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AccueilDroit européen52022AR2982
Avis institutionnel52022AR2982

Avis institutionnel — 52022AR2982

CELEX52022AR2982
TypeAvis institutionnel
Datemardi 11 octobre 2022

Texte intégral

30.12.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 498/57


Avis du Comité européen des régions — Protéger les indications géographiques industrielles et artisanales au sein de l’Union européenne (révisé)

(2022/C 498/11)

Rapporteure:

Martine PINVILLE (FR/PSE), conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine

Texte de référence:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la protection des indications géographiques pour les produits artisanaux et industriels et modifiant les règlements (UE) 2017/1001 et (UE) 2019/1753 du Parlement européen et du Conseil et la décision (UE) 2019/1754 du Conseil

COM(2022) 174 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la protection des indications géographiques pour les produits artisanaux et industriels et modifiant les règlements (UE) 2017/1001 et (UE) 2019/1753 du Parlement européen et du Conseil et la décision (UE) 2019/1754 du Conseil

COM(2022) 174 final

2022/0115 (COD)

Amendement 1

Article 2

(nouvel article)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Objectifs

Le présent titre prévoit un système unitaire et exclusif d’indications géographiques, protégeant les noms des produits artisanaux et industriels dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées às leur origine géographique, garantissant ainsi ce qui suit:

a)

les producteurs agissant collectivement disposent des pouvoirs et des responsabilités nécessaires pour gérer leur indication géographique, y compris pour répondre aux demandes de la société de produits authentiques à valeur patrimoniale et issus d’une production durable dans ses trois dimensions de valeur économique, environnementale et sociale, et pour opérer sur le marché;

b)

une concurrence loyale entre les producteurs dans la chaîne de commercialisation;

c)

les consommateurs reçoivent des informations fiables et une garantie d’authenticité de ces produits et peuvent facilement les identifier sur le marché, y compris dans le commerce électronique;

d)

l’enregistrement simple et efficace des indications géographiques en tenant compte de la protection appropriée des droits de propriété intellectuelle;

e)

une mise en application et une commercialisation efficaces dans l’ensemble de l’Union et dans le commerce électronique garantissant l’intégrité du marché intérieur;

f)

un développement économique local assurant la protection du savoir-faire et d’un patrimoine commun.

Exposé des motifs

L’ajout de cet article permet d’assurer un parallélisme avec le règlement relatif aux indications géographiques (IG) agricoles et de souligner qu’il ne s’agit pas simplement d’un outil de propriété intellectuelle, mais bien de politique publique.

Amendement 2

Article 3

(nouveau premier point)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Une «indication géographique» pour un produit artisanal ou industriel est une dénomination qui identifie un produit:

i)

originaire d’un lieu déterminé, d’une région déterminée ou d’un pays déterminé;

ii)

dont une qualité donnée, la réputation ou une autre caractéristique peut être attribuée essentiellement à son origine géographique; et

iii)

dont au moins une des étapes de production a lieu dans l’aire géographique délimitée.

Exposé des motifs

Il est impératif qu’une définition des indications géographiques industrielles et artisanales (IGIA) soit donnée et figure dans cet article (parallélisme avec les IG agricoles).

Amendement 3

Article 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Article 5

Exigences applicables à une indication géographique

Pour que la dénomination d’un produit artisanal ou industriel puisse bénéficier de la protection d’une «indication géographique», le produit doit satisfaire aux exigences suivantes:

a)

le produit doit être originaire d’un lieu déterminé, d’une région déterminée ou d’un pays déterminé;

b)

sa qualité déterminée, sa réputation ou une autre de ses propriétés peut être attribuée essentiellement à son origine géographique; et

c)

au moins une des étapes de production du produit doit avoir lieu dans l’aire géographique délimitée.

Exposé des motifs

Découle de l’amendement portant sur l’article 3.

Amendement 4

Article 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les demandes d’enregistrement des indications géographiques ne peuvent être déposées que par un groupement de producteurs d’un produit («groupement de producteurs demandeur») dont la dénomination est proposée à l’enregistrement. Les entités publiques régionales ou locales peuvent apporter une aide dans le cadre de l’établissement de la demande et de la procédure correspondante.

1. Les demandes d’enregistrement des indications géographiques peuvent être déposées par un groupement de producteurs («groupement de producteurs demandeur») dont la dénomination est proposée à l’enregistrement. Les entités publiques régionales ou locales peuvent apporter une aide dans le cadre de l’établissement de la demande et de la procédure correspondante.

2. Une autorité désignée par un État membre peut être considérée comme un groupement de producteurs demandeur aux fins du présent titre si les producteurs concernés n’ont pas la possibilité de former un groupement en raison de leur nombre, de leur situation géographique ou de leur organisation. Dans ce cas, la demande visée à l’article 11, paragraphe 3, mentionne les raisons d’une telle représentation.

2. Une autorité désignée par un État membre , notamment une collectivité régionale ou locale, peut être considérée comme un groupement de producteurs demandeur aux fins du présent titre si les producteurs concernés n’ont pas la possibilité de former un groupement en raison de leur nombre, de leur situation géographique ou de leur organisation. Dans ce cas, la demande visée à l’article 11, paragraphe 3, mentionne les raisons d’une telle représentation.

3. Un producteur isolé peut être considéré comme un groupement de producteurs demandeur aux fins du présent titre lorsque les deux conditions suivantes sont remplies:

3. Un producteur seul peut être considéré comme un groupement de producteurs demandeur aux fins du présent titre lorsque les deux conditions suivantes sont remplies:

a)

la personne concernée est le seul producteur disposé à présenter une demande d’enregistrement d’une indication géographique;

a)

la personne concernée est le seul producteur disposé à présenter une demande d’enregistrement d’une indication géographique;

b)

l’aire géographique concernée est délimitée par des éléments naturels sans référence aux limites de propriété et présente des caractéristiques sensiblement différentes de celles des zones environnantes ou les caractéristiques du produit diffèrent de celles des produits obtenus dans les zones environnantes.

b)

l’accès à l’IG reste ouvert à tout nouveau producteur/fabricant respectant le cahier des charges de l’IG.

Exposé des motifs

Le demandeur d’une IG n’est pas forcément un groupement de producteurs; il convient d’introduire plus de flexibilité, et d’accorder aux collectivités locales et régionales, qui exercent déjà ce rôle dans certains pays, la possibilité d’être considérées comme des demandeurs. Par ailleurs, le terme de producteur «isolé» devrait être remplacé par «producteur seul»: un producteur «isolé» en termes géographiques ne correspond à aucune réalité.

Amendement 5

Article 7, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les produits artisanaux et industriels dont la dénomination est enregistrée en tant qu’indication géographique respectent un cahier des charges qui comporte au moins les éléments suivants:

1. Les produits artisanaux et industriels dont la dénomination est enregistrée en tant qu’indication géographique respectent un cahier des charges qui comporte au moins les éléments objectifs et non discriminatoires suivants:

a)

la dénomination à protéger en tant qu’indication géographique, qui peut être soit un nom géographique du lieu de production d’un produit spécifique, soit un nom utilisé dans le commerce ou dans le langage courant pour désigner le produit spécifique dans l’aire géographique délimitée;

a)

la dénomination à protéger en tant qu’indication géographique, qui peut être un nom géographique du lieu de production d’un produit spécifique, et un nom utilisé dans le commerce ou dans le langage courant pour désigner le produit spécifique dans l’aire géographique délimitée;

b)

une description du produit, comprenant, le cas échéant, les matières premières;

b)

le type du ou des produit(s) couvert(s) par la dénomination;

c)

la définition de l’aire géographique délimitée créant le lien visé au point g);

c)

une description du produit, comprenant, le cas échéant, les matières premières;

d)

la preuve que le produit est originaire de l’aire géographique délimitée spécifiée à l’article 5, point c);

d)

la définition de l’aire géographique délimitée créant le lien visé au point g);

e)

une description de la méthode de production ou d’obtention du produit et, le cas échéant, des méthodes traditionnelles et des pratiques spécifiques employées;

e)

la preuve que le produit est originaire de l’aire géographique délimitée spécifiée à l’article 5, point c);

f)

des informations relatives au conditionnement, si le groupement de producteurs demandeur estime et justifie de manière satisfaisante par des arguments spécifiques au produit que le conditionnement doit avoir lieu dans l’aire géographique délimitée afin de sauvegarder la qualité, de garantir l’origine ou d’assurer le contrôle, compte tenu du droit de l’Union, notamment en matière de libre circulation des biens et de libre circulation des services;

f)

une description de la méthode de production ou d’obtention du produit et, le cas échéant, des méthodes traditionnelles et des pratiques spécifiques employées;

g)

les éléments établissant le lien entre une qualité déterminée, la réputation ou une autre caractéristique du produit et l’origine géographique visée à l’article 5, point b);

g)

des informations relatives au conditionnement, si le groupement de producteurs demandeur estime et justifie de manière satisfaisante par des arguments spécifiques au produit que le conditionnement doit avoir lieu dans l’aire géographique délimitée afin de sauvegarder la qualité, de garantir l’origine ou d’assurer le contrôle, compte tenu du droit de l’Union, notamment en matière de libre circulation des biens et de libre circulation des services;

h)

toute règle spécifique d’étiquetage pour le produit en question;

h)

les éléments établissant le lien entre une qualité déterminée, la réputation ou une autre caractéristique du produit et l’origine géographique visée à l’article 5, point b);

i)

les autres exigences applicables lorsqu’elles sont prévues par les États membres ou par un groupement de producteurs, le cas échéant, en tenant compte du fait que ces exigences doivent être objectives, non discriminatoires et compatibles avec le droit de l’Union.

i)

toute règle spécifique d’étiquetage pour le produit en question;

j)

l’autorité compétente de contrôle du produit;

k)

les autres exigences applicables lorsqu’elles sont prévues par les États membres ou par un groupement de producteurs, le cas échéant, en tenant compte du fait que ces exigences doivent être objectives, non discriminatoires et compatibles avec le droit de l’Union.

Exposé des motifs

—

Il faut éviter de reconnaître un nouveau nom dépourvu de lien avec le patrimoine local ou les usages des acteurs du territoire: une IG constitue un élément patrimonial intangible dont la validité s’évalue par la pratique et l’usage qui en est fait.

—

Le cahier des charges doit être plus détaillé et apporter des précisions quant à la définition du produit couvert, comme pour les IG agricoles: le critère «type de produit» participe de cette définition en précisant la famille de produits, telle que: poteries, porcelaines, pierres naturelles, etc.

Amendement 6

Article 8, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le document unique comprend:

a)

les éléments principaux suivants du cahier des charges du produit:

i)

la dénomination;

ii)

une description du produit, y compris, le cas échéant, les règles spécifiques applicables à son conditionnement et à son étiquetage;

iii)

une description succincte de la délimitation de l’aire géographique;

1. Le document unique comprend:

a)

les éléments principaux suivants du cahier des charges du produit:

i)

la dénomination;

ii)

le type de produit;

iii)

une description du produit, y compris, le cas échéant, les règles spécifiques applicables à son conditionnement et à son étiquetage , ainsi que des principales étapes du processus de fabrication ;

iv)

une description succincte de la délimitation de l’aire géographique;

Exposé des motifs

Le document unique constitue une synthèse du cahier des charges; c’est le document sur lequel se basera l’EUIPO pour évaluer les demandes d’obtention d’une IG. À ce titre, il est nécessaire d’y intégrer l’information essentielle et pertinente, requise pour l’évaluation du dossier au niveau de l’Union: le type de produit et le processus de fabrication du produit sont des éléments nécessaires à la bonne compréhension de la demande d’IG et à l’évaluation de son éligibilité au regard des critères exigés.

Amendement 7

Article 22, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. En cas d’opposition, la dénomination pour laquelle une demande d’enregistrement a été déposée n’est pas enregistrée si:

2. En cas d’opposition, la dénomination pour laquelle une demande d’enregistrement a été déposée n’est pas enregistrée si:

a)

l’indication géographique proposée ne respecte pas les exigences de protection établies dans le présent règlement;

a)

l’indication géographique proposée ne respecte pas les exigences de protection établies dans le présent règlement;

b)

l’enregistrement de l’indication géographique proposée serait contraire à l’article 37, 38 ou 39;

b)

l’enregistrement de l’indication géographique proposée serait contraire à l’article 3 5, 37, 38 ou 39;

c)

l’enregistrement de l’indication géographique proposée porterait préjudice à l’existence d’une dénomination totalement ou partiellement identique ou d’une marque, ou à l’existence de produits qui se trouvent légalement sur le marché pendant une période d’au moins cinq ans précédant la date de la publication prévue à l’article 18, paragraphe 3.

c)

l’enregistrement de l’indication géographique proposée porterait préjudice à l’existence d’une dénomination totalement ou partiellement identique ou d’une marque, ou à l’existence de produits qui se trouvent légalement sur le marché pendant une période d’au moins cinq ans précédant la date de la publication prévue à l’article 18, paragraphe 3.

Exposé des motifs

L’ajout de la référence à l’article 35 permet, en cas d’opposition, de recourir à l’ensemble des bases juridiques utilisées pour protéger les IG, de renforcer la protection de l’IG déjà reconnue et d’éviter le dépôt d’IG concurrentes/illégitimes.

Amendement 8

Article 23

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. L’Office peut décider d’étendre la période transitoire accordée en vertu du paragraphe 1 à 15 ans au maximum ou permettre la poursuite de l’utilisation pendant 15 ans au maximum, pour autant qu’il soit également démontré que:

a)

la dénomination dans l’appellation visée au paragraphe 1 a été utilisée légalement sur la base des usages constants et loyaux pendant au moins 25 ans avant le dépôt de la demande d’enregistrement de l’indication géographique concernée auprès de l’Office;

b)

l’utilisation de la dénomination dans l’appellation visée au paragraphe 1 n’a eu, à aucun moment, pour objet de profiter de la réputation de la dénomination du produit qui a été enregistré en tant qu’indication géographique; et

c)

le consommateur n’a pas été ni pu être induit en erreur quant à la véritable origine du produit.

5. Afin de surmonter certaines difficultés temporaires liées à la réalisation de l’objectif à long terme qui est de faire respecter le cahier des charges correspondant par l’ensemble des producteurs d’un produit désigné par une indication géographique dans la zone concernée, un État membre peut accorder une période transitoire pour s’y conformer de dix ans au maximum, prenant effet à compter de la date du dépôt de la demande auprès de l’Office, à condition que les opérateurs concernés aient légalement commercialisé les produits en question en utilisant les dénominations concernées de façon continue pendant une période d’au moins cinq ans précédant le dépôt de la demande auprès des autorités de l’État membre et qu’ils aient précisé ce fait dans la procédure nationale d’opposition visée à l’article 13.

5. Afin de surmonter certaines difficultés temporaires liées à la réalisation de l’objectif à long terme qui est de faire respecter le cahier des charges correspondant par l’ensemble des producteurs d’un produit désigné par une indication géographique dans la zone concernée, un État membre peut accorder une période transitoire pour s’y conformer de cinq ans au maximum, prenant effet à compter de la date du dépôt de la demande auprès de l’Office, à condition que les opérateurs concernés aient légalement commercialisé les produits en question en utilisant les dénominations concernées de façon continue pendant une période d’au moins cinq ans précédant le dépôt de la demande auprès des autorités de l’État membre et qu’ils aient précisé ce fait dans la procédure nationale d’opposition visée à l’article 13.

Exposé des motifs

Les périodes transitoires doivent être limitées afin de ne pas affaiblir la protection des IG ou de légitimer des usurpations existantes.

Amendement 9

Article 26, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. À l’entrée en vigueur d’une décision enregistrant une indication géographique protégée, l’Office consigne les données suivantes dans le registre des indications géographiques de l’Union pour les produits artisanaux et industriels:

3. À l’entrée en vigueur d’une décision enregistrant une indication géographique protégée, l’Office consigne les données suivantes dans le registre des indications géographiques de l’Union pour les produits artisanaux et industriels:

a)

la dénomination enregistrée pour le produit;

b)

la classe du produit;

c)

la référence à l’instrument juridique enregistrant la dénomination;

d)

l’indication du ou des pays d’origine.

a)

la dénomination de l’indication géographique protégée enregistrée pour le produit;

b)

le type de produit;

c)

les bénéficiaires de l’indication géographique protégée;

d)

la référence à l’instrument juridique enregistrant la dénomination;

e)

l’indication du ou des pays d’origine.

Exposé des motifs

Clarification du texte.

Amendement 10

Article 29, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. L’Office peut, de sa propre initiative ou sur demande dûment motivée d’un État membre, d’un pays tiers ou d’une personne physique ou morale ayant un intérêt légitime, décider d’annuler l’enregistrement d’une indication géographique dans les cas suivants:

1. L’Office peut, de sa propre initiative ou sur demande dûment motivée d’un État membre, d’un pays tiers ou d’une personne physique ou morale ayant un intérêt légitime, décider d’annuler l’enregistrement d’une indication géographique dans les cas suivants:

a)

lorsque le respect des exigences du cahier des charges ne peut plus être assuré;

b)

lorsque aucun produit n’a été mis sur le marché sous l’indication géographique pendant au moins sept années consécutives.

a)

lorsque le respect des exigences du cahier des charges ne peut plus être assuré;

b)

lorsque aucun produit n’a été mis sur le marché sous l’indication géographique pendant au moins dix années consécutives.

Exposé des motifs

Le délai de sept ans apparaît relativement fortuit. Au regard des difficultés potentielles en termes de chaînes d’approvisionnement et de la possibilité d’écouler des stocks, un délai d’extinction plus généreux peut être accordé.

Amendement 11

Article 33, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. Le conseil consultatif se compose d’un représentant de chaque État membre et d’un représentant de la Commission ainsi que de leurs suppléants respectifs.

5. Le conseil consultatif se compose d’un représentant de chaque État membre, d’un représentant de la Commission et d’un expert indépendant reconnu pour le type de produit(s) concerné(s), y compris représentant de collectivités régionales ou locales le cas échéant, ainsi que de leurs suppléants respectifs.

Exposé des motifs

La composition du conseil consultatif devrait rester flexible et permettre la nomination d’experts indépendants dont l’expertise pourrait être pertinente pour accompagner l’EUIPO dans l’évaluation des demandes.

Amendement 12

Article 44, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Dans le cas de produits artisanaux et industriels originaires de l’Union, commercialisés sous une indication géographique, le symbole de l’Union visé au paragraphe 1 peut figurer sur l’étiquetage et sur la publicité. L’indication géographique apparaît dans le même champ visuel que le symbole de l’Union.

2. Dans le cas de produits artisanaux et industriels originaires de l’Union, commercialisés sous une indication géographique, le symbole de l’Union visé au paragraphe 1 doit figurer sur l’étiquetage, la publicité ou les supports de communication . L’indication géographique apparaît dans le même champ visuel que le symbole de l’Union.

Exposé des motifs

L’utilisation d’un logo européen obligatoire est indispensable pour que les consommateurs ou clients reconnaissent/identifient ces produits. L’étiquetage ne convenant pas à toutes les IGIA, il est plus pertinent de parler de «support de communication».

Amendement 13

Article 50, paragraphe 2, point b)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

b)

l’organisme délégataire de certification de produits:

b)

l’organisme délégataire de certification de produits ou la personne physique :

i)

possède l’expertise, l’équipement et les infrastructures nécessaires pour réaliser les tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées;

ii)

dispose d’un personnel dûment qualifié et expérimenté en nombre suffisant;

iii)

est impartial et libre de tout conflit d’intérêts et, en particulier, ne se trouve pas dans une situation susceptible d’avoir une incidence directe ou indirecte sur son impartialité professionnelle en ce qui concerne la réalisation des tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées; et

iv)

dispose de pouvoirs suffisants pour réaliser les tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées; et

i)

possède l’expertise, l’équipement et les infrastructures nécessaires pour réaliser les tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées , y compris concernant la comptabilité des entreprises ;

ii)

dispose d’un personnel dûment qualifié et expérimenté en nombre suffisant;

iii)

est impartial et libre de tout conflit d’intérêts et, en particulier, ne se trouve pas dans une situation susceptible d’avoir une incidence directe ou indirecte sur son impartialité professionnelle en ce qui concerne la réalisation des tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées; et

iv)

dispose de pouvoirs suffisants pour réaliser les tâches de contrôle officiel qui lui ont été déléguées;

c)

lorsque les tâches de contrôle officiel sont déléguées à des personnes physiques, ces dernières:

i)

possèdent l’expertise, l’équipement et les infrastructures nécessaires pour réaliser les tâches de contrôle officiel qui leur ont été déléguées;

ii)

sont dûment qualifiées et expérimentées;

iii)

agissent en toute impartialité et sont libres de tout conflit d’intérêts en ce qui concerne l’exercice des tâches de contrôle officiel qui leur ont été déléguées; et

Exposé des motifs

Il ne devrait pas y avoir de différenciations dans les exigences formulées à l’égard des organismes ou des personnes physiques auxquels ont été déléguées les tâches de contrôles officiels.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

se félicite de la proposition de la Commission européenne, qui répond à une demande forte des collectivités locales et régionales européennes. Pour les collectivités locales et régionales, une indication géographique industrielle et artisanale (IGIA) permet de protéger un patrimoine, de maintenir de la valeur ajoutée et des emplois sur un territoire et de renforcer son identité;

2.

rappelle que, dans son avis d’octobre 2021, le Comité européen des régions appelait à la mise en place d’un système sui generis de protection des IGIA afin que l’Union européenne se dote d’un cadre juridique complet en matière d’indications géographiques, qui assure un même niveau de protection quelle que soit la nature de l’IG;

3.

se félicite que la présente proposition s’inspire de l’expérience des IG en matière agricole et agroalimentaire et qu’une approche harmonisée entre les différents régimes soit privilégiée;

4.

réitère sa demande, afin d’assurer la cohérence entre les deux systèmes, qu’un solide mécanisme de coordination entre les services concernés de la Commission européenne et de l’EUIPO soit mis en place;

5.

recommande que les attributions de l’EUIPO en matière de vérification des indications géographiques soient clairement déterminées dans un acte légal de façon à permettre à l’EUIPO de constituer en temps utile l’expertise nécessaire à l’évaluation des demandes et de leur éligibilité au regard des critères exigés;

6.

souligne la nécessité de mettre en place un registre commun d’indications géographiques pour faciliter l’accès à l’information des consommateurs, des producteurs, des États et des collectivités locales et régionales;

7.

attire néanmoins l’attention des colégislateurs sur la spécificité et la diversité des produits et des écosystèmes concernés par la présente proposition par rapport aux produits agricoles, et appelle à la vigilance afin qu’elle soit bien prise en compte, et ce de façon cohérente, dans l’ensemble de la proposition;

8.

constate que la définition proposée pour les «produits artisanaux» ne correspond pas aux pratiques dans certains États membres et appelle donc l’Union européenne à se doter d’une définition qui couvre les processus de fabrication existants dans l’Union, qu’ils soient entièrement manuels, mécaniques ou mixtes;

9.

rappelle toute l’importance qu’il accorde à la question de l’innovation et de la recherche, qui ne devra pas être bloquée par les cahiers des charges ni par une interprétation trop restrictive des termes «tradition» et «traditionnel»;

10.

souligne qu’il importe que, dans des cas spécifiques et fondés, la demande d’enregistrement d’une IG soit accordée à une collectivité régionale ou locale;

11.

rappelle que nombre d’entre elles accompagnent déjà les filières, aussi bien dans la structuration, la phase d’élaboration des IGIA, que dans la mise en œuvre et leur promotion;

12.

note l’existence d’une procédure d’enregistrement direct et demande à ce que l’égalité de traitement soit assurée dans l’ensemble des procédures, avec ou sans étape nationale d’enregistrement;

13.

rappelle la nécessité de mettre en œuvre des contrôles crédibles garantissant le respect du cahier des charges par les fabricants ainsi que la sécurité et la confiance des consommateurs, et réitère que les contrôles externes doivent être privilégiés afin de garantir un contrôle fiable et indépendant à des coûts acceptables;

14.

s’inquiète ainsi de la procédure de contrôle fondée sur une autodéclaration telle que proposée par la Commission européenne, qui n’offre pas assez de garanties en matière de contrôle et serait susceptible d’entraîner des dérives potentiellement préjudiciables à la crédibilité du dispositif;

15.

souligne l’intérêt d’opter pour une approche similaire aux IG en matière agricole et agroalimentaire, qui a fait ses preuves, afin d’harmoniser les régimes;

16.

réitère la nécessité d’une procédure d’enregistrement limitée dans le temps et recommande en particulier à cet effet de préciser la durée maximale de la décision concernant la demande nationale et européenne;

17.

souligne l’importance de veiller à ce que les coûts, en particulier ceux liés aux recours, comme la taxe de recours, ne soient pas discriminants, de façon que chaque titulaire d’IG y ait accès;

18.

souligne la nécessité de proposer, au niveau européen, des mesures visant à soutenir les actions de certification, d’organisation des professionnels et d’information et de promotion des IGIA. De telles mesures de soutien favoriseront le déploiement du système au sein de l’Union, permettant ainsi de sauvegarder et de développer sur les territoires une activité économique non délocalisable;

19.

souscrit à l’analyse de la Commission relative au respect du principe de subsidiarité par la présente proposition. En effet, cette dernière vise à créer un marché intérieur performant pour les IGIA, dont la protection relève de la compétence partagée de l’Union et de ses États membres. Les États membres ne peuvent à eux seuls atteindre cet objectif en raison d’une multitude de règles divergentes, qui ont été élaborées au niveau national et ne sont pas mutuellement reconnues. Le maintien des seules approches nationales se traduirait par une insécurité juridique pour les producteurs, empêcherait la transparence du marché pour les consommateurs, affecterait les échanges à l’intérieur de l’Union et ouvrirait la voie à une concurrence inégale dans la commercialisation de produits protégés par des IG. La proposition de la Commission représente dès lors une vraie valeur ajoutée européenne.

Bruxelles, le 11 octobre 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


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