion des zones côtières, d’investir dans des défenses côtières durables et d’adapter les activités économiques côtières; estime toutefois que, face à cette restriction budgétaire, l’efficacité des politiques a notamment été renforcée par le lancement d’actions pilotes et d’investissements, et aussi grâce à la coordination avec les programmes en gestion directe, qui permettent au secteur de tirer parti d’idées nouvelles; |
| 43. | à ce titre, demande, quand c’est possible et en fonction de l’appétence des autorités locales et régionales, la généralisation des stratégies de bassins maritimes qui sont des cadres de référence indispensables. Elles constituent un des éléments à prendre en compte pour l’élaboration des stratégies de spécialisation intelligente et la programmation des fonds européens; |
| 44. | considère qu’il est crucial de poursuivre l’objectif des ports «zéro émission», prévu dans la stratégie de mobilité durable et intelligente présentée par la Commission européenne, et propose une pleine reconnaissance des ports comme plateformes de l’économie bleue et leviers de développement pour l’industrie maritime; |
La planification de l’espace maritime et l’importance des ports
| 45. | note que l’accès des acteurs économiques aux espaces et à l’eau est indispensable à un développement durable de l’économie bleue, y compris l’aquaculture, la pêche et la pêche aux coquillages. L’accès aux espaces et à l’eau est toujours considéré comme un problème important dans le développement de l’aquaculture européenne. C’est pourquoi il importe d’assurer une planification appropriée de l’espace maritime, d’en coordonner le processus et d’y associer, dès les premières étapes, les parties prenantes concernées; |
| 46. | renouvelle la demande qu’il a adressée pour que soient élaborées des propositions visant à planifier les espaces maritimes et à mettre en place un réseau d’aires marines protégées et de corridors écologiques, dans le droit fil des objectifs de la stratégie en faveur de la biodiversité, permettant d’inverser l’appauvrissement de la biodiversité et de contribuer à l’atténuation du changement climatique ainsi qu’à la résilience face à ce phénomène, tout en apportant des avantages financiers et sociaux considérables, l’objectif consistant à assurer un équilibre entre les prélèvements de ressources halieutiques et la capacité de la mer à les reproduire; |
| 47. | préconise des objectifs européens juridiquement contraignants pour restaurer et préserver la biodiversité et les écosystèmes marins; les collectivités locales et régionales peuvent aider à recenser et à désigner des zones marines protégées supplémentaires; |
| 48. | constate le rôle important que jouent les ports, en particulier dans les régions reculées telles que les régions ultrapériphériques, dans le développement et la promotion de l’économie bleue, la gestion d’un modèle circulaire et le déploiement de solutions écologiques contribuant à la mise en œuvre des objectifs du pacte vert; |
| 49. | estime, par exemple, urgent de renforcer, pendant la période de transition écologique, le soutien à l’investissement dans les ports pour l’avitaillement en GNL des navires et plus globalement pour les infrastructures contribuant à diminuer l’empreinte écologique des navires (connexion électrique bord à quai s’appuyant sur des technologies à faibles émissions); |
| 50. | demande enfin que le développement de la production d’hydrogène vert dans les ports soit mieux soutenue et intégrée dans la politique énergétique de l’Union européenne ainsi que dans les «corridors hydrogène» en cours de déploiement; |
| 51. | rappelle le rôle important que les ports peuvent jouer, vu la diversité de leurs activités en rapport avec la mer, dans la promotion de l’économie bleue et le développement de stratégies dans ce domaine; |
| 52. | considère que les ports, en tant que maillons essentiels pour la connectivité et l’économie des pays, sont appelés à se transformer à l’avenir en pôles énergétiques intégrant des sources d’énergie renouvelables et des systèmes à faibles émissions de dioxyde de carbone, et qu’ils contribueront au développement de l’économie circulaire, améliorant ainsi les conditions de vie des populations riveraines. C’est pourquoi il est nécessaire de développer plus avant les infrastructures portuaires maritimes et de créer de nouvelles zones adaptées aux opérations de fret et à de possibles nouvelles activités maritimes (par exemple pour le développement de l’éolien en mer ou l’aquaculture durable); |
La réduction de la charge administrative et le renforcement de la compétitivité
| 53. | regrette que le développement effectif de l’aquaculture et d’autres activités liées à la mer soit entravé par une série de problèmes internes: les procédures d’autorisation sont excessivement longues et complexes, et les possibilités d’accès aux espaces et à l’eau sont par trop limitées. La complexité administrative et le manque de transparence dans les procédures d’autorisation sont des problématiques qui empêchent l’aquaculture européenne de se développer pleinement, raison pour laquelle il y aurait lieu de simplifier et de clarifier les règles applicables, et d’en assurer la cohérence réciproque; |
| 54. | propose de créer au plus vite un système de guichet unique pour les licences aquacoles, afin d’accélérer la procédure de délivrance des autorisations et de fluidifier les interactions entre les acteurs économiques et les diverses autorités publiques opérant à différents niveaux; recommande également, pour accélérer la mise en application des règles de l’Union, d’introduire à l’intention des administrations locales des modules de formation sur les questions liées à la délivrance des autorisations; |
| 55. | note qu’il est extrêmement important, s’agissant de rendre le secteur aquacole européen plus compétitif et plus durable, de se conformer à des normes sur le bien-être et la santé des poissons ainsi que sur l’incidence climatique, et que les consommateurs en soient dûment informés grâce à un étiquetage correct et suffisant; |
