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Acte préparatoire52022DC0710

Acte préparatoire — 52022DC0710

CELEX52022DC0710
TypeActe préparatoire
Datevendredi 18 novembre 2022

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 18.11.2022

COM(2022) 710 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ DES RÉGIONS

relative au renforcement de la politique sur l’interopérabilité du secteur public







Relier les services publics, soutenir les politiques publiques et créer un bénéfice collectif
Vers une «Europe interopérable»






































{SWD(2022) 710 final}


Table des matières

1. Présentation du contexte

2. Favoriser la numérisation du secteur public interopérable

2.1 En quoi consiste l’interopérabilité?

2.2 ... et pourquoi l’amélioration de l’interopérabilité est-elle importante pour l’UE?

3. Accélérer le rythme de la coopération de l’UE en matière d’interopérabilité

3.1 Mise en place d’une gouvernance partagée en matière d’interopérabilité

3.2 Associer tous les niveaux de gouvernement

3.3 Faire progresser l’innovation et la coopération «GovTech»

3.4 Suivi de l’impact

4. Rendre les politiques de l’UE interopérables dès la conception et adaptées au numérique

4.1 Élaborer les politiques de l’UE à l’ère numérique

4.2 Cibler le financement de l’interopérabilité

4.3 Intégrer l’interopérabilité dans les politiques de l’UE en matière de données et d’innovation

4.4 Développer la coopération internationale en matière d’interopérabilité du secteur public



1.Présentation du contexte

Des services publics numériques interopérables sont essentiels au succès de la numérisation du marché unique de l’Union européenne. L’industrie et la société ont beaucoup à gagner d’une transformation numérique du secteur public européen inclusive, équitable et ouverte, durable, fondée sur les valeurs et interopérable. La transformation numérique du secteur public crée des facteurs d’attraction et d’impulsion 1 considérables pour la numérisation de l’industrie et de la société européennes. Le poids et le potentiel du secteur public dans la recherche d’une «voie européenne» de la transformation numérique axée sur les valeurs ont été reconnus par les gouvernements de l’UE 2 , ainsi que par les collectivités locales et régionales 3 , et ont été confirmés par la boussole numérique de l’UE, qui définit le secteur public comme l’un des quatre points cardinaux guidant la trajectoire numérique de l’UE 4 . Les administrations publiques numériques sont également apparues comme des points d’attention particuliers des plans nationaux pour la reprise et la résilience, avec un investissement combiné prévu de 47 milliards d’euros 5 .

Le fait de mettre davantage l’accent sur l’interopérabilité du secteur public soutient l’effort de relance et la résilience de l’Europe, en reliant efficacement les administrations et les politiques publiques, les citoyens et les entreprises pour des offres de services et des flux de données continus. Il s’agit notamment de rendre les politiques de l’UE adaptées à l’ère numérique, de garantir une mise en œuvre efficace des politiques par des moyens numériques et l’interopérabilité dès la phase d’élaboration des politiques, avec une collaboration étroite entre les décideurs politiques et les experts en TIC. Il s’agit également de mettre en place une boucle vertueuse de coopération en matière d’innovation pour la conception et la fourniture de services publics numériques.

La présente communication accompagne la proposition d’un «acte pour une Europe interopérable» 6 , qui vise à établir une gouvernance commune de l’interopérabilité et à faciliter la création conjointe d’un écosystème de solutions d’interopérabilité dans l’ensemble de l’UE. L’élaboration conjointe de solutions, ainsi que le partage et la réutilisation d’outils éprouvés constituent le moyen rapide et rentable de concevoir des services publics numériques. Une coopération renforcée en matière d’interopérabilité est essentielle pour exploiter pleinement le potentiel de transformation du secteur public, éviter la fragmentation et améliorer la connectivité et le partage des données. Ce faisant, le cadre d’action proposé contribuera à préserver la souveraineté numérique de l’Europe et à rendre possible la subsidiarité numérique. Le renforcement de la politique des pouvoirs publics de l’UE en matière d’interopérabilité répond aux priorités de la Commission et au programme d’action numérique, en adaptant le secteur public européen à l’ère numérique 7 .

2.Favoriser la numérisation du secteur public interopérable

2.1En quoi consiste l’interopérabilité?

L’interopérabilité du secteur public permet aux administrations de coopérer et de faire fonctionner les services publics au-delà des frontières, des secteurs et des obstacles organisationnels. Cela profite aux personnes et aux entreprises qui dépendent de ces services connectés 8 . Cela profite également aux communautés et aux administrations elles-mêmes, qui dépendent de données fiables provenant de différentes sources publiques ou privées pour prendre leurs décisions et qui doivent atteindre des objectifs stratégiques souvent interconnectés qui dépassent les frontières et les différents secteurs 9 . L’interopérabilité joue un rôle au sein des organisations et des secteurs d’action et entre ces derniers, en particulier ceux qui sont étroitement liés au secteur public, tels que la justice et les affaires intérieures, la fiscalité et les douanes, les transports, l’environnement et l’agriculture, ou la santé, ainsi que la réglementation des entreprises et de l’industrie. L’interopérabilité est un thème ancré dans l’ensemble des politiques de l’UE en matière de numérique et de données.

Les services publics sont fournis et utilisés à différents niveaux, principalement au niveau local, mais aussi aux niveaux régional, national et de l’Union. Ils fonctionnent rarement de manière isolée, étant donné que l’accès aux registres établis à différents niveaux ou dans différents secteurs est nécessaire pour échanger des données et fournir le service requis aux utilisateurs finaux. Une grande partie de ces données se situe en dehors du contexte d’un domaine d’action donné, d’une administration publique spécifique et, de plus en plus, au-delà des frontières. Les services publics dans toute l’Europe représentent un nouveau «réseau de réseaux» qui rassemble pour la majeure partie des acteurs souverains à tous les niveaux de gouvernement, chacun disposant de son propre cadre juridique et de ses propres mandats, mais tous étant interconnectés. Par analogie avec les réseaux transeuropéens de transport et d’énergie établis 10 , les services publics forment leur propre réseau transeuropéen, fondé sur l’interopérabilité.

L’interopérabilité est parfois considérée comme une question purement technique. Toutefois, prendre en considération les seuls aspects techniques ne suffit pas pour relier efficacement les administrations, les flux de données et les services. Il est nécessaire de garantir la capacité technique de connexion et la compréhension sémantique pour l’échange et le traitement des données concernées, et d’établir le contexte organisationnel et juridique requis, par exemple en ce qui concerne les droits d’accès, d’échange ou de réutilisation des données. Pour assurer la coordination et la cohérence, l’interopérabilité nécessite également une approche intégrée de la gouvernance. Ces conditions de base, ou «couches», d’interopérabilité sont définies dans le cadre d’interopérabilité européen (EIF), un modèle conceptuel élaboré par des professionnels du secteur public numérique issus de toute l’Europe en 2004 et mis à jour deux fois depuis lors 11 . Au cours de cette période, en synergie avec un monde de plus en plus connecté, l’interopérabilité est devenue un aspect essentiel de la transformation numérique des administrations et des services.

