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CELEX52022IR5388
TypeInitiative législative
Datejeudi 16 mars 2023

Texte intégral

30.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 188/79


Avis du Comité européen des régions sur le thème «Législation européenne sur la liberté des médias»

(2023/C 188/08)

Rapporteur:

Mark SPEICH (DE/EPP), secrétaire d’État pour les affaires fédérales et européennes, les questions internationales et les médias du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Textes de référence:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un cadre commun pour les services de médias dans le marché intérieur (législation européenne sur la liberté des médias) et modifiant la directive 2010/13/UE

COM(2022) 457 final

Recommandation de la Commission concernant des garde-fous internes destinés à protéger l’indépendance éditoriale et la transparence de la propriété dans le secteur des médias

C(2022) 6536 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un cadre commun pour les services de médias dans le marché intérieur (législation européenne sur la liberté des médias) et modifiant la directive 2010/13/UE

COM(2022) 457 final

Amendement 1

Considérant 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(2)

Compte tenu de leur rôle unique, la protection de la liberté et du pluralisme des médias constitue une caractéristique essentielle du bon fonctionnement du marché intérieur des services de médias (ou «marché intérieur des médias»). Ce marché a profondément changé depuis le début du XXIe siècle, en devenant de plus en plus numérique et international. S’il offre de nombreuses possibilités économiques, il est également confronté à un certain nombre de défis. L’Union devrait aider le secteur des médias à saisir ces possibilités au sein du marché intérieur, tout en protégeant les valeurs , telles que la sauvegarde des droits fondamentaux, qui sont communes à l’Union et à ses États membres.

(2)

Compte tenu du rôle unique des médias, il convient d’être extrêmement attentifs à la protection de la liberté et du pluralisme dans le marché intérieur pour tout ce qui concerne les services de médias. Le marché intérieur des services de médias a fondamentalement changé ces dernières décennies, devenant à la fois toujours plus numérique et plus international. S’il offre de nombreuses possibilités économiques, il est également confronté à un certain nombre de défis. L’Union devrait aider le secteur des médias à tirer parti de ces possibilités au sein du marché intérieur, tout en œuvrant à garantir que les valeurs communes de l’Union et de ses États membres , telles que les droits fondamentaux, sont protégées .

Exposé des motifs

Il convient de tenir compte du rôle particulier des médias en tant que bien économique et culturel, ainsi que des compétences respectives de l’Union européenne et de ses États membres découlant de ce rôle.

Amendement 2

Considérant 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(3)

Dans l’espace des médias numérique, les citoyens et les entreprises accèdent à des contenus médiatiques immédiatement disponibles sur leurs appareils personnels et les consomment ainsi, de plus en plus souvent dans un cadre transfrontière. Les plateformes en ligne mondiales servent de points d’accès vers les contenus médiatiques, en suivant des modèles économiques qui tendent à faire disparaître les intermédiaires pour l’accès aux services de médias et à amplifier les contenus clivants et la désinformation. Ces plateformes constituent en outre des fournisseurs essentiels de publicité en ligne, ce qui détourne des ressources financières du secteur des médias, affectant la viabilité financière de ce secteur et, partant, la diversité des contenus proposés. Les services de médias étant des services à forte intensité de connaissance et de capital, ils nécessitent une certaine envergure pour rester compétitifs et prospérer dans le marché intérieur. À cet effet, la possibilité d’offrir des services par-delà les frontières et d’obtenir aussi des investissements dans ou de la part d’autres États membres est particulièrement importante .

(3)

Dans l’espace des médias numérique, les citoyens et les entreprises accèdent à des contenus médiatiques immédiatement disponibles sur leurs appareils personnels et les consomment ainsi, de plus en plus souvent dans un cadre transfrontière. Les plateformes en ligne mondiales et les moteurs de recherche servent de points d’accès vers les contenus médiatiques, en suivant des modèles économiques qui tendent à faire disparaître les intermédiaires pour l’accès aux services de médias et à amplifier les contenus clivants et la désinformation. Ces plateformes constituent en outre des fournisseurs essentiels de publicité en ligne, ce qui détourne des ressources financières du secteur des médias, affectant la viabilité financière de ce secteur et, partant, la diversité des contenus proposés. Ces acteurs du marché doivent donc être associés de manière appropriée pour garantir l’indépendance et la diversité des médias. Les services de médias étant des services à forte intensité de connaissance et de capital, ils nécessitent une certaine envergure pour rester compétitifs et prospérer dans le marché intérieur. À cet effet, la possibilité d’offrir des services par-delà les frontières et d’obtenir aussi des investissements dans ou de la part d’autres États membres peut revêtir une importance toute particulière .

Dans le même temps, toutefois, la croissance des entreprises peut avoir pour effet de limiter la diversité des contenus et des offres sur le marché national tout en accroissant encore la pression sur les acteurs locaux ou régionaux actifs sur le marché.

Exposé des motifs

Toutes les évolutions pertinentes du marché doivent être prises en considération.

Amendement 3

Considérant 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(4)

Toutefois, le marché intérieur des services de médias n’est pas suffisamment intégré. Plusieurs restrictions nationales entravent la libre circulation au sein du marché intérieur. En particulier, des règles et approches nationales différentes en matière de pluralisme des médias et d’indépendance éditoriale, une coopération insuffisante entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation ainsi qu’une allocation opaque et inéquitable des ressources économiques publiques et privées font qu’il est difficile pour les acteurs sur les marchés des médias d’opérer et de s’étendre au-delà des frontières nationales et entraînent des conditions de concurrence hétérogènes dans l’Union . L’intégrité du marché intérieur des services de médias peut également être compromise par des fournisseurs qui pratiquent systématiquement la désinformation, y compris la manipulation de l’information et l’ingérence, et qui abusent des libertés offertes par le marché intérieur, notamment les fournisseurs de services de médias d’État financés par certains pays tiers.

(4)

Le fonctionnement des règles et approches nationales en matière de pluralisme des médias et d’indépendance éditoriale tient compte des besoins aux niveaux national, régional et local, conformément au devoir fondamental des États membres de prendre des mesures adéquates pour garantir le pluralisme des médias. Des normes minimales communes pour l’élaboration de ces mesures, fixées dans le respect de la souveraineté culturelle des États membres, sont de nature à promouvoir le marché intérieur et à prévenir les restrictions nationales inappropriées à la libre circulation au sein du marché intérieur. À cette fin, la coopération entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation devrait également être améliorée . Une allocation opaque et inéquitable des ressources économiques publiques et privées entraîne des conditions de concurrence hétérogènes qui peuvent également nuire à la concurrence dans le secteur de l’édition . L’intégrité du marché intérieur des services de médias peut également être compromise par des fournisseurs qui pratiquent systématiquement la désinformation, y compris la manipulation de l’information et l’ingérence, et qui abusent des libertés offertes par le marché intérieur, notamment les fournisseurs de services de médias d’État financés par certains pays tiers.

Exposé des motifs

Les compétences respectives de l’Union européenne et de ses États membres doivent être prises en compte.

Amendement 4

Considérant 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(5)

En outre, en réaction aux menaces qui pèsent sur le pluralisme et la liberté des médias en ligne, certains États membres ont adopté des mesures réglementaires, et d’autres pourraient leur emboîter le pas, au risque d’aggraver les divergences entre les approches nationales et de restreindre davantage la libre circulation dans le marché intérieur.

Exposé des motifs

Il semble inapproprié de considérer les mesures prises conformément à la responsabilité et à la compétence nationales pour protéger le pluralisme des médias comme s’il s’agissait d’un obstacle au marché intérieur.

Amendement 5

Considérant 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(6)

Les destinataires de services de médias dans l’Union (les personnes physiques qui sont ressortissantes d’États membres ou qui bénéficient de droits conférés par le droit de l’Union et les personnes morales établies dans l’Union) devraient pouvoir réellement jouir de la liberté de recevoir des services de médias libres et pluralistes dans le marché intérieur. Il convient, tout en encourageant le flux transfrontière de services de médias, d’assurer un niveau minimal de protection des destinataires de ces services dans le marché intérieur, conformément au droit de recevoir ou de communiquer des informations consacré à l’article 11 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «charte»). Il est donc nécessaire d’harmoniser certains aspects des règles nationales relatives aux services de médias. Dans le rapport final de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, les citoyens ont exhorté l’UE à promouvoir davantage l’indépendance et le pluralisme des médias, notamment en introduisant une législation visant à lutter contre les menaces qui pèsent sur l’indépendance des médias au moyen de normes minimales applicables dans l’ensemble de l’Union.

Exposé des motifs

La réglementation devrait rester axée sur la compétence de l’Union européenne.

Amendement 6

Considérant 7

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(7)

Aux fins du présent règlement, la définition de «service de médias» devrait être limitée aux services tels que définis par le traité et devrait donc englober toutes les formes d’activité économique. Cette définition devrait exclure le contenu généré par l’utilisateur et téléversé sur une plateforme en ligne, à moins que ce contenu ne constitue une activité professionnelle normalement exercée en échange d’une contrepartie (qu’elle soit financière ou d’une autre nature). Elle devrait également exclure la correspondance strictement privée, par exemple les courriers électroniques, ainsi que tous les services n’ayant pas pour objet principal la fourniture de programmes audio ou audiovisuels ou de publications de presse, c’est-à-dire ceux dont le contenu est secondaire et ne constitue pas leur finalité principale, tels que les publicités ou les informations relatives à un produit ou à un service fourni par des sites web n’offrant pas de services de médias. La définition de «service de médias» devrait couvrir, en particulier, la radiodiffusion sonore et télévisuelle, les services de médias audiovisuels à la demande, les services audio à la demande et les publications de presse. La communication d’entreprise et la distribution de matériels informatifs ou promotionnels pour des entités publiques ou privées devraient être exclues du champ d’application de cette définition.

(7)

Aux fins du présent règlement, la définition de «service de médias» devrait être limitée aux services tels que définis par le traité et devrait donc englober toutes les formes d’activité économique transfrontières . Cette définition devrait exclure le contenu généré par l’utilisateur et téléversé sur une plateforme en ligne, à moins que ce contenu ne constitue une activité professionnelle normalement exercée en échange d’une contrepartie (qu’elle soit financière ou d’une autre nature). Elle devrait également exclure la correspondance strictement privée, par exemple les courriers électroniques, ainsi que tous les services n’ayant pas pour objet principal la fourniture de programmes audio ou audiovisuels ou de publications de presse, c’est-à-dire ceux dont le contenu est secondaire et ne constitue pas leur finalité principale, tels que les publicités ou les informations relatives à un produit ou à un service fourni par des sites web n’offrant pas de services de médias. La définition de «service de médias» devrait couvrir, en particulier, la radiodiffusion sonore et télévisuelle, les services de médias audiovisuels à la demande, les services audio à la demande et les publications de presse. La communication d’entreprise et la distribution de matériels informatifs ou promotionnels pour des entités publiques ou privées devraient être exclues du champ d’application de cette définition.

Exposé des motifs

La réglementation devrait rester axée sur la compétence de l’Union européenne.

Amendement 7

Considérant 10

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(10)

Le terme de «publicité d’État» devrait s’entendre au sens large comme couvrant les activités promotionnelles ou autopromotionnelles entreprises par ou pour un large éventail d’autorités ou d’entités publiques, ou au nom de celles-ci, y compris des pouvoirs publics, des autorités ou des organismes de régulation ainsi que des entreprises publiques ou d’autres entités contrôlées par l’État dans différents secteurs, au niveau national ou régional, ou des pouvoirs publics locaux d’entités territoriales de plus d’un million d’ habitants. Toutefois, la définition de la publicité d’État ne devrait pas inclure les messages d’urgence diffusés par les autorités publiques qui sont nécessaires, par exemple, en cas de catastrophe naturelle ou sanitaire, d’accident ou d’autre incident soudain susceptible de causer des dommages à des particuliers.

(10)

Le terme de «publicité d’État» devrait s’entendre au sens large comme couvrant les activités promotionnelles ou autopromotionnelles entreprises par ou pour un large éventail d’autorités ou d’entités publiques, ou au nom de celles-ci, y compris des pouvoirs publics, des autorités ou des organismes de régulation ainsi que des entreprises publiques ou d’autres entités contrôlées par l’État dans différents secteurs, au niveau européen, national ou régional, ou des pouvoirs publics locaux d’entités territoriales de plus de 100 000 habitants , le critère de population devant être examiné conjointement avec la définition d’un seuil minimal de dépenses annuelles . Toutefois, la définition de la publicité d’État ne devrait pas inclure les messages d’urgence diffusés par les autorités publiques qui sont nécessaires, par exemple, en cas de catastrophe naturelle ou sanitaire, d’accident ou d’autre incident soudain susceptible de causer des dommages à des particuliers , pour autant que cela n’implique pas plus que le remboursement des dépenses engagées par le fournisseur de services de médias .

Exposé des motifs

L’Union européenne elle-même devrait également être liée aux exigences de transparence. Dans le même temps, le seuil d’un million d’habitants n’est pas réaliste pour les petits États membres. Le fait d’abaisser le seuil de population et de combiner ce dernier avec un seuil minimal de dépenses annuelles réduit le risque de manque de transparence, tout en évitant de créer une charge administrative disproportionnée liée aux obligations de déclaration.

Amendement 8

Considérant 11

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(11)

Afin que la société récolte les bénéfices du marché intérieur des médias, il est essentiel non seulement de garantir les libertés fondamentales au titre du traité, mais aussi la sécurité juridique dont les destinataires des services de médias ont besoin pour profiter des bénéfices correspondants. Ces destinataires devraient avoir accès à des services de médias de qualité, produits par des journalistes et des chefs de rédaction de manière indépendante et conformément aux normes journalistiques, et fournissant par conséquent des informations fiables, y compris des contenus d’information et d’actualité. Ce droit ne suppose pas l’obligation correspondante pour un fournisseur de services de médias d’adhérer à des normes non expressément énoncées par la législation. Ces services de médias de qualité représentent également un antidote contre la désinformation, y compris contre la manipulation de l’information et l’ingérence étrangères.

(11)

Pour tenir dûment compte des services de médias dans leur rôle de biens culturels dans le marché intérieur, il est essentiel de garantir les libertés fondamentales consacrées par le traité, tout en préservant la diversité culturelle de l’Union à la lumière de l’obligation, en vertu du droit fondamental, de garantir la diversité des médias et de protéger la liberté d’information des utilisateurs. À cette fin, la responsabilité des États membres d’orienter leurs systèmes médiatiques nationaux respectifs doit être soulignée et portée par des valeurs communes, dans le plein respect de la souveraineté culturelle et des différentes traditions constitutionnelles des États membres.

Exposé des motifs

Les compétences respectives de l’Union européenne et de ses États membres doivent être prises en compte.

Amendement 9

Considérant 13

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(13)

La libre circulation d’informations fiables est essentielle au bon fonctionnement du marché intérieur des services de médias . La fourniture de services de médias ne devrait donc faire l’objet d’aucune restriction contraire au présent règlement ou à d’autres règles du droit de l’Union, telles que la directive 2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil, prévoyant des mesures nécessaires à la protection des utilisateurs contre les contenus illégaux ou préjudiciables. Des restrictions pourraient également provenir de mesures appliquées par des autorités publiques nationales en conformité avec le droit de l’Union.

(13)

La libre circulation d’informations fiables devrait être garantie dans toute la mesure du possible . Il doit donc incomber aux États membres, en conformité avec leurs constitutions nationales, conformément à l’article 11 et aux autres droits fondamentaux, notamment ceux de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, à savoir la liberté d’expression et la liberté d’entreprise, et dans le respect des libertés fondamentales du marché intérieur, d’assurer un cadre juridique et administratif approprié où le pluralisme et l’indépendance des médias sont garantis de manière effective et appropriée. La fourniture de services de médias ne devrait pas être soumise à des restrictions qui violent ces principes fondamentaux. Des restrictions pourraient également résulter de mesures appliquées par des autorités nationales en conformité avec le droit de l’Union.

Exposé des motifs

Les compétences respectives de l’Union européenne et de ses États membres doivent être prises en compte.

Amendement 10

Considérant 14

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(14)

La protection de l’indépendance éditoriale constitue une condition préalable à l’exercice de l’activité du fournisseur de services de médias et à son intégrité professionnelle. L’indépendance éditoriale est particulièrement importante pour les fournisseurs de services de médias qui publient des contenus d’information et d’actualité, compte tenu du rôle sociétal que jouent ces contenus en tant que biens publics. Les fournisseurs de services de médias devraient être en mesure d’exercer librement leurs activités économiques dans le marché intérieur et de se livrer concurrence sur un pied d’égalité dans un environnement se déployant de plus en plus en ligne, dans lequel l’information circule au-delà des frontières.

(14)

Les fournisseurs de services de médias devraient être en mesure d’exercer leurs activités économiques aussi librement que possible dans le marché intérieur , en maintenant à cet effet leur indépendance éditoriale, et de se livrer concurrence sur un pied d’égalité dans un environnement se déployant de plus en plus en ligne, dans lequel l’information circule au-delà des frontières.

Exposé des motifs

Les compétences respectives de l’Union européenne et de ses États membres doivent être prises en compte. La liberté éditoriale devrait de surcroît être prise en compte en tant qu’élément garantissant la diversité des médias.

Amendement 11

Considérant 18

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(18)

Les médias de service public établis par les États membres jouent un rôle particulier dans le marché intérieur des médias , en veillant, dans le cadre de leur mission, à ce que les citoyens et les entreprises aient accès à des informations de qualité et à une couverture médiatique impartiale. Toutefois, les médias de service public peuvent être particulièrement exposés au risque d’ingérence, compte tenu de leur proximité institutionnelle avec l’État et du financement public qu’ils reçoivent. Ce risque peut être exacerbé par des garanties hétérogènes en matière de gouvernance indépendante et de couverture équilibrée par les médias de service public dans l’Union. Cette situation peut donner lieu à une couverture médiatique partiale ou biaisée, fausser la concurrence dans le marché intérieur des médias et avoir une incidence négative sur l’accès à des services de médias indépendants et impartiaux. Il est donc nécessaire, sur la base des normes internationales définies à cet égard par le Conseil de l’Europe, de mettre en place des garde-fous juridiques en ce qui concerne le fonctionnement indépendant des médias de service public dans l’ensemble de l’Union. Il est également nécessaire de garantir que, sans préjudice de l’application des règles de l’Union relatives aux aides d’État, les fournisseurs de médias de service public bénéficient d’un financement stable et suffisant pour remplir leur mission, qui assure la prévisibilité de leur planification. De préférence, ce financement devrait être déterminé et alloué sur une base pluriannuelle, conformément à la mission de service public des fournisseurs de médias de service public, afin d’éviter les risques d’influence indue liés à des négociations budgétaires annuelles. Les exigences énoncées dans le présent règlement n’ont pas d’incidence sur la compétence des États membres de pourvoir au financement des médias de service public, consacrée par le protocole no 29 sur le système de radiodiffusion publique dans les États membres annexé au traité sur l’Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

(18)

Les médias de service public établis par les États membres jouent un rôle particulier pour garantir du pluralisme des médias , en veillant, dans le cadre de leur mission, à ce que les citoyens et les entreprises aient accès à des informations de qualité et à une couverture médiatique impartiale. Toutefois, les médias de service public peuvent avoir une incidence sur la fourniture de services de médias privés dans le marché intérieur en raison de leur proximité institutionnelle avec l’État ainsi que du financement public qu’ils reçoivent. Il est par conséquent nécessaire, au vu des normes internationales élaborées en l’espèce par le Conseil de l’Europe, de soutenir la mise en place par les États membres de médias de service public, tout en définissant à cette fin des normes minimales communes qui tiennent compte des principes du marché intérieur, et qui respectent le protocole no 29 annexé au traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Les exigences énoncées dans le présent règlement n’ont pas d’incidence sur la compétence des États membres de pourvoir au financement des médias de service public, consacrée par le protocole no 29 sur le système de radiodiffusion publique dans les États membres annexé au traité sur l’Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Exposé des motifs

Le rôle particulier des médias publics à la lumière du protocole d’Amsterdam doit être respecté.

