| CELEX | 52023AE0563 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 15 juin 2023 |
| 18.8.2023 | FR | Journal officiel de l'Union européenne | C 293/58 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Protocole sur le progrès social»
(avis exploratoire à la demande de la présidence espagnole)
(2023/C 293/09)
| Rapporteure: | María del Carmen BARRERA CHAMORRO |
| Corapporteur: | Diego DUTTO |
| Saisine du Comité par la présidence espagnole du Conseil | Lettre, 8.12.2022 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
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| Avis exploratoire |
| Compétence | Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté» |
| Adoption en section | 31.5.2023 |
| Adoption en session plénière | 15.6.2023 |
| Session plénière no | 579 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 134/100/7 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | Le Comité économique et social européen (CESE) rappelle qu’en vertu des traités, la réalisation de l’«économie sociale de marché hautement compétitive» qui est visée à l’article 3, paragraphe 3, du traité sur l’Union européenne (TUE) passe par la promotion du marché intérieur et de la politique sociale en vertu de la «clause sociale horizontale», au titre de l’article 9 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), selon lequel l’Union doit, dans la définition et la mise en œuvre de toutes ses politiques et actions, chercher à promouvoir des marchés du travail inclusifs ainsi que des systèmes de protection sociale adéquats. |
| 1.2. | Le CESE souscrit à la proposition avancée dans le rapport final sur la conférence sur l’avenir de l’Europe, publié en mai 2022, qui consiste, pour développer cette économie sociale de marché (1), à adresser une demande à l’Union, aux États membres et aux partenaires sociaux afin qu’ils prennent, entre autres, des mesures pour garantir la mise en œuvre intégrale du socle européen des droits sociaux adopté en novembre 2017 et du plan d’action de mars 2021 qui s’y rapporte, ainsi que, surtout, des objectifs qui sont les plus importants au regard du programme à l’horizon 2030, au niveau européen, national et régional, en incluant dans les traités un protocole sur le progrès social. |
| 1.3. | Le CESE se réjouit que la conférence sur l’avenir de l’Europe ait préconisé une amélioration, sous la forme d’un protocole sur le progrès social, des garanties visant à protéger efficacement les droits sociaux lorsqu’ils entrent en conflit avec les libertés économiques (voir mesure 5, proposition 13), évitant ainsi toute régression desdits droits (mesure 2, proposition 14). |
| 1.4. | Le CESE accueille favorablement la proposition de la Commission européenne d’ouvrir la voie à une éventuelle révision des traités, comme elle l’a évoqué dans le dernier discours sur l’état de l’Union, et juge opportun, ainsi que le propose le Parlement européen, d’inclure, parmi les questions qui feront l’objet de cette réforme, un protocole sur le progrès social. Le CESE estime que les conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe offrent une feuille de route appropriée pour mener à bien cette réforme. |
| 1.5. | Le protocole sur le progrès social servirait un triple objectif:
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| 1.6. | Le CESE voit dans la présidence espagnole de l’Union une formidable occasion de promouvoir cette proposition, et il invite les institutions de l’Union, dans le cadre du dialogue social européen, à faire avancer ce processus. |
| 1.7. | À cette fin, le CESE encourage la présidence espagnole à solliciter, à l’issue d’une analyse en bonne et due forme par des experts de haut niveau et notamment par les partenaires sociaux, la tenue d’un Conseil des ministres des affaires sociales dans le but de convenir d’une proposition commune qui, le cas échéant, puisse être adoptée à l’occasion d’un sommet européen qui lui serait spécialement consacré. L’importance que revêt cette question appelle la plus grande implication des différentes institutions de l’Union, toutes compétences confondues. |
| 1.8. | Le CESE estime que la proposition de la conférence sur l’avenir de l’Europe et du Parlement européen devrait être concrétisée sous la forme d’un protocole à insérer dans le TFUE ou d’une clause transversale moyennant la modification de l’article 9 du TFUE, mais qu’il n’en existe pas moins d’autres instruments politiques susceptibles de contribuer aux objectifs du protocole sur le progrès social. En outre, le CESE considère qu’un protocole sur le progrès social est essentiel pour renforcer l’autonomie des partenaires sociaux et pérenniser le lien indissociable qui doit exister entre le fonctionnement du marché intérieur et ses libertés économiques, y compris pour ce qui concerne une concurrence équitable entre les États membres ainsi que le respect et la promotion des droits sociaux collectifs. |
| 1.9. | Le CESE est convaincu qu’en adoptant un protocole sur le progrès social, l’Union pourra devenir un moteur de croissance économique et favoriser ainsi le bien-être du plus grand nombre possible de ses citoyens, dans une démarche qui se traduira aussi par la création et le développement d’entreprises plus robustes et plus durables. À cette fin, le protocole doit établir clairement que les libertés économiques du marché unique n’équivalent pas à une interdiction des restrictions, mais qu’elles prévoient l’égalité de traitement entre les opérateurs économiques comme un moyen de garantir, sur tous les marchés, l’exercice d’une concurrence loyale dans des conditions équitables. |
| 1.10. | Le CESE regrette que l’Union n’ait toujours pas honoré l’obligation qui lui incombe en vertu du traité de Lisbonne, d’adhérer à la Convention européenne des droits de l’homme ainsi que le prévoit l’article 6, paragraphe 2, du TUE. Cette adhésion est cruciale pour soumettre l’ordre juridique de l’Union, au même titre que tout ordre juridique fondé sur la démocratie et l’état de droit, à un contrôle externe des droits de l’homme. À cette fin, et dans le but de promouvoir une coexistence harmonieuse entre le droit de l’Union européenne et les dispositions du Conseil de l’Europe en matière sociale, le CESE recommande également que l’Union adhère à la charte sociale européenne du Conseil de l’Europe. |
2. Contexte, justification et principaux thèmes de l’avis
| 2.1. | Le CESE rappelle que, fruit de l’histoire et de la culture de l’Union européenne et érigé en normes dans les traités fondamentaux, le «modèle social européen» constitue l’une des principales contributions de l’Union au progrès de l’humanité et à la paix. Ce modèle se réfère à un paradigme économique qui veut que la recherche d’un rendement économique maximal soit indissociable du bien-être et du progrès social. La réalisation de cette «économie sociale de marché hautement compétitive», qui est visée à l’article 3, paragraphe 3, du TUE et revêt désormais un caractère constitutionnel, est moins une fin en soi que, d’abord et avant tout, comme il ressort des articles 9 et 151 du TFUE, un instrument destiné à assurer le bien-être de l’ensemble des citoyens européens. |
| 2.2. | Le CESE juge en outre nécessaire d’évoquer le caractère transversal du lien étroit établi entre la promotion du marché intérieur et la politique sociale en vertu de la «clause sociale horizontale» visée à l’article 9 du TFUE, selon lequel l’Union doit, dans la définition et la mise en œuvre de toutes ses politiques et actions, chercher à promouvoir des marchés du travail inclusifs ainsi que des systèmes de protection sociale adéquats. |
| 2.3. | L’économie sociale de marché repose sur deux piliers bien distincts mais complémentaires: le premier est celui de l’application des règles de la concurrence, et le second est celui des mesures de politique sociale qui visent à garantir la justice sociale en corrigeant les effets négatifs et en renforçant la protection sociale (2). Le CESE note par ailleurs que des limites institutionnelles, juridiques et touchant à l’action politique ont été définies pour garantir la réalisation de ce juste équilibre entre, d’une part, la dimension économique de l’Union, qui accorde la priorité aux libertés relatives à l’économie, en particulier la liberté de concurrence, et, d’autre part, sa dimension sociale, qui prévoit la garantie effective des droits sociaux fondamentaux et l’interdiction du dumping social. |
| 2.4. | Eu égard à ce contexte, et dans le but de corriger ce déséquilibre, un protocole sur le progrès social servirait un triple objectif:
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| 2.5. | En privilégiant la stabilité financière et la croissance économique au détriment du progrès social, les politiques d’austérité adoptées dans l’Union et ses États membres pour lutter contre la crise financière par le recours à la méthode de la «troïka», que le Parlement européen a lui-même contestée (3), ont en outre remis le risque d’affaiblissement des droits sociaux sur le devant de la scène. Cette situation contraste avec le principe de progrès social ancré dans la charte sociale européenne, comme l’a souligné à plusieurs occasions le Conseil de l’Europe, lequel a condamné les politiques et règles d’austérité mises en œuvre par des États membres de l’Union européenne au détriment des droits sociaux. En revanche, la Cour de justice de l’Union européenne n’a constaté aucune incompatibilité entre ces mesures et la clause sociale. |
| 2.6. | Les cas où il existe un conflit entre les libertés économiques et les politiques menées par l’Union dans d’autres domaines, d’une part, et les droits sociaux, d’autre part, soulèvent d’importantes questions quant au risque d’incohérence entre l’ordre juridique de l’Union et les instruments et normes qui, au niveau européen et international, régissent les droits de l’homme. Dans ces situations, les États membres se trouvent confrontés à des obligations contradictoires lorsqu’ils s’emploient à respecter la législation de l’Union, mais aussi et par ailleurs les engagements qu’ils ont contractés en vertu des instruments européens et internationaux applicables dans le domaine des droits de l’homme. Le protocole sur le progrès social a vocation à résoudre ce dilemme, en précisant que dans les situations où ces aspects entrent en conflit, les libertés économiques garanties par les traités de l’Union ne constituent pas un droit fondamental susceptible de contrebalancer les droits humains fondamentaux, notamment en matière sociale et dans le domaine du travail. Cet impératif consistant à ménager, entre les intérêts économiques et sociaux, un équilibre soucieux des droits fondamentaux quand ces deux aspects entrent en conflit revêt une importance primordiale pour garantir que le principe de primauté du droit de l’Union ne s’applique pas en violation des normes européennes et internationales relatives aux droits de l’homme. |
| 2.7. | Les conclusions et recommandations du rapport final de la conférence sur l’avenir de l’Europe, publiées en mai 2022, préconisent, parmi les 49 propositions et 300 mesures exposées, d’améliorer le fonctionnement des marchés du travail afin qu’ils garantissent des conditions de vie et de travail plus équitables sur le plan social, en particulier pour les jeunes et les groupes vulnérables [propositions 13 et 14 (4)]. Le CESE se félicite que le rapport de la conférence adresse, à cette fin, une demande à l’Union, aux États membres et aux partenaires sociaux afin qu’ils prennent, entre autres, des mesures pour garantir la mise en œuvre intégrale du socle européen des droits sociaux adopté en novembre 2017 et du plan d’action de mars 2021 qui s’y rapporte et, surtout, des objectifs qui sont les plus importants au regard du programme à l’horizon 2030, au niveau européen, national et régional, en incluant dans les traités un protocole sur le progrès social. Ce protocole vise à introduire des garanties plus efficaces afin de protéger pleinement les droits sociaux en cas de conflit avec les libertés économiques (voir mesure 5, proposition 13), et d’éviter d’affaiblir lesdits droits (mesure 2, proposition 14). |
| 2.8. | À la lumière des crises récentes ou toujours en cours, et afin de mettre en œuvre les propositions et mesures figurant dans le rapport de la conférence sur l’avenir de l’Europe, le Parlement européen a adopté, en juin 2022, une résolution invitant le Conseil européen à lancer le processus de révision des textes fondateurs de l’Union. Le CESE se félicite que les réformes proposées par le Parlement européen visent à veiller à ce que le socle européen des droits sociaux soit pleinement mis en œuvre et à intégrer dans les traités le progrès social, en lien avec un protocole sur le progrès social, dans le respect des compétences des institutions concernées ainsi que des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Le CESE relève que le Parlement européen a également lancé des appels similaires, en faveur d’un protocole sur le progrès social, dans sa résolution de décembre 2020 sur une Europe sociale forte pour des transitions justes. |
| 2.9. | Le CESE émet le présent rapport à la demande expresse que lui a adressée l’Espagne, laquelle assumera la présidence tournante de l’Union au second semestre 2023, afin qu’il élabore un avis exploratoire définissant sa position relative à un protocole sur le progrès social. |
3. Contexte européen et contributions institutionnelles, juridiques et scientifiques concernant l’opportunité d’intégrer un protocole sur le progrès social dans les traités
| 3.1. | Le CESE se réjouit que les trois institutions de l’Union soient disposées à accorder toute leur attention au suivi de la conférence sur l’avenir de l’Europe et de ses propositions, dans le respect des compétences que les traités de l’Union européenne confèrent à chacune d’elles. Le CESE constate que des jalons concrets ont été posés en vue de mettre en œuvre les propositions issues de la conférence, le but étant d’améliorer la vie quotidienne des citoyens dans de nombreux domaines, notamment en promouvant une économie compétitive socialement équitable et durable sur le plan environnemental (domaine thématique 9 de la conférence sur l’avenir de l’Europe). |
| 3.2. | Le CESE signale également qu’en novembre 2022, le rapport sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe a fait l’objet d’une évaluation préliminaire actualisée de ses mesures et propositions par le secrétariat général du Conseil (5), dont il résulte:
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| 3.3. | Le CESE fait observer que la conférence sur l’avenir de l’Europe réclame une action plus ambitieuse et plus ferme de la part de l’Union européenne, des États et des partenaires sociaux, en vue d’accroître le bien-être des citoyens européens dans le cadre d’un contrat social renouvelé, ainsi que d’améliorer en permanence les conditions de vie et de travail. À cet égard, si le cadre réglementaire en vigueur permet de mener des politiques sociales plus engagées, d’autres politiques nécessitent toutefois, d’après le rapport final de la conférence (6), une réforme des traités. |
| 3.4. | En outre, attribuer à la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne la même valeur juridique qu’aux traités, même si elle n’en fait pas partie intégrante, améliore l’équilibre constitutionnel entre les droits sociaux et les libertés économiques en évitant que les premiers ne soient considérés comme des exceptions aux secondes. Dans la même veine, la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne réaffirme, comme indiqué dans son préambule, les droits tels qu’ils résultent notamment des traditions constitutionnelles et des obligations internationales communes aux États membres, parmi lesquelles figurent notamment la Convention européenne des droits de l’homme et la charte sociale européenne du Conseil de l’Europe. L’entrée en vigueur du traité de Lisbonne a amélioré l’équilibre constitutionnel en accordant à la charte des droits fondamentaux de l’Union la même valeur juridique qu’aux traités. Malgré tout, l’expérience montre que les libertés économiques ont toujours tendance à primer sur les droits sociaux en cas de conflit entre ces deux aspects. |
| 3.5. | Le CESE observe par ailleurs que le droit de l’Union et la jurisprudence de la Cour de justice évoluent favorablement dans le sens d’une interdiction du dumping social, afin de garantir un modèle où la concurrence économique sera non seulement libre mais aussi loyale. L’arrêt prononcé par la grande chambre de la Cour le 8 décembre 2020 dans l’affaire C-620/18 constitue un exemple clair qui affirme la nécessité de garantir des conditions sociales équitables dans le cadre de l’exercice des libertés économiques, en l’occurrence la prestation de services. Malgré tout, l’expérience montre que les libertés économiques ont toujours tendance à primer sur les droits sociaux en cas de conflit entre ces deux aspects. |
4. Observations générales
| 4.1. | Le CESE note que, bien qu’il existe, au niveau européen, des normes minimales, contraignantes ou non contraignantes, pour faire progresser la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, il est nécessaire, si l’on veut promouvoir et garantir une véritable économie sociale de marché compétitive et durable, de disposer d’un protocole sur le progrès social afin de renforcer les atouts de ce système d’économie sociale de marché propre à l’Europe, et d’en éliminer dans le même temps les points faibles en l’adaptant afin qu’il puisse affronter les défis de demain. Le CESE estime que les conclusions de la conférence sur l’avenir de l’Europe offrent une feuille de route appropriée pour promouvoir un protocole de ce type. Il invite dès lors les institutions européennes à prendre les mesures nécessaires pour que cette proposition de la conférence soit mise en œuvre. |
| 4.2. | Le CESE estime que la proposition de la conférence sur l’avenir de l’Europe et du Parlement européen devrait être concrétisée sous la forme d’un protocole à insérer dans le TFUE ou d’une clause transversale moyennant la modification de l’article 9 de ce traité, mais qu’il n’en existe pas moins d’autres instruments politiques susceptibles de contribuer aux objectifs du protocole sur le progrès social. |
| 4.3. | En outre, et il s’agit là d’un aspect fondamental pour le progrès social, le CESE considère que ledit protocole permettrait de préserver et de renforcer l’autonomie des partenaires sociaux, et d’établir un lien clair entre le fonctionnement du marché intérieur et ses libertés économiques, y compris pour ce qui concerne une concurrence équitable entre les États membres ainsi que le respect et la promotion des droits sociaux collectifs. Cette garantie doit toujours être interprétée dans un sens qui respecte l’autonomie des partenaires sociaux et le bon fonctionnement des mécanismes nationaux de dialogue social et des relations entre ses interlocuteurs. |
| 4.4. | Le CESE estime qu’il est non seulement souhaitable, mais aussi nécessaire, de s’assurer que le protocole sur le progrès social prévoie un principe excluant tout retour en arrière en matière de normes sociales, lequel figure déjà dans les dispositions de la charte sociale européenne et la jurisprudence du Comité européen des droits sociaux (CEDS), mais n’est encore reconnu ni par le droit de l’Union, ni par la Cour de justice. |
| 4.5. | De l’avis du CESE, un protocole sur le progrès social constitue un élément fondamental d’un nouveau modèle de l’Union en matière d’économie et de gouvernance, dont les fondements doivent aller au-delà du PIB et construire un bien-être européen socialement équitable, c’est-à-dire inclusif, et durable. |
5. Observations particulières
| 5.1. | Le CESE est convaincu qu’en adoptant un protocole sur le progrès social, l’Union sera en mesure de réaliser une convergence non seulement vers la croissance économique mais aussi vers le progrès et de favoriser le bien-être du plus grand nombre possible de ses citoyens, en préservant le modèle social européen, dans une démarche qui se traduira aussi par la création et le développement d’entreprises plus robustes et plus durables. En ce sens, le protocole sur le progrès social apporterait aussi une contribution importante à la réalisation des objectifs de développement durable de l’Union dans le cadre du programme des Nations unies à l’horizon 2030. |
| 5.2. | Le CESE estime que, par analogie avec le contenu du protocole no 27 sur le marché intérieur et la concurrence, l’Union doit disposer des compétences suffisantes pour prendre, si nécessaire, des mesures garantissant un progrès social effectif, et ce, au titre des dispositions des traités, dont l’article 352 du TFUE. |
| 5.3. | Le CESE recommande que l’Union honore l’obligation qui lui incombe en vertu du traité de Lisbonne, d’adhérer à la Convention européenne des droits de l’homme. Enfin, et dans le but de promouvoir une coexistence harmonieuse entre le droit de l’Union européenne et les dispositions du Conseil de l’Europe en matière sociale, l’Union devrait aussi adhérer à la charte sociale européenne du Conseil de l’Europe. |
Bruxelles, le 15 juin 2023.
Le président du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) https://www.europarl.europa.eu/resources/library/media/20220510RES29211/20220510RES29211.pdf
(2) «Building a social market economy in the European Union», discours de László Andor, commissaire à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion.
(3) Voir la résolution du Parlement européen du 13 mars 2014 sur l’emploi et les aspects sociaux du rôle et des opérations de la Troïka (BCE, Commission et FMI) dans les pays du programme de la zone euro [2014/2007(INI)].
(4) https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-10033-2022-ADD-1-REV-1/en/pdf
(5) https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/conference-on-the-future-of-europe/
(6) Rapport sur les résultats finaux de la conférence sur l’avenir de l’Europe, voir par exemple à la page 53.
ANNEXE
L’amendement ci-après, qui a recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, a été rejeté au cours des débats (article 74, paragraphe 3, du règlement intérieur):
AMENDEMENT 1
SOC/756 — Protocole sur le progrès social
Remplacer intégralement par le texte ci-après l’avis présenté par la section SOC (l’explication/exposé des motifs figure à la fin du document):
| Amendement du CdR | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| 1. Conclusions et recommandations
2. Historique, contexte européen et national et cadre institutionnel et juridique
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Exposé des motifs
Le texte ci-dessus comprend un amendement qui vise à exprimer une position globalement divergente par rapport à l’avis présenté par la section, et doit donc être considéré comme un contravis. Il expose les raisons pour lesquelles le CESE estime qu’il n’est pas nécessaire de réviser les traités dans le but d’instituer un protocole sur le progrès social. Au lieu que l’Union européenne propose ce protocole sur le progrès social, qui viendrait rompre l’équilibre entre les libertés économiques et les droits sociaux et qui empiéterait sur des compétences bien définies de l’Union et des États membres, il importe de progresser vers une conception commune de ce qu’est la valeur ajoutée de l’Union pour l’emploi et les politiques sociales.
Résultat du vote:
| Voix pour: | 101 |
| Voix contre: | 133 |
| Abstentions: | 7 |
(1) Contribution du CESE au sommet social de Porto, paragraphe 7.
| «1. | Quelle évaluation le CESE fait-il de cette proposition, et quelle est sa position à son égard, à un moment où l’actuelle présidente de la Commission européenne a évoqué la possibilité de discuter d’une réforme des traités dans son dernier discours sur l’Union? |
| 2. | Juge-t-il opportun et utile, pour faire avancer cette proposition, d’inscrire cette ambition au programme de la présidence espagnole? |
| 3. | Dans l’affirmative, à quels niveaux de compétence serait-il intéressant de l’inclure (sommet européen, Conseil des ministres des affaires sociales, experts, niveau technique)?». |
(3) Initialement proposé en 2008 et actualisé en 2022.
(4) Rapport sur les résultats finaux.
(5) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0244_FR.html
(6) Proposition de la CES relative à un protocole sur le progrès social, actualisée en 2022.
(7) Rapport sur le travail conjoint des partenaires sociaux européens sur les arrêts de la CJE dans les affaires Viking, Laval, Rüffert et Luxembourg.
(8) Proposition de règlement du Conseil relatif à l’exercice du droit de mener des actions collectives dans le contexte de la liberté d’établissement et de la libre prestation des services.
(9) Douze des 40 parlements nationaux ou chambres des parlements (19 voix sur 54 attribuées) ont estimé que le contenu de la proposition n’était pas conforme au principe de subsidiarité. La Commission a retiré en fin de compte sa proposition.
(10) Au cours d’un débat au sein de la commission des affaires européennes du Parlement danois.
(11) Affaire C-341/05, points 91 et 93.
(12) En vertu du principe de proportionnalité, le contenu et la forme de l’action de l’Union n’excèdent pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traités.
(13) JO C 125 du 21.4.2017, p. 10, paragraphe 2.6.
(14) Voir également l’avis du CESE sur le thème « Renforcer le dialogue social » (non encore publié au JO).
Avis institutionnel — 52023AB0047
29/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110596
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110744
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS109365
28/12/2023