LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen52023AE5604
Avis institutionnel52023AE5604

Avis du Comité économique et social européen — Communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur la feuille de route de l’UE en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée [COM(2023) 641 final]

CELEX52023AE5604
TypeAvis institutionnel
Datejeudi 25 avril 2024

Résumé IA

Cet avis du Comité économique et social européen (CESE) approuve la feuille de route de la Commission européenne visant à renforcer la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée. Il souligne la nécessité d'une approche équilibrée alliant prévention, répression et coopération judiciaire et policière renforcée, notamment via Europol et Eurojust. Pour un professionnel du droit français, ce texte confirme l'orientation de l'UE vers un durcissement des outils de lutte contre les réseaux criminels, ce qui pourrait influencer les futures transpositions en droit national et les pratiques de coopération transfrontalière.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/4066

12.7.2024

Avis du Comité économique et social européen

Communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur la feuille de route de l’UE en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée

[COM(2023) 641 final]

(C/2024/4066)

Rapporteur:

Christian MOOS

Consultation

Commission européenne, 28.2.2024

Base juridique

Article 304 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Compétence

Section «Emploi, affaires sociales et citoyenneté»

Adoption en section

12.4.2024

Adoption en session plénière

25.4.2024

Session plénière no

587

Résultat du vote

(pour/contre/abstentions)

147/1/7

1. Conclusions et recommandations

1.1.

Lutter contre la criminalité organisée requiert d’intensifier la coopération et la coordination à l’échelon européen et de doter les services de sécurité de moyens adéquats. Les États membres se doivent de munir leurs administrations douanières et leurs forces de police en ressources humaines et techniques adéquates, moyennant des rémunérations et des conditions de travail décentes et une formation continue.

1.2.

Lutter contre la toxicomanie liée aux drogues et aux drogues dures appelle plutôt une approche différenciée, qui englobe l’ensemble de la société. Du point de vue de la société civile, il convient en matière de consommation de drogue de miser davantage sur la prévention et l’accompagnement que sur la répression.

1.3.

Si l’attention toute particulière portée aux ports se justifie au regard des volumes d’échanges commerciaux qui y sont brassés, elle ne doit pas conduire à négliger la lutte contre d’autres voies d’acheminement et d’autres points d’entrée.

1.4.

Dans ce contexte, il n’est guère heureux d’employer la notion de «partenariat public-privé» pour désigner la coopération des autorités avec des acteurs privés. En lieu et place, la Commission devrait évoquer une approche aux acteurs multiples.

1.5.

Le Comité économique et social européen (CESE) se félicite de toutes les initiatives efficaces visant à démanteler les réseaux criminels. Pour la criminalité organisée, le plus important est de bénéficier du secret bancaire et de l’existence de paradis fiscaux, et de pouvoir blanchir ses capitaux et corrompre.

1.6.

Le CESE plaide en faveur d’une meilleure coordination transfrontière des services répressifs entre les autorités policières et douanières et d’une meilleure coopération des autorités répressives, judiciaires et fiscales, afin de lutter aussi efficacement que possible contre la criminalité organisée.

1.7.

Le CESE demande instamment aux États membres d’investir suffisamment dans leurs administrations publiques et d’en accélérer la numérisation pour lutter contre la criminalité organisée.

1.8.

Il importe d’associer les représentations syndicales des agents des forces de police et des douanes afin de déterminer de manière fondée les besoins en personnel et en matériel et de prendre en compte leur expertise.

1.9.

Pour autant que leur consommation de drogue ne les mène pas à la délinquance pour s’en procurer ou à mettre en danger des tiers, les toxicomanes ne sont pas des auteurs mais des victimes. Le CESE recommande vivement d’étudier les expériences des pays ou des régions qui tolèrent la consommation de certaines drogues ou qui ont dépénalisé celle de cannabis.

1.10.

Le CESE recommande de déployer davantage d’initiatives pour protéger les Européens, et tout spécialement les jeunes, contre les dangers de la toxicomanie, sans pour autant qu’elles portent uniquement sur les drogues dures. Il convient d’utiliser les moyens financiers confisqués en faveur de projets de prévention.

2. Observations générales concernant la feuille de route de l’Union

2.1.

Le CESE souscrit à l’affirmation de la Commission selon laquelle la criminalité organisée constitue pour l’Europe une menace majeure en matière de sécurité. Lutter contre la criminalité organisée requiert d’intensifier la coopération et la coordination à l’échelon européen et de munir les services de sécurité de moyens adéquats non seulement à cet échelon mais aussi, et avant tout, à celui des États membres. En revanche, lutter contre la consommation de drogues et de drogues dures appelle davantage une approche différenciée, qui englobe l’ensemble de la société, et ne saurait se fonder uniquement sur la répression. À cet égard, la société civile joue un rôle déterminant, et non pas seulement auxiliaire.

