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Avis institutionnel52022AE5312

Avis institutionnel — 52022AE5312

CELEX52022AE5312
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 22 février 2023

Texte intégral

27.4.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 146/23


Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant les règlements (UE) no 260/2012 et (UE) 2021/1230 en ce qui concerne les virements instantanés en euros

[COM(2022) 546 final — 2022/0341 (COD)]

(2023/C 146/04)

Rapporteur:

Christophe LEFÈVRE

Consultation

Parlement européen, 21.11.2022

Conseil de l’Union européenne, 16.11.2022

Base juridique

Article 114 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Marché unique, production et consommation»

Adoption en section

27.1.2023

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

64/0/1

Adoption en session plénière

22.2.2023

Session plénière no

576

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

146/1/1

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite du règlement sur les virements instantanés en euros, étant donné qu’il a élaboré, au cours des dernières années, un avis sur les paiements de détail (1) et un avis sur le système économique et financier européen (2) afin de contribuer au marché financier unique, de simplifier les opérations transfrontières et de sécuriser les opérations financières entre les consommateurs, les entreprises et les PME.

1.2.

Le CESE est d’avis que l’accessibilité des services pour les consommateurs et entreprises européens est cruciale pour le succès des paiements instantanés dans l’Union. Plus les prestataires de services de paiement (3) seront nombreux à proposer les paiements instantanés, plus grand sera le succès de ces derniers dans l’Union. Les paiements instantanés seront accessibles à tous les citoyens et entreprises titulaires d’un compte bancaire dans l’Union européenne et dans les pays de l’Espace économique européen (EEE). La proposition à l’examen vise à faire en sorte que les paiements instantanés en euros soient abordables, sûrs et traités sans aucun obstacle dans l’ensemble de l’Union.

1.3.

Le CESE est d’avis que la banque du donneur d’ordre ne devrait pas imposer de frais pour vérifier la correspondance entre le numéro de compte bancaire international (IBAN) et le nom du bénéficiaire, et que ce coût devrait être inclus dans le prix du paiement instantané. Le Comité recommande que les prestataires de services de paiement ne facturent pas de frais supplémentaires pour les paiements instantanés en euros par rapport aux virements ordinaires en euros, surtout si le régime de contrôle IBAN est étendu à tous les paiements de l’espace unique de paiements en euros (SEPA).

1.4.

Le CESE souhaite que le contrôle IBAN ne se limite pas aux virements instantanés, mais soit étendu aux virements classiques jusqu’à ce que les paiements instantanés soient proposés par les prestataires de services de paiement.

1.5.

À l’heure actuelle, le champ d’application du présent règlement n’inclut pas les établissements de monnaie électronique ni les établissements de paiement. Cette exemption devrait être levée dès lors que ces institutions se voient octroyer l’accès aux systèmes de paiement, une fois que la directive concernant le caractère définitif du règlement (98/26/CE) (4) aura été modifiée. Les prestataires non bancaires de services de paiement devraient être couverts par le règlement à la condition que leur offre de services de paiement inclue la gestion d’un compte de paiement et l’exécution de virements. En attendant cette échéance, il convient de clarifier les modalités d’application du contrôle IBAN et des règles en matière de responsabilité lorsqu’il est fait appel à ces tiers pour initier un paiement instantané.

1.6.

Toutefois, dans la mesure où le règlement à l’examen modifie le règlement (UE) no 260/2012 du Parlement européen et du Conseil (5), il importe de préciser que les services d’investissement sont exclus de la directive (UE) 2015/2366 du Parlement européen et du Conseil (6) [deuxième directive sur les services de paiement, article 3, point i)].

1.7.

Le CESE estime que la Commission européenne devrait:

—

rendre obligatoire, sans l’assortir de frais spécifiques, un service permettant aux clients d’être avertis lorsqu’une divergence est constatée entre le nom et l’IBAN du bénéficiaire,

—

faire en sorte que, lorsqu’une anomalie est détectée au cours du contrôle IBAN par la banque du bénéficiaire, celle-ci informe la banque du donneur d’ordre de la situation,

—

garantir que, lorsqu’une anomalie est détectée et que le consommateur décide néanmoins de confirmer le paiement instantané, la responsabilité de la banque du donneur d’ordre ne soit plus engagée dans le cas où le bénéficiaire est incorrect,

—

proposer des mesures ciblées pour renforcer la lutte contre la fraude, étant donné que le contrôle IBAN ne produira d’effet que pour les paiements par autorisation.