| 56. | signale que, dans des avis antérieurs, le Comité avait déjà préconisé la mise en place d’un écolabel européen; renouvelle en conséquence cette demande, et soutient qu’un label écologique et un système efficace de certification contribueraient sensiblement à accroître la valeur des produits aquacoles de l’Union et en encourager la consommation. Un étiquetage clair et obligatoire de la méthode d’élevage, du mode de capture et des conditions de travail permettrait aux producteurs d’obtenir la reconnaissance de l’amélioration de leurs pratiques et aux consommateurs de prendre des décisions en connaissance de cause; souligne que les critères d’un tel label écologique devraient être plus stricts que les exigences légales actuelles. Un tel label pourrait être transposé à la pêche pratiquée conformément aux règles de conservation et de gestion, quand elle s’inscrit dans le cadre d’une activité légale respectueuse du milieu marin et de la durabilité des ressources; |
| 57. | demande que le futur mécanisme d’ajustement carbone aux frontières couvre également les produits de la pêche et de l’aquaculture afin d’assurer des conditions de concurrence équitables entre les différents produits vendus au sein du marché intérieur, sans préjudice d’éventuelles mesures dérogatoires spécifiques en faveur des régions ultrapériphériques au titre de l’article 349 du TFUE; invite la Commission européenne à proposer une législation pour empêcher les importations de produits impliquant des violations des droits de l’homme et à mettre en place des règles plus efficaces pour veiller à ce que le poisson qui entre sur le marché européen réponde à des normes équivalentes à celles de l’Union. Cette disposition est propre à garantir la protection des consommateurs européens et à étendre aux pays tiers la sauvegarde de l’environnement et la gestion durable des mers et des océans. Le soutien apporté aux niveaux européen et national doit cibler en priorité les producteurs locaux et les circuits courts, ce qui constitue la seule et unique façon de garantir à l’avenir un développement efficace de l’aquaculture, de la pêche aux coquillages et de la pêche proprement dite, en particulier la pêche côtière artisanale; |
| 58. | préconise une diversification de la culture d’organismes aquatiques, et attire notamment l’attention sur la production d’algues qui sont adaptées non seulement pour la consommation humaine et animale, mais aussi pour certaines productions industrielles ou encore pour la production d’énergie, et qui contribuent aussi à un développement durable puisque leur culture ne nécessite pas de fourrage et ne produit pas de déchets; recommande également de mettre en valeur les systèmes aquacoles intégrés qui permettent de créer des modèles économiques circulaires au sein de la chaîne de production; |
La coopération, l’extension des compétences, l’information et la mobilisation du public
| 59. | souligne une fois de plus qu’il importe d’associer l’ensemble des acteurs de l’aquaculture, de la pêche et de la pêche aux coquillages pour mettre en place une économie bleue durable. La coopération entre la communauté scientifique, le secteur public et la sphère économique revêt une importance toute particulière: les connaissances scientifiques et le déploiement efficace, ciblé et durable des innovations dans les entreprises augmentent l’efficacité au travail, et elles sont un gage de développement de l’activité et de compétitivité; |
| 60. | fait remarquer qu’il est essentiel d’élargir les compétences des autorités opérant dans les États membres et de résoudre le problème de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée dans les secteurs maritimes et dans celui de l’aquaculture. Pour ce faire, l’Union européenne, les États membres et les régions doivent coopérer afin de renforcer la connaissance et l’attractivité des métiers de la mer, d’améliorer les conditions de travail et de carrière, de développer la mobilité européenne des jeunes en formation et de proposer des parcours de formation complémentaire tout au long de la vie pour «maritimiser» des métiers existants et mobiliser les métiers maritimes historiques vers de nouvelles opportunités. En particulier, en termes de formation, il sera nécessaire d’adapter et de promouvoir la formation maritime et halieutique, afin qu’elle soit un élément favorisant le renouvellement des générations dans les secteurs de la pêche, de l’aquaculture et de la conchyliculture; |
| 61. | regrette que le public ne soit pas associé au développement de l’économie bleue. Des investissements durables qui s’inscrivent dans un temps long doivent promouvoir la mise en œuvre d’un ensemble d’actions visant à préserver la biodiversité et à offrir aux citoyens de nouvelles perspectives de revenu. Il importe également d’associer le public à la mise en œuvre des mesures stratégiques et à la prise de décision, en mettant en place des groupes d’action locale et en déployant d’autres initiatives de nature diverse; |
| 62. | s’engage à promouvoir et à soutenir les initiatives participatives locales (telles que des groupes de développement local dirigés par des acteurs locaux, des groupes d’action locale en matière de pêche, etc.) qui visent tout à la fois à régénérer les ressources marines, à perpétuer les traditions et sauvegarder le patrimoine culturel, à préserver les moyens de subsistance locaux, et enfin à diversifier et compléter l’économie de la mer. Il s’agit ainsi d’encourager et de reconnaître l’exemple des groupes d’action locale dans le domaine de la pêche, qui ont permis de rapprocher la société et les administrations locales du secteur maritime et de celui de la pêche en vue de promouvoir l’économie bleue dans leurs territoires; |
| 63. | estime qu’une plus grande attention doit être portée, aussi bien au niveau régional que national et européen, à des campagnes d’information visant, d’une part, à sensibiliser les consommateurs aux produits de l’aquaculture, de la pêche et de la pêche aux coquillages, à leurs bienfaits et à leur apport pour la sécurité alimentaire, la sûreté des aliments et la création d’emplois, mais aussi aux avantages qu’offrent l’aquaculture, la pêche et la pêche aux coquillages pour l’environnement dans une perspective de long terme, et d’autre part, à diffuser les connaissances scientifiques portant sur la compatibilité de l’aquaculture avec le milieu marin et sa préservation. |
Bruxelles, le 2 décembre 2021.
Le président du Comité européen des régions
Apostolos TZITZIKOSTAS
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