| CELEX | 52022AE5487 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mardi 24 janvier 2023 |
| 21.4.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 140/58 |
Avis du Comité économique et social européen sur la recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro
[COM(2022) 782 final]
(2023/C 140/10)
| Rapporteur: | Petru Sorin DANDEA |
| Consultation | Commission européenne, 19.12.2022 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Union économique et monétaire et cohésion économique et sociale» |
| Adoption en section | 21.12.2022 |
| Adoption en session plénière | 24.1.2023 |
| Session plénière no | 575 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 169/0/3 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) approuve les recommandations proposées par la Commission et formule un certain nombre de propositions supplémentaires. |
| 1.2. | Le CESE rappelle les conclusions de son avis précédent (1), adopté à une large majorité lors de la session plénière d’octobre 2022. |
| 1.3. | Le CESE recommande que les deux fourchettes de consommation soient définies de manière à protéger tous les ménages confrontés à des problèmes majeurs pour payer leurs factures énergétiques. Il estime que cette politique des deux niveaux de tarification devrait couvrir à la fois les personnes se trouvant au-dessous du seuil de pauvreté et celles de la classe moyenne inférieure qui, en raison de leurs faibles revenus, ne seront pas en mesure de payer leurs factures d’énergie aux prix du marché. |
| 1.4. | Le CESE soutient la proposition de la Commission visant à ce que les États membres utilisent l’encadrement temporaire de crise en matière d’aides d’État et leur recommande de recourir à tous les moyens possibles pour aider les entreprises en général, et plus particulièrement les petites et moyennes entreprises. |
| 1.5. | Le CESE préconise une utilisation prudente de la politique monétaire, étant donné que, dès lors que l’inflation est causée par des facteurs exogènes, la politique monétaire peut dans ce contexte complexe avoir un effet cyclique. |
| 1.6. | Le CESE soutient la proposition de la Commission visant à ce que les pays de la zone euro coordonnent leur politique budgétaire avec la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Cela est important pour que la politique monétaire parvienne à faire baisser l’inflation. |
| 1.7. | Le CESE estime que l’achèvement de l’union des marchés des capitaux et de l’union bancaire constituera une étape importante dans l’approfondissement de l’Union économique et monétaire et il recommande aux États membres de déployer des efforts pour accélérer le processus. |
| 1.8. | Le CESE recommande aux États membres de mettre rapidement en œuvre au niveau national la directive relative aux salaires minimaux. Cette démarche serait à même d’améliorer le niveau du salaire minimum et de créer un filet de sécurité pour les bas salaires, en préservant leur pouvoir d’achat au cours de cette période d’inflation élevée. |
| 1.9. | La Commission recommande aux États membres de saisir l’occasion offerte par le dialogue social pour associer les partenaires sociaux à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques nécessaires pour atténuer les effets de la crise. Le CESE soutient fermement la proposition de la Commission. |
2. Contexte général
| 2.1. | La reprise de la croissance économique amorcée au niveau de la zone euro et dans toute l’Union européenne en 2021 a été soudainement interrompue par la guerre déclenchée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine. La forte dépendance de la zone euro à l’égard des importations de combustibles fossiles en provenance de la Fédération de Russie, dans le contexte des sanctions imposées par l’Union européenne, a créé de l’incertitude, ce qui a eu des effets majeurs sur les chaînes d’approvisionnement. Ces facteurs ont été à l’origine de la crise énergétique et, par la suite, de l’inflation élevée à laquelle sont confrontées la zone euro et l’Union européenne. |
| 2.2. | Bien que l’inflation ait légèrement fléchi, passant de 10,6 % en octobre à 10,0 % en novembre, il est possible qu’avec l’arrivée de la saison froide, elle accélère de nouveau à cause des problèmes d’approvisionnement en combustibles et de la crise énergétique qui en résultera. |
| 2.3. | La Banque centrale européenne a eu recours à la politique monétaire pour ramener l’inflation à des paramètres viables (retour à son niveau-cible de 2 % à moyen terme), mais ses efforts pourraient s’avérer insuffisants compte tenu des facteurs exogènes qui ont conduit à la crise, mais aussi de la difficulté d’articuler la politique monétaire avec les politiques budgétaires, fragmentées, des États membres. |
| 2.4. | Cette crise multiple s’est superposée à la crise climatique à laquelle l’Union européenne est confrontée. On observe également une baisse significative de la vitesse de convergence, voire une fragmentation et une divergence non seulement au niveau de certains secteurs, mais aussi entre les économies des États membres de la zone euro. |
| 2.5. | La crise énergétique a entraîné une perte de compétitivité pour de nombreux secteurs et entreprises qui opèrent sur le marché unique. |
| 2.6. | La facilité pour la reprise et la résilience, ainsi que la politique de cohésion, ont contribué de manière significative à aider les États membres de la zone euro à maintenir le niveau d’investissement nécessaire pour atteindre les objectifs du pacte vert, mais des efforts supplémentaires sont indispensables pour garantir une transition plus rapide vers la neutralité carbone et réduire considérablement la dépendance énergétique. |
