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Initiative législative — 52022IR5495

CELEX52022IR5495
TypeInitiative législative
Datejeudi 9 février 2023

Texte intégral

3.5.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 157/33


Avis du Comité européen des régions sur le thème «Revenu minimum adéquat pour garantir une inclusion sociale: la perspective locale et régionale»

(2023/C 157/07)

Rapporteure:

Anne KARJALAINEN (FI, PSE), conseillère municipale de Kerava

Texte de référence:

Proposition de recommandation du Conseil relative à un revenu minimum adéquat pour garantir une inclusion active

COM(2022) 490 final

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Point 5)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Tout en maintenant les incitations à la (ré)intégration sur le marché du travail des personnes en mesure de travailler, l’aide au revenu devrait accroître progressivement le revenu des personnes ne disposant pas de ressources suffisantes, jusqu’à atteindre au moins l’un des niveaux suivants:

Tout en maintenant les incitations à la (ré)intégration sur le marché du travail des personnes en mesure de travailler, l’aide au revenu devrait , afin que les intéressés soient nettement soustraits à la pauvreté ou au risque d’y être exposés, accroître progressivement le revenu des personnes ne disposant pas de ressources suffisantes, jusqu’à ce qu’il excède l’un des niveaux suivants:

a)

le seuil national du risque de pauvreté;

b)

la valeur monétaire des biens et services nécessaires , y compris une alimentation, un logement, des soins de santé et des services essentiels adéquats, conformément aux définitions nationales ; ou

c)

d’autres niveaux comparables à ceux qui sont visés au point a) ou b), établis par la législation ou la pratique nationale.

a)

le seuil national du risque de pauvreté;

b)

la valeur monétaire des biens nécessaires et des services de soutien et d’ordre essentiel , y compris une alimentation adéquate , conformément aux définitions visées au point 2) et telles que complétées par celles fixées au niveau national ; ou

c)

d’autres niveaux comparables à ceux qui sont visés au point a) ou b), établis par la législation ou la pratique nationale.

Exposé des motifs

Pour parvenir à l’objectif général visé, il convient que grâce à l’aide au revenu, les rentrées des personnes qui ne disposent pas de ressources suffisantes soient amenées à un niveau supérieur au seuil de pauvreté: à défaut, le but poursuivi ne serait pas atteint.

En outre, les acceptions nationales des services «de soutien» et «essentiels» ne devraient être applicables que lorsqu’elles couvrent des prestations plus étendues que celles visées dans les définitions proposées par la recommandation à l’examen.

Amendement 2

Point 6)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Il est recommandé aux États membres d’atteindre le niveau adéquat d’aide au revenu prévu au point 5) au plus tard le 31 décembre 2030 , tout en préservant la viabilité des finances publiques.

Il est recommandé aux États membres d’atteindre le niveau adéquat d’aide au revenu prévu au point 5) au plus tard le 31 décembre 2027 , tout en préservant la viabilité des finances publiques.

Exposé des motifs

Il conviendrait d’avancer l’échéance à laquelle l’aide au revenu devra atteindre un niveau approprié dans les États membres, de manière à ce qu’un délai suffisant soit ménagé pour évaluer l’impact que la politique en la matière produit sur la réduction de la pauvreté et, s’il y a lieu, remanier la proposition à l’examen afin de lui conférer plus d’efficacité.

Amendement 3

Point 9) a)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

des critères d’éligibilité transparents et non discriminatoires, garantissant aux jeunes adultes un accès effectif au revenu minimum, qu’ils aient ou non une adresse permanente, tout en veillant à ce que la durée du séjour légal soit proportionnée ;

des critères d’éligibilité transparents et non discriminatoires, garantissant aux jeunes adultes un accès effectif au revenu minimum, qu’ils aient ou non une adresse permanente, tout en veillant à ce que la durée du séjour légal n’excède pas les cinq années de séjour légal ininterrompu qui sont requises pour obtenir le statut de résident de longue durée ;

Exposé des motifs

Il est reconnu que les exigences en matière de durée minimale de séjour légal présentent de fortes disparités, qui constituent un obstacle de taille pour l’accès des non-ressortissants au revenu minimum. En conséquence, l’harmonisation de ces conditions constitue un enjeu d’une importance capitale.

Amendement 4

Point 10) d)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

prendre des mesures pour lutter contre la stigmatisation et les préjugés inconscients liés à la pauvreté et à l’exclusion sociale;

prendre des mesures pour lutter contre la stigmatisation et les préjugés liés à la pauvreté et à l’exclusion sociale;

Exposé des motifs

Tous les préjugés liés à la pauvreté et l’exclusion sociale doivent être combattus, qu’ils soient conscients ou non.

Amendement 5

Point 16) e)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

faire le point sur les mesures prises en réponse à la présente recommandation, notamment en ce qui concerne l’incidence de celle-ci sur la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, l’augmentation des niveaux d’emploi et l’amélioration de la participation à la formation, et faire rapport au Conseil d’ici à 2032 .

faire le point sur les mesures prises en réponse à la présente recommandation, notamment en ce qui concerne l’incidence de celle-ci sur la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, l’augmentation des niveaux d’emploi et l’amélioration de la participation à la formation, et faire rapport au Conseil tous les quatre ans, avec un rapport final pour 2030 .

Exposé des motifs

La date à laquelle la Commission doit faire rapport au Conseil doit être adaptée en fonction de l’échéance à respecter pour atteindre les grands objectifs fixés lors du sommet social de Porto.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR)

1.

se félicite que la Commission européenne reconnaisse la nécessité de lancer des actions supplémentaires afin de mener, dans toute l’Union européenne, la lutte contre la pauvreté, laquelle nécessite de se concentrer sur ses causes les plus profondes et de s’attacher à prendre des mesures efficaces afin de la combattre et de la prévenir. À cet égard, les régimes nationaux de revenu et les services d’assistance qui leur sont liés constituent le moyen à utiliser en dernier recours pour pouvoir assurer une existence décente;

2.

affirme avec fermeté que les États membres doivent engager toutes leurs forces dans la mise en œuvre de la recommandation du Conseil, afin d’atteindre l’objectif, fixé pour 2030, de réduire le nombre de personnes menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale. Par le passé déjà (1), le Comité a insisté sur la nécessité de disposer d’une législation appropriée assurant un revenu minimum qui excède au moins le seuil de pauvreté.

3.

souligne que la recommandation du Conseil devrait être assortie de la mise en œuvre rapide et complète de la directive relative à des salaires minimaux adéquats. Le Comité fait en outre observer que cette recommandation représente certes un premier pas dans la bonne direction, mais que la reconnaissance de l’urgence que revêtent les mesures visant à garantir un revenu minimum dans l’ensemble de l’Union appelle une réflexion plus poussée sur le cadre réglementaire le plus efficace pour appliquer ces mesures à l’échelon européen;

4.

réitère que les citoyens sont eux aussi résolument favorables à une Europe sociale (2) et à un cadre commun en matière de revenu minimum, comme ils l’ont exprimé lors de la conférence sur l’avenir de l’Europe (3);

5.

fait le constat qu’en dépit des efforts déployés, la pauvreté et l’exclusion sociale se sont encore aggravées et qu’en 2021, plus de 90 millions d’européens étaient exposés au risque de pauvreté et d’exclusion sociale. Vu son caractère urgent, la situation exige de resserrer le calendrier de mise en œuvre de la recommandation, et le Comité préconise d’en avancer la date-butoir à 2027. Il appelle la Commission à effectuer à l’échéance de 2027 un suivi plus minutieux des progrès réalisés, sur lesquels les États membres feront rapport au Conseil tous les quatre ans et rédigeront un rapport final en 2030;

6.

constate avec inquiétude que la recommandation ne présente pas d’approche fondée sur les droits. Grâce à des régimes modernes de revenu minimum, il serait possible d’assurer aux personnes concernées une existence décente, de favoriser leur intégration et leur participation à la société et de les encourager à s’insérer dans la vie active;

7.

relève que la pauvreté constitue une violation des droits de l’homme et que des dispositifs de revenu minimum et des services qui se caractérisent par leur efficacité produisent un effet stabilisateur pour l’ensemble de l’économie, étant donné que l’élimination de la pauvreté et la réduction des inégalités de revenus jouent un rôle important non seulement pour promouvoir la justice sociale mais aussi pour stimuler la croissance économique. Pour réduire ces disparités de revenus, il est nécessaire que les États membres lancent des actions bien calibrées dans différents domaines d’intervention;

8.

fait observer que les femmes jouent un rôle de poids, s’agissant de briser la chaîne de la transmission intergénérationnelle de la pauvreté dans les familles. L’augmentation de leur taux d’emploi et la résorption de l’écart de rémunérations dont elles souffrent auront également pour effet de revaloriser leurs pensions et de réduire ainsi le risque qu’elles tombent dans la pauvreté une fois qu’elles sont à la retraite. Si l’on veut combattre la pauvreté touchant les enfants, il est important qu’ils aient accès à une gamme complète de services, dans des domaines tels que l’éducation et l’accueil de la petite enfance, l’enseignement primaire ou les repas scolaires, et qu’ils disposent de possibilités de pratiquer des activités de loisirs;

9.

avance que les plans d’actions nationaux de lutte contre la pauvreté devraient être axés sur le développement de régimes de revenu minimum, prévoyant notamment des mesures pour parvenir à ce que les rémunérations soient équitables et le travail décent, pour garantir des services de base de haute qualité et pour fournir des aides au revenu et des services sociaux individualisés qui soient adéquats. À cet égard, il importe, lors de l’élaboration de tels régimes de services sociaux, de veiller à ce qu’ils touchent un maximum de personnes, encouragent celles qui sont en mesure de travailler à intégrer ou réintégrer le marché du travail et leur donne les moyens de le faire;

10.

note que si l’objectif concernant la réduction du nombre de personnes menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale court jusqu’en 2030, la pandémie de COVID-19, la guerre qui se déroule en Ukraine, la forte augmentation des prix de l’énergie et la recrudescence de l’inflation ont frappé plus durement les ménages à faibles revenus que les autres et, de ce fait, aggravé la pauvreté et les inégalités. Cette situation est par ailleurs particulièrement préoccupante pour les groupes vulnérables, en particulier les personnes handicapées. Il convient par conséquent d’actualiser la réflexion et d’accélérer les actions, en mettant à profit l’expérience tirée des crises passées et en revoyant l’allocation des ressources financières et humaines requises pour atteindre cet objectif majeur, sur la base de réexamens réguliers du nombre de personnes exposées au risque de pauvreté;

11.

observe que dans le cadre de la transition écologique et de l’économie neutre en carbone, il y a lieu de prendre en compte une dimension sociale et de soutenir le renforcement des compétences des personnes qui sont menacées ou touchées par le chômage ou qui se trouvent exclues des marchés du travail. Les régimes de revenu minimum devraient jouer un rôle essentiel pour les aider et les encourager à réintégrer le marché de l’emploi. En outre, le Comité prend acte avec intérêt des progrès accomplis en ce qui concerne les salaires minimaux, reconnaissant «le changement de paradigme apporté par la Commission […], qui fait des salaires minimaux adéquats un droit fondamental et un préalable essentiel pour une économie de marché sociale, équitable et durable, sur laquelle repose le marché unique européen» (4);

12.

rappelle que le changement climatique va encore augmenter le nombre de personnes qui sont exposées à un risque de pauvreté et d’exclusion sociale, et ce, tout particulièrement dans le cas de celles qui vivent dans des régions dont la structure économique est déséquilibrée et vulnérable face aux mutations du climat. Les systèmes de sécurité sociale sont confrontés à la nécessité urgente de s’adapter à cette évolution climatologique, dès lors que les besoins en matière d’aide se multiplient et qu’apparaissent de nouvelles catégories de personnes requérant une assistance;

13.

invite l’Union européenne et les États membres, agissant de concert avec les collectivités locales et régionales, à explorer des pistes concrètes pour réduire et éliminer le sans-abrisme et la précarité énergétique. Du fait de la hausse des prix de l’énergie, les ménages en situation de vulnérabilité éprouvent des difficultés à supporter les coûts en la matière;

14.

dit apprécier que la Commission européenne reconnaisse que tous les niveaux de gouvernance doivent être associés à la lutte contre la pauvreté. Pour que la recommandation à l’examen soit couronnée de succès, les collectivités locales et régionales ont un rôle déterminant à jouer, s’agissant en particulier de dispenser des services sociaux de bonne qualité. Ce sont elles qui sont les mieux placées pour entrer de manière volontariste en contact avec les personnes qui ont besoin d’une aide et cerner les besoins spécifiques de chacune d’entre elles, afin de construire à leur intention des parcours individualisés, visant à ce qu’elles s’intègrent activement dans la société;

15.

tient à faire observer qu’il est nécessaire de disposer d’un cadre européen complet et mis à jour d’évaluation comparative pour les systèmes de revenu minimum qui, assis sur des bases transparentes et des données comparables, faciliterait une compréhension commune de ce concept au niveau européen et d’un État membre à l’autre, tiendrait mieux compte de la diversité des rentrées et des disparités qui existent dans les situations spécifiques des ménages et aiderait le citoyen à rester au-dessus du seuil de pauvreté de son État membre, notamment en offrant aux personnes qui sont en mesure de travailler des possibilités de trouver un emploi rémunéré et non précaire;

16.

