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Avis institutionnel — 52023AE0525

CELEX52023AE0525
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 27 avril 2023

Texte intégral

29.6.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 228/71


Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Carte européenne du handicap»

(avis exploratoire à la demande de la Commission européenne)

(2023/C 228/09)

Rapporteur:

Ioannis VARDAKASTANIS

Consultation

Avis exploratoire à la requête de la Commission, 20.1.2023

Base juridique

Article 11 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Avis exploratoire

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

3.4.2023

Date de l’adoption en session plénière

27.4.2023

Session plénière no

578

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

135/2/3

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de l’initiative phare de la Commission européenne qui lancera une carte européenne du handicap permettant aux personnes handicapées de circuler et de séjourner librement dans l’ensemble de l’Union en facilitant la reconnaissance mutuelle du statut de personne handicapée pour les titulaires de ladite carte. Au vu des restrictions persistantes aux droits de libre circulation que la non-reconnaissance du handicap fait perdurer, la carte européenne du handicap est une revendication ancienne et une priorité élevée du mouvement de défense des droits des personnes handicapées.

1.2.

Le CESE souligne que la non-reconnaissance mutuelle du handicap entrave l’accès à de mesures de soutien aux personnes handicapées, ce qui revient à nier directement la réalisation de leurs droits à voyager ou à se déplacer dans d’autres pays de l’Union.

1.3.

Le CESE juge qu’un progrès de cette liberté de circulation obtenu grâce à la reconnaissance mutuelle du handicap conforterait la construction d’une identité européenne commune tout en assurant une meilleure cohérence pour les personnes handicapées, en créant une prise de conscience parmi les prestataires de services dudit déficit d’accessibilité et en améliorant l’accès dans le long terme. Dans le même temps, ces derniers en profiteront du fait d’une augmentation du nombre de visiteurs.

1.4.

La carte européenne du handicap renforcera aussi la collaboration entre les différentes autorités nationales et agences publiques pour favoriser une prise de conscience vis-à-vis des questions de handicap, en donnant à certaines personnes souffrant de handicaps invisibles un outil pour faciliter l’accès aux avantages et aux services sans avoir à donner des explications concernant leur handicap. Elle facilitera aussi la prestation de services aux personnes handicapées provenant d’États membres ne disposant pas de carte nationale d’invalidité en fournissant un document qu’elles peuvent aussi utiliser au niveau national comme preuve du handicap.

1.5.

Le CESE souligne qu’il importe de compléter le lancement de la carte européenne du handicap par des mesures, tant au niveau européen que national, visant à améliorer l’accessibilité générale des environnements bâtis, des transports, des services et des biens, conformément à la directive (UE) 2019/882 du Parlement européen et du Conseil (1), à la directive (UE) 2016/2102 du Parlement européen et du Conseil (2), aux règlements sur l’accessibilité des transports (3) ou encore aux normes d’accessibilité connexes.

1.6.

Le CESE se félicite que la Commission propose une initiative législative relative à la carte européenne du handicap, et il invite celle-ci à proposer un règlement, car il s’agit d’un instrument mieux approprié pour garantir une application souple et éviter des différences de mise en œuvre au niveau national.

1.7.

Le CESE souligne qu’il importe d’inclure dans le champ d’application de la carte européenne du handicap l’accès complet à toutes les formes de services, de prestations et de réductions déjà accordées au niveau national, acceptées par tout service offrant des conditions préférentielles ou adaptées aux personnes handicapées, qu’elles soient fournies par des entités publiques ou privées.

1.8.

Le CESE recommande que la carte européenne du handicap prévoie la possibilité d’accorder l’accès aux prestations liées aux politiques sociales publiques ou aux systèmes nationaux de sécurité sociale à titre temporaire lorsqu’une personne handicapée s’est installée dans un État membre pour y étudier ou y travailler, au moins tout au long du processus de réévaluation et de certification du handicap.

1.9.

Si la reconnaissance du handicap au moyen de la carte européenne du handicap n’implique pas l’homogénéisation des modèles d’évaluation du handicap entre les États membres, elle fait obligation aux États membres d’améliorer les systèmes actuels fondés principalement sur une approche médicale, dans le but d’être plus conformes aux modèles qui respectent la CNUDPH.

1.10.

Le CESE estime que la carte doit se présenter sous une forme physique dotée de capacités numériques, être parfaitement accessible et de taille standard et inclure des informations sur l’assistance personnelle et/ou l’accompagnant(e) du (de la) titulaire de la carte.

1.11.

Le CESE suggère que la législation relative à la carte européenne du handicap soit adossée à un site internet pleinement accessible au niveau européen, doté d’une version facile à lire et disponible en langue des signes, accessible dans toutes les langues officielles de l’Union et comportant des informations pratiques relatives à chaque pays. Elle doit aussi se faire l’écho des campagnes de sensibilisation à l’échelle européenne et nationale dans toutes les langues officielles de l’Union à l’intention du public au sans large, des utilisateurs potentiels de la carte et des prestataires de services.

1.12.

Le CESE soutient la proposition d’élaborer la nouvelle législation relative à la carte européenne de stationnement pour les personnes handicapées en parallèle à la proposition relative à une carte européenne du handicap. Néanmoins, il invite la Commission à tenir compte du fait que, dans tous les cas, les deux cartes doivent rester physiquement distinctes.

1.13.

Le CESE souligne qu’il importe que les institutions de l’Union maintiennent une collaboration étroite avec les personnes handicapées, ainsi qu’avec les organisations qui représentent ceux-ci aux niveaux européen, national, régional et local, lors de l’élaboration, de l’exécution et de l’évaluation ultérieure de la carte européenne du handicap.

1.14.

Il semble au CESE que la carte européenne d’invalidité est pleinement conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD) (4) et qu’elle protège les informations à caractère personnel de l’utilisateur, et la Commission est invitée à garantir un niveau élevé de protection de ces données, en s’assurant de l’introduction de mesures de sécurité et de lutte contre la contrefaçon, au moyen de la proposition législative relative à la conception et à l’utilisation de la carte européenne du handicap.

2. Observations générales

2.1.

Le CESE note que le statut de la citoyenneté européenne, tel que prévu à l’article 20 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, sanctionne le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres (5). Pour les personnes handicapées, ce droit est protégé par la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH), ratifiée par l’Union européenne et ses 27 États membres, à l’article 18, qui établit la liberté de circulation, la liberté de choisir leur résidence et leur nationalité, sur la base de l’égalité avec les autres. Si l’on comprend le handicap comme une série d’incapacités dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à une pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres (6), il incombe à l’ensemble de la société, en particulier dans le cadre des politiques publiques nationales et européennes, de protéger ce droit et d’en permettre la réalisation effective.

2.2.

Dans ce cadre, la fourniture d’un soutien, d’une assistance, de mesures d’accessibilité, de services spécifiques, d’aménagements raisonnables, d’actions positives et autres formes d’avantages en faveur des personnes handicapées sont autant d’outils permettant de rendre effective l’égalité dans la jouissance des droits et de surmonter les obstacles. Par conséquent, la non-reconnaissance du handicap qui entrave l’accès à ces mesures de soutien sous-entend un refus direct de réaliser le droit des 87 millions de personnes handicapées qui vivent en Europe à voyager ou à se rendre dans d’autres pays de l’Union.

2.3.

Le CESE se félicite que la Commission propose une initiative législative relative à la carte européenne du handicap, et recommande vivement que cette dernière soit établie au moyen d’un règlement, applicable dans tous les États membres de manière rapide, efficace et homogène. Le règlement apparaît comme un instrument mieux approprié pour garantir la souplesse de l’application et pour éviter des différences dans la mise en œuvre au niveau national. La législation ne saurait prendre un caractère de recommandation, puisque cela ne permettrait pas de donner à la carte une applicabilité universelle et homogène. Dans le cas d’une directive, il y aurait un risque non négligeable de prolonger indéfiniment le temps nécessaire à sa transposition, créant potentiellement des situations où la carte européenne du handicap aurait un statut actif dans certains États membres, alors même que, dans d’autres, la législation permettant de bénéficier de ses avantages n’aurait pas été adoptée. En revanche, un règlement aurait un effet immédiat dans tous les États membres.

2.4.

La carte européenne du handicap, qui faciliterait la suppression des obstacles à la libre circulation des personnes handicapées dans l’Union, fonctionnerait donc comme un passeport européen du handicap, et elle en aurait les caractéristiques, permettant de s’identifier et partant d’accéder à tous les services et avantages de plein droit.

2.5.

Le CESE estime que le projet pilote lancé entre 2016 et 2019 dans huit États membres a mis en évidence la faisabilité de la carte et les possibilités qu’elle offre à ses utilisateurs, ainsi que la manière dont elle facilite la mobilité en accordant un accès à des conditions favorables à un certain nombre de services spécifiques déjà disponibles pour les personnes handicapées de l’État membre d’accueil.

2.6.

L’évaluation du projet pilote (7) élaboré en 2021 a décrit dans le détail son efficacité. Par exemple, l’utilisation de la carte a stimulé la participation des personnes handicapées aux secteurs de la culture et des loisirs, la mobilité transfrontière a augmenté et de nombreux usagers ont amélioré leurs expériences touristiques à l’étranger.

2.7.

Néanmoins, l’évaluation a aussi montré que les usagers demandaient une plus grande ambition et la couverture d’un plus grand nombre de secteurs, y compris le secteur des transports, ce nombre étant jusqu’à présent limité. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation ont été jugées hautement nécessaires pour que les utilisateurs potentiels puissent mieux comprendre les nouvelles possibilités et que les prestataires de services reconnaissent la carte ainsi que les réductions et services qu’elle offre.

2.8.

Le rapport d’évaluation expose clairement les possibilités offertes, mais aussi les demandes des personnes handicapées et les lacunes que la carte européenne du handicap est susceptible d’exposer du fait du nombre potentiellement limité de secteurs couverts. Par conséquent, le CESE souligne qu’il importe d’accorder aux utilisateurs de la carte européenne du handicap un accès à toutes les formes de services, de prestations et de réductions déjà accordées au niveau national, acceptées par tous les services, fournies par des entités publiques ou privées, offrant des conditions préférentielles ou adaptés aux personnes handicapées. Il estime que la législation ne devrait pas fixer une liste limitée de secteurs, mais s’appliquer à tous les services du marché unique européen, sachant qu’une telle liste entraînerait l’instauration de nombreuses exceptions, maintenant ainsi la plupart des obstacles actuels et limitant son efficacité.

2.9.

Le CESE comprend que, pour ce qui est de la couverture des prestations liées aux politiques sociales publiques et aux systèmes nationaux de sécurité sociale, telles que le soutien économique direct, la fourniture d’une aide personnelle, l’aide aux étudiants ou les prestations liées au travail pour les entreprises qui embauchent des travailleurs handicapés, la carte européenne du handicap devrait prévoir la possibilité d’accorder ces services à titre temporaire lorsqu’une personne handicapée s’est installée dans un État membre pour étudier ou travailler, et ce, au moins pendant la durée du processus de réévaluation et de certification du handicap. Cela signifie que les personnes handicapées qui déménagent dans un autre État membre pour y travailler ou y étudier (par exemple dans le cadre du programme Erasmus+) auront la possibilité d’accéder à toute aide nécessaire pour travailler ou étudier sur un pied d’égalité.

2.10.

Le CESE souligne que la carte européenne du handicap est pleinement conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD) et protège les informations à caractère personnel de l’utilisateur, puisque l’utilisation de ce document qui permet à son détenteur d’accéder à des services et des avantages l’exempte de l’obligation de produire des données à caractère personnel et de fournir des informations à leur sujet, en particulier l’évaluation du handicap et les informations personnelles sur la santé.

2.11.

La proposition relative à la carte européenne du handicap devrait inclure le lancement d’un système d’application et de suivi, pour garantir sa mise en œuvre harmonieuse et efficace, ainsi qu’une structure permettant de canaliser et de gérer les plaintes et les demandes des utilisateurs.

2.12.

Pour le CESE, la reconnaissance du handicap au moyen de ladite carte n’implique pas une homogénéisation des modèles d’évaluation du handicap entre les États membres. Néanmoins, il fait obligation aux États membres d’améliorer les systèmes actuels fondés principalement sur une approche médicale dans le but d’évoluer vers des modèles qui respectent la CNUDPH. Selon l’étude récente du Parlement européen intitulée Disability assessment, mutual recognition and the EU Disability Card — Progress and opportunities, un large consensus existe sur la nécessité d’améliorer l’adoption de principes communs et une plus grande harmonisation de l’évaluation du handicap, des définitions du handicap et de la reconnaissance mutuelle. Le Parlement estime aussi que les systèmes d’évaluation existants privilégient des caractéristiques individuelles plutôt qu’environnementales, s’appuyant largement sur des connaissances médicales ou des tests envisageant les individus hors de leur contexte plutôt que sur une approche plus globale tenant compte de situations de la vie réelle (8).

3. Observations particulières

3.1.

Le CESE estime qu’en ce qui concerne le format, la carte doit être physique et dotée de capacités numériques — il serait par exemple utile qu’elle soit pourvue d’un code QR et/ou d’une puce électronique liés au bilan détaillé de l’évaluation du handicap. Cette carte physique doit être entièrement accessible, avec une description en braille, et adopter un format standard de carte d’identité.

3.2.

Il faut que le projet de carte européenne du handicap soit adossé à un site internet d’échelle européenne fournissant des détails pratiques pour chaque pays, tels que les lieux d’obtention de la carte et ses modalités d’utilisation. Le site internet européen devrait être disponible dans toutes les langues officielles de l’Union et être accessible au plus haut niveau de conformité (AAA) des lignes directrices sur l’accessibilité du web (9) avec des formats faciles à lire et une disponibilité en langue des signes. Il devrait en aller de même pour les sites web nationaux et pour l’ensemble du processus d’acquisition de la carte.

3.3.

La carte européenne du handicap devrait également contenir des informations sur l’assistance personnelle et/ou l’accompagnant(e) du (de la) titulaire de la carte, avec pour visée d’inclure ces derniers dans le champ d’application des prestations et de l’aide, le cas échéant. Ces informations pourront être exprimées au moyen d’un symbole concret ou d’une mention sur la carte physique.

3.4.

Le CESE estime que l’utilisation de la carte européenne du handicap doit être volontaire, et qu’il convient de codifier dans la loi que chaque personne handicapée peut décider elle-même si elle souhaite demander cette carte, et aussi que sa détention ne doit en aucune façon revêtir un caractère obligatoire pour prouver un handicap.

3.5.

Le CESE prie instamment la Commission de fournir un instrument de financement pour la mise en place de la carte européenne du handicap dans tous les États membres de l’Union, y compris le site internet européen. Dans un second temps, il conviendra de continuer à financer l’impression et la délivrance de la carte, le personnel, la communication et la maintenance du site et des outils connexes tels que d’éventuelles applications mobiles. Cela pourrait se faire par la reconduction de l’instrument de financement européen et/ou par des canaux de financement nationaux.

3.6.

La communication et la sensibilisation à la carte européenne du handicap sont essentielles pour s’assurer que celle-ci touche la totalité des bénéficiaires et des prestataires de services potentiels. Le lancement de la carte devrait aller de pair avec des campagnes de sensibilisation à l’échelle européenne et nationale à l’intention du public au sens large, des utilisateurs potentiels de cartes et des prestataires de services pour que le dispositif puisse déployer pleinement tout son potentiel, dans toutes les langues officielles de l’Union, dans des formats faciles à lire et en langue des signes pour assurer une accessibilité pour tous. Des actions particulières doivent être menées pour atteindre les personnes handicapées susceptibles d’avoir plus de difficultés à accéder aux informations sur l’existence de la carte, les avantages qu’elle procure et les procédure pour l’obtenir, telles que les personnes souffrant de handicaps psychosociaux ou intellectuels, ou encore celles qui disposent d’un système de soutien limité, comme c’est le cas pour les réfugiés handicapés. Afin de mieux atteindre les réfugiés ukrainiens handicapés, la communication devrait être également menée en langue ukrainienne. Ces campagnes devront être suivies d’une communication régulière pour informer les titulaires de la carte et le public des nouveaux ajouts au système de carte, ainsi que sur les avantages plus généraux apportés par cette dernière afin de garantir une excellente visibilité de ce projet européen.

3.7.

Le CESE souligne qu’il est important pour les institutions de l’Union de maintenir une collaboration étroite avec les personnes handicapées, ainsi qu’avec les organisations qui représentent celles-ci tant au niveau européen qu’aux échelons national, régional et local. Le projet devrait être mené en associant étroitement les personnes handicapées et les organisations qui les représentent. Ce travail devrait se faire à la fois au niveau politique lors du développement de la carte, et au niveau exécutif pour la mettre en œuvre et la distribuer, ainsi que pour communiquer à son propos. Chaque année, la Commission devrait organiser des échanges sur les défis, les progrès et les bonnes pratiques entre les États membres, avec la participation des personnes handicapées et des organisation de personnes handicapées, afin d’améliorer la portée et l’utilisation de la carte au fil du temps.

3.8.

La mise en œuvre de la carte européenne du handicap devrait inclure un processus de collecte de données sur les informations anonymisées relatives aux bénéficiaires, ventilées par sexe et par âge.

4. Carte de stationnement européenne pour personnes handicapées

4.1.

Le CESE comprend l’importance de mettre à jour la législation harmonisant les caractéristiques et le fonctionnement de la carte de stationnement européenne pour personnes handicapées. Les différents formats de la carte mis en œuvre aux niveaux national, régional, voire local continuent de produire des obstacles et des dysfonctionnements pour les usagers. Son utilisation est néanmoins d’une importance capitale pour de nombreuses personnes handicapées, en particulier parce qu’il s’agit de la seule solution permettant l’accès aux zones urbaines restreintes, puisque, bien souvent et en raison d’un manque d’accessibilité, les transports publics ne constituent pas une option.

4.2.

Le CESE estime que le format, les caractéristiques et la procédure de délivrance de la carte de stationnement pour personnes handicapées devraient être harmonisés sous une forme contraignante pour les États membres, et communiquée clairement aux utilisateurs de la carte. De la même façon, les contrôles de l’utilisation illégale des emplacements de stationnement pour les personnes handicapées devraient être renforcés, et des mesures plus strictes en matière de sécurité et de lutte contre la contrefaçon devraient être mises en œuvre, ainsi que des amendes plus élevées et plus efficaces en cas d’utilisation abusive et de falsification. La campagne de sensibilisation devrait également s’adresser au public le plus large en ce qui concerne la lutte contre l’utilisation illégale des places de stationnement réservées.

4.3.

La législation relative à ladite carte de stationnement devrait mieux harmoniser les règles relatives à l’éligibilité et à la procédure de délivrance, sous une forme qui soit contraignante pour les États membres et clairement communiquée aux utilisateurs de la carte. Elle peut également faciliter l’échange de bonnes pratiques entre les autorités nationales, par l’intermédiaire d’un groupe de travail de la Commission créé sur le sujet, ce qui permettra de développer des idées au niveau européen.

4.4.

L’élaboration de la nouvelle législation relative à la carte de stationnement européenne, ainsi que la proposition de carte européenne du handicap, doivent tenir compte du fait que, dans tous les cas, les deux cartes doivent rester matériellement séparées. Toutes les personnes handicapées potentiellement titulaires d’une carte du handicap ne conduisent pas nécessairement de véhicule et, pour des raisons pratiques, la carte de stationnement doit rester dans le véhicule stationné, alors même que l’utilisateur doit être en possession de sa carte européenne du handicap pour en bénéficier.

Bruxelles, le 27 avril 2023.

Le président du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) Directive (UE) 2019/882 du Parlement européen et du Conseil du 17 avril 2019 relative aux exigences en matière d’accessibilité applicables aux produits et services (JO L 151 du 7.6.2019, p. 70).

(2) Directive (UE) 2016/2102 du Parlement européen et du Conseil du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public (JO L 327 du 2.12.2016, p. 1).

(3) JO L 204 du 26.7.2006, p. 1; JO L 46 du 17.2.2004, p. 1; JO L 334 du 17.12.2010, p. 1; JO L 123 du 17.5.2003, p. 18; JO L 315 du 3.12.2007, p. 14; JO L 356 du 12.12.2014, p. 110; JO L 55 du 28.2.2011, p. 1; JO L 42 du 13.2.2002, p. 1.

(4) Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE (JO L 119 du 4.5.2016, p. 1).

(5) JO C 115 du 9.5.2008, p. 47, article 20, paragraphe 2, point a).

(6) Nations unies, (2006). Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées Recueil des Traités, volume 2515, p. 3.

(7) Commission européenne. 2021. Étude évaluant la mise en œuvre de l’action pilote sur la carte européenne du handicap et les avantages qui y sont associés. Rapport final https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=738&langId=en&pubId=8407&furtherPubs=yes

(8) Parlement européen, Disability assessment, mutual recognition and the EU Disability Card — Progress and opportunities (L’évaluation du handicap, la reconnaissance mutuelle et la carte européenne du handicap). Progrès et possibilités. Département thématique des droits des citoyens et des affaires constitutionnelles, direction générale des politiques internes de l’Union — PE 739.397 — novembre 2022.

(9) Lignes directrices pour l’accessibilité des contenus web (WCAG) 2.0 http://www.w3.org/TR/WCAG20/


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