L’EIF est désormais le cadre politique communément accepté pour l’interopérabilité au sein de l’UE et au-delà 12 . Compte tenu de sa mission spécifique qui consiste à servir la cause publique commune, ce fondement d’interopérabilité doit être transparent, inclusif, équitable et sûr, et fortement fondé sur les valeurs de l’UE. L’interopérabilité permet aux acteurs du secteur public de se connecter, de coopérer et d’échanger des données tout en préservant la souveraineté et la subsidiarité 13 .

2.2... et pourquoi l’amélioration de l’interopérabilité est-elle importante pour l’UE?

L’amélioration des performances du secteur public grâce à la pleine mise en œuvre de l’interopérabilité à tous les niveaux de l’administration pourrait entraîner une augmentation estimée à 0,4 % du PIB de l’UE. Les particuliers pourraient économiser jusqu’à 24 millions d’heures par an, soit 543 millions d’euros. Les entreprises pourraient économiser 30 milliards d’heures ou 568 milliards d’euros par an 14 . Les estimations relatives aux économies annuelles liées à l’interopérabilité transfrontière vont de 5,5 à 6,3 millions d’euros pour les citoyens et de 5,7 à 19,2 milliards d’euros pour les entreprises.

Des études de cas montrent également que l’interopérabilité a un effet positif sur d’autres valeurs publiques, au-delà des gains d’efficacité 15 . Par exemple, des services publics proactifs ou un soutien sémantique multilingue améliorent l’accès aux services publics et leur caractère inclusif, renforçant ainsi la confiance du public 16 .

L’interopérabilité est essentielle en temps de crise, comme l’a montré la crise de la COVID-19. L’interopérabilité était non seulement nécessaire à la création de certificats COVID-19 numériques accessibles à l’échelle de l’UE, mais aussi au partage en temps réel des données sur les lits disponibles en soins intensifs dans les hôpitaux 17 . L’interopérabilité permet à l’État d’être plus souple et de garantir l’accès à des informations en temps réel dans tous les secteurs et au niveau administratif; elle contribue à évaluer les performances des politiques et incite à innover constamment, à répartir les efforts et à combler les lacunes entre les différents domaines d’action.

Toutefois, le cadre politique actuel de coopération non contraignante en matière d’interopérabilité n’est pas adapté pour tirer le meilleur parti de ces gains estimés. Alors que les experts de l’administration numérique et des données ont élaboré, avec un engagement remarquable, un vaste acquis 18 commun de l’UE en matière d’interopérabilité des pratiques de coopération, des concepts, des solutions réutilisables, des spécifications et des outils ouverts qui soutiennent les efforts de réforme nationaux 19 et les politiques de l’UE établies 20 , des évaluations récentes ont mis en évidence des limites majeures à cette approche entièrement volontaire de la coopération.

Les aspects numériques, y compris les aspects relatifs à l’accès aux données et à leur partage, sont trop souvent abordés trop tard dans le processus d’élaboration des politiques. Les considérations d’interopérabilité ne sont pas pleinement intégrées dans les services publics. Il en résulte des risques et des coûts élevés pour la mise en œuvre, des occasions non exploitées et, dans le pire des cas, un affaiblissement des politiques à grande échelle dépendantes de la numérisation 21 . Les administrations publiques ne peuvent être interopérables que si les évaluations et les choix appropriés sont effectués à un stade précoce de la phase d’élaboration des politiques. Ne pas agir pour améliorer l’interopérabilité pourrait faire perdre à l’UE l’occasion de limiter considérablement la charge administrative. Cela atténuerait la résilience des administrations publiques, limiterait leur capacité d’innovation et, dans le pire des cas, les rendrait incapables d’agir en temps de crise 22 . La coopération transfrontière des administrations publiques doit devenir aussi naturelle et fluide que les trains qui traversent les frontières ou les flux énergétiques qui circulent entre les réseaux nationaux. La réaction à la COVID-19 n’a fait que souligner l’importance d’une interaction stable du secteur public numérique par-delà les frontières et entre les secteurs.

Dans ce contexte, et alors que la transformation numérique prend de l’ampleur, les ministres de l’UE chargés de la transformation du secteur public et les directeurs des systèmes d’information (DSI) des États membres insistent de plus en plus sur la nécessité de renforcer la coopération européenne en matière d’interopérabilité. Ils appellent à une structure organisationnelle stable, à la généralisation de l’application de l’EIF et à la désignation de spécifications et de solutions ouvertes, communément acceptées et prêtes à l’emploi. Ils préconisent également une approche de l’«interopérabilité dès la conception» et une meilleure coordination de l’expérimentation et de l’innovation dans le secteur public, y compris la coopération avec le secteur privé («GovTech» 23 ). La proposition de la Commission visant à renforcer la politique d’interopérabilité du secteur public de l’UE répond à ces besoins.

3.Accélérer le rythme de la coopération de l’UE en matière d’interopérabilité

3.1Mise en place d’une gouvernance partagée en matière d’interopérabilité

La proposition d’acte pour une Europe interopérable met l’accent sur la mise en place d’un cadre de coopération structuré, transparent et inclusif, qui prévoit la capacité d’adaptation et d’innovation dont le secteur public a besoin dans un contexte technique, sociétal et politique dynamique. L’interopérabilité ne peut pas être réalisée par une seule entité selon une approche descendante, ni par des acteurs individuels selon une approche ascendante: elle nécessite une coopération efficace entre les décideurs politiques et les responsables de la mise en œuvre des politiques à tous les niveaux de gouvernement et entre les secteurs. Elle nécessite également un cadre de gouvernance ouvert, mais stable et intégré, qui garantisse la subsidiarité en instaurant une copropriété effective, qui soit durable, parce que quelque chose conçu pour être interopérable devient moins rapidement obsolète, et qui réalise le potentiel de transformation du secteur public et protège les valeurs publiques. La proposition d’acte pour une Europe interopérable vise à fournir ce cadre de coopération. Elle prévoit la création d’un comité sur l’Europe interopérable chargé d’orienter l’effort commun en matière d’interopérabilité, réunissant les autorités centrales des États membres chargées de la transformation numérique et les institutions de l’UE. Elle prévoit également une communauté ouverte d’experts, de praticiens et de parties intéressées sur l’Europe interopérable, afin de garantir la transparence et d’établir un lien avec les pratiques de terrain.

