LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52022IR6083
Initiative législative52022IR6083

Initiative législative — 52022IR6083

CELEX52022IR6083
TypeInitiative législative
Datemardi 10 octobre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2023/1326

22.12.2023

Avis du Comité européen des régions sur le thème «Mécanisme transfrontalier européen 2.0»

(C/2023/1326)

Rapporteure:

Magali ALTOUNIAN (FR/RE)

Conseillère régionale de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur

RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

Les obstacles aux frontières limitent le développement des régions frontalières et le bien-être de leurs habitants

1.

rappelle que des études antérieures menées par la Commission européenne montrent la perte considérable de croissance potentielle dans les régions frontalières de l’Union, laquelle résulte directement d’obstacles juridiques et administratifs. Ils engendrent des charges administratives considérables, qui entravent les activités transfrontalières des citoyens, des collectivités et des entreprises. Ce point est d’autant plus important qu’une proportion non négligeable de la population de l’Union vit dans des régions frontalières — 30 % de la population de l’Union, selon certaines estimations (1);

2.

souligne que ces mêmes obstacles empêchent les collectivités locales et régionales ainsi que les entités transfrontalières de collaborer sur des projets communs, comme les services publics transfrontaliers (2). Il ressort de l’expérience que les projets transfrontaliers plus complexes, en particulier ceux portant sur les infrastructures, nécessitent beaucoup plus de fonds et prennent largement plus de temps que des projets similaires menés sur le territoire d’un seul État membre;

3.

souligne que ces obstacles aux frontières sont contraires à l’idée d’unité européenne. Après 70 ans d’intégration, de tels obstacles ne devraient pas exister et, en tout état de cause, de nouveaux obstacles ne devraient pas être créés, ce qui est malheureusement encore le cas. L’article 174 du TFUE relatif à la cohésion économique, sociale et territoriale dispose qu’une attention particulière doit être accordée aux régions transfrontalières. L’Union européenne et ses États membres doivent prendre des mesures pour supprimer ces obstacles ou, à tout le moins, les réduire, afin d’y réaliser le marché unique européen, d’y libérer des emplois et de la croissance, et d’y améliorer la qualité de vie des citoyens. Les régions transfrontalières sont au cœur des priorités européennes en matière d’intégration et de cohésion territoriale;

4.

relève que de nombreux problèmes rencontrés quotidiennement par les citoyens et les entreprises dans les régions frontalières, inimaginables dans d’autres parties de l’Europe et souvent mal compris par les capitales des États membres, les placent dans une position discriminatoire par rapport aux autres citoyens de l’Union. Les habitants des régions frontalières doivent pouvoir accéder sur un pied d’égalité à des emplois, des biens, des services, des relations, de l’autre côté de la frontière, et ainsi vivre «à 360o», comme ceux des autres régions;

5.

rappelle que la pandémie de COVID-19 a mis encore plus ce problème en relief. Dans les régions transfrontalières, où les frontières sont traversées quotidiennement par les habitants pour leur travail, leurs achats, leur accès aux services ou à leurs proches, la fermeture brutale a été particulièrement pesante et problématique. Certaines régions frontalières ont dû faire face à un effondrement presque total de leurs systèmes de santé, mais elles ne pouvaient pas bénéficier d’aide transfrontalière étant donné qu’en l’absence de coordination transfrontalière ou européenne, la législation nationale ne permettait pas aux malades, au personnel médical ni aux services d’urgence de traverser les frontières;

6.

signale les nombreux exemples d’analyses d’obstacles aux frontières réalisées depuis la revue transfrontalière de 2015 par la Commission européenne et par l’Association des régions frontalières européennes dans le cadre du programme «B solutions». Elles ont mis en évidence à maintes reprises les obstacles aux frontières et l’existence de solutions passant selon les cas par des dispositions ad hoc, par des modifications réglementaires ou législatives. Elles ont montré la nécessité de forums permettant aux collectivités locales et régionales de résoudre les obstacles transfrontaliers avec l’appui des États. De tels outils de gouvernance transfrontalière existent ou doivent être mis en place de manière opérationnelle [Conseil nordique; Comités de coopération transfrontalière aux frontières FR/DE (traité d’Aix-la-Chapelle), FR/IT (traité du Quirinal), FR/ES (traité de Barcelone)];

7.

souligne qu’il est inacceptable que, dans l’Union européenne d’aujourd’hui, toutes les régions frontalières ne disposent pas d’outils de gouvernance transfrontalière pour signaler de manière efficace les obstacles juridiques et administratifs aux gouvernements de leurs États membres ou aux institutions de l’Union, en conséquence de quoi elles se trouvent dans une impasse qui limite leur développement économique, social et territorial durable, lequel est source de prospérité et de bien-être pour la population. Chaque frontière devrait disposer de tels outils de gouvernance transfrontalière;

8.

souligne que la mise en place d’un outil législatif au niveau de l’Union pour lever les obstacles transfrontaliers, en combinaison avec les instruments existants, contribuerait à l’achèvement du marché unique et apporterait des avantages économiques considérables. Il en résulterait une incidence positive sur les droits sociaux, l’égalité des chances et la protection de l’environnement, et les citoyens vivant dans les régions frontalières bénéficieraient ainsi d’un accès amélioré à des services publics de qualité;

9.

affirme que la Commission européenne doit coordonner ces outils de gouvernance transfrontalière afin de mutualiser les bonnes pratiques et d’identifier, le cas échéant, l’opportunité de légiférer au niveau européen. En tant que citoyens européens, les habitants des régions frontalières attendent de l’Union qu’elle aide à résoudre des problèmes que l’échelon régional ne saurait traiter à lui seul. Le manque de soutien et la négligence attisent les sentiments négatifs à l’égard de l’Union européenne. Un outil législatif européen est donc nécessaire et contribuerait à donner une image positive de l’Union;

10.

estime que, dans l’optique de relever les divers défis sociaux, démographiques, économiques, environnementaux et climatiques, l’Union doit redoubler d’efforts pour faciliter une coopération plus efficace entre les autorités des régions frontalières et lever ainsi les obstacles transfrontaliers qui subsistent sur le plan juridique et administratif;

Une révision du projet de règlement ECBM permettrait de lever les obstacles aux frontières

11.

réaffirme en conséquence son soutien au règlement ECBM visant à lever les obstacles juridiques et administratifs en contexte transfrontalier, proposé par la Commission en 2018, qui permettrait des dérogations et éventuellement des modifications législatives, afin de fournir une solution plus rapide qui bénéficierait aux acteurs publics frontaliers, aux collectivités, ainsi qu’aux citoyens et aux entreprises installés dans les régions frontalières;

12.

rappelle que le CdR avait souligné, dans son avis sur l’ECBM adopté en 2018, qu’il s’agissait d’un outil très efficace qui produirait des effets positifs de grande portée sur la coopération transfrontalière et la vie dans les régions frontalières; constate que la réalité de celles-ci est souvent mal connue; reconnaît le potentiel que présente un tel mécanisme et regrette que les États membres aient décidé de suspendre les discussions relatives à ce règlement;

13.

reconnaît que, sur la base des remarques pertinentes formulées par certains États membres, une nouvelle approche du règlement devrait être adoptée pour sortir de cette impasse. Le CdR estime que les réserves exprimées par les États membres peuvent être résolues par une discussion approfondie et par une proposition modifiée. Dans un esprit d’ouverture et de dialogue, les États membres, la Commission européenne, le Parlement et le CdR devraient organiser des réunions de travail pour trouver une solution viable à l’impasse, qui conduiraient à une proposition modifiée acceptable pour toutes les parties. Le CdR, en tant qu’acteur neutre, est l’instance idéale pour organiser de telles réunions;

14.

salue le rapport présentant des recommandations à la Commission pour l’amendement du projet de règlement ECBM (3), adopté par le Parlement européen le 14 septembre 2023;

15.

demande à la Commission européenne de répondre aux préoccupations des États membres en réécrivant le règlement pour le simplifier et expliquer clairement le caractère volontaire des solutions à mettre en œuvre, tout en conservant ses principaux aspects, tels que les points de coordination transfrontaliers dans chaque État membre, ou les régions à pouvoir législatif, et l’obligation pour les États membres de disposer d’un mécanisme efficace de résolution des obstacles s’ils choisissent de ne pas appliquer celui proposé par le règlement;

16.

souligne qu’il convient d’associer les collectivités régionales et locales de manière constructive et inclusive à l’élaboration et à la mise en œuvre des mesures visant à lever les obstacles transfrontaliers, ainsi que de consulter les groupements d’entreprises, les acteurs de la société civile locale et les groupes locaux et de les tenir dûment informés du processus;

17.

demande à la Commission européenne, afin d’éviter les malentendus dans l’application de ce règlement, de préciser et simplifier les procédures qui y sont décrites, tout en laissant suffisamment de flexibilité à chaque État membre;

18.

signale que ce règlement n’a aucune incidence budgétaire; la charge administrative supplémentaire devrait être limitée, et très inférieure à celles résultant des obstacles dans les régions frontalières. Les obstacles transfrontaliers limitent l’intégration de l’Union et la réussite des projets financés au niveau européen et national, tels que les infrastructures ou les services publics transfrontaliers. Ce règlement est proposé afin de renforcer la cohésion de l’Union européenne dans les domaines où elle est la plus nécessaire et la plus visible. Il propose d’y parvenir par des moyens autres que financiers, ce qui a une forte incidence positive sur la diminution des coûts réels et la coopération transfrontalière globale;

19.