Amendement 12

Considérant 19

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(19)

Il est essentiel que les destinataires de services de médias sachent avec certitude qui possède et qui se trouve derrière les médias d’information, de manière à pouvoir repérer et comprendre les conflits d’intérêts potentiels, ce qui est indispensable pour se forger un avis éclairé et, dès lors, pour participer activement à la démocratie. Cette transparence est également un outil efficace pour limiter les risques d’ingérence dans l’indépendance éditoriale. Il est donc nécessaire d’introduire, pour tous les fournisseurs de services de médias concernés dans l’Union, des exigences d’information communes qui devraient inclure des obligations proportionnées de divulguer des informations relatives à la propriété des médias. Dans ce contexte, les mesures adoptées par les États membres au titre de l’article 30, paragraphe 9, de la directive (UE) 2015/849 ne devraient pas s’en trouver contrariées. Les informations demandées devraient être communiquées par les fournisseurs concernés sur leur site web ou sur un autre support aisément et directement accessible.

(19)

Il est essentiel que les destinataires de services de médias sachent avec certitude qui possède et qui se trouve derrière les médias d’information, de manière à pouvoir repérer et comprendre les conflits d’intérêts potentiels, ce qui est indispensable pour se forger un avis éclairé et, dès lors, pour participer activement à la démocratie. Cette transparence est également un outil efficace pour limiter les risques d’ingérence dans l’indépendance éditoriale. Il est donc nécessaire d’introduire, pour tous les fournisseurs de services de médias concernés dans l’Union, des exigences d’information communes qui devraient inclure des obligations proportionnées de divulguer des informations relatives à la propriété des médias. Celles-ci devraient être conformes aux exigences applicables en principe aux services de médias audiovisuels en vertu de l’article 30, paragraphe 9, de la directive (UE) 2015/849, mais sans préjudice des mesures prises par les États membres à d’autres égards. Les informations demandées devraient être communiquées par les fournisseurs concernés sur leur site web ou sur un autre support aisément et directement accessible.

Exposé des motifs

Il convient d’éviter les contradictions avec le droit applicable.

Amendement 13

Considérant 20

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(20)

L’intégrité des médias nécessite également que les entreprises de médias d’information adoptent une approche proactive afin de promouvoir l’indépendance éditoriale, notamment en se dotant de garde-fous internes. Les fournisseurs de services de médias devraient adopter des mesures proportionnées afin de garantir, une fois que la ligne éditoriale générale a fait l’objet d’un accord entre les propriétaires et les chefs de rédaction, la liberté de ces derniers de prendre des décisions individuelles dans le cadre de leur activité professionnelle. L’objectif de protéger les chefs de rédaction contre les ingérences indues dans les décisions qu’ils prennent sur des contenus spécifiques dans le cadre de leur travail quotidien contribue à assurer des conditions de concurrence équitables dans le marché intérieur des services de médias ainsi qu’à garantir la qualité de ces services. Cet objectif est également conforme au droit fondamental de recevoir ou de communiquer des informations consacré à l’article 11 de la charte. Eu égard à ces considérations, les fournisseurs de services de médias devraient également assurer une transparence, vis-à-vis des destinataires de leurs services, en ce qui concerne les conflits d’intérêts avérés ou potentiels.

(20)

L’intégrité des médias nécessite également que les entreprises de médias d’information adoptent une approche proactive afin de promouvoir l’indépendance éditoriale, notamment en se dotant de garde-fous internes. Les fournisseurs de services de médias devraient envisager des mesures permettant au personnel éditorial d’exercer librement leur activité de manière appropriée. Lesdites mesures peuvent aider à améliorer les conditions de concurrence sur le marché intérieur tout en renforçant la qualité des services. Cet objectif est également conforme au droit fondamental de recevoir ou de communiquer des informations consacré à l’article 11 de la charte.

Exposé des motifs

Une vision différenciée de la liberté éditoriale doit être prise en compte.

Amendement 14

Considérant 21

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(21)

Afin d’alléger la charge réglementaire, les microentreprises au sens de l’article 3 de la directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Consei (50) devraient être exemptées des obligations en matière d’information et de garde-fous internes visant à garantir l’indépendance des décisions éditoriales individuelles. En outre, les fournisseurs de services de médias devraient être libres d’adapter les garde-fous internes en fonction de leurs besoins, en particulier s’ils sont des petites ou moyennes entreprises au sens de l’article susmentionné. La recommandation qui accompagne le présent règlement 51 propose un catalogue de garde-fous internes d’application volontaire pouvant être adoptés à cet égard au sein des entreprises de médias. Le présent règlement ne devrait pas être interprété en ce sens qu’il priverait les propriétaires de fournisseurs de services de médias privés de leur prérogative consistant à fixer des objectifs stratégiques ou généraux et à favoriser la croissance et la viabilité financière de leur entreprise. À cet égard, le présent règlement reconnaît que l’objectif d’encourager l’indépendance éditoriale doit être concilié avec les droits et les intérêts légitimes des propriétaires de médias privés.

(21)

Afin d’alléger la charge réglementaire, les microentreprises au sens de l’article 3 de la directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Consei (50) devraient être exemptées des obligations en matière d’information et de mesures visant à conforter l’indépendance des décisions éditoriales individuelles. La recommandation qui accompagne le présent règlement 51 propose un catalogue de garde-fous internes d’application volontaire pouvant être adoptés à cet égard au sein des entreprises de médias. Le présent règlement ne devrait pas être interprété en ce sens qu’il priverait les propriétaires de fournisseurs de services de médias privés de leur prérogative consistant à fixer des objectifs stratégiques ou généraux et à favoriser la croissance et la viabilité financière de leur entreprise. À cet égard, le présent règlement reconnaît que l’objectif d’encourager l’indépendance éditoriale doit être concilié avec les droits et les intérêts légitimes des propriétaires de médias privés.

Exposé des motifs

Une vision différenciée de la liberté éditoriale doit être prise en compte.

Amendement 15

Considérant 22

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(22)

Des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation indépendant(e)s sont essentiel(le)s à l’application adéquate de la législation relative aux médias dans l’ensemble de l’Union. Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE sont les mieux placé(e)s pour assurer l’application correcte des exigences relatives à la coopération en matière de régulation et au bon fonctionnement du marché des services de médias, prévues au chapitre III du présent règlement. Afin de garantir une application cohérente du présent règlement et des autres dispositions du droit de l’Union relatives aux médias, il est nécessaire de créer un organe consultatif au niveau de l’Union regroupant ces autorités ou ces organismes et coordonnant leurs actions. Le groupe des régulateurs européens pour les services de médias audiovisuels (ERGA), institué par la directive 2010/13/UE, a joué un rôle essentiel dans la promotion de la mise en œuvre cohérente de cette directive. Il convient donc que le comité européen pour les services de médias (ci-après le «comité») s’appuie sur le travail accompli par l’ERGA et le remplace. Cela nécessite une modification ciblée de la directive 2010/13/UE afin d’en supprimer l’article 30 ter, qui institue l’ERGA, et de remplacer en conséquence les références faites à l’ERGA et à ses missions. La modification de la directive 2010/13/UE par le présent règlement est justifiée en l’espèce étant donné qu’elle est limitée à une disposition qui n’a pas besoin d’être transposée par les États membres et dont les destinataires sont les institutions de l’Union.

(22)

Des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation indépendant(e)s sont essentiel(le)s à l’application adéquate de la législation relative aux médias dans l’ensemble de l’Union. Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE ou les autres autorités de régulation désignées par les États membres conformément aux exigences énoncées à l’article 30 de la directive 2010/13/UE sont les mieux placé(e)s pour assurer l’application correcte des exigences relatives à la coopération en matière de régulation et au bon fonctionnement du marché des services de médias, prévues au chapitre III du présent règlement. Afin de garantir une application cohérente du présent règlement et des autres dispositions du droit de l’Union relatives aux médias, il est nécessaire de créer un organe consultatif au niveau de l’Union regroupant ces autorités ou ces organismes et coordonnant leurs actions. Le groupe des régulateurs européens pour les services de médias audiovisuels (ERGA), institué par la directive 2010/13/UE, a joué un rôle essentiel dans la promotion de la mise en œuvre cohérente de cette directive. Il convient donc que le comité européen pour les services de médias (ci-après le «comité») s’appuie sur le travail accompli par l’ERGA et le remplace. Cela nécessite une modification ciblée de la directive 2010/13/UE afin d’en supprimer l’article 30 ter, qui institue l’ERGA, et de remplacer en conséquence les références faites à l’ERGA et à ses missions. La modification de la directive 2010/13/UE par le présent règlement est justifiée en l’espèce étant donné qu’elle est limitée à une disposition qui n’a pas besoin d’être transposée par les États membres et dont les destinataires sont les institutions de l’Union.

Exposé des motifs

Les différentes structures de contrôle des médias doivent être prises en compte.

Amendement 16

Considérant 23

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(23)

Le comité devrait réunir de hauts représentants des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE, nommés par ces autorités ou ces organismes. Dans le cas où un État membre compterait plus d’une autorité nationale ou d’un organisme national de régulation, y compris au niveau régional , un représentant commun devrait être choisi par des procédures appropriées et le droit de vote devrait rester limité à un représentant par État membre . Cela ne devrait pas avoir d’incidence sur la possibilité pour les autres autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation de participer, selon les besoins, aux réunions du comité. Le comité devrait également avoir la possibilité d’inviter à ses réunions , en accord avec la Commission, des experts et des observateurs, y compris, en particulier, des autorités ou des organismes de régulation des pays candidats, des pays candidats potentiels, des pays de l’EEE ou des délégués ad hoc d’autres autorités nationales compétentes. Compte tenu de la sensibilité du secteur des médias et conformément à la pratique décisionnelle suivie par l’ERGA en vertu de son règlement de procédure, le comité devrait adopter ses décisions à la majorité des deux tiers des suffrages.

(23)

Le comité devrait réunir de hauts représentants des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE, nommés par ces autorités ou ces organismes. Dans le cas où un État membre compterait plus d’une autorité nationale ou d’un organisme national de régulation, y compris au niveau régional , ainsi que des systèmes d’autorégulation ou de corégulation, il conviendrait de choisir un représentant commun, sélectionné au moyen de procédures appropriées et, si nécessaire, d’établir des procédures supplémentaires pour la participation des organismes de régulation, en particulier ceux intervenant en matière d’autorégulation ou de corégulation. Les droits de vote du représentant désigné devraient être limités à un représentant par État membre. Le comité devrait également avoir la possibilité d’inviter à ses réunions des experts et des observateurs, y compris, en particulier, des autorités ou des organismes de régulation des pays candidats, des pays candidats potentiels, des pays de l’EEE ou des délégués ad hoc d’autres autorités nationales compétentes. Compte tenu de la sensibilité du secteur des médias et conformément à la pratique décisionnelle suivie par l’ERGA en vertu de son règlement de procédure, le comité devrait adopter ses décisions à la majorité des deux tiers des suffrages.

Exposé des motifs

Les différentes structures de supervision des médias doivent être prises en compte.

Amendement 17

Considérant 24

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(24)

Sans préjudice des pouvoirs conférés à la Commission par les traités, il est essentiel que la Commission et le comité coopèrent et travaillent en étroite collaboration. En particulier, le comité devrait soutenir activement la Commission dans le cadre de ses missions visant à assurer l’application cohérente du présent règlement et des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE. À cet effet, le comité devrait notamment conseiller et prêter assistance à la Commission sur les aspects réglementaires, techniques ou pratiques pertinents pour l’application du droit de l’Union, promouvoir la coopération et l’échange efficace d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques et rédiger des avis en accord avec la Commission ou à la demande de celle-ci dans les cas envisagés par le présent règlement. Afin de s’acquitter efficacement de ses tâches, le comité devrait pouvoir compter sur l’expertise et les ressources humaines d’un secrétariat fourni par la Commission. Le secrétariat de la Commission devrait fournir un soutien administratif et organisationnel au comité et aider ce dernier dans l’exécution de ses tâches.

(24)

Les travaux du comité devraient être indépendants et tenus à l’écart de toute influence politique. La Commission ne devrait donc avoir aucune influence déterminante sur la conduite des travaux dudit comité, en dehors de son pouvoir de consulter le comité ou d’exercer son rôle de «gardienne des traités». Le comité devrait soutenir activement la Commission dans le cadre de ses missions visant à assurer l’application uniforme du présent règlement et de la mise œuvre de la directive 2010/13/UE. À cette fin, le comité devrait conseiller et assister la Commission, en particulier sur les aspects techniques ou pratiques pertinents pour l’application du droit de l’Union, promouvoir la coopération et l’échange efficace d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques, et préparer des avis dans les cas prévus par le présent règlement. Afin de s’acquitter efficacement de ses tâches, le comité devrait pouvoir s’appuyer sur l’expertise et les ressources humaines d’un secrétariat fourni par la Commission. Le secrétariat assuré par la Commission devrait assister le comité sur les plans administratif et organisationnel ainsi que dans l’exécution de ses missions. Pour garantir l’indépendance et le caractère non gouvernemental des travaux du comité, le secrétariat devrait disposer de ressources financières et humaines suffisantes. Dans ses travaux de fond, le secrétariat devrait être indépendant de la Commission et soumis à la seule direction du comité, à savoir son (sa) président(e) ou son (sa) vice-président(e).

Exposé des motifs

L’indépendance des travaux du comité doit être garantie.

Amendement 18

Considérant 26

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(26)

Afin de contrôler le respect effectif de la législation de l’Union relative aux médias, d’empêcher le contournement potentiel des règles applicables en matière de médias par des fournisseurs de services de médias malhonnêtes et d’éviter l’apparition d’obstacles supplémentaires dans le marché intérieur des services de médias, il est essentiel de prévoir un cadre clair, juridiquement contraignant, dans lequel les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation puissent coopérer de manière efficace et efficiente.

(26)

Dans le but de garantir l’application effective des mesures de l’Union concernant les médias, d’empêcher un éventuel contournement des règles applicables par des fournisseurs de services de médias malhonnêtes et d’éviter l’instauration d’obstacles supplémentaires à la fourniture de services de médias dans le marché intérieur, une coopération efficace et efficiente entre les autorités ou organismes de régulation nationaux est essentielle.

Exposé des motifs

L’ordre des compétences applicable doit être préservé.

Amendement 19

Considérant 30

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(30)

Les autorités ou les organismes de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE disposent d’une expertise pratique particulière qui leur permet de concilier efficacement les intérêts des fournisseurs et destinataires de services de médias tout en assurant le respect de la liberté d’expression. Cette expertise est cruciale, en particulier, pour protéger le marché intérieur contre les activités des fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union et ciblant des publics dans l’Union, lorsque, notamment eu égard au contrôle que peuvent exercer des pays tiers sur eux, ils peuvent porter atteinte ou présenter un risque d’atteinte à la sécurité publique et à la défense. À cet égard, la coordination entre les autorités ou les organismes de régulation nationaux afin de faire face ensemble aux menaces potentielles pour la sécurité publique et la défense découlant de tels services de médias doit être renforcée et faire l’objet d’un cadre juridique afin d’assurer l’efficacité et la coordination éventuelle des mesures nationales adoptées conformément à la législation de l’Union relative aux médias . Afin de veiller à ce que les services de médias suspendus dans certains États membres au titre de l’article 3, paragraphes 3 et 5, de la directive 2010/13/UE ne continuent pas d’être fournis par satellite ou par d’autres moyens dans ces États membres, un mécanisme de coopération et d’assistance mutuelles accélérées devrait également être disponible en vue de garantir l’effet utile des mesures nationales concernées, en conformité avec le droit de l’Union. En outre, il est nécessaire de coordonner les mesures nationales susceptibles d’être adoptées afin de lutter contre les menaces pour la sécurité publique et la défense découlant de services de médias établis en dehors de l’Union et ciblant des publics dans l’Union, y compris en donnant la possibilité au comité, en accord avec la Commission, de rendre des avis sur de telles mesures, le cas échéant. À cet égard, les risques pour la sécurité publique et la défense doivent être évalués en tenant compte de tous les éléments de fait et de droit pertinents, aux niveaux national et européen, et ce, sans préjudice de la compétence de l’Union au titre de l’article 215 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

(30)

Les autorités ou les organismes de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE disposent d’une expertise pratique particulière qui leur permet de concilier efficacement les intérêts des fournisseurs et destinataires de services de médias tout en assurant le respect de la liberté d’expression. Cette expertise est cruciale, en particulier, pour protéger le marché intérieur contre les activités des fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union et ciblant des publics dans l’Union, lorsque, notamment eu égard au contrôle que peuvent exercer des pays tiers sur eux, ils peuvent porter atteinte ou présenter un risque d’atteinte à la sécurité publique et à la défense. À cet égard, la coordination entre les autorités ou les organismes de régulation nationaux afin de faire face ensemble aux menaces potentielles pour la sécurité publique et la défense découlant de tels services de médias doit être renforcée. Afin de veiller à ce que les services de médias suspendus dans certains États membres au titre de l’article 3, paragraphes 3 et 5, de la directive 2010/13/UE ne continuent pas d’être fournis par satellite ou par d’autres moyens dans ces États membres, un mécanisme de coopération et d’assistance mutuelles accélérées devrait également être disponible en vue de garantir l’effet utile des mesures nationales concernées, en conformité avec le droit de l’Union.