L’interopérabilité est un objectif évolutif en raison du rythme rapide des développements technologiques et de l’évolution constante des besoins stratégiques. Elle nécessite un cadre juridique spécifique, propice à l’innovation et ouvert, qui évite les blocages réglementaires et technologiques. D’autres options, comme le fait de consacrer les technologies utilisées aujourd’hui dans la loi, risqueraient de compromettre l’innovation future et de limiter la capacité des administrations à s’adapter à l’évolution des besoins et aux nouvelles technologies. L’élaboration des politiques et la réglementation en matière d’interopérabilité doivent être innovantes et adaptées au numérique 24 . La proposition d’acte pour une Europe interopérable vise à fournir un tel cadre d’innovation intégré au secteur public.

L’EIF est l’instrument de référence pour la mise en œuvre de l’interopérabilité dans le secteur public. Afin de veiller à ce qu’il reste pertinent, il doit être régulièrement réexaminé et mis à jour. Il convient également d’élaborer davantage de recommandations de mise en œuvre et de soutenir 25 , par exemple, les futurs espaces de données sectoriels de l’UE 26 , en étroite coordination avec le comité européen de l’innovation dans le domaine des données et les exigences du futur acte sur les données 27 . La proposition d’acte pour une Europe interopérable prévoit cette mise à jour régulière, conformément à une réglementation propice à l’innovation et adaptée au numérique.

3.2Associer tous les niveaux de gouvernement

Une gouvernance de l’interopérabilité renforcée au niveau de l’UE, cogérée par les États membres et l’UE, offre un cadre politique et de soutien nécessaire pour la réalisation des objectifs de réforme du secteur public de l’UE 28 . Cet effort doit être collectif et couvrir tous les niveaux de gouvernement, afin de maintenir et de mettre à jour le riche acquis en matière d’interopérabilité en ce qui concerne les concepts, les lignes directrices, les spécifications et les actifs réutilisables.

Une participation et une représentation adéquates des collectivités régionales et locales sont une condition préalable, non seulement parce qu’elles sont au cœur de la fourniture de services publics, mais aussi pour pouvoir exploiter la capacité d’innovation considérable des villes et des régions 29 . À cet égard, l’innovation et la coopération entre les secteurs public et privé jouent un rôle important. Des mouvements tels que «Living-in EU», ainsi qu’une coopération élargie dans le cadre de projets comme «Open and Agile Smart Cities» 30 , montrent qu’il existe une forte demande de coopération en matière d’interopérabilité et de volonté de s’engager aux niveaux régional et local. La diversité et l’expertise des solutions d’interopérabilité élaborées localement constituent un atout important et devraient systématiquement contribuer aux catalogues de ressources d’interopérabilité reconnues et communément disponibles. C’est la raison pour laquelle la proposition de l’UE pour une future gouvernance de l’interopérabilité devrait inclure des représentants des collectivités locales et régionales rurales et urbaines et des groupes sociétaux au sein du futur comité sur l’Europe interopérable, et pour laquelle des experts de tous les niveaux de gouvernement sont activement encouragés à contribuer aux travaux de la future communauté pour une Europe interopérable.

Afin de tenir compte des conditions locales et régionales spécifiques, la Commission, en étroite coopération avec les parties intéressées privées et publiques, a élaboré un «cadre d’interopérabilité européen pour les villes et communautés intelligentes» (EIF4SCC) pleinement aligné sur l’EIF. À la suite de discussions et de consultations publiques approfondies, cette spécialisation de l’EIF est présentée dans le document de travail des services de la Commission accompagnant la présente communication 31 . La Commission encourage les experts et les praticiens d’autres domaines d’action à suivre cet exemple d’adaptation de l’EIF à des cas d’utilisation spécifiques et/ou sectoriels. La future gouvernance de l’interopérabilité sera chargée d’évaluer l’alignement des cadres d’interopérabilité spécialisés sur l’EIF. Par exemple, une spécialisation de l’EIF a été élaborée par le passé à des fins de santé numérique 32 . Traditionnellement, l’interopérabilité joue également un rôle important dans la politique environnementale 33 , la justice et les affaires intérieures 34 ou les transports 35 .

3.3Faire progresser l’innovation et la coopération «GovTech»

Éviter de prendre du retard dans l’intégration technologique est un défi constant pour le secteur public. Bien qu’ils soient souvent critiqués pour leur aversion au risque technologique, les pouvoirs publics, dans leur rôle unique consistant à servir la cause commune, doivent s’acquitter d’un devoir de diligence particulier en ce qui concerne l’adoption de la technologie et une utilisation licite, équitable et fiable de la technologie. Toutefois, les nouvelles technologies ont le potentiel de rendre les services publics plus accessibles, plus inclusifs et plus efficaces que jamais. Garantir une innovation numérique continue pour le secteur public est aussi difficile qu’important.

Dans toute l’Europe, plusieurs centaines d’activités sont déjà en place pour expérimenter et lancer des projets pilotes sur les technologies numériques dans le secteur public; il est essentiel d’apprendre les avantages et les risques de ces technologies. La Commission est en train de mettre en place un observatoire des services publics innovants 36 afin d’analyser les tendances et de recenser les bonnes et les mauvaises pratiques, d’éclairer l’adoption de technologies émergentes et de garantir l’interopérabilité dès la conception. L’observatoire évaluera la manière dont des technologies telles que l’intelligence artificielle transforment les processus et les structures de gouvernance du secteur public. Cela aidera l’UE ainsi que les autorités nationales et locales à prendre des décisions éclairées sur l’adoption des technologies émergentes.

L’Europe regorge d’écosystèmes régionaux performants de petites entreprises et de jeunes pousses technologiques innovantes 37 , soutenues, entre autres, par un réseau de plateformes d’innovation numérique 38 et par le Conseil européen de l’innovation 39 . Les ressources d’interopérabilité librement disponibles, réutilisables et reconnues sont des atouts importants pour les petites entreprises innovantes et les initiatives de la société civile visant à échanger avec le secteur public.

La coopération public-privé «GovTech» ou «CivicTech» 40 stimule l’innovation dans le secteur public, soutient la souveraineté technologique de l’Europe et ouvre des chemins d’accès aux marchés publics. L’accès aux marchés publics est une préoccupation essentielle pour les petites entreprises, car il leur permet d’être en mesure de se développer et d’obtenir une reconnaissance ainsi que des revenus d’exploitation stables 41 . Le soutien à GovTech est un volet spécifique du programme pour une Europe numérique et de la proposition d’acte pour une Europe interopérable, pleinement aligné sur le cadre de soutien à l’innovation de l’UE. L’industrie sera liée au futur comité sur l’Europe interopérable par l’intermédiaire du Comité économique et social européen et est invitée à rejoindre la future communauté pour une Europe interopérable.

