| CELEX | 52022XE5772 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 15 décembre 2022 |
| 16.3.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 100/1 |
Résolution du Comité économique et social européen sur le thème «Les acquis pérennes de l’Année européenne de la jeunesse: intégrer les questions liées à la jeunesse et autonomiser les jeunes»
(2023/C 100/01)
proposée par Laurenţiu PLOSCEANU, président de la section SOC, à la demande du groupe de coordination pour l’Année européenne de la jeunesse [Katrīna LEITĀNE (présidente), Neža REPANŠEK, Michael McLOUGHLIN, Nicoletta MERLO, Mateusz Maciej SZYMAŃSKI, Florian MARIN, Pierre BOLLON, Dolores SAMMUT BONNICI et Davor MAJETIĆ]
| Base juridique | Article 50 du règlement intérieur |
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| Résolution |
| Adoption en session plénière | 15.12.2022 |
| Session plénière no | 574 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 150/0/1 |
Malgré les incertitudes que font peser la guerre en Ukraine, la pandémie de COVID-19 et la crise climatique, les jeunes restent le moteur du projet européen et contribuent à sa pérennité grâce à leur créativité, leur énergie et leur enthousiasme. Les décisions prises aujourd’hui façonnent le monde de demain. Il est donc crucial de s’assurer que les jeunes aient voix au chapitre lorsque sont prises des décisions qui ont des conséquences sur leur avenir, sachant que même des actions politiques indirectes peuvent produire une incidence considérable et revêtir une importance qui ne l’est pas moins pour les jeunes et les prochaines générations.
En décembre 2021, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proclamé 2022 Année européenne de la jeunesse, affirmant que «l’Europe a besoin de toute sa jeunesse» et que «notre Union doit avoir une âme et une vision qui leur parlent» (1). En outre, comme l’a déclaré la commissaire Mariya Gabriel, «l’Année européenne de la jeunesse devrait entraîner un changement de paradigme dans notre manière d’associer les jeunes au processus d’élaboration des politiques et de prise de décision» (2).
Dans son avis sur la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027 (3), le Comité économique et social européen (CESE) préconise que cette stratégie se concentre sur l’approche intersectorielle, en adoptant une vision globale des jeunes et de leurs besoins ainsi que de leurs droits. Il affirme également être «convaincu de la nécessité de promouvoir une participation des jeunes aux processus de prise de décision qui aille au-delà de manifestations ponctuelles. En outre, dans le cadre de l’approfondissement du dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse, il convient d’accroître le rôle des organisations bénévoles de jeunes ainsi que des conseils nationaux de la jeunesse et de recourir à des canaux supplémentaires. Les institutions de l’Union européenne devraient jouer un rôle de chef de file à cet égard, le CESE jouant un rôle de premier plan parmi les institutions qui renforcent la participation des jeunes à l’échelle de l’UE».
Le CESE œuvre, depuis plusieurs années déjà, à mieux intégrer, de manière structurée et significative, la voix des jeunes dans ses travaux et dans le processus décisionnel de l’Union européenne, lorsqu’il traite de différents domaines tels que: le climat et le développement durable (4), par la création des tables rondes de la jeunesse pour le climat et la durabilité, mais aussi grâce à l’inclusion d’un(e) délégué(e) de la jeunesse dans la délégation officielle de l’UE aux réunions de la COP de la CCNUCC par le truchement de la délégation du CESE; la mise en évidence du rôle de l’éducation pour le développement durable (5); les réflexions sur la situation de l’emploi et du marché du travail et les dispositions y afférentes (6); son avis relatif à l’inclusion des questions liées à la jeunesse dans l’élaboration des plans nationaux de relance (7), dans lequel le CESE recommande une participation accrue des organisations représentant la jeunesse à la mise en œuvre et au suivi des plans ainsi qu’aux processus décisionnels; son avis sur la politique de la jeunesse dans les Balkans occidentaux (8), dans lequel le Comité invite l’Union à soutenir davantage les pays de cette région dans leurs efforts visant à accroître la participation des jeunes; l’intégration du point de vue de la jeunesse dans tous les domaines d’action au niveau de l’Union, en mettant en place l’évaluation d’impact de l’Union du point de vue des jeunes (9), laquelle prévoit également des recommandations et des propositions concrètes, ainsi qu’en intensifiant la participation des jeunes et des organisations qui les représentent aux travaux du CESE.
