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AccueilDroit européen52022SC0436
Acte préparatoire52022SC0436

Acte préparatoire — 52022SC0436

CELEX52022SC0436
TypeActe préparatoire
Datelundi 19 décembre 2022

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 19.12.2022

SWD(2022) 436 final

DOCUMENT DE TRAVAIL DES SERVICES DE LA COMMISSION

RÉSUMÉ DU RAPPORT D'ANALYSE D'IMPACT

accompagnant le document:

Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil

modifiant le règlement (CE) nº 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil relatif à la classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges

{COM(2022) 748 final} - {SEC(2022) 452 final} - {SWD(2022) 434 final} - {SWD(2022) 435 final}


A. Nécessité d’une action

Quel est le problème et pourquoi se situe-t-il au niveau de l’UE?

Le problème abordé par l’initiative est que la version actuelle du règlement CLP ne protège pas suffisamment les êtres humains et l’environnement contre les dangers intrinsèques de certaines substances chimiques circulant librement au sein du marché unique de l’UE. Ce problème se manifeste dans trois domaines:

1.Les substances chimiques dangereuses ne sont ni identifiées ni classées de manière exhaustive. C’est notamment le cas des substances chimiques qui possèdent des propriétés perturbant le système endocrinien («PE»), persistantes, bioaccumulables et toxiques («PBT»), très persistantes et très bioaccumulables («vPvB»), persistantes, mobiles et toxiques («PMT») ou très persistantes et très mobiles («vPvM»), car il n’existe actuellement aucune obligation d’examiner et de classer systématiquement les substances qui présentent de telles propriétés.

2.Les autorités compétentes des États membres et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) agissent dans la limite de leurs ressources pour élaborer des propositions (dans le cas des autorités compétentes des États membres) et des avis (dans le cas de l’ECHA) pour la classification et l’étiquetage harmonisés des substances. En conséquence, elles ne disposent pas des outils optimaux pour mettre en œuvre des mesures homogènes de gestion des risques pour tous les produits chimiques dangereux. Cela risque également de fragmenter le marché unique et de créer des conditions de concurrence inégales pour les entreprises qui y exercent leurs activités.

3.La communication sur les dangers chimiques n’est pas optimale, ce qui entraîne un manque de connaissances sur les propriétés dangereuses des substances chimiques. Il en résulte une situation dans laquelle les consommateurs et les entreprises ne peuvent pas fonder leurs décisions d’achat sur des connaissances solides leur permettant de réduire au minimum les risques pour l’environnement et la santé, ce qui entraîne une exposition potentielle des consommateurs, des travailleurs et de l’environnement à des risques inutiles. Il existe un niveau élevé de non-respect des obligations du règlement CLP dans le cadre du commerce électronique. Les informations sur les mélanges dangereux déclarées aux centres antipoison concernant la réponse à donner en cas d’urgence sanitaire sont dans certains cas insuffisantes.

Quels sont les objectifs à atteindre?

Les trois principaux objectifs sont:

1.veiller à ce que les substances chimiques extrêmement dangereuses, notamment celles qui présent des propriétés PE, PBT, vPvB, PMT et vPvM, soient classées de manière adéquate et homogène dans l’ensemble de l’Union;

2.rendre la communication sur les dangers chimiques plus simple pour les opérateurs économiques et plus accessible et compréhensible pour les utilisateurs de produits chimiques; et

3.veiller à ce que les règles relatives à la classification et à la communication des dangers chimiques soient appliquées de la même manière par tous les acteurs concernés de la chaîne d’approvisionnement.

Quelle est la valeur ajoutée de l’action au niveau de l’UE (subsidiarité)?

Une action au niveau de l’UE est essentielle pour préserver la libre circulation des produits chimiques sur le marché unique. Différentes actions au niveau national imposeraient des charges administratives supplémentaires aux grands opérateurs et aux PME, ce qui entraverait la libre circulation. En outre, la pollution chimique est transfrontière par nature et les coûts sociétaux ont une incidence négative sur le bien-être et l’économie de l’UE. L’inaction dans un État membre engendre des coûts dans d’autres États membres.

B. Les solutions

Quelles sont les différentes options pour atteindre les objectifs? Y a-t-il une option privilégiée?

Sur la base des évaluations de la législation existante et des contributions des parties prenantes, une liste complète de mesures potentielles a été établie. À la suite d’un premier examen analytique, 22 mesures ont été retenues en vue d’une évaluation approfondie. En fin de compte, 17 mesures privilégiées ont été regroupées en 3 options stratégiques indépendantes, correspondant à chacun des 3 domaines problématiques recensés:

1. Une classification adéquate des substances chimiques extrêmement dangereuses sera assurée par les actions suivantes:

- introduire les perturbateurs endocriniens et des substances PBT, vPvB, PMT et vPvM en tant que nouvelles classes de danger dans le règlement CLP et leur donner la priorité en vue d’une classification harmonisée;

- publier les raisons qui poussent à s’écarter des autoclassifications notifiées dans l’inventaire des classifications et étiquetages de l’ECHA, ainsi que les noms des notifiants;

- exiger la mise à jour des notifications d’autoclassifications dans un certain délai;

- renforcer la hiérarchisation des priorités en vue d’une classification harmonisée à un stade précoce; et

- permettre à la Commission d’ouvrir et de financer des dossiers de classification et d’étiquetage plus harmonisés, y compris en donnant mandat à l’ECHA.

2. L’amélioration de la communication sur les dangers sera assurée par les actions suivantes:

- aborder explicitement la notion de vente par recharge, en prévoyant des dérogations aux obligations en matière d’étiquetage et en limitant cette pratique aux seuls dangers légers;

- améliorer la lisibilité des étiquettes CLP en réglementant le formatage des étiquettes;

- permettre que certaines informations supplémentaires qui ne sont pas obligatoires en vertu du SGH passent au format numérique lorsque leur disponibilité physique sur l’étiquette ne contribue pas à la protection de la santé humaine et de l’environnement, et en créant un cadre pour un nouvel étiquetage numérique de ces informations;

- permettre une utilisation plus large des étiquettes dépliantes pour les produits chimiques commercialisés dans plusieurs pays de l’UE; et

- prévoir une dérogation aux exigences en matière d’étiquetage pour les produits chimiques vendus aux consommateurs en vrac (par exemple, le carburant) et les très petits emballages (par exemple, les instruments d’écriture).

3. Remédier aux principales lacunes et ambiguïtés juridiques sera assuré par les actions suivantes:

- clarifier les règles applicables aux offres et à la publicité en ligne;

- renforcer l’obligation pour un acteur économique responsable des ventes en ligne de se conformer aux exigences du règlement CLP; et

- introduire des obligations ciblées de notification aux centres antipoison en cas de perte d’informations, par exemple lorsque des produits chimiques se déplacent d’un État membre à l’autre ou sont réétiquetés.

Les options ci-dessus ont été privilégiées par rapport aux options suivantes, qui ont été écartées:

Premièrement, en ce qui concerne la classification des dangers, l’option stratégique consistant à introduire des valeurs de référence harmonisées pour la toxicité pour l’homme et pour l’environnement. Bien que ces valeurs soient utiles, le règlement CLP ne peut pas prévoir leur utilisation dans d’autres législations sur les substances chimiques, ce qui entraînerait des coûts supplémentaires et une faible valeur ajoutée. En outre, une telle mesure n’a guère bénéficié d’un soutien lors de la consultation publique. En revanche, les options privilégiées se complètent, s’attaquent aux différents facteurs du problème et contrebalancent les coûts supplémentaires par une valeur ajoutée supplémentaire.

Deuxièmement, l’option consistant à demander une mise à jour des orientations afin de clarifier les obligations du règlement CLP en ce qui concerne les produits chimiques vendus dans des emballages de très petite taille, en vrac et au moyen de recharges ne répond pas suffisamment au problème. Comme le texte juridique lui-même manque de clarté, les orientations n’ont pas la même valeur juridique qu’un texte juridique clarifié.

Troisièmement, l’option stratégique consistant à mener périodiquement des campagnes de sensibilisation sur l’affichage des éléments d’étiquetage en ligne. Étant donné que les consommateurs pourraient ne pas se souvenir du contenu des campagnes de sensibilisation lorsqu’ils achètent en ligne, cette option est moins efficace que fixer des règles sur les offres en ligne, renforcer les règles relatives à la publicité en ligne et renforcer la nécessité d’un acteur économique responsable dans la chaîne d’approvisionnement. En ce qui concerne les notifications des centres antipoison, les mesures mutuellement exclusives de notifications complètes aux centres antipoison par tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement et de notifications aux centres antipoison par les entités qui renomment et réétiquètent les produits ont été écartées au profit d’obligations de notification ciblées. Cette dernière option présente le meilleur coût pour les opérateurs par rapport aux bénéfices sociaux, car il permet d’éviter de nombreux cas de perte d’informations sans obliger tous les distributeurs à notifier par défaut.

Quelles sont les positions des différentes parties prenantes? Qui soutient quelle option?

L’introduction de nouvelles classes de danger dans le règlement CLP est généralement fortement soutenue. L’industrie européenne a toutefois indiqué qu’elle préférait vivement que l’UE propose les nouvelles classes de danger d’abord au niveau des Nations unies avant de les introduire dans la législation de l’UE. D’une manière générale, les parties prenantes se félicitent également du renforcement du système de classification harmonisée, tout en mettant en garde contre les implications en matière de ressources.

D’une manière générale, les parties prenantes se félicitent des nouvelles possibilités offertes par l’utilisation accrue des étiquettes pliées et la réglementation des ventes par recharge, ce qui permettrait d’alléger la charge pesant sur les PME. Certaines préoccupations sont exprimées au sujet de la fracture numérique, mais il est généralement admis qu’un ensemble limité d’informations pourrait être fourni par des moyens numériques uniquement. Le renforcement des règles applicables aux ventes en ligne a reçu le soutien ferme et unanime de toutes les catégories de parties prenantes. L’extension à certains opérateurs économiques de l’obligation de notifier les substances chimiques aux centres antipoison est également généralement bien accueillie.

C. Incidence de l’option privilégiée

Quels sont les avantages de l’option privilégiée?

Les avantages de l’option privilégiée découlent principalement de l’amélioration de la protection de la santé et de l’environnement. Les économies réalisées dans les systèmes de santé publique et les systèmes de dépollution pourraient s’élever à plus de 300 millions d’euros par an. Une classification adéquate et homogène des dangers permet aux fournisseurs de produits chimiques, aux utilisateurs et aux pouvoirs publics de prendre des mesures adéquates pour gérer les risques liés aux produits chimiques, tout en préservant l’intégrité du marché unique et en assurant des conditions de concurrence équitables entre les opérateurs économiques. Une meilleure communication sur les dangers chimiques permettra aux consommateurs de faire des choix éclairés et d’éviter les risques inutiles pour la santé ou l’environnement. Enfin, la simplification des règles d’étiquetage permettra aux entreprises de réaliser des économies. Combler les lacunes juridiques liées aux ventes en ligne et aux centres antipoison garantira une meilleure conformité, ce qui permettra en fin de compte d’améliorer la mise en œuvre et de faciliter l’application de la législation.

Quels sont les coûts de l’option privilégiée?

L’initiative entraînera des coûts importants pour les acteurs de l’industrie qui mettent des produits chimiques sur le marché de l’UE, à la fois des coûts administratifs annuels pour la mise en conformité avec les nouvelles règles (28,47 millions d’euros) et des coûts d’ajustement pour la substitution volontaire en aval de la chaîne d’approvisionnement des substances qui seront couvertes par les nouvelles classes de danger (26,40 millions d’euros).

Quelles sont les incidences sur les PME et la compétitivité?

Les coûts pour les PME seront plus élevés en termes relatifs, car elles bénéficient moins des économies d’échelle et ont moins de capacité à absorber les coûts fixes. De nouvelles responsabilités pour les acteurs économiques concernés par les ventes à distance, y compris les ventes en ligne, depuis l’UE ou l’extérieur de l’UE, garantiront une concurrence loyale et équitable entre toutes les entreprises qui vendent des produits chimiques, en particulier pour les PME qui vendent principalement dans l’UE et dépendent de plateformes en ligne pour commercialiser leurs produits.

L’introduction de nouvelles classes de danger, tout en augmentant les coûts à court terme, se traduira par le rôle de chef de file mondial de l’industrie de l’UE en matière de normes sanitaires et environnementales, ce qui lui permettra d’accroître sa compétitivité et sa part de marché mondiale dans la production et l’utilisation de produits chimiques durables.

Les mesures visant à garantir l’homogénéité de la classification des substances identiques fabriquées par différentes entreprises assureront des conditions de concurrence équitables et contribueront à une concurrence loyale, en particulier pour les PME. Les PME pourront s’appuyer davantage sur les autoclassifications existantes dans l’inventaire des classifications et étiquetages au lieu de les classer elles-mêmes, ce qui est plus coûteux pour les PME que pour les grandes entreprises.

Y aura-t-il une incidence notable sur les budgets nationaux et les administrations nationales?

Non

Y aura-t-il d’autres incidences notables?

Non

Proportionnalité

L’initiative n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs.

D. Suivi

Quand la législation sera-t-elle réexaminée?

Les incidences de l’initiative seront documentées au moyen du cadre d’indicateurs pour l’efficacité de la législation sur les produits chimiques annoncé pour 2024 dans la stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques. Le règlement CLP révisé pourra être (partiellement) réexaminé une fois que des éléments probants seront disponibles dans ce cadre.

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