Exposé des motifs

Les compétences du comité devraient être axées sur les problématiques transfrontières.

Amendement 20

Considérant 31

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(31)

Pour de nombreux utilisateurs, les très grandes plateformes en ligne servent de points d’accès aux services de médias. Les fournisseurs de services de médias qui exercent une responsabilité éditoriale sur leur contenu jouent un rôle important dans la distribution de l’information ainsi que dans l’exercice de la liberté d’information en ligne. Lorsqu’ils exercent cette responsabilité éditoriale, ils sont censés agir de manière diligente et fournir des informations fiables et respectueuses des droits fondamentaux, conformément aux obligations de régulation ou d’autorégulation auxquelles ils sont soumis dans les États membres. Dès lors, également eu égard à la liberté d’information des utilisateurs, lorsque les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne considèrent que le contenu fourni par de tels fournisseurs de services de médias est incompatible avec leurs conditions générales, sans que ce contenu contribue à l’un des risques systémiques visés à l’article 26 du règlement (UE) 2022/XXX [législation sur les services numériques], ils devraient tenir dûment compte de la liberté et du pluralisme des médias, conformément au règlement (UE) 2022/XXX [législation sur les services numériques], et fournir, dès que possible, les explications nécessaires aux fournisseurs de services de médias, en tant qu’entreprises utilisatrices, au moyen de l’exposé des motifs prévu par le règlement (UE) 2019/1150 du Parlement européen et du Conseil 54. Afin de réduire au maximum l’incidence d’une restriction de ce contenu sur la liberté d’information des utilisateurs, les très grandes plateformes en ligne devraient s’efforcer de fournir cet exposé des motifs avant que la restriction ne prenne effet, sans préjudice de leurs obligations au titre du règlement (UE) 2022/XXX [législation sur les services numériques]. En particulier, le présent règlement ne devrait pas empêcher un fournisseur de très grande plateforme en ligne de prendre des mesures rapides contre les contenus illégaux diffusés au moyen de son service ou afin d’atténuer les risques systémiques découlant de la diffusion de certains contenus au moyen de son service, en conformité avec le droit de l’Union, en particulier le règlement (UE) 2022/XXX [législation sur les services numériques].

(31)

Pour de nombreux utilisateurs, les très grandes plateformes et les très grands moteurs de recherche en ligne servent de points d’accès aux services de médias. Les fournisseurs de services de médias qui exercent une responsabilité éditoriale sur leur contenu jouent un rôle important dans la distribution de l’information ainsi que dans l’exercice de la liberté d’information en ligne. Lorsqu’ils exercent cette responsabilité éditoriale, ils sont censés agir de manière diligente et fournir des informations fiables et respectueuses des droits fondamentaux, conformément aux obligations de régulation ou d’autorégulation auxquelles ils sont soumis dans les États membres. Par conséquent, les fournisseurs de très grandes plateformes et de très grands moteurs de recherche en ligne doivent également tenir dûment compte de la liberté d’information des utilisateurs, de la liberté et du pluralisme des médias conformément au règlement (UE) 2022/2065 [législation sur les services numériques]. Le présent règlement ne devrait pas empêcher un fournisseur d’une très grande plateforme en ligne ou d’un très grand moteur de recherche de prendre des mesures immédiates, conformément au droit de l’Union, en particulier au règlement (UE) 2022/2065 [législation sur les services numériques], pour lutter contre les contenus illicites distribués par le truchement de son service ou pour atténuer les risques systémiques posés par la distribution de certains contenus par l’intermédiaire de son service.

Exposé des motifs

Il convient de tenir compte du rôle important des principaux services intermédiaires en ce qui concerne la disponibilité des contenus médiatiques.

Amendement 21

Considérant 32

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(32)

Il est également justifié, eu égard à l’incidence positive attendue sur la libre prestation de services et la liberté d’expression, que lorsque les fournisseurs de services de médias adhèrent à certaines normes de régulation ou d’autorégulation, les plaintes qu’ils déposent contre des décisions de fournisseurs de très grandes plateformes en ligne soient traitées prioritairement et sans retard injustifié.

(32)

Compte tenu des effets positifs attendus sur la liberté de prestation de services et sur la liberté d’expression, il est également justifié que, dans les cas où les fournisseurs de services de médias respectent certaines normes de régulation ou d’autorégulation, leurs contenus ou offres ne soient pas facilement bloqués, supprimés ou exclus d’une autre manière de la distribution ou de la publication par le fournisseur de plateforme ou le moteur de recherche.

Exposé des motifs

Il convient de tenir compte du rôle important des principaux services intermédiaires en ce qui concerne la disponibilité des contenus médiatiques.

Amendement 22

Considérant 33

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(33)

À cet effet, les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne devraient prévoir, sur leur interface en ligne, une fonctionnalité permettant aux fournisseurs de services de médias de déclarer qu’ils satisfont à certaines exigences, tout en conservant la possibilité de ne pas accepter une telle déclaration sur l’honneur lorsqu’ils estiment que ces conditions ne sont pas remplies. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne peuvent se fonder sur les informations relatives au respect de ces exigences, par exemple la norme lisible par machine élaborée par l’Initiative pour la fiabilité de l’information (Journalism Trust Initiative — JTI) ou d’autres codes de conduite pertinents. Des lignes directrices de la Commission peuvent être utiles pour faciliter une mise en œuvre efficace de cette fonctionnalité, y compris en ce qui concerne les modalités de participation des organisations de la société civile concernées dans l’examen des déclarations et la consultation du régulateur du pays d’établissement, le cas échéant, et pour remédier à tout abus potentiel de cette fonctionnalité.

(33)

À cet effet, les fournisseurs de très grandes plateformes ou les très grands moteurs de recherche en ligne devraient prévoir, sur leur interface en ligne, une fonctionnalité permettant aux fournisseurs de services de médias de déclarer qu’ils satisfont à certaines exigences et qu’ils peuvent se prévaloir d’être soumis à une certaine surveillance , tout en conservant la possibilité de pouvoir vérifier une telle déclaration sur l’honneur lorsqu’ils estiment que ces conditions ne sont pas remplies. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne peuvent se fonder sur les informations relatives au respect de ces exigences, par exemple la norme lisible par machine élaborée par l’Initiative pour la fiabilité de l’information (Journalism Trust Initiative — JTI) ou d’autres codes de conduite pertinents. Des lignes directrices de la Commission peuvent être utiles pour faciliter une mise en œuvre efficace de cette fonctionnalité, y compris en ce qui concerne les modalités de participation des organisations de la société civile concernées dans l’examen des déclarations et la consultation du régulateur du pays d’établissement, le cas échéant, et pour remédier à tout abus potentiel de cette fonctionnalité.

Exposé des motifs

Il convient de tenir compte du rôle important des principaux services intermédiaires en ce qui concerne la disponibilité des contenus médiatiques, tout en se réjouissant de tout moyen susceptible de faciliter la vérification du respect d’exigences spécifiques.

Amendement 23

Considérant 35

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(35)

Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne devraient échanger avec les fournisseurs de services de médias qui respectent des normes de crédibilité et de transparence et qui considèrent que ces fournisseurs de très grandes plateformes en ligne leur imposent souvent des restrictions de contenu sans motifs suffisants afin de trouver une solution amiable en vue de mettre fin aux éventuelles restrictions injustifiées et à les éviter à l’avenir. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne devraient participer à ces échanges de bonne foi, en accordant une attention particulière à la protection de la liberté des médias et de la liberté d’information.

(35)

Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne devraient échanger avec les fournisseurs de services de médias qui respectent des normes de crédibilité et de transparence et qui considèrent que leur contenu est souvent bloqué par tel ou tel de ces fournisseurs sans motifs suffisants, ce qui permettrait de trouver une solution amiable et d’ éviter les litiges à l’avenir. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne devraient participer à ces échanges de bonne foi, en accordant une attention particulière à la protection de la liberté des médias et de la liberté d’information.

Exposé des motifs

Il convient de tenir compte du rôle important des principaux services intermédiaires en ce qui concerne la disponibilité des contenus médiatiques.

Amendement 24

Considérant 37

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(37)

Les destinataires de services de médias audiovisuels devraient pouvoir choisir en connaissance de cause les contenus audiovisuels qu’ils souhaitent regarder en fonction de leurs préférences. Toutefois, leur liberté, à cet égard, pourrait être limitée par des pratiques commerciales du secteur des médias, à savoir des accords de priorisation des contenus conclus entre les fabricants d’appareils ou les fournisseurs d’interfaces utilisateur contrôlant ou gérant l’accès aux services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, par exemple des téléviseurs connectés, et les fournisseurs de services de médias. Cette priorisation peut être effectuée, par exemple, sur l’écran d’accueil d’un appareil, au moyen de raccourcis incorporés aux appareils informatiques ou aux logiciels, d’applications et de zones de recherche, ce qui a des répercussions sur le comportement de visionnage des destinataires, qui peuvent être indûment encouragés à préférer certaines offres de médias audiovisuels à d’autres. Les destinataires de services devraient avoir la possibilité de modifier, de manière simple et facile à comprendre, le paramétrage par défaut d’un appareil ou d’une interface utilisateur contrôlant ou gérant l’accès aux services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, sans préjudice des mesures visant à assurer une visibilité appropriée pour les services de médias audiovisuels d’intérêt général mettant en œuvre l’article 7 bis de la directive 2010/13/CE, adoptées en considération d’intérêts publics légitimes.

(37)

Les destinataires de services de médias audiovisuels devraient pouvoir choisir en connaissance de cause les contenus audiovisuels qu’ils souhaitent regarder en fonction de leurs préférences. Toutefois, leur liberté, à cet égard, pourrait être limitée par des pratiques commerciales du secteur des médias, à savoir des accords de priorisation des contenus conclus entre les fabricants d’appareils ou les fournisseurs d’interfaces utilisateur contrôlant ou gérant l’accès aux services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, par exemple des téléviseurs connectés, et les fournisseurs de services de médias. Cette priorisation peut être effectuée, par exemple, sur l’écran d’accueil d’un appareil, au moyen de raccourcis incorporés aux appareils informatiques ou aux logiciels, d’applications et de zones de recherche, ce qui a des répercussions sur le comportement de visionnage des destinataires, qui peuvent être indûment encouragés à préférer certaines offres de médias audiovisuels à d’autres. Les destinataires de services devraient avoir la possibilité de modifier, de manière simple et facile à comprendre, le paramétrage par défaut d’un appareil ou d’une interface utilisateur contrôlant ou gérant l’accès aux services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, sans préjudice des mesures visant à assurer une visibilité appropriée pour les services de médias audiovisuels d’intérêt général en particulier, mais pas uniquement en mettant en œuvre l’article 7 bis de la directive 2010/13/CE, adoptées en considération d’intérêts publics légitimes.

Exposé des motifs

La compétence des États membres pour garantir la pluralité des médias ne devrait pas être limitée.

Amendement 25

Considérant 39

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(39)

Il est également capital que le comité soit habilité à rendre un avis , à la demande de la Commission, lorsque des mesures nationales risquent d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias . Tel est par exemple le cas lorsqu’une mesure administrative nationale est adressée à un fournisseur de services de médias destinant ses services à plusieurs États membres , ou lorsque le fournisseur de services de médias concerné exerce une influence considérable sur la formation de l’opinion publique dans l’État membre où il est actif .

(39)

Il est également capital que le comité soit habilité à rendre un avis lorsque des mesures nationales concernant les services de médias risquent d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur. Tel est par exemple le cas lorsqu’une mesure administrative nationale est adressée à un fournisseur de services de médias destinant ses services à plusieurs États membres.

Exposé des motifs

La priorité doit être accordée aux questions relatives au marché intérieur.

Amendement 26

Considérant 40

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(40)

Les médias jouent un rôle déterminant pour façonner l’opinion publique et aider les citoyens à participer aux processus démocratiques. C’est pourquoi les États membres devraient prévoir, dans leurs systèmes juridiques, des règles et procédures visant à assurer une évaluation des concentrations sur les marchés des médias susceptibles d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias ou l’indépendance éditoriale. Ces règles et procédures peuvent avoir une incidence sur la libre prestation de services de médias dans le marché intérieur et doivent être correctement encadrées et être transparentes, objectives, proportionnées et non discriminatoires. Les concentrations sur les marchés des médias soumises à de telles règles devraient être entendues comme englobant celles qui sont susceptibles d’avoir pour conséquence qu’une seule entité contrôlera ou aura des intérêts importants dans les services de médias influençant considérablement la formation de l’opinion publique sur un marché des médias donné, dans un sous-secteur des médias ou dans différents secteurs de médias dans un ou plusieurs États membres. Un critère important à prendre en considération est la réduction, à la suite de la concentration, des avis concurrents au sein de ce marché.

(40)

Les médias jouent un rôle déterminant pour façonner l’opinion publique et aider les citoyens à participer aux processus démocratiques. C’est pourquoi les États membres devraient prévoir, dans leurs systèmes juridiques, des règles et procédures visant à assurer une évaluation des concentrations sur les marchés des médias susceptibles d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias , notamment sur l’indépendance éditoriale. Ces règles et procédures peuvent avoir une incidence sur la libre prestation de services de médias dans le marché intérieur et doivent être correctement encadrées et être transparentes, objectives, proportionnées et non discriminatoires. Les concentrations sur les marchés des médias soumises à de telles règles devraient être entendues comme englobant celles qui sont susceptibles d’avoir pour conséquence qu’une seule entité contrôlera ou aura des intérêts importants dans les services de médias influençant considérablement la formation de l’opinion publique sur un marché des médias donné, dans un sous-secteur des médias ou dans différents secteurs de médias dans un ou plusieurs États membres. Un critère important à prendre en considération est la réduction, à la suite de la concentration, des avis concurrents au sein de ce marché.

Exposé des motifs

La priorité doit être accordée aux questions relatives au marché intérieur.

Amendement 27

Considérant 41

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(41)

Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, qui disposent d’une expertise particulière dans le domaine du pluralisme des médias, devraient être associés à l’évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes les autorités ou organismes désignés. Afin de favoriser la sécurité juridique et de faire en sorte que les règles et procédures visent réellement à protéger le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale , il est essentiel que des critères objectifs, non discriminatoires et proportionnés soient définis à l’avance pour la notification et l’évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale.

(41)

Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, qui disposent d’une expertise particulière dans le domaine du pluralisme des médias, devraient effectuer l’évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes les autorités ou organismes désignés. Afin de protéger véritablement le pluralisme des médias, il est essentiel que des critères objectifs, non discriminatoires et proportionnés soient définis à l’avance pour la notification et l’évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias.

Exposé des motifs

Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation sont chargés d’évaluer les concentrations dans les médias à l’intérieur de leurs frontières.

Amendement 28

Considérant 42

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(42)

Lorsqu’une concentration sur un marché des médias constitue une concentration relevant du champ d’application du règlement (CE) no 139/2004 du Consei (55), l’application du présent règlement ou de toute règle ou procédure adoptée par les États membres au titre du présent règlement ne devrait pas affecter l’application de l’article 21, paragraphe 4, du règlement (CE) no 139/2004. Toute mesure adoptée par les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation désignés ou concernés, sur le fondement de leur évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale , devrait donc avoir pour but de protéger des intérêts légitimes au sens de l’article 21, paragraphe 4, troisième alinéa, du règlement (CE) no 139/2004, et devrait être conforme aux principes généraux et aux autres dispositions du droit de l’Union.

(42)

Lorsqu’une concentration sur un marché des médias constitue une concentration relevant du champ d’application du règlement (CE) no 139/2004 du Consei (55), l’application du présent règlement ou de toute règle ou procédure adoptée par les États membres au titre du présent règlement ne devrait pas affecter l’application de l’article 21, paragraphe 4, du règlement (CE) no 139/2004. Toute mesure adoptée par les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation désignés ou concernés, sur le fondement de leur évaluation des effets que les concentrations sur les marchés des médias peuvent avoir sur le pluralisme des médias, devrait donc avoir pour but de protéger la liberté et le pluralisme des médias, compte tenu de l’importance de l’indépendance éditoriale, ainsi que les intérêts légitimes au sens de l’article 21, paragraphe 4, troisième alinéa, du règlement (CE) no 139/2004, et devrait être conforme aux principes généraux et aux autres dispositions du droit de l’Union.

Exposé des motifs

La pertinence du pluralisme des médias doit être affirmée sans ambages.

Amendement 29

Considérant 43

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(43)

Le comité devrait être habilité à rendre des avis sur les projets de décisions ou d’avis des autorités ou organismes de régulation nationaux désignés ou concernés, lorsque les concentrations soumises à l’obligation de notification risquent d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des médias. Tel serait le cas, par exemple, si ces concentrations impliquaient au moins une entreprise établie dans un autre État membre ou active dans plusieurs États membres ou avaient pour conséquence que des fournisseurs de services de médias exercent une influence considérable sur la formation de l’opinion publique sur un marché des médias donné. En outre, lorsque les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation compétents n’ont pas évalué les effets de la concentration sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale, ou lorsqu’elles (ils) n’ont pas consulté le comité au sujet d’une concentration donnée sur un marché des médias, mais que cette concentration est jugée susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias, le comité devrait pouvoir rendre un avis, à la demande de la Commission. En tout état de cause, la Commission conserve la possibilité de rendre ses propres avis à la suite de ceux élaborés par le Comité.

(43)

Le comité devrait être habilité à rendre des avis sur les projets de décisions ou d’avis des autorités ou organismes de régulation nationaux désignés ou concernés, lorsque les concentrations soumises à l’obligation de notification risquent d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des médias. Tel serait le cas, par exemple, si ces concentrations impliquaient au moins une entreprise établie dans un autre État membre ou active dans plusieurs États membres . La Commission devrait pouvoir émettre ses propres avis à la suite des avis du comité.

Exposé des motifs

La priorité doit être accordée aux questions relatives au marché intérieur.

Amendement 30

Considérant 44

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(44)

Afin d’assurer le pluralisme des marchés des médias, les autorités ou organismes nationaux et le comité devraient tenir compte d’un ensemble de critères. En particulier, l’incidence sur le pluralisme des médias devrait être prise en considération, notamment l’effet sur la formation de l’opinion publique, en tenant compte de l’environnement en ligne. Parallèlement, il y a lieu d’examiner si d’autres médias, fournissant des contenus différents et alternatifs, coexisteraient toujours sur le(s) marché(s) concerné(s) après la concentration en question. L’évaluation des garde-fous destinés à protéger d’indépendance éditoriale devrait inclure l’examen des risques éventuels d’ingérence indue par le propriétaire ou la structure de gestion ou de gouvernance potentielle, dans les décisions éditoriales individuelles de l’entité acquise ou issue de la concentration. Les garde-fous internes existants ou envisagés en vue de préserver l’indépendance des décisions éditoriales individuelles au sein des entreprises de médias concernées devraient également être pris en considération. Au moment d’évaluer les incidences potentielles, il convient aussi de tenir compte des effets de la concentration en question sur la viabilité économique de la ou des entités faisant l’objet de la concentration. Il y a également lieu d’examiner si, en l’absence de la concentration, ces entités seraient économiquement viables, en ce sens qu’elles seraient capables, à moyen terme, de continuer de fournir des services de médias de qualité, technologiquement adaptés et dotés de ressources suffisantes, et de développer ces services sur le marché.

(44)

Dans l’optique de garantir le pluralisme des marchés des médias, les États membres devraient définir un certain nombre de critères pertinents à prendre en considération. En particulier, l’incidence sur le pluralisme des médias devrait être prise en considération, notamment l’effet sur la formation de l’opinion publique, en tenant compte de l’environnement en ligne. Lorsqu’il s’agit de décider d’autoriser une concentration, il convient de savoir si l’entité acquérante et l’entité acquise resteraient économiquement viables sans la concentration, s’il existe d’autres solutions pour en assurer la viabilité économique, et s’il existe d’autres mesures efficaces pour continuer, en dépit d’une concentration, de garantir le pluralisme des médias.

Exposé des motifs

Il devrait être clair que les États membres ont le droit et le devoir de décider de critères conformes aux principes fixés.

Amendement 31

Considérant 50

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(50)

Les risques pour le fonctionnement et la résilience du marché intérieur des médias devraient faire l’objet d’une surveillance régulière dans le cadre des efforts visant à améliorer le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Cette surveillance devrait avoir pour finalité de fournir des données détaillées et des évaluations qualitatives sur la résilience du marché intérieur des services de médias , y compris en ce qui concerne le degré de concentration du marché aux niveaux national et régional et les risques de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères . Elle devrait être effectuée de manière indépendante, sur la base d’une solide liste d’indicateurs de performance clés, élaborée et régulièrement mise à jour par la Commission, en concertation avec le comité. Compte tenu de la nature rapidement évolutive des risques et des développements technologiques dans le marché intérieur des médias, la surveillance devrait inclure des activités prospectives, telles que des tests de résistance, afin d’évaluer la résilience prospective du marché intérieur des médias , d’alerter sur les vulnérabilités en matière de pluralisme des médias et d’indépendance éditoriale et de contribuer aux efforts visant à améliorer la gouvernance, la qualité des données et la gestion des risques. La surveillance devrait notamment couvrir le niveau d’activité et d’investissement transfrontières, la coopération et la convergence réglementaires dans le domaine de la régulation des médias, les obstacles à la fourniture de services de médias, y compris dans un environnement numérique, ainsi que la transparence et l’équité de l’allocation des ressources économiques dans le marché intérieur des médias. Elle devrait également tenir compte des tendances plus générales dans le marché intérieur des médias ainsi que de la législation nationale affectant les fournisseurs de services de médias. Il y a également lieu d’établir, dans le cadre de la surveillance, une vue d’ensemble des mesures adoptées par les fournisseurs de services de médias afin de garantir l’indépendance des décisions éditoriales individuelles, y compris celles proposées dans la recommandation qui accompagne le présent règlement. Afin de faire en sorte que cette surveillance réponde aux normes les plus élevées, le comité devrait y être dûment associé, étant donné qu’il rassemble des entités ayant une expertise spéciale des marchés de médias.

(50)

Les risques pour le fonctionnement et la résilience du marché intérieur des médias devraient faire l’objet d’une surveillance régulière dans le cadre des efforts visant à améliorer le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Cette surveillance devrait avoir pour finalité de fournir des données détaillées et des évaluations qualitatives sur la résilience du marché intérieur concernant les services de médias. Il conviendrait d’y inclure également les évolutions ayant cours au niveau des États membres, notamment pour tenir compte de l’interaction entre le marché intérieur et les marchés nationaux ou encore de l’impact sur la liberté et la pluralité des médias aux différents niveaux. Elle devrait être effectuée de manière indépendante, sur la base d’une solide liste d’indicateurs de performance clés, élaborée et régulièrement mise à jour par la Commission, en concertation avec le comité. Compte tenu de la nature rapidement évolutive des risques et des développements technologiques dans le marché intérieur des médias, la surveillance devrait inclure des activités prospectives, telles que des tests de résistance, afin d’évaluer la résilience prospective du marché intérieur des médias et de contribuer aux efforts visant à améliorer la gouvernance, la qualité des données et la gestion des risques. La surveillance devrait notamment couvrir le niveau d’activité et d’investissement transfrontières, y compris dans un environnement numérique, ainsi que la transparence et l’équité de l’allocation des ressources économiques dans le marché intérieur des médias. Elle devrait également tenir compte des tendances plus générales dans le marché intérieur et les marchés nationaux des médias. Afin de faire en sorte que cette surveillance réponde aux normes les plus élevées, le comité devrait y être dûment associé, étant donné qu’il rassemble des entités ayant une expertise spéciale des marchés de médias.

Exposé des motifs

Les tâches de la Commission devraient se concentrer sur les aspects liés au marché intérieur. Ces aspects devraient nécessairement comprendre les évolutions des marchés des médias dans les États membres, notamment au motif que ces derniers sont de nature à interagir avec le marché unique. Une vue d’ensemble des éventuelles vulnérabilités et un mécanisme d’alerte à ce sujet peuvent également contribuer à l’élaboration de mesures adéquates pour préserver la liberté et le pluralisme des médias.

Amendement 32

Considérant 51

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(51)

Afin de préparer le terrain pour une mise en œuvre adéquate du présent règlement, les dispositions de celui-ci relatives aux autorités indépendantes de régulation des médias, au comité et aux modifications nécessaires de la directive 2010/13/UE (articles 7 à 12 et 27 du présent règlement) devraient entrer en application trois mois après l’entrée en vigueur de l’acte , tandis que toutes les autres dispositions du présent règlement entreront en application six mois après l’entrée en vigueur du règlement . Cela est nécessaire, en particulier, pour s’assurer que le comité sera établi à temps pour assurer une mise en œuvre efficace du règlement.

(51)

Afin de préparer le terrain pour une mise en œuvre adéquate du présent règlement, les dispositions de celui-ci devraient essentiellement entrer en application vingt mois après l’entrée en vigueur de l’acte.

Exposé des motifs

Dans la mesure où les États membres pourraient devoir réajuster leur système réglementaire national, le règlement devrait fixer un calendrier approprié.

Amendement 33

Article premier, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le présent règlement établit des règles communes pour le bon fonctionnement du marché intérieur des services de médias, y compris la création du Comité européen pour les services de médias, tout en préservant la qualité des services de médias .

1. Le présent règlement établit des règles communes pour le bon fonctionnement du marché intérieur en ce qui concerne les services de médias, y compris la création du Comité européen pour les services de médias, tout en s’efforçant de préserver la qualité desdits services.

2. Le règlement établit, dans la mesure nécessaire à la réalisation de l’objectif énoncé au paragraphe 1, des principes de base communs en tant que normes minimales pour le fonctionnement sûr et sans entrave des services de médias et de l’activité des journalistes, tout en garantissant l’indépendance et la pluralité des médias.

Exposé des motifs

L’objectif et le champ d’application du règlement devraient refléter le domaine de compétence de l’Union européenne et donc faire clairement référence à l’harmonisation du marché intérieur. Les services de médias font partie du marché intérieur. Toutefois, il n’y a pas lieu de supposer un «marché intérieur des services de médias» uniforme, d’autant plus que, en dépit d’une convergence constante des médias, ces derniers sous toutes leurs formes, ne peuvent être, du point de vue de l’utilisateur, rattachés à un seul marché. Par ailleurs, pour définir de manière significative le champ d’application du règlement et clarifier ses objectifs, il convient de préciser que l’objectif de l’acte juridique est d’élaborer des normes minimales communes visant les activités des fournisseurs de services de médias et des journalistes ainsi que de promouvoir les activités transfrontières à la lumière de l’indépendance et du pluralisme des médias.

Amendement 34

Article premier, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2 . Le présent règlement n’a pas d’incidence sur les règles établies par:

3. Le présent règlement n’a pas d’incidence sur les règles établies par:

a)

la directive 2000/31/CE;

b)

la directive 2019/790/UE;

[…]

a)

la directive 2000/31/CE;

b)

la directive 2010/13/UE, à l’exception des modifications apportées par l’article 27 du présent règlement;

c)

la directive 2019/790/UE;

[…]

Exposé des motifs

Il convient de préserver la norme établie par la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE), et il est ainsi précisé que ses exigences ne sont pas non plus affectées par les dispositions complémentaires de l’acte juridique à l’examen.

Amendement 35

Article premier, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Le présent règlement n’affecte en rien la possibilité qu’ont les États membres d’adopter des règles plus détaillées dans les domaines couverts par le chapitre II et la section 5 du chapitre III, pour autant que ces règles soient conformes au droit de l’Union.

4. Les États membres ont la faculté, en ce qui concerne les services de médias qui relèvent de leur compétence, de prévoir des règles plus détaillées ou plus strictes dans les domaines couverts par le présent règlement, sous réserve que ces règles soient conformes au droit de l’Union.

Exposé des motifs

Conformément aux traités européens, la souveraineté culturelle et, partant, la compétence en matière de réglementation des médias relèvent des États membres. L’Union européenne doit respecter la diversité des cultures, et elle ne dispose que d’une compétence complétive et d’appui dans ce domaine, qui est protégée par l’article 167 en liaison avec l’article 6, point c), du TFUE. Par conséquent, comme dans la directive «Services de médias audiovisuels», l’harmonisation ne devrait pas aller au-delà des normes minimales.

Amendement 36

Article 2, point 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(3)

«fournisseur de médias de service public», un fournisseur de services de médias qui est chargé d’une mission de service public en vertu du droit national ou qui reçoit un financement public national pour accomplir ladite mission;

(3)

«fournisseur de médias de service public», un fournisseur de services de médias qui est chargé d’une mission de service public et qui reçoit un financement public national pour accomplir ladite mission;

Exposé des motifs

Le financement est un facteur essentiel pour la pertinence d’une offre de service public pour le marché intérieur et un élément essentiel des médias de service public. De plus, le caractère très ouvert du terme «mission» ne permet pas de limiter raisonnablement le champ d’application. Par exemple, il pourrait également couvrir, de manière injustifiée, les fournisseurs privés de services de médias soumis par la loi à des exigences de pluralité.

Amendement 37

Article 2, point 10

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(10)

«fournisseur d’une très grande plateforme en ligne», fournisseur d’une plateforme en ligne ayant été désignée en tant que très grande plateforme en ligne conformément à l’article 2 5 , paragraphe 4, du règlement (UE) 2022/ XXX [législation sur les services numériques];

(10)

«fournisseur d’une très grande plateforme en ligne», fournisseur d’une plateforme en ligne ayant été désignée en tant que très grande plateforme en ligne conformément à l’article 3 3 , paragraphe 4, du règlement (UE) 2022/ 2065 [législation sur les services numériques];

(11)

«fournisseur d’une très grande plateforme en ligne», fournisseur d’une plateforme en ligne ayant été désignée en tant que très grande plateforme en ligne conformément à l’article 33, paragraphe 4, du règlement (UE) 2022/2065 [législation sur les services numériques];

Exposé des motifs

La définition figurant dans la législation sur les services numériques (1) est ajoutée aux fins de son inclusion à l’article 17.

Amendement 38

Article 2, point 15

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(15)

«publicité d’État», le placement, la publication ou la diffusion, dans tout service de médias, d’un message promotionnel ou d’autopromotion, normalement contre rémunération ou toute autre contrepartie, par ou pour une autorité publique nationale ou régionale , ou au nom de celle-ci, y compris des pouvoirs publics nationaux, fédéraux ou régionaux, des autorités ou des organismes de régulation, ainsi que des entreprises publiques ou d’autres entités contrôlées par l’État au niveau national ou régional, ou tout pouvoir public local d’une entité territoriale de plus d’un million d’ habitants;

(15)

«publicité d’État», le placement, la publication ou la diffusion, dans tout service de médias, d’un message promotionnel ou d’autopromotion, normalement contre rémunération ou toute autre contrepartie, par ou pour une autorité publique, ou au nom de celle-ci, y compris des pouvoirs publics européens, nationaux, fédéraux ou régionaux, des autorités ou des organismes de régulation, ainsi que des entreprises publiques ou d’autres entités contrôlées par l’État au niveau national ou régional, ou tout pouvoir public local d’une entité territoriale de plus de 100 000 habitants , le critère de population devant être examiné conjointement avec la définition d’un seuil minimal de dépenses annuelles ;

Exposé des motifs

L’Union devrait également être incluse dans tout ce qui concerne la publicité d’État. Dans le même temps, le seuil d’un million d’habitants n’est pas réaliste pour les petits États membres. L’abaissement du seuil de population et son examen combiné à un seuil minimal de dépenses annuelles réduisent le risque de manque de transparence tout en évitant de créer une charge administrative disproportionnée liée aux obligations de déclaration.

Amendement 39

Article 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Droits des destinataires de services de médias

Les destinataires de services de médias dans l’Union ont le droit de recevoir des contenus d’information et d’actualité divers, produits dans le respect de la liberté éditoriale des fournisseurs de services de médias, dans l’intérêt du discours public.

Liberté et pluralisme des médias

Les États membres doivent garantir, sans préjudice de leur droit constitutionnel national, et conformément à l’article 11 et aux autres droits fondamentaux de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, ainsi que dans le respect des libertés fondamentales du marché intérieur, un cadre législatif et administratif approprié pour assurer un pluralisme (effectif) et l’indépendance des médias, qui tienne compte également du point de vue des utilisateurs.

Exposé des motifs

La liberté d’information est un droit fondamental consacré par la loi, mais qu’il convient de définir plus précisément et de mettre en balance avec d’autres intérêts légaux. La portée d’un droit prévu par la loi n’est pas claire à cet égard, et elle devrait donner lieu à une définition juridique plus approfondie. Pour ce qui concerne les offres locales et régionales, la pertinence de la norme pour le marché intérieur est discutable.

En revanche, les États membres ont le droit et le devoir de garantir la diversité des opinions et des médias et, partant, de donner à leurs réglementations respectives en matière de médias l’orientation qui leur sied. En structurant cette réglementation, ils sont tenus de respecter les libertés fondamentales du marché intérieur dans la mesure où celles-ci concernent la fourniture transfrontière de services de médias. Par conséquent, comme l’a fait observer la Commission dans ses rapports sur l’état de droit, la grande majorité des États membres disposent déjà d’une réglementation efficace pour permettre l’existence d’un paysage médiatique diversifié, avec des médias indépendants, conforme aux valeurs, normes et objectifs européens. Cela ne devrait pas conduire les États membres à réduire leurs efforts pour continuer à remplir leurs obligations avec le plus grand engagement possible, au vu notamment des insuffisances qui ont également été constatées, et de l’évolution négative pour l’indépendance et la diversité des médias.

Le texte devrait donc mettre l’accent sur cette obligation et l’inscrire en droit, afin que l’Union et ses États membres aient la capacité de lutter conjointement contre les insuffisances systémiques sans pour autant compromettre le bon fonctionnement des systèmes médiatiques.

Amendement 40

Article 4, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Droits des fournisseurs de services de médias

1. Les fournisseurs de services de médias ont le droit d’ exercer leurs activités économiques dans le marché intérieur sans restrictions autres que celles autorisées par le droit de l’Union.

Indépendance des médias

1. Les États membres prévoient des mesures appropriées pour faire en sorte que les fournisseurs de services de médias puissent exercer leurs activités économiques dans le marché intérieur sans restrictions autres que celles autorisées par le droit de l’Union.

Exposé des motifs

Le droit visé dans la proposition de règlement à l’examen semble vague et par conséquent, guère applicable. Néanmoins, si sur cette base, les plaintes des fournisseurs de services de médias pouvaient être portées directement devant les tribunaux, l’on aurait là un moyen approprié pour contester toute mesure prise par un État membre à l’égard d’un fournisseur de services de médias, y compris toute mesure justifiée que les autorités de régulation auraient prise. Dans la mesure où les droits des fournisseurs de services de médias, et aussi ceux des journalistes, garantis par les libertés et droits fondamentaux, doivent être définis plus en détail et font partie, en tant que tels, du système juridique national, il faudrait que les États membres soient tenus de respecter ces droits de manière appropriée.

Amendement 41

Article 4, paragraphe 2, point (a)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(a)

de s’immiscer dans les politiques et décisions éditoriales des fournisseurs de services de médias, ou de tenter d’influencer celles-ci, de quelque manière que ce soit, directement ou indirectement;

(a)

de s’immiscer dans les politiques et décisions éditoriales des fournisseurs de services de médias, ou de tenter d’influencer celles-ci, de quelque manière que ce soit, directement ou indirectement , sans préjudice des exigences légales et de leur application à la poursuite des objectifs d’intérêt général, notamment en ce qui concerne la diversité, les contenus illicites ou la protection des mineurs dans les médias, ou de la définition de la mission de service public des médias de service public ;

Exposé des motifs

Il s’impose d’être parfaitement clair sur le fait que l’interdiction de toute influence sur les stratégies éditoriales ou les décisions des fournisseurs de services de médias ne concerne pas les mesures prises par les organismes nationaux de régulation visant à respecter ou à faire respecter les exigences fixées par la loi, en particulier pour ce qui concerne l’offre des fournisseurs de services de médias.

Amendement 42

Article 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Garde-fous pour le fonctionnement indépendant des fournisseurs de médias de service public

Médias de service public

1. Les fournisseurs de médias de service public communiquent, de manière impartiale, des informations et des opinions diverses à leurs publics, conformément à leur mission de service public.

1. Les États membres peuvent prévoir des médias de service public qui répondent à leurs besoins démocratiques, sociaux et culturels.

2. La direction et le conseil d’administration des fournisseurs de médias de service public sont nommés selon une procédure transparente, ouverte et non discriminatoire et sur la base de critères transparents, objectifs, non discriminatoires et proportionnés préalablement définis par le droit national.

2. Le financement des services de médias publics sert la mission de service public et tient compte des besoins liés à l’accomplissement de cette mission. À cette fin, les États membres garantissent des mécanismes pour assurer un financement adéquat sur une base prévisible ainsi que le respect de la mission fixée par la loi ou suivant des procédures établies par la loi.