| 2.7. | C’est dans ce contexte particulièrement difficile et complexe que la Commission européenne a présenté, le 22 novembre dernier, sa proposition de «Recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro» (2) pour 2023. |
3. Observations générales et particulières
| 3.1. | Le CESE approuve les recommandations proposées par la Commission, mais estime nécessaire d’ajouter les propositions suivantes: |
| 3.2. | Le CESE rappelle les conclusions de l’avis ECO/590 (3), adopté à une large majorité lors de la session plénière d’octobre 2022. |
| 3.3. | Dans le contexte de la crise énergétique, l’hiver 2022-2023 est appelé à poser des problèmes majeurs aux ménages et aux entreprises de l’Union européenne. La Commission européenne propose une politique de protection pour les plus vulnérables, consistant en une tarification à deux niveaux. Cela signifie que jusqu’à un certain niveau de consommation d’énergie, le consommateur vulnérable paiera un prix inférieur au prix du marché. Cette politique à deux niveaux proposée par la Commission pour protéger les ménages vulnérables dans le contexte de la crise énergétique devrait être utilisée par les États membres de manière inclusive. Le CESE recommande que les deux fourchettes de consommation soient définies de manière à protéger tous les ménages confrontés à des problèmes majeurs pour payer leurs factures énergétiques. Il estime que cette politique des deux niveaux de tarification devrait couvrir à la fois les personnes se trouvant au-dessous du seuil de pauvreté et celles de la classe moyenne inférieure qui, en raison de leurs faibles revenus, ne seront pas en mesure de payer leurs factures d’énergie aux prix du marché. |
| 3.4. | Pour ce qui est des entreprises, la Commission estime que les États membres devraient leur apporter un soutien afin d’éviter la paralysie de leur activité, y compris en recourant à l’encadrement temporaire de crise en matière d’aides d’État. Le CESE soutient la proposition de la Commission et recommande aux États membres d’utiliser tous les moyens possibles pour aider les entreprises en général, et plus particulièrement les petites et moyennes entreprises. |
| 3.5. | L’inflation causée par les prix du gaz naturel et la crise de l’énergie a atteint en octobre 2022 son niveau le plus élevé depuis l’introduction de l’euro, à savoir 10,6 %. La Banque centrale européenne a agi en temps utile, en ayant recours à la politique monétaire pour contenir la croissance de l’inflation et permettre son retour à un niveau inférieur à 2 % (niveau-cible à moyen terme). Le CESE recommande une utilisation prudente de la politique monétaire, étant donné que, dès lors que l’inflation est causée par des facteurs exogènes, la politique monétaire peut dans ce contexte complexe avoir un effet cyclique. |
| 3.6. | Si les salaires ont légèrement augmenté dans la zone euro en 2022, cette augmentation est nettement inférieure à l’inflation. Le CESE partage l’avis de la Commission européenne quand elle recommande aux États membres d’agir — dans le respect de leurs pratiques nationales et de leur modèle de négociation collective — en faveur de la préservation du pouvoir d’achat des salaires, en particulier celui des salariés vulnérables faiblement rémunérés. Le CESE recommande aux États membres de mettre rapidement en œuvre au niveau national la directive relative aux salaires minimaux. Cette démarche serait à même d’améliorer le niveau du salaire minimum et de créer un filet de sécurité pour les bas salaires, en préservant leur pouvoir d’achat. |
| 3.7. | Le CESE soutient la proposition de la Commission visant à ce que les pays de la zone euro coordonnent leur politique budgétaire avec la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Cela est important pour que la politique monétaire parvienne à faire baisser l’inflation. Le Comité estime que les États membres et la Commission devraient intensifier leurs efforts pour mettre en œuvre le «pilier 1» proposé par le cadre inclusif de l’OCDE. Cela permettrait de dégager d’importantes recettes pour les États membres qui, après les efforts déployés pendant la pandémie de COVID-19, sont confrontés à une dette publique élevée et, partant, disposent de moins de marge de manœuvre pour mener leurs politiques budgétaires en temps de crise. |
| 3.8. | Le CESE soutient la proposition de la Commission de poursuivre les efforts visant à achever l’union des marchés des capitaux et l’union bancaire. Il estime que l’achèvement de ces deux chantiers politiques constituera une étape importante dans l’approfondissement de l’Union économique et monétaire. |
| 3.9. | Dans le contexte de cette crise multiple, les États membres doivent agir pour en réduire les effets négatifs sur les ménages et les entreprises. La Commission recommande aux États membres de saisir l’occasion offerte par le dialogue social pour associer les partenaires sociaux à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques nécessaires pour atténuer les effets de la crise. Le CESE soutient fermement la proposition de la Commission. |
Bruxelles, le 24 janvier 2023.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Considérations supplémentaires sur une recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro» [COM(2021) 742 final] (avis d’initiative) (JO C 75 du 28.2.2023, p. 43).
(2) Recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro [COM(2022) 782 final].
(3) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Considérations supplémentaires sur une recommandation de recommandation du Conseil concernant la politique économique de la zone euro» [COM(2021) 742 final] (avis d’initiative) (JO C 75 du 28.2.2023, p. 43).
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