3.4Suivi de l’impact

L’analyse d’impact d’une future politique d’interopérabilité a mis en lumière les difficultés liées à la collecte de données et à l’estimation des coûts et des avantages de l’interopérabilité en tant qu’activité qui n’est pas en soi l’objectif final, mais un instrument important de soutien à la numérisation du secteur public. Il est toutefois utile de mesurer la maturité de l’interopérabilité afin d’orienter les investissements et d’évaluer les progrès accomplis. Il existe une multitude d’outils de compte rendu et de suivi pour l’administration numérique, en fonction de l’utilisateur, du secteur ou de l’orientation géographique spécifiques 42 . Ces outils ne sont pas toujours alignés ou suffisamment connectés, et les résultats sont rarement présentés dans un format lisible par machine et facile d’utilisation. Ils peuvent également imposer une charge considérable aux administrations, comme l’a souligné le groupe d’experts de la Commission sur l’interopérabilité des services publics 43 .

Pour ces raisons, il est important de mettre au point des outils de compte rendu et de suivi transparents, réutilisables et adaptés au numérique, afin de contribuer à la réalisation des objectifs de la décennie numérique. Les formats de surveillance existants devraient être intégrés dans une logique «une fois pour toutes», réutilisant les données et les enquêtes dans la mesure du possible et rendant les résultats librement accessibles dans des formats lisibles par machine. Il s’agit en soi d’un aspect de l’élaboration de politiques adaptées au numérique, associé à des outils et à des concepts réutilisables, intégrés et transférables, dans l’intérêt des praticiens et des décideurs politiques.

La proposition de la Commission relative à un acte pour une Europe interopérable:

-établit une coopération structurée de l’UE en matière d’interopérabilité et de copropriété avec les États membres de l’acquis de l’Union en matière d’interopérabilité en créant le comité sur l’Europe interopérable composé de praticiens de l’administration numérique représentant les États membres; crée la communauté pour une Europe interopérable en tant que forum ouvert de professionnels et de parties intéressées qui fournissent des conseils sur l’interopérabilité et l’innovation dans le secteur public;

-charge le comité pour une Europe interopérable de développer l’EIF et d’assurer son évolution future;

-introduit de manière proportionnée une évaluation obligatoire de l’interopérabilité pour toute modification ou introduction d’un système ou d’une partie de système d’information ayant une portée transfrontière et qui permet la fourniture ou la gestion électronique de services publics;

-introduit des catalogues d’éléments reconnus d’interopérabilité qui peuvent être réutilisés par les administrations et pour l’élaboration des politiques, tels que des outils, des spécifications ou des solutions numériques; et

-renforce le soutien à l’interopérabilité pour les politiques de l’UE adaptées au numérique et pour les projets communs d’innovation GovTech.

La Commission:

-adoptera un EIF actualisé, sur la base d’une proposition du futur comité pour une Europe interopérable. Le nouvel EIF se concentrera sur des recommandations concrètes de mise en œuvre, y compris pour les espaces de données de l’UE, en étroite coordination avec le comité européen de l’innovation dans le domaine des données;

-soutiendra le développement de spécialisations sectorielles d’interopérabilité alignées sur l’EIF, telles que l’EIF pour les villes et communautés intelligentes (EIF4SCC) publié parallèlement à la présente communication;

-garantira une interaction étroite de sa coopération GovTech et de ses activités de soutien avec les instruments d’innovation de l’UE tels que les plateformes d’innovation numérique, le Conseil et les écosystèmes européens de l’innovation et l’Institut européen de technologie (EIT); et

-veillera à ce que l’établissement de rapports et le suivi de l’interopérabilité soient pleinement alignés sur les volets pertinents du suivi des politiques de l’UE et, le cas échéant, intégrés dans ceux-ci [en particulier l’indice relatif à l’économie et à la société numériques renforcé (DESI), le processus de la décennie numérique, le suivi de la déclaration de Berlin et des plans nationaux pour la reprise et la résilience].

4.Rendre les politiques de l’UE interopérables dès la conception et adaptées au numérique

4.1Élaborer les politiques de l’UE à l’ère numérique

Les aspects numériques en général, et l’interopérabilité en particulier, sont traditionnellement délégués à des experts techniques et ne sont traités qu’en aval, à un stade tardif, voire après la conclusion du processus d’élaboration des politiques. Cette pratique entraîne des risques et des coûts élevés pour la mise en œuvre des politiques en raison d’obstacles et de limitations involontaires. Pour y remédier, il est nécessaire d’adopter une approche systémique de l’interopérabilité dès la conception au moment de l’élaboration des politiques.

Le cycle d’élaboration et de mise en œuvre des politiques dépend de plus en plus des données et du numérique, allant de la prospective et de l’analyse d’impact 44 à la collecte et au suivi des données 45 , en passant par les services et les outils 46 . Les politiques de l’UE comportent de plus en plus d’aspects numériques 47 . Si elles contiennent des objectifs stratégiques, des ensembles de données et des solutions numériques étroitement interconnectés, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de l’UE ne peuvent être efficaces et efficientes que si elles s’appuient sur un partenariat entre les décideurs politiques et les experts en TIC. Ce partenariat doit débuter le plus tôt possible dans le processus de formulation et d’élaboration des politiques.

La stratégie numérique 48 et le programme pour une meilleure réglementation 49 de la Commission intègrent fortement l’aspect numérique dans le cycle politique de l’UE, en promouvant le principe du «numérique par défaut» dans l’élaboration des politiques. Les aspects liés au numérique et à l’interopérabilité doivent être pris en considération à tous les stades: l’élaboration des politiques, les consultations des parties concernées, les analyses d’impact, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques.

L’objectif des «contrôles numériques» en tant que composante spécifique, si elle évolue, de la boîte à outils pour une meilleure réglementation 50 de la Commission est d’aider les décideurs politiques à recenser et à traiter à un stade précoce les aspects numériques pertinents d’une politique. Les contrôles doivent aller de pair avec des conseils d’experts structurels, par exemple en ce qui concerne l’architecture du système, les technologies des données et de l’informatique en nuage, ainsi que le respect de la vie privée et la cybersécurité. La réutilisation des données provenant de sources faisant autorité ainsi que de solutions existantes et l’adoption de technologies innovantes rendront la mise en œuvre plus simple et plus efficace dans l’utilisation des ressources, tout en ouvrant la voie à l’utilisation des analyses des données, à des flux de données sécurisés et sûrs, ainsi qu’à l’intelligence artificielle et aux technologies émergentes. Cette pratique a démontré son potentiel en matière de simplification et de réduction de la charge administrative 51 .