La durée de leur mandat est fixée par le droit national et est adéquate et suffisante pour garantir l’indépendance effective du fournisseur de médias de service public. Ils ne peuvent être renvoyés avant la fin de leur mandat qu’à titre exceptionnel s’ils ne remplissent plus les conditions prédéfinies légalement requises pour l’exercice de leurs fonctions, préalablement prévues par le droit national, ou pour des raisons spécifiques liées à un comportement illégal ou à une faute grave tels que définis au préalable par le droit national.

Toute décision de renvoi est dûment justifiée, fait l’objet d’une notification préalable à la personne concernée, et comporte la possibilité d’un contrôle juridictionnel. Les motifs de renvoi sont mis à la disposition du public.

3. Les États membres veillent à ce que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes et stables pour l’accomplissement de leur mission de service public. Ces ressources sont de nature à permettre que l’indépendance éditoriale soit préservée.

3. Sans préjudice de la compétence des États membres de conférer, de définir et d’organiser ladite mission de service public, les États membres prennent des mesures pour que les services des médias de service public tiennent compte de la nécessité de préserver le pluralisme. À cette fin, les prestataires de services publics devraient notamment être tenus de présenter de manière équilibrée un éventail de thématiques et de points de vue aussi large que possible, et de respecter les principes d’objectivité et d’impartialité dans le rapport des faits.

4. Les États membres désignent une ou plusieurs autorités ou organismes indépendants, chargés de contrôler le respect des paragraphes 1 à 3.

4. Lorsqu’ils définissent et organisent leurs médias de service public, les États membres prévoient des mesures appropriées pour garantir leur indépendance éditoriale ainsi que l’indépendance de leurs autorités ou organismes de contrôle.

Exposé des motifs

Les activités des médias de service public, qui, par leur nature, opèrent au niveau national et sont partiellement décentralisées dans les États membres, n’ont qu’un impact limité sur le marché intérieur. Leur organisation interne n’a aucun lien perceptible à cet égard.

Il appartient aux États membres de concevoir et de définir leur secteur de médias de service public. Par conséquent, les dispositions ne sont ni compatibles avec les compétences de l’Union européenne ni suffisamment souples pour répondre à l’évolution possible de la demande des fournisseurs de services de médias investis d’une mission de service public.

Compte tenu du droit qui appartient aux États membres de décider eux-mêmes de la structure, de l’organisation et du financement de leurs médias de service public, il convient d’ancrer les exigences essentielles pour l’intégration des médias de service public au sein du marché intérieur, lesquelles s’appliquent déjà, en vertu du protocole d’Amsterdam, à la radiodiffusion de service public. À cet égard, il convient de préciser que les États membres sont libres de créer et de financer des médias de service public en fonction de leurs besoins démocratiques, sociaux et culturels.

Amendement 43

Article 6, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Obligations des fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité

Obligations de transparence des fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité

1. Les fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité offrent aux destinataires de leurs services un accès facile et direct aux informations suivantes:

1. Les États membres veillent à ce que les fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité offrent au moins aux destinataires de leurs services un accès facile, direct et permanent aux informations suivantes:

(a)

leur dénomination légale et leurs coordonnées;

(a)

leur dénomination légale , l’adresse géographique à laquelle ils sont établis et leurs coordonnées , au moins l’adresse électronique ou le site internet qui leur permettent d’être contactés rapidement et de manière directe et efficace ;

(b)

le(s) nom(s) de leur(s) propriétaire(s) direct(s) ou indirect(s) dont la participation lui (leur) permet d’influencer la prise de décision opérationnelle et stratégique;

(b)

le(s) nom(s) de leur(s) propriétaire(s) direct(s) ou indirect(s) dont la participation lui (leur) permet d’influencer la prise de décision opérationnelle et stratégique;

(c)

le(s) nom(s) de leur(s) bénéficiaires(s) effectif(s) au sens de l’article 3, point 6), de la directive (UE) 2015/849 du Parlement européen et du Conseil.

(c)

le(s) nom(s) de leur(s) bénéficiaires(s) effectif(s) au sens de l’article 3, point 6), de la directive (UE) 2015/849.

Cette disposition est applicable sans préjudice des mesures supplémentaires prévues à l’article 5 de la directive 2010/13/UE.

Exposé des motifs

Le rôle des États membres doit être dûment reconnu.

Amendement 44

Article 6, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Sans préjudice des dispositions nationales de droit constitutionnel conformes à la charte, les fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité prennent les mesures qu’ils jugent appropriées en vue de garantir l’indépendance des décisions éditoriales individuelles . Ces mesures visent en particulier:

a)

à garantir que les chefs de rédaction sont libres de prendre des décisions éditoriales individuelles dans l’exercice de leur activité professionnelle;

b)

à garantir la révélation de tout conflit d’intérêts réel ou potentiel par toute partie ayant une participation dans des fournisseurs de services de médias susceptible d’avoir une incidence sur la fourniture de contenu d’information et d’actualité.

2. Sans préjudice des dispositions nationales de droit constitutionnel conformes à la charte, les fournisseurs de services de médias qui produisent des contenus d’information et d’actualité prennent en considération les mesures qu’ils jugent appropriées en vue de garantir l’indépendance des décisions éditoriales.

Exposé des motifs

La garantie de la liberté interne des médias au sens de la liberté éditoriale n’est pas une exigence absolue découlant des droits fondamentaux, même en tenant compte des diverses traditions constitutionnelles nationales. En tant qu’instrument permettant de garantir la diversité, l’indépendance du personnel éditorial doit être considérée de manière différenciée, et une tension existe entre les libertés entrepreneuriales et les libertés des médias eux-mêmes. La priorité devrait donc porter sur les obligations de transparence qui permettent à l’utilisateur de reconnaître et de classer les antécédents potentiels de certaines évolutions. Toute autre mesure concernant les libertés éditoriales devrait être laissée à la discrétion des mécanismes d’autorégulation.

Amendement 45

Article 7, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE sont chargés de l’application du chapitre III du présent règlement.

1. Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE sont chargés de l’application du chapitre III du présent règlement en ce qui concerne la fourniture du service ou du contenu d’un service de médias audiovisuels au sens de l’article 1er, paragraphe 1, point a), de la directive 2010/13/UE . Les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation visés dans la phrase qui précède sont également responsables de l’application du chapitre III du présent règlement à d’autres égards, sauf si (et dans la mesure où) un État membre a désigné d’autres autorités nationales ou organismes nationaux de régulation, ou encore imposé un système d’autorégulation ou de corégulation.

Exposé des motifs

Le mandat des autorités compétentes au titre de la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE) (2) devrait s’étendre au-delà du contenu ou des offres de services de médias audiovisuels et de vidéos créées par les utilisateurs au sens de la directive 2010/13/UE seulement si (et dans la mesure où) d’autres autorités ou organismes, y compris des organismes de système d’autorégulation tels que ceux couramment en vigueur pour la presse, ne sont pas établis au niveau national pour d’autres secteurs des médias. Pour tous les organes de contrôle de l’État, l’article 7, paragraphe 2, dispose que les exigences de la directive 2010/13/UE relative à la surveillance indépendante des médias s’appliquent, ainsi que le principe d’un financement suffisant.

Amendement 46

Article 10, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Structure du comité

1. Le comité est composé de représentants des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation visés à l’article 30 de la directive 2010/13/UE .

Structure du comité

1. Le comité est composé de représentants des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation visés à l’article 7, paragraphe 1, du présent règlement .

Exposé des motifs

L’organe sera composé de représentants des autorités ou organismes nationaux de régulation chargés, en vertu du droit national, de la surveillance des fournisseurs de services de médias. Cela permettra d’inclure non seulement les autorités ou organes compétents en matière de médias audiovisuels, de manière à tenir compte des responsabilités différenciées au niveau national, lesquelles, dans certains cas, sont réparties à la fois sur le plan fonctionnel et géographique. En tout état de cause, les autorités ou organismes publics ne sont pris en compte que s’ils satisfont aux exigences de l’article 30 de la directive 2010/13/UE.

Amendement 47

Article 10, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Lorsqu’un État membre compte plusieurs autorités nationales ou plusieurs organismes nationaux de régulation, ces autorités ou organismes de régulation se coordonnent selon les besoins et désignent un représentant commun qui exerce le droit de vote.

3. Lorsqu’un État membre compte plusieurs autorités nationales ou plusieurs organismes nationaux de régulation, ces autorités ou organismes de régulation , y compris les systèmes d’autorégulation et de corégulation, se coordonnent selon les besoins et désignent un représentant commun qui exerce le droit de vote.

Exposé des motifs

Les organes d’autogouvernance et de cogouvernance devraient être associés dans le cadre de leurs responsabilités respectives.

Amendement 48

Article 10, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. Le comité est représenté par son président ou sa présidente. Le comité élit un président ou une présidente parmi ses membres à la majorité des deux tiers de ses membres disposant du droit de vote. La durée du mandat du président ou de la présidente est de deux ans .

4. Le comité est représenté par son président ou sa présidente. Le comité élit un président ou une présidente ainsi qu’un vice-président ou une vice-présidente parmi ses membres à la majorité des deux tiers de ses membres disposant du droit de vote. La durée du mandat du président ou de la présidente ainsi que du vice-président ou de la vice-présidente est d’ un an . Le (la) président(e) et le (la) vice-président(e) peuvent être réélu(e)s une fois pour une période maximale d’un an.

Au cas où le (la) président(e) ne serait pas en mesure d’exercer ses fonctions, le (la) vice-président(e) exerce les pleins pouvoirs du (de la) président(e). Le comité fixe les modalités de son fonctionnement dans son règlement intérieur.

Exposé des motifs

Comme pour l’ERGA, la durée du mandat du président (de la présidente) devrait être d’un an, avec la possibilité d’être réélu(e) une fois. Cela permettra également aux petits organismes nationaux de régulation de participer par l’exercice d’une présidence.

Pour garantir la capacité d’action du comité, il convient de prévoir la nomination d’une vice-présidence.

Amendement 49

Article 10, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. La Commission désigne un(e) représentant(e) au comité. Le (la) représentant(e) de la Commission participe à toutes les activités et à toutes les réunions du comité, sans disposer du droit de vote. Le (la) président(e) du comité tient la Commission informée des activités en cours et prévues du comité. Le comité consulte la Commission dans le cadre de l’élaboration de son programme de travail et des principaux résultats attendus.

5. Le (la) président(e) du comité tient la Commission informée des activités en cours et prévues du comité. Le comité donne à la Commission la possibilité de contribuer à l’élaboration de son programme de travail et des principaux résultats attendus. Il fait rapport chaque année aux États membres.

Exposé des motifs

Pour garantir l’indépendance du comité, la Commission ne devrait pas nécessairement assister à la totalité des réunions du comité. Il convient toutefois de lui accorder un droit fondamental à l’information. En outre, la Commission devrait avoir la possibilité de formuler des observations et des suggestions sur le programme de travail du comité. Les informations sur les travaux de ce dernier devraient également être mises à la disposition des États membres, sachant que ses travaux et conclusions peuvent présenter pour eux un intérêt dans la poursuite du développement de leur cadre juridique national.

Amendement 50

Article 10, paragraphe 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

6. Le comité , en accord avec la Commission, peut inviter d’autres experts et observateurs à assister à ses réunions.

6. Le comité peut inviter d’autres experts , des représentants de la Commission et des observateurs à assister à ses réunions.

Exposé des motifs

Le comité devrait pouvoir mener des discussions avec des tiers, en particulier des experts, sans avoir à solliciter l’accord de la Commission. Le comité devrait également envisager d’inviter la Commission à assister à ses réunions.

Amendement 51

Article 10, paragraphe 8

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

8. Le comité adopte son règlement intérieur à la majorité des deux tiers de ses membres disposant du droit de vote , en accord avec la Commission .

8. Le comité adopte son règlement intérieur à la majorité des deux tiers de ses membres disposant du droit de vote.

Avant d’adopter sa décision, le comité donne à la Commission la possibilité de formuler des observations.

Exposé des motifs

Pour garantir son indépendance, le comité adopte son propre règlement intérieur, comme c’est le cas pour l’ERGA. Celui-ci ne devrait pas avoir à solliciter l’approbation de la Commission. Il semble toutefois raisonnable de donner à la Commission la possibilité de formuler à l’avance des observations sur les règles de procédure.

Amendement 52

Article 11, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Secrétariat du comité

1. Le comité dispose d’un secrétariat, qui est assuré par la Commission.

Secrétariat du comité

1. Le comité dispose d’un secrétariat, qui est assuré par la Commission et qui dispose du personnel et des ressources matérielles nécessaires. Le personnel du secrétariat n’est soumis qu’aux instructions du (de la) président(e), et il ne peut recevoir d’instructions de service de la Commission qu’à la seule condition que son indépendance dans l’exercice de ses fonctions n’en soit pas affectée.

Exposé des motifs

Il convient de se féliciter que le comité soit assisté par un secrétariat pour accomplir ses tâches.

Sa capacité à fonctionner ne peut être garantie que si le secrétariat est doté par la Commission des ressources humaines et matérielles adéquates. Pour maintenir une surveillance indépendante et non gouvernementale, il faut s’assurer que le personnel du secrétariat ne soit soumis qu’aux seules instructions du (de la) président(e) du comité ou, en son absence, du (de la) vice-président(e). Pour ce qui concerne les questions de service, le secrétariat ne peut être soumis à des instructions de la Commission que dans la mesure où son indépendance dans l’exercice de ses fonctions n’en est pas affectée.

Amendement 53

Article 11, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. La mission principale du secrétariat est de contribuer à l’accomplissement des tâches du comité énoncées dans le présent règlement et dans la directive 2010/13/UE.

Exposé des motifs

L’extension est redondante par rapport au paragraphe 3, et il convient d’éviter qu’elle ne soit interprétée comme l’élargissement d’une tâche indépendante.

Amendement 54

Article 11, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Le secrétariat apporte un appui administratif et organisationnel aux activités du comité. Le secrétariat aide également le comité à accomplir ses tâches.

2. Le secrétariat apporte un appui administratif et organisationnel aux activités du comité. Sur instruction du (de la) président(e), le secrétariat aide également le comité à accomplir ses tâches.

Exposé des motifs

Il convient de préciser que la fonction et le rôle du secrétariat consistent exclusivement à soutenir et à assister le comité.

Amendement 55

Article 12, premier alinéa

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Tâches du comité

Sans préjudice des compétences conférées à la Commission par les traités, le comité promeut l’application effective et cohérente du présent règlement et des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE dans l’ensemble de l’Union. Le comité:

Tâches du comité

Sans préjudice des compétences conférées à la Commission par les traités, le comité promeut l’application effective et cohérente du présent règlement et met en œuvre de façon cohérente la directive 2010/13/UE dans l’ensemble de l’Union. Le comité:

Exposé des motifs

Si l’on entend préserver les compétences des États membres et maintenir une surveillance fondamentalement décentralisée par les États membres, il est préférable d’écarter l’idée d’un contrôle direct des mesures nationales par le comité, qui nécessiterait une application et une interprétation du droit national par celui-ci. En ce qui concerne la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE), le comité devrait plutôt se limiter à sa mise en œuvre; cela correspond à l’article 30 ter, paragraphe 3, de la directive 2010/13/UE, qui prévoit en tant que mission de l’ERGA une «mise en œuvre cohérente de la présente directive». Cette approche devrait être poursuivie et clarifiée en conséquence.

Amendement 56

Article 12, point (b)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(b)

promeut la coopération et l’échange efficace d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation sur l’application des règles de l’Union et des règles nationales applicables aux services de médias, y compris le présent règlement et la directive 2010/13/UE, en particulier en ce qui concerne les articles 3, 4 et 7 de ladite directive;

(b)

promeut la coopération et l’échange efficace d’informations, d’expériences et de bonnes pratiques entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation sur l’application des règles de l’Union applicables aux services de médias, y compris le présent règlement et la directive 2010/13/UE, en particulier en ce qui concerne les articles 3, 4 et 7 de ladite directive;

Exposé des motifs

Les tâches du comité devraient se limiter aux règlements européens et à leur mise en œuvre en droit national, et ne pas inclure de contrôle de l’application du droit national, qui devrait rester une prérogative exclusive des régulateurs nationaux.

Amendement 57

Article 12, point (c)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(c)

conseille la Commission , à la demande de celle-ci, sur les aspects réglementaires, techniques ou pratiques pertinents pour l’application cohérente du présent règlement et la mise en œuvre cohérente de la directive 2010/13/UE, ainsi que sur toutes les autres questions liées aux services de médias relevant de sa compétence. Lorsque la Commission demande des conseils ou avis au comité, elle peut mentionner un délai, selon l’urgence de la question;

(c)

conseille la Commission sur les aspects techniques ou pratiques pertinents pour l’application cohérente du présent règlement et la mise en œuvre cohérente de la directive 2010/13/UE, ainsi que sur toutes les autres questions liées aux services de médias relevant de sa compétence. Lorsque la Commission demande des conseils ou avis au comité, elle peut mentionner un délai raisonnable , selon l’urgence de la question. Lorsqu’elles présentent un intérêt général, les conclusions du comité devraient être mises à la disposition des États membres par celui-ci;

Exposé des motifs

Les questions de réglementation relèvent de la responsabilité du législateur et non de l’autorité de surveillance, et elles ne devraient donc pas en l’espèce être incluses dans les missions du comité. Par ailleurs, les conclusions du comité qui présentent un intérêt général devraient également être mises à la disposition des États membres, car elles peuvent également être importantes pour eux.

Amendement 58

Article 12, point (e)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(e)

en accord avec la Commission, élabore des avis en ce qui concerne:

(e)

élabore des avis en ce qui concerne:

i)

les demandes de coopération et d’assistance mutuelle entre autorités nationales ou organismes nationaux de régulation, conformément à l’article 13, paragraphe 7, du présent règlement;

i)

les demandes de coopération et d’assistance mutuelle entre autorités nationales ou organismes nationaux de régulation, conformément à l’article 13, paragraphe 7, du présent règlement;

ii)

les demandes de mesures de contrôle du respect des obligations, en cas de désaccord entre l’autorité ou l’organisme qui fait la demande et l’autorité ou l’organisme à qui la demande est faite , au sujet des mesures recommandées en application de l’article 14, paragraphe 4, du présent règlement;

ii)

les demandes de mesures de contrôle du respect des obligations émanant des autorités ou organismes de régulation nationaux, en cas de désaccord entre l’autorité ou l’organisme qui fait la demande et l’autorité ou l’organisme à qui la demande est faite, au sujet des mesures recommandées en application de l’article 14, paragraphe 3, du présent règlement;

iii)

les mesures nationales concernant les fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union, conformément à l’article 16, paragraphe 2, du présent règlement;

iii)

les mesures nationales prises par les autorités ou organismes nationaux de régulation concernant les fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union, conformément à l’article 16, paragraphe 2, du présent règlement;

iv)

les facteurs visés à l’article 21, paragraphe 3, du présent règlement ou, à la demande d’une autorité ou d’un organisme de régulation national, l’incidence d’une concentration du marché des médias soumise à notification sur le pluralisme des médias et le fonctionnement du marché intérieur conformément à l’article 21, paragraphe 4, du présent règlement.

Exposé des motifs

Pour garantir l’indépendance et la neutralité politique du contrôle, le comité devrait pouvoir agir de sa propre initiative et non en consultation avec la Commission pour tout ce qui concerne la coopération, les mesures d’exécution et aussi vis-à-vis des prestataires tiers. Il convient aussi de préciser que le comité a pour mission de conseiller les autorités ou organismes de régulation nationaux sur des questions pratiques.

De plus, des ajustements de suivi seront nécessaires à la suite des modifications apportées aux articles 14 et 21 du règlement à l’examen.

Amendement 59

Article 12, point (f)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(f)

à la demande de la Commission, élabore des avis en ce qui concerne:

(f)

à la demande de la Commission, élabore des avis en ce qui concerne les mesures des autorités nationales et des organismes nationaux susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias, conformément à l’article 20, paragraphe 2, du présent règlement;

i)

les mesures nationales susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias, conformément à l’article 20, paragraphe 4, du présent règlement;

ii)

les concentrations sur les marchés des médias susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias, conformément à l’article 22, paragraphe 1, du présent règlement;

Exposé des motifs

Conformément à la proposition de modification de l’article 20, il convient de préciser que le réexamen ne concerne que des mesures prises par les autorités nationales de régulation et donc pas des mesures législatives.

Et dans le droit fil de la proposition de suppression de l’article 22, un amendement en conséquence est nécessaire au point f) ii).

Amendement 60

Article 12, point (h)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(h)

aide la Commission à élaborer des lignes directrices en ce qui concerne:

(h)

aide la Commission à élaborer des lignes directrices en ce qui concerne l’application de l’article 23, paragraphes 1, 2 et 3 en vertu de l’article 23, paragraphe 4, du présent règlement;

i)

l’application du présent règlement et des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE, conformément à l’article 15, paragraphe 2, du présent règlement;

ii)

les éléments à prendre en compte lors de l’application des critères permettant d’évaluer les effets des concentrations sur les marchés des médias, conformément à l’article 21, paragraphe 3, du présent règlement;

iii)

l’application de l’article 23, paragraphes 1, 2 et 3 en vertu de l’article 23, paragraphe 4, du présent règlement;

Exposé des motifs

Conformément aux modifications proposées à l’article 15, paragraphe 2, et à l’article 21, paragraphe 3, du règlement à l’examen, les points h), i), h) et ii) sont supprimés.

Amendement 61

Article 13, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Une autorité nationale ou un organisme national de régulation peut à tout moment solliciter la coopération ou l’assistance mutuelle (l’«autorité qui fait la demande») d’une ou plusieurs autorités nationales ou d’un ou plusieurs organismes nationaux de régulation (les «autorités à qui la demande est faite») aux fins de l’échange d’informations ou de l’adoption de mesures utiles à l’application cohérente et effective du présent règlement ou des mesures nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE.

1. Une autorité nationale ou un organisme national de régulation peut à tout moment solliciter la coopération ou l’assistance mutuelle (l’«autorité qui fait la demande») d’une ou plusieurs autorités nationales ou d’un ou plusieurs organismes nationaux de régulation (les «autorités à qui la demande est faite») aux fins de l’échange d’informations ou de l’adoption de mesures utiles à l’application cohérente et effective du présent règlement ou à la mise en œuvre de la directive 2010/13/UE.

Exposé des motifs

Le comité devrait avoir pour mission d’assister, sur demande, pour les questions relatives à la mise en œuvre de la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE), et non l’application du droit national transposant la directive. Cette dernière tâche incombe aux autorités ou organismes nationaux, et à eux seuls.

Amendement 62

Article 13, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. L’autorité à qui la demande est faite ne peut refuser de traiter la demande et d’y répondre que dans les cas suivants:

4. L’autorité à qui la demande est faite ne peut refuser de traiter la demande et d’y répondre que dans les cas suivants:

(a)

elle n’est pas compétente à l’égard de l’objet de la demande ou des mesures qu’elle est invitée à prendre;

(a)

elle n’est pas compétente à l’égard de l’objet de la demande ou des mesures qu’elle est invitée à prendre;

(b)

l’exécution de la demande enfreindrait le présent règlement, la directive 2010/13/UE ou une autre législation de l’Union ou d’un État membre conforme au droit de l’Union auxquels l’autorité à qui la demande est faite est soumise.

(b)

l’exécution de la demande enfreindrait le présent règlement, la directive 2010/13/UE ou une autre législation de l’Union ou d’un État membre conforme au droit de l’Union auxquels l’autorité à qui la demande est faite est soumise.

L’autorité à qui la demande est faite expose les motifs de tout refus de traiter la demande et d’y répondre.

L’autorité à qui la demande est faite expose les motifs de tout refus de traiter la demande et d’y répondre et fait référence, si cela est nécessaire et possible, à l’autorité compétente.

Exposé des motifs

Dans le cas d’un refus pour des motifs de compétence, l’autorité compétente du point de vue de l’autorité à l’origine du refus devrait également, si possible, être nommée, ce qui permettra à l’autorité requérante de donner sans tarder suite à sa demande.

Amendement 63

Article 13, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. L’autorité à qui la demande est faite informe l’autorité qui fait la demande des résultats obtenus ou de l’état d’avancement des mesures prises en réponse à la demande.

5. L’autorité à qui la demande est faite informe sans retard injustifié l’autorité qui fait la demande de son refus d’adresser une demande ou des mesures prises en réponse à la demande , ou encore de l’état d’avancement et des résultats obtenus .

Exposé des motifs

Pour garantir l’efficacité de la procédure, il convient de préciser que l’autorité à qui la demande est faite est aussi soumise à un délai adéquat en cas de rejet de la demande. Il convient de commencer utilement par les mesures prises par l’autorité sollicitée, lesquelles peuvent être suivies ultérieurement d’autres étapes.

Amendement 64

Article 13, paragraphe 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

6. L’autorité à qui la demande est faite met tout en œuvre pour traiter la demande et y répondre sans retard injustifié. L’autorité à qui la demande est faite communique des résultats intermédiaires dans un délai de 14 jours civils à compter de la réception de la demande, et elle transmet ensuite régulièrement des informations actualisées sur l’état d’avancement de l’exécution de la demande. Dans le cas d’une demande de coopération accélérée ou d’assistance mutuelle accélérée, l’autorité à qui la demande est faite traite la demande et y répond dans un délai de 14 jours civils.

Exposé des motifs

La disposition figurant au paragraphe 6 semble redondante et ne présente aucune valeur ajoutée par rapport à celle introduite au paragraphe 5, qui dispose déjà qu’un refus ne peut être opposé que dans des cas strictement définis. L’obligation envisagée de mettre «tout en œuvre» n’est pas claire et elle semble impossible à appliquer. Les délais semblent aussi trop rigides et, dans la mesure où ils vont au-delà d’un «retard injustifié», ils sont inutiles. Sans remettre en cause l’exigence d’efficacité de la procédure et le sérieux dans le traitement de la demande par l’autorité ou l’organe à qui la demande est faite, il convient de veiller à ce que, en particulier, les autorités de contrôle dont la structure est moins large puissent aussi s’acquitter correctement de leurs missions.

Amendement 65

Article 13, paragraphe 7

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

7. Lorsque l’autorité qui fait la demande estime que les mesures prises par l’autorité à qui la demande est faite ne sont pas suffisantes pour traiter sa demande et y répondre, elle en informe l’autorité à qui la demande est faite sans retard injustifié, en expliquant les raisons de sa position. Si l’autorité à qui la demande est faite n’est pas d’accord avec cette position, ou que l’autorité à qui la demande est faite s’abstient de réagir, l’une ou l’autre des autorités peut saisir le comité. Dans un délai de 14 jours civils à compter de la réception de cette saisine, le comité émet, en accord avec la Commission, un avis sur la question, y compris des recommandations de mesures. L’autorité à qui la demande est faite met tout en œuvre pour tenir compte de l’avis du comité.

6. Lorsque l’autorité qui fait la demande estime que les mesures prises par l’autorité à qui la demande est faite ne sont pas suffisantes pour traiter sa demande et y répondre, elle en informe l’autorité à qui la demande est faite sans retard injustifié, en expliquant les raisons de sa position. Si l’autorité à qui la demande est faite n’est pas d’accord avec cette position, ou que l’autorité à qui la demande est faite s’abstient de réagir, l’une ou l’autre des autorités peut saisir le comité. Dans un délai de 14 jours civils à compter de la réception de cette saisine, le comité s’efforce de trouver une solution à l’amiable avec la participation des autorités ou organismes de régulation concernés.

Exposé des motifs

L’effet de l’avis du comité ne peut être clairement défini. Le comité pourrait de surcroît intervenir dans des procédures soumises au droit national concerné. L’intervention du comité prévaudrait sur la compétence des régulateurs nationaux. Par conséquent, dans l’ensemble, un mécanisme de règlement des désaccords semble plus approprié et plus efficace. Or, un mécanisme comparable est déjà prévu à l’article 14, paragraphe 4, de la proposition de règlement.

Amendement 66

Article 14, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. L’autorité nationale ou l’organisme national à qui la demande est faite informe, sans retard injustifié et dans un délai de 30 jours civils , l’autorité nationale ou l’organisme national qui fait la demande des mesures prises ou prévues en application du paragraphe 1.

2. L’autorité nationale ou l’organisme national à qui la demande est faite informe, sans retard injustifié, l’autorité nationale ou l’organisme national qui fait la demande des mesures prises ou prévues en application du paragraphe 1.

Exposé des motifs

L’exigence de délai semble trop rigide et, par rapport au délai de 14 jours prévu à l’article 13, ne se justifie pas facilement pour garantir que la procédure soit aussi rapide que possible. Par conséquent, un délai fixe devrait également être écarté ici.

Amendement 67

Article 14, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. Si aucune solution amiable n’a été trouvée à la suite de la médiation du comité, l’autorité nationale ou l’organisme national qui fait la demande ou l’autorité nationale ou l’organisme national à qui la demande est faite peut demander au comité d’émettre un avis sur la question. Dans son avis, le comité apprécie si l’autorité ou l’organisme à qui la demande visée au paragraphe 1 est faite a donné suite à cette demande. Si le comité estime que l’autorité à qui la demande est faite n’y a pas donné suite, il recommande des mesures à prendre pour se conformer à la demande. Le comité émet son avis, en accord avec la Commission, sans retard injustifié.

4. Si aucune solution amiable n’a été trouvée à la suite de la médiation du comité, l’autorité nationale ou l’organisme national qui fait la demande ou l’autorité nationale ou l’organisme national à qui la demande est faite peut demander au comité d’émettre un avis sur la question. Dans son avis, le comité apprécie si l’autorité ou l’organisme à qui la demande visée au paragraphe 1 est faite a donné suite à cette demande. Si le comité estime que l’autorité à qui la demande est faite n’y a pas donné suite, il recommande des mesures à prendre pour se conformer à la demande. Le comité émet son avis, sans retard injustifié.

Exposé des motifs

Pour préserver la neutralité et l’indépendance du comité, la coordination de l’avis avec la Commission devrait être exclue. Au lieu de cela, il convient de laisser au comité le soin de poursuivre le développement de la procédure jusqu’à la conclusion d’un accord à l’amiable. Par ailleurs, il devrait être obligatoire d’informer la Commission des résultats obtenus et des mesures à prendre.

Amendement 68

Article 14, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. L’autorité nationale ou l’organisme national à qui la demande est faite informe, sans retard injustifié et dans un délai maximal de 30 jours civils à compter de la réception de l’avis visé au paragraphe 4, le comité, la Commission et l’autorité ou l’organisme qui fait la demande des mesures prises ou prévues en rapport avec l’avis.

5. Le comité informe la Commission des résultats obtenus, notamment des mesures adoptées ou prévues par l’autorité ou l’organisme à qui la demande est faite.

Exposé des motifs

Outre les droits généraux de participation et d’information de la Commission, le comité devrait informer cette dernière des résultats de la procédure de conciliation, en particulier des mesures adoptées ou prévues par l’autorité requise. Une telle disposition garantira un flux d’informations vers la Commission qui sera compatible avec les principes d’indépendance et de neutralité de l’État en matière de contrôle des médias, tout en lui permettant de remplir son rôle de «gardienne des traités».

Amendement 69

Article 15, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le comité encourage l’échange de bonnes pratiques entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, en consultation avec les parties prenantes, le cas échéant, et en étroite coopération avec la Commission, sur les aspects réglementaires, techniques ou pratiques propres à assurer une application cohérente et effective du présent règlement et des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE.

1. Le comité encourage l’échange de bonnes pratiques entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, sur les aspects techniques ou pratiques propres à assurer une application cohérente et effective du présent règlement et une mise en œuvre de la directive 2010/13/UE.

Exposé des motifs

Il semble utile que le comité favorise les échanges entre les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation. La Commission pourrait participer à ces échanges. Toutefois, elle ne devrait pas avoir de fonction (co)déterminante. En outre, comme à l’article 12, les tâches du comité en ce qui concerne la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE) devraient se limiter à sa mise en œuvre. L’application du droit national devrait rester du ressort des autorités nationales et organismes nationaux de régulation.

Par ailleurs, il ne semble pas nécessaire que le comité procède à des consultations ciblées des parties prenantes dans ce contexte. Le comité serait libre, en vertu de l’article 10, paragraphe 6, de la présente proposition de règlement, de consulter des experts lors de ses délibérations. La poursuite du développement de la législation ne devrait pas, cependant, revenir au comité en sa qualité d’autorité de régulation des médias, et donc, en tant que partie réglementée du pouvoir exécutif lui-même.

Amendement 70

Article 15, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Lorsque la Commission publie des lignes directrices relatives à l’application du présent règlement ou des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE, le comité l’assiste en lui fournissant une expertise sur des aspects réglementaires, techniques ou pratiques , notamment en ce qui concerne:

2. Lorsque la Commission publie des lignes directrices relatives à l’application du présent règlement ou des règles nationales mettant en œuvre la directive 2010/13/UE, le comité l’assiste en lui fournissant une expertise sur des aspects techniques ou pratiques.

a)

la visibilité appropriée des services de médias audiovisuels d’intérêt général conformément à l’article 7 bis de la directive 2010/13/UE;

b)

l’accessibilité des informations relatives à la structure de propriété des fournisseurs de services de médias, conformément à l’article 5, paragraphe 2, de la directive 2010/13/UE.

Exposé des motifs

La contribution du comité devrait porter sur des questions techniques et pratiques, comme c’est le cas pour l’ERGA et ainsi que visé à l’article 30 ter de la directive 2010/13/UE.

L’article 7 bis de la directive 2010/13/UE prévoit un degré élevé de flexibilité de la part des États membres en ce qui concerne la définition des exigences relatives à la visibilité et, dans cette mesure, à la visibilité des contenus d’intérêt public général. Cette approche et l’objectif qu’elle poursuit ne devraient pas être remis en cause par une compétence de la Commission en matière de lignes directrices. Le comité devrait tout au plus pouvoir publier des avis (non contraignants) sur les données empiriques recueillies par l’intermédiaire des autorités ou organismes de régulation nationaux, qui peuvent être utilisés à titre indicatif par les États membres pour qu’ils prennent des mesures.

Amendement 71

Article 16, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Le comité coordonne l’élaboration, par les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, de mesures relatives à la diffusion des services de médias proposés par des fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union qui ciblent des publics dans l’Union, ou à l’accès à de tels services, lorsque, compte tenu notamment du contrôle que des pays tiers peuvent exercer sur eux, ces services de médias portent atteinte ou présentent un risque sérieux et grave d’atteinte à la sécurité publique et à la défense.

1. Le comité coordonne l’élaboration, par les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, de mesures relatives à la diffusion des services de médias proposés par des fournisseurs de services de médias établis en dehors de l’Union mais relevant de la compétence d’un État membre en vertu de l’article 2, paragraphe 4, de la directive 2010/13/UE, qui ciblent des publics dans l’Union, ou à l’accès à de tels services, lorsque, compte tenu notamment du contrôle que des pays tiers peuvent exercer sur eux, ces services de médias portent atteinte ou présentent un risque sérieux et grave d’atteinte à la sécurité publique et à la défense.

Exposé des motifs

Il convient de se féliciter de l’amélioration de la coopération entre les régulateurs nationaux dans les cas où il existe un risque sérieux et grave de porter atteinte à la sécurité publique et à la défense. Le nouveau mécanisme envisagé devrait compléter utilement les mécanismes de la directive «Services de médias audiovisuels» (2010/13/UE) afin d’en améliorer l’efficacité. Par exemple, le mécanisme devrait s’appliquer en cas de situation transfrontière touchant plusieurs États membres.

La directive 2010/13/UE prévoit la compétence d’un État membre dans certains cas où il n’y a pas d’établissement d’une entreprise dans l’Union, par exemple lorsque des signaux provenant de pays tiers sont transmis par une liaison montante technique dans un État membre. Dans ces cas, une coordination appropriée est requise entre l’État membre cible et l’État membre qui exerce la compétence à l’égard du fournisseur de services de médias.

Toutefois, les questions purement nationales ne devraient pas faire l’objet d’une coordination de la part du comité. Par conséquent, lorsqu’il s’agit de limiter les signaux qui s’adressent directement à des États membres depuis l’extérieur de l’Union, il n’est pas nécessaire de prévoir des mécanismes de coopération obligatoires supplémentaires, sachant que des mesures d’exécution peuvent être prises par les États membres eux-mêmes conformément au principe de la place de marché applicable à l’époque. À cet égard, le recours obligatoire à un mécanisme de coopération entraverait plutôt l’application de la législation et limiterait indûment la souveraineté de l’action des États membres.

Amendement 72

Article 16, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Le comité , en accord avec la Commission , peut émettre des avis sur des mesures nationales au sens du paragraphe 1 dont l’élaboration est jugée appropriée. Toutes les autorités nationales compétentes, y compris les autorités nationales ou les organismes nationaux de régulation, mettent tout en œuvre pour tenir compte des avis du comité.

2. Le comité peut , à la demande des autorités nationales ou des organismes nationaux de régulation de deux États membres concernés rendre des avis au sens du paragraphe 1 dont l’élaboration est jugée appropriée.

Exposé des motifs

Le comité devrait être en mesure de formuler des recommandations d’action. Celles-ci ne devraient pas faire l’objet d’une coordination avec la Commission pour garantir l’indépendance et le caractère non gouvernemental de la supervision des médias. La prise en compte de la recommandation du comité par l’autorité ou l’organisme de régulation national ne peut avoir lieu que sous réserve d’une base juridique correspondante. À défaut, aucune obligation de mise en œuvre ne devrait être adressée à l’autorité ou à l’organisme de régulation national.

Amendement 73

Article 17

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Contenus des fournisseurs de services de médias sur les très grandes plateformes en ligne

Contenus des fournisseurs de services de médias sur les très grandes plateformes en ligne et sur les très grands moteurs de recherche

1. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne prévoient une fonctionnalité permettant aux destinataires de leurs services de déclarer que:

1. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et les fournisseurs de très grands moteurs de recherche respectent le droit à la liberté d’expression et à la liberté des médias et contribuent de manière appropriée à la pluralité des médias.

a)

ils sont fournisseurs de services de médias au sens de l’article 2, point 2);

b)

ils jouissent d’une indépendance éditoriale à l’égard des États membres et des pays tiers;

c)

ils sont soumis à des exigences réglementaires pour l’exercice de la responsabilité éditoriale dans un ou plusieurs États membres, ou ils se conforment à un mécanisme de corégulation ou d’autorégulation régissant les normes éditoriales, largement reconnu et accepté dans le secteur des médias concerné dans un ou plusieurs États membres.

2. Lorsque le fournisseur d’une très grande plateforme en ligne décide de suspendre la fourniture de ses services d’intermédiation en ligne en ce qui concerne le contenu proposé par un fournisseur de services de médias qui a fait une déclaration conformément au paragraphe 1 du présent article, au motif que ce contenu est incompatible avec ses conditions générales, sans que ce contenu contribue à l’un des risques systémiques visés à l’article 26 du règlement (UE) 2022/ XXX [législation sur les services numériques], il prend toutes les mesures possibles, dans le respect des obligations qui lui incombent en vertu du droit de l’Union, y compris le règlement (UE) 2022/ XXX [législation sur les services numériques], pour communiquer au fournisseur de services de médias concerné l’exposé des motifs accompagnant cette décision avant que la suspension ne prenne effet , comme l’exige l’article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/1150.

2. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne et les très grands moteurs de recherche prévoient une fonctionnalité permettant aux destinataires de leurs services de déclarer que:

a)

ils sont fournisseurs de services de médias au sens de l’article 2, point 2);

b)

ils jouissent d’une indépendance éditoriale à l’égard des États membres et des pays tiers;

c)

ils sont soumis à des exigences réglementaires pour l’exercice de la responsabilité éditoriale dans un ou plusieurs États membres, ou ils se conforment à un mécanisme de corégulation ou d’autorégulation régissant les normes éditoriales, largement reconnu et accepté dans le secteur des médias concerné dans un ou plusieurs États membres.

d)

ils sont soumis au contrôle d’une autorité nationale ou d’un organisme national de régulation indépendant ou au contrôle d’un mécanisme d’autorégulation ou de corégulation, en indiquant leur nom et leurs coordonnées. Le fournisseur de la très grande plateforme en ligne ou le fournisseur du très grand moteur de recherche peut demander au contrôleur concerné de confirmer les informations fournies par le fournisseur de services de médias.

3. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne prennent toutes les mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour que les plaintes introduites au titre de l’article 11 du règlement (UE) 2019/1150 par des fournisseurs de services de médias qui ont fait une déclaration conformément au paragraphe 1 du présent article soient traitées et résolues en priorité et sans retard injustifié.

3. Lorsque le fournisseur d’une très grande plateforme en ligne ou d’un très grand moteur de recherche qui permet la diffusion de programmes ou de publications de presse décide de supprimer, de rendre impossible l’accès ou d’interférer de toute autre manière vis-à-vis d’un service ou d’un contenu proposé par un fournisseur de services de médias qui a fait une déclaration conformément au paragraphe 2 du présent article, au motif que ce service ou ce contenu est incompatible avec ses conditions générales, sans que ce contenu contribue à l’un des risques systémiques visés à l’article 26 du règlement (UE) 2022/ 2065 [législation sur les services numériques], il prend toutes les mesures possibles, dans le respect des obligations qui lui incombent en vertu du droit de l’Union, y compris le règlement (UE) 2022/ 2065 (législation sur les services numériques), pour communiquer au fournisseur de services de médias et à l’autorité ou à l’organisme de contrôle compétent déclaré concerné l’exposé des motifs accompagnant cette décision avant que la suspension ne prenne effet, comme l’exige l’article 4, paragraphe 1, du règlement (UE) 2019/1150.

4. Lorsqu’un fournisseur de services de médias qui a fait une déclaration conformément au paragraphe 1 considère que le fournisseur d’une très grande plateforme en ligne restreint ou suspend fréquemment, sans motifs suffisants, la fourniture de ses services en ce qui concerne le contenu qu’il propose, le fournisseur de la très grande plateforme en ligne entame, à la demande du fournisseur de services de médias, un dialogue constructif et effectif avec celui-ci en vue de trouver, de bonne foi, une solution amiable pour mettre fin aux restrictions ou aux suspensions injustifiées et pour les éviter à l’avenir. Le fournisseur de services de médias peut notifier le résultat de ces échanges au comité.

4. Si, sous un délai de 24 heures, le fournisseur de services de médias fournit à la très grande plateforme en ligne des motifs suffisants pour considérer que le service ou le contenu concerné n’est pas incompatible avec ses conditions générales, la plateforme peut ne pas mettre en œuvre sa décision. Si, après un examen approprié, la très grande plateforme en ligne considère toujours que le service ou le contenu concerné est incompatible avec ses conditions générales, elle a le droit de porter l’affaire devant l’autorité ou l’organisme de contrôle compétent déclaré, qui décide sans retard injustifié si l’ingérence fondée sur les conditions générales de la plateforme est compatible avec la liberté d’expression et la liberté des médias. Tant qu’une telle décision n’a pas été prise, la plateforme ne met pas en œuvre la décision qu’elle entend prendre.

Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne prennent toutes les mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour que les plaintes introduites au titre de l’article 11 du règlement (UE) 2019/1150 par des fournisseurs de services de médias qui ont fait une déclaration conformément au paragraphe 1 du présent article soient traitées et résolues en priorité et sans retard injustifié.

5. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne mettent chaque année à la disposition du public des informations sur:

a)

le nombre de cas où ils ont imposé des restrictions ou des suspensions au motif que le contenu proposé par un fournisseur de services de médias ayant fait une déclaration conformément au paragraphe 1 du présent article était incompatible avec leurs conditions générales;

b)

les motifs pour lesquels de telles restrictions ont été imposées.

5. Lorsqu’un fournisseur de services de médias qui a fait une déclaration conformément au paragraphe 1 considère que le fournisseur d’une très grande plateforme en ligne invoque l’incompatibilité du service ou du contenu qu’il propose avec ses conditions générales , le fournisseur de la très grande plateforme en ligne entame, à la demande du fournisseur de services de médias, un dialogue constructif et effectif avec celui-ci en vue de trouver, de bonne foi, une solution amiable pour à l’avenir. Le fournisseur de services de médias peut notifier le résultat de ces échanges au comité.

6. En vue de faciliter la mise en œuvre cohérente et effective du présent article, la Commission peut publier des lignes directrices pour définir la forme et les modalités de la déclaration visée au paragraphe 1.

6. Les fournisseurs de très grandes plateformes en ligne mettent chaque année à la disposition du public des informations sur:

a)

le nombre de cas où ils ont imposé des restrictions ou des suspensions au motif que le service ou le contenu proposé par un fournisseur de services de médias ayant fait une déclaration conformément au paragraphe 1 du présent article était incompatible avec leurs conditions générales;

b)

les motifs pour lesquels de telles restrictions ont été imposées.

7. En vue de faciliter la mise en œuvre cohérente et effective du présent article, la Commission peut publier des lignes directrices pour définir la forme et les modalités de la déclaration visée au paragraphe 1.

Exposé des motifs

Au vu de l’importance croissante des services intermédiaires pour la découverte et l’accès aux contenus médiatiques, et en particulier de leur importance pour les offres et les contenus des fournisseurs de services de médias régionaux et locaux, les très grandes plateformes en ligne ainsi que les très grands moteurs de recherche devraient assumer leur responsabilité à cet égard d’une manière spécifique.

Du fait de leur position dominante sur le marché, de leur orientation généralement ouverte, du degré élevé de dépendance des utilisateurs ou encore de l’inclusion des intérêts affectés des opérateurs de plateforme et d’autres tiers, le droit des plateformes de définir leurs règles d’utilisation, qui leur permet, après avoir mis en balance les droits et intérêts fondamentaux contradictoires des parties et les intérêts des tiers à s’y trouver inclus, d’exiger des utilisateurs qu’ils respectent certaines normes de communication dans des conditions générales allant au-delà des exigences du droit pénal, doit être limité non seulement par le principe d’égalité, qui exige au bas mot que toutes les offres soient traitées de manière égale, mais aussi par la garantie de la liberté et de la pluralité des médias.

À cette fin, il convient de mettre en place un mécanisme qui tienne compte du rôle prépondérant des services de médias et qui associe les autorités de contrôle nationales existantes de manière à garantir le respect des normes juridiques.

Amendement 74

Article 19, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Droit à la personnalisation de l’offre de médias audiovisuels

1. Les utilisateurs ont le droit de modifier facilement les paramètres par défaut de tout appareil ou toute interface utilisateur contrôlant ou gérant l’accès à des services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, afin de personnaliser l’offre de médias audiovisuels en fonction de leurs intérêts ou de leurs préférences, dans le respect de la législation. La présente disposition n’a pas d’incidence sur les mesures nationales mettant en œuvre l’article 7 bis de la directive 2010/13/UE.

Droit à la personnalisation de l’offre de médias audiovisuels

1. Les utilisateurs ont le droit de modifier facilement les paramètres par défaut de tout appareil ou toute interface utilisateur contrôlant ou gérant l’accès à des services de médias audiovisuels et l’utilisation de ces services, afin de personnaliser l’offre de médias audiovisuels en fonction de leurs intérêts ou de leurs préférences, dans le respect de la législation. La présente disposition ne porte pas atteinte aux mesures nationales mettant en œuvre l’article 7 bis de la directive 2010/13/UE ou à d’autres mesures nationales concernant la recherche de services de médias ou de contenus afin de garantir le pluralisme des médias .

Exposé des motifs

L’ajout vise à faire en sorte que les règles en matière de visibilité soient également valables et puissent être développées au-delà de l’article 7 bis de la directive 2010/13/UE sur les services de médias audiovisuels, sachant qu’elles servent à garantir la pluralité.

Amendement 75

Article 20, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Toute procédure nationale ayant pour finalité la préparation ou l’adoption d’une mesure réglementaire ou administrative visée au paragraphe 1 est soumise à des délais précis fixés à l’avance.

Exposé des motifs

L’idée de principe de la disposition est compréhensible, mais celle-ci ne semble pas appropriée dans tous les cas, en particulier dans le domaine de la préparation ou de l’adoption d’une disposition légale ou d’un acte administratif dans le cadre d’une procédure d’office au sens du paragraphe 1, un délai spécifique déjà fixé à l’avance ne peut être exigé ici sans plus d’explications.

Amendement 76

Article 20, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. À la demande de la Commission, le comité rédige un avis lorsqu’une mesure législative, réglementaire ou administrative nationale est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Après que le comité a rendu son avis, et sans préjudice des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités, la Commission peut émettre son propre avis sur la question. L’ avis du comité et, le cas échéant, celui de la Commission sont rendus publics.

3. À la demande de la Commission, le comité rédige un avis lorsqu’une mesure prise par une autorité ou un organisme de régulation national est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Les avis du comité sont rendus publics.

Exposé des motifs

La distinction entre mesures législatives et administratives, d’une part, et mesures réglementaires, d’autre part, reste floue. Le comité, en ce qu’il est composé de représentants des organes exécutifs nationaux, qui sont eux-mêmes soumis à une réglementation nationale, ne semble pas le mieux approprié pour évaluer les mesures législatives.

La Commission devrait continuer à jouer son rôle de gardienne des traités et consulter le comité en conséquence sur les questions techniques ou autres questions professionnelles. Le comité doit donc avoir la possibilité, à la demande de la Commission, de donner son appréciation des mesures prises par les organismes de régulation nationaux lorsque celles-ci ont une incidence sur le marché intérieur.

Amendement 77

Article 21, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Évaluation des concentrations sur le marché des médias

1. Les États membres prévoient, dans leur ordre juridique national, des règles de fond et de procédure permettant d’évaluer les concentrations sur le marché des médias susceptibles d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale . Ces règles

Évaluation des concentrations sur le marché des médias

1. Les États membres prévoient, dans leur ordre juridique national, des règles de fond et de procédure qui assurent que les concentrations sur le marché des médias sont évaluées avec pour visée de préserver le pluralisme des médias, et qui comprennent des mesures appropriées pour garantir, maintenir et promouvoir le pluralisme des médias, compte tenu également de l’importance de l’indépendance éditoriale . Ces règles

Exposé des motifs

Pour éviter des limitations au champ d’application des libertés fondamentales, il faut préciser que les États membres peuvent (et doivent) adopter des mesures destinées à préserver le pluralisme des médias dans le cadre de la législation sur la concentration des médias.

Amendement 78

Article 21, paragraphe 1, point (b)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(b)

exigent des parties à une concentration sur le marché des médias susceptible d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale qu’elles notifient cette concentration à l’avance aux autorités ou aux organismes nationaux compétents;

(b)

exigent des parties à une concentration sur le marché des médias susceptible d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias y compris l’indépendance éditoriale qu’elles notifient cette concentration à l’avance aux autorités ou aux organismes nationaux compétents;

Exposé des motifs

La liberté éditoriale peut contribuer à préserver le pluralisme des médias.

Amendement 79

Article 21, paragraphe 1, point (d)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(d)

définissent à l’avance des critères objectifs, non discriminatoires et proportionnés pour la notification des concentrations sur le marché des médias susceptibles d’influer sensiblement sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale et pour l’évaluation des effets des concentrations sur le marché des médias sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale.

(d)

définissent à l’avance des critères pour l’évaluation des effets des concentrations sur le marché des médias sur le pluralisme des médias , notamment sur l’indépendance éditoriale;

Exposé des motifs

La notification des concentrations découle déjà du point b), les exigences en général (critères «objectifs, non discriminatoires et proportionnés» ainsi que leur transparence) sont déjà énoncées au point a). Par ailleurs, la liberté éditoriale n’est pas un critère indépendant, mais un élément possible pour garantir le pluralisme des médias.

Amendement 80

Article 21, paragraphe 1, point (e) (nouveau point)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(e)

établissent, à l’avance et conformément aux principes énoncés à l’article 3, des critères ou des valeurs de référence pour la définition et la fixation, par l’autorité ou l’organisme de régulation national compétent, de critères à l’aune desquels l’admissibilité d’une concentration doit être évaluée. Pour établir si une concentration est admissible, il convient également d’examiner si l’entité acquérante et l’entité acquise resteraient économiquement viables en l’absence de concentration, s’il existe d’autres solutions pour garantir leur viabilité économique, ainsi que la possibilité et l’efficacité des actions prévues au point f);

Exposé des motifs

Les États membres devraient prévoir, à l’avance et conformément aux principes énoncés à l’article 3, des critères ou des valeurs de référence pour que soient définis et fixés, par l’autorité ou l’organisme de régulation national compétent, des critères au regard desquels l’admissibilité d’une concentration doit être évaluée.

Pour décider si une concentration est admissible, il convient également d’examiner si les entités acquérantes et les entités acquises resteraient économiquement viables en l’absence de concentration, s’il existe d’autres solutions pour garantir leur viabilité économique et si les mesures visées au point f) sont réalisables et efficaces.

Amendement 81

Article 21, paragraphe 1, point (f) (nouveau point)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(f)

fixent à l’avance des mesures ou des valeurs de référence permettant de recenser et de définir les mesures qui, conformément à l’article 3, peuvent être imposées à l’entité en question en cas de concentration, et ce dans l’optique de garantir, de maintenir et de promouvoir le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale.

Exposé des motifs

Les États membres devraient également prévoir des mesures ou des critères permettant de définir les mesures qui peuvent être imposées à l’entité concernée en cas de concentration conformément à l’article 3, afin de garantir, de maintenir et de promouvoir le pluralisme et l’indépendance des médias. Pour savoir si une concentration est admissible, il convient également d’examiner si les entités acquérantes et les entités acquises resteraient économiquement viables en l’absence de concentration, s’il existe d’autres solutions pour garantir leur viabilité économique.

Amendement 82

Article 21, paragraphe 1, dernier alinéa

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

L’évaluation visée au présent paragraphe est à distinguer des appréciations relevant du droit de la concurrence, y compris celles qui sont prévues par les règles relatives au contrôle des concentrations. Elle est sans préjudice, le cas échéant, de l’article 21, paragraphe 4, du règlement (CE) no 139/2004.

Les évaluations et mesures visées au présent paragraphe vont au-delà des appréciations relevant du droit de la concurrence, y compris celles qui sont prévues par les règles relatives au contrôle des concentrations. Elles sont sans préjudice, le cas échéant, de l’article 21, paragraphe 4, du règlement (CE) no 139/2004.

Exposé des motifs

À ce stade, la relation entre les évaluations déclarées comme différentes à cet égard demeure floue. La modification indique que l’évaluation au moyen d’éléments garantissant la pluralité prévue ici va au-delà des appréciations relevant du droit de la concurrence, et qu’elle peut prévaloir sur elles, le cas échéant, également sur le plan du résultat.

Amendement 83

Article 21, paragraphe 2, premier alinéa

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. L’évaluation visée au paragraphe 1 tient compte des éléments suivants:

2. L’évaluation visée au paragraphe 1 , en particulier, devrait tenir compte des éléments suivants:

Exposé des motifs

Les critères d’évaluation introduits par l’article 21 devraient cibler les aspects ayant trait à la sauvegarde de la diversité. L’évaluation devrait aussi porter sur l’existence et la nature des options permettant de contrecarrer tout ce qui risque de limiter ou de menacer la pluralité des médias, et qui sont susceptibles de résulter d’une concentration, au moyen de mesures de sauvegarde supplémentaires.

Amendement 84

Article 21, paragraphe 2, point (a)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(a)

les effets de la concentration sur le pluralisme des médias, y compris sur la formation de l’opinion publique et sur la diversité des acteurs médiatiques sur le marché, compte tenu de l’environnement en ligne et des intérêts, liens ou activités des parties dans d’autres secteurs médiatiques ou non médiatiques;

(a)

les effets de la concentration sur le pluralisme des médias , aux niveaux européen, national, régional et local, en particulier sur la libre formation de l’opinion publique, sur la diversité des acteurs et des contenus médiatiques sur le marché, y compris sur l’indépendance économique et éditoriale et la diversité des fournisseurs de services, ou encore sur la disponibilité des services et des contenus, compte tenu de l’environnement en ligne et des intérêts, liens ou activités des parties dans d’autres secteurs médiatiques ou non médiatiques;

Exposé des motifs

Il convient de préciser qu’il y a différents niveaux (en plus du niveau européen) à prendre en considération. La pondération prédéterminée des niveaux n’a pas lieu d’être. La dimension de liberté dans la formation de l’opinion publique doit être mise en relief. Il faudrait aussi ajouter que, au-delà de la diversité des services, la diversité des contenus doit également être préservée, et qu’il s’impose de veiller tout particulièrement à ce que ces contenus soient accessibles et facilement trouvables, s’agissant là d’un défi spécifique pour garantir la diversité, surtout pour ce qui concerne l’environnement en ligne.

Amendement 85

Article 21, paragraphe 2, point (c)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(c)

la question de savoir si, en l’absence de concentration, l’entité acquérante et l’entité acquise resteraient économiquement viables et s’il existe d’autres solutions possibles pour en assurer la viabilité économique.

Exposé des motifs

La question de la viabilité économique ne doit pas passer au premier plan lorsqu’il s’agit d’évaluer une concentration du point de vue de la sauvegarde de la diversité. Dans la poursuite de l’objectif de garantir de façon cohérente la pluralité, la priorité doit être mise sur la concurrence journalistique et sur la question de savoir si, ou comment, celle-ci peut être protégée ou soutenue par des mesures destinées à préserver la diversité des médias. Du point de vue de la pluralité, chaque concentration n’est pas nécessairement justifiée si la viabilité économique de l’entreprise concernée était quoi qu’il en soit perdue sans la concentration, ce qui à cet égard représenterait une absence d’alternative. Elle le serait néanmoins si la pluralité du marché devait (encore davantage) en pâtir.

Amendement 86

Article 21, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. La Commission, assistée par le comité, peut publier des lignes directrices sur les éléments à prendre en compte lors de l’application des critères permettant aux autorités nationales ou aux organismes nationaux de régulation d’évaluer les effets sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale des concentrations sur le marché des médias.

3. Le comité, peut publier des avis sur les éléments éventuellement pertinents lors de l’application des facteurs visés au paragraphe 2 permettant d’évaluer les effets sur le pluralisme des médias des concentrations sur le marché des médias.

Exposé des motifs

La Commission ne devrait pas recourir à des actions concrètes limitant la possibilité pour les États membres de réagir aux besoins nationaux, régionaux ou locaux lors de l’application et de la pondération des facteurs pris en considération.

Les avis du comité pourraient fournir des orientations aux régulateurs nationaux quant à la manière de répondre aux besoins aux niveaux national, régional et local dans le cadre de leurs compétences ou encore sur la conception des mesures nationales. Il convient de préciser que lesdits avis ne font référence qu’aux éléments contenus au paragraphe 2, et ne couvrent pas de manière exhaustive l’évaluation des concentrations dans les médias à cet égard, et ce, pour permettre aux autorités nationales d’évaluer les concentrations dans les médias sur la base des autres critères nécessaires.

Amendement 87

Article 21, paragraphe 4

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. L’autorité nationale ou l’organisme national de régulation consulte au préalable le comité sur tout avis ou toute décision qu’elle (ou il) entend adopter et qui évalue les effets sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale d’une concentration sur le marché des médias soumise à l’obligation de notification, lorsque cette concentration est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur.

4. L’autorité nationale ou l’organisme national de régulation informe au préalable le comité d’une concentration sur le marché des médias soumise à l’obligation de notification, lorsque cette concentration est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur.

L’autorité nationale ou l’organisme national de régulation peut, avant d’adopter une décision ou une mesure, demander au comité un avis concernant une concentration sur le marché des médias soumise à l’obligation de notification et ses effets sur le pluralisme des médias et le fonctionnement du marché intérieur.

Exposé des motifs

En vertu du pouvoir réglementaire, seules les concentrations ou les fusions qui sont pertinentes pour le marché intérieur devraient être exemptées des exigences contraignantes visées à l’article 21. À tous les autres égards, les exigences ne devraient pas aller au-delà de recommandations.

L’autorité nationale ou l’organisme national de régulation ne devraient pas être tenus de consulter le comité — d’une part, pour préserver la compétence de l’autorité nationale et, d’autre part, pour éviter de retarder les procédures au niveau national. Toutefois, l’autorité nationale de régulation compétente devrait informer le comité des cas pertinents. Celui-ci devrait aussi avoir le droit de prendre position dans tous les cas où il juge qu’un intérêt pour le marché intérieur est en jeu.

Amendement 88

Article 21, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. Dans un délai de 14 jours civils à compter de la consultation visée au paragraphe 4, le comité émet un avis sur le projet d’avis ou de décision national qui lui est soumis, en tenant compte des éléments visés au paragraphe 2, et transmet cet avis à l’autorité qui le consulte et à la Commission.

5. Lorsque le comité est invité à s’exprimer, il émet un avis dans les plus brefs délais, en tenant compte des éléments visés au paragraphe 2, et transmet cet avis à l’autorité qui le consulte et à la Commission.

Exposé des motifs

Le délai fixé semble rigide et peut se révéler trop court pour des cas complexes.

Amendement 89

Article 21, paragraphe 6

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

6. L’autorité nationale ou l’organisme national de régulation visé(e) au paragraphe 4 tient le plus grand compte de l’avis décrit au paragraphe 5. Lorsque cette autorité ne suit pas l’avis, en tout ou en partie, elle fournit au comité et à la Commission une justification motivée expliquant sa position, dans un délai de 30 jours civils à compter de la réception de cet avis. Sans préjudice des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités, la Commission peut émettre son propre avis sur la question.

6. Sans préjudice des pouvoirs qui lui sont conférés par les traités, la Commission peut émettre son propre avis sur la question.

Exposé des motifs

La Commission devrait avoir la possibilité de réagir à l’avis. Un effet contraignant pour l’autorité nationale compétente ne semble pas approprié dans ce contexte, sachant que la concentration doit être finalement évaluée dans le cadre du droit national. Dans son rôle de «gardienne des traités», la Commission est libre de vérifier l’existence de règlements appropriés et de veiller à leur application à la lumière du droit de l’Union.

Amendement 90

Article 21, paragraphe 7 (nouveau paragraphe)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

7. L’avis du comité et, le cas échéant, celui de la Commission sont rendus publics.

Exposé des motifs

Il s’agit d’une reprise du paragraphe 3 de l’article 22 en raison des modifications proposées à ce même article.

Amendement 91

Article 22, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Avis relatifs aux concentrations sur le marché des médias

1. En l’absence d’une évaluation ou d’une consultation conformément à l’article 21, le comité élabore , à la demande de la Commission, un avis sur les effets sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale d’une concentration sur le marché des médias, lorsque cette concentration est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Le comité fonde son avis sur les éléments énoncés à l’article 21, paragraphe 2. Le comité peut porter à l’attention de la Commission les concentrations sur le marché des médias susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias.

Avis relatifs aux concentrations sur le marché des médias

1. En l’absence d’une évaluation ou d’une consultation conformément à l’article 21, le comité élabore un avis sur les effets sur le pluralisme des médias et l’indépendance éditoriale d’une concentration sur le marché des médias, lorsque cette concentration est susceptible d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias. Le comité fonde son avis sur les éléments énoncés à l’article 21, paragraphe 2. Le comité peut porter à l’attention de la Commission les concentrations sur le marché des médias susceptibles d’avoir une incidence sur le fonctionnement du marché intérieur des services de médias.

Exposé des motifs

Le comité devrait avoir la capacité d’élaborer un avis en toute indépendance, sans devoir y être invité par la Commission.

Amendement 92

Article 24, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Les autorités publiques, y compris les pouvoirs nationaux, fédéraux ou régionaux, les autorités ou organismes de régulation, ainsi que les entreprises publiques ou autres entités contrôlées par l’État au niveau national ou régional, ou les pouvoirs locaux d’entités territoriales de plus d’un million d’ habitants, mettent à la disposition du public des informations précises, complètes, intelligibles, détaillées et annuelles sur les dépenses publicitaires qu’ils ont allouées à des fournisseurs de services de médias, ce qui comprend au moins les renseignements suivants:

2. Les autorités publiques, y compris les pouvoirs européens , nationaux, fédéraux ou régionaux, les autorités ou organismes de régulation, ainsi que les entreprises publiques ou autres entités contrôlées par l’État au niveau national ou régional, ou les pouvoirs locaux d’entités territoriales de plus de 100 000 habitants, le critère de population devant être examiné conjointement avec la définition d’un seuil minimal de dépenses annuelles, mettent à la disposition du public des informations précises, complètes, intelligibles, détaillées et annuelles sur les dépenses publicitaires qu’ils ont allouées à des fournisseurs de services de médias, ce qui comprend au moins les renseignements suivants:

Exposé des motifs

La modification proposée correspond à celle de la définition de la «publicité d’État» visée à l’article 2.

Amendement 93

Article 25

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. La Commission exerce une surveillance indépendante du marché intérieur des services de médias, y compris des risques qui pèsent sur lui et des progrès réalisés dans son fonctionnement et sa résilience. Les conclusions de l’exercice de surveillance font l’objet d’une consultation avec le comité.

1. La Commission exerce une surveillance indépendante du marché intérieur en matière de services de médias, pour ce qui concerne les risques qui pèsent sur lui et des progrès réalisés dans son fonctionnement et sa résilience. Les conclusions de l’exercice de surveillance font l’objet d’une consultation avec le comité.

2. La Commission définit les indicateurs de performance clés à utiliser pour la surveillance décrite au paragraphe 1, en consultation avec le comité.

2. La Commission définit les indicateurs de performance clés à utiliser pour la surveillance décrite au paragraphe 1, en consultation avec le comité.

3. L’exercice de surveillance comprend les éléments suivants:

3. L’exercice de surveillance comprend les éléments suivants:

a)

une analyse détaillée de la résilience des marchés des médias de tous les États membres, y compris en ce qui concerne le niveau de concentration des médias et les risques de manipulation de l’information et d’ingérence étrangères ;

(a)

une analyse détaillée de la résilience des marchés des médias de tous les États membres, y compris en ce qui concerne le niveau de concentration des médias;

b)

une vue générale et une évaluation prospective de la résilience du marché intérieur des services de médias dans son ensemble;

(b)

une vue générale et une évaluation prospective de la résilience du marché intérieur des services de médias dans son ensemble;

c)

une synthèse des mesures prises par les fournisseurs de services de médias en vue de garantir l’indépendance des décisions éditoriales individuelles .

4. L’exercice de surveillance est réalisé chaque année et ses résultats sont rendus publics.

4. L’exercice de surveillance est réalisé chaque année et ses résultats sont rendus publics.

Exposé des motifs

Les tâches de la Commission devraient être orientées, conformément à ses compétences, sur des aspects du marché intérieur dans sa globalité. Dans ce contexte, la prise en compte des marchés nationaux peut également constituer un élément important pour une évaluation.

Amendement 94

Article 28, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Le présent règlement s’applique à partir du [ 6 mois après l’entrée en vigueur].

2. Le présent règlement s’applique à partir du [ 20 mois après l’entrée en vigueur].

Toutefois, les articles 7 à 12 et l’article 27 s’appliquent à partir du [3 mois après l’entrée en vigueur] et l’article 19, paragraphe 2, s’applique à partir du [48 mois après l’entrée en vigueur].

Néanmoins, l’article 19, paragraphe 2, est applicable dans un délai de [48 mois après l’entrée en vigueur].

Exposé des motifs

Une transposition par les États membres étant nécessaire, il faut prévoir une entrée en vigueur prolongée.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

soutient fermement les actions visant à préserver la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias, ainsi que la sécurité des journalistes, qui sont essentiels pour garantir l’intégrité de l’espace européen de l’information et assurer le fonctionnement de la démocratie européenne à tous les niveaux — régional, local, national et européen; prend acte, à cet égard, des objectifs déclarés de l’initiative de la Commission relative à une proposition de règlement établissant un cadre commun pour les services de médias dans le marché intérieur, ainsi que de la recommandation qui l’accompagne relative aux garanties internes pour l’indépendance éditoriale et la transparence de la propriété dans le secteur des médias;

2.

juge crucial de garantir la solidité, le pluralisme, la rentabilité, l’innovation, l’indépendance et la fiabilité du paysage médiatique européen, ainsi que sa capacité à avoir une portée élargie à tous les groupes de la société, comme autant d’éléments de première importance pour l’Union européenne et ses démocraties, comme pour ses citoyens, ses consommateurs et ses entreprises;

3.

souligne la nécessité de prévoir des dispositions puissamment contraignantes relatives à la transparence en matière d’allocation des dépenses pour la publicité d’État; estime toutefois que l’exemption des exigences pour les entités territoriales de plus de 1 million d’habitants n’est pas applicable à un certain nombre de petits États membres, ce qui crée de facto une faille dans la législation qui permet d’échapper à la transparence; demande dès lors que ce seuil soit considérablement abaissé jusqu’à 100 000 habitants; invite en outre la Commission à examiner le critère de population en liaison avec la définition d’un seuil minimal de dépenses annuelles;

4.

réaffirme avec force que la subsidiarité, la proportionnalité et la gouvernance à multiniveaux sont des principes essentiels et des composantes fondamentales du fonctionnement de l’Union et de sa responsabilité démocratique; souligne qu’une directive serait un acte juridique plus à même de servir efficacement ces principes, tout en poursuivant les objectifs de l’initiative;

5.

souligne que, dans de nombreux États membres, les régions jouent un rôle dans la réglementation et dans le soutien aux secteurs des médias et de la culture, et déplore que la proposition de règlement ne prenne pas explicitement la mesure de cette compétence;

6.

met en garde contre les effets négatifs potentiels d’une réglementation excessive sur les systèmes médiatiques bien établis des États membres où la liberté et le pluralisme des médias sont garantis; juge que, dans ses efforts visant à améliorer la diversité et l’indépendance des médias, l’initiative ne devrait pas porter préjudice au bon fonctionnement des systèmes médiatiques tels qu’ils existent dans la majorité des États membres;

7.

plaide à cet égard pour la prudence vis-à-vis des initiatives visant à harmoniser et à centraliser la réglementation des médias au niveau européen. Cette remarque concerne à la fois la répartition des compétences entre les différents niveaux de pouvoirs européens et la préservation de la diversité culturelle dans l’Union européenne, ainsi que les effets potentiels sur le pluralisme des médias, en particulier aux niveaux régional et local, qui pourraient se produire si l’on appliquait une perspective purement commerciale;

8.

s’interroge en outre sur l’opportunité de réglementer les systèmes de médias sur la seule base juridique de la compétence du marché intérieur au titre de l’article 114 du TFUE, compte tenu du fait que, au-delà de la dimension économique, les services de médias ont une fonction importante dans les secteurs de la culture, de l’éducation, de l’inclusion sociale ou encore de la protection de la liberté d’expression;

9.

préconise, à cette fin, qu’il soit clairement affirmé que la protection de la liberté et du pluralisme des médias relève de la responsabilité des États membres, et qu’il convient de reconnaître que ces objectifs vont au-delà de la simple promotion du marché intérieur;

10.

met en garde contre l’introduction de restrictions à la capacité des États membres à appliquer de nouvelles règles, ou des règles plus strictes, dans les domaines couverts par le règlement. Il doit rester possible d’introduire des dispositions plus ambitieuses ou plus détaillées pour préserver la diversité des médias dans les traditions constitutionnelles respectives des États membres, lesquelles, en cas de doute, devraient prévaloir sur les considérations liées à l’économie de marché;

11.

souligne que le contrôle dans le domaine de la sauvegarde du pluralisme des médias doit suivre la structure des compétences; dans la mesure où ce contrôle intervient dans des domaines qui ne concernent pas uniquement le marché intérieur, il doit tenir suffisamment compte de la souveraineté culturelle des États membres;

12.

souligne en outre qu’il ne doit en aucune façon y avoir de chevauchement en matière de contrôle des médias au niveau européen pour ce qui concerne la sauvegarde du pluralisme des médias, y compris l’indépendance éditoriale qui, indépendamment du devoir et de la responsabilité des États membres de garantir le pluralisme des médias, doit être mis en œuvre de manière efficace et que le respect des principes d’un contrôle indépendant des médias à l’abri de toute influence politique doit être garanti;

13.

tout en reconnaissant la nécessité d’une coopération plus étroite entre les autorités de régulation des médias, demande qu’une attention particulière soit accordée à l’indépendance du «comité européen pour les services de médias» proposé à l’égard de toute influence politique et commerciale; demande en outre que la composition dudit comité reflète la structure réglementaire et les traditions existant dans les différents États membres;

14.

demande l’introduction d’obligations concrètes pour les très grandes plateformes en ligne allant au-delà de la présentation d’un exposé des motifs avant l’imposition d’une restriction, pour protéger le contenu journalistique et éditorial dans le secteur des médias en ligne;

15.

réaffirme son engagement à poursuivre les efforts visant à préserver la résilience démocratique, l’état de droit et les droits fondamentaux, compte tenu notamment des menaces croissantes d’ingérence dans l’ordre démocratique européen; et soutient fermement toutes les actions visant à garantir un débat politique ouvert, équitable et pluraliste.

Bruxelles, le 16 mars 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(50) Directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d’entreprises, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil (JO L 182 du 29.6.2013, p. 19).

(50) Directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative aux états financiers annuels, aux états financiers consolidés et aux rapports y afférents de certaines formes d’entreprises, modifiant la directive 2006/43/CE du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 78/660/CEE et 83/349/CEE du Conseil (JO L 182 du 29.6.2013, p. 19).

(55) Règlement (CE) no 139/2004 du Conseil du 20 janvier 2004 relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (le «règlement CE sur les concentrations») (JO L 24 du 29.1.2004, p. 1).

(55) Règlement (CE) no 139/2004 du Conseil du 20 janvier 2004 relatif au contrôle des concentrations entre entreprises (le «règlement CE sur les concentrations») (JO L 24 du 29.1.2004, p. 1).

(1) Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques et modifiant la directive 2000/31/CE (règlement sur les services numériques) (JO L 277 du 27.10.2022, p. 1).

(2) Directive 2010/13/UE du Parlement européen et du Conseil du 10 mars 2010 visant à la coordination de certaines dispositions législatives, réglementaires et administratives des États membres relatives à la fourniture de services de médias audiovisuels (directive Services de médias audiovisuels) (JO L 95 du 15.4.2010, p. 1).


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