| CELEX | 52022AR5655 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 16 mars 2023 |
| 30.5.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 188/70 |
Avis du Comité européen des régions sur la proposition de directive sur l’amiante
(2023/C 188/07)
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I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT
Amendement 1
Considérant 3
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Il s’agit de compléter l’énumération en citant des secteurs dans lesquels l’amiante a été souvent employé et peut constituer à l’heure actuelle une menace pour la santé des travailleurs et des populations.
Amendement 2
Considérant 5
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Réaliser la transformation écologique souhaitée par tous tout en accomplissant l’ambition de l’Union d’accroître le taux de rénovation dans le cadre de la «Vague de rénovations» peut concourir à susciter une augmentation de l’exposition à l’amiante, non seulement chez les travailleurs du secteur de la construction, mais aussi chez celles et ceux qui résident à proximité (habitants des bâtiments voisins et autres).
Amendement 3
Considérant 8
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Les avis des organismes cités plus haut exposent différentes options en fonction des valeurs limites d’exposition des professionnels pour l’amiante et de la relation entre exposition et risque.
Amendement 4
Considérant 9
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Aux Pays-Bas, la VLEP nationale pour l’amiante en vigueur depuis 2016 est de 0,002 fibre/cm3 (mesurée selon la méthode de microscopie à balayage électronique/analyse par diffraction des rayons X). Cette valeur limite contraignante se fonde sur le rapport de 2010 du Conseil de la santé des Pays-Bas, qui constitue une source essentielle exploitée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour établir la relation entre exposition et risque.
Amendement 5
Considérant 11
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Selon l’avis du comité d’évaluation des risques (CER) sur une évaluation scientifique des valeurs limites d’exposition des professionnels pour l’amiante, publié le 21 juin 2021, «pour l’heure, la microscopie à contraste de phase n’est plus considérée comme une méthode de mesure à la pointe des techniques pour l’amiante dans l’environnement de travail».
Amendement 6
Considérant 14 bis (nouveau considérant)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
À ce jour, seules sont recensées les maladies professionnelles liées à l’amiante: l’absence d’informations complètes et comparables fournies par les États membres ne permet pas d’estimer de manière crédible la mortalité causée notamment par le mésothéliome ni d’évaluer correctement les risques liés à l’amiante. Cette situation aggrave également les disparités entre les systèmes nationaux d’indemnisation. Aussi importe-t-il de compléter la politique en matière d’amiante dans le domaine de la santé au moyen d’un registre des maladies liées à l’amiante, sachant par ailleurs que les informations concernant le nombre de cas liés à ces maladies sont le plus fréquemment documentées par le recensement des maladies professionnelles.
Amendement 7
Considérant 16 bis (nouveau considérant)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||||||||||||
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Exposé des motifs
Malgré l’interdiction en 2005 de l’utilisation de l’amiante dans l’Union européenne et malgré la sensibilisation en apparence générale à la question des risques liés à l’amiante, tant les travailleurs que les employeurs, en particulier des secteurs de la construction, les habitants eux-mêmes, le personnel des collectivités locales ou des coopératives ou des associations de propriétaires fonciers, n’en ont qu’une faible connaissance factuelle.
Amendement 8
Article 1er, point 4)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
Puisque la microscopie optique ne permet pas de mesurer une VLEP inférieure à 0,01 fibre/cm3 au moyen d’un microscope à contraste de phase, il convient d’employer une méthode plus moderne et sensible fondée sur la microscopie électronique, comme le préconise l’avis du comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail.
Amendement 9
Article 1er, point 4 bis) (nouveau point)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Il est indispensable d’assurer le fonctionnement (ainsi que le cofinancement) de laboratoires certifiés équipés du matériel adéquat pour étudier les fibres. Il sera ainsi possible de réduire les charges financières pesant sur les employeurs, en sus d’assurer la fiabilité des travaux de recherche. L’accréditation des laboratoires conformément à la norme relative au système de gestion de la qualité garantira qu’ils sont compétents pour effectuer des analyses fiables. Elle assurera également un contrôle uniforme des laboratoires dans tous les États membres de l’Union européenne.
Amendement 10
Article 1er, point 5)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||||
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Exposé des motifs
L’approche en deux étapes proposée pour modifier la valeur limite contraignante tient compte de la nécessité d’une période transitoire pour s’adapter. Par ailleurs, la VLEP plus ambitieuse qui est proposée ici est appliquée aux Pays-Bas depuis 2016 et se fonde sur le rapport de 2010 du Conseil de la santé des Pays-Bas, qui constitue une source essentielle exploitée par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) pour établir la relation entre exposition et risque.
Amendement 11
Article 1er, point 6 bis) (nouveau point)
| Texte proposé par la Commission européenne | Amendement du CdR | ||
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Exposé des motifs
Ressort du texte.
II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
| 1. | se félicite des travaux qu’a menés la Commission européenne pour réviser la directive concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail, dans le but notamment d’éviter que ne se produise une nouvelle explosion du nombre de victimes de l’amiante à l’occasion de la réalisation des objectifs ambitieux de la vague de rénovations; demande dans le même temps que soient prises des mesures supplémentaires en faveur d’une prévention efficace et exhaustive des cancers professionnels; |
| 2. | estime que la directive à l’examen n’aborde les questions d’amiante que de manière très sectorielle, en limitant ce problème à la seule protection des travailleurs contre le risque que leur exposition à l’amiante sur leur lieu de travail représente pour leur santé et leur sécurité; |
| 3. | fait observer que:
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| 4. | recommande d’adopter une approche en deux étapes prévoyant d’établir, dans les trois ans à compter de l’instauration de la valeur limite contraignante de 0,01 fibre/cm3, une VLEP plus ambitieuse de 0,002 fibre/cm3; dans le même ordre d’idées, demande instamment de remplacer progressivement la microscopie optique par la microscopie électronique, qui est d’une plus grande précision et se prête à la détection de l’amiante lorsque s’appliquent des VLEP inférieures à 0,01 fibre/cm3; |
| 5. | observe avec inquiétude que l’élimination de l’amiante dans l’Union intervient actuellement à un rythme très insatisfaisant et marqué par des disparités notables d’un État membre à l’autre, tout comme le sont leurs plans d’action, leur procédés de constitution des inventaires et de suivi, ainsi que leurs méthodes d’élimination de l’amiante; |
| 6. | presse l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ou, le cas échéant, un autre organisme européen compétent de mettre au point une approche uniforme s’agissant de détecter des produits contenant de l’amiante; tient pour souhaitable d’établir un registre des produits susceptibles de contenir de l’amiante afin de faciliter leur détection précoce par les États membres; dans le même ordre d’idées, se félicite de la proposition de la Commission d’une initiative législative concernant la recherche, l’enregistrement et la surveillance de l’amiante, destinée à remédier aux écarts entre les actions nationales menées en la matière; souhaite que la mise en place d’une recherche et d’un enregistrement obligatoires de l’amiante dans les bâtiments, ainsi que le développement de stratégies nationales de désamiantage aboutissent à une approche coordonnée et comparable dans l’ensemble de l’Union, et permette ainsi de créer un environnement plus sûr tout en parvenant à un niveau supérieur de protection des citoyens européens; estime que la directive à l’examen devrait aussi traiter de la nécessité de protéger les services d’urgence, notamment les pompiers, forces de l’ordre, médecins et secouristes, contre les risques associés à l’exposition à l’amiante en prévoyant de créer une banque de données tenue à jour et accessible rassemblant des données fiables sur les infrastructures où la présence d’amiante est soit confirmée, soit probable; |
| 7. | relève qu’il est nécessaire, pour assurer le succès de la directive, que les États membres et les institutions de l’Union associent activement les collectivités locales et régionales à chaque étape de la coordination et de la mise en œuvre de la directive révisée; |
| 8. | approuve l’adoption d’un cadre commun de l’Union européenne qui se donne pour but de faciliter la détection puis d’éliminer en toute sécurité l’amiante présent dans le parc immobilier européen; demande à la Commission et aux États membres de concevoir une approche commune, systémique et systématique propre à résoudre le problème de l’amiante, ainsi que d’en favoriser la mise en pratique — qu’il s’agisse des procédés de constitution des inventaires, des campagnes d’information et d’éducation, des programmes d’appui destinés aux habitants, aux entrepreneurs et aux pouvoirs publics locaux pour éliminer l’amiante, ou encore de solutions en matière de protection de la santé et de stockage de l’amiante; |
| 9. | relève avec inquiétude que certains États membres autorisent tout un chacun de démonter par ses propres moyens des produits de l’amiante; fait valoir, au vu du rôle essentiel que joue la formation des travailleurs pour prévenir les risques associés à l’exposition professionnelle à l’amiante, la nécessité de lignes directrices européennes relatives à la certification des compétences requises afin de s’assurer que les mêmes normes s’appliquent dans toute l’Union européenne; demande dès lors instamment de développer de telles lignes directrices pour les travailleurs en matière d’élimination en toute sécurité des composants contenant de l’amiante; |
| 10. | demande à la Commission de créer des mécanismes pour accélérer en toute sécurité l’élimination de l’amiante grâce à une sensibilisation accrue, à une éducation plus effective et à la protection tant des travailleurs que des habitants au moyen de programmes d’information et d’éducation efficaces, attrayants et adaptés à leurs destinataires, lesquels doivent également viser le personnel des collectivités locales et régionales et des services de santé; |
| 11. | estime que la transformation écologique souhaitée par tous et la réalisation des ambitions de l’Union européenne dans le cadre de la vague de rénovations d’accroître le taux de rénovation des bâtiments peuvent concourir à augmenter l’exposition aux effets de l’amiante notamment chez les travailleurs du secteur de la construction; tient de ce fait pour indispensable de mettre en place des dispositifs visant à assurer plus efficacement le suivi du processus d’élimination de l’amiante, ainsi qu’une couverture par un système destiné spécialement à soigner et traiter les maladies liées à l’amiante à l’intention des travailleurs employés, aujourd’hui comme demain, dans les secteurs qui présentent des risques d’exposition à l’amiante; |
| 12. | attire l’attention sur la nécessité de créer et de soutenir financièrement, par exemple dans le cadre du programme Horizon, les activités innovantes de centres de recherche et de développement s’agissant d’éliminer, de préserver et de stocker en toute sécurité l’amiante; note que dans la plupart des États, les déchets de l’amiante relèvent toujours du stockage de déchets dangereux dans des décharges ou dans des installations de stockage qui leur sont spécialement destinées; constate qu’accroître le taux d’élimination de l’amiante revient à devoir accroître considérablement les zones de stockage de ce produit minéral dangereux; recommande dans le même temps de mettre sur pied un réseau des villes et des régions confrontées à ce problème et aux incidences de l’amiante sur leur territoire, dans le but de développer une coopération qui consiste notamment à échanger les pratiques et à créer des partenariats pour mettre en œuvre des projets de recherche conjoints transnationaux cofinancés par l’Union européenne; |
| 13. | relève que la lenteur dans l’élimination de l’amiante s’explique principalement par le fait que seuls sont cofinancés le démontage et l’élimination des produits qui contiennent de l’amiante, notamment les toitures en Eternit; note que, fort souvent, les personnes physiques n’ont pas les moyens suffisants pour financer les matériaux et les services de construction que nécessite le changement du revêtement de toiture, et que de ce fait, elles renoncent à investir; estime qu’il est nécessaire de mettre en place de nouveaux mécanismes de subvention et d’incitation, tels que des abattements fiscaux, des dotations directes, etc.; |
| 14. | dans l’optique de protéger les travailleurs exposés à l’amiante et de réduire au minimum les incidences de ce dernier sur l’environnement, se joint à l’appel en faveur d’une stratégie européenne de désamiantage, laquelle permettrait de garantir une approche intégrée des différentes politiques tout en appliquant des solutions systémiques et efficaces dans tous les États membres pour ce qui concerne les méthodes d’enregistrement, de surveillance, d’élimination en toute sécurité, de stockage ou encore d’éducation et de formation; |
| 15. | fait valoir que les pouvoirs publics locaux et régionaux ont besoin que leur soit accordé un accès direct aux Fonds structurels et d’investissement européens pour réaliser les plans d’élimination en toute sécurité de l’amiante; faute d’un tel financement direct des communes et des régions, l’on n’obtiendra pas de réels résultats; |
| 16. | demande de mettre en place un cadre financier qui s’appuie sur ces fonds (Fonds ESI) afin d’aider les propriétaires des bâtiments et d’allier ainsi l’élimination en toute sécurité de l’amiante à d’autres politiques et programmes publics, tels que l’efficacité énergétique, l’amélioration des conditions de vie, le logement social, la prévention des maladies. |
Bruxelles, le 16 mars 2023.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52021DC0044&from=FR
(2) Vague de rénovations: doubler le taux de rénovation pour réduire les émissions, stimuler la reprise et faire reculer la précarité énergétique, COM(2020) 662 final.
(3) Conférence sur l’avenir de l’Europe. Rapport sur le résultat final (mai 2022), https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/new-push-european-democracy/conference-future-europe_fr
(1) https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52021DC0044&from=FR
(2) Vague de rénovations: doubler le taux de rénovation pour réduire les émissions, stimuler la reprise et faire reculer la précarité énergétique, COM(2020) 662 final.
(3) Conférence sur l’avenir de l’Europe. Rapport sur le résultat final (mai 2022), https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/new-push-european-democracy/conference-future-europe_fr
(1) Décision du Conseil du 22 juillet 2003 relative à la création d’un Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (JO C 218 du 13.9.2003, p. 1).
(1) Décision du Conseil du 22 juillet 2003 relative à la création d’un Comité consultatif pour la sécurité et la santé sur le lieu du travail (JO C 218 du 13.9.2003, p. 1).
(*1) Détermination de la concentration des fibres en suspension dans l’air. Méthode recommandée: la microscopie optique en contraste de phase (comptage sur membrane filtrante), OMS, Genève, 1998, ISBN 92-4-254496-5.».
(*2) Détermination de la concentration des fibres en suspension dans l’air. Méthode recommandée: la microscopie optique en contraste de phase (comptage sur membrane filtrante), OMS, Genève, 1998, ISBN 92-4-254496-5.».
Avis institutionnel — 52023AB0047
29/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110596
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110744
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS109365
28/12/2023