2.2.

La toxicomanie entraîne des préjudices colossaux pour la santé, la société et l’économie. Elle nuit non seulement aux personnes toxicomanes mais aussi à leurs proches et aux collectivités dans leur ensemble. Elle met en péril l’ordre social, s’accompagne de multiples délits et crimes graves, voire très graves, et favorise de tels agissements.

2.3.

Le trafic de drogue et la criminalité organisée constituent non seulement un phénomène transfrontière, mais ils revêtent toujours aussi une dimension géopolitique. La criminalité organisée est à même de saper les structures de l’État et de conduire ceux-ci à leur ruine ou à leur captation par des régimes dictatoriaux sous la botte d’élites dirigeantes de type mafieux. Cette menace influe sur les relations internationales et l’ordre sécuritaire mondial.

2.4.

La criminalité organisée est systématiquement associée à de graves violations des droits fondamentaux et des droits de l’homme. Elle contribue à déstabiliser les démocraties libérales. Partout où on laisse la criminalité organisée gagner un fort pouvoir de fait, elle renforce les tendances autoritaires.

2.5.

Il est indispensable de lutter contre la criminalité organisée afin de lutter contre la corruption et le blanchiment de capitaux, mais également de faire obstacle au financement des réseaux terroristes, au trafic d’êtres humains et à d’autres activités criminelles. En la matière, les États membres de l’Union européenne doivent coopérer entre eux et avec les pays tiers, moyennant l’appui efficace de l’Union, afin de faire valoir le droit et l’ordre, ainsi que de faire prévaloir le monopole qui incombe à l’État dans l’usage de la force face aux bandes, clans et réseaux mafieux. Ce faisant, le respect strict des normes de l’état de droit est un impératif incontournable.

2.6.

Les confiscations de biens demeurent bien trop limitées. Il convient de recourir plus fréquemment à de telles mesures et l’Union européenne devrait se donner des objectifs, tels qu’un seuil minimal exprimé en pourcentage, en matière de réutilisation au profit de la société des biens saisis aux fins de campagnes publiques et de projets de la société civile visant à prévenir la toxicomanie et ciblant tout spécialement les jeunes.

2.7.

Les «narco-États» jouent un rôle important dans le trafic mondial de drogue. La Commission européenne et le SEAE doivent disposer de suffisamment de ressources pour contenir dès la source l’afflux de substances illicites. Pour les populations concernées dans les pays producteurs, l’Union peut proposer au moyen de sa stratégie «Global Gateway» d’autres perspectives économiques.

2.8.

Il importe de s’intéresser tout spécialement au secteur financier et de favoriser l’expertise en cette discipline au sein des services de sécurité, ainsi que la coopération avec les autorités fiscales. Pour la criminalité organisée, il importe bien davantage de bénéficier du secret bancaire et de l’existence de paradis fiscaux que, par exemple, de mener à bien des livraisons individuelles de drogue par les ports européens.

2.9.

Pour autant que leur consommation de drogue ne les mène pas à la délinquance pour s’en procurer ou à mettre en danger des tiers, les toxicomanes ne sont pas des auteurs mais des victimes. Ceci posé, le CESE recommande vivement d’étudier les cas de dépénalisation de la consommation de drogues dures, par exemple en Colombie-Britannique au Canada, dans l’Oregon aux États-Unis d’Amérique et au Portugal. Légaliser la consommation de drogue peut favoriser des actions d’une portée plus préventive et sanitaire, et permet de redéployer les ressources. Une telle mesure peut faire baisser efficacement les taux de la criminalité liée à l’acquisition de drogues par leurs consommateurs finaux. Elle peut permettre de placer ces derniers dans des conditions plus sûres et de réduire les retombées sur la vie et la sécurité publiques. Le Portugal a enregistré une diminution des décès liés à la drogue, dont le nombre est passé de 369 en 1999 à 30 en 2016. De surcroît, le nombre total de toxicomanes à l’héroïne s’y est considérablement amoindri, tout comme celui de nouveaux cas de contamination par le virus VIH et celui de l’hépatite C.

2.10.