1.8.

En vue d’éviter des interprétations divergentes quant à l’application des sanctions, le CESE préconise que soient incluses et expliquées dans le règlement des dispositions visant à garantir l’application uniforme du droit européen:

—

la manière dont les prestataires de services de paiement opérant dans plusieurs pays devraient évaluer ces situations et les mesures qu’ils devraient prendre,

—

la manière dont ces informations seront partagées au sein de l’Union,

—

le traitement qui sera réservé à la question de l’indemnisation des dommages dans de tels cas,

—

la référence à une liste unique de personnes ou entités faisant l’objet de sanctions de l’Union, laquelle est adoptée au moyen de règlements du Conseil au titre de l’article 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, et doit être immédiatement mise à la disposition des prestataires de services de paiement. Ces informations devraient constituer la liste officielle des personnes ou entités faisant l’objet de sanctions de l’Union dans le cadre de mesures restrictives.

1.9.

La Commission européenne devrait étoffer et détailler la partie explicative du règlement afin qu’elle décrive la position générale de l’Union et fournisse une interprétation des sanctions applicables aux biens et services en ce qui concerne notamment l’importation, l’exportation, le transport et l’interdiction de certains biens et autres.

1.10.

Les prestataires de services de paiement pourraient assurer un suivi plus efficace des sanctions s’ils disposent de listes de contrôle internes et ont le droit de se référer aux listes d’autres pays, notamment les États-Unis ou le Royaume-Uni, ce qui permettrait de réduire les risques concernant la réputation des banques ainsi que ceux qui en découlent (pratique actuelle du marché). Les mesures spécifiques à prendre à cet égard incluent notamment:

—

l’établissement de listes de contrôle internes, lesquelles devraient en principe inclure les entités concernées par les violations de sanctions ou les risques de sanctions, les biens à double usage et autres,

—

l’utilisation de la liste fournie par l’autorité nationale compétente, conformément à la législation de l’Union en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

1.11.

Le CESE est favorable à l’idée de permettre aux établissements de monnaie électronique et aux établissements de paiement de prendre part aux systèmes de paiement en tant que participants directs; il estime par ailleurs qu’il est possible d’étendre la proposition de la Commission sur les paiements instantanés aux sept États membres de l’Union n’appartenant pas à la zone euro, mais qui font partie du marché unique européen.

2. Proposition de la Commission

2.1.

Les paiements instantanés (PI) sont une forme de virement qui permet à des fonds de passer du compte d’un payeur à celui d’un bénéficiaire en quelques secondes, à tout moment, de jour comme de nuit, n’importe quel jour de l’année. C’est ce qui distingue les PI des autres virements, qui sont traités par les prestataires de services de paiement uniquement pendant les heures ouvrables, les fonds n’étant crédités au bénéficiaire qu’à la fin du jour ouvrable suivant.

2.2.

Dans l’Union européenne, l’architecture des paiements instantanés en euros existe déjà. Elle se compose de plusieurs systèmes de paiement offrant un règlement instantané, ainsi que du dispositif de virement SEPA (espace unique de paiements en euros) instantané.

2.3.

Dans sa communication du 24 septembre 2020 (7), la Commission a annoncé une proposition législative imposant aux prestataires de services de paiement de l’Union européenne de proposer des PI en euros d’ici la fin de 2021. Par ailleurs, dans sa communication du 20 janvier 2021 (8), la Commission a rappelé l’importance de sa stratégie en matière de paiements de détail et de l’innovation numérique dans le domaine de la finance. Elle a ensuite intégré une initiative sur les PI dans son programme de travail pour 2022 (9).

2.4.

La possibilité d’effectuer des paiements instantanés en euros sera accessible à tous les citoyens et entreprises titulaires d’un compte bancaire dans l’Union européenne et dans les pays de l’Espace économique européen (EEE), que le compte soit libellé en euros ou dans une autre monnaie de l’Union. La proposition à l’examen vise à faire en sorte que les paiements instantanés en euros soient abordables, sûrs et traités sans aucun obstacle dans l’ensemble de l’Union. Cette proposition favorisera l’innovation et la concurrence sur le marché des paiements de l’Union européenne, en totale conformité avec les règles existantes en matière de sanctions et de lutte contre la criminalité financière. Elle contribuera également à réaliser les objectifs plus larges de la Commission en matière de numérisation et d’autonomie stratégique ouverte. Cette initiative est conforme à la priorité de la Commission, consistant à mettre en place une économie au service des personnes et à créer un environnement d’investissement plus attrayant.

3. Observations générales

3.1.

Au cours des dernières années, le CESE a élaboré un avis sur les paiements de détail (10) et un avis sur le système économique et financier européen (11) afin de contribuer au marché financier unique, de simplifier les opérations transfrontières et de sécuriser les opérations financières entre les consommateurs, les entreprises et les PME.

3.2.

Fin 2022, un peu plus de 13 % (12) de l’ensemble des virements en euros étaient des virements instantanés. En outre:

—

dans l’Union européenne, un prestataire de services de paiement sur trois ne propose pas de paiements instantanés en euros,

—

dans la zone euro, les titulaires de comptes de paiement sont 70 millions à ne pouvoir ni envoyer ni recevoir de paiements instantanés en euros,

—

on compte jusqu’à 9,4 % des paiements instantanés transfrontières en euros qui sont refusés par les prestataires de services de paiement, en raison de l’inefficacité des contrôles relatifs aux sanctions.

3.3.

Une analyse réalisée par la Commission européenne montre qu’un montant pouvant aller jusqu’à 200 milliards d’euros, actuellement bloqué dans le système financier, est libéré chaque jour à des fins productives, ce qui se traduit par des avantages économiques de l’ordre de 1,34 à 1,84 milliard d’euros par année. Cette évaluation ne tient pas compte de l’inflation croissante en Europe, qui se situe dans une fourchette de 10 à 30 % dans certains pays en raison de la guerre russe en Ukraine et de la pandémie de COVID-19.

3.4.

Pour les consommateurs, les entreprises, les PME et les détaillants, le paiement instantané se traduit par une opération plus sûre, étant donné que l’argent est reçu immédiatement. Pour une autre modalité possible de paiement, c’est-à-dire dans le cas de paiements européens transfrontière, les économies faites sur les garanties de paiement devenues superflues ont amélioré la gestion des flux de trésorerie.

3.5.

Le système des PI élargira également le choix des moyens de paiement dans les magasins physiques, que l’on appelle points de vente. À l’heure actuelle, les magasins physiques proposent uniquement le paiement par carte ou en espèces. Pour les opérations transfrontières, seuls les systèmes de cartes internationaux sont utilisés dans la pratique. Cette législation rendra possible l’utilisation des PI pour les paiements transfrontières.

3.6.

Le CESE salue:

—

l’obligation pour les prestataires de services de paiement fournissant des services ordinaires de virements en euros (assorti d’exclusions ciblées) de proposer l’envoi et la réception de PI en euros,

—

l’obligation de réaliser un contrôle relatif aux sanctions consistant à vérifier très fréquemment si les clients figurent sur les listes de sanctions de l’Union européenne (comme c’est déjà le cas dans certains États membres pour les paiements nationaux), plutôt que lors de chaque opération individuelle,

—

l’obligation pour les prestataires de services de paiement de proposer un service permettant à leurs clients d’être avertis lorsqu’une divergence est constatée entre le nom du bénéficiaire et l’identifiant de compte de paiement, à savoir généralement le numéro de compte bancaire international (IBAN) du bénéficiaire, tels que fournis par le payeur.

3.7.

Le Comité recommande que les prestataires de services de paiement ne facturent pas de frais supplémentaires pour les paiements instantanés en euros par rapport aux virements ordinaires en euros, surtout si le régime de contrôle IBAN est étendu à tous les paiements de l’espace unique de paiements en euros (SEPA).

4. Observations particulières

4.1.

Dans la mesure où le règlement à l’examen modifie le règlement (UE) no 260/2012, il présente le même champ d’application. Toutefois, il reste à préciser si ces nouvelles règles s’appliquent également aux services d’investissement, lesquels sont exclus de la directive (UE) 2015/2366 [deuxième directive sur les services de paiement, article 3, point i)]. Il serait utile de clarifier cette exclusion. Il incombe à la banque du bénéficiaire de vérifier la correspondance entre l’IBAN et le nom du bénéficiaire. Pour pouvoir assurer cette vérification, la banque a besoin d’investir. Cependant, elle ne connaît pas le donneur d’ordre et n’a aucune relation avec lui. Elle ne peut donc pas lui réclamer des frais. La banque du donneur d’ordre pourrait réclamer des frais à ce dernier, mais une telle mesure serait illogique, étant donné que le travail est principalement effectué par la banque du bénéficiaire. Le CESE est d’avis que la banque du donneur d’ordre ne devrait pas réclamer de frais pour ce service, mais si elle le fait, ces frais devraient être inclus dans le prix du paiement instantané en lui-même et non facturés séparément comme frais par opération, car dans un tel cas, les frais décourageraient les donneurs d’ordre d’utiliser le service et nuiraient ainsi à la sécurité de leurs opérations.

—

Le CESE émet également des doutes quant au caractère purement facultatif du contrôle IBAN en tant que service auquel le consommateur doit décider de faire appel pour chaque opération ou pour l’ensemble de ses opérations. Dans certains cas, par exemple lors d’un paiement mobile, ce paramètre peut être très compliqué à gérer et peut également nuire à la convivialité du service pour le donneur d’ordre, dans la mesure où ce dernier serait contraint de prendre une décision à chaque fois qu’un virement est initié, ce qui lui demanderait des manipulations superflues.

—

Le CESE souhaite que le contrôle IBAN ne se limite pas aux virements instantanés, mais soit étendu aux virements classiques jusqu’à ce que les paiements instantanés soient proposés par les prestataires de services de paiement.

—

À l’heure actuelle, le champ d’application du présent règlement n’inclut pas les établissements de monnaie électronique ni les établissements de paiement. Cette exemption devrait être levée dès lors que ces institutions se voient octroyer l’accès aux systèmes de paiement, une fois que la directive concernant le caractère définitif du règlement aura été modifiée. Les prestataires non bancaires de services de paiement devraient être couverts par le règlement à la condition que leur offre de services de paiement inclue la gestion d’un compte de paiement et l’exécution de virements. En attendant cette échéance, il convient de clarifier les modalités d’application du contrôle IBAN et des règles en matière de responsabilité lorsqu’il est fait appel à ces tiers pour initier un paiement instantané.

4.2.

Le CESE est d’avis que l’accessibilité des services pour les consommateurs et entreprises européens est cruciale pour le succès des paiements instantanés dans l’Union. Par conséquent, plus les prestataires de services de paiement seront nombreux à proposer les paiements instantanés, plus grand sera le succès de ces derniers dans l’Union. Le CESE est donc favorable à l’idée de permettre aux établissements de monnaie électronique et aux établissements de paiement de prendre part aux systèmes de paiement en tant que participants directs; il estime par ailleurs qu’il est possible d’étendre la proposition de la Commission sur les paiements instantanés aux sept États membres de l’Union n’appartenant pas à la zone euro, mais qui font partie du marché unique européen.

4.3.

Le CESE estime que la Commission européenne doit, outre la proposition de règlement à l’examen:

—

veiller à ce que le service permette aux clients d’être avertis lorsqu’une divergence est constatée entre le nom et le numéro de compte bancaire international (IBAN) du bénéficiaire ou entre tout autre identifiant utilisé, tel que fourni par le donneur d’ordre, et rendre ce service obligatoire sans qu’il soit assorti de frais spécifiques,

—

faire en sorte que, lorsqu’une anomalie est détectée au cours du contrôle IBAN par la banque du bénéficiaire, celle-ci informe la banque du donneur d’ordre de la situation. De cette manière, la banque du donneur d’ordre peut avertir son client de cette anomalie et suspendre l’opération de paiement,

—

faire en sorte que le consommateur qui a décidé de confirmer le PI alors qu’une telle divergence a été constatée, soit parfaitement informé que, s’il n’a pas indiqué le bon bénéficiaire, la banque du donneur d’ordre n’est plus responsable du fait que le bénéficiaire soit erroné,

—

proposer des mesures ciblées pour renforcer la lutte contre la fraude, étant donné que le contrôle IBAN n’aura d’incidence que sur les paiements par autorisation. Ces mesures peuvent être mises en place de manière coordonnée avec le développement du système «Request to Pay» (requête de paiement, ou RTP) mis au point par le Conseil européen des paiements, qui est également le gestionnaire du dispositif de virement SEPA instantané.

5. Sanctions

5.1.

Un très grand nombre de paiements transfrontières en euros sont rejetés de manière injustifiée par les prestataires de services de paiement en raison de problèmes rencontrés lors de la vérification de l’application des sanctions. Les autorités publiques chargées de l’application des sanctions fournissent aux prestataires de services de paiement des informations sur les sociétés faisant l’objet de sanctions au titre des personnes qui les contrôlent ou en sont propriétaires. Malheureusement, il n’est pas rare que les autorités publiques de différents pays adoptent des interprétations divergentes des critères ou des motifs qui justifient un changement de propriétaire, et qu’elles émettent des avis divergents sur l’application des sanctions à l’égard de telles entreprises. Par conséquent, une société peut se voir appliquer une sanction dans un pays et pas dans l’autre. Il serait dès lors important:

a)

d’inclure et d’expliquer dans le règlement des dispositions visant à garantir l’application uniforme du droit européen:

—

la manière dont les prestataires de services de paiement opérant dans plusieurs pays devraient évaluer ces situations et les mesures qu’ils devraient prendre,

—

la manière dont ces informations seront partagées au sein de l’Union,

—

le traitement qui sera réservé à la question de l’indemnisation des dommages dans de tels cas;

b)

d’étoffer et de détailler la partie explicative du règlement afin qu’elle décrive la position générale de l’Union et fournisse une interprétation des sanctions applicables aux biens et services en ce qui concerne notamment l’importation, l’exportation, le transport et l’interdiction de certains biens et autres.

5.2.

Les prestataires de services de paiement pourraient assurer un suivi plus efficace des sanctions s’ils disposent de listes de contrôle internes et ont le droit de se référer aux listes d’autres pays, notamment les États-Unis ou le Royaume-Uni, ce qui permettrait de réduire les risques concernant la réputation des banques ainsi que ceux qui en découlent (pratique actuelle du marché). Les mesures spécifiques à prendre à cet égard incluent notamment:

—

l’établissement de listes de contrôle internes, lesquelles devraient en principe inclure les entités concernées par les violations de sanctions ou les risques de sanctions, les biens à double usage et autres,

—

l’utilisation de la liste fournie par l’autorité nationale compétente, conformément à la législation de l’Union en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

5.3.

L’interprétation de l’Union européenne en ce qui concerne les sanctions pourrait être différente de celle des pays tiers. Afin d’assurer la conformité avec sa politique intérieure et sa politique extérieure, le CESE recommande que les États membres soient tenus de veiller à ce que les autorités de contrôle mettent immédiatement à la disposition des prestataires de services de paiement placés sous leur surveillance des informations sur les personnes ou les entités concernées par des mesures restrictives de l’Union européenne adoptées au moyen de règlements du Conseil au titre de l’article 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ces informations devraient constituer la liste officielle des personnes ou entités faisant l’objet de sanctions de l’Union dans le cadre de mesures restrictives. Cette liste devrait être fournie par l’autorité nationale compétente, conformément à la législation de l’Union en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

Bruxelles, le 22 février 2023.

La présidente du Comité économique et social européen

Christa SCHWENG


(1) JO C 220 du 9.6.2021, p. 72.

(2) JO C 341 du 24.8.2021, p. 41.

(3) Il s’agit d’un prestataire de services de paiement tel que défini par l’annexe I de la directive (UE) 2015/2366, tel qu’un établissement de crédit, un établissement de paiement ou un établissement de monnaie électronique.

(4) JO L 166 du 11.6.1998, p. 45.

(5) Règlement (UE) no 260/2012 du Parlement européen et du Conseil du 14 mars 2012 établissant des exigences techniques et commerciales pour les virements et les prélèvements en euros et modifiant le règlement (CE) no 924/2009 (JO L 94 du 30.3.2012, p. 22).

(6) Directive (UE) 2015/2366 du Parlement européen et du Conseil du 25 novembre 2015 concernant les services de paiement dans le marché intérieur, modifiant les directives 2002/65/CE, 2009/110/CE et 2013/36/UE et le règlement (UE) no 1093/2010, et abrogeant la directive 2007/64/CE (JO L 337 du 23.12.2015, p. 35).

(7) COM(2020) 592 final du 24 septembre 2020.

(8) COM(2021) 32 final du 19 janvier 2021.

(9) COM(2021) 645 final du 19 octobre 2021.

(10) JO C 220 du 9.6.2021, p. 72.

(11) JO C 341 du 24.8.2021, p. 41.

(12) Virements instantanés SEPA, site du Conseil européen des paiements (en anglais).


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