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Avis institutionnel52022AR5655

Avis institutionnel — 52022AR5655

CELEX52022AR5655
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 16 mars 2023

Texte intégral

30.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 188/70


Avis du Comité européen des régions sur la proposition de directive sur l’amiante

(2023/C 188/07)

Rapporteure:

Hanna ZDANOWSKA (PL/PPE), présidente de la ville de Łodź

Texte de référence:

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2009/148/CE concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail

COM(2022) 489 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Considérant 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(3)

L’amiante est un agent cancérogène extrêmement dangereux, qui continue d’avoir une incidence sur différents secteurs économiques, tels que la construction et la rénovation, les industries extractives, la gestion des déchets et la lutte contre les incendies, où les travailleurs sont confrontés à un risque élevé d’exposition. Les fibres d’amiante sont classées comme substances cancérogènes de catégorie 1A conformément au règlement (CE) no 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil (65). Lorsqu’elles sont inhalées, les fibres d’amiante présentes dans l’air peuvent entraîner des maladies graves telles que le mésothéliome et le cancer du poumon, et les premiers signes de maladie peuvent prendre en moyenne 30 ans pour se manifester à partir du moment de l’exposition, entraînant en fin de compte des décès liés au travail.

(3)

L’amiante est un agent cancérogène extrêmement dangereux, qui continue d’avoir une incidence sur différents secteurs économiques, tels que la construction et la rénovation, les industries extractives, l’industrie de l’énergie, l’industrie chimique, les transports, la gestion des déchets et la lutte contre les incendies, où les travailleurs sont confrontés à un risque élevé d’exposition. Les fibres d’amiante sont classées comme substances cancérogènes de catégorie 1A conformément au règlement (CE) no 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil (65). Lorsqu’elles sont inhalées, les fibres d’amiante présentes dans l’air peuvent entraîner des maladies graves telles que le mésothéliome et le cancer du poumon, et les premiers signes de maladie peuvent prendre en moyenne 30 ans pour se manifester à partir du moment de l’exposition, entraînant en fin de compte des décès liés au travail.

Exposé des motifs

Il s’agit de compléter l’énumération en citant des secteurs dans lesquels l’amiante a été souvent employé et peut constituer à l’heure actuelle une menace pour la santé des travailleurs et des populations.

Amendement 2

Considérant 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(5)

Le plan européen pour vaincre le cancer (1) soutient la nécessité d’agir dans le domaine de la protection des travailleurs contre les substances cancérogènes. Une meilleure protection des travailleurs exposés à l’amiante sera également importante dans le contexte de la transition écologique et de la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe, et plus particulièrement de la stratégie relative à une vague de rénovations pour l’Europe (2). Les recommandations des citoyens formulées dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe (3) ont également souligné l’importance de conditions de travail équitables, en particulier la révision de la directive 2009/148/CE.

(5)

Le plan européen pour vaincre le cancer (1) soutient la nécessité d’agir dans le domaine de la protection des travailleurs contre les substances cancérogènes. Une meilleure protection des travailleurs exposés à l’amiante ou des personnes exposées directement ou indirectement du fait de l’activité professionnelle de tiers, en particulier sur les lieux où sont effectués des activités de réparation, des rénovation, de démantèlement et de démolition, et où sont stockés des déchets d’amiante, sera également importante dans le contexte de la transition écologique et de la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe, et plus particulièrement de la stratégie relative à une vague de rénovations pour l’Europe (2). Les recommandations des citoyens formulées dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe (3) ont également souligné l’importance de conditions de travail équitables, en particulier la révision de la directive 2009/148/CE.

Exposé des motifs

Réaliser la transformation écologique souhaitée par tous tout en accomplissant l’ambition de l’Union d’accroître le taux de rénovation dans le cadre de la «Vague de rénovations» peut concourir à susciter une augmentation de l’exposition à l’amiante, non seulement chez les travailleurs du secteur de la construction, mais aussi chez celles et ceux qui résident à proximité (habitants des bâtiments voisins et autres).

Amendement 3

Considérant 8

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(8)

Il convient de fixer une valeur limite révisée dans la présente directive au regard des informations disponibles, y compris des données scientifiques et techniques à jour, sur la base d’une évaluation approfondie des incidences socio-économiques et de la disponibilité de protocoles et techniques de mesure de l’exposition sur le lieu de travail. Ces informations devraient être fondées sur les avis du comité d’évaluation des risques (CER) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) institué par le règlement (CE) no 1907/2006 et sur les avis du Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (CCSS) institué par une décision du Conseil du 22 juillet 2003 (1).

(8)

Il convient de fixer une valeur limite révisée dans la présente directive au regard des informations disponibles, y compris des données scientifiques et techniques à jour, sur la base d’une évaluation approfondie des incidences socio-économiques et de la disponibilité de protocoles et techniques de mesure de l’exposition sur le lieu de travail. Ces informations devraient être fondées sur différentes options exposées dans les avis du comité d’évaluation des risques (CER) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) institué par le règlement (CE) no 1907/2006 et sur les avis du Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (CCSS) institué par une décision du Conseil du 22 juillet 2003 (1).

Exposé des motifs

Les avis des organismes cités plus haut exposent différentes options en fonction des valeurs limites d’exposition des professionnels pour l’amiante et de la relation entre exposition et risque.

Amendement 4

Considérant 9

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(9)

Compte tenu de l’expertise scientifique pertinente et d’une approche équilibrée garantissant une protection adéquate des travailleurs à l’échelle de l’Union tout en évitant des désavantages et des charges économiques disproportionnés pour les opérateurs économiques concernés (y compris les PME) , il convient d’établir une VLEP révisée égale à 0,01 fibre/cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps (TWA) sur 8 heures. Cette approche équilibrée s’appuie sur un objectif de santé publique visant à faire en sorte que le désamiantage nécessaire soit réalisé en toute sécurité. Il a également été pris soin de proposer une VLEP qui tienne compte de considérations économiques et techniques pour permettre un désamiantage effectif.

(9)

Compte tenu de l’expertise scientifique pertinente et d’une approche équilibrée garantissant une protection adéquate des travailleurs à l’échelle de l’Union et compte tenu des mesures que certains États membres mettent déjà en œuvre, et qui confirment la faisabilité de l’application de la nouvelle VLEP , il convient d’établir une VLEP révisée égale à 0,01 fibre/cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps (TWA) sur 8 heures , et de prévoir d’appliquer une VLEP de 0,002 fibre/cm3 dans les trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente directive . Cette approche équilibrée s’appuie sur un objectif de santé publique visant à faire en sorte que le désamiantage soit réalisé en toute sécurité. Il a également été pris soin de proposer de réduire progressivement la VLEP pour tenir compte de considérations économiques et techniques pour permettre un désamiantage effectif.

Exposé des motifs

Aux Pays-Bas, la VLEP nationale pour l’amiante en vigueur depuis 2016 est de 0,002 fibre/cm3 (mesurée selon la méthode de microscopie à balayage électronique/analyse par diffraction des rayons X). Cette valeur limite contraignante se fonde sur le rapport de 2010 du Conseil de la santé des Pays-Bas, qui constitue une source essentielle exploitée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour établir la relation entre exposition et risque.

Amendement 5

Considérant 11

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(11)

La microscopie optique, tout en ne permettant pas le comptage des fibres les plus minces nuisibles à la santé , est actuellement la méthode la plus fréquemment utilisée pour la mesure régulière de l’amiante. Étant donné qu’ il est possible de mesurer une VLEP égale à 0,01 fibre/cm3 à l’aide d’un microscope à contraste de phase , aucune période de transition n’est nécessaire pour la mise en œuvre de la VLEP révisée . Conformément à l’avis du CCSS, il convient d’ utiliser une méthode plus moderne et plus sensible fondée sur la microscopie électronique, tout en tenant compte de la nécessité d’une période d’ adaptation adéquate et d’une plus grande harmonisation à l’échelle de l’UE pour ce qui est des différentes méthodes de microscopie électronique.

(11)

La microscopie optique ne permet pas le comptage des fibres les plus minces nuisibles à la santé et il n’ est pas possible de mesurer une VLEP inférieure à 0,01 fibre/cm3 à l’aide d’un microscope à contraste de phase. Conformément à l’avis du CCSS, il convient d’ introduire progressivement une méthode plus moderne et plus sensible fondée sur la microscopie électronique, tout en tenant compte de la nécessité d’une adaptation et d’une plus grande harmonisation à l’échelle de l’UE pour ce qui est des différentes méthodes de microscopie électronique.

Exposé des motifs

Selon l’avis du comité d’évaluation des risques (CER) sur une évaluation scientifique des valeurs limites d’exposition des professionnels pour l’amiante, publié le 21 juin 2021, «pour l’heure, la microscopie à contraste de phase n’est plus considérée comme une méthode de mesure à la pointe des techniques pour l’amiante dans l’environnement de travail».

Amendement 6

Considérant 14 bis (nouveau considérant)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(14 bis )

Les États membres sont invités à harmoniser les normes et procédures nationales visant à reconnaître les maladies liées à l’amiante et à mettre en place un registre desdites maladies. Il est indispensable de couvrir par un système destiné spécialement à soigner et à traiter les maladies liées à l’amiante non seulement les travailleurs employés, aujourd’hui comme demain, dans les secteurs qui présentent des risques d’exposition à l’amiante, mais aussi les membres de leur famille et les autres personnes exposées du fait de leur environnement.

Exposé des motifs

À ce jour, seules sont recensées les maladies professionnelles liées à l’amiante: l’absence d’informations complètes et comparables fournies par les États membres ne permet pas d’estimer de manière crédible la mortalité causée notamment par le mésothéliome ni d’évaluer correctement les risques liés à l’amiante. Cette situation aggrave également les disparités entre les systèmes nationaux d’indemnisation. Aussi importe-t-il de compléter la politique en matière d’amiante dans le domaine de la santé au moyen d’un registre des maladies liées à l’amiante, sachant par ailleurs que les informations concernant le nombre de cas liés à ces maladies sont le plus fréquemment documentées par le recensement des maladies professionnelles.

Amendement 7

Considérant 16 bis (nouveau considérant)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(16 bis)

Du fait de la longue période de latence des maladies liées à l’amiante, ainsi que de la faible connaissance des risques liés à l’exposition à l’amiante, la Commission mènera, dès l’entrée en vigueur de la présente directive et de concert avec les États membres, des campagnes d’information périodiques, intensives et adaptées à leurs destinataires sur les risques que présente le contact avec l’amiante et les modalités adéquates pour s’en protéger. Ces mesures doivent viser:

—

les travailleurs et leur famille,

—

les employeurs,

—

les propriétaires et gestionnaires de bâtiments,

—

les collectivités locales et régionales,

—

les habitants des zones où prédomine le bâti ancien,

—

les services de santé pour développer l’information et les compétences entre autres des radiologues et des médecins traitants pour reconnaître et soigner les maladies liées à l’amiante.

Exposé des motifs

Malgré l’interdiction en 2005 de l’utilisation de l’amiante dans l’Union européenne et malgré la sensibilisation en apparence générale à la question des risques liés à l’amiante, tant les travailleurs que les employeurs, en particulier des secteurs de la construction, les habitants eux-mêmes, le personnel des collectivités locales ou des coopératives ou des associations de propriétaires fonciers, n’en ont qu’une faible connaissance factuelle.

Amendement 8

Article 1er, point 4)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4)

À l’article 7, paragraphe 6, le premier alinéa est remplacé par le texte suivant:

«Le comptage des fibres est effectué par microscope à contraste de phase (PCM) conformément à la méthode recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (*1) en 1997 ou, dans la mesure du possible, par toute autre méthode qui donne des résultats équivalents ou de meilleurs résultats, par exemple une méthode fondée sur la microscopie électronique.

4)

À l’article 7, paragraphe 6, le premier alinéa est remplacé par le texte suivant:

«Le comptage des fibres est effectué durant la période transitoire par microscope à contraste de phase (PCM) conformément à la méthode recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (*2) en 1997 , tandis que l’application d’une VLEP égale à 0,002 fibre/cm3 exigera de recourir à la microscopie électronique.

Exposé des motifs

Puisque la microscopie optique ne permet pas de mesurer une VLEP inférieure à 0,01 fibre/cm3 au moyen d’un microscope à contraste de phase, il convient d’employer une méthode plus moderne et sensible fondée sur la microscopie électronique, comme le préconise l’avis du comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail.

Amendement 9

Article 1er, point 4 bis) (nouveau point)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4 bis)

À l’article 7, le paragraphe 7 suivant est ajouté:

« 7. Au regard du coût du matériel de laboratoire de haute qualité utilisé pour réaliser les recherches sur les fibres d’amiante, il est préconisé de créer au sein des agglomérations urbaines de plus grande taille des centres de certification fonctionnant pour répondre aux demandes des parties intéressées et pour assurer un travail de surveillance. Les laboratoires qui effectuent des analyses d’amiante doivent être accrédités conformément à la norme relative au système de gestion de la qualité applicable aux fins de leur évaluation.».

Exposé des motifs

Il est indispensable d’assurer le fonctionnement (ainsi que le cofinancement) de laboratoires certifiés équipés du matériel adéquat pour étudier les fibres. Il sera ainsi possible de réduire les charges financières pesant sur les employeurs, en sus d’assurer la fiabilité des travaux de recherche. L’accréditation des laboratoires conformément à la norme relative au système de gestion de la qualité garantira qu’ils sont compétents pour effectuer des analyses fiables. Elle assurera également un contrôle uniforme des laboratoires dans tous les États membres de l’Union européenne.

Amendement 10

Article 1er, point 5)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5)

L’article 8 est remplacé par le texte suivant:

«Article 8

Les employeurs veillent à ce qu’aucun travailleur ne soit exposé à une concentration d’amiante en suspension dans l’air supérieure à 0,01 fibre par cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps sur 8 heures (TWA).».

5)

L’article 8 est remplacé par le texte suivant:

«Article 8

Les employeurs veillent à ce qu’aucun travailleur ne soit exposé à une concentration d’amiante en suspension dans l’air supérieure à 0,01 fibre par cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps sur 8 heures (TWA) , et à appliquer une VLEP de 0,002 fibre/cm3 dans les trois ans à compter de l’entrée en vigueur de la présente directive .».

Exposé des motifs

L’approche en deux étapes proposée pour modifier la valeur limite contraignante tient compte de la nécessité d’une période transitoire pour s’adapter. Par ailleurs, la VLEP plus ambitieuse qui est proposée ici est appliquée aux Pays-Bas depuis 2016 et se fonde sur le rapport de 2010 du Conseil de la santé des Pays-Bas, qui constitue une source essentielle exploitée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour établir la relation entre exposition et risque.

Amendement 11

Article 1er, point 6 bis) (nouveau point)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

6 bis)

L’article 15 est remplacé par le texte suivant:

«Article 15

Avant de réaliser des travaux de démolition ou de désamiantage, les entreprises doivent fournir des preuves de leurs capacités dans ce domaine, en lien également avec des actions régulières de formation; ces preuves sont certifiées conformément à la législation ou à la pratique nationale et dans le respect des lignes directrices de l’Union que la Commission concevra en coopération avec le comité consultatif (tripartite) pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail.».

Exposé des motifs

Ressort du texte.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

se félicite des travaux qu’a menés la Commission européenne pour réviser la directive concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail, dans le but notamment d’éviter que ne se produise une nouvelle explosion du nombre de victimes de l’amiante à l’occasion de la réalisation des objectifs ambitieux de la vague de rénovations; demande dans le même temps que soient prises des mesures supplémentaires en faveur d’une prévention efficace et exhaustive des cancers professionnels;

2.

estime que la directive à l’examen n’aborde les questions d’amiante que de manière très sectorielle, en limitant ce problème à la seule protection des travailleurs contre le risque que leur exposition à l’amiante sur leur lieu de travail représente pour leur santé et leur sécurité;

3.

fait observer que:

—

80 % de l’amiante ont été utilisés pour produire des matériaux de construction,

—

plus de 220 millions de bâtiments ou constructions ont été édifiés bien avant que ne soit intervenue l’interdiction d’utiliser de l’amiante, et une bonne partie d’entre eux est encore susceptible d’en contenir,

—

78 % des cancers d’origine professionnelle reconnus dans l’Union sont liés à l’amiante,

—

en moyenne, les premiers symptômes apparaissent une trentaine d’années après l’exposition,

—

on estime qu’à l’heure actuelle, de 4,1 à 7,3 millions de travailleurs sont exposés aux effets nocifs des fibres d’amiante;

4.

recommande d’adopter une approche en deux étapes prévoyant d’établir, dans les trois ans à compter de l’instauration de la valeur limite contraignante de 0,01 fibre/cm3, une VLEP plus ambitieuse de 0,002 fibre/cm3; dans le même ordre d’idées, demande instamment de remplacer progressivement la microscopie optique par la microscopie électronique, qui est d’une plus grande précision et se prête à la détection de l’amiante lorsque s’appliquent des VLEP inférieures à 0,01 fibre/cm3;

5.

observe avec inquiétude que l’élimination de l’amiante dans l’Union intervient actuellement à un rythme très insatisfaisant et marqué par des disparités notables d’un État membre à l’autre, tout comme le sont leurs plans d’action, leur procédés de constitution des inventaires et de suivi, ainsi que leurs méthodes d’élimination de l’amiante;

6.

presse l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou, le cas échéant, un autre organisme européen compétent de mettre au point une approche uniforme s’agissant de détecter des produits contenant de l’amiante; tient pour souhaitable d’établir un registre des produits susceptibles de contenir de l’amiante afin de faciliter leur détection précoce par les États membres; dans le même ordre d’idées, se félicite de la proposition de la Commission d’une initiative législative concernant la recherche, l’enregistrement et la surveillance de l’amiante, destinée à remédier aux écarts entre les actions nationales menées en la matière; souhaite que la mise en place d’une recherche et d’un enregistrement obligatoires de l’amiante dans les bâtiments, ainsi que le développement de stratégies nationales de désamiantage aboutissent à une approche coordonnée et comparable dans l’ensemble de l’Union, et permette ainsi de créer un environnement plus sûr tout en parvenant à un niveau supérieur de protection des citoyens européens; estime que la directive à l’examen devrait aussi traiter de la nécessité de protéger les services d’urgence, notamment les pompiers, forces de l’ordre, médecins et secouristes, contre les risques associés à l’exposition à l’amiante en prévoyant de créer une banque de données tenue à jour et accessible rassemblant des données fiables sur les infrastructures où la présence d’amiante est soit confirmée, soit probable;

7.

relève qu’il est nécessaire, pour assurer le succès de la directive, que les États membres et les institutions de l’Union associent activement les collectivités locales et régionales à chaque étape de la coordination et de la mise en œuvre de la directive révisée;

8.

approuve l’adoption d’un cadre commun de l’Union européenne qui se donne pour but de faciliter la détection puis d’éliminer en toute sécurité l’amiante présent dans le parc immobilier européen; demande à la Commission et aux États membres de concevoir une approche commune, systémique et systématique propre à résoudre le problème de l’amiante, ainsi que d’en favoriser la mise en pratique — qu’il s’agisse des procédés de constitution des inventaires, des campagnes d’information et d’éducation, des programmes d’appui destinés aux habitants, aux entrepreneurs et aux pouvoirs publics locaux pour éliminer l’amiante, ou encore de solutions en matière de protection de la santé et de stockage de l’amiante;

9.

relève avec inquiétude que certains États membres autorisent tout un chacun de démonter par ses propres moyens des produits de l’amiante; fait valoir, au vu du rôle essentiel que joue la formation des travailleurs pour prévenir les risques associés à l’exposition professionnelle à l’amiante, la nécessité de lignes directrices européennes relatives à la certification des compétences requises afin de s’assurer que les mêmes normes s’appliquent dans toute l’Union européenne; demande dès lors instamment de développer de telles lignes directrices pour les travailleurs en matière d’élimination en toute sécurité des composants contenant de l’amiante;

10.

demande à la Commission de créer des mécanismes pour accélérer en toute sécurité l’élimination de l’amiante grâce à une sensibilisation accrue, à une éducation plus effective et à la protection tant des travailleurs que des habitants au moyen de programmes d’information et d’éducation efficaces, attrayants et adaptés à leurs destinataires, lesquels doivent également viser le personnel des collectivités locales et régionales et des services de santé;

11.

estime que la transformation écologique souhaitée par tous et la réalisation des ambitions de l’Union européenne dans le cadre de la vague de rénovations d’accroître le taux de rénovation des bâtiments peuvent concourir à augmenter l’exposition aux effets de l’amiante notamment chez les travailleurs du secteur de la construction; tient de ce fait pour indispensable de mettre en place des dispositifs visant à assurer plus efficacement le suivi du processus d’élimination de l’amiante, ainsi qu’une couverture par un système destiné spécialement à soigner et traiter les maladies liées à l’amiante à l’intention des travailleurs employés, aujourd’hui comme demain, dans les secteurs qui présentent des risques d’exposition à l’amiante;

12.

attire l’attention sur la nécessité de créer et de soutenir financièrement, par exemple dans le cadre du programme Horizon, les activités innovantes de centres de recherche et de développement s’agissant d’éliminer, de préserver et de stocker en toute sécurité l’amiante; note que dans la plupart des États, les déchets de l’amiante relèvent toujours du stockage de déchets dangereux dans des décharges ou dans des installations de stockage qui leur sont spécialement destinées; constate qu’accroître le taux d’élimination de l’amiante revient à devoir accroître considérablement les zones de stockage de ce produit minéral dangereux; recommande dans le même temps de mettre sur pied un réseau des villes et des régions confrontées à ce problème et aux incidences de l’amiante sur leur territoire, dans le but de développer une coopération qui consiste notamment à échanger les pratiques et à créer des partenariats pour mettre en œuvre des projets de recherche conjoints transnationaux cofinancés par l’Union européenne;

13.

relève que la lenteur dans l’élimination de l’amiante s’explique principalement par le fait que seuls sont cofinancés le démontage et l’élimination des produits qui contiennent de l’amiante, notamment les toitures en Eternit; note que, fort souvent, les personnes physiques n’ont pas les moyens suffisants pour financer les matériaux et les services de construction que nécessite le changement du revêtement de toiture, et que de ce fait, elles renoncent à investir; estime qu’il est nécessaire de mettre en place de nouveaux mécanismes de subvention et d’incitation, tels que des abattements fiscaux, des dotations directes, etc.;

14.

dans l’optique de protéger les travailleurs exposés à l’amiante et de réduire au minimum les incidences de ce dernier sur l’environnement, se joint à l’appel en faveur d’une stratégie européenne de désamiantage, laquelle permettrait de garantir une approche intégrée des différentes politiques tout en appliquant des solutions systémiques et efficaces dans tous les États membres pour ce qui concerne les méthodes d’enregistrement, de surveillance, d’élimination en toute sécurité, de stockage ou encore d’éducation et de formation;

15.

fait valoir que les pouvoirs publics locaux et régionaux ont besoin que leur soit accordé un accès direct aux Fonds structurels et d’investissement européens pour réaliser les plans d’élimination en toute sécurité de l’amiante; faute d’un tel financement direct des communes et des régions, l’on n’obtiendra pas de réels résultats;

16.

demande de mettre en place un cadre financier qui s’appuie sur ces fonds (Fonds ESI) afin d’aider les propriétaires des bâtiments et d’allier ainsi l’élimination en toute sécurité de l’amiante à d’autres politiques et programmes publics, tels que l’efficacité énergétique, l’amélioration des conditions de vie, le logement social, la prévention des maladies.

Bruxelles, le 16 mars 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52021DC0044&from=FR

(2) Vague de rénovations: doubler le taux de rénovation pour réduire les émissions, stimuler la reprise et faire reculer la précarité énergétique, COM(2020) 662 final.

(3) Conférence sur l’avenir de l’Europe. Rapport sur le résultat final (mai 2022), https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/new-push-european-democracy/conference-future-europe_fr

(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52021DC0044&from=FR

(2) Vague de rénovations: doubler le taux de rénovation pour réduire les émissions, stimuler la reprise et faire reculer la précarité énergétique, COM(2020) 662 final.

(3) Conférence sur l’avenir de l’Europe. Rapport sur le résultat final (mai 2022), https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/new-push-european-democracy/conference-future-europe_fr

(1) Décision du Conseil du 22 juillet 2003 relative à la création d’un Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (JO C 218 du 13.9.2003, p. 1).

(1) Décision du Conseil du 22 juillet 2003 relative à la création d’un Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (JO C 218 du 13.9.2003, p. 1).

(*1) Détermination de la concentration des fibres en suspension dans l’air. Méthode recommandée: la microscopie optique en contraste de phase (comptage sur membrane filtrante), OMS, Genève, 1998, ISBN 92-4-254496-5.».

(*2) Détermination de la concentration des fibres en suspension dans l’air. Méthode recommandée: la microscopie optique en contraste de phase (comptage sur membrane filtrante), OMS, Genève, 1998, ISBN 92-4-254496-5.».


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