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AccueilDroit européen52023AE3344
Avis institutionnel52023AE3344

Avis institutionnel — 52023AE3344

CELEX52023AE3344
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 13 décembre 2023

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Séries C


C/2024/1583

5.3.2024

Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant la production et la commercialisation des matériels de reproduction des végétaux dans l’Union, modifiant les règlements (UE) 2016/2031, (UE) 2017/625 et (UE) 2018/848 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant les directives 66/401/CEE, 66/402/CEE, 68/193/CEE, 2002/53/CE, 2002/54/CE, 2002/55/CE, 2002/56/CE, 2002/57/CE, 2008/72/CE et 2008/90/CE du Conseil (règlement sur les matériels de reproduction des végétaux)

[COM(2023) 414 final — 2023/0227 (COD)]

et la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil concernant la production et la commercialisation de matériels forestiers de reproduction, modifiant les règlements (UE) 2016/2031 et (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 1999/105/CE du Conseil (règlement relatif aux matériels forestiers de reproduction)

[COM(2023) 415 final — 2023/0228 (COD)]

(C/2024/1583)

Rapporteur:

Arnaud SCHWARTZ

Consultation

Parlement européen, 19.10.2023

Conseil de l’Union européenne, 23.10.2023

Base juridique

Article 43, paragraphe 2, et article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Agriculture, développement rural et environnement»

Adoption en section

7.9.2023

Adoption en session plénière

13.12.2023

Session plénière no

583

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

153/3/5

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Le Comité économique et social européen (CESE) accueille favorablement les propositions législatives présentées par la Commission européenne et concernant respectivement la production et la commercialisation de matériels de reproduction des végétaux (MRV) et la production et la commercialisation de matériels forestiers de reproduction (MFR). Le CESE approuve la proposition visant à simplifier les règles d’enregistrement, qui permettra d’améliorer la diversité des matériels de reproduction et d’inclure des exigences en matière de durabilité, conformément aux objectifs du pacte vert pour l’Europe. Il souhaite toutefois attirer l’attention sur quelques points nécessitant un examen plus approfondi.

1.2.

Le CESE souligne l’importance de mettre en œuvre un mécanisme efficace de suivi et d’évaluation afin de contrôler la réduction de la charge administrative et des contraintes bureaucratiques pour les opérateurs du secteur des matériels de reproduction des végétaux et des matériels forestiers de reproduction. Un tel mécanisme devrait être transparent et permettre de mettre en évidence les obstacles qui persistent et de prendre les mesures correctives qui s’imposent, le cas échéant.

1.3.

Le CESE plaide en faveur de la mise en œuvre explicite des droits des agriculteurs et des travailleurs ruraux, tels qu’ils sont énoncés dans le traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (1) (ITPGRFA) et dans la déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (2) (UNDROP). Ces droits concernent notamment la participation aux processus décisionnels, l’accès aux ressources phytogénétiques et leur utilisation, la protection des savoirs traditionnels, le partage juste et équitable des avantages, l’accès à la terre et aux ressources naturelles et la pratique de techniques agricoles traditionnelles.

1.4.

Le CESE juge préoccupant que la proposition législative prévoie de recourir à de nombreux actes délégués. Tout en reconnaissant qu’ils sont indispensables pour définir les modalités pratiques de la législation, le CESE insiste sur la nécessité de fixer des limites claires afin d’éviter que ces actes n’élargissent le champ d’application du règlement de base ou ne créent une incertitude quant à ses dispositions fondamentales. Le Comité souligne également qu’il importe de mener des consultations adéquates avec lui-même, ainsi qu’avec le Conseil des ministres, le Parlement européen et les parties prenantes concernées, de manière à renforcer la transparence et le contrôle démocratique, compte tenu des critiques formulées précédemment dans le cadre de la proposition de 2013 relative aux MRV.

2. Contexte général

2.1.

La Commission européenne a publié, le 5 juillet, deux propositions pour moderniser les règles de production et de mise sur le marché des matériels de reproduction des végétaux (3) et des matériels forestiers de reproduction (4).

2.2.

Les MRV désignent les graines, boutures, arbres, racines, tubercules et tout autre matériel utilisés pour la reproduction des plantes, tandis que les MFR regroupent plus spécifiquement les graines, plantes et parties de plantes des espèces d’arbres utilisées en forêt ou pour d’autres types de plantations d’arbres.

2.3.

Selon la Commission, les nouvelles règles, tout en conservant les principes d’enregistrement et de certification, augmenteront la diversité et la qualité de ces matériels et amélioreront l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire; elles réduiront en outre les formalités administratives et renforceront l’efficacité des systèmes d’enregistrement et de certification.

3. Observations générales

3.1.

En ce qui concerne les MRV, le CESE se félicite que la proposition conserve les deux piliers fondamentaux de la commercialisation des semences (enregistrement et certification) ainsi que l’enregistrement national des variétés. Par ailleurs, le CESE note avec satisfaction que la Commission propose d’augmenter l’agrobiodiversité des MRV, y compris pour l’agriculture biologique et le jardinage amateur.

3.2.

Le CESE salue en outre le fait que la Commission préconise de maintenir les critères de qualité antérieurs, voire de les renforcer, et qu’elle souligne également la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables pour les acteurs de l’Union. Dans le même temps, il accueille favorablement les dérogations proposées pour certaines catégories de matériels de reproduction, telles que les variétés biologiques et de conservation, ainsi que pour les matériels récoltés dans l’environnement. Toutefois, il convient de se mettre d’accord sur certaines questions essentielles, concernant par exemple les acteurs spécifiquement visés par les exemptions et la manière d’empêcher l’émergence de marchés parallèles.

3.3.

Le CESE plaide pour que l’agrément officiel des variétés et la certification des semences ne soient pas uniquement transférés, de manière générale, à l’opérateur professionnel, mais puissent aussi être effectués par l’autorité compétente dans le cas où l’opérateur ne disposerait pas des ressources suffisantes à cette fin.

3.4.

Le Comité accueille favorablement les mesures de simplification administrative proposées et recommande la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation afin de mesurer l’impact des nouvelles règles sur la réduction effective de la charge administrative et des contraintes bureaucratiques pour les opérateurs du secteur des matériels de reproduction des végétaux et des matériels forestiers de reproduction. Ces mécanismes permettront de mettre en évidence les obstacles qui persistent et de prendre des mesures correctives le cas échéant.

3.5.

Le CESE salue, pour les MFR, le renforcement proposé de l’évaluation des caractéristiques de durabilité des «parents de famille».

3.6.

Le CESE est également favorable aux règles prévues pour faciliter la conservation des ressources génétiques forestières menacées.

3.7.

Le CESE plaide en faveur de l’inclusion, dans la proposition de règlement sur les matériels de reproduction des végétaux, de certaines dispositions qui s’inscrivent dans la perspective de la mise en œuvre des droits des agriculteurs et des travailleurs ruraux, tels qu’ils sont énoncés dans l’ITPGRFA et dans l’UNDROP.

3.8.

Toutefois, le Comité demande que cette nouvelle législation mette explicitement en œuvre les droits des agriculteurs et des travailleurs ruraux tels que définis dans l’ITPGRFA et l’UNDROP, en particulier:

—

le droit de participer à la prise de décisions sur les questions touchant les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture,

—

le droit d’accéder aux ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture et de les utiliser,

—

le droit d’échanger des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture,

—

le droit de tirer avantage du recours aux ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture,

—

le droit à la protection des savoirs traditionnels relatifs aux ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture,

—

le droit au partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture,

—

le droit de pratiquer des techniques agricoles traditionnelles et des systèmes de production alimentaire durables,

—

le droit d’accéder aux semences et de les contrôler, y compris le droit de conserver, d’échanger et de vendre des semences de ferme,

—

le droit de participer à la prise de décisions sur les questions qui ont une incidence sur leurs moyens de subsistance et leurs pratiques agricoles,

—

le droit d’accéder aux informations et aux connaissances relatives à l’agriculture, aux terres et aux ressources naturelles,

—

le droit de préserver et de développer leurs propres connaissances et pratiques traditionnelles liées à l’agriculture et à la biodiversité,

—

le droit de participer à la gestion des ressources naturelles,

—

le droit à un environnement sain et à la protection de la biodiversité.

3.9.

Le CESE, comprenant le besoin d’assurer un approvisionnement suffisant en matériel forestier de reproduction pour reboiser tout ou partie de certaines zones touchées par des phénomènes météorologiques extrêmes, des incendies, des épidémies de ravageurs et d’autres catastrophes, rappelle néanmoins à la Commission, aux États membres, aux autres autorités et aux parties prenantes concernées que, face à ces problèmes, la régénération naturelle des boisements est l’une des autres solutions à envisager.

3.10.

Le CESE réaffirme son soutien (5) au pacte vert pour l’Europe (6), qui vise à assurer la transition vers une économie plus verte, plus durable et plus respectueuse du climat. Dans ce contexte, il souligne la pertinence de la proposition législative pour contribuer au pacte vert, à la stratégie «De la ferme à la table» (7) et à la stratégie en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 (8), au plan d’action en faveur du développement de la production biologique (9) ainsi qu’à la stratégie de l’UE relative à l’adaptation au changement climatique (10), toutes ces stratégies étant essentielles pour garantir une production agroalimentaire durable, la sécurité alimentaire et la résilience au changement climatique.

3.11.

En outre, le CESE se dit résolument favorable aux évolutions numériques dans le secteur agricole lorsqu’elles sont susceptibles d’améliorer l’efficacité et/ou la productivité en même temps que la durabilité.

3.12.

Le CESE souligne que l’inclusion des règlements en matière de semences dans le champ d’application du règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil (11) (règlement sur les contrôles officiels) entraîne des charges administratives supplémentaires pour les autorités compétentes, de même qu’une hausse des contraintes bureaucratiques tant pour les autorités que pour les opérateurs professionnels.

3.13.

Le CESE observe, concernant les MRV et les MFR, que la Commission envisage des évolutions relatives à sa proposition (12), également publiée le 5 juillet, qui a notamment trait aux nouvelles techniques génomiques (NTG) et aux organismes génétiquement modifiés (OGM).

3.14.

Le CESE renvoie donc en la matière à ses précédents avis à propos des OGM, ainsi qu’à l’avis qui traite de la proposition de la Commission relative aux végétaux obtenus par certaines nouvelles techniques génomiques (13).

3.15.

Le CESE invite les institutions européennes à adopter sans délai ces propositions relatives aux semences et à faire en sorte que leur mise en œuvre soit harmonisée et cohérente dans l’ensemble de l’Union. Il est essentiel d’éviter les disparités réglementaires entre les États membres pour garantir une application uniforme et effective de la législation.

3.16.

Le CESE reconnaît qu’un nombre important d’actes délégués et d’actes d’exécution sont prévus en dehors du règlement relatif aux MRV. Tout en reconnaissant la nécessité de tels actes pour définir les modalités pratiques de la législation, le CESE fait part de ses préoccupations quant à d’éventuelles lacunes. Il souligne en particulier que des limites claires devraient être fixées afin d’éviter que ces actes n’élargissent le champ d’application du règlement de base ou ne créent une incertitude quant à ses dispositions fondamentales. Par ailleurs, le CESE insiste sur l’importance de mener des consultations adéquates avec lui-même, ainsi qu’avec le Conseil des ministres, le Parlement européen et les parties prenantes concernées, de manière à garantir la transparence et le contrôle démocratique, en réponse aux critiques formulées précédemment par le Parlement européen dans le cadre de la proposition de 2013 relative aux MRV.

Bruxelles, le 13 décembre 2023.

Le président du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


(1) https://www.fao.org/plant-treaty/fr

(2) https://www.fao.org/family-farming/detail/fr/c/1197482/

(3) COM(2023) 414.

(4) COM(2023) 415.

(5) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions concernant un plan d’action pour le développement de la production biologique (JO C 517 du 22.12.2021, p. 114).

(6) https://commission.europa.eu/strategy-and-policy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr.

(7) https://food.ec.europa.eu/horizontal-topics/farm-fork-strategy_en

(8) https://environment.ec.europa.eu/strategy/biodiversity-strategy-2030_en

(9) https://agriculture.ec.europa.eu/farming/organic-farming/organic-action-plan_en

(10) https://climate.ec.europa.eu/eu-action/adaptation-climate-change/eu-adaptation-strategy_en

(11) Règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 concernant les contrôles officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) no 999/2001, (CE) no 396/2005, (CE) no 1069/2009, (CE) no 1107/2009, (UE) no 1151/2012, (UE) no 652/2014, (UE) 2016/429 et (UE) 2016/2031, les règlements du Conseil (CE) no 1/2005 et (CE) no 1099/2009 ainsi que les directives du Conseil 98/58/CE, 1999/74/CE, 2007/43/CE, 2008/119/CE et 2008/120/CE, et abrogeant les règlements du Parlement européen et du Conseil (CE) no 854/2004 et (CE) no 882/2004, les directives du Conseil 89/608/CEE, 89/662/CEE, 90/425/CEE, 91/496/CEE, 96/23/CE, 96/93/CE et 97/78/CE ainsi que la décision 92/438/CEE du Conseil (règlement sur les contrôles officiels) (JO L 95 du 7.4.2017, p. 1).

(12) COM(2023) 411 final.

(13) JO C, C/2024/893, 6.2.2024, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/893/oj.


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1583/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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