LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52023AE2515
Avis institutionnel52023AE2515

Avis institutionnel — 52023AE2515

CELEX52023AE2515
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 25 octobre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/885

6.2.2024

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de recommandation du Conseil relative aux principaux facteurs favorisant la réussite de l’éducation et de la formation numériques

[COM(2023) 205 final — 2023/0099 (NLE)]

la proposition de recommandation du Conseil sur l’amélioration de l’enseignement des compétences numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation

[COM(2023) 206 final — 2023/0100 (NLE)]

et sur le thème «De nouvelles voies pour réussir l’insertion numérique»

(avis exploratoire à la demande de la présidence belge)

(C/2024/885)

Rapporteures:

Milena ANGELOVA

Tatjana BABRAUSKIENĖ

Justyna Kalina OCHĘDZAN

Consultation

Commission européenne, 29.6.2023

Lettre de la présidence belge du Conseil, 10.7.2023

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Avis exploratoire

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

4.10.2023

Adoption en session plénière

25.10.2023

Session plénière no

582

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

221/02/04

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) soutient l’engagement pris par la Commission européenne et la présidence belge du Conseil de l’Union européenne de préserver l’inclusion numérique pour tous, et est lui-même fermement résolu à contribuer à la création de leviers pour réduire la vulnérabilité numérique et combler le fossé numérique. Tout citoyen européen devrait avoir le droit d’accéder à une éducation au numérique inclusive et de qualité, qui lui permette d’acquérir les connaissances, les compétences et le savoir-faire nécessaires à sa participation active au monde d’aujourd’hui, où le numérique est de plus en plus omniprésent, et d’être bien équipé pour être compétitif sur le marché du travail et accéder à des emplois de qualité.

1.2.

Le CESE se réjouit du train de mesures «Compétences numériques et éducation au numérique» (1) et y voit une contribution concrète et notable à l’Année européenne des compétences (2). L’éducation au numérique revêt en effet une importance majeure en ce qui concerne le développement personnel, la cohésion sociale, la compétitivité et l’innovation, pour autant qu’elle corresponde aux besoins et aux compétences à acquérir dans le contexte de la société moderne, facteur humain et économique compris, qui découlera de la double transition. Dans cette optique, le CESE soutient les deux priorités stratégiques du plan d’action en matière d’éducation numérique 2021-2027 établi par la Commission (3), à savoir, d’une part, favoriser le développement d’un écosystème d’éducation au numérique hautement performant, et d’autre part, renforcer les aptitudes et compétences numériques pour la transformation numérique.

1.3.

Le CESE demande que des orientations spécifiques supplémentaires soient fournies en ce qui concerne les infrastructures de qualité et inclusives, la connectivité et la sécurité, ainsi que la gestion sécurisée des données pour chaque utilisateur. Pour mettre en œuvre des politiques efficaces en matière de renforcement des compétences numériques, le CESE recommande à la Commission d’encourager les États membres à adopter une approche globale associant les institutions concernées, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile (OSC), les organismes de formation et la communauté scientifique. Le CESE souligne qu’il importe de mettre en œuvre des mesures ciblées, notamment dans le cadre des coalitions nationales en faveur des compétences et des emplois numériques, afin de renforcer la participation des partenaires sociaux, y compris aux niveaux sectoriel et local, et de veiller à ce que les parties prenantes concernées disposent de capacités suffisantes pour assumer les responsabilités qui leur incombent. Il y aurait lieu d’accroître la publicité et la visibilité des coalitions nationales en faveur des compétences et des emplois numériques dans le but de les associer plus activement au processus de développement des possibilités d’apprentissage et d’accroître les investissements dans le développement des compétences numériques afin de mieux s’aligner sur les nouveaux besoins sur le lieu de travail.

1.4.

Le CESE souligne qu’il est crucial de respecter l’éducation et la formation en tant que droits de l’homme et biens publics. La numérisation de l’éducation et des établissements d’enseignement doit avoir pour objectif de garantir l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation pour tous, et non de limiter cet accès. Les défis et les possibilités qui découlent de la numérisation complète des établissements d’enseignement et de formation doivent être soigneusement analysés afin de veiller à ce qu’une telle transformation favorise la qualité et l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation plutôt qu’elle ne les entrave. Dans la numérisation des établissements scolaires, il convient de garantir la préservation de l’interaction sociale entre les apprenants et les enseignants/formateurs dans le domaine de l’éducation et de la formation, en ce qu’elle aide les apprenants à améliorer des compétences essentielles, en particulier leurs compétences sociales. Dans l’optique de l’éducation numérique, il est nécessaire de garantir un socle solide d’aptitudes de base et de compétences clés, en particulier en langues. La numérisation ne devrait pas être considérée comme pouvant se substituer à l’enseignement en présentiel. Il convient aussi de prendre en considération la fatigue et l’incidence négative que provoque le recours excessif aux équipements numériques pour les élèves et les enseignants.

1.5.

Compte tenu de l’influence majeure qu’elles ont sur la vie sociale et le marché du travail, les aptitudes et compétences numériques sont importantes pour les apprenants de tous âges, les apprentis, les entrepreneurs et les employés inscrits dans un schéma de reconversion ou de perfectionnement professionnels. Tout en reconnaissant la base solide que créent la recommandation du Conseil sur l’amélioration de l’enseignement des compétences numériques dans le domaine de l’éducation et de la formation et celle relative aux principaux facteurs favorisant la réussite de l’éducation et de la formation numériques (toutes deux incluses dans le train de mesures «Compétences numériques et éducation au numérique»), le CESE demande que des orientations spécifiques supplémentaires soient fournies aux États membres en ce qui concerne les infrastructures de base, la connectivité et la sécurité, ainsi que la gestion sécurisée des données pour chaque utilisateur, de manière à soutenir un processus de numérisation de tous les secteurs de l’éducation qui soit équitable, qualitatif, inclusif et durable, et qui respecte le principe de subsidiarité.

1.6.

Le CESE tient pour nécessaire d’accorder une attention particulière au développement et à l’amélioration de la qualité de l’offre en matière de formation numérique par l’intermédiaire de mécanismes d’information, de motivation, d’évaluation des compétences et d’identification des lacunes et des besoins en matière de formation, d’orientation professionnelle et de mentorat lors des formations visant à acquérir des compétences numériques spécifiques, ainsi qu’à la validation de l’apprentissage informel et non formel, etc. Ces éléments revêtent une importance particulière pour apporter un soutien ciblé et efficace aux personnes, en particulier celles dont les compétences numériques sont faibles. Le CESE demande à la Commission et aux États membres de promouvoir l’accès et la participation à des formations de qualité et inclusives à l’intention des travailleurs et des adultes en offrant des outils et des approches adéquats de manière à financer la formation aux compétences numériques pour soutenir les particuliers et les entreprises dans cette démarche, en particulier les micro, petites et moyennes entreprises.

1.7.

Le CESE souligne que les politiques et les mesures visant à développer et à améliorer les compétences numériques devraient faire partie intégrante du système global de gouvernance des compétences. La gouvernance démocratique, accordant une attention particulière au dialogue social et civique, est essentielle pour garantir une coordination efficace selon une méthode «pangouvernementale», favoriser un dialogue fructueux avec les acteurs concernés de l’éducation, de la formation et du marché du travail et permettre l’élaboration de dispositifs coordonnés de financement des compétences. Par conséquent, le CESE recommande à la Commission de synchroniser les deux recommandations du Conseil et de demander aux États membres d’élaborer des plans d’action nationaux uniques pour atteindre les objectifs du socle européen des droits sociaux par la conception conjointe de stratégies numériques et de stratégies d’éducation et de formation, et par une coordination efficace des politiques avec les partenaires sociaux et les parties prenantes concernées par les aptitudes et les compétences numériques, notamment en mettant à jour les profils professionnels et les prévisions en matière de compétences, et en garantissant des investissements durables.

1.8.

Il est absolument essentiel de soutenir et de renforcer l’entrepreneuriat numérique, étant donné le rôle clé que jouent les entrepreneurs pour stimuler l’innovation numérique et la croissance économique. Par conséquent, le CESE demande qu’un écosystème favorable soit mis en place. Il préconise également de promouvoir la collaboration et les partenariats entre les entrepreneurs, les établissements d’enseignement et les parties prenantes concernées en ce qui concerne le soutien au développement des compétences numériques, en particulier pour les adultes peu qualifiés (4). Dans le cadre du développement des compétences numériques, il convient d’améliorer l’acquisition de compétences entrepreneuriales telles que la créativité, la résolution de problèmes, la capacité d’adaptation et la prise de risques, de sorte que les personnes formées soient aptes à adopter l’esprit d’entreprise et à contribuer à l’innovation numérique.

1.9.

L’intégration des compétences numériques dans le processus éducatif est essentielle pour préparer les élèves à l’évolution rapide du paysage numérique. Pour y parvenir de manière efficace, il s’impose de favoriser l’amélioration des méthodes d’enseignement et d’évaluation en recourant à des outils numériques de qualité et inclusifs, en assurant la formation professionnelle continue des enseignants et formateurs, et en renforçant la capacité des enseignants à intégrer efficacement la technologie dans leurs cours, en créant des environnements d’apprentissage évolutifs et adaptables, en intégrant les disciplines STIAM (sciences, technologies, ingénierie, arts et mathématiques) dans le programme éducatif et en adoptant une approche centrée sur l’élève, qui permette à ce dernier d’être aux commandes de son propre apprentissage, en insistant davantage sur un apprentissage basé sur la résolution de problème et les projets, et en encourageant la collaboration, l’apprentissage interdisciplinaire et la créativité.

1.10.

Le CESE note qu’un facteur de réussite à cet égard consiste à assurer une correspondance étroite entre les éléments sélectionnés dans le cadre des compétences numériques pour les citoyens (DigComp 2.2) et les compétences requises pour les emplois concernés. Désormais passées de «facultatives» à «critiques», les compétences numériques sont plus essentielles que jamais (5). Par conséquent, le CESE demande aux États membres d’encourager les actions des partenaires sociaux et des OSC visant à améliorer les compétences numériques, à éradiquer l’exclusion numérique et à combler le fossé numérique dans la société, en améliorant l’accès aux financements européens et nationaux. Bien qu’il se félicite du montant sans précédent alloué au soutien à la transformation numérique, qui s’élève à 130 milliards d’EUR, soit 26 % de l’enveloppe totale consacrée aux plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR) et une part substantielle des accords de partenariat, le CESE fait observer qu’il est impératif de veiller à la mise en œuvre rapide de la transition, de même que d’y associer les partenaires sociaux et les OSC.

1.11.

Le CESE demande que les enseignants, les formateurs et les chefs d’établissements scolaires se voient octroyer un accès plus large à un perfectionnement professionnel continu (PPC) de qualité et pertinent en ce qui concerne les aptitudes et compétences numériques, l’élaboration et l’évaluation des programmes d’études, ainsi que les compétences en intelligence artificielle (IA) et en informatique, que ces formations aient lieu pendant les heures de travail et qu’elles fassent l’objet d’un soutien financier de la part des ministères et des établissements scolaires. Les principaux défis concernent désormais l’égalité d’accès à l’éducation et la lutte contre les pénuries d’enseignants (6). Pour intégrer une éducation et une formation de qualité en matière d’aptitudes et de compétences numériques de manière transversale dans les programmes d’études, il convient de remédier aux pénuries d’enseignants et de rendre cette profession plus attrayante afin de garantir un remplacement des enseignants qui prennent part à un programme de PPC. Valoriser et rendre attrayante la profession d’enseignant nécessite de mettre en place des salaires et des conditions de travail attractifs, qui soient au même niveau que pour les autres professionnels qualifiés du secteur tertiaire.

1.12.

Le CESE demande aux États membres d’inclure les modèles d’IA générative tels que ChatGPT dans le champ d’application des règlements existants et à venir concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle et d’aborder avec les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les parties prenantes concernées l’incidence de l’IA générative comme ChatGPT sur l’éducation et la formation de tous les groupes d’âge, en particulier sur les conditions de travail des enseignants, des universitaires, des chercheurs et d’autres membres du personnel éducatif. En ce qui concerne les enfants et des adolescents, il est primordial de les éduquer et de leur fournir les compétences adéquates pour qu’ils puissent gérer les algorithmes de manière à prévenir les effets néfastes sur leur psychologie et leur santé mentale.

1.13.

Le CESE recommande à la Commission d’encourager et de soutenir les États membres dans l’élaboration et le lancement de campagnes d’information à grande échelle sur les possibilités d’apprentissage numérique afin de sensibiliser l’ensemble des citoyens, en y associant également les partenaires sociaux, les OSC, les médias nationaux et locaux, ainsi que d’autres acteurs pertinents à l’échelon local et national, via le recours à une approche individualisée pour inciter chaque personne à participer à ces programmes de formation. Le CESE recommande aux États membres de renforcer la mise en œuvre des recommandations du Conseil sur les microcertifications, en accordant une attention particulière aux normes de qualité.

1.14.

Le CESE recommande à la Commission d’encourager les États membres à se concentrer sur l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation numériques et aux outils numériques, par les actions suivantes:

1.14.1.

assurer la pleine inclusivité de l’éducation et de la formation au numérique en garantissant qu’elles sont accessibles aux apprenants et aux enseignants handicapés, et fournir des équipements et des solutions spécialisés aux apprenants qui présentent des besoins éducatifs spéciaux ainsi qu’à ceux appartenant à des minorités linguistiques ou au groupe des migrants;

1.14.2.

éliminer les fractures entre zones urbaines et rurales et autres disparités géographiques dans l’accès à l’éducation et à la formation numériques, aux outils numériques et à l’internet;

1.14.3.

œuvrer en faveur de la reconnaissance et la neutralisation des préjugés en matière de genre, d’origine ethnique, d’identité sexuelle, d’âge, de langue, de religion, d’opinions politiques, de situation économique et sociale à la naissance, de handicap et de tout autre domaine protégé par les droits de l’homme, tant dans la vie réelle que dans les algorithmes qui façonnent notre réalité numérique;

1.14.4.

mettre en œuvre une politique d’égalité entre les hommes et les femmes à tous les stades de l’éducation et de la formation numériques, et réduire les déficits de compétences entre les hommes et les femmes, en particulier dans les spécialisations dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), y compris la programmation et l’IA (7);

1.14.5.

éliminer les biais algorithmiques, qui sont l’une des principales sources d’inégalité en ce qui concerne le développement de la technologie de l’IA et de la réalité numérique, et accorder une attention particulière à la suppression des stéréotypes et aux biais afin d’éviter, par exemple, un fossé numérique entre les hommes et les femmes ou d’autres inégalités dans les applications technologiques. Les réglementations en matière d’IA éthique devraient porter à la fois sur les méthodes et le matériel pédagogiques, mais aussi sur l’utilisation des données, le développement de la pédagogie numérique et l’apprentissage tout au long de la vie. Le CESE fait observer que la création de technologies et de services plus inclusifs et plus respectueux pour tous nécessite d’employer un langage inclusif dans le codage et la programmation.

1.15.

L’IA joue un rôle de plus en plus important dans le développement de l’économie numérique. Le CESE attire l’attention sur l’importance de développer les connaissances et les compétences en matière d’IA dans les sociétés européennes afin d’éviter les fractures numériques et de renforcer la compétitivité de l’Union (8). Le CESE relève le besoin croissant d’intégrer des postes axés sur l’IA dans les entités publiques et privées et d’organiser des formations aux compétences en matière d’IA pour les travailleurs, les personnes de tous âges (y compris les jeunes et les personnes âgées), les personnes handicapées, les personnes ayant des besoins particuliers et les personnes issues de zones rurales. Le CESE demande à la Commission et aux États membres de garantir que toute personne, et en particulier les responsables et décideurs politiques, disposent des informations appropriées sur les défis et possibilités associés à l’utilisation de l’IA, ainsi que sur les aspects moraux, éthiques et juridiques qu’elle revêt.

2. Facteurs clés favorisant une éducation au numérique efficace

2.1.

La crise de la COVID-19 a suscité un besoin soudain de numériser l’éducation et la formation. En 2019, 50 % des systèmes éducatifs européens faisaient l’objet d’un processus de réforme en cours dans le secteur de l’éducation numérique. Néanmoins, dans la moitié des systèmes éducatifs, les compétences numériques n’ont pas été évaluées à l’école au moyen d’épreuves nationales d’évaluation (9). Selon le rapport Eurydice (10), l’informatique reste une discipline relativement nouvelle dans l’enseignement scolaire, et les modalités de son enseignement varient d’un pays européen à l’autre. Il est essentiel que des stratégies nationales globales en matière d’éducation, de formation et d’outils numériques, telles que l’instrument SELFIE (11) de la Commission européenne, contribuent à la mise en place d’un environnement numérique sécurisé dans les établissements scolaires en les aidant à appliquer un modèle de numérisation globale, à évaluer leur degré de numérisation et à définir quelles prochaines étapes sont adaptées à leur transformation numérique. Cela suppose de mettre à disposition à tout moment, dans les établissements d’enseignement et de formation, un spécialiste des technologies de l’information chargé de gérer efficacement leurs ressources numériques, de veiller à la sûreté de leur environnement numérique et de les maintenir en phase avec les progrès technologiques.

2.2.

Les systèmes éducatifs devraient contribuer à ce que les étudiants et les apprenants deviennent des citoyens disposant d’une bonne habileté numérique et des professionnels compétents en matière numérique, capables de tirer parti des avantages qu’offre la société numérique tout en s’attaquant de manière créative et responsable aux défis qu’elle présente, ce qui permettra de combler le fossé numérique. Pour y parvenir, il est essentiel que les États membres accordent la priorité à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie complète en matière de compétences numériques et à la fourniture de financements durables pour favoriser l’acquisition d’un large éventail de compétences numériques par tout étudiant ou apprenant. En ce qui concerne les aptitudes de base et les compétences essentielles, l’éducation et la formation devraient mettre l’accent sur l’enseignement et l’apprentissage de l’habileté numérique et sur les défis et possibilités qui découlent de l’utilisation de l’IA. Il conviendrait aussi de promouvoir l’esprit critique, la résolution de problèmes, la créativité et l’innovation, ainsi que l’acquisition de compétences numériques spécialisées et professionnelles, par exemple en matière de cybersécurité, de codage, d’analyse de données, de collaboration numérique et de mobilité numérique. Les États membres devraient être incités à utiliser l’instrument DigComp (12) si l’on souhaite parvenir à une compréhension commune de la compétence numérique. Les compétences numériques doivent impérativement être intégrées à différents niveaux et dans différentes matières afin de garantir que les élèves acquièrent une grande maîtrise de ces compétences. Il est également important de parfaire les compétences en matière d’entrepreneuriat numérique afin de renforcer la création de PME et d’améliorer l’employabilité.

2.3.

Pour réaliser la transition numérique de l’éducation et de la formation, il est indispensable de déployer un apprentissage, un enseignement et une évaluation des compétences numériques qui soient de qualité et inclusifs, en les améliorant par la mise en place d’activités axées sur la résolution de problèmes et l’élaboration de projets et basées sur l’apprentissage entre pairs, y compris dans le domaine des disciplines STIAM, tout en s’écartant du modèle d’évaluation traditionnel. Cet ajustement permettra aux élèves de contribuer activement à répondre aux défis du monde réel, de mettre en pratique leurs compétences numériques et d’approfondir leur compréhension de concepts complexes, leur esprit de collaboration et leur engagement actif dans une expérience éducative globale.

2.4.

Les transitions numériques ont déjà commencé à transformer différents emplois. Le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux fixe des objectifs ambitieux pour soutenir les États membres dans leur transformation numérique, visant à faire en sorte que 80 % des adultes possèdent au moins des compétences numériques de base et que 20 millions de spécialistes des TIC soient employés dans l’UE, avec une plus grande participation des femmes. Le CESE demande que des efforts supplémentaires soient consentis en ce qui concerne la mise en œuvre de mesures visant à réduire les pénuries de main-d’œuvre et l’inadéquation des compétences, contribuant ainsi à une croissance, une productivité et une innovation durables qui garantiront à leur tour des emplois de qualité et des salaires et des conditions de travail équitables. Compte tenu de l’importance de disposer d’une main-d’œuvre possédant des aptitudes et des compétences numériques, il est essentiel de mettre en œuvre le premier principe du socle européen des droits sociaux, de même que la déclaration européenne de 2022 sur les droits et principes numériques pour la décennie numérique, et de garantir un financement adéquat des programmes d’enseignement et de formation professionnels (EFP), mais également des programmes de formation des adultes et des formations de qualité pour tous.

2.5.

Le perfectionnement et la reconversion professionnels en vue d’une transition juste du marché du travail grâce à la numérisation et l’acquisition d’aptitudes et de compétences numériques pour des raisons professionnelles ne relèvent pas uniquement de la responsabilité individuelle des apprenants, y compris les demandeurs d’emploi et les salariés, mais également de celle de l’État, des partenaires sociaux et de la société dans son ensemble, dans la mesure où ces processus ont une incidence sociale et économique considérable. Des stratégies efficaces en matière de compétences et de numérisation menées à l’échelon des États, des secteurs et des entreprises devraient soutenir les travailleurs en assurant des formations pertinentes et de qualité. Les entreprises et les partenaires sociaux jouent un rôle essentiel dans la fourniture d’apprentissages de qualité, ainsi que dans le perfectionnement et la reconversion des travailleurs en vue de la transition numérique. Des efforts et des investissements particuliers devraient être consacrés à la numérisation de l’EFP afin de faire en sorte que les futurs spécialistes acquièrent des compétences numériques avancées.

2.6.

Le CESE rappelle la recommandation du Conseil du 22 mai 2018 relative aux compétences clés pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (13), laquelle précise que la compétence numérique va au-delà de la simple connaissance des technologies en la matière. Il est important d’inclure les aptitudes et compétences numériques dans l’EFP et dans l’éducation et la formation des adultes, dans une perspective de promotion de l’esprit critique et de la citoyenneté démocratique, ainsi que pour soutenir la lutte contre les fausses informations et la désinformation.

2.7.

Il est absolument essentiel de soutenir et de renforcer l’entrepreneuriat numérique, étant donné le rôle clé que jouent les entrepreneurs pour stimuler l’innovation numérique et la croissance économique. Les entrepreneurs sont souvent la force motrice de l’exploitation des compétences et des technologies numériques dans le but de fonder de nouvelles entreprises, créer des emplois, contribuer au développement économique et offrir une perspective plus complète en matière d’apprentissage numérique.

2.8.

Le CESE recommande à la Commission européenne d’encourager et d’aider les États membres à:

—

allouer des fonds et des ressources spécifiques afin de favoriser la numérisation des programmes d’EFP et d’éducation et de formation des adultes destinés aux personnes de tous âges, y compris les chômeurs et les personnes ne travaillant pas, ne suivant pas d’études ou de formation, et à améliorer la qualité et la pertinence globales des programmes d’EFP et d’éducation et de formation des adultes. Il s’agit notamment d’apporter un soutien financier tant aux employeurs qu’à leurs employés dans le cas d’un congé de formation rémunéré et de prévoir des comptes de formation individuels ou d’autres mécanismes de financement similaires en cogouvernance avec les partenaires sociaux. Il est essentiel de garantir des investissements appropriés pour mettre à niveau les infrastructures des établissements d’enseignement et de formation, élaborer des programmes d’études à l’aide de DigComp, soutenir le développement professionnel des enseignants et des formateurs, garantir le libre accès à des ressources d’apprentissage numérique de qualité et mettre en place des subventions et des bourses afin d’aider les étudiants qui participent à des programmes d’EFP axés sur le numérique,

—

continuer à soutenir la coopération des établissements d’EFP au sein des centres d’excellence, etc.,

—

réexaminer et actualiser l’offre en matière d’EFP et d’éducation et de formation des adultes afin d’intégrer les compétences numériques utiles à la vie quotidienne ainsi que celles, plus avancées, nécessaires dans le cadre professionnel. Il importe d’améliorer la disponibilité et l’accès aux programmes d’éducation et de formation pour les apprenants de tous horizons et de tous âges axés sur les technologies émergentes telles que, entre autres, la robotique et l’automatisation avancées, l’IA, l’internet des objets, autant de compétences qui renforceront leur employabilité. En outre, les États membres doivent veiller à ce que l’EFP et l’éducation et la formation des adultes tiennent compte des défis numériques qui caractérisent le monde réel et à ce qu’ils fournissent aux apprenants des expériences concrètes qui leur permettront d’améliorer leur compréhension des technologies numériques et de leur pertinence sur le lieu de travail,

—

promouvoir la diversité s’agissant de l’accès aux compétences numériques et du développement des compétences à tous les âges, et à favoriser l’équilibre hommes-femmes dans les emplois du secteur informatique. Pour obtenir une égalité entre les hommes et les femmes dans le secteur informatique, il convient de promouvoir les STIAM dès le plus jeune âge, de soutenir l’égalité d’accès des étudiantes et des apprenantes aux études dans les domaines de l’informatique et de veiller à ce que le secteur informatique offre un environnement de travail et des possibilités d’évolution de carrière qui respectent l’égalité entre les hommes et les femmes, notamment en veillant à ce que les femmes puissent endosser des fonctions de direction et de prise de décision (14),

—

créer et déployer un écosystème favorable en encourageant les collaborations entre, d’une part, les institutions d’EFP et d’enseignement et de formation pour les adultes, et d’autre part, les experts du marché du travail, les entreprises technologiques et les jeunes pousses afin de proposer des programmes de formation spécialisés dans le cadre de l’EFP. Une attention particulière doit être portée à l’entrepreneuriat numérique, notamment en soutenant l’accès au financement et aux aides financières, aux programmes de mentorat, aux incubateurs et aux accélérateurs, ainsi qu’en assurant un environnement réglementaire qui favorise l’innovation et les activités entrepreneuriales, ou encore la mise en place de plateformes de partage des connaissances, entre autres mesures. Cette collaboration pourrait permettre aux apprenants de vivre de précieuses expériences, de se familiariser avec les pratiques sur le lieu de travail et de développer des compétences utiles, de sorte qu’ils se dotent des outils nécessaires pour exceller dans les emplois numériques,

—

garantir un apprentissage efficace et de qualité pour les apprenants de tous âges, dans tous les secteurs concernés par les transitions numériques ainsi que dans les secteurs numériques eux-mêmes. Il importe d’accroître la mise en œuvre de la recommandation du Conseil relative à un cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité afin de soutenir la conception conjointe de programmes de formation et de proposer des apprentissages de qualité, inclusifs et efficaces qui garantissent aux entreprises une main-d’œuvre qualifiée représentant un véritable investissement, ainsi que des emplois de qualité pour les jeunes professionnels, les travailleurs et les chômeurs en quête d’une reconversion professionnelle.

2.9.

Le CESE adhère à l’idée selon laquelle les marchés publics soutenant la numérisation des établissements d’enseignement et de formation doivent garantir la qualité, la transparence, l’accessibilité et la durabilité. Il insiste sur la nécessité de veiller à ce que les marchés publics pour la numérisation des installations et équipements d’éducation et de formation soient assortis d’une perspective sociale et garantissent des services de qualité et de bonnes conditions de travail.

2.10.

Le CESE accueille favorablement la proposition visant à soutenir les enseignants, les formateurs, les chefs d’établissement et les apprenants et suggère aux États membres de veiller à ce que ces acteurs connaissent et utilisent les lignes directrices pour les enseignants et les éducateurs en matière de lutte contre la désinformation et de promotion de l’habileté numérique par l’éducation et la formation (15), de même que la boîte à outils pour apprendre à repérer et combattre la désinformation et les lignes directrices éthiques sur l’utilisation de l’IA et des données dans l’enseignement et l’apprentissage en classe (16).

2.11.

Les recommandations proposées par la Commission constituent une bonne base pour le développement des systèmes d’éducation et de formation en ce qui concerne les compétences et les aptitudes numériques. Le CESE fait observer qu’afin de respecter la compétence nationale en matière d’éducation et de formation, le cadre des compétences numériques pour les citoyens européens peut soutenir l’acquisition de compétences numériques, mais ne devrait pas être utilisé pour évaluer les compétences des apprenants. Le CESE recommande à la Commission et aux États membres d’élargir le champ d’application du cadre européen pour les compétences numériques, tout en tenant compte des niveaux d’éducation et d’autres compétences, notamment celles qui sont transversales, en accordant une attention particulière aux tâches liées à l’IA, à ChatGPT, aux médias sociaux, aux algorithmes et à la protection des données personnelles, et en luttant contre la diffusion des fausses informations et le harcèlement numérique.

2.12.

Le CESE recommande de poursuivre le développement de cadres spécifiques tels que DigCompEdu, DigComp at Work et d’autres. En outre, des cadres peuvent être élaborés au niveau sectoriel dans le cadre des projets relevant du pacte pour les compétences, avec la participation de partenaires sociaux, d’organisations de la société civile et d’autres parties prenantes concernés, en tant que lignes directrices pour le développement des compétences numériques pour le marché du travail. Outre le niveau relativement faible des compétences numériques générales des citoyens dans la plupart des États membres, un certain nombre de compétences précises sont également nécessaires pour permettre l’exécution de tâches spécifiques; il y a lieu d’examiner cette question avec les partenaires sociaux lors de la mise à jour des profils professionnels.

3. Main-d’œuvre et marché du travail

3.1.

Afin de fournir un soutien à la main-d’œuvre et de la doter des connaissances, aptitudes et compétences numériques nécessaires dans les meilleurs délais, il y a lieu d’élaborer et de mettre à disposition, de sorte qu’ils soient abordables et facilement accessibles, des programmes et des méthodes de formation plus souples ainsi que des offres sur mesure, notamment des possibilités d’apprentissage à distance et des programmes de formation plus courts, adaptés aux besoins des apprenants. Une utilisation plus large des technologies numériques dans le processus de formation des adultes est essentielle, tout comme l’organisation de cours d’enseignement à distance en ligne, à tout moment et depuis n’importe quel endroit, y compris dans le cadre de la formation professionnelle, afin de favoriser l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et les responsabilités familiales. Il importe de trouver des solutions pour accroître la motivation à l’égard des formations en ligne ainsi que l’accès à celles-ci, en s’appuyant sur des comptes de formation et des chèques destinés aux demandeurs d’emploi et à toute personne ayant besoin d’un perfectionnement ou d’une reconversion professionnels, en fournissant une orientation professionnelle de qualité pour tous et en garantissant la reconnaissance des formations. Une approche multidimensionnelle axée sur la reconnaissance de l’apprentissage non formel et informel, ainsi que sur la validation et la certification des compétences, est essentielle pour faire en sorte que tous les individus puissent bénéficier de la transformation numérique et y prendre part.

3.2.

Le CESE est d’avis que pour répondre aux changements qui se présentent en ce qui concerne la demande de compétences numériques, il importe de promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie et de veiller à ce que tous les individus puissent bénéficier d’un apprentissage inclusif et de qualité, tout au long de leur vie et à chaque étape et chaque transition marquant leur carrière ou leur vie. À cette fin, il convient de mettre à disposition des formes d’apprentissage plus souples et plus accessibles, notamment des solutions spécialement conçues pour correspondre aux caractéristiques d’un groupe cible donné et offrant des méthodes d’apprentissage innovantes et des outils et ressources pédagogiques électroniques.

4. Sur la voie de l’accessibilité, de l’inclusion et de l’égalité en matière de compétences numériques et d’éducation au numérique

4.1.

Tout citoyen européen devrait avoir le droit d’accéder à une éducation au numérique inclusive et de qualité, qui lui permette d’acquérir les connaissances, les compétences et le savoir-faire nécessaires à sa participation active au monde d’aujourd’hui, où le numérique est de plus en plus omniprésent. Le CESE souscrit pleinement au point de vue de la présidence belge du Conseil de l’Union européenne selon lequel «la transition numérique doit aller de pair avec l’inclusion numérique» et s’engage à contribuer à la mise en place de leviers afin de réduire la vulnérabilité numérique et de combler le fossé numérique.

4.2.

Une perspective d’apprentissage tout au long de la vie dans le domaine de l’éducation inclusive au numérique doit débuter dès le plus jeune âge et se poursuivre à l’âge adulte ainsi que pendant la vieillesse. Les États membres devraient être encouragés à améliorer le cadre et les conditions nécessaires pour offrir à tous des possibilités d’éducation et d’apprentissage tout au long de la vie de meilleure qualité, inclusives et accessibles, en réformant et en développant le système éducatif et les programmes de formation et d’apprentissage tout au long de la vie.

4.3.

Œuvrer en faveur de la compréhension, la reconnaissance et la neutralisation des préjugés en matière de genre, d’origine ethnique, d’identité sexuelle, d’âge, de langue, de religion, d’opinions politiques, de situation économique et sociale à la naissance, de handicap et de tout autre domaine protégé par les droits de l’homme, tant dans la vie réelle que dans les algorithmes qui façonnent notre réalité numérique, est une des grandes étapes à franchir dans l’inclusion numérique. Il convient de veiller tout particulièrement à ce que les apprenants ne perpétuent pas les préjugés et les limites de leurs enseignants.

4.4.

L’écart de compétences entre les hommes et les femmes est particulièrement manifeste dans les spécialisations STIM, en ce compris la programmation et l’IA. En 2018, seul 1 % de filles a déclaré, en moyenne, s’attendre à travailler dans une profession liée aux TIC, contre 10 % de garçons (17). On dénombre environ 27 % de femmes parmi les professionnels des sciences et de l’ingénierie dans l’UE (18). Des recherches menées par Engineering UK ont montré que 73 % des jeunes âgés de 11 à 14 ans ne savent pas ce que font les ingénieurs, et que 42 % des enseignants ne se sentent pas confiants lorsqu’ils prodiguent des conseils relatifs à une carrière dans l’ingénierie.

4.5.

Il importe d’encourager les États membres à renforcer la recherche et la coopération internationale dans les domaines de l’éducation au numérique et de la pédagogie numérique. Les gouvernements et les organisations devraient investir en vue d’élargir l’infrastructure internet aux zones mal desservies et proposer des dispositifs subventionnés aux particuliers qui disposent de faibles revenus, aux organisations de la société civile et aux entreprises. Des centres d’aide à la clientèle et des services d’assistance numériques devraient être mis en place pour aider les utilisateurs à maîtriser les services numériques et à relever les défis techniques tout en suivant des cours pour acquérir les compétences de base minimales requises.

4.6.

L’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) recense de grandes disparités territoriales entre les différentes régions d’Europe ainsi qu’entre les zones rurales et urbaines. Les inégalités de ce type devraient être mentionnées au niveau des politiques et des réformes instaurées par les États membres. Il importe de faire en sorte que chacun ait accès à l’internet, ainsi qu’à l’appareil et aux compétences nécessaires pour tirer parti des services publics numériques dont il a besoin. Il incombe aux autorités de veiller à ce que chacun ait accès aux services et que personne ne soit laissé pour compte. Cet aspect est particulièrement important dans les zones rurales et celles où la connexion internet est insuffisante ou inexistante.

5. Les connaissances et compétences en matière d’IA, un facteur d’inclusion numérique

5.1.

L’IA joue un rôle de plus en plus important dans le développement de l’économie numérique. Le CESE attire l’attention sur l’importance de développer les connaissances et les compétences en matière d’IA dans les sociétés européennes afin d’éviter les fractures numériques et de renforcer la compétitivité de l’Union. Le CESE relève le besoin croissant d’intégrer des postes axés sur l’IA dans les entités publiques et privées et d’organiser des formations aux compétences en matière d’IA pour les travailleurs, les personnes de tous âges (y compris les jeunes et les personnes âgées), les personnes handicapées, les personnes ayant des besoins particuliers et les personnes issues de zones rurales.

5.2.

Il est nécessaire d’éliminer les biais algorithmiques, qui sont l’une des principales sources d’inégalité en ce qui concerne le développement de la technologie de l’IA et de la réalité numérique, et d’accorder une attention particulière à la suppression des stéréotypes et aux biais afin d’éviter, par exemple, un fossé numérique entre les hommes et les femmes ou d’autres inégalités dans les applications technologiques. Les réglementations en matière d’IA éthique devraient porter à la fois sur les méthodes et le matériel pédagogiques, mais aussi sur l’utilisation des données, le développement de la pédagogie numérique et l’apprentissage tout au long de la vie. Le CESE fait observer que la création de technologies et de services plus inclusifs et plus respectueux pour tous nécessite d’employer un langage inclusif dans le codage et la programmation.

5.3.

Les entités publiques et privées ont recours à l’IA pour obtenir des informations à partir de données, automatiser leurs processus, améliorer l’expérience de leurs clients et mettre au point de nouveaux produits et services ou améliorer les produits et services existants. Les principales fonctions liées à la gestion et au soutien de l’IA incluent les postes de gestionnaire de produits de données, spécialiste en stratégie de l’IA, responsable du contrôle qualité de l’IA, responsable de l’éthique de l’IA, expert en utilisabilité de l’IA, auditeur d’IA et conseiller juridique en IA (19).

5.4.

Comme l’indique l’analyse des besoins en matière de compétences liées à l’IA, outre les capacités techniques, les professionnels de l’IA ont besoin de diverses compétences non techniques, telles que la résolution de problèmes, la pensée critique et la communication, ainsi que de compétences transversales, y compris en matière d’accessibilité, d’éthique, de respect de la vie privée et de sécurité. Ils doivent aussi acquérir des connaissances sur la manière de travailler au sein d’organisations, notamment des compétences en matière de gestion de projets, de méthodes DevOps et de compréhension des processus opérationnels. Ces compétences sont essentielles à tout professionnel de l’IA efficace.

5.5.

Le CESE demande à la Commission et aux États membres de garantir que toute personne, et en particulier les responsables et décideurs politiques, dispose des informations appropriées sur les défis et possibilités associés à l’utilisation de l’IA, ainsi que sur les aspects moraux, éthiques et juridiques qu’elle revêt.

Bruxelles, le 25 octobre 2023.

Le président du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) COM(2023) 205 final; COM(2023) 206 final, 18.4.2023.

(2) Discours sur l’état de l’Union (https://state-of-the-union.ec.europa.eu/index_fr).

(3) COM(2020) 624 final.

(4) Recommandation du Conseil du 19 décembre 2016 relative à des parcours de renforcement des compétences: de nouvelles perspectives pour les adultes (JO C 484 du 24.12.2016, p. 1).

(5) Rapport sur l’indice relatif à l’économie et à la société numériques (DESI) 2022 (Digital economy and society index. Thematic Chapters).

(6) Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2022 et rapport sur les progrès accomplis dans la réalisation de l’espace européen de l’éducation (EEE).

(7) En 2018, seul 1 % de filles a déclaré, en moyenne, s’attendre à travailler dans une profession liée aux TIC, contre 10 % de garçons. On dénombre environ 27 % de femmes parmi les professionnels des sciences et de l’ingénierie dans l’UE.

(8) Selon le rapport 2023 sur l’avenir de l’emploi du Forum économique mondial (Future of jobs report), les spécialistes de l’IA et de l’apprentissage automatique occupent la tête du classement des emplois qui connaissent une croissance rapide.

(9) Eurydice: L’éducation numérique à l’école en Europe (europa.eu).

(10) Eurydice: Informatics education at school in Europe [L’éducation à l’informatique à l’école en Europe], Office des publications de l’Union européenne (europa.eu).

(11) SELFIE — Espace européen de l’éducation (europa.eu).

(12) Répertoire des publications du Centre commun de recherche, DigComp 2.2: The Digital Competence Framework for Citizens — With new examples of knowledge, skills and attitudes (europa.eu) (Le cadre des compétences numériques pour les citoyens: nouveaux exemples de connaissances, d’aptitudes et de comportements).

(13) JO C 189 du 4.6.2018, p. 1, paragraphe 4 de l’annexe.

(14) La publication de l’EIGE intitulée Work-life balance in the ICT sector (Équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans le secteur des TIC) montre que la diversité croissante peut améliorer la capacité d’innovation d’une organisation d’environ 2,5 %.

(15) Lignes directrices pour les enseignants et les éducateurs en matière de lutte contre la désinformation et de promotion de l’habileté numérique par l’éducation et la formation (europa.eu) (en anglais uniquement).

(16) Lignes directrices éthiques sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et des données dans l’enseignement et l’apprentissage à l’intention des éducateurs — Office des publications de l’UE (europa.eu).

(17) https://eige.europa.eu/publications-resources/toolkits-guides/gender-equality-index-2020-report/men-dominate-technology-development (en anglais uniquement).

(18) https://eige.europa.eu/publications-resources/toolkits-guides/gender-equality-index-2020-report/men-dominate-technology-development (en anglais uniquement).

(19) AI Skills Needs Analysis: An insight into the AI roles and skills needed for Europe [Analyse des besoins en matière de compétences liées à l’IA: un aperçu des emplois et des compétences liés à l’IA nécessaires en Europe], 2023 (en anglais uniquement).


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/885/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Avis institutionnel52023AB0047

Avis institutionnel — 52023AB0047

29/12/2023

Avis institutionnel52023AS110596

Avis institutionnel — 52023AS110596

28/12/2023

Avis institutionnel52023AS110744

Avis institutionnel — 52023AS110744

28/12/2023

Avis institutionnel52023AS109365

Avis institutionnel — 52023AS109365

28/12/2023

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →