| CELEX | 52022AE5648 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 27 avril 2023 |
| 29.6.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 228/43 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «La démocratie sur le lieu de travail»
(avis exploratoire à la demande de la présidence espagnole)
(2023/C 228/06)
| Rapporteur: | Reiner HOFFMANN |
| Corapporteur: | Krzysztof BALON |
| Saisine de la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne: | Lettre du 27.7.2022 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne Avis exploratoire |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 3.4.2023 |
| Date de l’adoption en session plénière | 27.4.2023 |
| Session plénière no | 578 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 175/69/13 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Au fil des décennies, les textes législatifs européens ont donné naissance à un solide système de participation des travailleurs sur le lieu de travail, enraciné dans le droit et les pratiques qui ont cours dans les États membres, ainsi que dans les libertés fondamentales de l’Union européenne. Un monde du travail démocratique constitue une condition sine qua non pour que le modèle social européen puisse poursuivre son développement dans un environnement durable et compétitif. |
| 1.2. | Les crises que nous avons traversées ont précisément montré que s’ils font l’objet d’une prise de conscience active, les droits du citoyen et ceux du travailleur se renforcent mutuellement. La cohésion sociale se trouve renforcée, le tissu démocratique de nos sociétés gagne en stabilité et la société devient moins vulnérable aux positions populistes et autoritaires. |
| 1.3. | Les mécanismes et instruments juridiques qui servent la cause de la démocratie sur le lieu de travail ont pour effet que les entreprises sont gagnantes du point de vue de la résilience et de la prospérité économique tout en étant, dans le même temps, mieux à même d’obtenir des résultats en ce qui concerne l’emploi et le travail décent. En tant que concept directeur, la démocratie sur le lieu de travail doit couvrir l’ensemble des travailleurs ainsi que tout type ou site d’activité, de nature tant privée que publique ou sociale, indépendamment de la taille de l’entreprise concernée, du secteur où elle évolue ou de ses autres aspects organisationnels. Il y a lieu de tenir compte de la situation des petites et moyennes entreprises. Des données de terrain montrent que la prise en compte de la voix des travailleurs ménage la souplesse et les marges de manœuvre qui sont nécessaires au niveau du lieu de travail pour une adaptation aux changements structurels. |
| 1.4. | L’évolution rapide du monde du travail représente aussi une chance pour renforcer la démocratie. Pour que cette possibilité se concrétise, la participation des travailleurs et le dialogue social doivent occuper une place plus importante dans la conscience publique et être renforcés également par-delà de nos frontières. À cette fin, il est crucial de disposer d’un cadre juridique européen fiable, qui oriente et rende plus efficaces les système nationaux d’information, de consultation et de participation au niveau national et qui soit soutenu au niveau national par des programmes d’action dont les répercussions soient prévisibles. |
| 1.5. | Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de la récente communication de la Commission qui entend renforcer le dialogue social en tant que base d’une démocratisation accrue au travail, ainsi que de la déclaration affirmant que le dialogue social repose sur une culture dynamique de la confiance, fondée sur le rôle spécifique des partenaires sociaux, tout en reconnaissant le dialogue civil comme un processus distinct, associant les organisations de la société civile organisée à un éventail plus vaste de thématiques, traçant les contours de processus de transformation. Toutefois, il convient de reconnaître que le marché du travail a changé, de nombreux travailleurs étant, par exemple, employés dans de petites entreprises et des microentreprises et, que dans le même temps, au sein de l’Union européenne, on estime à quelque 13,6 millions (1) l’effectif de ceux qui travaillent dans des entités de l’économie sociale. La totalité de ces travailleurs et leurs employeurs devraient être pleinement couverts par le dialogue social institutionnel. |
| 1.6. | Depuis des décennies, les comités d’entreprise européens contribuent de manière positive aux objectifs économiques, sociaux et écologiques que les entreprises poursuivent sur le long terme. Pour accroître leur potentiel et leur efficacité, il convient d’améliorer considérablement leurs droits de participation et leurs ressources. Il y a lieu, par exemple, d’imposer des sanctions effectives lorsque ces droits de participation qui leur sont reconnus sont contournés ou bafoués, et ils doivent obtenir un accès plus aisé à la justice. Dans ce contexte, le CESE salue la résolution que le Parlement européen a récemment adoptée concernant la révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, et il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions juridiques en la matière. |
| 1.7. | En complément de la démocratie au travail fondée sur le droit ou le dialogue social, il existe d’autres formes fructueuses de participation démocratique des travailleurs, qui sont très vivantes au sein de l’économie sociale, principalement dans les coopératives. |
| 1.8. | Les innovations technologiques ont fait apparaître, dans l’économie des plateformes, de nouveaux modèles entrepreneuriaux qui supposent souvent des emplois précaires, en particulier pour les personnes qui occupent des postes de travail au bas de l’échelle et pour les travailleurs migrants. L’accès à la représentation collective y est bien souvent inexistante, ou elle n’est que trop rarement exercée. Le CESE juge pertinent l’objectif de prévenir les situations d’emploi sous un faux statut indépendant que poursuit le projet de directive relative au travail via une plateforme, en particulier lorsqu’il définit les notions d’employeur et de salarié et inverse la charge de la preuve en la matière. Cette démarche jette ainsi les bases nécessaires pour que la voix des travailleurs soit davantage prise en compte dans l’économie des plateformes lorsqu’ils remplissent les critères adéquats pour obtenir un statut d’employés. Le Comité prend note des lignes directrices de la Commission relatives à l’application du droit de la concurrence de l’Union aux conventions collectives concernant les conditions de travail des travailleurs indépendants sans salariés. Il encourage la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne à accorder la priorité à cet aspect, en particulier lors de l’adoption de la directive, ainsi qu’à examiner l’accès potentiel de ces travailleurs à une couverture collective, conformément à la directive sur le salaire minimum. |