Du point de vue de la société civile, il convient en matière de consommation de drogue de miser davantage sur la prévention et l’accompagnement que sur la répression. Il serait possible de davantage cibler les ressources nécessaires pour lutter efficacement contre la criminalité organisée en les consacrant à s’attaquer aux réseaux criminels, et avant tout à leurs avoirs et à leurs montages financiers, plutôt qu’à sanctionner les toxicomanes. À cet égard, il importe de rappeler que la toxicomanie licite, du fait du tabac ou de l’alcool, provoque bien davantage de décès que la toxicomanie illicite. Selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), 6 166 décès étaient imputables aux drogues en 2021 dans l’Union européenne. Selon la Commission, quelque 700 000 Européens meurent chaque année du fait de maladies dues au tabagisme ou au vapotage. De même, la consommation excessive d’alcool entraîne des centaines de milliers de décès prématurés.

2.11.

Il convient d’associer activement les organisations de la société civile à l’occasion de la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie de l’Union visant à lutter contre la criminalité organisée et du plan d’action antidrogue de l’UE (2021-2025). Elles fournissent l’essentiel des services d’assistance. En outre, elles apportent un soutien capital aux systèmes de protection sociale et de soins de santé et elles disposent des connaissances et de l’expérience pertinentes.

2.12.

Il importe tout autant d’associer à la lutte contre la criminalité organisée les organisations des partenaires sociaux, et en particulier les représentations syndicales des agents des forces de police et des douanes. La participation de ces derniers est déterminante afin d’anticiper et circonscrire efficacement les menaces possibles pour les enquêteurs et les contrôleurs, mais aussi afin d’évaluer et de planifier de manière adéquate les besoins en personnel et en matériel, ainsi que de prendre en compte l’expertise technique issue du terrain. Une telle démarche revêt un intérêt tout particulier aux fins de l’évaluation annoncée de la stratégie antidrogue en 2024.

2.13.

En raison de la situation critique que connaît l’état de droit dans certains États membres de l’Union, le respect de ses normes et des droits fondamentaux n’y est plus complètement garanti. S’il apparaît qu’il n’est plus possible pour les autorités de l’ensemble des 27 États membres de l’Union de coopérer de manière à respecter les droits fondamentaux, le CESE estime qu’elles devraient s’y employer par la voie d’une coopération renforcée.

3. Observations sur d’autres initiatives

3.1.

Le CESE se félicite de toutes les initiatives efficaces visant à démanteler les réseaux criminels, dès lors qu’elles obéissent aux normes de l’État de droit. Ce même impératif s’impose pour les efforts supplémentaires visant à renforcer la coopération policière et l’échange d’informations entre les services répressifs, ainsi que pour les mesures de numérisation qui y sont liées.

3.2.

Au regard de la forte dynamique à l’œuvre sur le marché des drogues illicites et du développement et de la diffusion de substances synthétiques toujours plus dangereuses, il convient de se féliciter vivement du lancement des opérations de l’Agence européenne des drogues [nouvelle dénomination de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT)], du renforcement de son mandat, ainsi que du futur système européen d’alerte sur les drogues.

3.3.

Le CESE se félicite des objectifs essentiels poursuivis par la proposition de réforme de l’union douanière [COM(2023) 257 final]. Il importe de renforcer les administrations douanières, la coopération entre elles et leur coopération avec les services répressifs afin d’empêcher les marchandises dangereuses ou illicites d’entrer dans l’Union européenne.

3.4.

Le CESE fait toutefois observer que cette réforme douanière doit être compatible avec l’alliance des ports européens qui est à présent proposée. Alors que la proposition de la Commission entend certes renforcer les ports et les plateformes, il est à craindre que le pilotage opérationnel annoncé à l’échelon de l’Union puisse entraîner un affaiblissement des compétences des administrations douanières et une réduction du nombre des bureaux de douane hors des plateformes logistiques identifiées. Tant le monde de l’économie, qui a besoin de voies d’acheminement courtes et des connaissances régionales, que les syndicats concernés s’opposeraient à un tel affaiblissement.

3.5.

Par principe, au regard de la répartition des compétences, il convient de mettre fortement l’accent sur le constat concret des besoins opérationnels des autorités concernées des États membres et sur leur renforcement. En l’occurrence, cette responsabilité incombe matériellement aux gouvernements nationaux.

3.6.

Lorsqu’il demeure difficile pour tous les 27 États membres de l’Union d’approfondir leur coopération et que de ce fait, l’approche supranationale est inopérante, il convient de privilégier la coopération ciblée de groupes d’États membres, telle qu’elle se déroule également avec l’appui d’Europol et d’Eurojust, et qui a d’ores et déjà permis d’obtenir des succès dans la lutte contre les réseaux criminels de trafiquants de drogue.