Par ailleurs, le CESE s’était déclaré favorable (10) à la proposition de faire de 2022 l’Année européenne de la jeunesse, et affirmé être disposé à jouer un rôle moteur dans l’organisation de cette dernière en s’appuyant sur des initiatives qu’il a menées avec succès, telles que «Votre Europe, votre avis!», les tables rondes de la jeunesse pour le climat et la durabilité et la participation d’un(e) délégué(e) de la jeunesse à la délégation du CESE aux manifestations de la COP. Le CESE est particulièrement bien placé pour faciliter le dialogue avec les réseaux de jeunes. Il a donc créé un groupe de coordination pour l’Année européenne de la jeunesse afin d’assurer la représentation et la visibilité de cette initiative au sein du Comité et de coordonner les initiatives en cours ayant un lien avec la jeunesse. Le groupe de coordination pour l’Année européenne de la jeunesse a reçu pour mandat de renforcer la coopération avec les jeunes et les organisations qui les représentent au cours de cette Année et par la suite, ainsi que de travailler avec les autres institutions de l’Union et les organisations de la société civile afin qu’elles veillent, dans leur fonctionnement quotidien, à une meilleure intégration transversale des jeunes.
Le présent projet de résolution élaboré par le groupe de coordination invite les institutions de l’Union et les gouvernements nationaux à consolider à long terme les acquis de l’Année européenne de la jeunesse en encourageant une participation structurée et significative des jeunes à l’élaboration des politiques et à la prise de décision à tous les niveaux et en promouvant des mécanismes participatifs destinés aux jeunes et aux organisations qui les représentent. En outre, le CESE réaffirme sa volonté de renforcer la participation des jeunes à ses travaux et de promouvoir l’intégration des questions liées à la jeunesse à tous les niveaux, pour une Europe plus unie et plus forte.
«Nous ne pouvons pas toujours préparer l’avenir de notre jeunesse, mais nous pouvons préparer nos jeunes pour l’avenir.» — Franklin D. Roosevelt
1. Les acquis pérennes de l’Année européenne de la jeunesse au CESE
| 1.1. | Le CESE est d’avis que l’ensemble des parties prenantes doivent donner suite aux délibérations de l’Année européenne de la jeunesse et faire preuve ce faisant d’ouverture d’esprit. Il est indispensable que cette Année européenne donne lieu à des acquis concrets et de continuer à en assurer le suivi au cours de l’Année européenne des compétences et au-delà. En outre, la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse et la conférence sur l’avenir de l’Europe ont également posé d’importants jalons sur la voie d’un engagement plus structuré et significatif de la jeunesse dans la construction de l’avenir de l’Europe. |
| 1.2. | Le CESE estime que les organisations de la société civile, et en particulier les organisations de jeunesse, jouent un rôle déterminant pour définir des instruments participatifs novateurs, afin d’intégrer les points de vue des jeunes dans l’élaboration des politiques à tous les niveaux et dans tous les domaines de l’action politique, et il met aussi en relief le rôle que jouent ces mêmes organisations pour affirmer la citoyenneté active, préserver les droits humains fondamentaux et les valeurs démocratiques auprès des jeunes. |
| 1.3. | Le CESE déplore l’amoindrissement constant de l’espace civique pour les organisations de la jeunesse (11) et affirme l’importance que cet espace revêt pour la démocratie. Il plaide en faveur de mesures visant à renforcer la position des organisations de jeunesse et à leur fournir des ressources durables qui accroîtront leur capacité à représenter et à défendre leurs droits et leurs intérêts. |
| 1.4. | Le CESE met en relief les initiatives qu’il a menées avec succès ces dernières années en vue de faire participer les jeunes de manière plus structurée et significative dans le cadre de ses avis (12) et il affirme son engagement à concevoir de nouvelles initiatives afin de favoriser la participation de la jeunesse et d’en faire valoir les points de vue dans l’élaboration des politiques. |
| 1.5. | Le CESE estime qu’il est essentiel de faire participer activement les jeunes à l’élaboration des politiques et à la prise de décision pour construire l’avenir de l’Europe et forger un grand dessein dans lequel les jeunes puissent se reconnaître. Aussi encourage-t-il les institutions de l’Union européenne à mettre en œuvre l’évaluation d’impact de l’Union du point de vue des jeunes afin de s’assurer que l’ensemble des actions politiques qu’elles mènent soient examinées à travers ce prisme. |
| 1.6. | Dans le prolongement des propositions qu’il a présentées dans son avis sur l’évaluation d’impact de l’Union du point de vue des jeunes, le CESE demande d’intégrer les jeunes dans l’élaboration des politiques à tous les niveaux et de concevoir pour toutes les institutions de l’Union une approche commune visant à faire participer les jeunes de manière structurée et significative. Cette approche devrait reposer sur les principes suivants:
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| 1.7. | Le CESE s’engage à mettre sur pied en son sein un groupe permanent afin de disposer de mécanismes de coordination transparents et transversaux pour intégrer les points de vue de la jeunesse dans ses travaux, ainsi que d’étudier plus avant et d’envisager les voies possibles pour appliquer l’évaluation d’impact de l’Union du point de vue des jeunes dans les travaux du CESE pour concevoir une approche cohérente qui lui soit propre en matière de participation des jeunes. |
| 1.7.1. | En outre, le CESE demande de créer auprès de toutes les institutions de l’Union une structure qui représente et/ou associe les organisations de jeunesse et/ou, le cas échéant, une plateforme des parties prenantes qui lui ressortirait, à la manière de la plateforme européenne des acteurs de l’économie circulaire (PAEEC). Par ailleurs, étant donné que le dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse constitue le processus participatif le plus substantiel de l’Europe pour associer les décideurs et les jeunes en vue de débattre des problèmes et de formuler ensemble des solutions, il serait possible de prendre d’autres mesures pour renforcer ce mécanisme participatif, par exemple en instaurant une structure de cogestion (13) qui pourrait également être placée sous la houlette du CESE. |
| 1.8. | Le CESE demande instamment d’associer davantage les jeunes aux processus décisionnels, depuis l’élaboration des propositions et initiatives législatives jusqu’à leur mise en œuvre, à leur suivi et aux suites qui leur sont données. Cette approche prévaut depuis 2021 au sein de la délégation de l’Union européenne aux réunions de la COP à la CCNUCC, qui compte au moins un(e) délégué(e) de la jeunesse. Le CESE recommande vivement que d’autres délégations de l’Union européenne adoptent une approche similaire et tiennent compte de la perspective intergénérationnelle. |
| 1.9. | Afin de renforcer le rôle du CESE lui-même pour combler le fossé entre les décideurs politiques, les organisations de jeunesse et les jeunes, tant à l’échelon national qu’européen, il est recommandé tout d’abord de mettre en place un mécanisme participatif transparent, structuré et significatif destiné aux jeunes afin de coordonner efficacement les travaux législatifs, tel que par exemple un panel de jeunes, et dans un second temps, de nouer des contacts avec les jeunes et leurs organisations pour les associer à ses travaux. De surcroît, il convient de mettre en œuvre une coordination et des échanges de bonnes pratiques en matière de participation de la jeunesse à tous les niveaux et dans tous les États membres, ainsi que des activités de sensibilisation plus ciblées. En particulier, il s’agit de renforcer les relations avec les organisations nationales de jeunesse et de faire connaître les projets locaux touchant à la jeunesse au sein du CESE et auprès de ses membres. |
| 1.10. | En outre, compte tenu de l’actualité géopolitique troublée, il est essentiel de s’assurer de l’engagement de la jeunesse en faveur de la durabilité, de la sécurité et de la consolidation de la paix. Le CESE se félicite de l’adoption récente du plan d’action pour la jeunesse dans le cadre de l’action extérieure de l’Union européenne et il entend lui-même adopter en 2023 un avis d’initiative sur ce thème. De surcroît, le CESE invite l’Union européenne à continuer d’aider les Balkans occidentaux à améliorer la participation des jeunes, en tenant compte de la corrélation positive entre la mobilité dans le domaine de l’éducation ou de la formation et l’engagement civique et politique des jeunes. Le même principe doit prévaloir dans les relations avec l’Ukraine et la Géorgie. Le CESE insiste pour renforcer la coopération en matière de politiques de la jeunesse avec les pays candidats. |
| 1.11. | Le CESE s’efforcera de tenir systématiquement compte de la voix des jeunes dans ses avis, y compris les avis d’initiative et les avis exploratoires qu’il adopte à la demande des présidences tournantes du Conseil ou d’autres institutions européennes. Grâce aux excellentes relations qu’il entretient avec celles-ci, le CESE fera tout son possible pour les convaincre de tenir compte dans leurs demandes des aspects liés aux jeunes. |
2. La priorité essentielle pour les prochaines années: construire ensemble un avenir meilleur — plus écologique, plus inclusif et plus numérique
| 2.1. | Le CESE fait valoir qu’il importe d’accroître le niveau de connaissance et d’information des jeunes sur les institutions européennes, les mécanismes de leur fonctionnement, leurs domaines d’action, des illustrations concrètes de leurs activités quotidiennes et les possibilités qu’elles offrent pour le développement personnel et professionnel des jeunes. Il convient d’accroître le nombre de programmes européens de formation et d’échanges d’expériences, tels qu’Erasmus+, Discover EU et d’autres, que ce soit à l’échelon local ou en dehors des frontières de l’Union, tout comme celui des programmes faisant l’objet d’une supervision conjointe avec d’autres institutions éducatives situées dans le même pays ou dans d’autres. Le CESE favorisera les initiatives «Going local» (investir l’échelon local) axées sur la jeunesse et encouragera ses membres à en organiser. |
| 2.2. | Le CESE fait valoir la nécessité de créer et de garantir un cadre permettant à tous les jeunes de participer au processus décisionnel aux niveaux européen et national en bâtissant des institutions plus ouvertes et mieux disposées à œuvrer avec les jeunes. Il importe tout particulièrement de permettre aux jeunes défavorisés, vulnérables et marginalisés de participer aux processus décisionnels. Favoriser la participation des jeunes aux élections politiques devrait constituer une priorité. En outre, la participation des jeunes favorise la créativité et l’innovation, et il convient d’écouter les jeunes et d’encourager leur encouragement civique et civil dès leur plus jeune âge. |
| 2.3. | Le CESE recommande de mettre en œuvre des programmes pour donner une deuxième chance et d’autres pour alphabétiser les jeunes en décrochage scolaire, ainsi que des mesures visant à réduire ce phénomène en assurant des programmes d’orientation, de soutien et de protection sociale destinés aux jeunes des zones rurales et à ceux issus de familles pauvres, de manière à faciliter leur accès aux services éducatifs. |
| 2.4. | Il est indispensable de parvenir à une éducation et à un apprentissage tout au long de la vie qui soient de qualité et inclusifs pour faire en sorte que chacun dispose des connaissances, des aptitudes, des compétences et de l’attitude nécessaires pour que l’Europe puisse établir une société plus juste, plus cohésive, plus durable, plus numérique et plus résiliente. Les jeunes doivent disposer des compétences qui leur permettent de participer pleinement à la société et de réussir leurs transitions sur le marché du travail (14); à cet égard, il convient de centrer l’effort sur les personnes les plus vulnérables. Les travailleurs qualifiés sont un atout important pour asseoir la compétitivité européenne, comme le reconnaît également la proposition de la Commission européenne relative à l’Année européenne des compétences 2023 (15), en sus d’assurer de bonnes conditions de travail, la prévisibilité des carrières et l’accès aux possibilités. Il convient d’encourager la participation dans le cadre des institutions d’enseignement. Mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux du point de vue de la jeunesse devrait constituer une priorité. Il s’impose tout autant de progresser dans les réformes éducatives, en remédiant à l’inadéquation des compétences et en mettant l’accent sur l’apprentissage tout au long de la vie, la reconversion et le perfectionnement professionnels (16). |
| 2.5. | Le CESE demande de faciliter l’accès des jeunes des zones rurales au système éducatif grâce à la mise en place des infrastructures matérielles et numériques nécessaires à un processus éducatif de qualité, en particulier dans le domaine du développement durable et de la protection de l’environnement. |
| 2.6. | En collaboration avec les organisations de la société civile, le CESE invite les États membres à fournir un accès ciblé à des écoles spécialement conçues pour les personnes atteintes de maladies rares ou celles qui ne peuvent pas fréquenter l’école pour des raisons médicales, ainsi qu’à garantir en priorité l’égalité d’accès aux services éducatifs pour les personnes handicapées de manière à ne laisser personne de côté. |
| 2.7. | L’éducation constitue un levier essentiel pour tous les autres objectifs de développement durable (ODD). Le CESE soutient donc les travaux de la Commission européenne en vue d’obtenir un enseignement qui favorise la transition écologique et le développement durable, et il invite les États membres à le mettre en œuvre et à transformer en conséquence leur secteur de l’éducation (17). |
| 2.8. | Le CESE propose de mettre au point des sessions d’information et de conseil ou des parcours éducatifs visant à expliquer les éléments fondamentaux intrinsèquement liés au marché du travail, en l’occurrence des notions telles que celles d’employeur, de contrat de travail, etc., en collaboration avec les partenaires sociaux et la société civile. Il convient d’allouer des ressources suffisantes pour ce faire, notamment à l’intention des jeunes vulnérables et de ceux occupant des formes d’emploi atypiques. Il convient également d’adresser ces mêmes informations aux jeunes migrants dès qu’ils entrent dans un pays qu’ils ne connaissent pas, afin de les intégrer plus rapidement dans leur nouvelle société, ses systèmes éducatifs et de travail et sa culture. Plus généralement, les jeunes devraient bénéficier de davantage de moyens pour se familiariser avec des sujets tels que l’éducation financière et, surtout, de disposer d’une connaissance approfondie de leurs droits de citoyens et de travailleurs. Tout cela importe pour aider les jeunes à se préparer à leur future vie d’adultes. |
| 2.9. | Le CESE a déjà fait valoir que l’entrepreneuriat peut jouer un rôle déterminant pour améliorer la compétitivité, l’innovation et le bien-être, ainsi que pour développer une économie sociale et verte, à plus forte raison dans le contexte de la relance après la pandémie. Il serait possible de bâtir des parcours professionnels, en particulier chez les jeunes, en favorisant l’éducation entrepreneuriale pour renforcer leurs compétences dans ce domaine (18). |
| 2.10. | Le CESE encourage la recherche de solutions appropriées au niveau national pour garantir un contrôle des loyers afin de faciliter la mobilité à des fins éducatives ou professionnelles, ainsi que la mise en œuvre d’un programme de construction de logements sociaux destinés aux jeunes, en particulier dans les grandes villes et les centres de développement économique. |
| 2.11. | Le CESE demande d’améliorer l’accès des jeunes, et notamment ceux des zones rurales, à des services de santé de qualité, en augmentant le nombre d’unités hospitalières ou de sites mobiles qui fournissent des services médicaux de base et en menant des campagnes de sensibilisation dans les établissements d’enseignement sur des thèmes tels que la prévention des blessures, les troubles alimentaires, la santé mentale, l’éducation à la santé générale et la santé génésique, qui sont autant de sujets importants. Il convient de développer des programmes de recherche spécifiques pour aider les jeunes à lutter contre les maladies telles que le cancer, sachant que les traitements conçus pour les adultes ne leur conviennent souvent pas. |
| 2.12. | Grâce à la coopération avec les organisations de la société civile, le CESE demande de déployer des efforts accrus et continus en faveur d’actions menées dans les écoles et avec la participation des jeunes et de la société civile, pour promouvoir l’éducation routière et prévenir les maladies sexuellement transmissibles, le harcèlement et les discours de haine, la consommation de tabac, d’alcool et de drogue. |
| 2.13. | Le CESE propose de faire en sorte que tous les jeunes puissent accéder aux systèmes officiels de représentation dans le cadre de leurs relations avec les acteurs concernés du marché du travail et dans celui de la liberté d’association et du droit des travailleurs et des employeurs de constituer et de rejoindre les organisations de leur choix, en particulier pour les jeunes dépourvus d’emploi ou qui occupent un emploi précaire. |
| 2.14. | Le CESE demande de renforcer les capacités des partenaires sociaux et des organisations de la société civile afin de représenter les jeunes et de faciliter le processus de passage de l’école à la vie active, et recommande de faire participer les organisations de jeunesse aux institutions du dialogue social, à la négociation collective et aux organisations tripartites qui jouent un rôle sur le marché du travail. |
| 2.15. | Le CESE demande de moderniser et de renforcer les institutions actives sur le marché du travail afin qu’elles adaptent aux spécificités des jeunes les services qu’elles offrent, pour les rendre aisément accessibles, dynamiques, conviviaux et moins bureaucratiques. |
| 2.16. | Le CESE demande de garantir un traitement équitable dans la cadre de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes, mais aussi à l’endroit des jeunes vis-à-vis des autres catégories d’âge, en l’occurrence en matière de salaires, de conditions de travail, de possibilités de formation et de perspectives de progresser professionnellement. Le travail des stagiaires, en particulier des jeunes, ne saurait être synonyme d’exploitation ni constituer un instrument pour contourner la relation de travail. Les stages qui ne font l’objet d’aucune rémunération ni compensation peuvent peser de manière très négative sur l’expérience qu’ont les jeunes du marché du travail (19) et il s’impose de les proscrire (20). Il convient de renforcer encore la représentation de la jeunesse. |
| 2.17. | Le CESE tient pour nécessaire de soutenir l’économie sociale, étant donné que ce secteur apporte une aide active aux jeunes relégués aux marges de la société et aux autres personnes vulnérables, grâce notamment à des mesures visant à accroître l’estime de soi, la communication, etc. |
| 2.18. | Le CESE estime que le contexte créé par la pandémie, du fait de possibilités restreintes d’accéder aux services de santé, appelle un surcroît d’efforts pour aider les jeunes à détecter les signes de problèmes concernant la santé mentale et le bien-être et pour favoriser des informations correctes sur le plus grand nombre possible de canaux afin de discerner les informations valables des fausses promesses d’aide ou de soutien, y compris en recourant à des outils de santé pour ce faire. |
| 2.19. | Le CESE demande de réformer les systèmes de protection sociale et la législation du travail afin de les adapter aux nouvelles réalités et aux nouvelles formes de travail, et de veiller à ce qu’il soit possible de tenir compte de changements ultérieurs dans le monde du travail et de réglementer ceux-ci plus rapidement à l’avenir, en veillant à respecter pleinement les modèles nationaux de relations industrielles et l’autonomie des partenaires sociaux. |
| 2.20. | Le CESE propose de reconnecter les systèmes de retraite et de protection sociale avec les réalités économiques et sociales des jeunes et d’en conforter le caractère équitable, inclusif et adapté à la réalité du marché du travail, en assurant la protection des jeunes qui pratiquent de nouvelles formes de travail et de ceux qui ne travaillent pas. Des emplois de qualité pour tous les jeunes doivent constituer une priorité. |
| 2.21. | Le CESE souligne que la période de pandémie de COVID-19 a montré toute l’importance des questions de santé et de sécurité, y compris les risques psychosociaux, qui viennent s’ajouter aux enjeux de stabilité et de prévisibilité de l’emploi. Il est nécessaire d’engager un dialogue avec les jeunes sur la manière de prévenir les problèmes dans ce domaine à l’avenir. Il importe de disposer de différentes formes d’emploi fondées sur des normes de stabilité et de qualité pour faciliter la participation des jeunes au marché du travail. En outre, des mesures s’imposent pour renforcer la surveillance des conditions d’emploi des jeunes, y compris renforcer les inspections du travail. |
| 2.22. | Le CESE demande de protéger les droits des jeunes et de leur garantir une protection sociale par la voie de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de la protection du droit à la vie privée et de la préservation de l’espace de négociation collective. Il convient d’encourager la recherche de moyens de favoriser une souplesse adéquate des horaires de travail pour permettre de mener à bien des études. |
| 2.23. | Le CESE demande de mieux tenir compte des synergies à l’œuvre entre les différents instruments destinés à la jeunesse tels que la garantie pour la jeunesse et la garantie pour l’enfance. Les jeunes devraient bénéficier d’une réelle garantie qui leur offre des perspectives de carrière prévisibles. Les financements publics destinés à soutenir les jeunes sur le marché du travail ne sauraient contribuer à leur précarité et il convient de continuer de faire une priorité de la participation des partenaires sociaux et de la société civile à l’aide aux jeunes sur le marché du travail. |
| 2.23.1. | Le CESE entend s’assurer de l’organisation de soins alternatifs appropriés et de qualité pour tous les enfants et les jeunes privés de soins parentaux adéquats, ainsi que du maintien de l’intégrité des fratries, sachant que dans de telles circonstances, ces liens sont d’autant plus cruciaux, et sous réserve qu’il ne soit pas contraire à leur intérêt supérieur. Plus généralement, il importe d’éviter que les mécanismes de soutien cessent brutalement d’agir lorsque les jeunes atteignent l’âge de 18 ans. |
| 2.24. | Le CESE fait valoir la nécessité de surmonter de manière appropriée les défis économiques, sociaux et environnementaux que produit le modèle économique actuel, en particulier pour les jeunes. Pour ce faire, il convient de garder à l’esprit que les efforts visant à rendre nos sociétés plus vertes, plus équitables, inclusives, durables et davantage axées sur le bien-être devraient s’attacher dès le départ aux intérêts des jeunes car c’est sur ces derniers que repose fondamentalement l’avenir. La jeunesse devrait compter parmi les thèmes et objectifs transversaux des investissements menés dans le cadre des Fonds structurels et d’investissement européens. |
| 2.25. | Le CESE tient pour indispensable de faire en sorte que les jeunes aient la possibilité de fonder une famille. Pour la stabilité et l’avenir de l’Europe, il est essentiel d’intensifier les efforts qui visent à encourager les jeunes à fonder une famille et à avoir des enfants. Il est donc essentiel de garantir l’accès au logement, aux services de garde d’enfants et à un soutien social flexible en créant un programme européen spécifique pour ce faire. |
| 2.26. | Le CESE demande instamment que les jeunes générations disposent d’un espace public véritablement démocratique et pluraliste qui leur permet d’exprimer leurs opinions sans crainte d’être exclus ou de faire face à la haine. Dans le même temps, il importe au plus haut point de développer les connaissances et la sensibilisation face aux manipulations de l’information et à la désinformation. |
Bruxelles, le 15 décembre 2022.
La présidente du Comité économique et social européen
Christa SCHWENG
(1) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/speech_21_4701
(2) https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_21_5226
(3) Avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Mobiliser, connecter et autonomiser les jeunes: une nouvelle stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse» [COM(2018) 269 final] (JO C 62 du 15.2.2019, p. 142).
(4) Avis du Comité économique et social européen sur «Vers une participation structurée des jeunes au processus décisionnel de l’Union européenne concernant le climat et la durabilité» (avis d’initiative) (JO C 429 du 11.12.2020, p. 44).
(5) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Donner aux jeunes les moyens de réaliser le développement durable grâce à l’éducation» (avis d’initiative) (JO C 100 du 16.3.2023, p. 38).
(6) Rapport d’information du CESE sur «L’égalité de traitement des jeunes sur le marché du travail» (en cours d’élaboration).
(7) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment garantir un travail décent aux jeunes et veiller à l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) grâce à l’élaboration de plans nationaux de relance adéquats» (avis d’initiative) (JO C 152 du 6.4.2022, p. 27).
(8) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Politique de la jeunesse dans les Balkans occidentaux, dans le cadre du programme d’innovation pour les Balkans occidentaux» (avis d’initiative) (JO C 443 du 22.11.2022, p. 44).
(9) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes» (avis d’initiative) (JO C 486 du 21.12.2022, p. 46).
(10) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à une Année européenne de la jeunesse 2022 [COM(2021) 634 final — 2021/0328(COD)] (JO C 152 du 6.4.2022, p. 122).
(11) Forum européen de la jeunesse, Safeguarding Civic Space for Young People in Europe («Sauvegarder l’espace civique pour les jeunes en Europe»).
(12) On peut citer à titre d’exemple: avis du Comité économique et social européen sur la «Communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — Mobiliser, connecter et autonomiser les jeunes: une nouvelle stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse» [COM(2018) 269 final] (JO C 62 du 15.2.2019, p. 142); avis du Comité économique et social européen sur «Vers une participation structurée des jeunes au processus décisionnel de l’Union européenne concernant le climat et la durabilité» (avis d’initiative) (JO C 429 du 11.12.2020, p. 44); avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à une Année européenne de la jeunesse 2022 [COM(2021) 634 final — 2021/0328(COD)] (JO C 152 du 6.4.2022, p. 122); avis du Comité économique et social européen sur le thème «Évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes» (avis d’initiative) (JO C 486 du 21.12.2022, p. 46).
(13) Système de cogestion du Conseil de l’Europe.
(14) Voir par exemple l’avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment promouvoir, sur la base de l’éducation et de la formation, du point de vue de l’apprentissage tout au long de la vie, les compétences dont l’Europe a besoin pour établir une société plus juste, plus solidaire, plus durable, plus numérique et plus résiliente» (avis exploratoire à la demande de la présidence portugaise) (JO C 286 du 16.7.2021, p. 27), paragraphes 1.2 et 2.3.
(15) Commission européenne, La Commission lance les travaux sur l’Année européenne des compétences.
(16) Avis du Comité économique et social européen sur «L’égalité de traitement des jeunes sur le marché du travail» (en cours d’élaboration).
(17) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Donner aux jeunes les moyens de réaliser le développement durable grâce à l’éducation» (avis d’initiative) (JO C 100 du 16.3.2023, p. 38).
(18) Résolution du Comité économique et social européen: Contribution au programme de travail de la Commission européenne pour 2023 (JO C 443 du 22.11.2022, p. 1), paragraphe 4.14.
(19) Rapport d’information du CESE sur «L’égalité de traitement des jeunes sur le marché du travail» (en cours d’élaboration).
(20) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment garantir un travail décent aux jeunes et veiller à l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) grâce à l’élaboration de plans nationaux de relance adéquats» (avis d’initiative) (JO C 152 du 6.4.2022, p. 27), paragraphe 1.9.