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AccueilDroit européen52023AE1291
Avis institutionnel52023AE1291

Avis institutionnel — 52023AE1291

CELEX52023AE1291
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 15 juin 2023

Texte intégral

18.8.2023

FR

Journal officiel de l'Union européenne

C 293/68


Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Coopération dans le domaine de la jeunesse»

(avis exploratoire à la demande de la présidence espagnole)

(2023/C 293/10)

Rapporteure:

Nicoletta MERLO

Saisine du Comité par la présidence espagnole du Conseil

Lettre du 8.12.2022

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Avis exploratoire

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

31.5.2023

Adoption en session plénière

15.6.2023

Session plénière no

579

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

224/3/10

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Pour faire en sorte que la stratégie de l’Union européenne (UE) en faveur de la jeunesse puisse porter ses fruits et afin de poser un cadre et un point de référence à partir desquels on mettra en avant des programmes dans ce domaine dans tous les États membres, le Comité économique et social européen (CESE) souligne qu’il est important de disposer de données précises et actualisées. On pourra ainsi contrôler et évaluer l’impact asymétrique de crises telles que celle de la COVID-19 sur les jeunes (1) ainsi que l’effet produit sur eux par les politiques qui sont menées (2), et définir de bonnes pratiques pour s’adresser directement et exclusivement aux jeunes ou avoir sur eux une influence significative.

1.2.

Le CESE apprécie les améliorations qui sont constamment apportées au «dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse», et il estime qu’il est crucial de renforcer ce dialogue et d’associer de façon constructive les organismes représentant la jeunesse tout au long du processus d’élaboration des politiques, en reconnaissant le rôle qui est le leur et en tenant dûment compte des nouveaux canaux par lesquels les jeunes d’aujourd’hui dialoguent, débattent et se mobilisent, souvent par l’intermédiaire des technologies et des réseaux sociaux.

1.3.

Le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse devrait être étroitement lié au programme de l’Union. Des manifestations telles que «Votre Europe, votre avis» ou la Rencontre des jeunes européens devraient être mieux intégrées avec le dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse; les organisations et réseaux de jeunes qui y contribuent devraient bénéficier d’un meilleur soutien financier et à plus long terme.

1.4.

Pour renforcer la participation des jeunes à la vie politique, le CESE se propose volontiers de travailler aux côtés du prochain trio de présidences, qui seront assumées par l’Espagne, la Belgique et la Hongrie, à des stratégies pour mobiliser les primo-votants et améliorer, partout en Europe, la participation des jeunes aux élections, en tant qu’électeurs et en tant que candidats.

1.5.

Le CESE est attaché au renforcement du dialogue social, dans la même logique que celle de la Commission européenne qui a proposé d’agir en ce sens dans l’Union. Il y aurait lieu, dans la perspective du dialogue social et de la négociation collective, d’apporter un soutien accru aux partenaires sociaux, et parmi eux notamment aux jeunes, afin de renforcer leurs capacités.

1.6.

Le CESE juge essentiel que l’ensemble des lois, des actes juridiquement contraignants, des politiques, des stratégies, des programmes, des mesures et des investissements publics des États membres fassent l’objet d’une consultation pour en évaluer les effets sur les jeunes — un «test jeunesse», et donnent lieu à une analyse d’impact, à un travail de conception autour des politiques menées et à des propositions de mesures correctrices, et enfin que ces dispositifs préviennent les atteintes aux droits des jeunes et les discriminations à leur encontre.

1.7.

Afin de lever les obstacles économiques, l’Union et ses États membres devraient se fixer pour priorité à la fois d’intégrer les jeunes dans le marché du travail, moyennant des emplois de qualité, et d’améliorer leur capacité à s’adresser aux jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation, les «NEET».

1.8.

Dans le contexte de l’Année européenne des compétences, le CESE met en exergue l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie et les besoins en compétences transversales. Les jeunes doivent acquérir une culture financière, connaître les droits dont jouissent les travailleurs et développer leurs compétences entrepreneuriales. Une plus grande attention doit être portée à la promotion des compétences dans le domaine du numérique ainsi qu’en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), en particulier auprès des jeunes filles.

1.9.

Pour favoriser une bonne santé mentale et combattre la violence et le harcèlement, le CESE souligne qu’il est important de veiller à l’acquisition par les adolescents de compétences socio-émotionnelles et d’offrir, dans les établissements scolaires et d’autres grandes structures, un accompagnement social et psychologique gratuit. Une Année européenne de la santé mentale serait utile pour sensibiliser à ces questions.

1.10.

Le CESE juge important, pour améliorer leur santé physique et mentale, que tous les jeunes aient la possibilité de s’adonner à une pratique sportive et de s’impliquer dans la société et dans des activités culturelles.

1.11.

Le CESE estime qu’il est crucial d’aider les jeunes à assumer le coût de leur logement et d’encourager les politiques publiques menées dans ce domaine pour garantir l’accès à un logement décent, d’inciter les jeunes à vivre en autonomie et de les aider lorsqu’ils projettent de fonder une famille. Les États membres doivent intensifier leurs efforts pour transposer la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, notamment en ce qui concerne la disponibilité et l’accessibilité des services et structures d’accueil de la petite enfance, dont l’importance est cruciale pour les jeunes ménages.

1.12.

Le CESE préconise un dialogue plus constructif avec les jeunes autour de l’action pour le climat et des enjeux environnementaux, et souligne l’importance de développer des compétences dans ces domaines.

1.13.

Le CESE invite l’Union et ses États membres à tenir dûment compte de la corrélation existant entre les problèmes climatiques et la santé mentale chez les jeunes, et à intensifier la recherche en faveur de l’action pour le climat ainsi que la réaction des pouvoirs publics face à cet enjeu.

1.14.

Dans le traitement des problématiques exposées plus haut, il est important de ne pas perdre de vue les jeunes marginalisés et d’adopter une approche intersectionnelle, en prêtant attention au genre, à l’ethnicité, au handicap, etc.

2. Contexte

2.1.

L’Union déploie depuis 2002 un programme européen de coopération dans le domaine de la politique de la jeunesse qui repose sur les principes d’une participation active et de l’égalité des chances (3).

En décembre 2018, le Conseil a adopté la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse pour la période 2019-2027 (4). Celle-ci fournit un cadre d’objectifs, de principes, de priorités et de mesures pour la coopération dans le domaine de la politique de la jeunesse, qui est destiné à l’ensemble des parties prenantes concernées, en tenant dûment compte de leurs compétences respectives et du principe de subsidiarité (5). L’exercice régulier du «dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse» permet d’en faciliter la mise en œuvre ainsi que celle de ses onze «objectifs pour la jeunesse» (6). Il s’agit là d’un mécanisme de dialogue entre les jeunes et les responsables politiques, tant au niveau national qu’au niveau européen. Il est nécessaire de renforcer ce processus et d’en appliquer les recommandations, et ce même à l’échelon national.

2.2.

C’est pour ces raisons que la présidence espagnole a demandé au CESE d’élaborer un avis exploratoire afin qu’il recense les principaux défis, problèmes et difficultés qui touchent les jeunes en Europe, en se penchant plus particulièrement sur les facteurs qui les empêchent de vivre leur vie pleinement et dans l’inclusivité, et de jouir sans entraves de leurs droits fondamentaux et de l’égalité des chances, sans devoir en subir aucun contrecoup.

2.3.

Le CESE estime que le programme déployé par l’Union en faveur de la jeunesse doit, à l’heure actuelle comme dans l’avenir, répondre aux principaux défis, problèmes et obstacles auxquels se heurtent les jeunes en Europe, et qui sont recensés à l’aide du dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse et de l’Eurobaromètre. Ce programme devrait aussi déterminer les moyens par lesquels l’Union pourrait aider les jeunes à surmonter ces écueils. L’Union devrait encourager les États membres à renforcer les mesures qui sont directement destinées à corriger le manque d’équité entre les générations et à favoriser la justice intergénérationnelle, en prévoyant de solides mécanismes de coordination et de contrôle afin d’assurer la cohérence des politiques menées (7). Les États membres doivent aussi renforcer les mesures transversales qui ont un effet positif sur les jeunes parce qu’ils en sont potentiellement les principaux bénéficiaires (8) et qu’elles réduisent l’écart entre les générations (9).

2.4.

Un autre aspect que le CESE juge fondamental est celui de la collecte de données: recueillir des données ventilées sur les jeunes, qui soient de bonne qualité, accessibles et mesurables, aux niveaux européen et national, est une condition préalable si l’on veut analyser la situation actuelle à partir de différents points de vue, évaluer les mesures à prendre et en vérifier les effets.

3. Observations générales

3.1. L’amélioration du dialogue de l’Union en faveur de la jeunesse et la participation des jeunes

3.1.1.

Les jeunes ont le droit de participer à l’élaboration des politiques en faveur de la jeunesse et, plus généralement, de toutes les politiques. Le CESE apprécie les améliorations qui sont constamment apportées au «dialogue de l’Union européenne en faveur de la jeunesse», et il estime qu’il est crucial de renforcer ce dialogue et d’associer de façon constructive les organismes représentant la jeunesse tout au long du processus d’élaboration des politiques, de leur conception jusqu’à leur mise en œuvre, leur évaluation et leur suivi. Il est tout aussi essentiel de veiller à inclure les groupes de jeunes marginalisés et d’adopter une approche intersectionnelle. Cette démarche sera garante d’une coopération concrète et effective entre les jeunes et les institutions publiques à tous les niveaux.

3.1.2.

Le dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse devrait être étroitement lié au programme de l’Union et aux manifestations telles que «Votre Europe, votre avis», et la Rencontre des jeunes européens devrait être mieux intégrée avec ce dialogue.

3.1.3.

Le CESE préconise qu’un meilleur soutien financier à long terme soit apporté aux organisations et réseaux de jeunesse qui contribuent au dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse et/ou promeuvent les valeurs de l’Union telles que la citoyenneté active.

3.1.4.

Le CESE tient pour impératif que les institutions européennes, nationales et locales reconnaissent l’importance des organisations représentant la jeunesse, dans toute leur diversité, ainsi que le rôle joué par celles-ci. Il est crucial également de tenir dûment compte des nouveaux canaux, souvent informels, par lesquels les jeunes d’aujourd’hui dialoguent, débattent et se mobilisent, souvent par l’intermédiaire des technologies et des réseaux sociaux.

3.1.5.

Afin de garantir une participation active des jeunes générations, le CESE considère qu’il est important d’inventorier et de surmonter les obstacles sociaux, économiques et culturels à une pleine participation des jeunes, notamment les plus vulnérables. L’Union et ses États membres devraient par ailleurs trouver des modalités pour financer le travail effectué auprès des jeunes et maintenir en Europe des espaces civiques qui leur soient dévolus, où ils puissent exercer leurs droits d’expression, d’information, d’association, de réunion pacifique et d’autres libertés connexes.

3.1.6.

Si les jeunes générations s’avèrent favorables à l’Europe, la participation des jeunes aux scrutins locaux, régionaux, nationaux et européens, en tant qu’électeurs et, de manière active, en tant que candidats, est traditionnellement très faible. Le CESE se propose volontiers de travailler aux côtés du prochain trio de présidences, qui seront assumées par l’Espagne, la Belgique et la Hongrie, à des stratégies pour mobiliser les primo-votants et améliorer, partout en Europe, la participation des jeunes aux élections, en tant qu’électeurs et en tant que candidats.

3.1.7.

Une communication efficace est cruciale pour s’adresser aux jeunes: le CESE recommande à toutes les institutions publiques d’employer un langage accessible et adapté aux jeunes, et à faire un usage plus efficace des réseaux sociaux pour faire passer des informations essentielles et communiquer autour de leurs actions et politiques.

3.1.8.

Le CESE est attaché au renforcement du dialogue social, dans la même logique que celle de la Commission européenne qui a proposé, en janvier 2023, d’agir en ce sens dans l’Union. Il y aurait lieu, dans la perspective du dialogue social et de la négociation collective, et de la mise en œuvre des accords autonomes des partenaires sociaux conclus au niveau de l’Union, d’apporter un soutien accru aux partenaires sociaux, et parmi eux notamment aux jeunes, afin de renforcer leurs capacités.

3.1.9.

Dans le même temps, le CESE reconnaît aussi le rôle que jouent d’autres organisations de la société civile, comme les chambres de commerce et d’industrie, pour développer et actualiser les compétences professionnelles et pour donner une traduction concrète aux politiques en matière d’EFP ainsi que dans d’autres domaines. Les organisations de jeunesse peuvent aussi permettre d’acquérir des compétences clés pour une participation active et effective à la société civile et au dialogue civil.

3.1.10.

Le CESE tient à souligner l’importance de renforcer la coopération avec les organisations de la société civile représentant les jeunes des pays désireux d’adhérer à l’Union, en particulier ceux qui sont sur la voie de l’adhésion. La coopération devrait également inclure le renforcement des capacités et l’échange continu d’informations. L’importance des jeunes dans le contexte de la poursuite de l’intégration européenne est cruciale, car ce sont eux qui sont les plus favorables à l’adhésion à l’UE.

3.2. L’impact générationnel des politiques

3.2.1.

Le CESE juge essentiel que l’ensemble des lois, des actes juridiquement contraignants, des politiques, des stratégies, des programmes, des mesures et des investissements publics des États membres fassent l’objet d’une consultation pour en évaluer les effets sur les jeunes — un «test jeunesse», et donnent lieu à une analyse d’impact, à un travail de conception autour des politiques menées (10) et à des propositions de mesures correctrices, et enfin que ces dispositifs préviennent les atteintes aux droits des jeunes et les discriminations à leur encontre dans les économies d’une société «ultra-vieillissante» (11) et de la mondialisation (12).

3.2.2.

Plusieurs projets pilotes ont été menés dans ce domaine en Europe et ont donné lieu à des études d’impact sous la forme de travaux de recherche et à des analyses de suivi (13), voire ont débouché sur des évaluations a posteriori ou des projets de loi en faveur des jeunes. Deux pays européens, l’Autriche et l’Allemagne (14), ont réalisé des évaluations ex ante et ex post qui sont particulièrement intéressantes.

3.2.3.

Le CESE renvoie à son avis consacré à l’«Évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes» (15) ou «test jeunesse», dans lequel il encourage les institutions européennes et nationales à s’assurer que les organisations représentant la jeunesse soient suffisamment associées à leurs démarches, à appliquer des mesures et des mécanismes pour garantir la prise en compte du point de vue des jeunes et à systématiquement effectuer une analyse de l’impact des politiques menées moyennant la pleine mise en œuvre de ce «test jeunesse».

3.3. Lever les obstacles économiques

3.3.1.

Même si le chômage des jeunes est retombé à un niveau inférieur à celui qui était le sien avant la pandémie de COVID-19 (16), l’emploi des jeunes est encore trop souvent précaire (17): travail temporaire, rémunéré par des chèques, via une plateforme, collaboratif, «petits boulots», etc. Ces postes ont tendance à être faiblement rémunérés, les horaires y sont irréguliers et la protection sociale y est limitée, voire inexistante (congés payés, pension, congés de maladie, etc.).

3.3.2.

Intégrer les jeunes dans le marché du travail moyennant des emplois de qualité et mieux s’adresser aux jeunes NEET devrait être une priorité pour l’Union et ses États membres. À cet égard, le CESE invite instamment la présidence espagnole à étudier les revendications de la jeunesse concernant les dossiers législatifs en cours d’examen qui revêtent un intérêt particulier pour les jeunes européens, en l’occurrence les mesures contraignantes pour garantir la qualité des stages (18) et la directive relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme, dans le respect du principe de subsidiarité et de l’autonomie des partenaires sociaux.

3.3.3.

Le CESE invite instamment les États membres à utiliser les fonds affectés aux plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), ceux du FSE+ et d’autres fonds existants pour développer l’activité économique, en particulier dans les PME et les secteurs essentiels à l’autonomie stratégique de l’Europe (tels que la double transition), pour promouvoir le travail indépendant et l’entrepreneuriat et pour créer du plein emploi productif et renforcer les compétences des jeunes, là où c’est nécessaire, priorité devant être donnée aux contrats à durée indéterminée et à des conditions de travail décentes qui limitent le risque de précarité dans le quotidien et au travail (19), et compte tenu des cadres juridiques et des conventions collectives en vigueur à l’échelon national.

3.3.4.

Les mutations rapides du marché du travail, occasionnées pour partie par les transitions écologique et numérique, mettent en lumière la nécessité de veiller à ce que les programmes d’enseignement et de formation ainsi que les qualifications restent d’actualité et pertinentes par rapport à l’évolution des besoins des employeurs. Il est fondamental de développer à la fois les compétences requises pour opérer la transition écologique et numérique et les initiatives de terrain visant à mettre à jour les programmes d’études. Il faut doter les jeunes de toute une série de compétences numériques, STIM (dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques), transversales, et de la capacité de s’adapter. Le renforcement des compétences dans le domaine du numérique et dans les disciplines STIM est vital pour assurer concrètement l’égalité des sexes, car il permettrait à plus de femmes de prétendre aux emplois de demain et réduirait l’écart de salaire qu’elles accusent par rapport aux hommes. La question de l’égalité des sexes doit devenir une composante des parcours éducatifs. Il est nécessaire de formuler et de mettre en œuvre des stratégies pour favoriser la prise en compte de cette question de l’égalité entre hommes et femmes.

3.3.5.

Il conviendrait de développer l’esprit d’entreprise au sein de l’Union européenne. Alors que 40 à 45 % des jeunes se disent intéressés par l’entrepreneuriat, seuls 7 % d’entre eux sont des travailleurs indépendants. Les jeunes représentent 11 % de la «pénurie d’entrepreneurs» dans l’Union (20). Ils se heurtent à divers obstacles majeurs dans la création d’entreprise, notamment un manque de compétences entrepreneuriales.

3.3.6.

Dans le contexte de l’Année européenne des compétences, le CESE met en exergue l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie et les besoins en compétences transversales (21). Une culture financière et la connaissance des droits des travailleurs sont des compétences que chaque jeune doit acquérir et maîtriser pour réaliser son potentiel. Les États membres devraient envisager de mettre en place des parcours d’apprentissage flexibles (22) et de mieux reconnaître les compétences acquises dans le cadre de l’éducation non formelle et de l’apprentissage informel.

3.3.7.

Nombreuses sont les jeunes femmes qui doivent encore choisir entre leur famille et leur carrière face aux difficultés objectives qu’elles rencontrent pour équilibrer vie familiale et vie professionnelle. À cause de leurs responsabilités familiales, les jeunes femmes ont moins accès à l’emploi et sont donc plus susceptibles aussi de tomber dans la pauvreté, et elles ont moins d’outils à leur disposition pour s’en extraire. Investir dans les infrastructures matérielles et immatérielles (23) de garde d’enfants et de soins de longue durée pourrait grandement favoriser le plein emploi féminin.

3.3.8.

Il est fondamental que les jeunes parviennent à une autonomie sur le plan économique, qui leur permettra aussi de devenir des citoyens actifs. En Italie, un indice du fossé entre générations (24) mesure l’ampleur des obstacles qui se dressent devant les jeunes dans leur recherche de l’autonomie économique et sociale, et constitue le cadre central de la future «évaluation d’impact du point de vue des jeunes» (25). Un projet similaire d’indice de l’équité intergénérationnelle (Intergenerational Fairness Index), employant une taxinomie et des indicateurs légèrement différents (26), a été mené au Royaume-Uni et dépeint des perspectives toujours plus sombres pour les jeunes partout en Europe (27). L’Allemagne (28), l’Autriche (29) et la Flandre possèdent déjà une expérience en matière d’analyse de l’impact de la réglementation sur les jeunes (30). Le CESE reconnaît l’importance de ces pratiques et encourage tous les États membres à s’en inspirer comme d’exemples à suivre.

3.4. Les violences sexuelles et sexistes

3.4.1.

Même si des progrès substantiels ont été réalisés ces dernières années, de nombreux jeunes continuent de signaler des actes de violence motivés par l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Le CESE estime qu’il y aurait lieu d’améliorer les infrastructures, par exemple les abris, ainsi que les projets de réinsertion des individus dans la société afin de garantir l’existence d’outils permettant aux personnes concernées de gérer le traumatisme consécutif à ces actes et pour apporter un soutien aux victimes de violences et de discrimination sous toutes ses formes. Il est essentiel aussi de disposer de services juridiques, médicaux, psychologiques et d’une médiation sociale.

3.4.2.

Il y aurait dès à présent lieu d’entreprendre, dans les écoles et sur les lieux de travail, des campagnes de sensibilisation à ces questions pour promouvoir le respect de la diversité. En plus d’explorer ces sujets, les campagnes en question devraient être l’occasion de se mettre à l’écoute des victimes de violences sexistes et de discrimination et de dialoguer avec elles. Le CESE souligne qu’il importe, pour assurer le succès de ces initiatives, d’y faire jouer un rôle actif aux partenaires sociaux, à la société civile organisée et aux établissements d’enseignement.

3.4.3.

Dans l’Union européenne et à travers le monde, une femme sur trois a fait l’expérience de violences physiques ou sexuelles. À ce jour, une jeune fille sur cinq aura été la victime d’abus sexuels. La violence en ligne progresse et un jeune sur deux sera la victime de violences sexistes en ligne (31). Le CESE invite instamment les États membres qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la convention d’Istanbul (32) dans les meilleurs délais.

3.5. Les contraintes psychologiques et émotionnelles et la discrimination

3.5.1.

Comme indiqué dans la charte de Genève pour le bien-être, un texte promu par l’Organisation mondiale de la santé et qui est le fruit de la dixième conférence mondiale sur la promotion de la santé organisée en 2021 (33), une conception positive de la santé intègre la dimension physique du bien-être avec ses dimensions mentale et sociale.

3.5.2.

De nombreux facteurs influent sur le bien-être et la santé des jeunes sur le plan mental. L’exclusion, la stigmatisation, un environnement familial fragile et un emploi précaire sont autant de facteurs qui aggravent le risque de manifester des problèmes de santé mentale. L’absence de traitement peut avoir des conséquences à l’adolescence qui perdurent à l’âge adulte et plus tard encore, compromettant la santé physique et mentale et limitant les possibilités de mener une vie épanouissante.

3.5.3.

Le CESE souligne qu’il est important de veiller à l’acquisition par les adolescents de compétences socio-émotionnelles et d’offrir, dans les établissements scolaires et d’autres grandes structures, un accompagnement social et psychologique gratuit, de promouvoir une bonne santé mentale et de combattre la violence et le harcèlement, où qu’ils se produisent et par quelque moyen que ce soit (notamment en ligne).

3.5.4.

Les jeunes mentionnent souvent la solitude ressentie au sein de la collectivité, c’est-à-dire le sentiment qu’ont aujourd’hui les gens d’être seuls parmi la foule qui les entoure. Ce problème en masque toutefois un autre, celui de l’inactivité due à un réflexe défensif d’isolement. Cette phobie sociale est un phénomène qui se développe rapidement et s’accompagne souvent de formes plus ou moins sévères de dépression, s’aggravant au fil du temps. Le CESE accueille favorablement les conclusions de l’Année européenne de la jeunesse, formulées lors de sa conférence de clôture du 6 décembre 2022 intitulée «Claim the Future», invitant à se focaliser davantage sur les soins de santé préventifs et la lutte contre les maladies mentales et la solitude.

3.5.5.

La santé mentale peut également influer sur la capacité du corps à se nourrir convenablement, ce qui peut avoir, dans des cas graves, des conséquences pour la santé physique. On a observé ces dernières années une multiplication des cas de boulimie, l’ingestion incontrôlée de nourriture, qui est souvent associée à l’obésité et au syndrome métabolique, mais qui est aussi le résultat de troubles de l’humeur et d’une augmentation du stress et de l’anxiété sociale.

3.5.6.

Adopter un mode de vie sain aide à prévenir certaines maladies chroniques non transmissibles telles que le diabète, les pathologies cardiovasculaires et certaines formes de cancer. La possibilité de s’adonner à une pratique sportive et de s’impliquer dans la société et dans des activités culturelles est non seulement un aspect extrêmement important du processus de développement personnel, mais elle est aussi étroitement corrélée à une meilleure santé mentale et physique; chaque jeune doit donc bénéficier de telles possibilités.

3.6. Les défis sociaux

3.6.1.

Faute de salaire décent, ou à tout le moins adéquat, les jeunes sont souvent empêchés de franchir certaines grandes étapes de leur vie, comme acheter ou louer leur propre logement ou fonder une famille. Ce phénomène entraîne une déstabilisation irréversible de l’équilibre démographique du continent, car les jeunes sont de plus en plus nombreux à renoncer à cette idée de bâtir une vie de famille.

3.6.2.

Cette situation est exacerbée par la crise du logement, notamment dans les grandes villes où les prix sont bien supérieurs aux salaires, et les jeunes éprouvent des difficultés à se financer auprès des banques à moins de pouvoir se prévaloir de garanties sous une forme ou une autre. Le CESE estime qu’il est crucial d’aider les jeunes à assumer le coût de leur logement et d’encourager les politiques publiques menées dans ce domaine pour garantir l’accès à un logement décent, d’inciter les jeunes à vivre en autonomie et de les aider lorsqu’ils projettent de fonder une famille.

3.6.3.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les familles sont, sous leurs formes les plus diverses que l’on puisse imaginer, le fondement de la société moderne: les familles et le progrès (ou à tout le moins la stabilité) démographique sous-tendent le modèle de notre économie et de notre développement. Si nous ne parvenons pas à soutenir et encourager convenablement les jeunes familles, c’est l’intégralité de notre système de protection sociale, pour ne prendre que cet exemple parmi d’autres, qu’il va nous falloir repenser.

3.6.4.

En Europe, où le vieillissement de la population et le défaut de renouvellement générationnel entraînent une inversion des courbes démographiques, il est nécessaire de placer l’accent sur les familles et de concilier travail et parentalité. L’extension du congé parental et une accélération dans le développement de structures accessibles de garde d’enfants dans les États membres où il en manque sont des démarches essentielles pour renforcer et promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, offrant aux deux parents la possibilité de passer plus de temps avec leurs enfants et encourageant une participation égale au marché du travail.

3.7. Les défis écologiques et environnementaux

3.7.1.

Les jeunes sont des vecteurs clés du changement et de l’innovation, et des partenaires essentiels dans la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030 et d’autres accords et instruments multilatéraux, notamment l’accord de Paris sur le changement climatique et le pacte vert pour l’Europe. Le CESE préconise un dialogue plus constructif avec les jeunes autour de l’action pour le climat et des enjeux environnementaux.

3.7.2.

L’éducation constitue la clé de la réussite en matière de développement durable, et l’importance que revêt le développement des compétences dans les domaines de l’atténuation du changement climatique et de l’adaptation à celui-ci, ainsi que pour l’économie circulaire, doit être prise en compte. L’éducation des enfants à la durabilité doit par ailleurs être soutenue par un apprentissage tout au long de la vie destiné aux parents et un travail d’éducation civique (34).

3.7.3.

Les zones rurales sont aujourd’hui confrontées au risque de leur dépeuplement à cause de l’absence ou du manque de services et d’infrastructures. Des investissements ciblés dans ces territoires peuvent y apporter des gains de compétitivité, des créations d’emplois et une meilleure qualité de vie, renversant ainsi cette tendance et encourageant les jeunes à s’installer dans ces régions. En outre, le développement de synergies raisonnées entre la durabilité, la production alimentaire locale et le tourisme pourrait offrir aux jeunes de nouvelles possibilités de s’investir dans des emplois constructifs et porteurs de sens, et contribuer ainsi à la croissance et au dynamisme de ces régions.

3.7.4.

Les jeunes font partie des publics les plus vulnérables et les plus sensibles aux effets environnementaux du changement climatique (35). Si le réchauffement planétaire se poursuit sans être infléchi, il aura des conséquences catastrophiques pour la santé des enfants et des jeunes: montée du niveau de la mer, vagues de chaleur, maladies, malnutrition, etc. Près de 70 % des moins de 18 ans sont très enclins à estimer que le changement climatique constitue une urgence planétaire (36), et ces inquiétudes ont une incidence néfaste sur le bien-être émotionnel et psychologique des jeunes. Une étude de 2021 conduite auprès de 10 000 jeunes du monde entier a montré que plus de 50 % des jeunes gens interrogés ressentaient de la tristesse, de l’angoisse, de la colère, de l’impuissance et/ou de la culpabilité à l’égard du changement climatique, tandis que 45 % déclaraient que leurs sentiments vis-à-vis du changement climatique avaient une influence négative sur leur quotidien et leurs activités (37). Le CESE invite l’Union et ses États membres à tenir dûment compte de cette corrélation et à intensifier la recherche en faveur de l’action pour le climat ainsi que la réaction des pouvoirs publics face à cet enjeu.

3.7.5.

Le CESE renvoie à son avis sur le rôle des jeunes dans la transition écologique (38), dans lequel il préconise une série de mesures pour faire en sorte que les jeunes se placent à l’avant-garde de la transition climatique et environnementale.

Bruxelles, le 15 juin 2023.

Le président du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) OCDE (2020), Survey on COVID-19 and Youth, Paris.

(2) Forum économique mondial (2017), The Inclusive Growth and Development Report, Genève, janvier 2017.

(3) Résolution du Conseil du 27 novembre 2009 relative à un cadre renouvelé pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse (2010-2018) (JO C 311 du 19.12.2009, p. 1). Résolution du Conseil et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, du 27 juin 2002 relative au cadre de la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse (JO C 168 du 13.7.2002, p. 2).

(4) Résolution du Conseil de l’Union européenne et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur un cadre pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse: la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse 2019-2027 (JO C 456 du 18.12.2018, p. 1).

(5) Résolution du Conseil de l’Union européenne et des représentants des gouvernements des États membres, réunis au sein du Conseil, sur un cadre pour la coopération européenne dans le domaine de la jeunesse: la stratégie de l’Union européenne en faveur de la jeunesse 2019-2027 (JO C 456 du 18.12.2018, p. 1), voir le point 2 dans la partie commençant par les mots «constatent ce qui suit:».

(6) https://youth.europa.eu/eu-youth-dialogue_fr

(7) OCDE (2020), La gouvernance au service des jeunes, de la confiance et de la justice intergénérationnelle — Des politiques adaptées à toutes les générations?, Examens de l’OCDE sur la gouvernance publique, éditions de l’OCDE, Paris, https://www.oecd-ilibrary.org/governance/la-gouvernance-au-service-des-jeunes-de-la-confiance-et-de-la-justice-intergenerationnelle_57092ccc-fr

(8) C’est l’approche qui a été récemment adoptée par la présidence du conseil des ministres et le ministère de la jeunesse en Italie. Voir les Linee guida per la valutazione dell’impatto generazionale delle politiche pubbliche de juillet 2022. Dans la littérature spécialisée, voir MONTI, L., «The NRRP and the generational divide. From measuring to the impact assessment of youth policies», Social Policies, Year IX, 1/2022 janvier-avril, p. 113; CHEVALIER, T., LONCLE, P. (2021), «Introduction: the Development of Youth Policies in Europe in Past Decades», Youth and Globalization, 3(1), 1-11.; WALTHER, A. (2021), e.a., «Regimes of youth participation? Comparative analysis of youth policies and participation across European cities», Young, 2021, 29.2: 191-209; WALLACE, C., BENDIT, R. (2009), «Youth Policies in Europe: Towards a Classification of Different Tendencies in Youth Policies in the European Union», Perspectives on European Politics and Society, 10:3, 441-458.

(9) ROSOLIA, A., TORRINI, R. (2016), «The generation gap: a cohort analysis of earnings levels, dispersion and initial labor market conditions in Italy, 1974-2014», article hors-série no 366, Banque d’Italie, Rome (titre original: «Il gap generazionale: Un’analisi di coorte dei livelli e della dispersione dei salari e delle condizioni iniziali nel mercato del lavoro in Italia, 1974-2014»); MONTI, L. (2022), «The Italian Puzzle of the European Youth Guarantee», International Development Policy, vol. juillet 2022.

(10) ATKINSON, A. B. (2011), «Prosperity and fairness», version révisée de l’article présenté à la conférence annuelle sur la recherche de la DG ECFIN de novembre 2011.

(11) Forum économique mondial (2023), «The Economy of a Super-Ageing Society», Initiative pour une économie de la longévité, réunion annuelle, Davos, 18 janvier 2023, https://www.weforum.org/events/world-economic-forum-annual-meeting-2023/sessions/the-economy-of-a-super-ageing-society

(12) JOSEFSSON, J., WALL, J. (2020), «Empowered inclusion: theorizing global justice for children and youth», Globalizations, 17:6, 1043-1060, DOI: 10.1080/14747731.2020.1736853.

(13) Voir Martinelli, V., et Monti, L., «Misurare l’impatto generazionale delle politiche pubbliche: una sfida, un metodo», Amministrazione in Cammino, 29 mars 2021; Monti, L., «La valutazione di impatto generazionale delle politiche pubbliche: dalle linee guida del COVIGE al possibile Youth-check in Italia», Amministrazione in Cammino, 30 décembre 2022.

(14) Cioffi, C., Pierattini, S., «Contrastare il divario generazionale attraverso la valutazione delle politiche pubbliche rivolte ai giovani» [Combler le fossé générationnel grâce à l’évaluation des politiques publiques en faveur des jeunes], Amministrazione in Cammino, 2023.

(15) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Évaluation d’impact de l’UE du point de vue des jeunes» (avis d’initiative) (JO C 486 du 21.12.2022, p. 46).

(16) Rapport annuel 2022 d’Eurofound, «Living and working in Europe», 4 mai 2023, https://www.eurofound.europa.eu/fr/publications/annual-report/2023/living-and-working-in-europe-2022

(17) https://www.cedefop.europa.eu/en/tools/skills-intelligence/involuntary-part-time-employment?year=2020&country=EU#2; https://www.youthforum.org/topics/platform-work#:~:text=Young%20workers%20who%20are%20at,any%20policies%20on%20this%20topic

(18) https://www.eesc.europa.eu/fr/documents/resolution/long-lasting-legacy-european-year-youth-youth-mainstreaming-and-empowerment: «Les stages qui ne font l’objet d’aucune rémunération ni compensation peuvent peser de manière très négative sur l’expérience qu’ont les jeunes du marché du travail et il s’impose de les proscrire.».

(19) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment garantir un travail décent aux jeunes et veiller à l’inclusion des jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) grâce à l’élaboration de plans nationaux de relance adéquats» (avis d’initiative) (JO C 152 du 6.4.2022, p. 27).

(20) OCDE/Commission européenne (2021), «Pallier la pénurie d’entrepreneurs 2019 — Politiques de l’entrepreneuriat inclusif».

(21) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à l’Année européenne des compétences 2023 [COM(2022) 526 final — 2022/0326 (COD)] (JO C 100 du 16.3.2023, p. 123).

(22) https://www.iiep.unesco.org/fr/forum-international-de-politique-educative-sur-les-parcours-dapprentissage-flexibles-dans-13760

(23) Il est fait référence ici à la fois aux infrastructures physiques (crèches d’entreprises, accueil des jeunes enfants, etc.) et à des services spécifiques (soutien économique, services numériques ou autres), dans lesquels on pourrait investir directement ou «indirectement», en associant le tiers secteur et les prestataires de services à la personne et en reconnaissant leur travail.

(24) Fondation Bruno Visentini, Il Divario generazionale. La generazione Z e la permacrisi, V Rapporto 2022 [Le fossé entre les générations. La génération Z et la perma-crise], https://www.osservatoriopolitichegiovanili.it/v-rapporto-2022; MONTI, L., MARTINELLI, V. (2021), «Misurare l’impatto generazionale delle politiche pubbliche: una sfida, un metodo», Amministrazione in Cammino, 29 mars 2021.

(25) CIOFFI, C., PIERATTINI, S., (2023), «Contrastare il divario generazionale attraverso la valutazione delle politiche pubbliche rivolte ai giovani», Amministrazione In Cammino, Rome.

(26) MONTI, L. (2017), «Diminishing prospects for young people: À comparison of the intergenerational fairness index and generational divide index in addressing the problem», Review of European Studies, vol. 9, no 4, décembre 2017, p. 160-164, ISSN: 1918-7173.

(27) LEACH, J., BROEKS, M., ØSTENSVIK, K., KINGMAN, D. (2016), European Intergenerational Fairness Index: A crisis for the young, Intergenerational Foundation, Londres, https://www.if.org.uk/wp-content/uploads/2016/03/European-Intergenerational-Fairness-Index_Final-2016.pdf; LEACH, J., HANTON, A. (2014), «Integenerational Fairness Index», Intergenerational Foundation, édition de 2014, Londres.

(28) Centre de compétences Jugend-Check (2022), The Youth-Check in German Regulatory Impact Assessment for the Young Generation. The Youth-Check in Germany, avril 2022.

(29) https://www.bundeskanzleramt.gv.at/agenda/jugend/jugendpolitik/jugend-check.html. Voir aussi, dans le recueil du droit fédéral autrichien: Gesamte Rechtsvorschrift für WFA-Grundsatz-Verordnung, version du 1.5.2023.

(30) Centre de compétences Jugend-Check (2022), conférence internationale sur l’analyse de l’impact de la réglementation sur les jeunes du 9 mai 2022, Berlin, juin 2022.

(31) https://italy.representation.ec.europa.eu/notizie-ed-eventi/notizie/violenza-contro-le-donne-lue-istituisce-un-numero-di-assistenza-telefonica-livello-di-unione-e-2022-11-24_it#:~:text=%E2%80%9CLa%20violenza%20contro%20le%20donne,di%20violenza%20di%20genere%20online

(32) La convention d’Istanbul, qui reconnaît que les violences faites aux femmes constituent une violation des droits de l’homme, contribue à la mise en place, au niveau européen, d’un cadre juridique permettant de protéger les femmes contre les violences, et de prévenir, réprimer et éradiquer ce phénomène ainsi que celui des violences domestiques.

(33) Conférence mondiale sur la promotion de la santé, Organisation mondiale de la santé, Genève, 13-15 décembre 2021.

(34) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Donner aux jeunes les moyens de réaliser le développement durable grâce à l’éducation» (avis d’initiative) (JO C 100 du 16.3.2023, p. 38).

(35) https://www.undp.org/publications/aiming-higher-elevating-meaningful-youth-engagement-climate-action

(36) PNUD et université d’Oxford, 2021.

(37) Marks e.a., 2021.

(38) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Le rôle des jeunes dans la transition écologique» (avis exploratoire à la demande de la présidence suédoise) (JO C 184 du 25.5.2023, p. 13).


ANNEXE

La proposition d’amendement suivante, qui a recueilli plus d’un quart des suffrages exprimés, a été rejetée au cours des débats (article 74, paragraphe 3, du règlement intérieur):

AMENDEMENT 2

SOC/759 — Coopération dans le domaine de la jeunesse

Paragraphe 3.3.2

Modifier comme suit

Avis de section

Amendement

Intégrer les jeunes dans le marché du travail moyennant des emplois de qualité et mieux s’adresser aux jeunes NEET (ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation) devrait être une priorité pour l’Union et ses États membres. À cet égard, le CESE invite instamment la présidence espagnole à étudier les revendications de la jeunesse concernant les dossiers législatifs en cours d’examen qui revêtent un intérêt particulier pour les jeunes européens, en l’occurrence les mesures contraignantes pour garantir la qualité des stages (1) et la directive relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme, dans le respect du principe de subsidiarité et de l’autonomie des partenaires sociaux.

Intégrer les jeunes dans le marché du travail moyennant des emplois de qualité et mieux s’adresser aux jeunes NEET (ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation) devrait être une priorité pour l’Union et ses États membres. À cet égard, le CESE invite instamment la présidence espagnole à étudier les revendications de la jeunesse concernant les dossiers législatifs en cours d’examen qui revêtent un intérêt particulier pour les jeunes européens, en l’occurrence les mesures permettant, grâce à la définition des objectifs conformément à la formation et à l’intégration professionnelle pour garantir la qualité des stages (1) et l’application de la directive relative à l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du travail via une plateforme, dans le respect du principe de subsidiarité et de l’autonomie des partenaires sociaux.

Résultat du vote:

Voix pour:

89

Voix contre:

137

Abstentions:

10


(1) https://www.eesc.europa.eu/fr/documents/resolution/long-lasting-legacy-european-year-youth-youth-mainstreaming-and-empowerment: «Les stages qui ne font l’objet d’aucune rémunération ni compensation peuvent peser de manière très négative sur l’expérience qu’ont les jeunes du marché du travail et il s’impose de les proscrire».

(1) https://www.eesc.europa.eu/fr/documents/resolution/long-lasting-legacy-european-year-youth-youth-mainstreaming-and-empowerment: «Les stages qui ne font l’objet d’aucune rémunération ni compensation peuvent peser de manière très négative sur l’expérience qu’ont les jeunes du marché du travail et il s’impose de les proscrire».


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