| CELEX | 52022XR4332 |
| Type | Communication |
| Date | mercredi 12 octobre 2022 |
| 30.12.2022 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 498/1 |
Résolution du Comité européen des régions sur l’état des régions et des villes dans l’Union européenne
(2022/C 498/01)
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
VU:
| — | son «Rapport annuel de l’Union européenne sur l’état des régions et des villes», dont l’approche est inclusive, factuelle et fondée sur des données probantes, qui comprend le baromètre régional et local reprenant les points de vue des représentants locaux et régionaux, qui associe plusieurs partenaires et institutions (1) et fournit aux responsables politiques aux niveaux européen, national, régional et local des éléments probants et des recommandations clés sur les défis les plus pressants pour l’année à venir, |
| — | les résultats de la conférence sur l’avenir de l’Europe et les nombreuses propositions présentant un intérêt direct pour les collectivités locales et régionales, qui sont essentielles pour apporter des solutions aux préoccupations des citoyens, |
| — | le discours sur l’état de l’Union de 2022 prononcé par la présidente de la Commission européenne le 14 septembre 2022 et la lettre d’intention à la présidente du Parlement européen et au président du Conseil, |
CONSIDÉRANT CE QUI SUIT:
| — | la guerre illégale et injustifiée menée par la Russie contre l’Ukraine a causé — et cause encore — la mort et la destruction, et oblige des millions de personnes à quitter leur foyer pour s’installer ailleurs en Ukraine ou dans l’Union européenne et, en particulier, dans ses États membres de l’Est, et les collectivités locales et régionales sont en première ligne pour leur apporter du soutien, |
| — | en plus des effets du changement climatique, des conséquences de la pandémie de COVID-19 et des perturbations des échanges commerciaux, l’incidence de la guerre en Ukraine met également à rude épreuve un grand nombre de ménages, de petites et moyennes entreprises et d’administrations locales et régionales dans l’ensemble de l’Union, en raison de la pression supplémentaire considérable exercée par les prix de l’énergie et des denrées alimentaires ou encore de la hausse constante de l’inflation, |
| 1. | indique, dans son «Rapport annuel de l’Union européenne sur l’état des régions et des villes», être préoccupé par la fracture territoriale croissante observée au sein de l’Union à cause des répercussions de la pandémie de COVID-19, de la guerre en Ukraine et de l’accélération du changement climatique; |
| 2. | regrette que, dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission n’ait pas reconnu le rôle actif et central des collectivités locales et régionales pour faire face à ces difficultés, ni la nécessité de renforcer la gouvernance à plusieurs niveaux dans l’élaboration des politiques européennes et de faire de la cohésion l’objectif général de l’Union, comme le prévoit déjà le traité de Maastricht, lequel a introduit le principe de subsidiarité et a institué le CdR; |
| 3. | prévient que l’inflation affecte les territoires de manière inégale et risque d’exacerber encore les inégalités territoriales, sociales et économiques existantes, et que l’augmentation des coûts de l’énergie et des transports touche plus durement les groupes vulnérables de citoyens; relève également que les populations des régions à faibles revenus souffrent de manière disproportionnée de la hausse des prix des produits de base et des matières premières, et qu’elles sont dès lors exposées à un risque de pauvreté; |
| 4. | souligne combien la coopération transfrontalière est importante pour approfondir encore l’Union européenne sur les plans social, économique et administratif. Un tiers de la population de l’UE vit dans des régions frontalières, à proximité de grandes villes ou de centres économiques souvent situés de l’autre côté de la frontière. Il convient de mieux tirer parti de ce potentiel inexploité dans les domaines des soins de santé, de la gestion de crise, de l’approvisionnement énergétique, de la mobilité, de l’éducation et du travail, et de prévoir un soutien distinct en la matière; |
| 5. | demande à l’Union européenne d’aider tant les villes et régions de ses États membres que celles d’Ukraine à faire face aux difficultés découlant de la guerre; fait valoir que la reconstruction de l’Ukraine est une nécessité, un devoir moral et un investissement pour l’Union elle-même, et que ce processus doit se faire selon le principe du «reconstruire en mieux» de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et garantir des approches durables, écologiques et numériques pour un développement territorial intégré; fait observer que la combinaison de la reconstruction de l’Ukraine et des conséquences que la guerre et la pandémie ont produites dans l’Union européenne nécessitera de redéfinir clairement les priorités de l’actuel cadre financier pluriannuel; fait valoir que l’on constate dès à présent que les communes, les régions et les États membres de l’Union sont dans une situation économique tendue et que la reconstruction de l’Ukraine devra également aller de pair avec la promotion d’une démocratie locale fondée sur des partenariats solides avec les collectivités locales et régionales de l’Union européenne; estime qu’un processus de reconstruction décentralisé donnerait en outre aux citoyens ukrainiens une perspective de rester dans leur pays et permettrait ainsi de limiter de nouveaux flux migratoires; rejette dans le même temps les obstacles à l’immigration des citoyens ukrainiens et demande qu’une révision de la directive 2001/55/CE du Conseil (2) relative à la protection temporaire soit réalisée dès que possible, afin d’offrir aux réfugiés une garantie de séjour de plus de trois ans; |
| 6. | estime que le soutien aux réfugiés ukrainiens devrait pousser à la mise en place d’une réforme du régime d’asile et de migration de l’Union fondée sur la solidarité, et inciter au partage équitable des charges et au respect des droits fondamentaux ainsi qu’à la protection des frontières extérieures; rappelle que cette réforme est d’autant plus urgente que la flambée des prix des denrées alimentaires dans le monde peut provoquer un afflux de migrants vers les villes et les régions de l’Union; |
| 7. | souligne que les collectivités locales et régionales sont elles aussi touchées par la flambée des factures d’énergie pour les services publics et par les effets de l’inflation sur les marchés publics et les salaires; estime que les collectivités locales et régionales doivent être considérées comme des partenaires actifs dans les campagnes de sensibilisation aux économies d’énergie, dans les nouveaux projets de production d’énergie renouvelable, ainsi que dans les plans d’urgence en cas de pénurie d’énergie, de manière à tenir compte des circonstances locales et des solutions transfrontalières; attire également l’attention sur le potentiel de la production locale d’énergie renouvelable afin de diversifier le bouquet énergétique de l’Union et de réduire notre dépendance à l’égard des pays tiers, et demande que les régimes de financement de l’Union, les marchés publics et les règles en matière d’aides d’État soient adaptés afin que les plans d’investissement locaux restent également opérationnels en période d’inflation élevée; |
| 8. | demande aux institutions de l’Union et aux États membres de mettre en place des mesures extraordinaires pour soutenir les collectivités locales et régionales dans leurs actions visant à atténuer les effets de la pénurie d’énergie sur les ménages, les populations vulnérables et les petites et moyennes entreprises locales, ainsi qu’à maintenir les services publics opérationnels, notamment en allouant à ces acteurs une part des recettes fiscales provenant des bénéfices exceptionnels des entreprises actives dans le domaine de l’énergie; |
| 9. | préconise que la Commission européenne propose sans délai un plafond de prix à l’échelle de l’Union pour toutes les importations de gaz vers l’Union européenne et soutienne le découplage des prix entre le gaz et l’énergie, ce qui contribuerait à calmer la pression inflationniste; |
| 10. | invite l’UE à élaborer, dans le respect du principe de subsidiarité, une politique européenne de santé qui renforce son degré de préparation face aux crises et sa capacité à réagir aux menaces sanitaires et soutienne les efforts déployés par les communes et les régions pour améliorer la santé publique, prévenir les maladies et éliminer les risques en la matière; |
| 11. | comprend qu’il y a lieu de donner aux villes et aux régions la possibilité de tirer le meilleur parti du programme Next Generation EU et de se concentrer sur les investissements à long terme, et que, pour ce faire, les règles de gouvernance économique doivent être réévaluées et le calendrier des mesures de relance être prolongé jusqu’à ce que les régions de l’Union retrouvent leur situation macroéconomique antérieure à la COVID-19; |
| 12. | dans ce contexte, étant donné que la pandémie de COVID-19 et l’invasion russe de l’Ukraine empêchent nos régions et nos villes d’amorcer une reprise forte, demande instamment à la Commission européenne, au Conseil et au Parlement européen de modifier les règlements financiers, en vue de prolonger les délais de certification des projets REACT-EU, conformément au calendrier de la facilité pour la reprise et la résilience, afin d’assurer une reprise complète dans nos territoires en optimisant l’utilisation des financements européens; |
| 13. | se félicite, dans ce contexte, de l’intention annoncée par la présidente de la Commission de procéder de façon effective à un réexamen à mi-parcours du cadre financier pluriannuel; fait valoir que cet examen à mi-parcours devrait consolider la politique de cohésion malgré son taux d’exécution actuel et la faiblesse de l’exécution financière, laquelle est principalement liée à la pandémie de COVID-19 et à la concurrence avec la facilité pour la reprise et la résilience (FRR); relève en outre que cet examen à mi-parcours devrait offrir l’occasion de créer un nouveau fonds européen pour faire face, selon la méthodologie de gestion partagée, aux crises imprévues, en commençant par la guerre en Ukraine, dans la mesure où les transferts financiers constants de la politique de cohésion vers les dispositifs de réponse d’urgence entravent la capacité de la politique de cohésion à remplir le rôle qui lui a été conféré par les traités européens; |
| 14. | demande que soient immédiatement entamées les réflexions sur l’avenir de la politique de cohésion, dans le cadre d’une approche inclusive associant l’ensemble des parties prenantes et des citoyens; précise que l’Alliance pour la cohésion servira de plateforme commune de discussion et d’échange permettant aux institutions de l’UE d’engager un dialogue constructif avec les villes et les régions; demande que le principe de «ne pas nuire à la cohésion» soit appliqué dans toutes les politiques pertinentes de l’UE, notamment en mettant en œuvre des analyses d’impact territorial systématiques et en comblant les lacunes en matière de développement dans les territoires confrontés à des défis démographiques et géographiques spécifiques, et invite la Commission à œuvrer en étroite collaboration avec lui pour définir ce principe; |
| 15. | souscrit à la proposition avancée par le Parlement européen de mettre en place un pacte des îles et un programme de l’Union européenne pour les îles, avec la participation des principales parties prenantes, à savoir les autorités nationales, régionales et locales, les acteurs économiques et sociaux, la société civile, le milieu universitaire et les organisations non gouvernementales, sur le modèle du pacte urbain et du futur pacte rural; rappelle à la Commission qu’il est nécessaire de réaliser une étude sur les diverses situations des territoires insulaires de l’Union européenne; |
| 16. | souligne que 43 % des citoyens européens ont placé les collectivités locales et régionales au cœur de l’action pour le climat (soit une augmentation de 10 % entre 2019 et 2021, compte tenu du confinement et de la relance liés à la COVID-19), et que 160 villes situées dans 21 États membres ont présenté des plans d’action en matière d’adaptation dans le cadre de la Convention des maires pour le climat et l’énergie; invite les autres municipalités et régions à suivre ces exemples de bonnes pratiques; |
| 17. | estime que l’adaptation et la réponse à la crise climatique, ainsi que la préservation et la restauration de l’environnement, sont essentielles pour construire des sociétés et des économies plus résilientes et plus durables, et qu’il convient de concevoir des mesures de réaction au niveau local, en fonction des besoins et des caractéristiques spécifiques des territoires; réitère par conséquent son appel en faveur d’un accès simplifié aux fonds de l’UE à destination des collectivités locales et régionales qui mettent en œuvre les politiques du pacte vert; |
| 18. | demande que les efforts conjoints fournis dans la lutte contre le changement climatique soient renforcés aux niveaux européen et national, les catastrophes naturelles touchant près de 50 millions de personnes dans l’Union et ayant entraîné en moyenne une perte économique de 12 milliards d’euros par an au cours des quarante dernières années; insiste dans le même temps sur la nécessité croissante de combiner les politiques climatique, environnementale et sociale, afin de veiller, tout en accélérant l’indispensable transition écologique, à ne laisser aucune personne ni aucun territoire de côté; souligne à cet égard l’importance de protéger, d’évaluer et d’adapter les infrastructures régionales et locales afin de mieux faire face à l’aggravation des phénomènes climatiques dont les effets touchent les citoyens, les économies régionales, les infrastructures clés et les chaînes d’approvisionnement; |
| 19. | se félicite de l’annonce faite par la présidente de la Commission européenne dans son discours sur l’état de l’Union s’agissant de doubler la capacité de l’Union en matière de lutte contre les incendies; |
| 20. | note le vif intérêt que les villes manifestent quant à leur participation à la mission de l’Union pour des villes neutres pour le climat et intelligentes, et demande que soit adoptée une approche plus inclusive des transitions numérique et de la mobilité, y compris en renforçant les mesures visant à promouvoir la décarbonation et le transfert modal dans les zones urbaines, ainsi que la connectivité entre zones urbaines et rurales, pour éviter d’exacerber encore les inégalités régionales existantes; |
| 21. | réclame la pleine représentation des collectivités infranationales, par l’intermédiaire des membres du CdR, à la délégation de l’UE à la COP 27 de la CCNUCC et à la COP 15 de la CDB des Nations unies; fait observer que la COP 27 offrira l’occasion de reconnaître officiellement le rôle des collectivités locales et régionales pour relever le niveau d’ambition et accélérer l’action en matière d’atténuation du changement climatique, d’adaptation à celui-ci et de financement, et réitère son appel en faveur de l’inclusion de contributions locales et régionales en complément des contributions déterminées au niveau national; |
| 22. | demande une révision approfondie du règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie pour jeter les bases d’un engagement systématique des villes et des régions dans la planification et la mise en œuvre des plans nationaux en matière d’énergie et de climat; affirme qu’une telle révision devrait aussi permettre de mettre en place un cadre global de l’Union pour lutter contre la précarité en matière d’énergie et de mobilité; |
| 23. | insiste sur l’importance des plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR) au titre de la FRR pour soutenir la transition écologique et numérique et réaliser les objectifs de développement durable; est d’avis que, dans la mesure où les villes sont responsables de près de 75 % de la consommation mondiale d’énergie, de 70 % des émissions mondiales de CO2, de 70 % des mesures d’atténuation du changement climatique et de 90 % des mesures d’adaptation au changement climatique, et compte tenu de l’augmentation rapide du nombre de collectivités locales et régionales engagées à agir, les villes doivent devenir des partenaires à part entière dans l’élaboration et la mise en œuvre des initiatives du pacte vert, en particulier dans des domaines d’action tels que le logement, la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables, la mobilité durable ou l’écologisation urbaine, et dans le cadre d’initiatives telles que le nouveau Bauhaus européen; |
| 24. | réitère, dans ce contexte, son appel en faveur d’une stratégie européenne en matière de logement visant à stimuler l’offre de logements abordables, durables, sociaux et d’urgence. Il convient notamment, dans le cadre de cette stratégie, qui doit être conforme au principe de subsidiarité, d’inclure dans le Semestre européen et les programmes nationaux de réforme un objectif quantitatif d’investissement public national en faveur de logements abordables, durables, sociaux et d’urgence dans tous les États membres de l’Union, de faciliter l’accès aux investissements privés en incluant les logements abordables, sociaux et d’urgence dans la future taxinomie sociale de l’UE; |
| 25. | réaffirme la nécessité d’associer les collectivités locales et régionales à l’évaluation et à la mise en œuvre de la FRR et des PNRR dans le but de garantir également une utilisation des fonds de relance qui soit cohérente avec celle des Fonds structurels et d’investissement européens; considère que, bien que l’instrument soit fondé d’un point de vue juridique sur la politique de cohésion, la participation des collectivités locales et régionales s’est révélée bien trop limitée dans de nombreux États membres, ce qui a engendré des obstacles entravant sa bonne mise en œuvre et créé le risque d’un manque de synergies entre les plans définis au niveau national et les priorités et stratégies de développement régionales et locales; |
| 26. | met en évidence l’écart important qui subsiste en matière d’innovation: sur les 20 régions qui enregistrent les dépenses de recherche et développement les plus élevées, 19 sont plus développées que les autres, tandis que les deux tiers des 50 régions qui enregistrent les dépenses les plus faibles dans ce domaine le sont moins; souligne le potentiel élevé de l’action pilote sur les partenariats pour l’innovation régionale pour soutenir la mise au point de solutions territorialisées et la création de «missions territoriales» ascendantes dans le cadre du nouveau programme européen d’innovation, tout en rappelant l’importance des pôles de l’Espace européen de la recherche (EER); |
| 27. | met en avant le rôle de la transformation numérique en tant qu’élément transversal pour surmonter la fracture en Europe dans ce domaine, et relève la nécessité d’une cohésion numérique; fait valoir qu’avec la nouvelle approche de l’élaboration des politiques axée sur les missions, la politique de cohésion doit continuer à soutenir les objectifs à long terme de l’Union, et qu’il y a lieu de combler les fractures numériques au moyen de stratégies globales et inclusives associant tous les niveaux de gouvernement avec pour visée une reprise durable et des sociétés résilientes; |
| 28. | fait observer qu’en 2021, le taux de chômage moyen chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans dans l’Union était de 13 %, soit une baisse de 0,9 point de pourcentage par rapport à 2020, avec d’importantes différences régionales, les taux de chômage des jeunes étant plus élevés dans les régions espagnoles, grecques et italiennes; dans ce contexte, invite instamment la Commission à présenter des propositions visant à lutter contre le chômage de longue durée et le chômage des jeunes, qui ont été l’un comme l’autre exacerbés par la crise; souligne, dans le même ordre d’idées, qu’il est urgent de combler les écarts entre les hommes et les femmes en matière d’emploi, et met aussi en garde contre les risques croissants de pauvreté, y compris la pauvreté des enfants; |
| 29. | se félicite de l’appel lancé par la présidente de la Commission en faveur d’une plus grande solidarité entre les générations, et attire l’attention sur le rôle moteur que joue le CdR dans le dialogue avec les jeunes et les organisations de jeunesse pour définir l’avenir de l’Europe, notamment par l’élaboration d’une charte européenne de la jeunesse et de la démocratie; |
| 30. | prend acte du fait qu’au cours de la période 2011-2020, la proportion de femmes élues à tous les niveaux politiques, du niveau local au niveau national, a augmenté, mais déplore qu’elles ne représentent encore qu’un tiers du total à tous les niveaux, et signale qu’en 2021, seules 16 des 285 assemblées régionales de l’UE ont atteint la parité parmi les candidats élus; reconnaît que sa propre composition est également loin d’être équilibrée entre hommes et femmes, et attend des États membres qu’ils s’emparent de ce problème; lancera dès lors une réflexion sur la manière d’accroître la participation des femmes à ses travaux, ainsi que leur présence à ses postes de direction et parmi ses membres, et invite les États membres à mettre sur pied des initiatives visant à donner aux femmes les moyens d’agir dans l’environnement politique local et régional afin de surmonter la discrimination dans le monde politique et de lutter contre les obstacles auxquels les femmes sont confrontées tout au long de leur parcours, y compris les stéréotypes; |
| 31. | invite instamment les États membres à mettre en place, en associant pleinement les collectivités locales et régionales, toutes les mesures nécessaires pour atteindre rapidement l’objectif fixé par la directive européenne sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique; souligne également qu’il importe que tous les États membres de l’Union ratifient la Convention d’Istanbul, le traité du Conseil de l’Europe visant à créer un cadre global au niveau paneuropéen pour protéger les femmes contre toutes les formes de violence et prévenir, poursuivre et éliminer la violence à l’égard des femmes et la violence domestique; |
| 32. | estime qu’en tant qu’employeurs, prestataires et entités adjudicatrices de services sociaux, les communes et les régions jouent un rôle déterminant pour la cohésion sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes et l’emploi en Europe; fait valoir que s’agissant de concevoir les initiatives de l’UE en matière sociale comme de les mettre à exécution, une participation vigoureuse des partenaires sociaux, des villes et des régions est indispensable si l’on veut que les mesures produisent des effets adéquats et réels pour la mise en œuvre du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux; souligne qu’à cet égard, le Semestre européen assume une fonction déterminante, tandis qu’il appartient à l’échelon local et régional de prendre les décisions et d’assumer la responsabilité de déterminer la manière dont les objectifs communs devront être atteints; juge qu’une dimension territoriale et les objectifs de développement durable devraient également être inclus dans une réforme du Semestre européen; |
| 33. | soutient l’appel lancé par le Parlement européen et par la présidente de la Commission, dans son discours sur l’état de l’Union, en faveur d’une convention visant à réviser les traités; estime qu’il devrait être lui-même pleinement associé à cette convention, pour représenter les élus européens locaux et régionaux, et s’engage pleinement à promouvoir le concept de subsidiarité active et à s’engager davantage auprès des parlements régionaux et des associations de collectivités locales et régionales; considère que la gouvernance à plusieurs niveaux est indispensable à un processus décisionnel européen inclusif et efficace, qui accorde une attention particulière aux régions dotées de pouvoirs législatifs et à leurs compétences légitimes; se félicite, dans ce contexte, de l’intention de la Commission d’intégrer les assemblées citoyennes et d’autres pratiques de démocratie participative dans l’élaboration des politiques de l’UE, soulignant toutefois le rôle des représentants démocratiquement élus qui sont responsables devant leurs électeurs, et s’engage à jouer un rôle actif dans ces processus; |
| 34. | entend proposer des mesures concrètes pour tenir compte de la dimension territoriale des politiques européennes dans la réalisation de l’objectif global de cohésion de l’Union, compte tenu également des propositions de la conférence sur l’avenir de l’Europe ainsi que des besoins spécifiques des régions frontalières et périphériques; |
| 35. | charge son président de transmettre le «Rapport annuel de l’Union européenne sur l’état des régions et des villes» ainsi que la présente résolution aux présidentes du Parlement européen et de la Commission européenne et au président du Conseil européen, ainsi qu’aux chefs d’État ou de gouvernement des 27 États membres de l’UE, et encourage les élus régionaux et locaux en Europe à diffuser le rapport auprès des citoyens et des médias locaux. |
Bruxelles, le 12 octobre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) https://cor.europa.eu/fr/our-work/Pages/State-of-Regions-and-Cities-2022.aspx?origin=spotlight
(2) Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil (JO L 212 du 7.8.2001, p. 12).