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AccueilDroit européen52023AE0863
Avis institutionnel52023AE0863

Avis institutionnel — 52023AE0863

CELEX52023AE0863
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 14 juin 2023

Texte intégral

18.8.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 293/34


Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Mesures de lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes du VIH»

(avis exploratoire à la demande de la présidence espagnole)

(2023/C 293/06)

Rapporteur:

Pietro Vittorio BARBIERI

Corapporteure:

Nicoletta MERLO

Saisine du Comité par la présidence espagnole du Conseil

Lettre, 8.12.2022

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Avis exploratoire

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

31.5.2023

Adoption en session plénière

14.6.2023

Session plénière no

579

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

201/0/6

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) salue l’initiative de la présidence espagnole, dont l’objectif est d’éliminer la stigmatisation et la discrimination liées au VIH en Europe d’ici à 2030. Cette question a été mise de côté pendant trop longtemps, même si les données disponibles montrent sans équivoque qu’elle continue d’avoir des conséquences néfastes dans différentes régions du monde, dans des contextes sociaux précis et au sein des populations clés. Le CESE partage donc l’avis de la présidence espagnole: mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination liées au VIH devrait être considéré comme l’une des priorités politiques du programme de l’Union européenne (UE).

1.2.

Le Comité estime également que les institutions européennes doivent élaborer une déclaration de haut niveau en vue de la présenter au Parlement européen le 1er décembre 2023, et s’engage à la soutenir et à y contribuer, à tous les niveaux, par tous les moyens et dans toutes les enceintes possibles.

1.3.

Pour lutter contre la stigmatisation, la discrimination et les stéréotypes inexacts, le CESE estime qu’il est essentiel de promouvoir, surtout dans les écoles, les actions de sensibilisation, de formation et d’information en associant les organisations de la société civile, les jeunes et les organisations d’étudiants.

1.4.

Il convient d’identifier et de supprimer les obstacles à la prophylaxie préexposition (PPrE), car un meilleur accès aux médicaments et des progrès dans la mise en œuvre de cette technique sont nécessaires pour atteindre une population plus large, de sorte à accélérer l’évolution vers la fin de l’épidémie de sida d’ici à 2030. Les interventions préventives telles que la prophylaxie préexposition, la prophylaxie post-exposition (PPE) et le traitement comme prévention (TasP) pourraient avoir une incidence significative sur le contrôle du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles.

1.5.

Dans le monde du travail, les personnes atteintes du VIH doivent bénéficier des mêmes possibilités d’accès à l’emploi et de développement professionnel que les autres. Elles doivent aussi pouvoir jouir d’aménagements particuliers, comme des horaires flexibles ou des congés prolongés pour se rendre à des rendez-vous médicaux, et ce avec une garantie de confidentialité.

1.6.

Le CESE insiste sur l’importance de prendre des mesures spécifiques en faveur des populations clés: pour gérer efficacement l’épidémie de VIH, il faut que des informations ciblées et des programmes de prévention mis en œuvre sur le plan institutionnel atteignent ces groupes de population, afin que les services concernés puissent les contacter de façon proactive, en passant éventuellement par des associations non gouvernementales ancrées dans les communautés.

1.7.

Étant donné que l’Ukraine est le deuxième pays le plus touché par l’épidémie de sida en Europe orientale et Asie centrale, le CESE insiste sur l’importance que les pays d’accueil assurent la continuité et la gratuité du dépistage et des traitements du VIH pour les réfugiés ukrainiens, en améliorant leurs chances de se faire tester, quel que soit leur statut de résidence. Puisque la plupart des réfugiés ukrainiens sont des femmes et des enfants, l’idéal serait peut-être de les tester davantage au sein des hôpitaux, des centres de soins de santé primaires et des organisations communautaires.

1.8.

Les traitements antirétroviraux peuvent jouer un double rôle, en améliorant la santé des personnes atteintes du VIH tout en empêchant efficacement la transmission du virus, puisqu’ils sont très efficaces pour supprimer sa charge virale.

1.9.

Les bases du contrôle de la propagation de la contamination sont le diagnostic en temps utile de l’infection par le VIH, le lancement rapide du traitement et le maintien (la continuité) des soins. Étant donné que plusieurs pays ont déjà rempli l’objectif 90-90-90, le CESE plaide en faveur d’une nouvelle cible plus ambitieuse, devant être atteinte par tous les pays d’ici à 2030: augmenter les taux de couverture jusqu’à 95 % pour le dépistage, le traitement et la suppression virologique.

1.10.

Tant la continuité des soins que celle de la prévention constituent une approche globale pour lutter contre l’épidémie de VIH, et elles devraient donc être développées et mises en œuvre.

1.11.

Le CESE recommande de définir de nouvelles stratégies innovantes pour améliorer le diagnostic précoce et informer davantage de personnes au sujet de leur infection en développant des approches diversifiées et accessibles en vue d’élargir la disponibilité des moyens de dépistage du VIH tels que les tests rapides, les tests au sein des communautés et les autotests, ainsi qu’une méthode intégrée pour dépister le VIH et les hépatites B et C.

1.12.

Les organisations communautaires jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH, en encourageant la prise de responsabilité, en menant des actions de prévention, en organisant des activités et en contribuant à des innovations cruciales pour un progrès durable.

1.13.

Pour soutenir et accélérer les avancées vers la réalisation de ces objectifs, le CESE demande instamment que des efforts supplémentaires soient consentis au niveau de la conception et de la mise en œuvre de nouveaux programmes visant à étendre la sensibilisation à la séropositivité et à la couverture thérapeutique, à réduire la circulation du virus et donc la transmission du VIH, ainsi qu’à limiter les sources de discrimination, notamment dans le cadre de l’accès à l’emploi ou aux services financiers.

2. Le VIH en Europe

2.1.

La transmission du VIH reste un problème de santé publique majeur qui touche plus de 36 millions de personnes dans le monde, dont 2,3 millions vivent dans la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), principalement dans sa partie orientale. En 2021, dans la région européenne, le VIH a été diagnostiqué chez près de 107 000 personnes, dont environ 17 000 au sein de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (EEE). Les diagnostics de VIH connaissent une tendance à la baisse depuis 2012; un déclin plus marqué a été observé en 2020 et en 2021 (- 24 %), probablement à la suite des effets de la pandémie de COVID-19 sur le recours aux soins de santé, ou d’une baisse de la transmission imputable aux mesures de santé publique imposées pendant cette période.

2.2.

En Europe, le VIH touche davantage les populations marginalisées et les personnes dont le comportement est socialement stigmatisé, telles que les consommateurs de drogues par voie intraveineuse et leurs partenaires sexuels, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les personnes transgenres, les travailleurs du sexe, les prisonniers et les migrants.

2.3.

Les données font état de modèles et de tendances épidémiologiques différents selon les pays de la région européenne de l’OMS: dans l’UE, l’EEE et la partie occidentale, le principal mode de transmission est la relation sexuelle entre des hommes, alors que ce sont les relations hétérosexuelles et l’absorption de substances par voie intraveineuse qui sont à la source du plus grand nombre de transmissions dans la partie orientale.

2.4.

Le dépistage tardif du VIH reste un problème pour la plupart des pays de la région, plus de 50 % des personnes ayant été diagnostiquées alors que le nombre de cellules CD4 était inférieur à 350/mmc.

3. Continuité des soins liés au VIH pour les réfugiés ukrainiens

3.1.

Depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, plus de 13,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays ou contraintes de se réfugier dans les pays voisins. Parmi elles, on trouve des personnes vivant avec le VIH, entre 10 000 et 30 000 selon les estimations, ainsi que des populations clés.

3.2.

L’Ukraine est le deuxième pays le plus touché par l’épidémie de sida en Europe orientale et Asie centrale. Le nombre de nouveaux diagnostics du VIH est passé de 14 240 en 2016 à 16 270 en 2019, diminuant légèrement pour atteindre 15 660 en 2020, probablement en raison de la crise de la COVID-19. Selon les données de surveillance, entre 9 000 et 10 000 de ces cas sont la conséquence d’une relation hétérosexuelle, et environ 5 000 de toxicomanie par voie intraveineuse.

3.3.

Avant le début de la guerre, le pays progressait fortement dans la lutte contre le sida: des soins et des traitements contre le VIH étaient dispensés gratuitement dans les cliniques publiques du VIH de tout le pays et un nombre croissant de personnes atteintes du virus bénéficiaient d’un traitement antirétroviral. En 2021, on estimait que, sur 240 000 personnes atteintes du VIH (soit 0,6 % de la population ukrainienne), plus de 150 000 (62 %) suivaient un traitement antirétroviral. Chez 94 % de ces individus, la fonction et la réplication du virus avaient été supprimées ou réduites.

3.4.

Dans le pays, les agences des Nations unies et les partenaires sur le terrain, comme le fonds d’urgence du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), ont travaillé en étroite collaboration avec les collectivités locales pour atteindre et aider les personnes qui en avaient besoin. Plus récemment, elles ont fourni une aide humanitaire à des territoires durement touchés, qui viennent seulement d’être rendus accessibles. Une coalition formée par les pouvoirs publics, la société civile et des organisations internationales a été et continue d’être la pierre angulaire de la réponse efficace au VIH en Ukraine pendant la guerre.

3.5.

L’ONUSIDA continuera de soutenir les mesures de prévention du VIH, son dépistage, son traitement, les soins en la matière et l’aide aux personnes de toute l’Ukraine qui sont touchées par la guerre ou déplacées à la suite du conflit.

3.6.

Dans un document (1) publié en juillet 2022, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) présente les principales considérations permettant d’éclairer la prise de décision et la mise en œuvre pratique des services qui visent à maintenir les normes de qualité dans les soins fournis aux réfugiés ukrainiens en matière de VIH, et surtout l’importance pour les pays d’accueil d’assurer la continuité des soins et du dépistage gratuit du VIH pour ces personnes, améliorant ainsi leurs chances d’être testées indépendamment de leur statut de résidence. En effet, un accès restreint au traitement antirétroviral augmente le risque de maladie, de décès, d’apparition de souches résistantes et de transmission potentielle à d’autres personnes. Puisque la plupart des réfugiés ukrainiens sont des femmes et des enfants, l’idéal serait peut-être de les tester davantage au sein des hôpitaux, des centres de soins de santé primaires et des organisations communautaires.

4. Le VIH dans le monde

4.1.

Il existe un large consensus mondial sur le fait que nous disposons désormais des outils pour mettre fin à l’épidémie de sida. Ces vingt dernières années, de plus en plus d’études dans différents contextes ont démontré que les traitements antirétroviraux peuvent jouer un double rôle, en améliorant la santé des personnes atteintes du VIH tout en empêchant efficacement la transmission du virus (traitement par prévention) puisqu’ils sont très efficaces pour supprimer la charge virale du VIH (moins de 200 copies/ml).

4.2.

Au cours des dernières années, la stratégie largement mise en place consiste à prévoir, comme éléments de base pour contrôler la propagation de l’infection, un diagnostic en temps utile de l’infection par le VIH, le lancement rapide du traitement et le maintien (la continuité) des soins. En 2014, l’ONUSIDA a lancé l’objectif 90-90-90, qui implique que 90 % des personnes vivant avec le VIH soient diagnostiquées, que 90 % d’entre elles soient sous traitement et que 90 % de ces personnes sous traitement aient une charge virale indétectable. Si cet objectif est atteint, 73 % de tous les individus infectés par le VIH auront une charge virale indétectable, et ne pourront donc pas transmettre le virus.

4.3.

Il est avéré qu’à la fin de l’année 2020, plusieurs pays présentant des caractéristiques géographiques, un niveau de revenu et un statut épidémiologique différents avaient déjà rempli l’objectif. Selon les experts, ces résultats pourraient potentiellement indiquer la possibilité que tous les pays atteignent d’ici à 2030 une nouvelle cible plus ambitieuse, à savoir, augmenter les taux de couverture jusqu’à 95 % pour les tests, le traitement et la suppression virologique. Pour soutenir et accélérer les progrès accomplis en vue de réaliser ces objectifs de lutte contre l’épidémie de VIH, des efforts supplémentaires doivent être consentis au niveau de la conception et de la mise en œuvre de nouveaux programmes visant à étendre la sensibilisation à la séropositivité et à la couverture thérapeutique (approche de dépistage et de traitement universel), pour réduire la circulation du virus et donc sa transmission. De tels nouveaux programmes ne devraient pas se concentrer uniquement sur l’application de mesures standard, ils devraient aussi être mis en œuvre en respectant les besoins et les demandes spécifiques des personnes atteintes du VIH.

4.4.

Depuis peu, une approche similaire à la continuité des soins liés au VIH, la continuité de la prévention du VIH, gagne du terrain. Elle vise la population exposée au risque d’infection par le VIH afin de s’assurer que les individus ne soient pas contaminés. La continuité de la prévention du VIH se base sur le dépistage du virus, ainsi que sur l’établissement d’un lien entre les personnes qui ne sont pas infectées et les services de prévention, la rétention dans les services et l’adhésion aux services offrant des conseils continus liés à la réduction des risques et à l’utilisation constante du préservatif pour prévenir l’infection par le VIH et sa transmission. La rétention est également importante pour garantir un dépistage régulier du VIH, ainsi qu’un diagnostic rapide en cas d’infection. Les individus récemment contaminés doivent recevoir rapidement des soins et un traitement contre le VIH, et bénéficier d’autres outils tels que le test du partenaire, l’utilisation d’un préservatif, et les médicaments antirétroviraux à des fins de prévention. Au niveau de la population, plusieurs études ont montré que tant la continuité des soins et celle de la prévention constituent une approche globale pour lutter contre l’épidémie de VIH.

4.5.

De nouvelles stratégies innovantes sont nécessaires pour améliorer le diagnostic précoce et informer davantage de personnes au sujet de leur infection en développant des approches diversifiées et accessibles en vue d’élargir la disponibilité des moyens de dépistage du VIH tels que les tests rapides, les tests communautaires et les autotests, ainsi qu’une méthode intégrée pour dépister le VIH et les hépatites B et C.

4.6.

L’OMS recommande un ensemble complet de services sanitaires pour la prévention du VIH, qui mettent spécifiquement l’accent sur les populations clés. Il est particulièrement important d’intégrer les services de prévention du VIH à ceux qui concernent la santé sexuelle et génésique, la santé mentale, la prévention et les soins relatifs aux violences sexuelles et sexistes, le traitement de la toxicomanie, la prévention et les soins liés à l’hépatite C, le contrôle de la tuberculose, la santé carcérale, les maladies non transmissibles ainsi que l’aide juridique et sociale.

4.7.

La possibilité d’accéder de diverses manières à un test de dépistage du VIH peut permettre de diagnostiquer en temps utile différentes populations vulnérables à l’infection à ce virus.

4.8.

L’ONUSIDA recommande d’adopter une approche de «prévention combinée» du VIH. Étant donné qu’aucune stratégie de prévention ne suffit à elle seule à endiguer la propagation de la maladie, cette approche nécessite des interventions biomédicales, comportementales et structurelles qui sont spécialement sélectionnées et adaptées en fonction des besoins locaux exprimés par les communautés touchées. Pour être couronnées de succès, elles doivent être coordonnées, efficaces, cohérentes et inspirées par un engagement collectif à atteindre des objectifs communs.

5. La réponse communautaire au VIH

5.1.

Depuis toujours, l’ONUSIDA atteste et reconnaît le rôle des organisations communautaires de personnes vivant avec le VIH, de groupes marginalisés et vulnérables, de femmes et de jeunes dans la fourniture de services liés au VIH, la recherche et le développement de médicaments, les actions de plaidoyer, la responsabilité sociale et politique, la mobilisation des ressources, la protection des droits sociaux et des droits de l’homme (2). Ces trente dernières années ont démontré que les organisations communautaires de personnes atteintes du VIH et leurs pairs jouent un rôle déterminant pour maintenir l’engagement et le plaidoyer en matière d’équité dans le domaine de la santé et de financement de la santé, ainsi que pour garantir que les droits de tous les êtres humains soient reconnus et respectés. La qualité et l’intégration efficace des systèmes de soins et des soins de santé universels peuvent être conçues, mises en place et soutenues plus utilement si un rôle central est accordé aux organisations communautaires de personnes atteintes du VIH et à leurs pairs. L’influence et la participation des organisations communautaires ont directement contribué à améliorer les résultats en matière d’accès aux services de traitement, de prévention, de soutien et de soins liés au VIH dans le monde entier.

5.2.

Les organisations communautaires jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH, en encourageant la prise de responsabilité, en menant des actions de prévention, en organisant des activités et en contribuant à des innovations cruciales pour un progrès durable. Lorsqu’il est question d’atteindre des populations marginalisées et mal desservies, les plateformes de prestation de services gérées par les organisations communautaires sont souvent plus efficaces que leurs équivalents formels basés dans des établissements de soins, surtout dans des contextes où la stigmatisation et la discrimination sont répandues. Les organisations communautaires sont bien placées pour identifier les lacunes dans les services, les contraintes qui freinent la fourniture et l’utilisation des services, mais aussi les occasions de reconnaître ces services comme faisant partie des droits fondamentaux de l’individu et de les rendre plus centrés sur les personnes, plus pratiques et plus efficaces.

5.3.

Les organisations communautaires, c’est-à-dire les groupes d’associations et d’organisations non gouvernementales impliquées au quotidien dans la lutte contre le sida et la défense des droits des personnes atteintes du VIH, jouent un rôle clé pour faire entendre la voix des populations les plus vulnérables et les plus à risque, et proposent des solutions efficaces pour endiguer l’épidémie de VIH et de sida. Leur rôle est si important que, le 1er décembre 2019, l’Organisation mondiale de la santé, et plus particulièrement l’ONUSIDA, leur a dédié la Journée mondiale contre le sida, avec le slogan «Les organisations communautaires font la différence».

5.4.

Il convient également d’envisager un suivi constant de l’ensemble des politiques et des cadres législatifs qui ont été adoptés dans chaque État membre en matière de soins de santé, et d’analyser leur incidence, en associant des acteurs indépendants et impartiaux, notamment en vue de dégager de bonnes pratiques à partager et à proposer au niveau européen.

5.5.

Malgré la sensibilisation et l’objectif de «normalisation» de la séropositivité, il est conseillé de respecter la vie privée de chaque individu, que ce soit lors des contacts avec les établissements de santé permettant d’accéder aux services ou dans tous les aspects qui concernent la vie quotidienne, c’est-à-dire à l’école, au travail, etc. Dans tous les États membres, les règles doivent donc viser à protéger les droits et les libertés fondamentales de l’individu atteint du VIH, ainsi que la dignité inhérente à sa personne.

5.6.

Pour lutter contre la stigmatisation, la discrimination et les stéréotypes inexacts, il est essentiel de promouvoir, surtout dans les écoles, les actions de sensibilisation, de formation et d’information associant les organisations de la société civile telles que les associations et communautés locales, les jeunes et les organisations d’étudiants.

6. La prophylaxie préexposition (PPrE) pour prévenir les infections par le VIH

6.1.

La prophylaxie préexposition (PPrE) est une approche biomédicale de la prévention du VIH, dans le cadre de laquelle les personnes présentant un risque élevé d’être infectées par le virus prennent des médicaments antirétroviraux par voie orale. Son efficacité est bien documentée, lorsque le traitement est pris selon les indications. Il s’agit d’une composante essentielle de la «prévention combinée» nécessaire pour atteindre l’objectif de développement durable consistant à mettre fin à l’épidémie de sida d’ici à 2030. Son utilisation est recommandée par des lignes directrices nationales et internationales. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recommande aux pays de l’Union d’envisager d’intégrer la PPrE à leurs programmes existants de prévention du VIH à l’intention des populations clés et des personnes les plus exposées au risque d’infection par le virus.

6.2.

Différentes études ont montré que l’adoption de la PPrE est lente dans les environnements hospitaliers, et que la rétention dans les soins est perfectible. La prise en continu du traitement de PPrE a été considérée comme le moyen le plus efficace pour réduire l’incidence du VIH. Pourtant, de nombreux patients interrompent leur traitement durant la première année, et moins de la moitié d’entre eux le poursuivent. Il existe de nombreuses raisons d’arrêter la PPrE: changement du comportement sexuel durant certaines périodes de la vie, effets indésirables des médicaments, mais aussi faible perception du risque, craintes que la protection offerte par la PPrE soit insuffisante, stigmatisation, perturbation de la routine quotidienne et consommation de drogues, coût et absence de couverture par l’assurance et d’aide financière, ou encore nécessité de se rendre fréquemment chez un médecin.

6.3.

En Europe, la disponibilité de la PPrE est fragmentée, complexe et variable. La répartition géographique de la fourniture de la PPrE montre de grandes disparités au sein de l’Europe et de l’Asie centrale. Il convient d’identifier et de supprimer les obstacles à la prophylaxie préexposition (PPrE), car un meilleur accès aux médicaments et des progrès dans la mise en œuvre de cette technique sont nécessaires pour atteindre une population plus large, de sorte à accélérer l’évolution vers la fin de l’épidémie de sida d’ici à 2030.

6.4.

Les interventions préventives telles que la prophylaxie préexposition, la prophylaxie post-exposition et le traitement comme prévention pourraient avoir une incidence significative sur le contrôle du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles.

7. Populations clés

7.1.

Malgré d’excellents résultats obtenus ces dernières décennies en matière de réduction des infections par le VIH dans différentes régions du monde, et une diminution significative des décès dus au sida, toutes les mesures combinées de prévention du VIH est sont loin d’être «universellement» disponibles. Là où il n’y a pas de traitement contre le sida, le VIH continue de provoquer un nombre d’infections disproportionné et reste mortel.

7.2.

Le VIH se propage toujours dans des populations qui, pour différentes raisons, n’ont pas accès aux mesures préventives ou qui, une fois infectées, ne peuvent pas bénéficier du traitement antirétroviral actuellement disponible. Ces personnes plus vulnérables au VIH, qui sont notamment les toxicomanes, les travailleurs du sexe, les hommes homosexuels et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), les prisonniers, les migrants et leurs partenaires respectifs, sont appelées «populations clés». Elles sont caractérisées par des taux de morbidité et de mortalité plus élevés que dans la population générale ainsi que par un moins bon accès aux services de santé, et elles jouent un rôle charnière dans la propagation de l’épidémie. Toutefois, les services combinés de prévention du VIH n’ont réussi à toucher que la moitié des personnes de ces groupes, ce qui montre qu’ils restent marginalisés et laissés de côté lorsqu’il est question des dernières avancées en matière de lutte contre le sida.

7.3.

La vulnérabilité de ces sous-groupes de la population peut dépendre à la fois des pratiques spécifiques qui y règnent, et de la difficulté d’accéder aux services liés au VIH en raison de la pauvreté et des conditions engendrées par la marginalisation et l’isolement subis dans divers contextes sociaux et pour différentes raisons, qui peuvent être de nature culturelle, religieuse, et même juridiques.

7.4.

Pour pouvoir atteindre plus facilement chacune des populations clés, y compris celles qui habitent dans les zones périphériques, il faudrait étendre et renforcer le rôle des équipes de rue, notamment pour offrir des services de base tels que des tests rapides. Pour les personnes vivant dans des zones périphériques ou difficilement accessibles, les services mobiles pourront également servir de premier point de contact avant une prise en charge plus efficace et plus durable de l’individu dans des lieux plus adaptés.

7.5.

Dans certaines situations, les femmes sont plus désavantagées que les hommes, sont plus défavorisées sur le plan économique, ne sont pas toujours en mesure de poser des conditions aux relations sexuelles, et sont souvent victimes de violences (3). Dans d’autres, la discrimination liée à certaines pratiques, tout comme les préjugés, l’intolérance ou même les lois répressives qui criminalisent l’homosexualité, empêchent d’avoir librement accès aux services. De plus, différents facteurs qui amplifient la vulnérabilité se chevauchent très souvent.

7.6.

Dans le monde du travail, les personnes atteintes du VIH doivent bénéficier des mêmes possibilités d’accès à l’emploi et de développement professionnel que les autres. Elles doivent aussi pouvoir jouir d’aménagements particuliers, comme des horaires flexibles ou des congés prolongés pour se rendre à des rendez-vous médicaux, et ce avec une garantie de confidentialité. Dans certains pays, les personnes infectées par le VIH ne peuvent pas exercer certaines professions, notamment au sein de la police, des services douaniers et des centres de détention (4). Les personnes touchées par le VIH sont toujours confrontées à des difficultés et à des primes ou taux plus élevés lorsqu’elles cherchent à contracter une assurance, ou à demander un crédit hypothécaire ou un prêt, et ce même si certains États membres ont pris des mesures pour faciliter l’accès à ces services et limiter l’augmentation de ces tarifs pour les personnes souffrant de maladies graves. Le CESE plaide en faveur de conditions reflétant l’amélioration au niveau des traitements, de la santé et de l’espérance de vie. Les données statistiques anonymisées disponibles dans l’espace européen des données de santé devraient donc être utilisées pour améliorer l’accès à de tels services financiers.

7.7.

L’urgence épidémiologique liée à la COVID-19 a eu de profondes répercussions sur les systèmes de santé du monde entier, accentuant encore les inégalités existantes et rendant les objectifs de l’OMS plus difficilement atteignables, surtout dans les pays disposant de ressources limitées. De même, on estime que les perturbations des mesures de prévention ont provoqué une augmentation inévitable du nombre de cas de VIH, laquelle est suffisante pour neutraliser tous les progrès accomplis grâce aux efforts déployés au cours des années précédentes.

7.8.

En Europe, les populations clés les plus touchées par le VIH sont les toxicomanes, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les migrants. La prévalence varie géographiquement, en fonction des pays concernés. Pour gérer efficacement l’épidémie de VIH, il faut que des informations ciblées et des programmes de prévention mis en œuvre sur le plan institutionnel atteignent ces groupes de population, afin que les services concernés puissent les contacter de façon proactive, en passant éventuellement par des associations non gouvernementales ancrées dans les communautés.

7.9.

Tous les individus bénéficient du droit inaliénable aux soins médicaux (5). Les personnes atteintes du VIH doivent donc toutes disposer d’un accès libre et garanti à des soins de santé et à des services de bien-être répondant à une norme de qualité minimale commune, et ce sans discrimination ni limitation, selon les recommandations de la classification internationale des maladies, comme c’est le cas pour toute autre affection. Le respect des principes d’égalité et d’efficacité doit faire l’objet d’un suivi et d’un contrôle minutieux.

8. Toxicomanes

8.1.

La toxicomanie intraveineuse a toujours été associée à la transmission du VIH, en raison de l’échange de matériel infecté utilisé pour la consommation de drogue. Toutefois, la consommation de drogues par d’autres moyens peut aussi être associée à des pratiques sexuelles dangereuses, et donc à un risque de contracter et de transmettre le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles. Plus particulièrement, l’utilisation de stimulants tels que la cocaïne, le crack et la méthamphétamine est souvent associée à des pratiques sexuelles à haut risque. La transmission sexuelle du VIH parmi les toxicomanes ne doit donc pas être sous-estimée.

8.2.

En 2018, plus de 80 % des infections par le VIH en Europe de l’Est concernaient des toxicomanes, principalement des personnes très jeunes et des femmes. Les jeunes femmes sont souvent plus touchées que les hommes, notamment en raison de la prostitution qui est étroitement liée à la consommation de drogue. Des épidémies localisées de VIH ont également été recensées dans les populations marginalisées de consommateurs de drogues par injection en Europe occidentale.

8.3.

Les prisonniers consomment davantage de drogues et présentent des modes de consommation plus nocifs que la population générale, notamment par voie parentérale, ce qui rend les toxicomanes incarcérés particulièrement vulnérables.

8.4.

Les toxicomanes ont de faibles taux d’accès au dépistage, et sont plus susceptibles de recevoir des diagnostics tardifs. Même en Italie, les toxicomanes bénéficiant d’un dépistage du VIH représentaient un faible pourcentage de l’ensemble des utilisateurs des services locaux liés à la dépendance, étant donné qu’ils étaient moins susceptibles de se voir proposer un test en l’absence de symptômes imputables au VIH.

8.5.

Il est indéniable que l’accès au traitement est très limité pour les toxicomanes, même si les chiffres varient d’un pays à l’autre. Globalement, on estime que seuls 8 % d’entre eux bénéficient d’un traitement antirétroviral et que, parmi les personnes qui suivent un tel traitement, seules 20 % sont des toxicomanes. Par rapport aux personnes atteintes du VIH dans la population générale, les toxicomanes sont également moins susceptibles d’obtenir une suppression virologique. En effet, le taux d’observance du traitement est plus faible chez ces personnes, qui arrêtent souvent tout simplement de le prendre. Ce comportement augmente le risque de décès à la suite du sida au sein de la population séropositive de toxicomanes.

8.6.

Des programmes visant à atteindre plus efficacement les toxicomanes sont nécessaires si nous voulons atteindre l’objectif consistant à garantir un accès universel aux traitements contre le VIH, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières européennes.

9. Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH)

9.1.

Globalement, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, ou HSH, sont 27 fois plus exposés au risque de contracter le VIH que la population en général (6). Certains facteurs biologiques favorisent l’infection par le VIH. La plupart des HSH contractent le VIH lors de relations sexuelles anales non protégées, qui constituent la pratique sexuelle la plus risquée en matière de contamination par le VIH. Dans ce groupe de population, le nombre élevé de partenaires sexuels et l’utilisation généralisée de substances récréatives, et notamment de drogues par voie intraveineuse (qui impliquent souvent des relations sexuelles appelées «chemsex»), peuvent également contribuer à la forte prévalence du VIH chez les HSH.

9.2.

La disponibilité croissante des traitements antirétroviraux, qui a globalement entraîné une diminution significative de la propagation du VIH, n’a pas eu le même effet parmi les HSH. Au contraire, la prévalence du VIH au sein de cette population a augmenté dans de nombreux pays occidentaux au cours des dernières années (7), et la proportion de cas attribuables à la transmission par des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes a aussi connu une hausse progressive.

9.3.

Bien que les préservatifs aident à prévenir la transmission du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles, leur utilisation n’est pas si répandue, en raison de barrières culturelles et éducatives et d’obstacles en matière d’approvisionnement, qui reflètent des contextes sociaux et des services de santé différents.

9.4.

Plusieurs difficultés dues à la stigmatisation, à l’homophobie et à la discrimination entravent l’accès aux outils de prévention dans de multiples pays et en raison de nombreuses circonstances individuelles, ce qui complique le recours aux services de santé et à des informations correctes. Dans bon nombre de cas, des lois répressives criminalisent les personnes ayant des relations homosexuelles, les poussant à agir clandestinement et à cacher leur orientation sexuelle voire, pire encore, leur identité. Même lorsque la législation n’est pas ouvertement discriminatoire, la stigmatisation et la peur découragent les personnes d’avoir recours à des services liés au VIH, et elles ne connaissent donc pas les outils disponibles pour prévenir l’infection par ce virus.

9.5.

La stigmatisation a également une incidence sur l’accès au dépistage et au diagnostic. Beaucoup de HSH craignent d’être jugés par les professionnels de la santé et diffèrent les tests, ce qui donne souvent lieu à des diagnostics tardifs. Comme ils ne sont pas conscients de leur statut infectieux, ils n’ont pas accès aux traitements antirétroviraux, lesquels, en plus d’avoir des effets sur leur santé personnelle, permettraient pourtant de réduire le risque de transmission à leurs partenaires sexuels.

9.6.

De nombreux hommes déclarent préférer être testés en dehors des établissements de soins traditionnels. Les programmes de dépistage portés par les organisations communautaires (associations non gouvernementales) pourraient, dans différentes situations, être un bon moyen de promouvoir la prévention et de faire en sorte que les personnes les plus à risque aient accès au dépistage, là où les taux d’infection sont les plus élevés.

9.7.

Les communautés et les institutions doivent absolument coopérer pour que l’objectif 90-90-90 puisse également être atteint parmi la population de HSH.

10. Migrants

10.1.

On estime à environ 231 millions le nombre de migrants dans le monde. La migration place les personnes dans des situations d’extrême vulnérabilité à l’infection par le VIH en raison de facteurs politiques et économiques. Dans certains pays, elle a même été identifiée comme le facteur de risque le plus important pour ce virus. Les migrants sont confrontés à des obstacles quotidiens, qui compliquent l’accès aux soins de santé et aux services sociaux. En particulier, l’exclusion sociale les rend extrêmement vulnérables au VIH.

10.2.

Plus d’un tiers des nouveaux diagnostics de VIH au sein de l’Union concernent des migrants (8). Même si ce chiffre est en baisse, la moitié des migrants chez qui le VIH a été diagnostiqué proviennent de pays fortement endémiques, par exemple d’Afrique subsaharienne, ce qui porte à croire qu’ils auraient été infectés sur leur continent d’origine. De plus en plus d’éléments montrent qu’une part considérable des infections sont contractées après la migration, dans le pays d’accueil (9). Il convient en outre de ne pas sous-estimer la possibilité d’être infecté lors d’un retour temporaire dans le pays d’origine.

10.3.

Les femmes représentent une part importante des étrangers atteints par le VIH. La proportion de citoyennes de l’Union chez qui un nouveau cas de VIH a été diagnostiqué atteint 16 %, chiffre qui grimpe à 40 % parmi les étrangères, qui sont principalement des Africaines.

10.4.

Un rapport entièrement consacré aux migrants atteints du VIH, publié par l’ECDC en 2017, montre que les étrangers ont des difficultés à accéder aux services de prévention et au dépistage du VIH en Europe. Les principaux obstacles signalés sont la stigmatisation et la discrimination (y compris de la part de professionnels de la santé), tout particulièrement envers les personnes originaires de pays à forte prévalence d’infection. En conséquence, les étrangers atteints du VIH reçoivent leur diagnostic plus tard que les citoyens européens, quand ils présentent déjà des symptômes d’immunodéficience. Après avoir reçu leur diagnostic, les étrangers, et surtout ceux qui n’ont pas de titre de séjour légal, rencontrent des difficultés pour accéder au traitement. Quinze pays ne leur fournissent pas de traitement antirétroviral adéquat, échouant une fois de plus à tenir les engagements pris en 2004 dans la convention de Dublin en ce qui concerne la lutte contre la discrimination et les violations des droits des populations les plus faibles et les plus vulnérables, qui ont toujours été moins protégées.

Bruxelles, le 14 juin 2023.

Le président du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Operational considerations for the provision of the HIV continuum of care for refugees from Ukraine in the EU/EEA («Considérations opérationnelles pour la continuité des soins liés au VIH pour les réfugiés ukrainiens au sein de l’UE/EEE», en anglais), 5 juillet 2022, Stockholm.

(2) En 2016, les dirigeants mondiaux ont signé la déclaration politique des Nations unies visant à vaincre le sida, dans laquelle ils ont reconnu le rôle essentiel des organisations de pairs en matière de plaidoyer, de participation à la coordination de la lutte contre le sida et de fourniture de services. Ils ont en outre reconnu que les ripostes communautaires au VIH doivent être intensifiées, et se sont engagés à faire en sorte qu’au moins 30 % des services soient pilotés par les pairs d’ici à 2030.

(3) Même si l’Union européenne a signé la convention d’Istanbul en 2017, celle-ci n’a pas encore été ratifiée par certains États membres.

(4) La réglementation date souvent des prémices de l’épidémie de VIH, alors que les connaissances liées à la transmission étaient moins bonnes et qu’il n’existait pas de traitement.

(5) Comme le précisent l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 35 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

(6) Si, au niveau mondial, le risque de contracter le VIH est plus élevé pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les taux d’infection varient d’une zone géographique à l’autre: les HSH représentent 50 % de l’ensemble des nouveaux cas signalés en Amérique du Nord et en Europe occidentale, 47 % de ceux qui sont signalés en Amérique latine, environ 20 % de ceux qui sont signalés en Europe orientale, en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et 12 % de ceux qui sont signalés en Afrique.

(7) En Europe occidentale, le nombre de personnes séropositives parmi la population de HSH a augmenté de presque 20 % entre 2010 et 2014. En Italie, la plupart des nouveaux diagnostics du VIH chez les hommes concernent des HSH.

(8) La proportion de migrants parmi les nouveaux cas de VIH diagnostiqués varie d’un pays à l’autre, allant de 70 % au Luxembourg et en Suède à 5 % dans certains pays de l’Est tels que la Pologne, la Lituanie et la Roumanie. Dans plus de dix pays, ce chiffre grimpe à plus de 50 %.

(9) Les estimations du taux d’infection par le VIH après la migration vont de 2 % pour les migrants d’Afrique subsaharienne vers la Suisse à 62 % pour les HSH noirs originaires des Caraïbes qui se rendent au Royaume-Uni.


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