En ce qui concerne les propositions législatives, l’accent sera mis davantage sur l’interopérabilité, en évaluant systématiquement la conformité avec l’EIF (et, le cas échéant, l’une de ses spécialisations) et en déterminant les possibilités de réutilisation des systèmes, concepts et composantes interopérables. Cela permet à la Commission et aux États membres de structurer les pratiques de collecte et de suivi des données et d’éviter le développement de systèmes faisant double emploi et conflictuels, la dépendance à l’égard des fournisseurs et les pratiques non durables en matière de TIC. La coopération structurée des administrations publiques dans les différents pays de l’UE, proposée dans le cadre de l’acte pour une Europe interopérable, fournira des conseils sur les politiques de l’UE ayant de fortes incidences sur les infrastructures numériques des États membres et permettra la mise en œuvre en temps utile des politiques de l’UE.

L’élaboration de politiques adaptées au numérique et axées sur l’interopérabilité dès la conception soutiendra l’émergence de services numériques véritablement transeuropéens pour les citoyens, les entreprises et les politiques publiques, ce qui est pertinent pour le marché unique numérique. Cela renforcera la confiance transfrontière, comme en témoignent, par exemple, les certificats COVID-19 numériques de l’UE, l’identité numérique sécurisée 52 , le système d’information du marché intérieur (IMI) 53 et un nombre croissant de services transfrontières rendus possibles par le portail numérique unique 54 .

Si la Commission s’est engagée à élaborer des politiques adaptées au numérique et garantit son application aux initiatives politiques et aux propositions législatives, ce n’est qu’un début. Pour que la législation de l’UE soit entièrement adaptée au numérique et interopérable dès la conception, il est important de rechercher et, à terme, de garantir, une compréhension commune entre les colégislateurs, dans le plein respect des rôles de chaque institution. La gouvernance commune de l’interopérabilité de l’UE dans le cadre de la proposition d’acte pour une Europe interopérable est un instrument essentiel pour contribuer à l’émergence de cette compréhension commune.

4.2Cibler le financement de l’interopérabilité

Les programmes de l’UE prévoient un financement spécifique pour la recherche, le développement et la maintenance des ressources d’interopérabilité du secteur public de l’UE, telles que les outils d’évaluation de l’interopérabilité, les vocabulaires sémantiques, GovTech ou les piliers réutilisables pour l’échange de données et l’identité électronique 55 . Il importe que les praticiens des technologies de l’information et des politiques des États membres, qui seront les utilisateurs finaux de ces ressources et les responsables de la mise en œuvre des politiques, fassent part des priorités du financement de l’UE en matière d’interopérabilité. Le futur comité pour une Europe interopérable sera chargé de donner des conseils sur toute mesure de mise en œuvre des politiques ou de soutien à l’innovation jugée nécessaire, comme le prévoit la proposition d’acte pour une Europe interopérable.

Le financement de l’interopérabilité par l’UE soutient également la mise en œuvre des politiques de l’UE pertinentes pour l’administration numérique, telles que le portail numérique unique, le portefeuille européen d’identité numérique ou les jumeaux numériques locaux 56 . Avec les Fonds structurels 57 , la facilité pour la reprise et la résilience 58 , le mécanisme pour l’interconnexion en Europe 59 et l’instrument d’appui technique (TSI) 60 , l’UE soutient les investissements dans la modernisation du secteur public dans les États membres. Le réseau de l’administration publique de l’UE élabore actuellement un ambitieux programme de modernisation 61 . La proposition pour la décennie numérique et le TSI prévoient des projets plurinationaux soutenant la transformation numérique, y compris le Consortium pour une infrastructure numérique européenne (EDIC) 62 . Ces volets de modernisation et d’appui aux réformes devraient assurer une coordination précoce et tenir compte des besoins en matière d’interopérabilité, par exemple en échangeant régulièrement avec les praticiens et en recueillant des conseils de leur part sur la future communauté pour une Europe interopérable.

4.3Intégrer l’interopérabilité dans les politiques de l’UE en matière de données et d’innovation

La politique sur l’interopérabilité est un complément nécessaire au paysage émergent de la politique de l’UE en matière de données et de technologies numériques. Elle s’appuie sur la législation relative à la disponibilité et à l’échange de données et la complète, du point de vue du secteur public 63 . Elle soutient des outils communs centraux tels que «data.europa.eu», le portail officiel des données européennes 64 . Elle peut fournir l’expertise sémantique nécessaire à la création d’espaces de données et à la politique de l’UE en matière d’informatique en nuage. En conséquence, et pour que la politique renforcée sur l’interopérabilité de l’UE soit pleinement efficace, il convient de garantir une interaction étroite avec les structures stratégiques opérationnelles et réglementaires pertinentes dans le domaine du numérique, en particulier avec le comité européen de l’innovation dans le domaine des données 65 . La boussole numérique pour 2030, cadre de référence pour la politique numérique de l’UE, reconnaît l’administration numérique comme l’un de ses vecteurs essentiels et la politique d’interopérabilité renforcée de l’UE est conçue pour soutenir le processus concomitant de la décennie numérique 66 .

Par défaut, les actifs d’interopérabilité de l’UE sont disponibles sous la forme de spécifications ouvertes ou de logiciels libres 67 . Ils doivent être ouverts afin d’être facilement réutilisables par les administrations publiques à tous les niveaux, qui créent des systèmes et des services interopérables, ainsi que par les partenaires du secteur privé et de l’industrie travaillant avec ces administrations. Bien que le code source ouvert ne soit pas la seule approche pour créer une interopérabilité, les projets de services publics financés par l’UE devraient être ouverts par défaut. C’est la raison pour laquelle la proposition d’acte pour une Europe interopérable prévoit l’accès à des solutions réutilisables, y compris des codes, lorsque cela est approprié et possible. La Commission elle-même met des codes à disposition en tant que source ouverte et contribue aux projets à code source ouvert 68 . Une licence publique européenne (EUPL) spécifique est disponible dans toutes les langues officielles de l’UE avec un assistant chargé des licences fournissant une assistance juridique en ligne 69 . Grâce à la mise en place, dans l’ensemble des administrations des États membres, de bureaux pour les programmes à code source ouvert (OSPO) ou équivalents, le comité pour une Europe interopérable et la communauté pour une Europe interopérable soutiendront les échanges de bonnes pratiques et contribueront à recenser les solutions réutilisables et les besoins en matière de développement 70 .

Une interaction étroite avec les forums et activités de normalisation 71 est particulièrement importante pour l’évolution de l’acquis européen en matière d’interopérabilité et pour garantir une transformation numérique ouverte, inclusive et axée sur les valeurs. Alors que l’UE met en œuvre son nouveau cadre d’action en matière de normalisation 72 , les considérations liées à l’interopérabilité du secteur public seront systématiquement prises en considération par le futur comité pour une Europe interopérable. Il s’agit notamment de contribuer aux «domaines d’urgence» en matière de normalisation dans le secteur public et de soutenir le rôle de l’UE dans l’élaboration de normes pour les services publics.

Le programme d’innovation 73 récemment publié par la Commission souligne le rôle bénéfique du secteur public, non seulement en tant que régulateur, mais aussi en tant que partenaire d’achat et d’expérimentation, dans le renforcement de la capacité d’innovation de l’UE. Le programme souligne le potentiel de l’interopérabilité et encourage l’exploration de l’expérimentation du secteur public dans des environnements contrôlés (bacs à sable) et la coopération GovTech.

4.4Développer la coopération internationale en matière d’interopérabilité du secteur public

La politique de l’UE en matière d’interopérabilité est traditionnellement ouverte à la coopération avec des partenaires internationaux, en particulier dans le voisinage de l’UE, et avec des organisations internationales. L’interopérabilité est, de par sa nature même, sans frontières et les ressources d’interopérabilité de l’UE sont librement disponibles pour être réutilisées dans le monde entier. C’est notamment le cas de l’EIF, auquel il est fait référence au niveau international 74 . Afin de poursuivre le développement d’une coopération internationale fondée sur des valeurs dans le domaine de l’administration numérique, il importe de maintenir et de développer la coopération existante en matière d’interopérabilité avec des organisations internationales telles que l’OCDE, les Nations unies et la Banque mondiale, ainsi qu’avec des partenaires mondiaux partageant les mêmes valeurs 75 .

Il est particulièrement important d’approfondir la coopération existante avec le voisinage de l’Union; le Monténégro, la Macédoine du Nord et l’Ukraine sont des partenaires de longue date dans le développement de la coopération avec l’UE en matière d’interopérabilité, et d’autres pays ont manifesté un vif intérêt à s’associer à cet effort commun. La transformation numérique de l’administration est une priorité absolue pour les partenaires dans le contexte de l’élargissement et du voisinage, et la Commission encourage à atteindre des niveaux élevés d’interopérabilité conformes aux normes de l’UE. L’approfondissement de la coopération soutient l’intégration de la préadhésion et du partenariat économique et devrait donc constituer une composante structurelle des instruments de la politique de voisinage de l’UE 76 . Le développement de la coopération internationale n’est pas une voie à sens unique. Il permettra, dans le même temps, à l’UE d’apprendre de et avec ses partenaires et de bénéficier de leurs solutions, de leur expertise et de leur expérience souvent très avancées.

La Commission:

-intégrera les aspects numériques dans les différentes étapes de la définition, de l’élaboration, de l’adoption et de la mise en œuvre des politiques, comme indiqué dans sa stratégie numérique;

-veillera à ce que l’EIF soit appliqué dans ses pratiques opérationnelles et d’élaboration des politiques et demandera aux États membres un retour d’information en temps utile sur les défis potentiels de mise en œuvre des propositions d’action présentant des aspects numériques et interopérables importants;

-priera instamment les colégislateurs d’approuver les principes d’élaboration des politiques adaptés au numérique et veillera à ce qu’une attention suffisante soit accordée aux aspects numériques aux différentes étapes du cycle politique de l’UE;

-veillera à ce que les ressources communes en matière d’interopérabilité (outils, spécifications, solutions) soient réutilisées et référencées dans les instruments de financement, en particulier pour la transformation du secteur public (y compris dans le TSI, les fonds structurels, l’aide au voisinage et à la préadhésion et la FRR);

-assurera un lien étroit entre la gouvernance de l’interopérabilité et les mécanismes existants en matière de données, de normalisation et de gouvernance sectorielle, en particulier le comité européen de l’innovation dans le domaine des données et les initiatives de modernisation du secteur public;

-veillera à ce que le futur comité pour une Europe interopérable participe à la conception des activités d’interopérabilité financées au titre de la section consacrée à l’interopérabilité du programme pour une Europe numérique; et

-renforcera la coopération internationale en matière d’interopérabilité, notamment dans le cadre de sa politique de voisinage et avec les organisations internationales.

(1)

Le secteur public représente 53,1 % du PIB en 2020, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Government_finance_statistics#Government_revenue_and_expenditure

(2)

Comme dans les déclarations ministérielles adoptées à Tallinn en 2017 ( https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news/ministerial-declaration-egovernment-tallinn-declaration ), à Berlin en 2020 ( https://ec.europa.eu/isa2/sites/isa/files/cdr_20201207_eu2020_berlin_declaration_on_digital_society_and_value-based_digital_government_.pdf ), à Lisbonne en 2021 ( https://www.lisbondeclaration.eu/ ) et à Strasbourg en 2022( https://www.eupan.eu/2022/04/presidence-francaise-2022-french-presidency-2022/ ).

(3)

Illustré par la coopération «Living-in EU», https://living-in.eu/

(4)

L’Europe balise la décennie numérique, COM(2021) 118 final, https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/europes-digital-decade-digital-targets-2030_fr

(5)

https://ec.europa.eu/info/files/recovery-and-resilience-facility-annual-report_fr , p. 24.

(6)

Proposition de RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL établissant des mesures destinées à assurer un niveau élevé d’interopérabilité du secteur public dans l’ensemble de l’Union (acte pour une Europe interopérable), COM(2022) 720 final.

(7)

https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/europe-fit-digital-age/shaping-europe-digital-future_fr

(8)

Voir par exemple https://nordicsmartgovernment.org/ , une initiative de cinq pays nordiques visant à mettre en place des services publics interopérables transfrontaliers et transsectoriels.

(9)

Les villes intelligentes, pour lesquelles l’énergie, l’environnement, les transports, l’eau, les déchets et le numérique doivent être pris en considération dans leur ensemble, constituent un exemple de ces politiques multiformes ( https://ec.europa.eu/info/eu-regional-and-urban-development/topics/cities-and-urban-development/city-initiatives/smart-cities_en ).

(10)

Les articles 170 à 172 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) définissent la compétence de l’UE pour établir et développer des réseaux transeuropéens et pour promouvoir l’interconnexion et l’interopérabilité des réseaux nationaux. Il s’agit de plus en plus de combiner des éléments «matériels» et «logiciels» et de relier les systèmes «souverains» dans un réseau commun de réseaux énergétiques, de transport et numériques.

(11)

https://joinup.ec.europa.eu/collection/nifo-national-interoperability-framework-observatory/european-interoperability-framework

(12)

https://joinup.ec.europa.eu/collection/nifo-national-interoperability-framework-observatory/national-interoperability-initiatives

(13)

Comme souligné dans la déclaration de Berlin susmentionnée.

(14)

Étude du Centre commun de recherche de la Commission, https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC127330

(15)

Le projet DIGI4FED en est un exemple: https://www.uantwerpen.be/en/research-groups/govtrust/research/projects/digi4fed/

(16)

Par exemple, le tarif énergétique social automatique au Portugal, qui a remporté un prix des Nations unies ( https://eportugal.gov.pt/en/noticias/tarifa-social-de-energia-automatica-premiada-pela-onu ), ou l’outil eTranslation utilisé pour le portail de la conférence sur l’avenir de l’Europe, mis à la disposition des administrations publiques ( https://ec.europa.eu/info/resources-partners/machine-translation-public-administrations-etranslation_fr ).

(17)

Voir https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468042722000033

(18)

Y compris les actifs développés en coopération avec les pays de l’UE et avec le soutien financier des anciens programmes ISA² et MIE-Télécommunications, voir https://joinup.ec.europa.eu/

(19)

Comme la législation et la pratique nationales espagnoles en matière d’interopérabilité, voir https://www.boe.es/buscar/act.php?id=BOE-A-2010-1331 et https://www.boe.es/biblioteca_juridica/index.php?tipo=C

(20)

Certaines politiques importantes de l’UE ont démarré et/ou ont été soutenues par des projets d’interopérabilité, par exemple le règlement eIDAS ( https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/eidas-regulation ) ou l’infrastructure de services de chaînes de blocs de l’UE ( https://ec.europa.eu/cefdigital/wiki/display/CEFDIGITAL/ebsi ).

(21)

La prise en considération des aspects numériques et d’interopérabilité à un stade précoce de l’élaboration des politiques présente des avantages particuliers, comme le soulignent les lignes directrices concernant l’analyse d’impact sur les TIC élaborées par la Commission en 2018 ( https://ec.europa.eu/isa2/sites/isa/files/ict_impact_assessment_guidelines.pdf ) et précisées dans les recommandations des membres du groupe d’experts de la Commission sur l’interopérabilité des services publics ( https://joinup.ec.europa.eu/collection/interoperable-europe/news/official-expert-recommendations-new-interoperability-policy ).

(22)

Par exemple, le manque de cohérence des données a entravé la capacité de l’UE à réagir de manière coopérative à un stade précoce de la crise de la COVID-19, comme l’ont constaté Renda, A., et Castro, R. (2020), «Towards more EU governance of health threats after the COVID-19 pandemic», European Journal of Risk Regulation, 11 (2), p. 273.

(23)

Voir «GovTech Practices in the EU» ( https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC128247 ) ou «Exploring Digital Government Transformation in the EU - Understanding public sector innovation in a data-driven society» ( https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC121548 ).

(24)

Une politique (ou un acte juridique) est adaptée au numérique si elle permet une mise en œuvre fluide et numérique par défaut et si elle favorise la transformation numérique grâce à une utilisation optimale des technologies et des données ( https://joinup.ec.europa.eu/collection/better-legislation-smoother-implementation/digital-ready-policymaking ). Voir également l’outil nº 28 de la Commission européenne pour une meilleure réglementation sur l’élaboration de politiques adaptées au numérique ( https://ec.europa.eu/info/files/chapter-3-identifying-impacts-evaluations-fitness-checks-and-impact-assessments_en ).

(25)

https://joinup.ec.europa.eu/collection/national-interoperability-framework-observatory/eif-toolbox

(26)

La Commission a déjà adopté la première proposition d’espace de données sectoriel, la proposition de règlement relatif à l’espace européen des données de santé, https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_22_2711

(27)

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_22_1113

(28)

Réseau des administrations publiques européennes ( https://www.eupan.eu/ ) ou le groupe d’experts de la Commission sur l’administration publique et la gouvernance ( https://ec.europa.eu/reform-support/public-administration-and-governance-policy-making/expert-group-public-administration-and-governance_en ).

(29)

Marché des villes intelligentes ( https://smart-cities-marketplace.ec.europa.eu/projects-and-sites?lang=fr ). Parmi les exemples d’activités locales figurent: l’IA pour la détection des arrêts cardiaques ( https://cordis.europa.eu/article/id/421437-artificial-intelligence-detects-cardiac-arrest-in-emergency-calls/fr ); la gestion des capacités dans les espaces publics (Fuengirola https://www.themayor.eu/en/a/view/fuengirola-digitized-its-beach-control-and-got-an-award-for-it-8098 ); et l’intelligence artificielle pour les jumeaux numériques locaux [DUET ( https://www.digitalurbantwins.com/ ), LEAD ( https://www.leadproject.eu/ ), SHPERE ( https://sphere-project.eu/ )].

(30)

https://oascities.org/minimal-interoperability-mechanisms/

(31)

SWD(2022) 710 final.

(32)

Voir le cadre européen d’interopérabilité dans le domaine de la santé en ligne ( https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/7e8e2f60-6f87-4be8-9125-477e212e3a74 ) et ( https://eufordigital.eu/wp-content/uploads/2021/03/Common-Guidelines-for-eHealth-Harmonisation-and-Interoperability.pdf ). La Commission a depuis proposé la création d’un espace européen des données de santé ( https://health.ec.europa.eu/ehealth-digital-health-and-care/european-health-data-space_fr ).

(33)

Par exemple https://inspire.ec.europa.eu/inspire-directive/2

(34)

Par exemple https://e-justice.europa.eu/home?init=true&action=home&redirect=L2NvbnRlbnRfY2xhaW1pbmdfZGFtYWdlc19mcm9tX3RoZV9vZmZlbmRlci00OTQtZGstZW4uZG8/cmVtb3ZlYmFubmVyPXRydWU&login=dHJ1ZQ&plang=fr et https://ec.europa.eu/home-affairs/policies/schengen-borders-and-visa_en .

(35)

Par exemple https://transport.ec.europa.eu/transport-themes/intelligent-transport-systems_en

(36)

https://joinup.ec.europa.eu/collection/innovative-public-services

(37)

Par exemple ici: https://atomico.com/insights/launching-the-7th-annual-state-of-european-tech-report

(38)

https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/activities/edihs

(39)

https://eic.ec.europa.eu/index_en et le programme Horizon Europe

(40)

Les deux termes font référence à la coopération public-privé en matière de technologies pour le secteur public. Alors que GovTech touche plutôt les jeunes pousses et les PME technologiques, qui expérimentent par exemple des utilisations de l’IA, CivicTech concerne davantage les organisations de la société civile, qui promeuvent par exemple l’engagement des citoyens fondé sur la technologie.

(41)

Voir la stratégie de l’UE en faveur des PME, https://ec.europa.eu/growth/smes/sme-strategy_en

(42)

Par exemple le DESI ( https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/desi ) ou le projet LORDI (Indicateurs numériques locaux et régionaux: https://living-in.eu/groups/commitments/monitoring-measuring ). L’OCDE ( https://goingdigital.oecd.org/indicator/58 ), les Nations unies ( https://publicadministration.un.org/egovkb/en-us/Reports/UN-E-Government-Survey-2020 ) et la Banque mondiale ( https://www.worldbank.org/en/events/2021/09/16/govtech-maturity-index-the-state-of-digital-transformation-in-the-public-sector#:~:text=The%20World%20Bank%20has%20developed,citizen%20engagement%2C%20and%20GovTech%20enablers ) mènent également des projets de suivi pertinents.

(43)

Recommandation nº 16 sur https://ec.europa.eu/transparency/expert-groups-register/core/api/front/expertGroupAddtitionalInfo/43164/download

(44)

Par exemple https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation-why-and-how/better-regulation-guidelines-and-toolbox_fr

(45)

Par exemple, la publication d’informations en matière de durabilité a gagné en importance, voir le règlement (UE) 2019/2088 du Parlement européen et du Conseil du 27 novembre 2019 sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers, qui est entré en vigueur en 2021.

(46)

Règlement (UE) 2021/953 relatif à un cadre pour la délivrance, la vérification et l’acceptation de certificats COVID-19 interopérables de vaccination, de test et de rétablissement (certificat COVID numérique de l’UE) afin de faciliter la libre circulation pendant la pandémie de COVID-19: https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32021R0953 Dans le cadre de la politique de surveillance maritime, de nouveaux outils tels que les services maritimes Copernicus ou la surveillance électronique à distance (REM) sont utilisés. https://www.efca.europa.eu/en/content/new-technologies-maritime-surveillance , https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32021R0953

(47)

Sur les 284 initiatives législatives présentées par la Commission entre mars 2020 et juin 2021, 47 % faisaient référence à des éléments numériques et 67 % à des données dans leur feuille de route ou au stade de l’analyse d’impact initiale ( https://joinup.ec.europa.eu/collection/better-legislation-smoother-implementation ); l’élaboration de politiques adaptée au numérique a été stimulée par la pandémie de COVID-19 ( https://joinup.ec.europa.eu/collection/better-legislation-smoother-implementation/news/digital-ready-policymaking-boosted-covid-19 ).

(48)

https://ec.europa.eu/info/news/commission-adopts-new-digital-strategy-address-transformation-opportunities-post-pandemic-world-2022-jun-30_en

(49)

COM(2021) 219, Une meilleure réglementation: Unir nos forces pour améliorer la législation ( https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation-why-and-how_fr ) et SWD(2021) 305 , lignes directrices pour une meilleure réglementation(https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/better_regulation_joining_forces_to_make_better_laws_en_0.pdf et https://ec.europa.eu/info/sites/default/files/swd2021_305_en.pdf ).

(50)

Voir les listes de contrôle «Have I considered…» (Ai-je pensé à...) de l’outil nº 28 sur l’élaboration des politiques adaptées au numérique de la boîte à outils pour une meilleure réglementation: https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation-why-and-how/better-regulation-guidelines-and-toolbox/better-regulation-toolbox-0_en et https://ec.europa.eu/info/law/law-making-process/planning-and-proposing-law/better-regulation-why-and-how/better-regulation-guidelines-and-toolbox_fr

(51)

Par exemple au Danemark ( https://en.digst.dk/digital-governance/digital-ready-legislation/guidances-and-tools/ ) ou dans le secteur des soins de santé, où des considérations d’interopérabilité soutiennent l’élaboration des politiques ( https://ec.europa.eu/health/blood-tissues-cells-and-organs/overview/revision-eu-legislation-blood-tissues-and-cells_en ).

(52)

https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/policies/eidas-regulation

(53)

L’IMI permet aux autorités publiques d’échanger des informations à l’appui de la libre circulation des services et des personnes sur le marché unique.

(54)

Règlement (UE) 2018/1724 établissant un portail numérique unique pour donner accès à des informations, à des procédures et à des services d’assistance et de résolution de problèmes: ( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=uriserv:OJ.L_.2018.295.01.0001.01.FRA&toc=OJ:L:2018:295:TOC ).

(55)

En particulier le programme pour une Europe numérique, qui intègre des ressources financières antérieures provenant des anciens programmes ISA² et MIE-Télécommunications ( https://ec.europa.eu/cefdigital/wiki/display/CEFDIGITAL/2018/11/08/Meet+the+new+CEF+Building+Blocks ), et Horizon Europe.

(56)

Soutenus par le programme pour une Europe numérique ( https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/activities/work-programmes-digital ).

(57)

https://ec.europa.eu/info/funding-tenders/find-funding/funding-management-mode/2014-2020-european-structural-and-investment-funds_fr

(58)

https://ec.europa.eu/info/business-economy-euro/recovery-coronavirus/recovery-and-resilience-facility_fr

(59)

https://hadea.ec.europa.eu/programmes/connecting-europe-facility_en

(60)

https://ec.europa.eu/info/funding-tenders/find-funding/eu-funding-programmes/technical-support-instrument/technical-support-instrument-tsi_fr

(61)

Y compris la déclaration de Strasbourg adoptée en 2022 et la stratégie EUPAN 2022-2025, voir https://www.eupan.eu/

(62)

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52021PC0574

(63)

Par exemple la directive sur les données ouvertes ( https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32019L1024 ), l’acte sur la gouvernance des données ( https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_21_6428 ) et le règlement sur les données, en particulier son chapitre VIII ( https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_22_1113 ).

(64)

https://data.europa.eu/fr

(65)

Établi par l’acte sur la gouvernance des données.

(66)

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52021PC0574

(67)

Via le portail Joinup, en particulier https://joinup.ec.europa.eu/collection/open-source-observatory-osor

(68)

Voir https://ec.europa.eu/info/departments/informatics/open-source-software-strategy_en

(69)

Assistant chargé des licences: https://joinup.ec.europa.eu/collection/eupl

(70)

La Commission a créé son propre OSPO ( https://joinup.ec.europa.eu/collection/ec-ospo ).

(71)

Par exemple, la plateforme multipartite pour la normalisation des TIC ( https://ec.europa.eu/growth/single-market/european-standards/ict-standardisation_en ).

(72)

Voir https://ec.europa.eu/docsroom/documents/48598?locale=fr

(73)

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52022DC0332

(74)

https://joinup.ec.europa.eu/collection/nifo-national-interoperability-framework-observatory/eif-monitoring et https://joinup.ec.europa.eu/collection/nifo-national-interoperability-framework-observatory/digital-public-administration-factsheets-2021

(75)

Par exemple avec l’Uruguay ( https://ec.europa.eu/isa2/news/european-commission-reinforces-cooperation-uruguay-interoperability_en/ ) et l’Ukraine ( https://eufordigital.eu/countries/ukraine/ ).

(76)

Un cadre d’évaluation soutenu par la Commission, élaboré au titre du programme de soutien à l’amélioration des institutions gouvernementales et des systèmes de gestion (SIGMA) de l’OCDE, est utilisé pour suivre les progrès de la réforme de l’administration publique et fait référence à l’«interopérabilité» (Principes d’administration publique: https://www.sigmaweb.org/publications/Principles-Public-Administration-Fr.pdf ).

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