| 1.9. | Du fait du développement fulgurant de l’intelligence artificielle (IA), les normes démocratiques se trouvent confrontées, dans le monde du travail, à des défis d’une ampleur inégalée jusqu’à présent. La gestion des données par des algorithmes produit des répercussions énormes pour ce qui est de l’organisation du travail et des conditions dans lesquelles il s’exerce, tout comme de la sécurité des données. Pour renforcer la confiance dans ce processus, les partenaires sociaux européens conviennent qu’il devient crucial que la technologie numérique soit introduite dans le cadre d’une consultation menée en temps utile avec la force de travail et ses représentants, au titre des systèmes de relations professionnelles, notamment le dialogue social et la négociation collective. Le CESE est favorable à un renforcement des droits des salariés en matière de protection des données qui garantisse les droits collectifs des travailleurs, et il souhaite pouvoir constater que les syndicats bénéficient d’un accès numérique adéquat aux entreprises et à leurs personnels pour nouer et stimuler un dialogue social efficace dans le domaine de l’application de l’intelligence artificielle sur les lieux de travail. |
| 1.10. | Un exercice responsable de la gouvernance d’entreprise implique de respecter, d’un bout à l’autre de la chaîne d’approvisionnement, les droits de l’homme et le droit du travail, tout comme les objectifs environnementaux. Il appartient aux employeurs de démontrer qu’ils considèrent le devoir de diligence comme une composante obligatoire de la gestion des risques par le conseil d’administration. Procurer du travail de bonne qualité devrait être l’objectif de toute gestion d’entreprise à caractère durable. Le CESE milite donc pour que soit défini, dans le cadre du droit européen, un impératif de gouvernance durable des entreprises. Les travailleurs et leurs représentants, ainsi que les acteurs de la société civile, comme les associations environnementales ou les organisations de défense des droits de l’homme ou les unions de protection des consommateurs, se devraient de s’engager systématiquement dans cette démarche. |
| 1.11. | Le CESE regrette toutefois que la participation des travailleurs au conseil d’administration de leur entreprise ne soit pas également vue comme l’une des pièces maîtresses de sa gestion durable. Par conséquent, il soutient les efforts appropriés qui sont déployés afin d’établir un cadre harmonisé pour la participation des travailleurs au sein des conseils d’administration, qui tienne compte des différences entre États membres, et de s’assurer que le droit européen des sociétés n’aboutisse pas à y éluder ou y fragiliser la participation des travailleurs. |
| 1.12. | Pour pouvoir s’étendre, la démocratie sur le lieu de travail doit non seulement disposer des bases juridiques nécessaires et appropriées, mais aussi pouvoir compter sur une coopération, assise sur des fondements scientifiques, entre toutes les parties prenantes, en particulier dans le contexte des défis posés par la transition écologique et numérique. Les organisations non gouvernementales qui déploient, sur le plan régional et local, une activité dans le domaine de l’information, de la formation ou du développement des capacités, tout comme les institutions scientifiques et les experts issus des professions libérales, peuvent aussi encourager une telle collaboration, en adoptant, en accord avec les partenaires sociaux, des mesures ciblées, adaptées aux spécificités du terrain. De telles activités de soutien devraient également recueillir l’appui des Fonds structurels européens. |
| 1.13. | Le rôle éducatif de la participation sur le lieu de travail pourrait soutenir la pratique démocratique dans un sens politique et sociétal plus large. À cet égard, il est essentiel de sensibiliser et d’éduquer les jeunes à la démocratie au travail avant même qu’ils accèdent à l’emploi. Avec les partenaires sociaux, les organisations de la société civile actives dans le domaine de l’éducation peuvent jouer un rôle complémentaire et il conviendrait de les soutenir. |
2. La démocratie sur le lieu de travail et sa pertinence du point de vue sociopolitique
| 2.1. | Les crises exogènes et les enjeux de transformation sont appelés à faire durablement partie de notre quotidien. Pour y faire face, les institutions de l’Union européenne et ses États membres doivent continuellement concevoir des mécanismes qui articulent les impératifs de l’efficacité économique avec des objectifs de nature sociale, environnementale et politique. |
| 2.2. | De nombreux arguments, d’ordre théorique ou empirique, plaident en faveur d’une plus grande démocratie dans le monde du travail (2). En conséquence, le CESE s’est fait de longue date l’avocat d’une mise en œuvre équilibrée du concept de démocratie sur le lieu de travail et de ses composantes essentielles, telles qu’un dialogue social dynamique ou le juste équilibre entre droits et devoirs au travail, cette approche impliquant aussi de favoriser une culture de la confiance et de la coopération entre employeurs et employés, y compris sous la forme de la participation des travailleurs. Ces éléments devraient être soutenus par un cadre juridique et un dialogue social à tous les niveaux, ainsi que par de bonnes pratiques des entreprises. |
| 2.3. | La démocratie au travail favorise non seulement la résilience démocratique, mais constitue aussi une composante essentielle d’une compétitivité et d’une prospérité durables de l’économie. La participation des travailleurs contribue à éduquer et à former les citoyens aux pratiques démocratiques, aux valeurs et à la culture politique. Quiconque a le sentiment d’être pris en considération sur son lieu de travail et de pouvoir avoir voix au chapitre dans les décisions qui s’y prennent adoptera une ligne de conduite analogue au sein de la société et affichera aussi une attitude plus positive à l’endroit de la démocratie. |
| 2.4. | Le CESE n’a cessé de souligner qu’un cadre européen solide et des pratiques appropriées en matière de participation des travailleurs (la voix des travailleurs) (3), jetant les bases d’un dialogue confiant entre dirigeants et travailleurs à tous les niveaux, international, national et local, font partie intégrante d’une architecture juridique de la démocratie européenne et posent un important jalon sur la voie d’une économie de marché sociale et compétitive. Cet impératif devrait s’appliquer à tous les travailleurs et à toutes les formes d’activité sur tous les lieux de travail, qu’elles soient de nature privée, publique ou sociale, indépendamment de la taille, du secteur ou d’autres aspects organisationnels. |
| 2.5. | Au cours des dernières décennies, un large consensus politique s’est dégagé entre les gouvernements, les partenaires sociaux et la société civile pour inscrire cette notion de voix des travailleurs dans toute une série d’actes législatifs européens (4). Pour favoriser la prospérité économique et la cohésion sociale en Europe, il y a lieu de pleinement appliquer, dans chaque pays et dans chaque entreprise, et de perfectionner le précieux élément que représente cet outil, et ce, tout particulièrement chaque fois qu’apparaissent des lacunes au niveau de la législation ou de la mise en œuvre, tout comme de poursuivre son développement en fonction des mutations qui interviennent dans le monde du travail. Dans ce contexte, le CESE encourage les États membres à évaluer à l’échelon national l’état d’avancement des travaux concernant des cadres d’information et de consultation solides et à élaborer des initiatives en leur faveur. |
| 2.6. | D’un État membre de l’Union européenne à l’autre, la notion de voix des travailleurs se décline en un large éventail d’équivalents fonctionnels, en fonction des divers systèmes de relations sociales, comme les droits renforcés d’information, de consultation et de négociation en rapport avec l’emploi et l’entreprise, la participation des travailleurs dans les organes de direction, les conventions collectives qu’elles soient conclues au niveau d’une entreprise, couvrent une branche d’activité ou soient de type intersectoriel, ou encore les cultures et capacités des entités économiques concernant la gestion du changement. |
