| CELEX | 52022AR2246 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | mercredi 12 octobre 2022 |
| 30.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 498/30 |
Avis du Comité européen des régions — Vers une intégration structurelle des villes et des régions à la COP 27 de la CCNUCC
(2022/C 498/06)
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RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
Apporter une réponse rapide et à grande échelle à l’urgence climatique en associant efficacement les mesures d’adaptation et d’atténuation au moyen d’une action à plusieurs niveaux
| 1. | exprime sa vive inquiétude face aux conclusions du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui montre à quel point les aléas climatiques ont sensiblement endommagé les écosystèmes à travers le monde, corroborant ainsi une nouvelle fois le constat selon lequel nombre des incidences du changement climatique revêtent d’ores et déjà un caractère irréversible; prend acte des données concrètes contenues dans le rapport, qui démontrent que les mesures actuelles d’adaptation au changement climatique sont souvent inefficaces en raison d’un financement insuffisant et d’une piètre planification, auxquels une gouvernance plus inclusive permettrait de remédier; |
| 2. | souligne que les rapports du GIEC reconnaissent le rôle clé des collectivités locales et régionales lorsqu’il s’agit de déployer des solutions d’adaptation et d’atténuation; rappelle que les collectivités locales et régionales assurent la mise en œuvre de 70 % des mesures visant à atténuer le changement climatique et de 90 % des politiques d’adaptation audit changement (1); insiste sur le fait que des solutions doivent être apportées par ces collectivités et en coopération avec elles, en tant que réponses directes aux menaces liées au changement climatique dont les effets se font sentir sur les villages, les villes petites et grandes et leur hinterland, dans le contexte climatique propre à chacun d’eux; souligne que plus d’un milliard de personnes vivant dans des zones de faible élévation sont confrontées à des risques tels que l’augmentation du niveau des mers, l’affaissement des sols côtiers ou les inondations à marée haute, tandis que 350 millions de citadins à l’échelle mondiale vivent sous la menace d’une pénurie d’eau; |
| 3. | renvoie à cet égard à l’accord conclu lors de la COP 26 consistant à poursuivre l’action destinée à limiter l’élévation de la température à 1,5 oC par rapport aux niveaux préindustriels (2) et appelle à accélérer la mise en œuvre de l’action pour le climat tout en renforçant le soutien financier et les orientations à destination des collectivités locales et régionales; |
| 4. | réitère son appel à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour qu’elle œuvre, en partenariat avec la convention sur la diversité biologique (CBD) des Nations unies et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à l’avènement d’un cadre cohérent au service de la neutralité et de la résilience climatiques, de la protection de la biodiversité et du développement durable, en évitant tout chevauchement de stratégies; se félicite de la déclaration d’Édimbourg sur le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 (3), qui fournit un exemple d’approche inclusive associant «l’ensemble du gouvernement»; |
| 5. | réaffirme le rôle de l’Union européenne lorsqu’il s’agit d’ouvrir la voie en utilisant le pacte vert comme tremplin pour faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre; insiste sur l’importance d’intensifier les efforts de l’Union en vue d’atteindre effectivement la neutralité climatique à l’horizon 2050, tout en appliquant systématiquement le principe consistant à «ne pas nuire», en s’efforçant d’éviter toute dépendance à l’égard du carbone et toute fuite de carbone; se félicite du parcours tracé par la loi européenne sur le climat et le paquet «Ajustement à l’objectif 55», ainsi que par des initiatives ciblées telles que les missions de l’Union pour l’adaptation et pour des villes neutres pour le climat et intelligentes; insiste sur la nécessité, dans le cadre de la mise en œuvre de ce parcours, de prendre en compte la crise géopolitique actuelle et ses conséquences économiques, et de renforcer le soutien; souligne l’importance d’éradiquer la précarité énergétique et de lutter contre les conséquences sociales de la transition vers une énergie propre, notamment dans les régions qui dépendent fortement des combustibles fossiles, au moment de mettre en œuvre les plans en matière de climat et d’apporter des solutions à long terme au service de l’autosuffisance énergétique; |
| 6. | insiste sur le fait que l’objectif de sécurité énergétique à l’échelle mondiale ne doit pas être considéré comme une alternative à l’accord de Paris, et appelle les parties à celui-ci à accélérer la transition vers un système énergétique alimenté intégralement par les énergies renouvelables et à promouvoir l’autosuffisance énergétique; accueille favorablement la réponse apportée par le plan REPowerEU aux perturbations du marché mondial de l’énergie provoquées par l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie, qui constitue un signal clair que l’action pour le climat peut et doit s’accélérer; souligne que les collectivités locales et régionales sont les mieux à même d’appuyer une transition équitable, inclusive et durable en mettant en œuvre des mesures d’aide aux groupes les plus vulnérables en situation précaire sur le plan de l’énergie et de la mobilité, en forgeant des partenariats destinés à mobiliser les entreprises et la société civile et en déployant des solutions décentralisées innovantes qui accroissent sensiblement la sécurité d’approvisionnement tout en limitant les pertes liées au transport d’énergie et en réduisant les émissions; |
Renforcer l’ambition climatique de l’Union en s’appuyant sur une gouvernance à plusieurs niveaux efficace
| 7. | souligne que le pacte de Glasgow pour le climat insiste sur le fait qu’«il est urgent de mener une action concertée à plusieurs niveaux» (4) et reconnaît formellement que «les entités non parties, notamment la société civile, les peuples autochtones, les populations locales, les jeunes, les enfants, les autorités locales et régionales et les autres acteurs intéressés, contribuent de manière non négligeable à la réalisation des objectifs de l’accord de Paris» (5); constate dès lors que le succès du pacte vert pour l’Europe et de l’accord de Paris dépend de l’association effective de tous les niveaux de gouvernance; |
| 8. | se dit prêt à œuvrer avec les institutions de l’Union à l’élaboration d’une stratégie opérationnelle cohérente dans la perspective de la COP 27; affiche sa volonté de participer à un exercice de consultation et de coopération effectif et régulier, tant lors de la phase de préparation qu’au cours des négociations, et exprime sa disponibilité en la matière; |
| 9. | invite la Commission européenne à accroître la visibilité des collectivités locales et régionales lors de la COP 27 en renforçant, en coopération avec le CdR, celle de l’action pour le climat menée à l’échelon infranational au sein de l’Union, dans le cadre du programme proposé par le pavillon de l’Union et de manifestations parallèles; |
| 10. | reconnaît l’importance de voir les gouvernements nationaux s’engager en faveur des objectifs de Paris et de Glasgow, ainsi que leur rôle dans le soutien aux collectivités locales et régionales; appelle le Conseil de l’Union européenne à reconnaître formellement, dans ses conclusions sur les préparatifs de la COP 27, le rôle pivot des pouvoirs publics infranationaux dans l’accélération d’une transition climatique juste et dans les démarches visant à la rendre socialement compatible avec les besoins locaux et régionaux; invite la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne à engager un dialogue avec les villes et les régions par l’entremise du CdR; |
| 11. | se félicite de la reconnaissance du rôle des pouvoirs publics infranationaux dans la résolution du Parlement européen relative à la COP 26 et encourage celui-ci à renforcer encore ce message dans la résolution qu’il consacrera à la COP 27; souligne l’importance d’une solide coordination entre la délégation du Parlement européen et celle du CdR à la COP 27 et demande qu’elles mènent des préparatifs conjoints; |
| 12. | invite la Commission européenne, la présidence tchèque et le Parlement européen à soutenir vigoureusement l’organisation de la première réunion ministérielle de la conférence des parties à la CCNUCC sur le logement et le développement urbain consacrée aux villes et au changement climatique, tout en se félicitant de la décision du conseil exécutif d’ONU-Habitat (6); |
Passer de la reconnaissance du rôle des collectivités locales et régionales à la mise en œuvre effective d’une action à plusieurs niveaux
| 13. | reconnaît que même s’il n’a pas saisi toute l’urgence et l’ampleur des actions à entreprendre, le pacte de Glasgow pour le climat a réussi à lancer la deuxième phase de l’accord de Paris, permettant de résoudre l’ensemble des questions en suspens dans les règles d’application dudit accord (7); demeure néanmoins vivement préoccupé par le fait que les contributions déterminées au niveau national (CDN) actuellement soumises placent le monde sur la voie d’une hausse des températures de 2,5 oC; |
| 14. | s’associe aux demandes formulées dans le rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe en faveur d’une mise en œuvre plus rapide de la transformation écologique; demeure toutefois préoccupé par la question du caractère abordable de l’énergie pour les consommateurs et les entreprises, en particulier dans le cadre de la crise actuelle; rappelant les conclusions du rapport de prospective 2022 de la Commission européenne, souligne la nécessité de protéger les groupes et les territoires les plus vulnérables contre toute incidence négative indésirable de la transition énergétique; |
| 15. | met l’accent sur le fait que l’ampleur des actions à entreprendre exige des politiques intégrées à plusieurs niveaux et des solutions transsectorielles; insiste par conséquent sur la nécessité de reconnaître formellement le rôle des collectivités locales et régionales dans la lutte contre le changement climatique et souligne qu’il y a lieu de faciliter leur participation effective et systématique, tant lors de la phase préparatoire qu’au cours des négociations; |
| 16. | met en lumière son propre rôle en tant que représentant institutionnel de plus d’un million de dirigeants locaux et régionaux et que réseau de réseaux; met l’emphase sur sa position unique en tant que moteur de la mise en œuvre des actions climatiques à l’échelon local, ainsi que sur sa volonté de coopérer et de s’associer avec les institutions européennes et les parties à l’accord de Paris en vue d’approfondir la collaboration à plusieurs niveaux dans la perspective de la COP 27 et au-delà; |
| 17. | insiste sur l’importance de la coalition Under2, conclue préalablement à l’accord de Paris, en tant que premier accord climatique mondial à destination des pouvoirs publics infranationaux; souligne les ambitieux objectifs actualisés qu’elle a définis dans son protocole d’entente de 2021, parmi lesquels un engagement à prendre des mesures en vue d’atteindre l’objectif de 1,5 oC et de zéro émission nette d’ici à 2050 au plus tard; invite les membres du CdR à signer eux aussi cet accord, et les signataires actuels de la coalition à se rallier à l’ambitieux protocole d’entente de 2021; |
| 18. | insiste sur le rôle crucial de la circonscription des gouvernements locaux et autorités municipales (LGMA) lorsqu’il s’agit de rassembler les voix des collectivités locales et régionales à l’échelle mondiale et de renforcer en permanence un réseau mondial de pouvoirs publics infranationaux désireux de lutter contre le changement climatique; encourage l’ensemble des parties à la CCNUCC à coopérer avec cette circonscription et l’ensemble des acteurs non étatiques à apporter une contribution constructive au processus devant mener à la COP 27 et à intensifier leur collaboration avec les «Amis de l’action à plusieurs niveaux» de la CCNUCC; |
Maintenir l’ambition en matière d’atténuation et renforcer les capacités en intensifiant la recherche et l’innovation
| 19. | rappelle que quelque 10 000 collectivités locales et régionales à travers l’Europe ont pris des engagements ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre le changement climatique en participant à des initiatives telles que la Convention des maires ainsi qu’en élaborant des stratégies et en menant des actions au service du climat, à l’instar des plans d’action en faveur de l’énergie durable et du climat (PAEDC) et autres plans locaux d’action climatique qui ont été lancés sous l’impulsion d’initiatives régionales; souligne que 75 % des plus de 11 000 signataires de la Convention mondiale des maires ont défini des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (8) plus ambitieux que ceux de leurs gouvernements nationaux respectifs, et que plus de 50 % accélèrent le rythme auquel ils ambitionnent de réduire leurs émissions, développant ainsi une résilience politique fondamentale contre tout retour en arrière à l’échelon national; |
| 20. | souligne à quel point l’engagement et l’action des collectivités locales et régionales complètent et sous-tendent les efforts entrepris aussi bien sur la scène internationale qu’à l’échelon national, et combien leur action est nécessaire à la réalisation des objectifs nationaux et internationaux; réaffirme la nécessité d’inclure officiellement les contributions déterminées au niveau régional et local (CDRL) de manière à compléter les CDN et à reconnaître, suivre et encourager formellement la réduction des émissions de gaz à effet de serre par les pouvoirs publics infranationaux à l’échelle mondiale; |
| 21. | recommande d’intégrer dans les rapports sur les inventaires nationaux une section spécifique consacrée aux pouvoirs publics infranationaux au titre du cadre de transparence de l’accord de Paris, de façon à renforcer l’obligation de rendre compte, les évaluations d’impact et la transparence de l’action mondiale pour le climat; approuve l’adoption et l’utilisation du cadre commun de reporting par la Convention mondiale des maires en tant qu’étape sur la voie de la comparabilité (9) des efforts entrepris à l’échelon local et régional; |
| 22. | estime qu’il y a lieu, au sein de l’Union, d’officialiser le rôle et les contributions des collectivités locales et régionales en les inscrivant dans les dispositions du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie, et notamment en faisant des CDRL une partie intégrante des plans nationaux en matière d’énergie et de climat (PNEC); |
| 23. | souligne que les villes et les régions favorisent déjà l’innovation tout en déployant des solutions techniques et financières et en imaginant des processus de gouvernance innovants; accueille favorablement à cet égard le lancement du pôle mondial d’innovation de la CCNUCC lors de la COP 26, les missions de l’Union pour l’adaptation et pour des villes neutres pour le climat et intelligentes, ainsi que le lancement à l’échelle mondiale de la mission pour l’innovation en matière de transitions urbaines (10), et se félicite des collaborations et des synergies qui ont lieu entre ces différentes initiatives; |
| 24. | insiste sur la nécessité d’une coopération et d’une intégration plus étroites entre les échelons local, régional, national, européen et mondial dans le domaine de l’accès aux données, afin de fournir aux collectivités locales et régionales les accès qui leur permettront d’élaborer des politiques fondées sur les données et sur la science; |
| 25. | insiste sur le besoin de stimuler la reconversion et le perfectionnement professionnels de la main-d’œuvre, conformément à la nécessité d’adapter les pratiques professionnelles à la lutte contre le changement climatique; |
Stimuler des mesures d’adaptation efficaces et transsectorielles et traiter la question des pertes et des dommages
| 26. | accueille favorablement le programme de travail de Glasgow — Charm el-Cheikh relatif à l’objectif mondial en matière d’adaptation; souligne que les enjeux de l’adaptation peuvent varier considérablement au sein même de chaque pays et région et que les collectivités locales et régionales sont les mieux placées pour définir des objectifs en la matière, dès lors qu’elles ont une connaissance de terrain des besoins et des solutions spécifiques à chaque localité en ce qui concerne la résilience; |
| 27. | insiste sur l’urgence pour les parties d’œuvrer avec les collectivités locales et régionales à une plus grande intégration de l’adaptation dans la planification locale, régionale et nationale; demande dès lors l’intégration formelle des contributions faites par les pouvoirs publics infranationaux en matière d’adaptation afin de compléter les plans d’action nationaux et les CDN; |
| 28. | insiste sur l’importance d’éviter une adaptation inadéquate ainsi que la mise en œuvre de mesures d’adaptation qui creusent encore davantage les inégalités sociales existantes; souligne que les répercussions du changement climatique affectent de manière disproportionnée les communautés marginalisées et vulnérables; |
| 29. | rappelle que les collectivités locales et régionales sont chargées de fournir aux communautés qu’elles servent des services essentiels ainsi que des interventions et des actions de secours immédiates pour faire face aux conséquences du changement climatique, telles que les catastrophes climatiques, les incidences sociales comme la précarité énergétique et l’augmentation des problèmes de santé liés aux conditions météorologiques, ainsi que le creusement des inégalités existantes; insiste sur la nécessité de combler les lacunes en matière de capacités grâce à une prise de décision éclairée et responsable au niveau local, facilitée par l’accès aux données scientifiques, aux technologies et aux connaissances locales, afin de favoriser une application généralisée des solutions d’adaptation; souligne que les solutions innovantes fondées sur la nature sont des outils essentiels au service de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci, et encourage les parties, conformément au pacte de Glasgow pour le climat, à adopter une approche intégrée de la question de la biodiversité dans les décisions de politique et de planification nationales, régionales et locales; |
| 30. | se félicite de l’instauration du dialogue climatique de Glasgow sur les pertes et les dommages et, en l’absence de flux financiers, insiste sur la nécessité, pour les collectivités locales et régionales des pays développés comme des pays en développement, de recenser et de déployer des solutions alternatives de prise en charge de ces pertes et dommages; |
| 31. | rappelle les exemples que constituent les engagements financiers pris par l’Écosse et la Wallonie lors de la COP 26 (11) en réponse à la question des pertes et des dommages; souligne dès lors le rôle et la contribution que la diplomatie climatique infranationale et la coopération entre collectivités territoriales du nord et du sud de la planète peuvent endosser lorsqu’il s’agit de revoir à la hausse les ambitions à tous les niveaux dans la perspective de la COP 27 et de la COP 28; |
Garantir un accès adéquat au financement de l’action climatique et promouvoir une transition juste par la collaboration et l’engagement
| 32. | insiste sur l’importance d’assurer l’accès des collectivités locales et régionales à un financement direct pour leurs actions en faveur du climat et sur la nécessité pour celles-ci de s’associer au secteur privé et aux institutions financières afin de libérer des investissements durables; souligne qu’il conviendrait d’établir un lien direct entre l’accès au financement et le développement intégré de plans et de mesures en coopération avec l’échelon local et régional de façon à promouvoir une mise en œuvre présentant un bon rapport coût-efficacité; |
| 33. | met l’accent, conformément à l’accord de Paris, sur la reconnaissance de «l’importance de disposer de démarches non fondées sur le marché intégrées, globales et équilibrées» pour permettre une coopération volontaire, en tant qu’instrument clé à la disposition des parties «pour les aider dans la mise en œuvre de leur contribution déterminée au niveau national […] d’une manière coordonnée et efficace» (12); encourage les acteurs concernés des secteurs public et privé et les organisations de la société civile à s’engager activement dans la recherche, le développement et la mise en œuvre d’approches non fondées sur le marché; |
| 34. | accueille positivement la décision de la COP 26 de renforcer le partenariat de Marrakech pour l’action mondiale en faveur du climat en tant qu’espace destiné à encourager les acteurs non étatiques à prendre des mesures immédiates en la matière; se félicite de l’approfondissement des initiatives clés «Race to Zero» (Objectif zéro) et «Race to Resilience» (Objectif résilience), qui visent à soutenir et mettre en avant des actions ambitieuses et ascendantes en faveur du climat tout en facilitant la communication d’informations et le bilan des engagements pris par les acteurs non parties; |
| 35. | accueille favorablement le programme de travail de Glasgow sur l’action pour l’autonomisation climatique (13); se dit prêt à continuer de s’atteler à la mise en œuvre d’actions relevant de ses six éléments, à savoir l’éducation, la formation, la sensibilisation, la participation du public, l’accès de la population à l’information et la coopération internationale; invite les parties à conserver leur soutien à ces processus; |
| 36. | constate que les groupes vulnérables sont ceux qui pâtissent le plus des effets négatifs de la crise climatique; souligne qu’une transition juste doit tenir pleinement compte de ses répercussions sur le plan social en prévoyant un soutien et un financement ad hoc, comme le préconise par ailleurs le programme de développement durable à l’horizon 2030; |
| 37. | fait observer que les rapports du GIEC reconnaissent que les capacités des femmes à s’adapter au changement climatique et à lutter contre celui-ci sont souvent limitées en raison du rôle qu’elles jouent au sein de leur ménage et de la société, des obstacles institutionnels auxquels elles font face et des normes sociales en vigueur; encourage les parties à continuer de promouvoir une politique climatique répondant aux besoins particuliers des hommes et des femmes en poursuivant la mise en œuvre du programme de travail de Lima relatif au genre et de son plan d’action en faveur de l’égalité des sexes et en garantissant une représentation égale des femmes dans les processus décisionnels; est intimement convaincu que les femmes ne devraient pas être considérées comme des bénéficiaires vulnérables, mais comme des actrices efficaces de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci; |
| 38. | reconnaît que l’action pour le climat requiert la contribution de toutes les générations; souligne le rôle de la jeunesse lorsqu’il s’agit de porter le progrès social et d’inspirer des changements politiques, ainsi que la nécessité d’une participation significative et éclairée des jeunes à l’élaboration de la politique climatique; s’engage à associer davantage le réseau des jeunes élus (YEP) du CdR à la préparation de la COP 27, en s’appuyant sur les conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe et sur les objectifs de l’Année européenne de la jeunesse; |
Renforcer la coopération et le partenariat avec la CCNUCC
| 39. | encourage la CCNUCC à dialoguer avec la circonscription LGMA dans le cadre de sa participation aux dialogues techniques menés aux fins du premier bilan mondial; se félicite de la décision de l’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) et de l’organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI) de concevoir le bilan mondial dans l’esprit de dialogues Talanoa inclusifs, ouverts et continus; demande à la CCNUCC d’inclure, de reconnaître et de suivre les engagements contractés au titre des initiatives «Race to Resilience» et «Race to Zero» dans les rapports du bilan mondial, afin d’avoir une vue d’ensemble mesurable des progrès réalisés à l’échelon local et régional; |
| 40. | se félicite que la présidence égyptienne ait accordé une attention prioritaire aux villes durables et à l’urbanisation dans le programme de la COP 27; recherche des possibilités de coopération avec celle-ci afin de renforcer encore le rôle des collectivités locales et régionales, et se tient prêt à soutenir l’extension à l’Europe des Semaines régionales du climat de la CCNUCC afin de renforcer l’engagement des pouvoirs publics infranationaux et de la société civile dans le processus de la CCNUCC; |
| 41. | met en avant le rôle clé du CdR en tant que représentant institutionnel des villes et régions d’Europe; invite dès lors le secrétariat de la CCNUCC à établir avec lui une coopération structurée afin de faciliter la collaboration entre les deux institutions; |
| 42. | accueille favorablement le communiqué publié à l’issue de la réunion des ministres du développement du G7 (14), qui reconnaît le rôle des villes et des pouvoirs publics locaux dans la promotion d’une transition climatique et énergétique juste; fait part de sa disponibilité pour soutenir les travaux du groupe Urban7 en vue de renforcer la coopération à plusieurs niveaux en tant que principe sous-jacent d’une action durable et efficace en faveur du climat dans la perspective de la COP 27; |
| 43. | se félicite de l’alignement annoncé entre les priorités des présidences de la COP 27 et de la COP 26 (atténuation, adaptation, financement et collaboration), ainsi que des liens avec les priorités annoncées des champions de haut niveau (approche globale, résilience, financement, régionalisation, localisation); attend avec intérêt de pouvoir soutenir les synergies et les complémentarités les plus efficaces entre ces priorités lors des préparatifs de la COP 27 et au cours de celle-ci; |
| 44. | constate que les mouvements sociaux dans les villes et les régions ont sensibilisé davantage le public à la nécessité d’une action urgente et inclusive en faveur du climat; encourage les membres du CdR à organiser des dialogues Talanoa (15) à l’échelon local ou des processus inclusifs similaires au niveau local et régional, conformément aux conclusions du SBSTA et du SBI sur les questions liées au bilan mondial au titre de l’accord de Paris; |
| 45. | s’engage à faire office de lien direct en donnant accès aux membres du CdR et aux collectivités locales et régionales d’Europe à des informations et à des mises à jour régulières sur l’état d’avancement des négociations, tout au long des deux semaines que durera la COP 27; se félicite du partenariat avec les autres institutions de l’Union et du soutien qu’elles apportent lorsqu’il s’agit de fournir régulièrement ces informations et de rapprocher ainsi les collectivités locales et régionales des négociations internationales. |
Bruxelles, le 12 octobre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Résolution du Comité européen des Régions sur «Le pacte vert en partenariat avec les collectivités locales et régionales» (JO C 79 du 10.3.2020, p. 1).
(2) Pacte de Glasgow pour le climat, paragraphe 15.
(3) Déclaration d’Édimbourg sur le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020.
(4) Pacte de Glasgow pour le climat, préambule, 9e alinéa.
(5) Pacte de Glasgow pour le climat, paragraphe 55.
(6) https://unhabitat.org/sites/default/files/2022/04/hsp-eb-2022-crp2-rev.3.pdf
(7) Alors que l’accord de Paris fournit le cadre d’action international, ses règles d’application le rendent opérationnel en définissant les outils et les procédures nécessaires à sa mise en œuvre intégrale, équitable et effective.
(8) Source: «2021 Global Covenant of Mayors (GCoM) Impact Report» (Rapport d’impact 2021 de la Convention mondiale des maires).
(9) https://www.globalcovenantofmayors.org/our-initiatives/data4cities/common-global-reporting-framework/
(10) http://mission-innovation.net/missions/urban-transitions-mission/
(11) Respectivement 2 millions de GBP (2,6 millions d’USD) et 1 million d’EUR (1,1 million d’USD).
(12) Article 6, paragraphe 8, de l’accord de Paris (démarches non fondées sur le marché pour le financement de l’action climatique).
(13) Programme de travail de Glasgow sur l’action pour l’autonomisation climatique.
(14) 220519-G7-Development-Ministers-Meeting-Communique.pdf (bmz.de).
(15) Les dialogues Talanoa pour les villes et les régions ont été conçus en 2018 pour réunir les gouvernements locaux et régionaux et les ministères nationaux du climat, de l’environnement et de l’urbanisation, ainsi que les organisations-hôtes et les parties prenantes en matière de climat, afin de dresser le bilan des CDN, de leur donner forme et de les renforcer.
Avis institutionnel — 52022AB0046
30/12/2022
Avis institutionnel — 52022AB0045
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20/12/2022