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Communication — 52021XR5388

CELEX52021XR5388
TypeCommunication
Datejeudi 2 décembre 2021

Texte intégral

28.2.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 97/7


Résolution du Comité européen des régions sur la proposition d’Année européenne de la jeunesse

présentée par les groupes PPE, PSE, Renew Europe, ECR, AE et Les Verts

(2022/C 97/02)

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS,

—

vu la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à une Année européenne de la jeunesse 2022, présentée par la Commission européenne (1),

1.

fait bon accueil à la proposition de la Commission européenne de proclamer l’année 2022 «Année européenne de la jeunesse» et en soutient les objectifs globaux, qui visent à encourager la participation des jeunes à la vie démocratique et civique et à favoriser le développement des talents, ainsi que le développement personnel, social et professionnel des jeunes au sein d’une Union plus verte, plus numérique et plus inclusive;

2.

avance qu’il y a lieu de saisir l’occasion offerte par l’Année européenne de la jeunesse 2022 pour encourager la participation des jeunes à la vie démocratique, en vue de renforcer la démocratie participative et représentative, non seulement en les informant des politiques qui les concernent, mais également en les associant à leur conception, leur direction et leur mise en œuvre;

3.

à cette fin, souligne la nécessité d’associer les jeunes à la prise de décision au niveau européen, national, régional et local, y compris en ce qui concerne les politiques relatives à la double transition écologique et numérique, où des divergences d’opinions se font sentir entre les générations; a pour avis qu’il conviendrait d’accorder une attention particulière au «plafond de verre» qui empêche les jeunes de prendre une part significative à la vie politique et insiste, dans ce contexte, sur le rôle essentiel que jouent les collectivités territoriales pour promouvoir la participation des jeunes aux mécanismes de démocratie locale ou sous la forme du soutien apporté aux organisations, conseils et parlements de la jeunesse à l’échelon local;

4.

met en évidence, à cet égard, l’importance de la conférence sur l’avenir de l’Europe, dans la mesure où elle donne la possibilité de stimuler l’identité et la citoyenneté européennes sur la base de valeurs communes et d’atténuer le déficit démocratique dans l’Union européenne; invite le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne à s’assurer que les contributions des jeunes transmises par différents canaux, notamment la Rencontre des jeunes européens (EYE2021), soient pleinement prises en compte;

5.

considère que si l’on veut que les conclusions de l’Année européenne de la jeunesse aient une incidence durable et afin de reconnaître le caractère transsectoriel de la politique en faveur des jeunes, l’Année européenne de la jeunesse devrait aussi avoir pour objectif d’intégrer la perspective de la jeunesse dans tous les domaines d’action de l’Union au niveau européen, national, régional et local;

6.

se tient prêt à renforcer encore le programme des jeunes élus dans ses propres travaux et à communiquer aux autres parties prenantes les meilleurs exemples qui en résultent; relève à cet égard que les dialogues locaux qu’il organise constituent un outil efficace pour améliorer une communication ouverte et bidirectionnelle avec les citoyens, dont les jeunes en particulier, au sujet du programme politique de l’Union et pour faire connaître leurs points de vue à ses décideurs;

7.

se félicite de la place accordée à l’inclusion et reconnaît que les objectifs de l’Année européenne de la jeunesse ne peuvent être atteints que s’il est tenu compte des besoins et des aspirations de l’ensemble des jeunes, dans toute leur diversité et en s’efforçant de garantir l’égalité des chances; a pour opinion qu’il importe notamment d’inclure les jeunes en provenance de régions rurales, périphériques et moins développées, ainsi que de groupes socialement diversifiés ou vulnérables, que ce soit du fait de leur milieu socio-économique, de leur sexe, de leur race, de leur religion, de leur orientation sexuelle, de leur origine ou d’un handicap;

8.

juge que l’Année européenne de la jeunesse ne devrait pas seulement être organisée à l’intention des jeunes des 27 États membres de l’Union, mais qu’il conviendrait également qu’elle tende la main aux jeunes migrants et aux jeunes des pays candidats à l’adhésion;

9.

est d’avis que l’Année européenne de la jeunesse devrait donner une impulsion à la solidarité intergénérationelle pour renforcer la cohésion sociale, économique et territoriale et contribuer à des sociétés plus inclusives; met en exergue, à cet effet, les changements démographiques croissants, qui s’accompagnent de fortes disparités entre les territoires, résultant notamment de la fuite ou de l’afflux des cerveaux; fait valoir que l’Année européenne de la jeunesse devrait examiner les incidences considérables que de tels changements produisent sur les jeunes pour ce qui concerne la solidarité intergénérationnelle et la vie professionnelle, ainsi que le clivage entre zones rurales et urbaines;

10.

tient à observer que pour les jeunes, la crise de la COVID-19 a induit une régression considérable en matière d’éducation, d’emploi, de santé mentale et de revenus; demande que l’Année européenne de la jeunesse contribue à ce que l’on redouble d’efforts pour lutter contre le chômage et les conditions de travail précaires dont ils sont victimes, notamment dans le cadre de stages non rémunérés, ainsi que pour faciliter leur accès au logement et créer à leur intention des emplois supplémentaires décents, tout en traitant par ailleurs la question cruciale de l’adéquation des compétences par rapport aux besoins futurs;

11.

fait observer qu’il importe d’associer les collectivités locales et régionales, ainsi que les autres acteurs concernés, y compris les organisations du secteur privé et du secteur tertiaire, à la mise en place de mesures qui visent à intégrer les jeunes sur le marché du travail; défend l’idée que les systèmes d’éducation et de formation devraient mieux articuler les compétences des jeunes avec les besoins du marché du travail, en facilitant l’acquisition par les jeunes des compétences et des ressources nécessaires à leur autonomisation et à leur participation au processus; souligne qu’il convient d’y veiller tout particulièrement dans les zones transfrontalières;

12.

réclame que l’entrepreneuriat des jeunes, de même que leur formation, fasse l’objet d’une attention spécifique et que les jeunes entrepreneurs soient soutenus, notamment par des mesures qui facilitent leur accès au financement, en se concentrant particulièrement sur les petites et moyennes entreprises et les jeunes pousses, étant donné qu’elles rencontrent souvent des difficultés à cet égard; demande aussi que des mesures soient promues pour favoriser l’embauche de jeunes par les entreprises; rappelle l’importance d’assurer dès le plus jeune âge l’éducation à l’esprit d’entreprise, à l’innovation, à la pensée critique, à la prise de décision, à la résistance face à l’incertitude, au leadership, à la collaboration, à l’acceptation des réussites comme des échecs, entre autres valeurs et compétences;

13.

espère que l’Année européenne de la jeunesse marquera une étape importante dans la réalisation de l’objectif que le plan d’action relatif au socle européen des droits sociaux s’est fixé de réduire de cinq millions le nombre d’enfants menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale d’ici à 2030, et qu’elle confortera la mise en œuvre de la garantie européenne pour l’enfance, par laquelle les États membres garantissent un accès effectif et gratuit à des structures d’éducation et d’accueil de la petite enfance de qualité, à la scolarisation et aux activités périscolaires, à au moins un repas sain chaque jour d’école et aux soins de santé, ainsi qu’à une alimentation saine et à un logement adéquat;

14.

met en avant l’importance primordiale que revêt l’investissement européen dans l’éducation et la culture, ainsi que dans l’éducation civique et dans l’éducation aux médias, laquelle est essentielle pour donner aux jeunes la capacité de naviguer en toute sécurité parmi les informations disponibles sur les médias sociaux ou ailleurs, ainsi qu’à résister à la désinformation. D’autre part, dans un même ordre d’idées, il est nécessaire d’investir au niveau européen dans la recherche scientifique menée par les jeunes;

15.

réaffirme sa volonté, dans le prolongement de l’Année européenne du rail, de collaborer avec la Commission européenne afin de poursuivre le développement de l’initiative DiscoverEU, de la rendre plus inclusive sur le plan géographique, de soutenir les programmes régionaux qu’elle inspire et de la combiner avec les manifestations et activités culturelles proposées dans les villes et régions d’Europe;

16.

salue l’engagement qu’a pris la Commission européenne de mener des études et des recherches sur la situation des jeunes dans l’Union européenne; fait remarquer que ces efforts doivent remédier au manque de données disponibles sur les jeunes au niveau local et régional, lequel pose un défi considérable pour ce qui est de la capacité des collectivités locales et régionales à concevoir et mettre en œuvre, de manière adéquate, des politiques de la jeunesse efficaces, qui soient taillées sur mesure, efficaces et adaptées aux réalités des territoires;

17.

accueille favorablement la proposition de prévoir des réunions des coordonnateurs nationaux désignés par les États membres afin d’organiser le déroulement de l’Année européenne de la jeunesse, et propose que lui-même y participe en qualité d’observateur;

18.

appuie les recommandations élaborées par les jeunes élus de son programme YEP (Young Elected Politicians) à propos de l’Année européenne de la jeunesse et exhorte la Commission européenne à en tenir compte, dans toute la mesure du possible, durant les phases de conception et de mise en œuvre des activités et initiatives ressortissant à ladite année;

19.

reconnaît que le prix de la Capitale européenne de la jeunesse confère aux jeunes la capacité d’agir, affirme pleinement leur rôle et sensibilise le public à leurs besoins et leurs espoirs au niveau tant européen que local; soutient dès lors qu’il y a lieu de dégager des complémentarités entre la Capitale européenne de la jeunesse et l’Année européenne de la jeunesse afin de renforcer l’efficacité et la portée de l’une et l’autre de ces initiatives;

20.

note que le budget alloué par la Commission européenne à l’Année européenne de la jeunesse 2022 devrait inclure un engagement substantiel de la part de programmes de l’Union autres que celui d’Erasmus+ et du corps européen de solidarité, sans pour autant compromettre la réalisation des projets existants; estime en outre que les collectivités locales et régionales devraient avoir accès à des possibilités de financement en faveur de projets qui ont pour but de soutenir les initiatives locales en faveur de la jeunesse tout au long de l’année 2022 et ultérieurement;

21.

prie instamment le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne de parvenir rapidement à un accord sur l’Année européenne de la jeunesse, afin de permettre le lancement de ses activités dès janvier 2022;

22.

charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission européenne, au Parlement européen, aux présidences slovène, française et tchèque du Conseil de l’Union européenne et au président du Conseil européen.

Bruxelles, le 2 décembre 2021.

Le président du Comité européen des régions

Apostolos TZITZIKOSTAS


(1) COM(2021) 634 final.


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