3.7.

La plateforme pluridisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT) et le réseau opérationnel contre les groupes criminels organisés de type mafieux constituent des instruments efficaces, qu’il convient de développer et de renforcer, pour lutter contre le trafic de drogue. De l’avis de la société civile, il convient toutefois de toujours veiller à ce que la coopération des autorités répressives et policières n’entraîne pas d’abus de la part des autorités des États membres ou de pays tiers qui n’observent pas, ou n’observent plus, les principes de l’état de droit.

3.8.

Le CESE appelle de ses vœux davantage d’initiatives pour protéger les Européens, et tout spécialement les jeunes, contre les dangers de la toxicomanie, sans pour autant qu’elles portent uniquement sur les drogues dures. Du point de vue des risques pour la santé, par exemple, la consommation excessive d’alcool fait également de ce dernier une drogue dure. Elle produit également des dommages sociaux considérables, à l’exemple des enfants victimes de parents ivres et violents, ou des alcooliques devenus inaptes à s’insérer sur le marché du travail.

4. Évaluation des mesures prioritaires et des mesures

4.1.

Le CESE met en relief l’importance des ports en tant que points d’entrée pour les drogues et les produits précurseurs nécessaires à la fabrication de drogues de synthèse. L’alliance des ports proposée et une mise en réseau informatique optimale des autorités douanières à l’échelle de l’Union constituent une approche judicieuse. Il convient de se féliciter de leur financement par la voie du programme «Douane».

4.2.

Pour pouvoir faire des autorités douanières la première ligne de défense contre le trafic d’articles illicites et dangereux, pour reprendre ici l’image utilisée par la Commission, les États membres doivent doter de manière adéquate leurs administrations douanières et leurs forces de police en ressources humaines et techniques et en formation continue. Le sous-équipement en personnel et en matériel, tel que l’on peut le constater au sein de nombreux États membres, fait par exemple obstacle à des contrôles réguliers des containers. Il permet aux réseaux criminels de prendre pied dans les installations portuaires et réduit la fréquence des contrôles. Il augmente les risques pour la sécurité des agents des douanes et il est incompatible avec une gestion responsable des risques.

4.3.

Le CESE envisage avec intérêt l’évaluation Schengen, la proposition de recommandations du Conseil et les études commandées sur les données maritimes et les besoins en matière répressive concernant le transport ferroviaire et routier. Puisqu’il est vrai que les réseaux criminels se caractérisent par leur capacité d’adaptation, il ne suffit pas de se contenter de mieux surveiller uniquement certaines plateformes logistiques données. Si l’attention toute particulière portée aux ports se justifie au regard des volumes d’échanges commerciaux qui y sont brassés, elle ne doit pas conduire à négliger la lutte contre d’autres voies d’acheminement et d’autres points d’entrée utilisés par le trafic illicite, tels que les aéroports, les routes et les chemins de fer.

4.4.

Il n’est guère heureux d’employer la notion de «partenariat public-privé» pour désigner la coopération des autorités avec des acteurs privés, par exemple les entreprises portuaires, en vue de les prémunir contre leur infiltration par des réseaux criminels. Le partenariat public-privé correspond à une délégation partielle de missions publiques à des acteurs privés, qui exécutent dans un but lucratif une mission de service d’intérêt général. Il ne peut, et il ne saurait, en être question en l’espèce. Il s’agit ici d’une mission régalienne. En lieu et place, il conviendrait de désigner l’idée qu’a en tête la Commission comme une approche aux acteurs multiples. La participation volontaire de compagnies maritimes privées, par exemple, devrait relever de leur propre intérêt, dans la mesure où, dans le doute, celles-ci pourraient être tenues pour responsables d’infractions commises par leurs collaborateurs. Une coopération à des fins de prévention, par exemple celle d’Europol avec les prestataires de services financiers, est extrêmement utile.

4.5.

Le CESE est d’avis que les équipes de projet et d’experts proposées devraient associer la représentation du personnel des agents des douanes, afin de permettre une protection du travail optimale dans le cadre de l’action douanière coordonnée. La formation et des ressources adéquates en personnel sont essentielles.

4.6.

Le CESE approuve une meilleure coordination transfrontière des services répressifs entre les autorités policières et douanières et une meilleure coopération des autorités répressives et judiciaires, ainsi que le dialogue régulier entre les autorités judiciaires, afin qu’aucun obstacle inutile ne s’oppose à l’ouverture d’enquêtes. Il s’impose également d’intégrer aussi d’autres secteurs de l’administration, et notamment les administrations communales, dans le cadre de la stratégie d’ensemble. À cet égard, il est louable que la Commission ait annoncé des orientations pratiques pour 2024.

4.7.

La numérisation de l’administration publique, y compris celle des autorités financières et des services de sécurité des États membres, ne se produit pas de manière uniforme en dépit d’actes juridiques européens d’harmonisation. Le CESE demande instamment aux États membres d’investir suffisamment dans leurs administrations publiques et d’en faire progresser la numérisation, car ce n’est qu’à la condition d’assurer la plus forte interopérabilité possible et la disponibilité des données en temps réel qu’il sera possible de renforcer également avec une chance de succès la coopération européenne pour lutter contre la criminalité organisée.

4.8.

Le CESE se félicite que l’on renonce à s’intéresser avant tout aux auteurs individuels, de telle sorte que l’on puisse non pas uniquement appréhender le «menu fretin», mais aussi tarir des réseaux entiers. Pour ce faire, le suivi des flux financiers et la future Autorité de lutte contre le blanchiment de capitaux (ALBC), entre autres, revêtiront une grande importance. Toutefois, la création de l’ALBC ne devrait pas avoir pour effet de dédoubler les structures, mais compléter utilement les activités des autorités des États membres.

4.9.

Le CESE appuie la demande de la Commission aux États membres de tirer pleinement parti des instruments disponibles dans le cadre du système d’information Schengen (SIS) pour lutter contre la criminalité organisée.

4.10.

Il serait très utile de développer un outil informatique pour surveiller le darknet, car certains États membres ne disposent pas encore de cette possibilité. En principe, de tels outils devraient être mis sans détour à la disposition des autorités des États membres aux fins d’enquêtes concrètes.

4.11.

L’on approuve l’objectif d’harmoniser les définitions juridiques. L’aggravation des sanctions pénales devrait concerner au premier chef les auteurs actifs au sein de réseaux criminels. Le CESE considère les consommateurs de drogues illicites et les toxicomanes en général, qu’ils usent de produits licites ou illicites, comme des victimes, du fait même qu’ils absorbent des substances dangereuses. Il demande de soutenir bien davantage ces victimes et leurs familles.

4.12.

Il est besoin d’œuvrer davantage à la prévention et d’offrir plus d’assistance, autant de services que fournissent, aux côtés des pouvoirs publics, les organisations de la société civile dans le cadre de leurs activités d’utilité publique. À cet égard, le CESE se félicite de l’approche pluridisciplinaire et interinstitutionnelle de la prévention de la criminalité et de la référence explicite que fait la Commission à la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.

4.13.

La perspective d’une approche uniforme à l’échelle de l’UE de la légalisation ou non de certaines drogues n’est pas abordée. Certains États membres de l’Union disposent d’ores et déjà d’une expérience très complète de son effet sur la consommation de drogues et l’évolution de la criminalité organisée.

4.14.

Puisque le trafic de drogue est un phénomène international et que, comme indiqué en introduction, il revêt même une dimension géopolitique, les mesures que propose la Commission en matière de coopération internationale sont utiles. Toutefois, la question se pose de savoir si l’Union européenne dispose de suffisamment d’influence dans le monde pour agir en conséquence à l’endroit des pays tiers. Pour ce faire, la puissance que lui confère le marché intérieur ne suffira pas à elle seule. Dans ce contexte, il apparaît également indispensable d’améliorer la coordination de la politique étrangère et de sécurité de l’Union, ainsi que d’adopter une approche qui englobe l’ensemble de la société, comme indiqué plus haut.

4.15.

Il convient de se féliciter de l’approche visant à trouver des régimes réglementaires plus souples pour la classification des précurseurs de drogues. Toutefois, cette démarche pourrait entraîner une charge accrue liée à son application, sachant qu’il faudra contrôler et surveiller une gamme élargie de substances. Dans de nombreux États membres, les laboratoires douaniers existants n’y suffiront pas et il convient donc d’étoffer leur réseau.

Bruxelles, le 25 avril 2024.

Le président

du Comité économique et social européen

Oliver RÖPKE


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/4066/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


Documents similaires

Avis institutionnel52024AS114781

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114781

30/12/2024

Avis institutionnel52024AS114943

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.114943

30/12/2024

Avis institutionnel52024AS116252

Autorisation des aides d’État dans le cadre des dispositions des articles 107 et 108 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne — Cas à l’égard desquels la Commission ne soulève pas d’objections — SA.116252

30/12/2024

Avis institutionnel52024AB0042

Avis institutionnel — 52024AB0042

30/12/2024

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →