| CELEX | 52022AR4206 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 9 février 2023 |
| 3.5.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 157/38 |
Avis du Comité européen des régions sur le thème «Législation de l’Union européenne sur la restauration de la nature»
(2023/C 157/08)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Amendement 1
Considérant 25
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| En s’appuyant sur les directives 92/43/CEE et 2009/147/CE et afin de soutenir la réalisation des objectifs qui y sont fixés, les États membres devraient mettre en place des mesures de restauration visant à garantir le rétablissement des habitats et des espèces protégés, notamment les oiseaux sauvages, dans l’ensemble des régions de l’Union, y compris les zones qui ne relèvent pas de Natura 2000. | En s’appuyant sur les directives 92/43/CEE et 2009/147/CE et afin de soutenir la réalisation des objectifs qui y sont fixés, les États membres devraient mettre en place des mesures de restauration visant à garantir le rétablissement des habitats et des espèces protégés, notamment les oiseaux sauvages, dans l’ensemble des régions de l’Union, y compris les zones qui ne relèvent pas de Natura 2000 , en tenant compte des exigences économiques, sociales et culturelles, ainsi que des particularités régionales et locales . |
Exposé des motifs
L’examen des mesures nécessaires à la restauration de la nature dans une zone relève de la compétence nationale. À cet égard, il convient de tenir compte des considérations locales, sociales et économiques sans perdre de vue les objectifs liés à la nature.
Amendement 2
Considérant 39
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Afin d’atteindre l’objectif de rétablir sur le long terme, de manière continue et durable, la biodiversité et la résilience de la nature, il convient que les États membres aient pleinement recours aux possibilités qu’offre la politique commune de la pêche. Dans le cadre de la compétence exclusive de l’Union en matière de conservation des ressources biologiques marines, les États membres ont la possibilité de prendre des mesures non discriminatoires en faveur de la conservation et la gestion des stocks halieutiques et le maintien ou l’amélioration de l’état de conservation des écosystèmes marins dans la limite de 12 milles marins. En outre, les États membres qui ont un intérêt direct dans la gestion ont la possibilité de convenir de soumettre des recommandations communes concernant les mesures de conservation nécessaires au respect des obligations prévues par le droit de l’Union en matière d’environnement. Ces mesures seront évaluées et adoptées conformément aux règles et procédures prévues par la politique commune de la pêche. | Afin d’atteindre l’objectif de rétablir de manière continue , pérenne et durable, la biodiversité et la résilience de la nature, il convient que les États membres aient pleinement recours aux possibilités qu’offre la politique commune de la pêche. Dans le cadre de la compétence exclusive de l’Union en matière de conservation des ressources biologiques marines, les États membres ont la possibilité de prendre des mesures non discriminatoires en faveur de la conservation et la gestion des stocks halieutiques et le maintien ou l’amélioration de l’état de conservation des écosystèmes marins dans la limite de 12 milles marins. En outre, les États membres qui ont un intérêt direct dans la gestion ont la possibilité de convenir de soumettre des recommandations communes concernant les mesures de conservation nécessaires au respect des obligations prévues par le droit de l’Union en matière d’environnement. Ces mesures seront évaluées et adoptées conformément aux règles et procédures prévues par la politique commune de la pêche. |
Exposé des motifs
L’expression «sur le long terme» semble laisser entendre qu’il faudra beaucoup de temps pour que la restauration intervienne. Il est préférable d’utiliser le terme «pérenne», dont le sens est non équivoque.
Amendement 3
Considérant 44
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Il convient de tenir pleinement compte des plans d’aménagement existants des collectivités locales car de nombreuses villes prévoient d’ores et déjà, au moyen de ces plans ou d’autres instruments locaux d’affectation fonctionnelle de l’espace, des mesures à titre compensatoire ou complémentaire.
Amendement 4
Considérant 68
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR |
| Afin d’assurer la mise en œuvre efficace du présent règlement, la Commission devrait soutenir les États membres qui en font la demande, par l’intermédiaire de l’instrument d’appui technique qui fournit un appui technique sur mesure pour la conception et la mise en œuvre de réformes. L’appui technique suppose , notamment, le renforcement des capacités administratives, l’harmonisation des cadres législatifs et le partage des meilleures pratiques pertinentes. | Afin d’assurer la mise en œuvre efficace du présent règlement, la Commission devrait soutenir les États membres qui en font la demande , les autorités chargées de la mise en œuvre, de la gestion ainsi que les collectivités locales et régionales , par l’intermédiaire de l’instrument d’appui technique qui fournit un appui technique sur mesure pour la conception, la mise en œuvre , l’évaluation et l’adaptation de s réformes. L’appui technique suppose : les capacités en matière de mécanismes de participation (transsectoriels) des instances de décision et des acteurs concernés et en matière d’instruments de gouvernance à plusieurs niveaux; les capacités d’attirer et de rationaliser les investissements des secteurs public et privé; des conseils personnalisés en matière d’expertise technique, juridique et financière nécessaire pour élaborer, mettre en œuvre et suivre les mesures de restauration; des orientations relatives au renforcement des capacités administratives , à l’harmonisation des cadres législatifs et au partage des meilleures pratiques pertinentes. L’instrument d’appui technique devrait s’appuyer sur les plateformes et les services locaux, régionaux et nationaux existants en matière de connaissances, qui sont déjà utilisés par différentes parties prenantes, et être bien intégré dans ces plateformes et ces services. |
Exposé des motifs
Le système de soutien technique doit s’adresser aux autorités de gestion et aux collectivités locales et régionales qui mettent en œuvre la loi. Le manque de compétences techniques et d’expérience avec les instruments de financement (du secteur privé) figurent parmi les principales difficultés à surmonter pour élaborer, mettre en œuvre et suivre les mesures de restauration. Pour une restauration des écosystèmes à grande échelle, il est indispensable de pouvoir compter sur l’engagement effectif des instances de décision et sur des partenariats qui vont au-delà du «cercle des habitués». Toutefois, les fonctionnaires qui élaborent les plans nationaux de restauration manquent souvent d’expérience et de ressources pour associer des acteurs autres que les instances publiques habituelles, tels que les propriétaires fonciers privés. Il est donc urgent de combler ces lacunes par un système de soutien technique efficace.
Amendement 5
Article premier
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||||||
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Exposé des motifs
L’expression «sur le long terme» semble laisser entendre qu’il faudra beaucoup de temps pour que la restauration intervienne. Il est préférable d’utiliser le terme «pérenne», dont le sens est non équivoque.
Il faut comprendre que l’introduction continue d’espèces végétales et animales non indigènes entraîne une dégradation des écosystèmes d’origine par le déplacement, la concurrence et l’extinction d’espèces indigènes.
Amendement 6
Article premier
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
L’objectif de restauration général doit être compris comme couvrant respectivement les zones terrestres et maritimes de l’Union, et non pas comme s’il les cumulait (c’est-à-dire au moins 20 % des zones terrestres et 20 % des zones maritimes de l’Union d’ici à 2030).
Amendement 7
Article 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||||||
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Exposé des motifs
Les espaces verts urbains offrent des services écosystémiques et des avantages pour la biodiversité. Toutefois, la capacité de ces zones à soutenir la biodiversité est étroitement liée à leur qualité, leur configuration, leur structure et leur étendue. La législation ne prévoit pas de dispositions spécifiques relatives à la qualité, la structure ou la gestion des espaces verts urbains. Il est essentiel que la proposition de règlement s’applique également à l’«espace vert urbain» afin d’éviter toute mauvaise mise en œuvre et transposition de la législation sur le terrain.
Amendement 8
Article 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
La législation devrait comporter des précisions sur les caractéristiques et la diversité des espèces d’arbres, qui sont importantes pour la fourniture de services écosystémiques et les gains de biodiversité.
Amendement 9
Article 4
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Il est important de mentionner que la connectivité devrait viser à créer ou à reconnecter des corridors écologiques.
Amendement10
Article 4
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Exposé des motifs
Pour plusieurs types d’habitats, les bases de données existantes manquent d’informations locales explicites sur le plan spatial concernant l’état des communautés, les niveaux de référence ou les éléments qui entraînent la dégradation de l’habitat, et ne fournissent donc pas de base scientifiquement solide pour établir un ordre de priorité pour les zones ou les actions de restauration. Il convient de produire aussi vite que possible les preuves scientifiques recueillies afin de s’atteler aussitôt à l’élaboration des plans et à leur mise en œuvre.
Amendement 11
Article 4
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Exposé des motifs
L’interdiction de détérioration ne devrait pas se faire au détriment de projets en cours qui contribuent à réaliser d’autres objectifs liés à la transition, comme la transition énergétique, la numérisation et la durabilité des infrastructures. Le texte est aligné sur l’article 6, paragraphe 4, de la directive «Habitats» 92/43/CEE (1).
Amendement 12
Article 5
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Exposé des motifs
Pour plusieurs types d’habitats, les bases de données existantes manquent d’informations locales explicites sur le plan spatial concernant l’état des communautés, les niveaux de référence ou les éléments qui entraînent la dégradation de l’habitat, et ne fournissent donc pas de base scientifiquement solide pour établir un ordre de priorité pour les zones ou les actions de restauration. Il convient de produire aussi vite que possible les preuves scientifiques recueillies afin de s’atteler aussitôt à l’élaboration des plans et à leur mise en œuvre.
Amendement 13
Article 5
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Exposé des motifs
L’interdiction de détérioration ne devrait pas se faire au détriment de projets en cours qui contribuent à réaliser d’autres objectifs liés à la transition, comme la transition énergétique, la numérisation et la durabilité des infrastructures. Le texte est aligné sur l’article 6, paragraphe 5, de la directive «Habitats» 92/43/CEE.
Amendement 14
Article 6
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Exposé des motifs
La formulation de l’objectif a engendré un malentendu. Divers acteurs ont compris qu’il prévoyait d’augmenter de 3 % puis de 5 % la superficie totale nationale des espaces verts, tandis que l’analyse d’impact indique clairement que la référence est la superficie nationale totale couverte par les unités administratives locales.
Amendement 15
Article 7
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
La proposition devrait contenir des objectifs quantifiés et assortis d’échéances afin de supprimer les obstacles et de rétablir véritablement la connectivité des cours d’eau. Les États membres devraient être tenus de rétablir 15 % de la longueur des cours d’eau en cours d’eau à courant libre d’ici à 2030 grâce à l’élimination des barrières et à la restauration des plaines inondables qui y sont associées.
Amendement 16
Article 7
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Outre la proposition faite aux États membres de s’attaquer en priorité à la suppression des obstacles obsolètes, un autre critère important pour guider l’identification des obstacles à supprimer devrait être le gain écologique qui en résultera.
Amendement 17
Article 9
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Les écosystèmes agricoles et la productivité alimentaire européenne sont menacés par la pénétration de nouveaux organismes nuisibles sur notre territoire, qui entraînent des pertes de cultures, rendent nécessaire une utilisation massive de pesticides et ont une incidence sur la biodiversité des écosystèmes européens.
Amendement 18
Article 9
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Exposé des motifs
Les tourbières étant les plus grandes réserves de carbone terrestres naturelles, elles constituent, si elles sont endommagées, une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre. Il est donc suggéré d’accroître la remise en eau (la mesure la plus efficace de restauration des tourbières), ce qui contribuerait à réduire sensiblement les émissions et à atteindre l’objectif global.
Amendement 19
Article 9
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Il est essentiel de réduire l’utilisation des pesticides et des engrais et, le cas échéant, de les remplacer par des produits naturels sûrs et des techniques alternatives non polluantes.
Amendement 20
Article 10
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Exposé des motifs
Les raisons qui ont amené à déposer cet amendement ne nécessitent pas d’explication.
Amendement 21
Article 10
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Exposé des motifs
Il est urgent de mettre en œuvre les mesures déjà prévues par des règlements et des recommandations au niveau européen en matière de restauration des forêts.
Amendement 22
Article 11
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Exposé des motifs
En fonction des conditions et des besoins locaux, il conviendrait qu’il soit du ressort de chaque État membre de définir dans son plan national la notion de «proximité» des centres et pôles urbains, de manière à ce qu’elle soit compatible avec sa structure urbaine, ses frontières administratives et ses autres facteurs pertinents au niveau local et national.
Amendement 23
Article 11
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Il est nécessaire de définir des orientations et un cadre clairs et communs concernant les exigences minimales que doivent respecter les États membres pour définir des niveaux satisfaisants (s’appliquant aux objectifs pour les pollinisateurs et les écosystèmes agricoles et forestiers).
Amendement 24
Article 11
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Le recensement et l’affectation des zones propices aux énergies renouvelables devraient tenir compte des espaces et du fonctionnement des mesures de restauration des écosystèmes à mettre en place.
Amendement 25
Article 11
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Exposé des motifs
Des processus et des mécanismes de participation similaires, tels que les stratégies et les plans d’action locaux en faveur de la biodiversité et les plans d’écologisation de l’espace urbain, pourraient servir de référence.
Amendement 26
Article 11
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
L’instrument d’appui technique doit s’adresser aux autorités de gestion et aux collectivités locales et régionales qui mettent en œuvre la loi. Le manque de compétences techniques et d’expérience avec les instruments de financement (du secteur privé) figurent parmi les principales difficultés à surmonter pour élaborer, mettre en œuvre et suivre les mesures de restauration. Afin de s’assurer de parvenir à restaurer la nature, l’appui technique devrait également comprendre les approches intégrées locales.
Amendement 27
Article 11
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Le cloisonnement des compétences entre les administrations fait obstacle à une vision intégrée nécessaire à la gestion efficace des habitats ou des bassins versants qui transcende les frontières administratives. La contribution des collectivité locales, régionales et nationales et des autorités de gestion aux plans nationaux de réforme est indispensable pour établir une telle vision commune et intégrée de la restauration et éviter toute mauvaise mise en œuvre (par exemple en protégeant des espèces sur un territoire donné, mais pas sur le territoire voisin). Des structures et des processus de gouvernance formalisés seront nécessaires pour assurer une coordination et un suivi efficaces des actions de restauration.
Amendement 28
Article 12
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||||||
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Exposé des motifs
Il est pertinent que les collectivités locales et régionales, les autorités de gestion et les propriétaires fonciers soient associés à l’élaboration des plans nationaux de restauration, étant donné que c’est à eux que vont incomber, en fin de compte, la conception, la mise en œuvre, le contrôle et le cofinancement des mesures de restauration.
Amendement 29
Article 16
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
La convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, signée à Aarhus en 1998, fournit un cadre approprié pour garantir le respect des procédures nécessaires en ce qui concerne la législation sur la restauration de la nature.
Amendement 30
Article 17
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||||||
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Exposé des motifs
Les raisons qui ont amené à déposer cet amendement ressortent de son texte même.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)
| 1. | reconnaît que la proposition de législation sur la restauration de la nature constitue une avancée cruciale en matière de lutte contre la perte de biodiversité et les effets du changement climatique et se félicite de son approche à l’égard d’objectifs juridiquement contraignants, assortis d’échéances et échelonnés visant à garantir la protection et la restauration de tous les écosystèmes dans les États membres afin de remédier de toute urgence à leur dégradation; voit en cette proposition, pour peu que les modifications nécessaires y soient apportées, un progrès majeur qui orientera la mise en œuvre d’un cadre mondial ambitieux en matière de biodiversité pour l’après-2020; |
| 2. | constate que, dans le cadre de l’analyse d’impact, la taille des espaces verts et leur potentiel d’expansion au moyen de changements d’affectation des sols ont été examinés à l’échelle de l’Union, et que les objectifs ont été jugés réalistes. L’analyse n’a toutefois pas tenu compte de la diversité des situations et des points de départ des différents pays et régions ou villes. Le CdR souligne qu’il s’impose d’adapter d’urgence la proposition afin de tenir compte des réalités actuelles variables d’un État membre, d’une région et d’une commune à l’autre, en ce qui concerne la quantité et la qualité des différents écosystèmes, la structure de la région, de la ville ou de la commune ou de l’aire urbaine, ainsi que les structures administratives et la propriété foncière; |
| 3. | attire l’attention sur les dévastations environnementales à grande échelle causées par l’agression brutale et illégale de l’Ukraine par la Russie; souligne que les dégradations de l’environnement et les problèmes qu’elles entraînent auront des répercussions transfrontières, affectant aussi bien la santé humaine que les écosystèmes locaux; demande instamment d’entreprendre dès à présent les démarches appropriées et de réfléchir aux actions concrètes en faveur de la biodiversité et de la restauration des écosystèmes qu’il conviendra de mener une fois le conflit terminé; |
| 4. | souligne le rôle de premier plan que jouent les collectivités locales et régionales dans l’élaboration conjointe des plans nationaux de restauration, le recensement des zones de restauration et la définition des indicateurs fondés sur les priorités locales et les besoins des communautés, le cofinancement public et privé et la participation des parties prenantes et du public, ainsi que dans la mise en œuvre d’initiatives de restauration locales, intégrées et territorialisées; insiste sur le rôle clé des collectivités locales en matière de suivi et d’établissement de rapports sur les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs pour les écosystèmes urbains et autres qui se situent dans les limites des unités administratives locales. Il importe de veiller à ce que le suivi et la rédaction de rapports ne deviennent pas inutilement contraignants sur le plan administratif, et à ce que des outils numériques puissent être utilisés pour faciliter le travail; |
| 5. | insiste pour que les collectivités locales et régionales définissent les écosystèmes ciblés, notamment les espaces verts urbains, et les besoins quantitatifs et qualitatifs de développement correspondants en prenant en considération leur développement urbain local intégré, et coopèrent dans ce cadre étroitement avec les États membres et les autorités de gestion, de façon à tenir compte des réalités locales en matière de structure urbaine et de nature et afin de garantir une approche équitable de la restauration dans les zones urbaines et périurbaines; |
| 6. | invite instamment les États membres à s’assurer que les plans nationaux de restauration tiennent compte des conditions et des caractéristiques socio-économiques, géographiques et environnementales propres à la zone locale concernée, à la communauté locale et au contexte régional ainsi que des besoins de restauration pertinents, en particulier en rapport avec les écosystèmes particulièrement vulnérables tels que les régions ultrapériphériques, insulaires, montagneuses, tourbeuses et humides ou les régions abritant des espèces endémiques ou menacées, et également avec les écosystèmes urbains; demande que les écosystèmes particulièrement vulnérables bénéficient d’une attention particulière dans la législation sur la restauration de la nature et que le caractère spécifique de leur contexte et de leurs besoins de restauration y soit reconnu; |
| 7. | insiste sur la nécessité de reconnaître l’importance des interactions bioculturelles pour façonner les identités locales et promouvoir les paysages agricoles à haute valeur culturelle et naturelle, car elles contribuent de manière essentielle au rétablissement du lien entre l’identité culturelle et les écosystèmes à l’échelle mondiale; |
| 8. | se félicite que la Commission européenne ait inclus, dans la législation sur la restauration de la nature, une analyse d’impact approfondie portant sur l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Le raisonnement présenté en rapport avec la valeur ajoutée européenne de la proposition et le déploiement de mesures découlant des compétences de l’Union dans les domaines de l’environnement et du changement climatique est conforme aux principes de subsidiarité et de proportionnalité; fait néanmoins observer que l’article 6 fait l’impasse sur les conséquences directes et indirectes, à savoir les répercussions financières ainsi que les incidences sur l’administration interne et les systèmes judiciaires des États membres; |
| 9. | met en avant le rôle incontournable des écosystèmes pour stocker le carbone et protéger des conséquences du changement climatique; aussi est-il nécessaire non seulement de mettre fin à des pratiques qui leur nuisent, telles que la déforestation, l’imperméabilisation des sols ou l’extraction de tourbe, mais aussi de les protéger et les restaurer de manière ciblée, à l’exemple de la renaturation des ruisseaux, des tourbières et des zones humides; |
| 10. | souligne que le règlement doit tenir compte des différentes circonstances et des différentes situations initiales existantes, tant au niveau national que local, en ce qui concerne, par exemple, la division administrative, la densité et la structure des espaces verts, ainsi que les besoins locaux et nationaux. Aussi convient-il de renforcer les approches intégrées à l’échelon local en matière de développement des villes et des communes. Les définitions et les niveaux d’exigences doivent être clairs et pertinents dans l’ensemble de l’Union; |
| 11. | insiste sur la nécessité pour les villes et les communes d’accroître leur résilience face aux changements climatiques en protégeant, favorisant et restaurant leurs infrastructures bleues grâce à la revitalisation des canaux et des ruisseaux et à l’installation de petites étendues d’eau; invite les États membres, dans le cadre du règlement à l’examen, à s’assurer que toutes les villes et les communes de plus de 20 000 habitants conçoivent, adoptent et appliquent des plans pour développer rapidement leurs espaces verts et bleus; |
A. L’intégration et la cohérence des politiques
| 12. | réaffirme l’importance d’intégrer la législation sur la restauration de la nature aux politiques et stratégies existant au niveau local, régional et à d’autres échelons infranationaux, et insiste sur la nécessité de disposer d’instruments et de mécanismes adéquats pour renforcer le caractère obligatoire et l’efficacité qualitative de la législation aux niveaux local et infranational; souligne dans le même temps qu’il y a lieu de consolider, et de ne pas entraver, le potentiel que recèlent les collectivités locales et régionales lorsqu’il s’agit de contribuer, grâce à leurs connaissances locales et à leurs solutions de terrain, à la réalisation d’objectifs communs de protection de la nature. Malgré les structures des unités administratives locales, les zones urbaines doivent être traitées en tant qu’entités fonctionnelles; |
| 13. | souligne que les mesures de restauration, en particulier au niveau local, s’inscrivent dans l’action pour le climat et la politique d’urbanisme. Les villes et les régions doivent les mettre en œuvre au moyen de politiques ambitieuses transcendant les frontières administratives et en évaluant l’efficacité globale de chaque mesure individuelle; |
| 14. | souligne l’importance d’intégrer les plans nationaux de restauration aux plans nationaux en matière d’énergie et de climat et aux objectifs contraignants définis par l’actuelle directive sur les énergies renouvelables (conformément à l’objectif révisé introduit par le plan RePowerEU); estime qu’il est primordial que les zones désignées comme propices au déploiement des énergies renouvelables n’entrent pas en concurrence avec les mesures de restauration de la nature, mais qu’elles se soutiennent mutuellement dans la réalisation des ambitions fixées; à cet égard, attire l’attention sur la nécessité de tenir compte de la petite superficie des régions ultrapériphériques et des îles afin de concilier les différentes utilisations du territoire de sorte que les dispositifs de protection n’empêchent ni n’entravent l’indispensable transition énergétique au moyen du développement d’infrastructures d’énergie renouvelable, en particulier dans ces territoires où il n’est pas possible de se connecter au réseau énergétique européen; |
| 15. | insiste sur la nécessité de remédier aux incohérences et aux conflits d’intérêts avec d’autres domaines d’action (tels que l’énergie, la pêche, la production alimentaire et l’agriculture) susceptibles de compromettre le succès de la mise en œuvre de la législation sur la restauration de la nature ou d’aller à l’encontre de l’intérêt public; préconise que les perspectives soient fortement alignées afin d’accroître le «poids» de la restauration des écosystèmes dans les domaines de l’utilisation des terres et de l’aménagement du territoire, tout en créant un système équitable de compensation pour les personnes qui y ont droit. Il convient de dégager les synergies adéquates entre les intérêts spécifiques dans les domaines de la sécurité alimentaire et de la sécurité énergétique, mis en évidence par le contexte géopolitique, et la législation sur la restauration de la nature ainsi que d’autres législations environnementales de l’Union; |
B. Financer la restauration des écosystèmes, rationaliser les investissements du secteur public et encourager les investissements du secteur privé
| 16. | attire l’attention sur les besoins considérables de financement que créent les mesures prévues par la proposition de règlement à l’examen; souligne qu’il convient d’attribuer les moyens financiers idoines à la restauration, d’autant plus que pour les années qui viennent, il n’est pas prévu que l’Union européenne mette à disposition, dans ses programmes d’aide, les moyens financiers nécessaires ou permette de les employer avec souplesse, ni que les États membres, les régions et les communes disposent des marges de manœuvre financières correspondantes dans leurs budgets; rappelle la nécessité d’accroître les financements consacrés à la biodiversité et à la restauration des écosystèmes et de simplifier l’accès des collectivités locales et régionales à une mobilisation efficace et non bureaucratique des instruments financiers disponibles; |
| 17. | demande que les sources de financement nationales soient allouées en parfaite adéquation avec les priorités et les besoins recensés des collectivités locales et régionales; préconise que les structures régionales soient reconnues comme des organismes importants capables de rationaliser et de coordonner les priorités des collectivités locales et régionales, créant ainsi des lignes de soutien efficaces pour le cofinancement et favorisant des actions de restauration efficaces à l’échelle territoriale; |
| 18. | compte tenu des lacunes dans la mise en œuvre des directives relatives à la nature, demande le renforcement des mécanismes d’application et des infrastructures de mise en conformité, de sorte que parallèlement aux efforts de lutte contre le réchauffement climatique, la restauration des écosystèmes atteigne au moins le même niveau d’importance que les autres exigences en matière d’utilisation des sols; |
| 19. | insiste sur le fait que les investissements du secteur privé seront vitaux pour combler le déficit de financement de la restauration des écosystèmes; souligne le potentiel non exploité et les exigences que renferment l’expérimentation et l’extension d’instruments fondés sur le marché, tels que les investissements d’impact, le paiement des services écosystémiques ou les crédits d’absorption du carbone terrestre. Une telle expérimentation devrait aller de pair avec le renforcement des capacités des collectivités locales et régionales en ce qui concerne les instruments de financement de ce type, idéalement l’un des domaines prioritaires du système de soutien technique; |
C. Soutien technique et renforcement des capacités des collectivités locales et régionales
| 20. | souligne que la conception, la mise en œuvre et le suivi efficaces des actions de restauration nécessiteront une expertise technique considérable et un investissement de ressources de la part des collectivités locales et régionales chargées de la mise en œuvre; fait observer qu’à l’heure actuelle, les collectivités locales et régionales ne disposent pas d’une telle expertise; recommande dès lors que celle-ci soit développée en interne, partagée par les collectivités locales et régionales d’un ou de plusieurs territoires voisins, ou fasse l’objet d’une sous-traitance; |
| 21. | demande la mise en place d’un système de soutien technique global incluant: le renforcement des capacités des collectivités locales et régionales afin d’obtenir les compétences techniques requises; la création des instruments et des processus de suivi correspondants; l’orientation pour l’alignement des instruments, normes et protocoles d’information entre les niveaux de gouvernance, et les bonnes pratiques en matière de restauration des écosystèmes dans différents contextes et géographies physiques; |
| 22. | souligne qu’un tel système de soutien devrait s’appuyer sur les outils et les plateformes de renforcement des capacités existants, tels que la plateforme de l’Union pour l’écologisation urbaine, NetworkNature, Biodiversa+, BioAgora, UrbanByNature, CitiesWithNature et RegionsWithNature, et être intégré à ces outils et plateformes; |
| 23. | demande que soit instauré un système de suivi et de communication de données qui soit accessible, inclusif et normalisé, avec des méthodes rationalisées pour recenser les zones de restauration, évaluer l’état des écosystèmes et définir des niveaux d’indicateurs et des objectifs de suivi satisfaisants. |
Bruxelles, le 9 février 2023.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (JO L 206 du 22.7.1992, p. 7).
(1) Reconnus par la convention sur la diversité biologique dans la décision X/22 adoptée lors de la dixième conférence des parties.
Avis institutionnel — 52023AB0047
29/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110596
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110744
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS109365
28/12/2023