| 2.7. | En demandant au CESE d’élaborer un avis exploratoire relatif à la démocratie sur le lieu de travail, la future présidence espagnole du Conseil se situe dans la tendance bien marquée par laquelle ces derniers temps, les institutions de l’Union et les gouvernements de ses États membres ont de plus en plus nettement rangé le déploiement démocratique sur les lieux d’activité parmi les objectifs politiques présidant à l’«Europe de demain»: Cette orientation se manifeste sous différentes formes:
|
| 2.8. | Dans le même ordre d’idées, le CESE estime que la voix des travailleurs, exprimée de manière fiable et efficace, peut devenir un préalable obligé qui jouera un rôle essentiel pour assurer une gouvernance d’entreprise qui soit durable et économiquement opérante au sein de l’Union. |
| 2.9. | Le CESE répond avec empressement aux questions posées par la présidence espagnole, à savoir:
|
| 2.10. | Par ailleurs, le CESE expose dans le cadre du présent avis des réflexions concernant d’autres formes que prend la démocratie dans le monde du travail. |
| 2.11. | Le CESE se félicite de la «Résolution concernant le travail décent et l’économie sociale et solidaire» adoptée par l’Organisation internationale du Travail (OIT) lors de sa Conférence internationale du travail de juin 2022, qui souligne le rôle fondamental des organisations de l’économie sociale et demande de «tenir compte de la contribution de l’économie sociale et solidaire au travail décent, à des économies inclusives et durables, à la justice sociale, au développement durable et à l’amélioration des niveaux de vie pour tous»; il salue aussi la résolution des Nations unies du 18 avril 2023 (9) sur la promotion de l’économie sociale et solidaire au service du développement durable. Ces résolutions capitales démontrent que les organisations de l’économie sociale jouent un rôle important pour développer la démocratie sur le lieu de travail par une contribution importante qui va dans le sens de davantage de démocratie et de participation à l’économie et au marché du travail; cette ambition devrait se traduire par la prise en compte des organisations de l’économie sociale dans le dialogue social institutionnel, y compris au niveau européen. |
3. Position du CESE concernant la démocratie sur le lieu de travail
| 3.1. | Le CESE estime que l’un des préalables obligés pour rendre les entreprises plus sociales, durables à l’égard de l’environnement et compétitives consiste à y reconnaître et favoriser l’inclusion sociale de toutes les parties prenantes, en particulier, sous la forme de la voix des travailleurs, en tant qu’elle constitue l’un de leurs fondements et de l’économie tout entière. |
| 3.2. | Dans toute une série d’avis antérieurs, adoptés à une large majorité, le CESE a déjà mis l’accent sur les avantages produits par les dispositifs à caractère contraignant qui prévoient une telle participation des travailleurs, à l’échelle nationale et européenne, et il a insisté en la matière sur les points suivants:
|
| 3.3. | Le CESE souligne qu’associer les travailleurs à l’innovation sur le lieu de travail constitue une démarche d’une haute valeur. Les actions que les partenaires sociaux mènent pour accroître la productivité et le bien-être des travailleurs au sein des entreprises devraient être encouragées dans un contexte européen plus large. Le Comité se félicite des initiatives et des travaux menés par la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound) (17) et par le Réseau européen de l’innovation au travail, et il propose que l’Union européenne prenne des mesures pour développer à tous les niveaux le dialogue entre les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes, dans le cadre d’approches participatives. |
| 3.4. | Le CESE a également fait part de sa conviction que la durabilité de l’économie suppose qu’au sein des entreprises, les différents acteurs intéressés coopèrent et s’appliquent de concert à tracer à leur intention des pistes d’activité durables pour assurer leur compétitivité économique, leur viabilité environnementale et leur équilibre social. Aussi plaide-t-il en faveur d’un modèle de gouvernance d’entreprise dans lequel les administrateurs exécutifs ont le devoir de créer des valeurs de long terme, en s’attachant aux intérêts pérennes de l’entreprise et de ses parties prenantes (18). |
| 3.5. | Dans le débat sur le développement plus poussé d’un cadre juridique européen pour une gouvernance d’entreprise durable, il s’impose de faire référence aux résolutions, avis et rapports déjà adoptés par le CESE et le Parlement européen, ainsi qu’à d’autres sources pertinentes, telles que les accords conclus entre les partenaires sociaux. Par conséquent, le CESE invite la Commission à envisager, dans ses futurs programmes de travail, un encadrement de la gouvernance d’entreprise qui serve de référence pour la rendre plus durable et plus démocratique et qui donne foncièrement une expression adéquate au point de vue des travailleurs et de leurs représentants en matière de surveillance et d’administration des entreprises à tous niveaux. |
| 3.6. | Dans le débat sur le développement plus poussé d’un cadre juridique européen pour une gouvernance d’entreprise durable, il s’impose de faire référence aux résolutions, avis et rapports déjà adoptés par le CESE et le Parlement européen, ainsi qu’à d’autres sources pertinentes, telles que les accords conclus entre les partenaires sociaux. |
| 3.7. | Les compétences existantes, les infrastructures scientifiques et industrielles, ou encore la mobilisation des cultures socio-économiques doivent servir de point de départ pour soutenir une participation démocratique au processus qui configurera une transition tournée vers l’avenir. C’est ainsi que les économies locales pourront s’insérer avec succès dans les circuits de la compétitivité mondiale des produits et des services. |
4. Observations particulières sur un développement plus poussé de la démocratie sur le lieu de travail
4.1. Garantir et renforcer les normes existantes en matière de participation des travailleurs
| 4.1.1. | La promotion de la démocratie sur le lieu de travail doit, au-delà de la question des droits de participation au niveau de l’entreprise, embrasser aussi les régimes de négociation collective et de représentation à l’échelle sectorielle et intersectorielle, ainsi que le dialogue social à tous les niveaux, tout comme le dialogue avec la société civile. |
| 4.1.2. | Le CESE a examiné la nécessité d’évaluer le cadre juridique actuel de l’Union ainsi que la manière dont il y a lieu de le mettre effectivement en œuvre dans le droit national. Cette démarche couvre aussi l’intention d’améliorer en conséquence les dispositions existantes. |
| 4.1.3. | C’est ainsi qu’en matière de participation des travailleurs aux organes dirigeants des entreprises lorsqu’ils sont amenés à poser des choix stratégiques, le CESE s’est interrogé sur la nécessité d’instaurer un cadre à l’échelle de l’Union qui soit harmonisé tout en tenant compte de la diversité des situations, d’un État membre à l’autre comme au niveau de chaque entreprise (19).