fait valoir que pour atteindre son objectif de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le revenu minimum doit prendre l’inflation en compte, en particulier pour ce qui est de l’augmentation du coût de la vie dans le domaine de l’alimentation et de l’énergie. En conséquence, le Comité adhère totalement à la recommandation de réexamen annuel au niveau des États membres qui est proposée, étant donné qu’il s’agit d’un préalable essentiel à une mise en œuvre efficace et effective de l’intervention visée;

17.

a pour avis qu’il importe que le revenu minimum puisse également être versé à un seul membre dans un ménage, car une telle possibilité favorise l’égalité entre les sexes, encourage les jeunes adultes et les personnes handicapées à prendre part à la vie de la société et à s’y insérer et constitue une incitation à s’intégrer dans le marché du travail;

18.

pose que les États membres doivent mettre en œuvre des critères d’éligibilité transparents et non discriminatoires. Le Comité fait part de son inquiétude de constater que le texte de la recommandation reste dans le flou quant au sens à donner à la notion d’action «proportionnée» ou «progressive», et il prône par ailleurs la création d’un cadre général concernant les exigences de séjour légal;

19.

réclame que les définitions des services de soutien et services essentiels qui figurent dans la recommandation soient complétées, et non remplacées, par celles données au niveau national, de manière que cette liste indicative de services puisse être reprise dans l’ensemble de l’Union européenne. Cette observation s’applique en particulier aux communications numériques, auxquelles un tel statut de service essentiel n’est pas accordé sur la totalité de son territoire;

20.

recommande que la condition de revenus prévoie des valeurs seuils qui n’aient pas pour effet de limiter l’accès au revenu minimum, dès lors qu’un poids disproportionné serait accordé à des éléments comme de menues possessions, un logement occupé en propre, un moyen de déplacement indispensable ou des biens meubles, cette recommandation s’appliquant tout particulièrement lorsque le demandeur d’aide est en situation de crise aiguë ou dans le cas d’une personne âgée;

21.

indique à nouveau que pour pouvoir effectuer un suivi concernant la couverture des régimes de revenu minimum, il est nécessaire de disposer, au niveau local et régional et à celui de l’Union européenne, d’indicateurs de nature quantitative et qualitative, en prêtant attention à la connectivité numérique, à l’accessibilité des technologies de l’information et à la maîtrise des compétences dans le domaine du numérique;

22.

fait remarquer que les mécanismes des régimes de revenu minimum devront se composer de rouages d’activation qui, étant efficaces, équitables et bien diversifiés afin d’atteindre les différents groupes cibles, suppriment les entraves empêchant le retour et le maintien des intéressés sur le marché du travail et qui garantissent que le travail soit payant, renforçant ainsi l’inclusion sociale. À cet égard, il convient d’accorder une attention particulière à l’intégration sur le marché du travail des jeunes, en particulier de ceux qui ont quitté le système de protection de l’enfance. En outre, le Comité met en avant qu’il importe de soutenir les mesures qui encouragent les groupes bénéficiaires à intégrer ou réintégrer le marché du travail à l’échelon local, chaque fois que possible, afin de réduire au minimum les difficultés que pose un changement de lieu de résidence. Les États membres devraient collecter des données concernant les entraves à l’embauche de personnes émargeant au revenu minimum, comme un faible niveau d’éducation, et trouver les moyens de les démanteler, qui pourront prendre la forme, par exemple, de la création de marchés de l’emploi intermédiaires, de subventions salariales ou d’actions de perfectionnement des compétences, de reconversion professionnelle ou d’apprentissage tout au long de la vie;

23.

remarque qu’il importe de répartir les ressources d’une manière équitable, légitime et efficace. Le Comité partage dès lors pleinement l’avis de la Commission européenne quant à la nécessité de réexaminer régulièrement les incitations et les mesures dissuasives qui découlent des régimes d’imposition et de prestations sociales;

24.

considère que par un recours judicieux aux marchés publics, il est possible d’encourager les chômeurs de longue durée et les personnes exposées à un risque d’exclusion sociale et de pauvreté à intégrer le marché de l’emploi;

25.

demande de clarifier quels sont les pouvoirs publics qui sont chargés de mettre en œuvre les plans individuels en la matière, de manière à éviter toute redondance dans les interventions. De même, il convient de veiller tout particulièrement, lors des échanges de données, à ce que les informations concernées soient dûment protégées.

Bruxelles, le 9 février 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Avis du Comité des régions sur «La plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale» (JO C 166 du 7.6.2011, p. 18).

(2) Eurobaromètre sur les questions sociales, mars 2021.

(3) Rapport final, 2022.

(4) Avis du Comité européen des régions — Des salaires minimaux adéquats dans l’Union européenne (COR-2020-05859) (JO C 175 du 7.5.2021, p. 89).


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