| CELEX | 52023AE3928 |
| Type | Avis institutionnel |
| Date | jeudi 14 décembre 2023 |
| Journal officiel | FR Séries C |
| C/2024/1576 | 5.3.2024 |
Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Faire progresser le cadre politique de l’Union européenne en faveur d’une transition juste: quelles sont les mesures nécessaires?»
(avis exploratoire à la demande de la présidence belge)
(C/2024/1576)
| Rapporteur: | Rudy DE LEEUW |
| Corapporteur: | Arnold PUECH d’ALISSAC |
| Consultation | Lettre de la future présidence belge du Conseil, 10.7.2023 |
| Base juridique | Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne |
| Compétence | Section «Agriculture, développement rural et environnement» |
| Adoption en section | 22.11.2023 |
| Adoption en session plénière | 14.12.2023 |
| Session plénière no | 583 |
| Résultat du vote (pour/contre/abstentions) | 188/8/6 |
1. Conclusions et recommandations
| 1.1. | À la demande de la présidence belge du Conseil de l’Union européenne (UE), le Comité économique et social européen (CESE) expose dans le présent avis exploratoire les six éléments clés d’un cadre politique en faveur d’une transition juste (CPTJ), accompagnés de mesures concrètes à court et à long terme. |
| 1.2. | Le CESE souligne qu’une transition juste devrait figurer au premier rang des priorités politiques de la prochaine législature de l’Union et qu’elle devrait être consacrée dans toutes ses institutions au moyen d’une approche globale, transsectorielle et cohérente. Le Comité propose en outre des mesures concrètes, telles que l’élaboration et l’adoption d’une «stratégie de l’UE pour 2050», la désignation d’un commissaire chargé de la transition juste au cours de la prochaine législature et la création d’un observatoire européen de la transition juste. |
| 1.3. | Le CESE estime que le CPTJ devrait être fondé sur les principes de la durabilité environnementale, du droit à une vie décente et de la protection des valeurs sociales, et qu’il devrait avoir pour objectif de promouvoir une économie durable qui assure le bien-être de tous dans les limites de notre planète, y compris au moyen d’une stratégie globale de l’UE pour 2050 au service du développement durable et des réformes nécessaires du semestre européen. |
| 1.4. | Le CESE est d’avis que le CPTJ devrait préserver et développer plus avant le modèle social européen, par exemple en créant une directive européenne sur une transition juste, et encourager les États membres à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale afin de veiller à ce que les avantages de la transition écologique soient partagés de manière équitable et de garantir des services d’intérêt général de qualité, abordables et accessibles. |
| 1.5. | Le CESE est convaincu que le CPTJ devrait être élaboré et mis en œuvre sur la base d’un dialogue social et de négociations collectives efficaces, et d’un dialogue civil, en associant les collectivités locales et régionales. Le Comité encourage l’élaboration de plans en faveur d’une transition juste à tous les niveaux, ainsi que la protection et la formation des travailleurs. |
| 1.6. | Le CESE fait valoir que le CPTJ devrait s’accompagner de politiques de l’UE qui permettent aux entreprises de devenir compétitives de manière équitable, durables, plus fortes et plus résilientes et de jouer leur rôle s’agissant d’assurer une transition juste qui soit centrée sur les personnes et adaptée aux conditions locales, qui protège la nature et l’environnement, et qui offre la possibilité de saisir les occasions qui se présentent. |
| 1.7. | Le CESE est persuadé qu’il est essentiel d’investir de façon adéquate dans une transition juste pour réaliser le CPTJ et suggère d’étudier la possibilité d’introduire une règle d’or et d’assortir les investissements de conditionnalités sociales et environnementales, ainsi que de réformer le pacte européen de stabilité et de croissance afin de surveiller, coordonner et faciliter les dépenses et les réformes nécessaires pour atteindre l’objectif de ladite transition. |
2. Observations générales
| 2.1. | Le CESE considère qu’une transition juste devrait figurer au premier rang des priorités politiques de la prochaine législature de l’Union et félicite dès lors la présidence belge du Conseil de l’UE d’accorder la préséance à une telle transition. Il perçoit également l’occasion de faire avancer les idées et les propositions formulées dans les avis correspondants du CESE, tels que ceux sur «La transition vers un avenir plus durable pour l’Europe — Une stratégie pour 2050» et sur le thème «Ne laisser personne de côté lors de la mise en œuvre du programme de développement durable à l’horizon 2030». |
| 2.2. | Le CESE accueille favorablement la demande de la présidence belge l’invitant à élaborer un avis exploratoire sur la mise en place d’un cadre politique de l’Union pour une transition juste (CPTJ) capable de favoriser, d’ici à 2050, une société et une économie neutres en carbone, durables sur le plan environnemental, non toxiques et pleinement circulaires (1), sans compromettre davantage les possibilités socio-économiques des régions et des personnes vulnérables. Le présent texte décrit les six principaux éléments d’un tel cadre et propose des mesures concrètes pour chacun d’eux, qu’il convient de concevoir et de mettre en œuvre aux niveaux appropriés et dans le plein respect de la répartition des compétences et du principe de subsidiarité. |
| 2.3. | Le CESE fait observer que les initiatives actuelles de l’UE en faveur d’une transition juste viennent, pour la plupart d’entre elles, s’ajouter de manière fragmentée aux mesures en matière de climat et d’environnement du pacte vert pour l’Europe et précise qu’il ne peut y avoir de «pacte vert» si un «pacte social» n’y est pas intégré (2). Si, par exemple, la recommandation du Conseil visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique (3) encourage les États membres à adopter et à mettre en œuvre des mesures cohérentes dans le cadre de trains de mesures en faveur d’une transition juste, les dispositions prises jusqu’à présent ne permettent pas à l’Union de jouir d’un cadre d’action global et coordonné capable de répondre à ce défi de taille. |
| 2.4. | Le CESE est convaincu que le CPTJ devrait avoir pour mission de garantir le bien-être, une bonne qualité de vie et un avenir durable pour tous les citoyens de l’UE en période de crises concomitantes. Il devrait, dans le même temps, contribuer à faire progresser l’action pour le climat ainsi que la protection et la restauration de l’environnement, à renforcer la justice sociale et le respect des droits humains fondamentaux, ainsi qu’à lutter contre la pauvreté, les inégalités sociales et économiques, et toutes les formes de discrimination et leurs intersections. La transition devrait être juste pour l’ensemble de la société, y compris les travailleurs, les entreprises et les consommateurs. |