|
| 4.1.4. | Le CESE a aussi débattu de la nécessité de consolider les dispositions du droit européen relatives à la participation obligatoire des travailleurs, sur la base des normes déjà atteintes en la matière, et de faire en sorte que les définitions de l’information, de la consultation et de la participation soient soumises à une harmonisation (21). |
| 4.1.5. | La jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne a récemment confirmé que les éléments existants concernant la participation des travailleurs au niveau de l’entreprise, tels que la composition du conseil d’administration, doivent aussi être pris en compte lorsque des sociétés se transforment en adoptant une forme juridique européenne, telle que la société européenne (SE) (22). Il conviendrait que la législation européenne garantisse que le droit des États membres comporte une telle prescription, suivant des modalités comparables d’un point de vue fonctionnel, car toutes les parties intéressées pourraient ainsi fonder leurs actions sur des bases fiables et solides au regard du droit. |
| 4.1.6. | Pour conférer plus d’efficacité aux travaux des comités d’entreprise européens, le CESE a d’ores et déjà étudié des améliorations, touchant, en particulier, au droit de participation, ainsi que s’agissant de mettre à disposition les ressources voulues, de renforcer les mesures d’application, d’affiner les définitions, pour éviter des manœuvres de contournement, et d’instaurer des sanctions prégnantes contre les entreprises qui violent les dispositions concernées (23). |
| 4.1.7. | Ces demandes se retrouvent également dans la résolution tout récemment adoptée par le Parlement européen sur la directive relative aux comités d’entreprise européens, où il demande à la Commission de présenter une proposition de révision de ladite directive en vue de clarifier ses objectifs, définitions et procédures, tout en renforçant le droit des représentants des travailleurs et des syndicats à l’information et à la consultation, en particulier lors des processus de restructuration (24). Le CESE juge fort utile que le Parlement ait lancé ces appels à améliorer ce texte. Il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions juridiques, et, à cet égard, il considère que les mesures qui revêtent le plus d’importance sont celles qui font progresser l’application effective des droits européens dans la pratique quotidienne des entreprises. |
4.2. Revendications en matière de participation des travailleurs dans l’économie des plateformes
| 4.2.1. | Pour ce qui a trait au travail, l’économie des plateformes ouvre des possibilités, tout en comportant aussi des problèmes et des risques, qui, se combinant à la précarité et aux inégalités (25), posent des défis à la démocratie au travail. Cette observation vaut en particulier pour les possibilités de représentation collective et de protection des droits collectifs (26), lesquels, jusqu’à présent, ont été réservés aux personnes employées directement. La main-d’œuvre de l’économie des plateformes, qui est constituée pour une grande part de nouveaux arrivants sur le marché du travail et de travailleurs migrants, est souvent confrontée à des contraintes plus lourdes en matière de conditions de travail et de rémunérations; il s’impose donc, dès lors que les critères adéquats sont remplis, de leur ménager la possibilité d’exprimer leurs points de vue au titre de la voix des travailleurs. |
| 4.2.2. | Le CESE juge pertinent l’objectif que poursuit l’actuel projet de directive relative au travail via une plateforme qui entend prévenir les situations d’emploi sous un faux statut indépendant. Une telle initiative aurait pour effet que la charge de la preuve incomberait dorénavant aux plateformes, et non plus à leurs travailleurs, lesquels bénéficieraient d’une protection au titre du droit du travail et du droit social, y compris des droits de représentation et un accès plus aisé à la justice. Le Comité prend note des lignes directrices de la Commission relatives à l’application du droit de la concurrence de l’Union aux conventions collectives concernant les conditions de travail des travailleurs indépendants sans salariés. |
| 4.2.3. | Le CESE réitère l’affirmation d’un de ses avis antérieurs posant que les coopératives sont tout particulièrement aptes à garantir la démocratie au travail dans le contexte des plateformes numériques (27). Par ailleurs, il soutient le Parlement européen quand il estime que les coopératives pourraient constituer un instrument important pour l’organisation ascendante du travail via une plateforme (28). |
| 4.2.4. | Sachant que les jeunes issus de milieux vulnérables représentent 55 % des travailleurs sur plateforme, il est capital de les éduquer à la démocratie au travail avant même qu’ils accèdent à l’emploi, de sorte qu’ils puissent exercer leurs droits et lutter contre la discrimination. Avec les partenaires sociaux, les organisations de la société civile actives dans le domaine de l’éducation peuvent jouer un rôle important, et il y a lieu de soutenir les projets afférents. |
| 4.2.5. | Le CESE continuera à suivre certains aspects en rapport avec le thème de la voix des travailleurs dans l’économie des plateformes, et il accordera une attention toute particulière à la situation spécifique des travailleurs indépendants exerçant leur activité via une plateforme et à leur couverture par la négociation collective. |
4.3. La voix des travailleurs dans ses rapports avec le recours à l’intelligence artificielle et la protection des données sur le lieu de travail
| 4.3.1. | Étant donné les effets de grande ampleur qu’elle peut produire sur les droits fondamentaux, la non-discrimination et les conditions de travail, l’intelligence artificielle doit être assise sur un socle solide de prescriptions qui soient opérantes pour assurer la protection des travailleurs. Elle pose également de nouveaux défis en ce qui concerne les normes démocratiques sur le lieu de travail. Une des préoccupations majeures, dans ce domaine, devrait être la protection de la vie privée et l’application de la législation pertinente. Par ailleurs, il s’impose d’assurer une surveillance, un traçage et un contrôle concernant les algorithmes d’intelligence artificielle qui sont utilisés en milieu professionnel. Parmi les questions qui se posent figurent, par exemple, celle de la manière dont il convient de configurer l’accès des intéressés à cette information, s’agissant de comprendre le mode de fonctionnement de l’algorithme concerné, tout comme la manière dont il influe sur l’organisation de l’activité professionnelle et les conditions de son exercice (29). |
| 4.3.2. | Les partenaires sociaux devraient être associés à toutes les étapes du déploiement et de l’utilisation de l’intelligence artificielle. L’accord-cadre des partenaires sociaux européens sur la numérisation, conclu en juin 2020, insiste expressément, entre autres, sur la nécessité de bien anticiper les évolutions en la matière et de garantir que les travailleurs et leurs structures représentatives soient, au niveau stratégique, associés en temps voulu à ce processus (30). |
| 4.3.3. | Les mégadonnées constituant une composante essentielle de l’intelligence artificielle, les systèmes afférents doivent également se conformer aux principes du règlement général de l’Union sur la protection des données (RGPD), dont l’article 88 impose aux employeurs des obligations spécifiques pour assurer la protection des données de leurs employés. Le CESE estime qu’étant donné que le traitement des données évolue à vive allure et devient toujours plus complexe, il conviendrait de vérifier s’il n’est pas nécessaire à présent d’amender les dispositions en vigueur, dans le sens d’un renforcement des protections juridiques requises. |
| 4.3.4. | Le CESE aimerait constater que les syndicats bénéficient d’un accès numérique adéquat aux entreprises et à leurs salariés pour établir et favoriser un dialogue social efficace dans le domaine de l’application de l’intelligence artificielle sur le lieu de travail. Il s’impose de garantir que le règlement général de l’Union européenne sur la protection des données ne puisse en aucun cas servir à entraver l’exercice légitime des droits collectifs des travailleurs, des sanctions appropriées devant décourager toute velléité d’utilisation abusive de cette réglementation (31). |
| 4.3.5. | Outre les avis qu’il a déjà adoptés à ce propos, le CESE étoffera encore ses positions sur l’impact de l’intelligence artificielle dans le monde du travail et, à cette occasion, portera également son attention sur la question de la voix des travailleurs. |
4.4. La participation en rapport avec le devoir de diligence des entreprises tout au long de leur chaîne d’approvisionnement
| 4.4.1. | Conçu pour être la stratégie de croissance durable de l’Union européenne, le pacte vert pour l’Europe signifie que pour les entreprises, il est capital non seulement de réussir économiquement mais également de réaliser des objectifs sociaux et environnementaux. Par conséquent, des règles communes garantissant qu’elles adhèrent, tout comme leurs propriétaires, à la «bonne gouvernance d’entreprise» devraient intégrer de manière équilibrée le rôle de toutes les parties prenantes concernées, y compris celles relayant la voix des travailleurs. |
| 4.4.2. | Le respect des droits de l’homme et des droits des travailleurs sur chaque maillon des chaînes d’approvisionnement constitue un paramètre essentiel pour diriger les entreprises d’une manière durable. Créer partout dans le monde un «travail décent» doit devenir un objectif reconnu pour la prise des décisions économiques (32). C’est pour cette raison que le CESE a déjà reconnu qu’il est nécessaire de disposer, au niveau de l’Union européenne, d’un cadre juridique homogène applicable aux entreprises (33). Les chaînes d’approvisionnement devraient occuper une place plus importante dans la gestion des risques, y compris dans le contexte du respect des droits de l’homme. Il est donc logique d’en loger la responsabilité au niveau du conseil d’administration. |
| 4.4.3. | Le CESE note que dans ce domaine du contrôle des obligations de vigilance, ce n’est pas seulement aux travailleurs, aux syndicats et aux organisations représentatives de leurs intérêts qu’est offerte la possibilité d’assumer un rôle déterminant, mais que tel est aussi le cas des parties prenantes de la société civile, comme les associations de défense de l’environnement ou celles qui s’occupent des droits de l’homme ou de ceux du consommateur. Il se félicite dès lors que soit envisagée la possibilité de mettre en place des mécanismes qui effectuent une évaluation et un suivi concernant le respect du devoir de vigilance par les entreprises, tout en s’inquiétant de constater qu’aucun dialogue entre les partenaires sociaux ne soit prévu à cet effet. |
| 4.4.4. | Le CESE a déjà préconisé qu’un rôle de choix soit confié à un cadre juridique contraignant sur le devoir de diligence et la responsabilité des entreprises, qui tienne compte de la voix des travailleurs (34). Il demande à la Commission que dans le processus décisionnel en cours, le texte législatif proposé comporte des dispositions prévoyant que les travailleurs et les parties prenantes de la société civile, soient obligatoirement associés, en fonction de leurs intérêts et de manière efficace, à la procédure relative au devoir de vigilance. |
4.5. Observations supplémentaires concernant la démocratie sur le lieu de travail et les formes directes de participation
| 4.5.1. | L’approche de la gestion participative est également importante dans des secteurs où la représentation des travailleurs n’est guère avancée, comme les jeunes pousses, les auto-entreprises, ou encore, dans bien des cas, les petites et moyennes entreprises. En revanche, cette démarche joue déjà un rôle primordial dans les entreprises d’économie sociale, dont, en particulier les organisations de la société civile qui exercent une activité économique et les coopératives. Le CESE encouragera l’échange d’expériences concernant les bonnes pratiques dans ce domaine, s’agissant en particulier d’articuler la participation des travailleurs, que celle-ci s’inscrive dans le cadre statutaire ou dans l’action syndicale, avec des formes d’association directe des employés au fonctionnement de leur entreprise qui ressortissent à la gestion participative. |
| 4.5.2. | Outre la démocratie au travail fondée sur le droit ou le dialogue social, il existe d’autres formes fructueuses de participation démocratique des travailleurs, qui sont très vivantes dans l’économie sociale, principalement au sein des coopératives. |
| 4.5.3. | Au regard de l’objectif d’orienter les mutations structurelles régionales et de créer un pacte écologique et social, la question se pose de savoir comment les formes de démocratie au travail peuvent s’articuler avec des mécanismes de démocratie participative dépassant le champ de l’entreprise pour s’ouvrir à des organisations actives au sein de la société, telles que les organisations environnementales et sociales s’inscrivant dans le contexte régional et local. |
| 4.5.4. | Une mise en œuvre réussie des différentes formes de démocratie dans le monde du travail dépend également d’une coopération entre toutes les parties prenantes qui repose sur la connaissance. Les organisations de la société civile qui déploient, sur le plan régional et local, une activité dans le domaine de l’information, de la formation ou du développement des capacités d’action autonome peuvent encourager une telle collaboration, en entreprenant, en concertation avec les partenaires sociaux et les pouvoirs locaux, des actions ciblées, adaptées aux spécificités du terrain. Dans certains États membres, les organisations de la société civile, dont les organisations de défense des consommateurs et de protection des droits de l’homme, peuvent jouer un rôle complémentaire à cet égard, en donnant aux travailleurs les moyens d’agir et en incitant les employeurs à cultiver la responsabilité sociale des entreprises. De telles activités devraient également recueillir l’appui des fonds européens. |
Bruxelles, le 27 avril 2023.
Le président du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) La Commission présente un plan d’action pour stimuler l’économie sociale et créer des emplois — 9 décembre 2021.
(2) «Benchmarking Working Europe 2019» (Étalonnage de l’Europe du travail 2019), chapitre 4.
(3) Eu égard à la diversité des formes et processus qui sont en usage dans les États membres pour assurer la participation des travailleurs et de leurs représentants, le présent avis utilise, quand il y a lieu, l’expression générique de «voix des travailleurs».
(4) Avec la participation des partenaires sociaux, le corpus du droit dérivé européen s’est enrichi de près de 40 directives, qui définissent un cadre juridique étendu concernant l’information, la consultation et la participation des travailleurs et dont le site de l’Institut syndical européen (ETUI) brosse un tableau d’ensemble.
(5) Engagement social de Porto de 2021.
(6) Rapport du Parlement européen A9-0331/2021.
(7) Résolution du Parlement européen, P9_TA(2023)0028.
(8) Proposition de recommandation du Conseil relative au renforcement du dialogue social dans l’Union européenne, COM(2023) 38 final, p. 14.
(9) On peut lire dans la résolution «considérant que l’économie sociale et solidaire contribue au travail décent et à des économies inclusives et durables, à la promotion des normes internationales du travail, y compris les droits fondamentaux sur le lieu de travail, à l’amélioration du niveau de vie pour tous et à l’innovation sociale, y compris dans le domaine de la reconversion professionnelle et du perfectionnement des compétences».
(10) JO C 229 du 31.7.2012, p. 77.
(11) JO C 10 du 11.1.2021, p. 14.
(12) JO C 159 du 10.5.2019, p. 1, paragraphe 1.1.
(13) Résolution du CESE relative à l’Année européenne de la jeunesse, adoptée le 8 décembre 2021, paragraphes 2.13 et 2.14 (JO C 100 du 16.3.2023, p. 1).
(14) JO C 229 du 31.7.2012, p. 77, paragraphe 1.4, et JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, paragraphe 5.5.
(15) JO C 286 du 16.7.2021, p. 13, paragraphe 1.6.
(16) JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphe 2.6.
(17) Enquête sur les entreprises en Europe 2019.
(18) JO C 229 du 31.7.2012, p. 77, paragraphe 4.1, JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphe 1.11, JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, paragraphe 5.1, et JO C 106 du 31.3.2020, p. 1.
(19) JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphes 1.14 et 3, JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, et JO C 161 du 6.6.2013, p. 35, paragraphes 4.2.2 et 4.4.2.
(20) Rapport du Parlement européen, A9-0331/2021.
(21) La directive 2009/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 6 mai 2009 concernant l’institution d’un comité d’entreprise européen ou d’une procédure dans les entreprises de dimension communautaire et les groupes d’entreprises de dimension communautaire en vue d’informer et de consulter les travailleurs (JO L 122 du 16.5.2009, p. 28) et la directive 2002/14/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mars 2002 établissant un cadre général relatif à l’information et la consultation des travailleurs dans la Communauté européenne (JO L 80 du 23.3.2002, p. 29) devraient servir de points de référence: voir l’avis JO C 161 du 6.6.2013, p. 35, paragraphes 1.6 et 4.4.2.
(22) Arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne du 18 octobre 2022, dans l’affaire C-677/20 (SAP), et du 18 juillet 2017, dans l’affaire C-566/15 (TUI).
(23) JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, paragraphe 1.10.
(24) Résolution du Parlement européen, P9_TA(2023)0028.
(25) The platform economy and the disruption of the employment relationship (L’économie des plateformes et la perturbation de la relation de travail).
(26) JO C 290 du 29.7.2022, p. 95.
(27) JO C 152 du 6.4.2022, p. 38.
(28) Rapport du Parlement: Rapport sur la directive sur le travail via une plateforme, considérant (nouveau) 39 bis.
(29) Labour in the age of AI: why regulation is needed to protect workers (Le travail à l’ère de l’IA: pourquoi une réglementation est nécessaire pour protéger les travailleurs).
(30) Accord des partenaires sociaux européens sur la numérisation.
(31) Étude de l’Association européenne des personnels navigants techniques (ECA) (2021), Data Protection Law and the Exercise of collective Labour Rights (La loi sur la protection des données et l’exercice des droits collectifs du travail).
(32) JO C 486 du 21.12.2022, p. 149, paragraphes 1.8 et 1.9.
(33) JO C 486 du 21.12.2022, p. 149, paragraphe 1.11.
(34) JO C 443 du 22.11.2022, p. 81, paragraphe 1.7, et JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphe 3.10.
ANNEXE
Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 74, paragraphe 3, du règlement intérieur):
AMENDEMENT 3
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 4.1.3
Modifier comme suit
| Avis de section | Amendement | ||||||||
| C’est ainsi qu’en matière de participation des travailleurs aux organes dirigeants des entreprises lorsqu’ils sont amenés à poser des choix stratégiques, le CESE s’est interrogé sur la nécessité d’instaurer un cadre à l’échelle de l’Union qui soit harmonisé tout en tenant compte de la diversité des situations, d’un État membre à l’autre comme au niveau de chaque entreprise (1).
| C’est ainsi qu’en matière de participation des travailleurs aux organes dirigeants des entreprises lorsqu’ils sont amenés à poser des choix stratégiques, le CESE s’est interrogé sur la nécessité d’instaurer un cadre à l’échelle de l’Union qui soit harmonisé tout en tenant compte de la diversité des situations, d’un État membre à l’autre comme au niveau de chaque entreprise (1).
|
Exposé des motifs
Étant donné que toute forme de participation des travailleurs se fonde sur la législation ou les pratiques nationales, le droit européen des sociétés ne devrait avoir en tant que tel aucune incidence sur les systèmes de participation. En tout état de cause, aucune nouvelle réglementation prise au niveau de l’Union n’apparaît nécessaire pour résoudre d’éventuels problèmes.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 98 |
| Voix contre: | 130 |
| Abstentions: | 20 |
AMENDEMENT 4
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 4.1.5
Supprimer
| Avis de section | Amendement |
| La jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne a récemment confirmé que les éléments existants concernant la participation des travailleurs au niveau de l’entreprise, tels que la composition du conseil d’administration, doivent aussi être pris en compte lorsque des sociétés se transforment en adoptant une forme juridique européenne, telle que la société européenne (SE) (1) . Il conviendrait que la législation européenne garantisse que le droit des États membres comporte une telle prescription, suivant des modalités comparables d’un point de vue fonctionnel, car toutes les parties intéressées pourraient ainsi fonder leurs actions sur des bases fiables et solides au regard du droit. |
|
Exposé des motifs
Cette thématique n’a pas été dûment traitée au sein du groupe d’étude, car il s’agit d’une question juridique très complexe présentant un certain nombre d’aspects propres à chaque pays. À cet égard, il n’appartient pas au CESE de tirer des conclusions de l’arrêt de la Cour de justice.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 100 |
| Voix contre: | 136 |
| Abstentions: | 15 |
AMENDEMENT 5
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 4.1.7
Modifier comme suit
| Avis de section | Amendement |
| Ces demandes se retrouvent également dans la résolution tout récemment adoptée par le Parlement européen sur la directive relative aux les comités d’entreprise européens, où il demande à la Commission de présenter une proposition de révision de ladite directive en vue de clarifier ses objectifs, définitions et procédures, tout en renforçant le droit des représentants des travailleurs et des syndicats à l’information et à la consultation, en particulier lors des processus de restructuration (1). Le CESE juge fort utile que le Parlement ait lancé ces appels à améliorer ce texte. Il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions juridiques , et, à cet égard, il considère que les mesures qui revêtent le plus d’importance sont celles qui font progresser l’application effective des droits européens dans la pratique quotidienne des entreprises. | Ces demandes se retrouvent également dans la résolution tout récemment adoptée par le Parlement européen sur la directive relative aux les comités d’entreprise européens, où il demande à la Commission de présenter une proposition de révision de ladite directive en vue de clarifier ses objectifs, définitions et procédures, tout en renforçant le droit des représentants des travailleurs et des syndicats à l’information et à la consultation, en particulier lors des processus de restructuration (1). Le CESE prend acte que le Parlement a lancé ces appels à améliorer ce texte. Il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions, et, à cet égard, il considère que les mesures qui revêtent le plus d’importance sont celles qui font progresser l’application effective des droits européens dans la pratique quotidienne des entreprises . Le CESE note aussi que, le 11 avril dernier, la Commission a lancé la première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur la question d’une éventuelle révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, dans l’optique de recueillir les points de vue des partenaires sociaux européens sur la nécessité et l’orientation générale d’une éventuelle action européenne visant à améliorer la directive sur les comités d’entreprise européens. La consultation sera ouverte pendant six semaines (2) . |
Exposé des motifs
Les points de vue divergent clairement quant à l’utilité de la résolution du Parlement européen ainsi qu’à l’opportunité de lui apporter notre soutien. Par conséquent, et dans un souci de compromis, il serait possible de prendre acte de la résolution du Parlement. Il conviendrait aussi de noter que, le 11 avril dernier, la Commission a lancé la première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur la question d’une éventuelle révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, dans l’optique de recueillir les points de vue des partenaires sociaux européens sur la nécessité et l’orientation générale d’une éventuelle action européenne visant à améliorer la directive sur les comités d’entreprise européens. La consultation sera ouverte pendant six semaines.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 86 |
| Voix contre: | 139 |
| Abstentions: | 18 |
AMENDEMENT 6
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 4.4.4
Modifier comme suit
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE a déjà préconisé de donner un rôle important à un cadre juridique contraignant sur le devoir de diligence et la responsabilité des entreprises, qui tienne compte de la voix des travailleurs (1) . Il demande à la Commission que, dans le processus décisionnel en cours, le texte législatif proposé comporte des dispositions prévoyant que les travailleurs, tout comme les parties prenantes de la société civile, soient obligatoirement associés, en fonction de leurs intérêts et de manière efficace, à la procédure relative au devoir de vigilance. | Le CESE a déjà préconisé de donner un rôle important à un cadre juridique contraignant sur le devoir de diligence et la responsabilité des entreprises, qui tienne compte de la voix des travailleurs (1). |
Exposé des motifs
L’amendement justifie avec davantage de précision l’objectif des avis du CESE en ce qui concerne un devoir de diligence des entreprises inscrit dans la durée.
Étant donné que la proposition de la Commission sur le devoir de diligence est en attente dans le cadre du processus législatif, les réactions du CESE ne sont pas utiles. Quant au contenu même de la phrase qu’il est proposé de supprimer, la demande de dispositions législatives sur la participation obligatoire ne peut être soutenue car elle reviendrait à porter atteinte aux responsabilités de la direction et des propriétaires de la société concernée.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 89 |
| Voix contre: | 148 |
| Abstentions: | 11 |
AMENDEMENT 1
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 1.6
Modifier comme suit
| Avis de section | Amendement |
| Depuis des décennies, les comités d’entreprise européens contribuent de manière positive aux objectifs économiques, sociaux et écologiques que les entreprises poursuivent sur le long terme. Pour accroître leur potentiel et leur efficacité , il convient d’améliorer considérablement leurs droits de participation et leurs ressources. Il y a lieu, par exemple, d’imposer des sanctions effectives lorsque ces droits de participation qui leur sont reconnus sont contournés ou bafoués, et ils doivent obtenir un accès plus aisé à la justice . Dans ce contexte, le CESE salue la résolution que le Parlement européen a récemment adoptée concernant la révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, et il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions juridiques en la matière. | Depuis des décennies, les comités d’entreprise européens contribuent de manière positive aux objectifs économiques, sociaux et écologiques que les entreprises poursuivent sur le long terme. Pour accroître leur potentiel et leur efficacité, le CESE estime qu’il est nécessaire de continuer à promouvoir une mise en œuvre efficace et des orientations fondées sur des outils pratiques tels que l’évaluation comparative avec les meilleures pratiques . Dans ce contexte, le CESE prend acte de la résolution que le Parlement européen a récemment adoptée concernant la révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, et il invite la Commission à adopter en temps utile des dispositions appropriées en la matière pour favoriser la bonne application de ladite directive. Le CESE note aussi que, le 11 avril dernier, la Commission a lancé la première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur la question d’une éventuelle révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, dans l’optique de recueillir les points de vue des partenaires sociaux européens sur la nécessité et l’orientation générale d’une éventuelle action européenne visant à améliorer la directive sur les comités d’entreprise européens. La consultation sera ouverte pendant six semaines (1). |
Exposé des motifs
La directive sur les comités d’entreprise européens, telle que refondue en 2009, est adaptée à l’objectif poursuivi, et il n’est pas nécessaire de procéder à une révision législative qui serait immanquablement longue et lourde. Au contraire, dans un esprit de bonne coopération, l’application de ladite directive pourrait être renforcée par des efforts conjoints des partenaires sociaux, qui pourraient, par exemple, élaborer un code de bonnes pratiques. Il conviendrait aussi de noter que, le 11 avril dernier, la Commission a lancé la première phase de consultation des partenaires sociaux européens sur la question d’une éventuelle révision de la directive sur les comités d’entreprise européens, dans l’optique de recueillir les points de vue des partenaires sociaux européens sur la nécessité et l’orientation générale d’une éventuelle action européenne visant à améliorer la directive sur les comités d’entreprise européens. La consultation sera ouverte pendant six semaines.
Résultat du vote: en corrélation avec l’amendement 5
AMENDEMENT 2
SOC/746
La démocratie sur le lieu de travail
Paragraphe 1.11
Modifier comme suit
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE regrette toutefois que la participation des travailleurs au conseil d’administration de leur entreprise ne soit pas également vue comme l’une des pièces maîtresses de sa gestion durable. Par conséquent, il soutient les efforts appropriés qui sont déployés afin d’établir un cadre harmonisé pour la participation des travailleurs au sein des conseils d’administration, tout en tenant compte des différences entre États membres , et de s’assurer que le droit européen des sociétés n’aboutisse pas à y éluder ou fragiliser la participation des travailleurs . | Le CESE regrette toutefois que la participation des travailleurs au conseil d’administration de leur entreprise ne soit pas également vue comme l’une des pièces maîtresses de sa gestion durable. Par conséquent, il soutient les efforts appropriés qui sont déployés dans le but d’appuyer la participation des travailleurs au sein des conseils d’administration, tout en tenant compte des différences entre États membres. |
Exposé des motifs
S’il est vrai qu’il existe un encadrement juridique complet au niveau de l’Union européenne pour l’information et la consultation des travailleurs, il n’en reste pas moins que les systèmes de participation restent fondés sur des cadres juridiques nationaux et des traditions profondément ancrées. Une réglementation au niveau européen risquerait de saper et d’étouffer les évolutions nationales, ainsi que d’interférer dans le droit des sociétés de chaque État membre. Il s’agit d’un domaine où la meilleure voie à suivre, y compris dans le contexte de la gouvernance d’entreprise, ne passe pas par la réglementation, mais plutôt par l’échange de bonnes pratiques et d’autres moyens de diffusion de l’information.
Étant donné que toute forme de participation des travailleurs se fonde sur la législation ou les pratiques nationales, le droit européen des sociétés ne devrait avoir en tant que tel aucune incidence sur les systèmes de participation. En tout état de cause, aucune nouvelle réglementation prise au niveau de l’Union n’apparaît nécessaire pour résoudre d’éventuels problèmes.
Résultat du vote: en corrélation avec l’amendement 3
(1) JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphes 1.14 et 3, JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, et JO C 161 du 6.6.2013, p. 35, paragraphe 4.2.2 et 4.4.2.
(2) Rapport du Parlement européen A9-0331/2021.
(1) JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphes 1.14 et 3, JO C 10 du 11.1.2021, p. 14, et JO C 161 du 6.6.2013, p. 35, paragraphe 4.2.2 et 4.4.2.
(2) Rapport du Parlement européen A9-0331/2021.
(1) Arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne du 18 octobre 2022, dans l’affaire C-677/20 (SAP), et du 18 juillet 2017, dans l’affaire C-566/15 (TUI).
(1) Résolution du Parlement européen, P9_TA(2023)0028.
(1) Résolution du Parlement européen, P9_TA(2023)0028.
(2) Première phase de consultation des partenaires sociaux européens(europa . eu).
(1) JO C 443 du 22.11.2022, p. 81, paragraphe 1.7, et JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphe 3.10.
(1) JO C 443 du 22.11.2022, p. 81, paragraphe 1.7, et JO C 341 du 24.8.2021, p. 23, paragraphe 3.10.
(1) Première phase de consultation des partenaires sociaux européens(europa . eu).
Avis institutionnel — 52023AB0047
29/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110596
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110744
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS109365
28/12/2023