rappelle qu’il est essentiel de mettre en place des points de coordination transfrontaliers dans tous les États membres, ou dans certains États membres où existent des régions à pouvoir législatif, même ceux qui choisiraient en définitive d’appliquer leur propre outil plutôt que celui proposé par le règlement. Ces points de coordination, qui devraient être intégrés dans un ministère approprié dans chaque État membre ou région à pouvoir législatif, dans des organisations existantes comme le Conseil nordique, ou être institués en organisations autonomes, devraient être visibles et permettre aux autorités compétentes de recevoir des notifications provenant de leurs régions frontalières, de leurs citoyens et entreprises, de traiter ces notifications et de proposer des solutions;

20.

souligne que les points de coordination transfrontaliers, lorsqu’ils œuvrent à éliminer des obstacles aux frontières, devraient agir en réseau, sur chaque frontière en consultant si nécessaire leurs homologues dans les États membres voisins, et au niveau européen, afin de partager leur expérience et de collaborer à des solutions communes, tout en bénéficiant dans le même temps du soutien de la Commission européenne dans leurs travaux, notamment grâce au point de coordination transfrontalier européen mis en place au sein de la DG REGIO. La résolution d’un obstacle transfrontalier, au départ repéré dans une région frontalière, peut avoir une portée plus large, voire européenne;

21.

propose que les points de coordination transfrontaliers assurent également un rôle de vigilance afin d’éviter la création de nouveaux obstacles juridiques et administratifs qui pourraient résulter de nouvelles législations nationales, ainsi que de la transposition non coordonnée des directives de l’Union européenne dans leur droit national, et sensibilisent les législateurs à leur impact transfrontalier;

22.

suggère fortement que les États membres puissent choisir d’appliquer l’ECBM ou un outil national en fonction de chaque projet, au cas par cas, plutôt que d’opter pour un outil par frontière comme cela figurait dans la proposition initiale de règlement;

23.

demande que les points de coordination transfrontaliers entretiennent une coordination étroite avec l’Observatoire en réseau de l’aménagement du territoire européen (ORATE), de sorte qu’il soit possible d’obtenir et de collecter des données d’ordre statistique et géographique sur les flux transfrontaliers, et réclame par ailleurs que des efforts soient déployés afin d’harmoniser et de normaliser les statistiques entre les différents pays, de manière à améliorer le processus décisionnel et à mettre en place des dispositifs qui éliminent les obstacles aux frontières;

24.

souligne que le règlement modifié devrait préciser quels autres mécanismes pourraient être utilisés et quelles seraient les exigences minimales pour le mécanisme national ou un mécanisme plurinational (Benelux, Conseil nordique, Visegrad 4, traités bilatéraux ou multilatéraux, etc.) afin que les États membres puissent être exemptés de l’utilisation du règlement ECBM;

25.

donne à la suite du précédent avis du CdR, en demandant à la Commission de préciser le champ d’application thématique, les situations (projets communs, services d’intérêt général ou autres) dans lesquelles pourrait être mis en œuvre l’ECBM. Le CdR propose que la Commission européenne définisse clairement les types d’obstacles qui pourraient être considérés comme admissibles dans le cadre de ce mécanisme. De telles précisions remédieraient sans nul doute à certaines préoccupations;

26.

souhaite que le règlement précise son champ d’application géographique. Son objet est de résoudre les obstacles frontaliers au bénéfice des territoires frontaliers. La solution doit être adoptée au cas par cas, dans le périmètre fonctionnel résultant de chaque obstacle. L’initiateur de la demande peut être localisé sur un territoire plus vaste que le territoire frontalier, en fonction de la répartition des compétences concernées par l’obstacle dans chaque État membre;

27.

souligne que le mécanisme est principalement utile pour les frontières terrestres au sein de l’Union, mais souhaite que le règlement prévoie la possibilité de l’appliquer aux frontières maritimes;

28.

recommande de promouvoir l’échange d’expériences entre les régions frontalières et de procéder à une évaluation de l’expérience acquise au bout de cinq ans, en vue d’une éventuelle révision du règlement.

Bruxelles, le 10 octobre 2023.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) Communication de la Commission européenne au Parlement — «Stimuler la croissance et la cohésion des régions frontalières de l’Union européenne» [COM(2017) 534 final].

(2) Avis du Comité européen des régions — Les services publics transfrontaliers en Europe (JO C 106 du 26.3.2021, p. 12).

(3) «Résolution du Parlement européen du 14 septembre 2023 contenant des recommandations à la Commission concernant la modification du mécanisme proposé visant à lever les obstacles juridiques et administratifs dans un contexte transfrontalier» [2022/2194(INL)].


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/1326/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Initiative législative52023IE0430

Initiative législative — 52023IE0430

14/12/2023

Initiative législative52023IE0848

Initiative législative — 52023IE0848

14/12/2023

Initiative législative52023IE1864

Initiative législative — 52023IE1864

14/12/2023

Initiative législative52023IE1906

Initiative législative — 52023IE1906

14/12/2023

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →