| CELEX | 52022XR5222 |
| Type | Communication |
| Date | jeudi 1 décembre 2022 |
| 2.3.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 79/1 |
Résolution du Comité européen des régions sur le programme de travail de la Commission européenne et les priorités politiques du CdR pour 2023
(2023/C 79/01)
LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),
vu:
| — | le programme de travail de la Commission européenne pour 2023 (1), |
| — | son protocole de coopération avec la Commission européenne de février 2012, |
| — | sa résolution sur ses priorités pour la période 2020-2025 (2), |
| — | sa résolution sur ses propositions en vue du programme de travail de la Commission européenne pour 2023 (3), |
| — | son Rapport annuel de l’Union européenne sur l’état des régions et des villes (4), |
| 1. | se félicite que le programme de travail de la Commission européenne pour 2023 s’inspire dans une large mesure des propositions de la conférence sur l’avenir de l’Europe. Étant donné que mettre en œuvre certaines d’entre elles impliquerait de modifier les traités, le CdR souscrit à la demande du Parlement européen et de la présidente de la Commission de convoquer une Convention en vertu de l’article 48 du traité sur l’Union européenne. Il regrette toutefois que le programme de travail à l’examen ne fasse pas état de la conférence sur l’avenir de l’Europe ni ne présente de propositions pour concrétiser les conclusions de cette conférence demandant de mieux reconnaître la valeur ajoutée que les collectivités régionales et locales procurent à la démocratie européenne; |
| 2. | constate avec satisfaction que la Commission s’engage derechef à se servir des objectifs de développement durable à titre de visée d’ensemble pour guider son action, notamment en les intégrant au Semestre européen et aux instruments visant à améliorer la réglementation. Le CdR invite la Commission à reconsidérer dans toute leur ampleur les possibilités que la «localisation» des objectifs de développement durable recèle, notamment dans le cadre de l’examen volontaire programmé de la mise en œuvre desdits objectifs par l’Union européenne, afin de parvenir à une reprise durable et de les réaliser d’ici à 2030; |
| 3. | souligne que les conséquences de la situation actuelle d’urgence climatique, la pandémie de COVID-19, la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et les taux record que l’inflation atteint actuellement sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi que la crise structurelle migratoire et humanitaire qui sévit aux frontières de l’Union européenne et revêt une virulence toute particulière en Méditerranée et dans l’Atlantique, corroborent plus que jamais le rôle éminent de valeur fondamentale de l’Union européenne que joue la cohésion. La politique de cohésion constitue la politique d’investissement la plus importante de l’Union et un instrument essentiel pour soutenir la coopération territoriale et faire progresser la solidarité et l’intégration. C’est pourquoi le CdR, de concert avec ses partenaires de l’Alliance pour la cohésion (#CohesionAlliance) (5), s’attachera en 2023, notamment dans le cadre du réexamen à mi-parcours du cadre financier pluriannuel, à renforcer l’assise de cette politique et ses moyens d’intervention; |
| 4. | s’engage à continuer d’apporter un soutien plein et entier à l’Ukraine, ses régions et ses communes, et à assumer ses responsabilités dans la reconstruction de ce pays, notamment grâce à l’Alliance européenne des régions et des villes pour la reconstruction de l’Ukraine, laquelle devrait être reconnue à titre de partenaire au sein de la plateforme de reconstruction de l’Ukraine. Le CdR s’inquiète que les principes, les modalités de financement et la gouvernance qui président à cette plateforme n’aient toujours pas été présentés. Il souligne qu’il est impératif que le déroulement de cette reconstruction s’effectue selon des approches durables, écologiques et numériques du développement territorial intégré et aille de pair avec la promotion d’une démocratie locale fondée sur des partenariats solides avec les collectivités locales et régionales de l’Union européenne, la transparence et la lutte contre la corruption. Il estime également que la contribution de l’Union à la reconstruction de l’Ukraine appelle une aide financière qui dépasse le cadre financier pluriannuel en vigueur. Les régions et les villes qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés exigent un surcroît d’aide financière de l’Union européenne; |
| 5. | s’engage à continuer de soutenir les représentants des pouvoirs publics infranationaux d’Ukraine, de Moldavie et de Géorgie par le jeu de réunions régulières d’instances aussi bien bilatérales que multilatérales, telles que l’Alliance européenne des villes et des régions pour la reconstruction de l’Ukraine, ainsi qu’en facilitant la coopération entre pairs et en favorisant l’organisation de colonies de vacances pour les enfants dont la vie a été bousculée par la guerre; |
Rapprocher l’Europe de ses citoyens
| 6. | se félicite du nouveau dispositif instauré dans le cadre du processus décisionnel de l’Union européenne, consistant à créer des panels de citoyens européens et à mettre progressivement en place des mécanismes territorialisés de participation, notamment à l’échelon local et régional et avec un soutien approprié de l’Union afin de les financer et d’en développer les capacités. Le CdR estime que ce processus nécessitera de réviser l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» et requiert d’y intégrer une dimension territoriale, en s’appuyant sur l’expérience des collectivités locales et régionales en matière de modalités concrètes de participation. Il fait également valoir la nécessité d’assurer la transparence et d’informer clairement les citoyens du devenir de leurs propositions; |
| 7. | approuve l’accent que met le programme de travail de la Commission sur la nécessité d’élaborer des politiques bien informées, sur la base de données probantes, des principes d’amélioration de la réglementation et d’une prospective stratégique. Dans le prolongement des propositions formulées par la conférence sur l’avenir de l’Europe, le CdR rappelle la contribution que les collectivités locales et régionales, tout comme lui-même, apportent pour étoffer les données probantes aux fins de la législation de l’Union, notamment grâce au monitorage de la subsidiarité, à l’évaluation des incidences territoriales, au réexamen de l’application du «test rural» mené par le réseau RegHub et à la plateforme «Prêts pour l’avenir»; |
| 8. | met en avant le rôle essentiel que jouent les collectivités locales et régionales pour défendre les valeurs européennes et s’attaquer aux problèmes que posent à la démocratie, par exemple, la désinformation et les ingérences malveillantes. Le CdR est disposé à contribuer au train de mesures «Défense de la démocratie» et à la mise à jour du cadre législatif en matière de lutte contre la corruption. Il fait également valoir le rôle essentiel des collectivités locales et régionales pour faire respecter l’état de droit et il escompte que l’organisation de la manifestation annuelle consacrée à la promotion de l’état de droit, telle que prônée par la conférence sur l’avenir de l’Europe, s’appuiera sur une série de rencontres ménagées à l’échelon régional et national et en prolongera les conclusions; |
| 9. | soutient vivement les efforts consentis par la Commission en faveur d’une Union de l’égalité, notamment la proposition d’une carte européenne du handicap afin de garantir la reconnaissance mutuelle du statut de personne handicapée dans tous les États membres, et presse la Commission de mettre en œuvre un plan visant à assurer une accessibilité numérique complète et universelle au sein de l’Union. Le CdR se félicite également des initiatives législatives annoncées en vue de lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, d’assurer la transparence des rémunérations et de garantir la mise en œuvre du plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025. Il fait à nouveau état de la nécessité de mettre en œuvre la stratégie en faveur de l’égalité de traitement à l’égard des personnes LGBTIQ pour la période 2020-2025; |
| 10. | s’engage à continuer d’agir sur la base des acquis de l’Année européenne de la jeunesse et à faire davantage participer la jeunesse à la vie démocratique sur le plan local et régional en s’appuyant sur la charte européenne de la jeunesse et de la démocratie et en poursuivant son programme des jeunes élus, tout en associant étroitement la jeunesse à 2023, Année européenne des compétences. Le CdR se félicite également des nouvelles initiatives de la Commission telles que les laboratoires d’idées pour la jeunesse, ou celle prônant un style de vie sain pour tous; |
| 11. | attend avec un vif intérêt la proposition législative de la Commission sur le réexamen du cadre de gouvernance économique, dont il convient de modifier la configuration au regard de l’urgence climatique, de la pandémie de COVID-19 et de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, d’affirmer le caractère transparent et démocratique et d’enrichir la structure d’une dimension régionale et locale dans le cadre du Semestre européen. En la matière, le CdR renouvelle sa demande de distinguer les dépenses et les investissements, tout en réalisant l’objectif de réduire la dette dans son ensemble, et il escompte que seront élaborées de nouvelles règles, qui soutiennent une croissance durable sans compromettre la capacité des collectivités locales et régionales à investir dans des services et des infrastructures à caractère public; |
Construire des communautés résilientes
| 12. | escompte que de nouvelles étapes essentielles seront franchies en 2023 pour réaliser comme prévu l’espace européen de l’éducation et marque son soutien à la Commission lorsqu’elle exprime l’intention de mettre à jour le cadre actuel de l’Union européenne en matière de mobilité à des fins d’apprentissage afin que les apprenants puissent passer plus facilement d’un système éducatif à un autre, grâce à une approche inclusive; |
| 13. | tout en saluant le lancement du dispositif permanent de mobilité de «Culture Moves Europe», déplore l’absence, en 2023, de nouvelles initiatives spécifiques dans le domaine de la culture et du patrimoine et demande que le nouveau programme de travail de l’Union en faveur de la culture pour la période 2023-2026 contribue à intégrer ces politiques dans d’autres domaines d’intervention; |
| 14. | approuve la proposition de la Commission de faire de 2023 l’Année européenne des compétences, lors de laquelle les régions et les villes joueront un rôle actif, en favorisant une formation intensifiée, plus efficace et inclusive, ainsi que le perfectionnement et la reconversion à caractère inclusif que nécessitent les transitions écologique et numérique et la reprise économique. Le CdR souligne la nécessité d’inclure activement des dispositifs transfrontières et multilingues dans le domaine de l’éducation. Le CdR continuera à soutenir les initiatives y afférentes de la Commission telles que le pacte pour les compétences, ainsi que les efforts qu’elle déploie pour remédier au manque patent de femmes dans les carrières et l’éducation en rapport avec les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM). En outre, le CdR s’attachera à appuyer l’intérêt marqué que porte la Commission à une plus grande activation du marché du travail, en mettant l’accent sur les femmes et les jeunes, notamment ceux d’entre eux qui ne travaillent pas et ne suivent ni études ni formation, ou «NEET»; |
| 15. | attend avec un vif intérêt l’initiative de la Commission destinée à favoriser la mobilité de la main-d’œuvre grâce à la numérisation des régimes de sécurité sociale et des dispositifs de protection sociale, en lien avec les travaux en cours sur le passeport européen de sécurité sociale (ESSPASS); |
| 16. | s’engage à participer aux travaux sur la proposition de la Commission relative à une recommandation du Conseil sur l’élaboration des conditions-cadres de l’économie sociale; |
| 17. | exhorte la Commission à continuer de soutenir les travaux de la Convention européenne des maires pour le climat et l’énergie, ainsi que les initiatives telles que le nouveau Bauhaus européen et la mission de l’Union sur les villes intelligentes et neutres pour le climat, qui constituent des instruments clés pour mettre en œuvre le pacte vert pour l’Europe dans les villes et les régions de l’Union et aider les collectivités locales et régionales à atteindre les objectifs fixés en matière d’adaptation, en particulier dans les îles, dans d’autres territoires pâtissant de handicaps géographiques et démographiques ainsi que dans les régions ultrapériphériques; |
| 18. | fait observer que la décarbonation du système de transport et le passage à des modes plus durables et plus respectueux de l’environnement en la matière constituent l’une des pierres angulaires du pacte vert pour l’Europe. Aussi le CdR se félicite-t-il des initiatives que la Commission va prendre prochainement pour conférer aux transports un caractère plus durable, notamment grâce au train de mesures sur l’écologisation du transport de marchandises. Dans ce contexte, il demande également de continuer à développer par-delà les frontières le transport de marchandises et les transports publics, en vue de mieux relier les régions frontalières entre elles, ainsi que de simplifier les tarifs et la réservation des billets transfrontaliers. Le CdR invite en outre la Commission à centrer la révision des lignes directrices relatives aux obligations de service public sur la mise en œuvre des objectifs du pacte vert pour l’Europe. Il demande que ces nouvelles lignes directrices, dont la publication est prévue en 2023, ne restreignent pas excessivement les compétences des autorités locales de transport public et n’introduisent pas de nouvelles notions juridiques, au risque de susciter de l’insécurité juridique et d’entraver les investissements futurs dans les services de transport public et partant, leur développement; |
| 19. | approuve l’objectif général que poursuit le plan REPowerEU et se félicite que celui-ci reconnaisse l’importance des collectivités locales et régionales, dont il convient d’asseoir la capacité à protéger leurs citoyens, grâce à une assistance financière et technique, prodiguée notamment sous la forme de financements directs; |
| 20. | salue l’annonce d’une réforme globale du marché de l’électricité de l’Union et la création d’une nouvelle Banque européenne de l’hydrogène, visant à mieux préparer l’Union à un avenir décarboné. À cet égard, le CdR invite la Commission à élaborer une proposition législative exhaustive en matière de précarité énergétique, afin de fournir aux États membres des orientations claires pour concevoir des mesures qui s’attaquent aux causes profondes de ce problème; |
| 21. | invite la Commission à intensifier ses efforts pour accroître la résilience numérique des administrations infranationales, de manière à protéger les infrastructures critiques de l’Union contre les attaques, physiques ou en ligne, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine; |
| 22. | invite la Commission européenne à nouer des relations avec les pouvoirs publics locaux et régionaux pour mettre en œuvre les initiatives découlant du pacte de Glasgow pour le climat et des conclusions de la COP 27 de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et soutenir la coopération à multiples niveaux et les contributions déterminées au niveau régional et local. Pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par la stratégie de l’Union européenne pour l’adaptation au changement climatique, il convient de redoubler d’efforts afin de faire progresser l’action menée localement en la matière et de réduire au minimum les coûts qui pèsent sur les ménages et les entreprises; |
| 23. | est disposé à relever le défi de réaliser le cadre mondial en faveur de la diversité biologique pour l’après-2020 et demande qu’à l’occasion de sa mise en œuvre, la Commission conforte le rôle essentiel qu’y jouent les pouvoirs publics régionaux et locaux. Il convient d’intégrer les objectifs en matière de diversité biologique dans le processus d’élaboration des politiques de l’Union, de manière que d’ici à 2050 le dessein de «vivre en harmonie avec la nature» se traduise dans la réalité. Des efforts redoublés doivent être consentis pour faire face à la perte de diversité biologique en tant que crise urgente et dégager des synergies avec les mesures destinées à lutter contre le changement climatique, l’utilisation des combustibles fossiles et la pollution. Dans ce contexte, le CdR déplore que le programme de travail de la Commission ne prévoie aucune proposition juridiquement contraignante visant à renforcer la surveillance, la transmission de rapports et la collecte de données sur les forêts dans l’Union, contrairement à l’annonce de sa stratégie pour les forêts; |
| 24. | s’engage à continuer d’apporter sa coopération à la plateforme des acteurs concernés par l’ambition «zéro pollution», en promouvant une approche de gouvernance à plusieurs niveaux pour le plan d’action afférent, notamment pour ce qui est de son suivi, puis, à un stade ultérieur, de la création d’un tableau de bord compilant les performances écologiques des régions de l’Union. Le CdR demande de réviser et de renforcer le règlement REACH et celui relatif à la classification, l’étiquetage et l’emballage (CLP). Il réclame à nouveau une loi sur l’océan, dans le même esprit que celle relative au climat et se félicite de l’annonce d’une nouvelle initiative concernant la protection, la gestion durable et la restauration des sols de l’Union européenne; |
| 25. | fait valoir que les collectivités locales et régionales sont des acteurs incontournables pour opérer la transition vers une économie circulaire, mener la politique des déchets, réduire la dépendance de l’Union à l’égard de tiers, ainsi que faire baisser les quantités de matières premières inemployées. Le CdR déplore que le programme de travail de la Commission ne mentionne pas l’initiative en faveur d’une consommation durable de marchandises, qui entend en favoriser la réparation et la réutilisation; |
| 26. | se félicite de l’aide prodiguée aux PME et demande d’associer les collectivités locales et régionales à la conception d’instruments politiques, ainsi qu’à l’amélioration de ceux qui existent, aux fins d’évaluer l’incidence de nouvelles dispositions législatives sur ces entreprises; |
| 27. | attend avec intérêt la communication sur le marché unique à l’occasion de son 30e anniversaire, et demande de continuer à tirer parti du rôle pionnier de l’Union européenne dans le monde afin d’asseoir, par-delà ses frontières, ses normes et ses principes dans les domaines de la neutralité climatique, de la circularité, des techniques et de la démocratie; |
| 28. | regrette que la Commission ne traite pas suffisamment des distorsions de la concurrence qui s’exercent aux dépens des économies locales et régionales du fait des dispositifs d’aide mis en place par l’Union européenne et ses États membres dans le sillage de la pandémie et de la crise de l’énergie, ainsi que des aides que des gouvernements de pays tiers octroient à leurs entreprises; |
| 29. | se félicite de l’ambition de la Commission de continuer à obtenir des résultats concrets pour les objectifs de la décennie numérique et à renforcer la résilience de l’Union en prévoyant une législation européenne sur les matières premières critiques, laquelle devrait compléter le récent règlement européen sur les semi-conducteurs et jeter les bases nécessaires pour que les produits essentiels, dont lesdits semi-conducteurs, soient fabriqués sur son territoire; |
| 30. | approuve l’approche stratégique en matière de migration légale et les autres mesures destinées à attirer dans l’Union des ressortissants de pays tiers, qu’ils soient peu ou hautement qualifiés, grâce à une reconnaissance uniforme des qualifications et à un accès plus aisé aux marchés du travail; |
| 31. | rappelle que les villes et les régions situées à proximité des frontières extérieures de l’Union continuent d’être les premières à être exposées aux flux migratoires et requièrent un fort soutien de l’échelon de l’Union. Le CdR demande une fois de plus à la Commission de garder à l’esprit les recommandations, formulées dans son avis sur le nouveau pacte sur la migration et l’asile, de mettre en œuvre la feuille de route commune concernant ledit pacte en y associant les échelons locaux et régionaux; |
| 32. | insiste sur la nécessité de renforcer la sécurité extérieure de l’Union en fournissant une aide supplémentaire à ses États membres pour protéger ses frontières extérieures; |
| 33. | rappelle les recommandations qu’il avait formulées dans son avis sur la révision de la gouvernance de l’espace Schengen et fait valoir que l’on ne saurait tolérer des contrôles aux frontières intérieures qu’en dernier ressort et seulement après avoir envisagé toute autre mesure possible. Le CdR est favorable à ce qu’en fonction de leurs progrès respectifs, la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie intègrent l’espace Schengen; |
| 34. | déplore que le programme de travail de la Commission omette de mentionner la facilité pour la reprise et la résilience, alors qu’elle constitue l’instrument essentiel de l’Union pour assurer une reprise durable sur son territoire après la pandémie de COVID-19; |
| 35. | constate avec regret, pour ce qui est de la protection civile dans l’Union européenne, que la Commission ne propose pas pour le long terme de plan précis d’engagement ou d’actions qui aillent au-delà de son annonce d’un doublement des capacités de lutte contre les incendies avant la saison des incendies de forêts de 2023. Les collectivités locales et régionales devraient être suffisamment consultées et associées aux démarches en ce qui concerne les marchés publics liés à ces capacités, leur maintenance, leur coordination et leur déploiement; |
| 36. | demande que l’Union européenne arrête davantage d’initiatives à son échelon, notamment pour ce qui est d’un mécanisme plus structuré d’aide en faveur d’actions destinées à prévenir les catastrophes et s’y préparer, de manière à renforcer la résilience d’ensemble de ses régions et de ses villes. Dans ce contexte, le CdR réaffirme qu’il est disposé à participer à l’élaboration d’un tableau de bord européen des vulnérabilités à l’échelon régional et local; |
| 37. | invite la Commission européenne à veiller à ce que le programme rural européen soit appliqué tout au long des périodes de programmation en cours et futures et qu’il soit intégré dans toutes les politiques et doté d’objectifs politiques ambitieux afin de renforcer la dynamique de l’innovation dans les territoires ruraux et leur résilience, d’organiser une coopération interterritoriale intelligente et de stimuler l’action citoyenne dans le cadre de stratégies de développement local; le concept «intelligent» doit être considéré comme un outil intégré et global assurant l’interconnexion des notions de villages intelligents, villes intelligentes et régions intelligentes; |
| 38. | regrette que la Commission ne fasse pas explicitement référence, parmi les défis générationnels qu’elle mentionne dans son programme de travail pour 2023, au défi démographique auquel sont confrontées de nombreuses régions européennes. Il s’agit là de l’un des défis majeurs que l’Union européenne doit prendre en considération dans toutes ses politiques, afin de permettre la réduction réelle des disparités entre les régions, objectif clé de la politique de cohésion de l’Union européenne; |
| 39. | encourage la Commission à tirer parti du patrimoine mondial à titre d’un outil qui renforce la durabilité économique et sociale des zones rurales en Europe; |
| 40. | souligne l’importance de saisir l’occasion qu’offre la prochaine législation-cadre en faveur d’un système alimentaire durable de l’Union européenne pour le réorganiser de manière approfondie et structurelle de façon à lutter contre la spéculation sur les marchés internationaux et à protéger les revenus des agriculteurs. Il convient de recourir aux stocks publics, qui constituent les principaux instruments de régulation du marché, afin, tout à la fois, de stabiliser les marchés et de constituer des stocks stratégiques pour prévenir les crises alimentaires; |
| 41. | demande à la Commission européenne d’exploiter au maximum les possibilités qu’offrent les marchés publics alimentaires en proposant aux collectivités locales et régionales une panoplie de critères possibles de durabilité pour ces marchés, afin de favoriser des régimes d’alimentation sains et durables dans les écoles et les institutions publiques et de soutenir, ce faisant, un changement systémique de nos systèmes alimentaires. Le CdR fait également valoir qu’il importe de mener une action systémique afin de réduire le gaspillage alimentaire et demande à la Commission de fournir des lignes directrices et d’assurer un suivi en la matière en s’appuyant sur les travaux menés par la plateforme européenne contre les pertes alimentaires et le gaspillage alimentaire; |
| 42. | demande qu’une nouvelle législation européenne sur les semences permette l’utilisation et la commercialisation des semences paysannes; |
| 43. | propose que l’Union mette en œuvre les recommandations formulées par le Parlement européen sur la concentration des terres agricoles au sein de l’Union, ainsi que les directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers qui ont été adoptées par la FAO; |
| 44. | est prêt à apporter sa contribution à la prochaine initiative en faveur de la santé mentale et fait valoir qu’il a discerné que cette question constitue le défi sanitaire majeur de la période consécutive à la pandémie de COVID-19 et que dans son rapport 2022 sur l’état des villes et des régions, il a présenté un échantillon des approches adoptées dans ce domaine à l’échelon local et régional; |
| 45. | réaffirme son soutien à la lutte contre le cancer et attend avec intérêt les recommandations relatives aux environnements sans tabac et aux cancers évitables par la vaccination, afin qu’il soit possible d’accroître le niveau de protection des Européens. Le CdR s’engage à œuvrer à l’échelon local et régional pour faire connaître et diffuser les meilleures stratégies de prévention et de dépistage; |
| 46. | fait valoir que l’une des principales demandes des citoyens européens, citée dans le rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe, est de disposer d’un «passeport européen de santé» numérique. Le CdR escompte que les législateurs de l’Union trouveront rapidement un accord sur l’espace européen des données de santé, en tenant compte des recommandations qu’il a formulées dans son avis sur cette question et sachant que l’Union européenne de la santé demeurera incomplète en l’absence d’un cadre solide pour les échanges de ces données; |
La cohésion, notre valeur fondamentale
| 47. | réaffirme son soutien résolu à une mise en œuvre efficace, souple et durable des programmes actuels de cohésion, qui contribuerait à assurer, pour l’avenir aussi, la force de cette politique. Le CdR fait valoir que le principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» avancé dans le huitième rapport sur la cohésion souligne qu’elle constitue une valeur générale de l’Union européenne. À cet égard, il regrette que le programme de travail de la Commission pour 2023 ne mentionne ni l’asymétrie des incidences que les crises actuelles exercent d’un territoire à l’autre, ni la nécessité d’étudier les possibles effets territoriaux des politiques de l’Union, et qu’il manque ainsi à l’engagement que celui de 2022 avait pris, s’agissant de renforcer les évaluations d’impact territorial et le «test rural». Le CdR rappelle par ailleurs la demande du Parlement européen d’associer le Comité européen des régions à la conception du principe consistant à «ne pas nuire à la cohésion» et il réaffirme qu’il est disposé à œuvrer avec la Commission à cet effet. Le CdR demande à nouveau à la Commission de garantir que les évaluations d’impact examinent aussi les éventuelles incidences différenciées que chaque initiative législative peut produire du point de vue territorial; |
| 48. | se félicite de l’intention de la Commission de proposer de revoir en temps voulu le cadre financier pluriannuel (CFP). Cet examen devrait comprendre un débat général sur la structure et la dotation du prochain cadre financier pluriannuel, en continuant de s’attacher à sa simplification, à la concentration thématique de ses instruments et, le cas échéant, au système de mise en œuvre des Fonds structurels et d’investissement européens (Fonds ESI); |
| 49. | invite la Commission européenne à mener une analyse de modèles de participation et de gestion partagée pour négocier, programmer et mettre en œuvre les Fonds ESI, afin de recenser les différents modèles dans toute l’Union et d’optimiser la participation des collectivités régionales et locales à chacune des étapes du déploiement desdits Fonds; |
| 50. | déplore que le programme de travail de la Commission ne présente aucune initiative pour mettre un terme au blocage qui prévaut au sein du Conseil concernant le règlement sur le mécanisme transfrontalier européen. Le CdR fait valoir qu’il importe, aux fins d’une meilleure cohésion, de continuer à développer et à simplifier la coopération transfrontalière et d’en tenir compte dans le cadre des initiatives législatives. Il se félicite à ce propos de l’annonce d’une initiative législative relative à un statut pour les associations européennes transfrontalières afin qu’elles puissent bénéficier pleinement du marché unique en l’absence de toute barrière à la coopération; |
| 51. | demande à la Commission de donner suite à la recommandation commune qu’il a émise avec le Parlement européen concernant l’élaboration d’un pacte des îles et d’un programme de l’Union européenne pour les îles, avec la participation des principales parties prenantes, à savoir les autorités nationales, régionales et locales, les acteurs économiques et sociaux, la société civile, le milieu universitaire et les organisations non gouvernementales, sur le modèle du pacte urbain et du futur pacte rural. Le CdR rappelle à la Commission qu’il est nécessaire de réaliser une étude sur les diverses situations des territoires insulaires de l’Union européenne; |
| 52. | souligne l’importance du suivi de la stratégie actualisée en faveur des régions ultrapériphériques, au bénéfice de celles-ci et de l’ensemble de l’Union; |
| 53. | entend continuer à contribuer directement à mettre en œuvre le socle européen des droits sociaux à l’échelon local et régional et à évaluer sur le terrain le plan d’action y afférent. À cet égard, le CdR fait encore une fois valoir qu’il est besoin de disposer d’indicateurs complémentaires qui aillent «au-delà du PIB» pour mesurer les progrès économiques, sociaux et environnementaux qui favorisent le passage à une économie durable du bien-être, ainsi que de mécanismes efficaces de suivi et de collecte des données concernant les politiques menées en matière sociale et dans le domaine de l’emploi, eu égard aux fortes disparités qui continuent de se manifester entre les régions; |
| 54. | estime que pour compléter la taxinomie environnementale, qui vient contribuer à la mise en œuvre du pacte vert, la Commission devrait présenter d’urgence une proposition établissant une taxinomie sociale. Faute d’une telle taxinomie sociale, les investisseurs et les entreprises ne disposent d’aucune orientation claire sur ce qu’il est possible d’entendre par «investissement social». Une telle absence complique le financement d’activités à visée sociale dans les domaines des soins de santé, du logement social, des services sociaux et autres; |
| 55. | réitère son appel en faveur d’une stratégie européenne en matière de logement, visant à stimuler l’offre de logements abordables, durables, sociaux et destinés à des situations d’urgence. Cette stratégie devrait s’intégrer au Semestre européen et comprendre des objectifs quantitatifs d’investissement public national; |
| 56. | demande à la Commission de confirmer son engagement résolu en faveur d’un Fonds 2.0 pour une transition juste après 2027. Le CdR fait valoir que pour l’heure, les régions de production de véhicules automobiles et de leurs équipements ne bénéficient d’aucune possibilité spécifique de financement, bien qu’elles soient également confrontées à des défis majeurs dans le processus de transition. Il réitère sa demande de présenter un programme de l’Union présentant une portée thématique et territoriale qui couvre les régions de production de véhicules automobiles et de leurs équipements; |
| 57. | se félicite de l’engagement de la Commission à imprimer un nouvel élan au processus d’adhésion des pays candidats des Balkans occidentaux, en sus de l’Ukraine, de la Moldavie et de la Géorgie. Le CdR associera les collectivités locales et régionales des deux nouveaux pays candidats que sont l’Ukraine et la Moldavie à ses travaux en matière d’élargissement et entend mettre sur pied avec eux des structures bilatérales. Le CdR réaffirme qu’il est disposé à créer en 2023 un comité consultatif paritaire avec l’Albanie. Il continuera de soutenir le dialogue et la coopération concrète avec la Turquie. Il fera connaître son avis sur l’avenir du partenariat oriental du point de vue local et régional au début de l’année 2023, comme le lui a demandé la présidence tchèque du Conseil de l’Union européenne; |
| 58. | s’engage à établir des liens plus solides à l’échelon local et régional avec les pays du voisinage méridional de l’Union et d’autres pays tiers, notamment grâce à des échanges et des perspectives de coopération dans le cadre du forum intitulé «Les villes et les régions pour les partenariats internationaux» qu’il prévoit d’organiser de concert avec la Commission européenne en 2023; |
| 59. | réitère l’appel qu’il a lancé à la Commission pour qu’elle donne suite à sa demande d’approfondir la dimension territoriale des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le CdR contribuera à faciliter et à développer la coopération territoriale avec les nations du Royaume-Uni ayant bénéficié d’un processus de dévolution et avec ses collectivités locales et régionales, y compris au-delà du cadre institutionnel de l’accord de commerce et de coopération; |
| 60. | charge son président de transmettre la présente résolution à la Commission européenne, au Parlement européen, aux présidences tchèque, suédoise et espagnole du Conseil de l’Union européenne et au président du Conseil européen. |
Bruxelles, le 1er décembre 2022.
Le président du Comité européen des régions
Vasco ALVES CORDEIRO
(1) COM(2022) 548 final.
(2) COR-2020-01392-00-00-RES-TRA.
(3) COR-2022-02657-00-00-RES-TRA.
(4) Site internet du Comité européen des régions, page consacrée à l’état des régions et des villes dans l’Union européenne, https://cor.europa.eu/fr/our-work/Pages/State-of-Regions-and-Cities-2022.aspx?origin=spotlight, 11 octobre 2022.
(5) Site internet du Comité européen des régions, page consacrée à l’Alliance pour la cohésion, https://cor.europa.eu/fr/engage/Pages/cohesion-alliance.aspx