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Communication — 52022XR2657

CELEX52022XR2657
TypeCommunication
Datemercredi 29 juin 2022

Texte intégral

30.9.2022

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 375/1


Résolution sur les propositions du Comité européen des régions en vue du programme de travail de la Commission européenne pour 2023

(2022/C 375/01)

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS

vu:

—

son protocole de coopération avec la Commission européenne de février 2012,

—

sa résolution sur ses priorités pour la période 2020-2025 (1),

—

le rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

—

les contributions des parlements régionaux dotés de pouvoirs législatifs reçues dans le cadre de son accord de coopération avec la Conférence des assemblées législatives régionales de l’Union européenne,

—

sa résolution sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe,

encourage la Commission européenne à mener les actions suivantes dans le cadre de son programme de travail pour 2023:

Avenir de l’Europe

1.

salue les recommandations adoptées par l’assemblée plénière de la conférence sur l’avenir de l’Europe afin de rendre l’Union européenne plus démocratique, plus durable et plus équitable; s’engage à participer à la mise en œuvre du rapport final, notamment aux réformes institutionnelles requises pour veiller à maintenir un lien étroit entre les citoyens et leurs représentants élus à tous les niveaux; a présenté ses propositions concernant d’éventuelles modifications des traités et des mises à jour des accords interinstitutionnels dans une résolution distincte;

2.

demande que le programme de travail de la Commission comporte des initiatives concrètes permettant d’appliquer ces propositions, en particulier dans l’objectif d’élaborer des méthodes participatives ancrées dans les territoires pour en faire une caractéristique permanente du processus décisionnel de l’Union, dans le respect des compétences législatives propres aux administrations régionales;

3.

se félicite dès lors de la proposition de la conférence sur l’avenir de l’Europe visant à créer un système de conseillers de l’UE, proposition qu’il avait lui-même formulée afin de réduire la distance qui sépare les institutions européennes des citoyens; s’engage à mettre en œuvre cette proposition en coopération avec la Commission par l’intermédiaire de son réseau européen de conseillers régionaux et locaux et du projet «Construire l’Europe avec les conseillers locaux»; recommande en outre d’associer le plus largement possible les jeunes responsables politiques et administrateurs locaux aux processus législatifs de l’Union, notamment en mettant en lumière son programme des jeunes élus (YEP);

4.

préconise une participation accrue des jeunes aux processus démocratiques ainsi que des modalités structurées de dialogue avec eux (par exemple, les conseils de la jeunesse), et considère l’éducation civique comme une condition préalable essentielle pour donner aux citoyens les moyens de participer à la vie démocratique de manière éclairée et active; invite la Commission à proposer dans son programme de travail des initiatives visant à concevoir, en partenariat avec les collectivités locales et régionales, un programme européen d’éducation civique, de promotion des valeurs démocratiques européennes, de pensée critique, de compétences numériques et d’éducation aux médias;

5.

invite instamment la Commission européenne à engager une procédure rapide visant à trouver une solution satisfaisante et permanente au problème de la crise humanitaire en Méditerranée, en mettant d’abord l’accent sur la protection de la vie des migrants, mais aussi sur le respect effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales; le CdR et les collectivités locales et régionales se proposent d’apporter leur concours le plus étroit possible;

6.

invite la Commission à se reporter systématiquement à la grille d’évaluation de la subsidiarité lorsqu’elle présente des propositions législatives dans des domaines de compétences partagées ou de coordination;

Ukraine

7.

réitère sa demande à la Commission d’instituer une facilité locale de l’Union européenne pour les réfugiés ukrainiens, qui prendrait la forme, non pas d’un nouveau fonds, mais bien d’un instrument opérationnel et complémentaire à même de réduire les formalités administratives et d’accélérer l’accès des responsables politiques locaux aux fonds existants;

8.

insiste sur la possibilité dont disposent les États membres de recourir aux financements au titre de l’action de cohésion pour les réfugiés en Europe (CARE) afin de concevoir des solutions sur mesure pour l’intégration à long terme des personnes issues de migrations grâce à des investissement dans le logement, l’éducation, l’emploi, la santé, l’inclusion sociale et les soins ou encore dans d’autres services sociaux; l’aide d’urgence aux réfugiées doit être prodiguée indépendamment de leur pays d’origine;

9.

invite la Commission à présenter une proposition de révision du dispositif CARE et à envisager des solutions à court et moyen terme permettant aux collectivités locales et régionales de répondre aux besoins financiers actuels liés à la crise ukrainienne; demande que l’on prenne des mesures fortes pour prévenir et combattre la traite des êtres humains, ainsi que des dispositions garantissant aux réfugiés l’accès à des soins médicaux et psychologiques ainsi que le respect de leurs droits en matière de santé sexuelle et génésique; se déclare favorable à la mise en place d’un dispositif de protection de l’enfance destiné aux réfugiés ukrainiens mineurs, et réclame des mesures spécifiques pour protéger les réfugiés vulnérables;

10.

rappelle, pour ce qui concerne la mise en œuvre du principe «un ajout, un retrait» selon lequel de nouvelles «charges» législatives ne peuvent être introduites que dans la mesure où sont supprimées les «charges» antérieures, que la justification fondamentale de toute législation dans les collectivités démocratiques consiste à maximiser les avantages nets pour la société dans son ensemble, et que les objectifs législatifs et les normes économiques, sociales et environnementales élevées de l’Union européenne doivent être préservés;

11.

se félicite de l’activation de la directive relative à la protection temporaire, et souligne que la reconnaissance des droits à la libre circulation et de l’autonomie des réfugiés a pour effet positif d’alléger la pression sur les régimes d’asile nationaux et sur les capacités d’accueil dans les régions frontalières; invite toutefois la Commission à reconsidérer la pertinence de sa proposition de règlement visant à faire face aux situations d’instrumentalisation dans le domaine de la migration et de l’asile, ainsi que la définition de la notion d’instrumentalisation qui figure dans le projet de code frontières Schengen révisé, dans la mesure où celle-ci s’appliquerait également aux réfugiés ukrainiens utilisés comme une arme par le régime russe, et risquerait ainsi d’entrer en conflit direct avec la directive relative à la protection temporaire;

12.

soutient résolument l’élaboration d’un plan de redressement de l’Union européenne pour l’Ukraine afin de relancer l’économie ukrainienne, de reconstruire ses infrastructures détruites et de soutenir son action pour accomplir les réformes démocratiques de ses institutions et de ses services publics; dans ce contexte, va instaurer une Alliance des villes et des régions pour la reconstruction de l’Ukraine qui réunira les collectivités locales et régionales d’Europe et d’Ukraine, dans l’optique de conférer à l’autonomie politique un rôle central dans la planification stratégique de la reconstruction, de poursuivre la mise en œuvre du processus de décentralisation et de gouvernance à plusieurs niveaux en Ukraine, et enfin d’améliorer la bonne gouvernance locale et régionale; de la même façon, fait écho à l’appel lancé par les collectivités locales et régionales ukrainiennes et européennes pour revitaliser ou établir des partenariats, ainsi que des jumelages entre villes et régions, qui feront partie intégrante du processus de reconstruction; est favorable à des mesures visant à atténuer, pour les régions et les villes de l’Union, les conséquences sociales et économiques à long terme que produit la guerre menée par la Russie en Ukraine;

13.

souligne que les mesures correctives prises au titre des procédures relatives aux déséquilibres macroéconomiques des États membres produisent des effets plus marqués dans certaines régions, telles que celles visées à l’article 349 du traité FUE qui sont extrêmement sensibles, sur les plans économique et social, aux chocs exogènes et aux politiques économiques restrictives;

Relance et cohésion

14.

estime qu’au regard du contexte actuel, marqué par une crise énergétique, des instabilités géopolitiques et la reprise après la pandémie de COVID-19, l’éventuelle désactivation de la clause dérogatoire du pacte de stabilité et de croissance pourrait avoir des retombées économiques, sociales et environnementales considérables; demande dès lors que la clause dérogatoire générale continue de s’appliquer jusqu’à la mise en place d’un cadre de gouvernance économique révisé; souscrit également à l’appel de la conférence sur l’avenir de l’Europe en faveur d’une réforme du Semestre européen dans l’optique d’accroître sa légitimité démocratique et la participation des collectivités locales et régionales au moyen d’un «code de conduite» forgé sur le modèle du code de conduite sur le partenariat dans le cadre des Fonds structurels;

15.

invite la Commission, alors même que la mise en œuvre des plans nationaux pour la reprise et la résilience est désormais engagée, à garantir la participation pleine et entière des collectivités locales et régionales à cette démarche, tout comme à la prise de décision et à la programmation y afférentes, pour atténuer les risques induits par le manque de coordination avec d’autres sources de financement, notamment le Fonds de cohésion, ainsi qu’à renforcer la cohérence et les synergies avec les stratégies de développement local. Ces deux aspects sont cruciaux pour atteindre les objectifs poursuivis au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR);

16.

souligne qu’une politique européenne de cohésion peut jouer un rôle décisif dans la réduction des déséquilibres territoriaux produits par les activités économiques, en particulier celles qui recèlent une plus forte valeur ajoutée, ainsi que dans une répartition régionale plus équitable des revenus européens, que le marché intérieur et la mondialisation ne garantissent pas à eux seuls, et à ce titre, celle-ci doit donc rester au cœur de la réflexion;

17.

défend fermement le principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» énoncé dans le huitième rapport sur la cohésion, qui souligne que la cohésion est une valeur globale de l’Union européenne, et suggère de lancer rapidement un processus de réflexion approfondie sur les enjeux qui se posent à long terme en matière de cohésion et sur la manière dont la politique de cohésion et les autres politiques européennes peuvent y répondre; à cet égard, soutient la Commission lorsqu’elle met en place le test rural afin que l’ensemble des politiques servent davantage la cohésion dans les zones rurales, que ce soit au niveau de l’Union, des États membres ou des entités infranationales;

18.

demande que l’évaluation, prévue en 2023, de la vision à long terme pour les zones rurales de l’UE à l’horizon 2040 formule des propositions concrètes assorties de ressources, d’instruments financiers et d’objectifs quantitatifs, et qu’elle tienne compte des effets de la guerre en Ukraine sur les zones rurales; plaide pour l’adoption d’un programme rural européen tourné vers l’avenir, qui soutienne l’agriculture et la production locale, améliore l’intégration des zones urbaines et rurales, tienne compte de la réalité des régions qui souffrent de handicaps naturels ou démographiques graves et permanents, renforce la résilience alimentaire et ouvre la voie à une revitalisation durable des territoires ruraux et des zones périphériques;

19.

demande à la Commission européenne de déployer un effort accru de communication sur les politiques européennes dans les territoires ruraux, lesquels se sentent éloignés des processus de débat et, bien souvent, méconnaissent les canaux de participation mis à leur disposition par les institutions;

20.

invite la Commission à mettre en pratique, dans son intégralité et conformément au champ d’application qu’elle recouvre, la nouvelle stratégie de l’UE pour les régions ultrapériphériques, lesquelles ont été — et restent encore — particulièrement touchées par la pandémie et qui, pour la plupart d’entre elles, sont également vulnérables dans le contexte de crise internationale provoquée par la guerre en Ukraine;

21.

partage l’avis de la Conférence des assemblées législatives régionales et du Parlement européen selon lequel les caractéristiques démographiques, les besoins et les défis particuliers auxquels sont confrontées les régions périphériques et insulaires, notamment les archipels et les régions ultrapériphériques, nécessitent un soutien spécifique et ciblé de la part de l’Union, par exemple dans le cadre des transitions écologique et numérique, y compris des programmes de recherche et d’investissement axés sur le potentiel de ces régions dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture et de la pêche durables, de la protection des milieux marins et de la diversité biologique, et sur l’atténuation des divers handicaps structurels et permanents dont souffrent ces territoires de l’Union européenne, par exemple les difficultés que connaissent ces régions s’agissant de réduire leur empreinte carbone;

22.

souscrit à la proposition avancée par le Parlement européen de mettre en place un pacte des îles et un programme de l’Union européenne pour les îles, avec la participation des principales parties prenantes, à savoir les autorités nationales, régionales et locales, les acteurs économiques et sociaux, la société civile, le milieu universitaire et les organisations non gouvernementales, sur le modèle du pacte urbain et du futur pacte rural; invite la Commission à réaliser une étude sur les diverses situations des territoires insulaires de l’Union européenne;

23.

demande à la Commission européenne de lancer les procédures législatives nécessaires à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie en faveur des régions ultrapériphériques intitulée «Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance durable et inclusive, libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l’UE», qui reflète l’engagement sans faille de la Commission à l’égard de ces régions au moyen d’approches territorialisées et d’un soutien sur mesure conformément au traité;

24.

souligne que les petites villes et les villages peuvent assumer une fonction essentielle dans la conception et la mise en œuvre des processus intégrés de développement territorial, et demande à la Commission de promouvoir le rôle des investissements territoriaux intégrés (ITI) et du développement local participatif (DLP), ainsi que d’autres instruments territoriaux soutenant les initiatives mises en place par les États membres, en créant, dans le cadre de la politique de cohésion, un réseau de conseil et de soutien ayant pour but d’encourager le recours à ces instruments, en particulier dans les zones urbaines peu étendues faisant office de centres régionaux, et de s’assurer que les gouvernements nationaux soutiendront toutes les initiatives relatives aux ITI et au DLP, notamment dans les régions qui en ont le plus besoin, comme les régions moins développées et celles qui sont moins avancées sur le plan du développement local;

25.

estime que les multiples crises auxquelles l’Union européenne est actuellement confrontée confirment la nécessité de ne pas prendre de retard dans la mise en œuvre du pacte vert pour l’Europe et de lui imprimer un nouvel élan en 2023 par la voie législative; se félicite dès lors que le seuil minimal de 37 % des fonds de la facilité pour la reprise et la résilience alloués à la transition écologique ait été dépassé, d’après le premier rapport annuel sur la mise en œuvre de la FRR;

Transition écologique et durabilité

26.

invite la Commission à engager avec les collectivités locales et régionales un dialogue sur la mise en œuvre des initiatives découlant du pacte de Glasgow pour le climat et des futures conclusions de la COP 27, ainsi qu’à soutenir la collaboration à plusieurs niveaux et les contributions déterminées au niveau local; appelle la Commission à reconnaître le rôle des collectivités locales et régionales dans la réalisation des objectifs fixés au titre de l’accord de Paris et dans la diplomatie climatique infranationale; lance un appel pour que les efforts s’unissent dans un cadre mondial de la diversité biologique pour l’après-2020 qui soit porteur d’ambitions, afin de veiller à ce que se concrétise, à l’horizon 2050, la vision commune de «vivre en harmonie avec la nature»;

27.

s’inquiète de constater le ralentissement des progrès accomplis pour promouvoir l’adaptation au changement climatique, au regard des ambitions élevées annoncées dans la nouvelle stratégie de l’Union y afférente, tout comme des ambitions renforcées à l’échelle internationale, telles qu’elles ont été mises en avant par la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dans son appel en faveur d’un objectif mondial en matière d’adaptation au changement climatique;

28.

invite la Commission à intégrer de façon stricte le principe de la suffisance énergétique dans le cadre législatif de l’Union, en encourageant des actions systématiques pour économiser l’énergie, accompagner et accélérer la transition vers une énergie propre, renouvelable, abordable et sûre, et demande à celle-ci et aux colégislateurs d’œuvrer à la mise en place d’un cadre législatif stable, propre à évaluer et combattre la précarité en matière d’énergie et de mobilité; demande à faire partie du groupe de coordination sur la précarité énergétique et les consommateurs vulnérables; souligne que les communautés d’énergie renouvelable constituent un instrument essentiel pour promouvoir l’utilisation généralisée des sources d’énergie renouvelables et parvenir à un système énergétique décentralisé et sécurisé; invite la Commission et les États membres à collaborer avec les collectivités régionales pour lever les obstacles à leur développement et concevoir des incitations supplémentaires en leur faveur, ainsi qu’à soutenir les investissements que requièrent de tels processus; rappelle, dans ce contexte, qu’il ne faut pas oublier les régions où la transition énergétique sera plus coûteuse en raison de leur isolement énergétique, comme c’est le cas des îles et des régions ultrapériphériques;

29.

demande à la Commission de s’atteler à un cadre législatif permanent du pacte vert qui intègre mieux les objectifs de développement durable et associe de manière structurelle les collectivités locales et régionales à une révision approfondie du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat;

30.

prie la Commission de continuer à soutenir les travaux de la Convention européenne des maires, ainsi que les initiatives comme la mission de l’Union sur les villes intelligentes et neutres pour le climat, qui représentent des instruments clés pour mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe dans les villes et les régions de l’Union et pour aider les collectivités locales et régionales à atteindre les objectifs fixés en matière d’adaptation;

31.

incite la Commission à coopérer avec les États membres pour mettre au point un cadre de financement et de soutien à même de stimuler la réalisation des objectifs de rénovation des bâtiments qu’occupent les pouvoirs publics infranationaux, afin de s’assurer que ces normes proposées dans la directive relative à l’efficacité énergétique puissent être mises en pratique; rappelle, à cet égard, l’importance de fournir aux collectivités locales et régionales un financement direct en faveur de mesures d’efficacité énergétique, ainsi que des orientations et un soutien supplémentaires, en particulier lorsqu’il s’agit de rénover des bâtiments historiques;

32.

s’engage à continuer d’apporter sa coopération à la plateforme des acteurs concernés par l’ambition «zéro pollution», en promouvant une approche de gouvernance à plusieurs niveaux pour le plan d’action «zéro pollution», notamment en ce qui concerne son suivi, puis, à un stade ultérieur, la création d’un tableau de bord compilant les performances écologiques des régions de l’Union;

33.

se prononce en faveur de la proclamation d’une Année européenne pour des villes plus vertes et se déclare prêt à prendre une part active à cette initiative;

34.

est favorable à une approche globale des politiques environnementales, qui soit ancrée dans les territoires et adaptée aux zones concernées, et préconise une fois de plus l’élaboration d’une loi sur l’océan, dans le même esprit que celle relative au climat;

35.

préconise d’accorder davantage d’importance aux chaînes de valeur agroalimentaires courtes et de reconnaître la diversité des systèmes de production européens, y compris les systèmes de production différents qui visent à valoriser des modes de production, de transformation et de commercialisation locaux et régionaux en vue d’accroître l’autonomie alimentaire à ces mêmes échelons; demande de faciliter l’octroi d’un soutien à des projets territoriaux collectifs qui associent transformateurs, collectivités locales, entreprises agricoles, exploitations forestières, commerçants, coopératives, associations de producteurs locaux et consommateurs locaux afin d’étoffer l’offre alimentaire locale;

36.

souligne la nécessité de concevoir des mesures reposant sur un soutien économique à court et moyen terme et sur des politiques sociales structurelles destinées à favoriser l’accès des groupes les plus vulnérables à un système alimentaire plus durable et sain, contribuant ainsi à lutter contre l’obésité et la malnutrition, et notamment d’élaborer un plan d’action européen contre l’obésité infantile pour l’après-2020;

37.

appelle de ses vœux un système efficace de gouvernance à plusieurs niveaux combinant missions européennes, stratégies de développement local et régional, mesures de relance liées à la COVID-19 et financement de l’innovation par l’intermédiaire des Fonds structurels, afin de parvenir à rendre l’Union plus écologique, plus saine, plus inclusive et plus résiliente;

38.

soutient fermement l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale lancée récemment pour combiner le concept de spécialisation intelligente avec l’approche axée sur la mission appliquée aux transitions écologique et numérique; suggère que l’Union apporte un soutien supplémentaire en vue de promouvoir les missions territoriales et les écosystèmes d’innovation locaux par l’intermédiaire des pôles de l’Espace européen de la recherche, pour leur permettre de jouer un rôle actif dans cet espace et de contribuer à combler le fossé en matière d’innovation dans l’Union;

39.

fait observer que le nouveau Bauhaus européen ne peut être mis en œuvre que par l’intermédiaire d’une gouvernance à plusieurs niveaux et d’une approche territorialisée, conçue comme un réseau interconnecté de pôles régionaux ou locaux plutôt que comme une antenne géographique unique; réitère sa proposition d’instaurer un système de coupons simple d’utilisation afin d’apporter un appui concret aux villes et aux régions désireuses de faire partie de la communauté du nouveau Bauhaus européen;

40.

attend de la Commission qu’elle intègre davantage la dimension de genre dans ses processus politiques, notamment en proposant une méthode d’évaluation de l’impact des programmes de l’Union sur l’égalité entre les hommes et les femmes;

41.

reconnaît pleinement la nécessité de prendre des mesures décisives pour atteindre les objectifs climatiques que s’est assignés l’Union dans le secteur des transports; estime que tous les modes de transport doivent devenir plus durables, et que le transport routier se doit de réduire les émissions qu’il produit en privilégiant une combinaison de carburants de substitution durables à long terme et les véhicules à émissions nulles; il est également important de prendre en considération la perspective du cycle de vie afin de réduire au minimum les émissions de gaz à effet de serre du début à la fin du processus («du puits à la roue»), et pas seulement au niveau du pot d’échappement; presse vivement la Commission, compte tenu de la transformation radicale que devra nécessairement opérer le secteur automobile dans toutes les régions, et afin de garantir qu’aucune d’entre elles ne soit laissée pour compte, de compenser les répercussions de normes plus strictes en matière d’émissions de CO2 applicables aux voitures et aux camionnettes, grâce à un mécanisme européen visant à soutenir une transition juste et socialement équitable dans les régions d’Europe où sont implantés les industries automobiles et les équipementiers;

Transition numérique et industrie

42.

encourage fortement la diffusion des résultats de la recherche et des bonnes pratiques auprès des acteurs locaux de l’innovation, notamment grâce à des initiatives telles que la plateforme d’échange de connaissances et «La science à la rencontre des régions», ainsi que des activités menées actuellement par l’Institut européen d’innovation et de technologie et le Conseil européen de l’innovation, qui ciblent principalement les start-up et les entreprises à fort potentiel de croissance dans les régions d’Europe;

43.

salue les travaux entrepris par la Commission dans le cadre du mouvement «Join, Boost, Sustain» (s’unir, stimuler et soutenir), et se déclare prêt à poursuivre ses activités d’expertise sur les indicateurs numériques locaux et régionaux, ainsi qu’à aider la Commission à fournir aux villes et aux municipalités des outils appropriés pour mesurer la transformation numérique;

44.

invite la Commission, dans le contexte de l’élaboration de son avis sur la cohésion numérique, à engager un dialogue avec lui et avec les associations territoriales sur les moyens de 1) recenser et surveiller les fractures numériques grandissantes, 2) rendre l’Union plus cohésive sur le plan numérique et 3) mettre en œuvre les recommandations sur la transformation numérique présentées par la conférence sur l’avenir de l’Europe et par lui-même;

45.

accueille favorablement la proposition de la Commission relative à la loi sur les données, et attend avec intérêt de recevoir un projet de règlement sur la stratégie d’interopérabilité qui devrait favoriser un partage juste et équitable des données, en particulier entre les pouvoirs publics à différents niveaux et entre les entités privées, et qui raffermira la confiance entre les entreprises privées et les autorités publiques;

46.

attend avec intérêt la publication d’une nouvelle initiative législative visant à créer un instrument du marché unique pour les situations d’urgence, et se félicite de l’annonce de la Commission selon laquelle le but de cet instrument sera de renforcer la gouvernance européenne du marché unique en temps de crise afin d’anticiper et de prévenir les perturbations; demande par ailleurs que tous les acteurs concernés, y compris les collectivités locales et régionales, soient associés aux mécanismes de préparation et de réaction aux crises;

47.

souligne l’importance que revêt une stratégie industrielle davantage coordonnée sur le plan politique et applicable à grande échelle, pour ne pas exclure les régions les plus éloignées, qui ne disposent pas de facteurs de localisation industrielle et dont les structures économiques sont peu diversifiées, mais qui peuvent mettre en place des entreprises de services qui sont complémentaires aux entreprises industrielles que la stratégie européenne vise à relocaliser sur le territoire de l’Union;

48.

rappelle la recommandation qu’il a faite à la Commission de lier plus étroitement sa future politique industrielle et la garantie de sa pérennisation et de prendre en compte les enseignements tirés d’écosystèmes régionaux compétitifs, l’importance des technologies clés génériques et la nécessité de trouver un équilibre entre compétitivité et autonomie stratégique ouverte;

49.

suggère à la Commission d’améliorer et de resserrer le lien entre la politique de cohésion et le volet «aides d’État» de la politique de concurrence, en autorisant le cofinancement, par les fonds REACT-EU, des mesures mises en œuvre au titre du cadre temporaire de crise pour les aides d’État avec pour visée de soutenir l’économie à la suite de l’agression menée par la Russie à l’encontre de l’Ukraine;

Coopération transfrontalière et mobilité

50.

constate que des obstacles juridiques et administratifs continuent d’entraver le développement des régions frontalières européennes, et invite la Commission à proposer un instrument permettant aux États membres de se coordonner lors de la transposition des directives européennes pour éviter la création de nouveaux obstacles juridiques aux frontières; appelle également la Commission à rouvrir le dialogue avec le Conseil sur la proposition de règlement relatif au mécanisme transfrontalier européen, ou à proposer un autre instrument grâce auquel les régions frontalières européennes seraient en mesure de trouver efficacement des solutions aux obstacles qu’elles rencontrent;

51.

demande à la Commission de présenter une proposition pour maintenir la coopération transfrontalière terrestre et maritime en cas de crise à l’échelle de l’Union ou d’une région, et d’allouer un financement adéquat aux projets visant à développer la connectivité et l’intermodalité transfrontalières; le mécanisme pour l’interconnexion en Europe devrait toujours comporter des appels spécifiques pour construire les tronçons transfrontaliers manquants, et il convient d’accroître la contribution que le programme Interreg apporte pour financer la suppression de ces goulets d’étranglement dans le domaine des transports; les investissements durables et à long terme effectués par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissement et des banques et institutions nationales de développement devraient également financer des projets transfrontaliers;

52.

se réjouit que la Commission ait lancé une consultation publique sur le thème «Fuite des cerveaux — atténuer les problèmes liés au déclin de la population», et réitère son appel en faveur du recensement et de la mise en œuvre de réponses de types différents pour chacune des sous-composantes dudit phénomène, à savoir l’afflux, le gaspillage, la circulation et la réémigration des cerveaux, ainsi que pour la migration de la main-d’œuvre qualifiée;

53.

se félicite de la révision ambitieuse des orientations pour le développement des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T), en particulier de la meilleure intégration des nœuds urbains dans le réseau longue distance et de l’amélioration de la gouvernance des corridors européens; néanmoins, la mise en œuvre de l’infrastructure dans les délais fixés pour chaque couche du réseau nécessitera un effort financier considérable aux niveaux européen, national et régional; encourage le lancement de discussions sur la prochaine, et troisième, génération du mécanisme pour l’interconnexion en Europe dans le but de garantir la continuité et la disponibilité des financements;

54.

accueille favorablement la proposition de la Commission relative au nouveau cadre de mobilité urbaine, tout en préconisant qu’une plus grande attention soit accordée à la promotion de la mobilité active et des transports publics; il est nécessaire de combler les importants déficits de financement auxquels sont confrontées les collectivités locales et régionales dans les zones urbaines et périurbaines, tout comme de garantir l’inclusivité des régions rurales en matière de transports, dans l’optique d’atteindre les objectifs de décarbonation de l’Union;

Protection sociale, éducation et jeunesse

55.

réaffirme la nécessité d’associer davantage les jeunes aux processus et décisions démocratiques à tous les niveaux de gouvernance, et souligne qu’en intégrant les questions liées à la jeunesse dans tous les domaines d’action pertinents, l’Union s’assurerait que l’Année européenne de la jeunesse 2022 lègue un héritage solide;

56.

fait valoir qu’il importe de faciliter l’accès de chacun, et en particulier des jeunes, à la protection sociale et à un logement abordable et durable, notamment au moyen de financements européens, ainsi que de lutter contre l’emploi précaire des jeunes, en réponse à la détérioration de la situation que connaît la jeunesse européenne à la suite de la pandémie de COVID-19;

57.

invite instamment la Commission à proposer un cadre réglementaire de l’Union pour mettre fin aux stages non rémunérés;

58.

demande à la Commission de créer un programme européen en matière de logement, qui permettrait de répondre efficacement aux difficultés auxquelles le secteur du logement est confronté et d’en exploiter les possibilités, en mettant réellement en œuvre la stratégie pour une vague de rénovations; demande par conséquent que les investissements immobiliers à long terme ne soient pas comptabilisés parmi les dépenses structurelles nationales ou assimilées au sens du pacte de stabilité et de croissance;

59.

invite la Commission à mettre à jour sa recommandation du Conseil datant de 2011 concernant les politiques préventives de réduction de l’abandon scolaire, dans un contexte marqué par les grands défis sociétaux apparus ces dernières années;

60.

souligne qu’il est urgent d’améliorer l’éducation numérique en tant qu’objectif stratégique fondamental pour un enseignement et un apprentissage de haute qualité à l’ère numérique; la maîtrise des compétences numériques donne aux citoyens actuels et à venir les moyens de faire face plus efficacement à la quatrième révolution industrielle, actuellement en cours (révolution numérique), et à la toute prochaine «cinquième révolution» correspondant à l’industrie 5.0;

61.

insiste à nouveau sur la nécessité de garantir la mise en œuvre intégrale du socle européen des droits sociaux et de ses grands objectifs pertinents pour 2030; demande instamment à la Commission d’élaborer, à cet égard, une stratégie européenne globale de lutte contre la pauvreté qui prévoie également des mécanismes efficaces de suivi et de collecte de données, y compris au niveau infranational;

62.

plaide pour que les collectivités locales et régionales soient associées à la conception et à la mise en œuvre des propositions en faveur de marchés du travail inclusifs et de politiques sociales plus fortes;

Santé, protection civile et tourisme

63.

souscrit sans réserve à la recommandation émise par la conférence sur l’avenir de l’Europe de renforcer la résilience des systèmes de santé en Europe, et rappelle que, dans les deux tiers des États membres, leur gestion est décentralisée, aussi les régions représentent-elles des partenaires essentiels dans l’examen et la mise en œuvre de toute nouvelle politique visant à réduire la dépendance de l’Union à l’égard des fournisseurs étrangers de médicaments, à coordonner la recherche et le financement, à accélérer la constitution de stocks stratégiques, à consolider la production et, enfin, à examiner la vulnérabilité des systèmes de santé; à cet égard, invite la Commission à se pencher sur une nouvelle législation, à l’instar du règlement européen sur les semi-conducteurs, pour accroître l’indépendance de l’Union dans le domaine des principes actifs, des médicaments préfabriqués et des contre-mesures médicales de toutes sortes;

64.

attend de la Commission qu’elle présente des propositions concrètes pour mettre en œuvre ses recommandations visant à faciliter, pour les patients, les professionnels de santé, les organismes d’assurance maladie et les pouvoirs publics, l’application de la directive sur les droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers; réclame en particulier davantage d’orientations et de soutien actif (logistique, juridique et financier) à l’intention des régions frontalières impliquées, ou qui envisagent de s’engager, dans la coopération transfrontalière en matière de santé;

65.

escompte que la Commission proposera des mesures lors de la prochaine révision de la législation pharmaceutique en vue de garantir que tous les patients aient accès en temps utile à des médicaments essentiels, novateurs et abordables, quel que soit leur lieu de résidence, et de traiter les causes profondes des pénuries de produits pharmaceutiques;

66.

réaffirme la nécessité d’un plan clair en vue d’un engagement à long terme et de moyens financiers accrus en faveur du mécanisme de protection civile de l’Union et de ses instruments, sur le plan tant de la prévention et de la préparation aux catastrophes que de la capacité collective de réaction aux situations d’urgence; se tient prêt à contribuer aux travaux du réseau européen de connaissances en matière de protection civile grâce à l’expertise régionale et locale dont il dispose s’agissant de la gestion des catastrophes;

67.

continue de réclamer l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour le tourisme européen, et demande à la Commission de présenter, enfin, un programme européen pour le tourisme 2030/2050 afin de soutenir la double transition écologique et numérique des destinations touristiques européennes, en particulier des régions ultrapériphériques, en améliorant leur compétitivité et en facilitant aussi bien la reprise de l’économie et de l’emploi touristique que la relance résiliente de leurs activités, ainsi que l’exercice du droit à un tourisme sûr et sans restrictions par les citoyens de l’Union européenne;

Coopération extérieure

68.

attend de la Commission qu’elle donne suite à sa demande de conférer une plus grande profondeur territoriale aux relations entre le Royaume-Uni et l’Union et qu’elle envisage des moyens d’associer structurellement, par son entremise, les collectivités locales et régionales au partenariat avec le Royaume-Uni et au cadre institutionnel prévu par l’accord de commerce et de coopération; souligne qu’au-delà dudit accord, les relations entre l’UE et le Royaume-Uni devraient également tirer parti des possibilités encore inexploitées de coopération entre les collectivités locales et régionales de chacune des deux parties, pour relever ensemble des défis communs, tels que la gestion durable de la mer du Nord, de la Manche et de la mer d’Irlande, ou encore la mise en œuvre des objectifs de développement durable à l’échelon local et régional;

69.

invite la Commission à tenir compte des contraintes supplémentaires des régions ultrapériphériques lors de l’élaboration de la législation sur le tourisme, étant donné que ces régions dépendent fortement du tourisme pour leur développement économique, social et culturel; alerte, dans ce contexte, sur la nécessité de garantir un financement adéquat pour préserver l’accessibilité des régions ultrapériphériques et y tenir compte de la transition climatique et numérique;

70.

propose de créer un cadre permettant de prendre officiellement en compte l’action infranationale dans le processus défini par la CCNUCC ou encore dans l’élaboration de la politique climatique de l’UE qui en découle;

71.

invite la Commission à reconnaître le rôle que les collectivités locales et régionales et que la coopération entre pairs peuvent jouer pour contribuer à la paix et à la prospérité dans les pays tiers, à l’exemple de l’initiative de Nicosie;

72.

se félicite des conclusions de la Commission sur les candidatures de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie à l’adhésion à l’Union européenne et salue la décision du Conseil européen qui s’en est ensuivie d’accorder le statut de pays candidat à l’Ukraine et à la République de Moldavie et de reconnaître la perspective européenne de la Géorgie; invite, dans ce contexte, la Commission à entreprendre une révision de l’initiative du partenariat oriental et une analyse approfondie des relations avec les six pays qui y partenaires de l’Union, en mettant davantage l’accent sur les efforts qu’ils déploient en matière d’intégration européenne;

73.

exprime son soutien à l’adhésion à l’Union européenne de tous les pays des Balkans occidentaux, à condition que ceux-ci remplissent tous les critères d’adhésion; souligne qu’il importe d’envoyer des signaux positifs aux pays des Balkans occidentaux afin de fortifier leur engagement en faveur du processus — qui malheureusement s’étire dans le temps — d’adhésion à l’Union européenne;

74.

charge son président de transmettre la présente résolution aux institutions européennes et aux présidences du Conseil de l’UE.

Bruxelles, le 29 juin 2022.

Le président du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


(1) COR-2020-01392-00-00-RES-TRA.


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