| 2.5. | Le CESE estime que l’objectif du CPTJ devrait être de permettre la pleine mise en œuvre de l’accord de Paris (4), du programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations unies (5) et de ses objectifs de développement durable (6), du socle européen des droits sociaux et de la stratégie de compétitivité à long terme (7). Les principes directeurs tripartites pour une transition juste élaborés par l’Organisation internationale du travail et reconnus internationalement (8) devraient prévoir des options spécifiques pour la formulation, la mise en œuvre et le suivi du CPTJ. Le Comité recommande également d’accorder une attention particulière aux droits des générations futures, comme le prévoit la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (9). |
3. Une approche politique globale, coordonnée et intégrée est au cœur du CPTJ
| 3.1. | Le CESE est d’avis qu’un CPTJ tourné vers l’avenir devrait consacrer une transition juste dans toutes les institutions de l’Union et renforcer la cohérence des politiques dans les différents domaines d’action, en fixant des objectifs clairs et mesurables et en veillant à ce que toutes les politiques de l’UE soient cohérentes avec l’objectif transversal d’une transition juste. Ce cadre devrait adopter une approche intégrée dans toutes les dimensions économiques, environnementales et sociales, ainsi qu’entre les portefeuilles et les secteurs. Il devrait aussi tenir compte d’autres transitions et tendances en cours, telles que la transition numérique, les changements démographiques et les évolutions géopolitiques, et s’adapter à des contextes et enjeux spécifiques au lieu d’adopter une approche unique. |
Propositions:
| — | introduire une dimension sociale dans les travaux des observatoires du climat et créer un observatoire européen de la transition juste chargé de la recherche, de la collecte de données, du suivi de la participation des parties prenantes et de l’élaboration d’un tableau de bord de la transition juste définissant des méthodes, des objectifs et des processus de suivi fondés sur un ensemble convenu de principes. Cet observatoire devrait évaluer et anticiper les incidences internes et externes et suivre les processus et stratégies en faveur d’une transition juste à l’aide de données quantitatives et qualitatives. Il devrait étudier et suivre la participation des partenaires sociaux à toutes les étapes des transitions et fournir des informations détaillées sur les chiffres relatifs aux redondances et aux transitions, ceux concernant les reconversions professionnelles et les apprentissages, les financements publics, ainsi que le suivi, l’application et les résultats des mesures liées aux imprévus, |
| — | adopter, au sein des institutions, une approche pangouvernementale qui devrait par exemple intégrer les objectifs et principes du CPTJ à l’ordre du jour des ministères, des directions générales et des formations du Conseil concernés, et promouvoir une meilleure coordination entre ces organes, notamment par le suivi et l’évaluation conjoints des politiques et des actions par l’intermédiaire, entre autres, de groupes de travail ou de sessions conjointes du Conseil, sur la base des faits et des chiffres fournis de l’observatoire de la transition juste, |
| — | désigner le vice-président exécutif de la Commission européenne et commissaire chargé du pacte vert pour l’Europe en tant que commissaire à la transition juste, dont la mission consisterait à mettre en œuvre une transition juste en coordination et en étroite coopération avec les autres directions générales de la Commission et diverses formations du Conseil, y compris dans le cadre du semestre européen; au Parlement européen, nommer un rapporteur permanent sur la transition juste tenu de respecter des obligations de déclaration, et intégrer le thème de la transition juste dans toutes les commissions et tous les dossiers, |
| — | réviser le règlement sur la gouvernance de l’union de l’énergie et de l’action pour le climat (10) ainsi que la loi européenne sur le climat afin de permettre une approche systémique du dialogue sur la gouvernance à plusieurs niveaux et de faciliter l’intégration des considérations relatives à la transition juste dans les processus politiques et de planification en matière de climat et d’énergie, ainsi que dans tous les autres domaines d’action, y compris la politique agricole commune, |
| — | assurer la cohérence des politiques en ce qui concerne les relations internationales de l’Union afin de maximiser les avantages d’un CPTJ et d’en limiter les charges pour les pays tiers, en tenant compte des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, au moyen de partenariats et d’accords internationaux mutuellement bénéfiques reposant sur une approche fondée sur les droits de l’homme (11). |
4. Le CPTJ assure une économie durable qui garantit le bien-être de tous dans les limites de notre planète
| 4.1. | Le CESE a plaidé en faveur d’une stratégie globale de développement durable dans plusieurs avis antérieurs, y compris ceux sur «Une stratégie pour 2050» (12) et sur le thème «Ne laisser personne de côté» (13). Le CPTJ devrait être fondé sur les mêmes principes que la stratégie de l’UE pour 2050, ceux de la durabilité environnementale, du droit à une vie décente et de la protection des valeurs sociales (14), sachant que l’économie est un facteur qui sert à les concrétiser. |
| 4.2. | Le CESE note que l’UE devrait élaborer et mettre en œuvre une stratégie centrale qui ouvre la voie à un abandon rapide de l’économie basée sur les énergies fossiles reposant sur l’extraction sans fin de ressources matérielles limitées, promouvoir une plus grande cohésion entre ses États membres et ses régions, renforcer la résilience économique et faciliter les investissements publics et privés massifs nécessaires à la réalisation d’une transition juste. Le CPTJ doit contribuer à atteindre ces objectifs, notamment en encourageant les activités de l’économie circulaire et décarbonée telles que la réutilisation, la réparation et le recyclage, conformément à la hiérarchie des déchets de l’Union (15), et son champ d’application devrait couvrir tous les secteurs de l’économie, en commençant par ceux ayant la plus forte intensité de carbone. |
Propositions:
| — | renforcer le pacte vert pour l’Europe afin de favoriser une transition juste (16) et veiller à ce qu’il soit suivi d’une stratégie globale de l’UE en faveur du développement durable comprenant un pacte vert et social qui anticipe, planifie et met en œuvre la transition écologique nécessaire d’une manière juste et équitable, en en maximisant les avantages économiques et sociaux tout en veillant à ce que les contributions requises soient équitablement réparties dans l’ensemble de la société, |
| — | renforcer la mise en œuvre des dimensions environnementale et sociale du semestre européen en explorant les conditionnalités sociales et environnementales, en veillant à ce que les recommandations par pays accordent une attention appropriée aux trois dimensions et en améliorant le tableau de bord social afin de suivre efficacement la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux, |
| — | réformer le pacte de stabilité et de croissance afin de suivre, coordonner et faciliter les dépenses et les réformes nécessaires pour atteindre l’objectif d’une transition juste, y compris la possibilité d’introduire une «règle d’or relative aux investissements» (17) afin de permettre aux États membres d’allouer des ressources suffisantes pour soutenir une transition juste et atteindre les objectifs de l’Union (18), |
| — | s’appuyer sur les travaux du Conseil de l’Union européenne, étudier la possibilité d’introduire un «cadre de convergence sociale» dans le semestre européen, visant à promouvoir une convergence sociale vers le haut et la poursuite des priorités sociales, inscrites dans le socle européen des droits sociaux, comme l’ont réaffirmé, en 2021, les chefs d’État ou de gouvernement de l’UE dans la déclaration de Porto (19), |
| — | adopter une stratégie européenne ambitieuse visant à gérer les ressources de manière durable et à réduire la demande d’énergie et d’autres ressources matérielles par la promotion de mesures d’efficacité et de sobriété énergétiques, en veillant à ce que cette stratégie ne pèse pas de manière disproportionnée sur les personnes à revenus faibles et intermédiaires, |
| — | encourager les États membres à adopter des pratiques de budgétisation verte, y compris des feuilles de route pour la suppression progressive des subventions directes et indirectes en faveur des combustibles fossiles, ce qui créera une importante marge de manœuvre budgétaire pour soutenir plus particulièrement les personnes en situation de précarité énergétique et à faibles revenus, |
| — | promouvoir l’élaboration de stratégies nationales fortes visant à créer un environnement propice à l’économie sociale dans les États membres, à répondre aux besoins financiers non satisfaits des acteurs de l’économie sociale et à soutenir la transition vers une consommation plus responsable sur le plan environnemental et social, y compris au moyen de marchés publics. |
5. Le modèle social européen et les systèmes de protection sociale des États membres constituent l’épine dorsale du CPTJ
| 5.1. | Le CESE est convaincu que la prise en compte des aspects sociaux de la transition écologique est essentielle à sa réussite et à sa durabilité, et qu’elle est conforme aux valeurs et aux objectifs de l’Union. Le CPTJ devrait donc préserver et développer plus avant le modèle social européen, en faisant progresser la justice sociale, l’égalité, l’inclusion et la non-discrimination au sein de l’UE. |
Propositions:
| — | encourager les États membres à mettre pleinement en œuvre la recommandation du Conseil visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique (20), |
| — | mener des recherches indépendantes afin d’améliorer la connaissance des possibilités et des défis de la transition écologique, ainsi que collecter et contribuer à produire des données comparables à l’échelle de l’UE sur les besoins des personnes vulnérables dans les domaines concernés par les politiques de transition écologique, tels que les transports, le logement, l’approvisionnement énergétique, la consommation des ménages, la gestion des déchets, le marché du travail, l’éducation, l’accès à l’internet, le développement urbain et rural, etc., |
| — | réaliser des analyses d’impact afin de mesurer de manière approfondie les effets probables de l’action et de l’inaction climatique sur le plan social, sur la répartition, sur la santé et sur l’emploi, |
| — | adopter, dans la conception et l’analyse des politiques, une approche intersectionnelle tenant compte de la dimension de genre, qui prenne en considération les discriminations intersectionnelles auxquelles les personnes sont confrontées en raison de leur appartenance ethnique et raciale, de leur statut de migrant ou de réfugié, de leur origine socio-économique, de leur orientation sexuelle, de leur religion, de leur âge, de leurs capacités ou de leur sexe, et qui les placent dans des situations particulièrement vulnérables face à la crise climatique et à la transition écologique, |
| — | garantir la participation effective des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale, y compris les groupes minoritaires, à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques et stratégies en faveur d’une transition juste. |
| 5.2. | Le CESE souligne qu’un CPTJ devrait contribuer à anticiper et à gérer les changements liés à la transition écologique et au monde du travail et assurer des emplois décents, satisfaisants, durables, inclusifs, sûrs et de qualité, accessibles à tous sur le plan géographique et pratique. En outre, les États membres devraient être encouragés à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale afin de relever les défis sociaux, environnementaux et économiques actuels et à les renforcer pour garantir un partage équitable des coûts et des avantages de la transition écologique. |
Propositions:
| — | établir une directive européenne pour une transition juste dans le monde du travail par l’anticipation et la gestion du changement, avec comme principes directeurs le dialogue social et la négociation collective, |
| — | réaliser une cartographie complète de l’emploi au niveau NUTS 3 qui soutient les stratégies en faveur d’une transition juste et qui recense les emplois, les profils d’emplois et de compétences actuels, les éventuelles pertes d’emplois et les créations d’emplois, y compris de nouveaux profils d’emplois et de compétences, |
| — | soutenir la mise en place de politiques actives du marché du travail, y compris des banques d’emplois, des aides sociales et des programmes de garantie d’emploi, afin de promouvoir des emplois, des conditions de travail et des possibilités de reconversion professionnelle de qualité, |
| — | encourager les États membres à faciliter la transition des travailleurs susceptibles d’être particulièrement vulnérables à celle-ci, et à s’assurer que les travailleurs licenciés à la suite de cette transition bénéficient de prestations de chômage et d’une aide adéquate à la recherche d’emploi et à la requalification, |
| — | reconnaître le rôle que peuvent jouer, dans le cadre d’une transition juste, des activités telles que les soins, en particulier le travail domestique, l’économie informelle, l’économie sociale, le travail via une plateforme, le travail non déclaré et le travail des personnes incarcérées, |
| — | suivre et évaluer les systèmes de protection sociale dans le but de garantir leur adéquation, particulièrement pour les travailleurs vulnérables exposés au risque de pauvreté ou vivant dans la pauvreté, |
| — | renforcer les systèmes de protection sociale au moyen de recherches sur des programmes innovants et de mesures nationales telles que la négociation collective, des salaires minimaux adéquats, l’accès à la protection sociale pour tous, des programmes sociaux pour les chômeurs, etc., |
| — | étudier les possibilités de concevoir des initiatives similaires à l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) pour les secteurs les plus touchés, |
| — | adapter le marché du travail aux besoins spécifiques des travailleurs défavorisés en soutenant les entreprises sociales d’insertion par le travail et en intensifiant les initiatives telles que les zones «zéro chômage», en veillant à ce que la participation à ces programmes soit volontaire et sans répercussions négatives, |
| — | veiller à ce que les pouvoirs publics nationaux collaborent avec les prestataires de services sociaux sans but lucratif et avec d’autres prestataires de services sociaux pour recenser et soutenir les ménages et les personnes vulnérables de manière à ce qu’ils aient accès à des mesures temporaires telles que des éco-chèques, une aide directe au revenu, etc. |
| 5.3. | Le CESE réitère son appel en faveur de l’égalité d’accès pour tous à une formation, une éducation et un apprentissage tout au long de la vie de qualité pour les emplois nouveaux, existants et futurs, ainsi qu’en faveur d’une participation démocratique et d’une citoyenneté active. Reconnaissant que la réalisation de la durabilité nécessite non seulement une main-d’œuvre qualifiée, mais aussi une citoyenneté active, le Comité appelle de ses vœux une approche globale des priorités en matière d’apprentissage tout au long de la vie (21), englobant le bien-être, la durabilité et l’éducation à la citoyenneté parallèlement à l’emploi, et reconnaissant l’éducation à la citoyenneté mondiale et l’éducation à la durabilité comme des outils essentiels pour promouvoir une transition juste. |
Propositions:
| — | remédier aux pénuries de compétences dans les secteurs critiques et veiller à ce que des programmes d’apprentissage, de perfectionnement et de reconversion professionnels soient accessibles à tous les groupes d’âge, milieux et statuts professionnels, et à ce que ces processus tiennent compte des besoins du marché du travail, soient élaborés conjointement avec les apprenants et coordonnés avec les partenaires sociaux et, le cas échéant, la société civile et d’autres parties prenantes, |
| — | promouvoir des partenariats à grande échelle en matière de compétences, comme le pacte de l’UE pour les compétences (22), aux niveaux appropriés entre les pouvoirs publics, les prestataires d’éducation, l’industrie et les partenaires sociaux, afin d’entreprendre la cartographie des compétences et le renforcement de la veille stratégique sur les besoins en compétences pour appuyer les stratégies en faveur d’une transition juste, |
| — | intégrer les programmes en matière de compétences et d’éducation, et étendre la stratégie européenne sur les compétences aux aptitudes essentielles, |
| — | encourager les États membres à mettre en place un système d’indemnisation fondé sur les compétences pour les entreprises qui accèdent à des fonds publics pour le perfectionnement professionnel des travailleurs, en accord avec les partenaires sociaux, et veiller à ce que les modèles de financement actuels, tels que les comptes de formation individuels et les programmes de congé de formation rémunéré, soient propices à des formations pour la transition écologique, |
| — | mettre à jour les programmes d’enseignement (23) et l’enseignement et la formation professionnels en fonction des compétences nécessaires à la transition écologique (24) et rendre les sciences, les technologies, l’ingénierie, les mathématiques, le travail manuel et l’apprentissage plus attrayants en prenant en considération la dimension de genre et en garantissant la résilience des systèmes d’éducation et de formation, |
| — | reconnaître les compétences et les qualifications des réfugiés et des migrants, |
| — | investir dans l’apprentissage formel, non formel et informel et promouvoir les lignes directrices et les cadres stratégiques existants pour reconnaître et valider les compétences transversales, tout en soutenant les éducateurs et les prestataires de services éducatifs grâce à un financement adéquat et à des possibilités de développement professionnel, |
| — | développer et mettre en œuvre efficacement, au moyen d’un financement adéquat, les cadres de compétences existants au niveau de l’UE, tels que les cadres LifeComp (25) et GreenComp (26), ainsi que les compétences clés pour l’apprentissage tout au long de la vie; de plus, surveiller ces processus à l’aide d’instruments tels que la facilité pour la reprise et la résilience et tout autre mécanisme de suivi. |
| 5.4. | Étant donné qu’une transition juste nécessite d’opérer des changements rapides dans nos systèmes énergétiques, de mobilité et de communication notamment, le CESE souligne qu’il est nécessaire que les gouvernements investissent dans des infrastructures durables et sûres et fournissent un accès à des services d’intérêt général de qualité, abordables et accessibles qui soient bien organisés et correctement financés. |
Propositions:
| — | accélérer le déploiement des énergies renouvelables, y compris par une meilleure transposition des cadres législatifs de l’UE relatifs à l’appropriation par les pouvoirs publics et les parties prenantes et aux communautés énergétiques, |
| — | intensifier la vague de rénovations, en accordant une attention particulière aux ménages et aux locataires à faibles revenus, par exemple au moyen de subventions non remboursables et de taux d’intérêt compétitifs pour soutenir la rénovation du parc immobilier. Il convient de traiter de manière adéquate le risque de rénoviction et d’augmentation des loyers, |
| — | favoriser des systèmes de transport public multimodaux qui soient efficaces, propres et abordables grâce à des investissements dans des infrastructures pleinement intégrées et des investissements de matériel roulant et de personnel accrus, ainsi qu’au moyen d’une meilleure coordination infranationale, nationale et internationale (27). |
6. Le dialogue social, le dialogue civique et la participation des collectivités locales et régionales sont la pierre angulaire de la réalisation du CPTJ
| 6.1. | Le CESE est fermement convaincu que la transition écologique ne peut être menée à bien que si elle est largement soutenue par les travailleurs, les employeurs, les particuliers et la société civile dans son ensemble, et que les citoyens doivent participer à la conception et à la réalisation d’une transition juste. Le Comité souligne l’importance fondamentale de la participation des représentants des travailleurs et des syndicats à l’anticipation et à la gestion socialement durable des fermetures et transformations industrielles en conformité avec les règles applicables, et il met en avant le rôle et la responsabilité des employeurs, des entrepreneurs et du secteur privé dans la mise en œuvre d’une transition juste et dans les bénéfices qu’ils peuvent en tirer (28), par exemple grâce à la reconversion et au perfectionnement professionnels des travailleurs et au soutien à la diversification des PME. |
| 6.2. | Le CESE estime dès lors que le CPTJ devrait favoriser l’élaboration et la mise en œuvre de plans en faveur d’une transition juste aux niveaux national, régional, sectoriel et des entreprises et qu’il devrait veiller à ce que les partenaires sociaux (représentants des directions et des syndicats) soient associés, à un stade précoce et de manière efficace, aux discussions sur la transition écologique (29). Pour ce faire, il convient de renforcer le dialogue social (30), les systèmes de négociation collective (31) et les processus de démocratie sur le lieu de travail dans l’UE et dans les États membres, ainsi qu’au niveau mondial, en mettant en œuvre et en consolidant les structures et systèmes de négociation existants et, éventuellement, en en créant de nouveaux lorsqu’ils n’existent pas ainsi qu’à la demande conjointe des partenaires sociaux, et ce, en conformité avec les règles et pratiques nationales et dans le respect des caractéristiques des mécanismes nationaux de concertation sociale et de l’autonomie des partenaires sociaux. |
Propositions:
| — | renforcer et surveiller la mise en œuvre des droits fondamentaux des travailleurs à s’organiser, à adhérer à des syndicats sans représailles et à négocier collectivement, y compris dans les secteurs verts émergents, |
| — | encourager et aider les acteurs économiques et les entreprises privées à élaborer et à mettre en œuvre, par le dialogue social, des plans à court et à long terme pour une transition juste au niveau des entreprises. Ces mesures devraient s’ajouter à l’élaboration de véritables plans de décarbonation, dans le but d’anticiper et de gérer les changements à ce niveau et d’éclairer les plans sectoriels et nationaux, par l’information, la consultation et la participation adéquates des travailleurs, conformément aux règles et pratiques applicables, ainsi que par la formation, la reconversion et le perfectionnement professionnels des ceux-ci. Il importe de tenir compte des besoins en matière d’emploi et de compétences à long terme et, le cas échéant, d’organiser des placements internes, des reclassements professionnels ou d’autres mesures de soutien, |
| — | promouvoir l’élaboration d’accords à long terme en faveur d’une transition juste au niveau territorial afin de revitaliser les zones touchées avec diverses parties prenantes, notamment les administrations publiques, les partenaires sociaux et la société civile, dans le but de promouvoir de nouveaux écosystèmes industriels de manière équitable, en tenant compte de l’histoire, de la culture, des aspirations et des possibilités locales, |
| — | encourager les États membres à créer des commissions chargées de la transition juste (32), afin de permettre aux collectivités territoriales, aux partenaires sociaux et aux organisations de la société civile de participer, le cas échéant, à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des plans nationaux et régionaux de transition juste, |
| — | faciliter la négociation de mesures de protection sociale dans le cadre du dialogue social, afin de soutenir les travailleurs licenciés à la suite de la transition, |
| — | promouvoir le dialogue social sur des questions telles que la formation et les modalités relatives au temps et aux ressources financières, dans l’intérêt des travailleurs. |
| 6.3. | Outre la participation effective des partenaires sociaux, le CESE souligne qu’un CPTJ devrait être conçu et mis en œuvre au moyen d’un modèle inclusif et démocratique de gouvernance à plusieurs niveaux, garantissant un dialogue civil adéquat et éclairé et prenant en considération les besoins des groupes marginalisés. Le Comité reconnaît également l’importance de la participation active et éclairée des administrations publiques régionales et locales, en tant que niveau de gouvernement le plus proche des citoyens et des secteurs de l’emploi, et d’un dialogue élargi avec les partenaires sociaux, la société civile, les individus et les communautés locales. |
Propositions:
| — | soutenir la mise en œuvre du dialogue civil dans l’élaboration des politiques, en mettant l’accent sur le renforcement des capacités et l’intégration de la participation de la société civile organisée à toutes les étapes du cycle politique, en tenant compte de l’inclusion et de la sensibilisation des groupes marginalisés et sous-représentés, et en mettant en œuvre des mécanismes de suivi et de responsabilité, |
| — | mettre en place des processus de participation du public grâce auxquels les acteurs locaux, tels que la société civile et les communautés locales, représentatifs des citoyens dans toute leur diversité, sont associés à la prise de décision et favorisent davantage la coopération entre la société civile et le secteur public, |
| — | encourager une participation civique ascendante, telle que la budgétisation participative, les assemblées citoyennes ou les conseils de la jeunesse pour l’énergie, en assurant une représentation des citoyens dans toute leur diversité et en accordant une attention particulière à la perspective de genre et à une approche anti-raciste, |
| — | renforcer le cadre de gouvernance du mécanisme pour une transition juste afin de garantir une participation globale de toutes les parties prenantes au Fonds pour une transition juste, et poursuivre le développement du pacte européen pour le climat afin de créer une véritable démocratie participative en ce qui concerne l’action pour le climat, |
| — | envisager de simplifier le processus de présentation des initiatives citoyennes européennes afin de le rendre plus efficace, |
| — | rendre les règles et procédures du financement de la société civile durables et souples à long terme aux niveaux européen, national, régional et local, et garantir l’ouverture de l’espace civique afin de faciliter et d’encourager le travail de la société civile, |
| — | promouvoir la collaboration avec les municipalités sur des projets locaux et régionaux au moyen d’appels d’offres en faveur d’une transition juste afin de mettre en place des activités dans le domaine notamment du tourisme durable, et de la remise en valeur et du réaménagement de zones minières et industrielles, ou encore de projets en lien avec les énergies renouvelables, |
| — | fournir aux autorités municipales et régionales les meilleures pratiques concernant la manière de participer aux processus en faveur d’une transition juste et les doter de ressources financières et de moyens de renforcer leurs capacités à cet effet, |
| — | promouvoir l’appropriation publique des plans territoriaux pour une transition juste. |
7. Des entreprises solides, résilientes et durables sont une condition préalable au fonctionnement du CPTJ
| 7.1. | Le CESE insiste sur le fait que les industries et les entreprises, des grandes entreprises aux micro, petites et moyennes entreprises, en passant par les coopératives et les acteurs de l’économie sociale, ont un rôle important à jouer dans la transition juste, étant donné qu’elles en font l’expérience dans leurs propres activités et contribuent dans le même temps à la transition d’autres acteurs, en créant des emplois de qualité, en apportant des solutions climatiques et environnementales et en aidant les régions et les collectivités locales à se développer et à prospérer. Le Comité est d’avis que le CPTJ devrait s’accompagner de politiques de l’UE qui permettent aux entreprises de devenir compétitives de manière équitable, durables, plus fortes et plus résilientes et de jouer leur rôle s’agissant d’assurer une transition juste qui soit centrée sur les personnes et adaptée aux conditions locales, et qui offre la possibilité de saisir les occasions qui se présentent. |
Propositions:
| — | améliorer l’accès des entreprises de l’UE à une énergie sûre et renouvelable et à une utilisation circulaire de l’approvisionnement en matières premières, tout en garantissant une répartition équitable des ressources, en assurant des transitions mondiales justes et en couvrant les besoins des générations futures; favoriser, en outre, la décarbonation, la circularité et la gestion durable des ressources par les entreprises de tous les secteurs, et pas seulement des secteurs ou technologies qualifiés de «verts» ou «propres», |
| — | examiner et développer la politique de l’Union en matière de fuites de carbone, telle que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, en vue de couvrir tous les secteurs pertinents critiques pour l’autonomie stratégique ouverte de l’UE et les fonctions essentielles de la société, tout en veillant à ce que cette politique n’entraîne pas de protectionnisme, en particulier à l’encontre des pays en développementn |
| — | au sein de l’UE, renforcer le marché unique et son bon fonctionnement en ce qui concerne les échanges de produits, de technologies et de services qui contribuent à la transition écologique et l’accélèrent; en dehors de l’UE, promouvoir les possibilités d’exportation pour les entreprises européennes afin de fournir des produits et des solutions durables aux marchés mondiaux, et faciliter leur contribution aux programmes de partenariat de l’Union avec les pays en développementn |
| — | veiller à ce qu’un cadre politique et réglementaire stable, prévisible et à long terme permette aux entreprises de devenir fortes et résilientes. Un tel cadre devrait garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes au sein du marché unique et vis-à-vis de leurs concurrents internationaux, renforçant ainsi la sécurité économique, la résilience et la souveraineté de l’Unionn |
| — | élaborer des feuilles de route pour la décarbonation des secteurs et des entreprises conformément à la législation «Ajustement à l’objectif 55» et au futur objectif climatique à l’horizon 2040, et définir les outils de politique industrielle appropriés pour protéger l’industrie et les entreprises contre les fuites de carbone et d’investissements, sous réserve des plans de décarbonation et de transition juste des entreprises, |
| — | fournir un soutien public en faveur d’une expansion considérable des entreprises et des organisations de l’économie sociale, ainsi que des initiatives menées par les acteurs locaux axées sur des objectifs sociaux et une protection juste de l’environnement, |
| — | améliorer la disponibilité de services de conseil et de plateformes de coopération appropriés pour aider les micro, petites et moyennes entreprises (MPME), y compris les coopératives et les entreprises de l’économie sociale, à relever les défis de la double transition, sur le plan du fonctionnement quotidien, de l’innovation et du développement des compétences (33). |
8. Des investissements adéquats dans une transition juste sont essentiels à la réalisation du CPTJ
| 8.1. | Le CESE souligne que le CPTJ devrait être soutenu par des ressources financières suffisantes, en mobilisant des investissements tant publics que privés et en redistribuant équitablement les coûts et les avantages de la transition. Le mécanisme pour une transition juste (34) est un outil précieux pour renforcer et gérer une transition juste aux niveaux régional et sectoriel. Cependant, son ampleur et sa portée sont limitées et ne concernent qu’une petite partie du processus de transition. Le Fonds social pour le climat (35) vise à prévenir les effets distributifs régressifs du système d’échange de quotas d’émission (SEQE2) dans les secteurs du bâtiment et du transport routier, mais les montants ne sont pas du tout adaptés aux besoins. |
Propositions:
| — | mettre en place une stratégie européenne de financement en faveur d’une transition juste qui s’appuie sur les enseignements tirés des fonds existants de l’UE, y compris la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), et qui ouvre la voie à un financement adéquat de la transition écologique d’une manière socialement juste, sur le modèle de l’instrument novateur NextGenerationEU. Cette stratégie doit garantir que les fonds de l’UE nécessaires pour relever les défis d’une transition juste soient disponibles après la fin du financement de la relance en 2026 et que les financements soient suffisants pour atteindre le nouvel objectif de l’Union en matière d’émissions à l’horizon 2040, |
| — | soutenir une révision du cadre financier pluriannuel, comme l’a déjà proposé la Commission européenne, afin d’offrir plus de souplesse au budget de l’UE mis à rude épreuve par des crises multiples, |
| — | augmenter le financement du mécanisme et du Fonds pour une transition juste et l’étendre à d’autres régions et secteurs, la priorité étant accordée aux plus polluants recensés sur la base d’une analyse d’impact approfondie de l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2040 ainsi que des feuilles de route pour la transition sectorielle et la décarbonation, |
| — | augmenter le financement au titre du Fonds social pour le climat et reverser une part plus importante des recettes du prix du carbone aux ménages, |
| — | s’assurer que le financement de la politique agricole commune (PAC) et les autres instruments soutiennent les objectifs de la transition juste, |
| — | veiller à ce que les plans nationaux en matière d’énergie et de climat mis à jour évaluent correctement le déficit de dépenses en faveur d’une transition juste, abordent les moyens de le combler, cartographient toutes les subventions en faveur des combustibles fossiles (explicites et implicites) et incluent un plan assorti d’échéances pour les éliminer progressivement d’une manière socialement juste, en vue de libérer des ressources publiques pour une transition juste, |
| — | assurer une cohérence et des synergies entre les différents mécanismes de financement, par exemple NextGenerationEU, la FRR, le Fonds social européen plus (FSE+) et les fonds de cohésion, et veiller à ce que les fonds de l’UE facilitent, suivent et coordonnent la politique en matière d’investissements écologiques et sociaux nécessaires à une transition juste, tout en favorisant la convergence entre les États membres, |
| — | garantir que la prochaine génération de fonds de la politique de cohésion soit guidée par les principes d’une transition juste et fondée sur une analyse détaillée des vulnérabilités des différentes régions d’Europe par rapport à la transition écologique, |
| — | établir des priorités quant à l’utilisation des fonds de l’UE et des fonds nationaux et surveiller cette utilisation afin que ces fonds profitent en premier lieu à ceux qui en ont le plus besoin, grâce à des mesures ciblées en faveur des personnes en situation de vulnérabilité, |
| — | assurer la bonne mise en œuvre du principe du pollueur-payeur dans les politiques en matière de climat et d’environnement, |
| — | aligner la mise en œuvre des règles relatives aux aides d’État et aux marchés publics sur les objectifs d’une transition juste, et garantir que les conditions d’accès aux financements publics soient remplies au sein des États membres et que les entreprises qui ne respectent pas les obligations fiscales et la législation applicable en matière d’environnement et de travail se voient refuser cet accès (36), |
| — | veiller à ce que la fiscalité réduise les inégalités et encourage les entreprises et les particuliers à prendre des mesures qui contribuent à la transition écologique, |
| — | compte tenu de l’importance de l’innovation technologique et sociale pour faire progresser une transition juste, réaliser des investissements publics et privés intensifs en faveur de la recherche et de l’innovation, y compris dans des infrastructures de recherche, de développement et d’innovation (RDI) efficaces et des écosystèmes d’innovation qui associent les initiatives citoyennes de terrain, les entreprises, les syndicats, les universités et les organismes de recherche, ainsi que d’autres parties prenantes concernées. |
Bruxelles, le 14 décembre 2023.
Le président du Comité économique et social européen
Oliver RÖPKE
(1) https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/society/20210128STO96607/comment-parvenir-a-une-economie-circulaire-d-ici-2050
(2) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Pas de pacte vert sans pacte social» (JO C 341 du 24.8.2021, p. 23).
(3) JO C 243 du 27.6.2022, p. 35.
(4) https://unfccc.int/files/essential_background/convention/application/pdf/french_paris_agreement.pdf
(5) https://sdgs.un.org/fr/2030agenda
(6) https://international-partnerships.ec.europa.eu/policies/sustainable-development-goals_fr
(7) https://commission.europa.eu/document/af444130-5a3e-44f2-bea6-5b9ddcb46012_fr
(8) https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_emp/---emp_ent/documents/publication/wcms_432864.pdf
(9) JO C 326 du 26.10.2012, p. 391.
(10) https://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/governance-of-the-energy-union.html
(11) Avis du Comité économique et social européen sur un nouveau cadre pour les accords de libre-échange, de partenariat économique et d’investissement garantissant une réelle participation des organisations de la société civile et des partenaires sociaux et assurant la sensibilisation du public (JO C 290 du 29.7.2022, p. 11).
(12) JO C 81 du 2.3.2018, p. 44.
(13) JO C 47 du 11.2.2020, p. 30.
(14) Avis du Comité économique et social européen sur «L’économie durable dont nous avons besoin» (JO C 106 du 31.3.2020, p. 1).
(15) https://environment.ec.europa.eu/topics/waste-and-recycling/waste-framework-directive_fr
(16) Résolution du Comité économique et social européen sur le thème «Ensemble pour affronter une menace existentielle: les partenaires sociaux et la société civile défendent la mise en œuvre d’une action ambitieuse dans le domaine du climat» (JO C 75 du 28.2.2023, p. 1).
(17) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Repenser le cadre budgétaire de l’Union européenne pour une reprise durable et une transition juste» (JO C 105 du 4.3.2022, p. 11).
(18) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Conseil relative aux lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres (JO C, C/2023/870, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/870/oj).
(19) https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2021/05/08/the-porto-declaration/
(20) JO C 243 du 27.6.2022, p. 35.
(21) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Comment promouvoir, sur la base de l’éducation et de la formation, du point de vue de l’apprentissage tout au long de la vie, les compétences dont l’Europe a besoin pour établir une société plus juste, plus solidaire, plus durable, plus numérique et plus résiliente» (JO C 286 du 16.7.2021, p. 27).
(22) https://pact-for-skills.ec.europa.eu/index_fr
(23) Avis du Comité économique et social européen sur «Des systèmes éducatifs porteurs pour prévenir l’inadéquation des compétences — Quelle transition s’impose?» (JO C 228 du 5.7.2019, p. 16).
(24) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Conseil relative aux lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres (JO C 486 du 21.12.2022, p. 161).
(25) https://joint-research-centre.ec.europa.eu/lifecomp_fr
(26) https://joint-research-centre.ec.europa.eu/greencomp-european-sustainability-competence-framework_fr
(27) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «L’importance des transports publics pour la relance verte de l’Europe» (JO C 75 du 28.2.2023, p. 115).
(28) Avis du Comité économique et social européen sur la transition industrielle vers une économie européenne verte et numérique: exigences réglementaires et rôle des partenaires sociaux et de la société civile (JO C 56 du 16.2.2021, p. 10).
(29) https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_norm/---relconf/documents/meetingdocument/wcms_886720.pdf
(30) https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/58/social-dialogue
(31) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Négociations collectives vertes: bonnes pratiques et perspectives d’avenir» (JO C 293 du 18.8.2023, p. 27).
(32) Avis du Comité économique et social européen sur la communication de la Commission au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions — «Ajustement à l’objectif 55»: atteindre l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2030 sur la voie de la neutralité climatique (JO C 275 du 18.7.2022, p. 101).
(33) Avis du Comité économique et social européen sur le thème «Les PME, les entreprises de l’économie sociale, l’artisanat et les professions libérales face au paquet “Ajustement à l’objectif 55” » (JO C 486 du 21.12.2022, p. 1).
(34) Avis du Comité économique et social européen sur la «Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant le Fonds pour une transition juste» et sur la «Proposition modifiée de règlement du Parlement européen et du Conseil portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen plus, au Fonds de cohésion et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, et établissant les règles financières applicables à ces Fonds et au Fonds “Asile et migration”, au Fonds pour la sécurité intérieure et à l’instrument relatif à la gestion des frontières et aux visas» (JO C 311 du 18.9.2020, p. 55).
(35) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant un Fonds social pour le climat (JO C 152 du 6.4.2022, p. 158).
(36) Avis du Comité économique et social européen sur la proposition de décision du Conseil relative aux lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres (JO C, C/2023/870, 8.12.2023, ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2023/870/oj).
ANNEXE
Les amendements suivants, qui ont recueilli au moins le quart des suffrages exprimés, ont été rejetés au cours des débats (article 74, paragraphe 3, du règlement intérieur):
AMENDEMENT 1
Proposé par:
DANISMAN Mira-Maria
MINCHEVA Mariya
PUECH d’ALISSAC Arnold
PUXEU ROCAMORA Josep
SCHWENG Christa
SVENTEK David
Paragraphe 5.2
Modifier comme suit:
| Avis de section | Amendement | ||||
| Le CESE souligne qu’un CPTJ devrait contribuer à anticiper et à gérer les changements liés à la transition écologique et au monde du travail et assurer des emplois décents, satisfaisants, durables, inclusifs, sûrs et de qualité, accessibles à tous sur le plan géographique et pratique. En outre, les États membres devraient être encouragés à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale afin de relever les défis sociaux, environnementaux et économiques actuels et à les renforcer pour garantir un partage équitable des coûts et des avantages de la transition écologique. Propositions:
[…] | Le CESE souligne qu’un CPTJ devrait contribuer à anticiper et à gérer les changements liés à la transition écologique et au monde du travail et assurer des emplois décents, satisfaisants, durables, inclusifs, sûrs et de qualité, accessibles à tous sur le plan géographique et pratique. En outre, les États membres devraient être encouragés à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale , le cas échéant, afin de garantir leur durabilité et de relever les défis sociaux, environnementaux et économiques actuels et à les renforcer pour garantir un partage équitable des coûts et des avantages de la transition écologique. Propositions:
[…] |
AMENDEMENT 2
Proposé par:
DANISMAN Mira-Maria
MINCHEVA Mariya
PUECH d’ALISSAC Arnold
PUXEU ROCAMORA Josep
SCHWENG Christa
SVENTEK David
Paragraphe 1.4
Modifier comme suit:
| Avis de section | Amendement |
| Le CESE est d’avis que le CPTJ devrait préserver et développer plus avant le modèle social européen, par exemple en créant une directive européenne sur une transition juste, et encourager les États membres à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale afin de veiller à ce que les avantages de la transition écologique soient partagés de manière équitable et de garantir des services d’intérêt général de qualité, abordables et accessibles. | Une partie du CESE est d’avis que le CPTJ devrait préserver et développer plus avant le modèle social européen, par exemple en créant une directive européenne sur une transition juste, tandis qu’une autre partie du Comité nourrit de sérieux doutes quant à la valeur ajoutée d’une éventuelle directive, compte tenu du large éventail d’instruments axés sur la transition juste qui existent déjà et des différents défis et contextes au niveau national. Les États membres devraient être encouragés à réexaminer et à mettre à jour leurs systèmes de protection sociale , le cas échéant, afin de les rendre durables et de veiller à ce que les avantages de la transition écologique soient partagés de manière équitable et de garantir des services d’intérêt général de haute qualité, abordables et accessibles. |
Exposé des motifs pour les deux amendements
Le texte ajouté précise que le groupe des employeurs ne partage pas l’idée d’élaborer une directive sur une transition juste pour les raisons suivantes:
| — | Il existe déjà un large éventail d’instruments axés sur la transition juste. |
| — | En juin 2022, le Conseil a adopté une recommandation visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique. Conformément aux principes du pacte vert pour l’Europe et du socle européen des droits sociaux, cette recommandation vise à garantir que la transition de l’Union vers une économie neutre pour le climat et durable sur le plan environnemental d’ici à 2050 est équitable et ne laisse personne de côté. Elle invite les États membres, à cette fin, à adopter et à mettre en œuvre, en étroite coopération avec les partenaires sociaux le cas échéant, des trains de mesures complets et cohérents tenant compte des aspects sociaux et liés à l’emploi afin de promouvoir une transition équitable dans toutes les politiques, notamment les politiques en matière de climat, d’énergie et d’environnement, ainsi qu’à utiliser au mieux les financements publics et privés. La recommandation met par exemple l’accent sur des questions telles que des emplois de qualité et les compétences, et souligne le rôle essentiel que jouent les partenaires sociaux pour contribuer à faire face, par le dialogue, aux répercussions sur l’emploi et aux conséquences sociales des défis liés à la transition écologique. La Commission a l’intention d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la recommandation dans le cadre de la surveillance multilatérale au titre du semestre européen en s’appuyant sur les tableaux de bord et les cadres de suivi existants, complétés, le cas échéant, par des indicateurs supplémentaires, en étroite coopération avec les États membres. |
| — | De plus, la question est en cours de discussion au sein des organes compétents de l’UE. Par exemple, le Conseil EPSCO du 27 novembre 2023 a approuvé les messages clés du Comité de l’emploi et du Comité de la protection sociale (1) en ce qui concerne la mise en œuvre de la recommandation visant à assurer une transition équitable vers la neutralité climatique, dans lesquels il est clairement visible que les États membres prennent différentes mesures alignées sur leur contexte national. L’éventuelle directive pourrait avoir des effets négatifs, compte tenu notamment du temps nécessaire pour l’adopter et la transposer dans la législation nationale. |
| — | En outre, comme indiqué dans le programme de travail des partenaires sociaux au niveau de l’Union pour la période 2022-2024, la rapidité et l’ampleur de cette transformation sur le marché du travail nécessitent une participation précoce et effective des partenaires sociaux afin de sensibiliser le public et de trouver des solutions qui puissent être adaptées aux spécificités des différents secteurs et mises en œuvre au niveau local. Les partenaires sociaux devraient jouer un rôle actif pour faire en sorte qu’une transition juste, soutenue par des financements et des investissements publics appropriés, crée des emplois de qualité et aide les entreprises et les travailleurs à s’adapter au changement, y compris les nouveaux besoins en matière de compétences, le perfectionnement professionnel, la redéfinition des emplois, l’organisation de transitions entre emplois et l’amélioration de l’organisation du travail. Conformément audit programme de travail, les partenaires sociaux européens négocieront un cadre d’actions en faveur de la transition écologique. |
| — | Enfin, l’acquis de l’Union prévoit déjà un vaste ensemble de règles concernant l’information et la consultation des travailleurs. |
Résultat du vote sur les deux amendements en bloc:
| Voix pour: | 71 |
| Voix contre: | 112 |
| Abstentions: | 17 |
(1) https://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-15439-2023-INIT/fr/pdf
ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/1576/oj
ISSN 1977-0936 (electronic edition)
Avis institutionnel — 52023AB0047
29/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110596
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS110744
28/12/2023
Avis institutionnel — 52023AS109365
28/12/2023