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AccueilDroit européen52023AR3680
Avis institutionnel52023AR3680

Avis du Comité européen des régions — Surveillance et résilience des sols (directive sur la surveillance des sols) (avis d’initiative)

CELEX52023AR3680
TypeAvis institutionnel
Datemercredi 19 juin 2024

Résumé IA

Le Comité européen des régions émet un avis d'initiative sur la proposition de directive relative à la surveillance et à la résilience des sols. Il souligne la nécessité d'une approche harmonisée au niveau de l'UE pour évaluer la santé des sols, tout en insistant sur le respect des compétences locales et régionales en matière de gestion des terres. L'avis appelle à un cadre flexible qui tienne compte des spécificités des différents types de sols et des pratiques agricoles, et met en garde contre une charge administrative excessive pour les collectivités territoriales.

Texte intégral

European flag

Journal officiel
de l'Union européenne

FR

Série C


C/2024/5371

17.9.2024

Avis du Comité européen des régions — Surveillance et résilience des sols (directive sur la surveillance des sols)

(avis d’initiative)

(C/2024/5371)

Rapporteure

:

Frida NILSSON (SE/RE), conseillère municipale de Lidköping

Texte de référence

:

Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à la surveillance et à la résilience des sols (directive sur la surveillance des sols) COM(2023) 416

I. RECOMMANDATIONS D’AMENDEMENT

Amendement 1

Considérant 21

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

21)

Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) ont été fréquemment observées dans la contamination des eaux souterraines, des eaux de surface et du sol. Elles peuvent modifier les propriétés et les structures du sol, certains des effets signalés étant une diminution de la respiration du sol et des agrégats stables à l’eau, ainsi qu’une augmentation du pH du sol.

Exposé des motifs

Il est également suggéré d’ajouter la contamination du sol, y compris par les PFAS, à l’annexe I.

Amendement 2

Considérant 22 ter

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

22b)

Le développement de l’agriculture biologique joue un rôle important pour améliorer la santé des sols dans l’agriculture, puisqu’elle offre de multiples solutions tout en protégeant la biodiversité, en assurant une bonne qualité de l’eau, en prévenant la pollution par l’absence de recours aux pesticides et engrais synthétiques et en stockant le carbone dans les sols. L’agriculture biologique et les autres approches agroécologiques devraient être encouragées pour atteindre les objectifs de la présente directive.

Amendement 3

Considérant 23

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

23)

L’objectif à long terme de la directive est de parvenir à des sols en bonne santé d’ici à 2050. À titre d’étape intermédiaire, compte tenu des connaissances limitées sur l’état des sols et sur l’efficacité et le coût des mesures visant à les régénérer, la directive prévoit une approche progressive. Dans un premier temps, il s’agira de mettre en place le cadre de surveillance des sols et d’évaluer l’état des sols dans l’ensemble de l’Union. Il sera également demandé aux États membres d’établir, une fois que l’état des sols aura été déterminé, des mesures permettant de les gérer d’une manière durable et de régénérer les sols en mauvaise santé, sans toutefois imposer d’obligation de parvenir à des sols en bonne santé d’ici à 2050 ni d’ objectifs intermédiaires. Cette approche proportionnée permettra de bien préparer, d’encourager et d’enclencher la gestion durable des sols et la régénération des sols en mauvaise santé. Dans un second temps, dès que les résultats de la première évaluation des sols et de l’analyse des tendances seront disponibles, la Commission dressera le bilan des progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif pour 2050 et de l’expérience acquise, et proposera un réexamen de la directive si cela s’avère nécessaire pour accélérer les progrès d’ici à 2050.

23)

L’objectif à long terme de la directive est de parvenir à des sols en bonne santé d’ici à 2050. À titre d’étape intermédiaire, compte tenu des connaissances limitées sur l’état des sols et sur l’efficacité et le coût des mesures visant à les régénérer, la directive prévoit une approche progressive. Dans un premier temps, il s’agira de mettre en place le cadre de surveillance des sols et d’évaluer l’état des sols dans l’ensemble de l’Union. Il sera également demandé aux États membres d’établir, une fois que l’état des sols aura été déterminé, des mesures permettant de les gérer d’une manière durable et de régénérer les sols en mauvaise santé, sans imposer de valeurs cibles à l’échelle de l’Union, mais en fixant des objectifs intermédiaires en matière de santé des sols, pour permettre de surveiller la santé des sols et de l’améliorer à l’horizon 2050 . Cette approche proportionnée permettra de bien préparer, d’encourager et d’enclencher la gestion durable des sols et la régénération des sols en mauvaise santé. Dans un second temps, dès que les résultats de la première évaluation des sols et de l’analyse des tendances seront disponibles, la Commission dressera le bilan des progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif pour 2050 et de l’expérience acquise, et proposera un réexamen de la directive si cela s’avère nécessaire pour accélérer les progrès d’ici à 2050.

Amendement 4

Considérant 24 bis (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

24a)

Les districts de gestion des sols sont le niveau le plus approprié pour adopter des programmes de mesures et des objectifs intermédiaires, en recourant à des plans locaux des districts de gestion des sols et en tenant compte des conditions locales et des avis des parties prenantes locales, pour faire en sorte que la classification des sols concernés s’améliore.

Exposé des motifs

Ressort du texte.

Amendement 5

Considérant 25

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

25)

Afin de garantir une gouvernance appropriée des sols, les États membres devraient être tenus de désigner une autorité compétente pour chaque district de gestion des sols. Les États membres devraient être autorisés à désigner des autorités compétentes supplémentaires au niveau approprié, y compris au niveau national ou régional.

25)

Afin de garantir une gouvernance appropriée des sols, les États membres devraient être tenus de désigner une autorité compétente pour chaque district de gestion des sols. Les États membres devraient être autorisés à désigner des autorités compétentes supplémentaires au niveau approprié, y compris au niveau national ou régional. Afin de garantir que la présente directive couvre correctement tous les territoires, les États membres devraient bénéficier de la souplesse nécessaire pour tenir compte de la situation particulière des régions ultrapériphériques de l’Union, telles qu’énumérées à l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui prévoit des mesures de soutien spécifiques en leur faveur.

Amendement 6

Article 1er, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. La directive vise à instaurer un cadre de surveillance solide et cohérent pour tous les sols de l’Union et à favoriser une amélioration constante de la santé de ces derniers en vue de parvenir à un bon état de santé des sols d’ici à 2050 et de les maintenir dans cet état , afin qu’ils puissent fournir différents services écosystémiques à une échelle suffisante pour répondre aux besoins environnementaux, sociétaux et économiques, prévenir et atténuer les effets du changement climatique et de la perte de biodiversité, accroître la résilience face aux catastrophes naturelles et en matière de sécurité alimentaire, et afin de réduire la contamination des sols à des niveaux qui ne soient plus considérés comme nocifs pour la santé humaine et l’environnement.

1. La directive vise à instaurer un cadre de surveillance et de résilience qui soit solide et cohérent pour tous les sols dans tous les États membres et à favoriser une amélioration constante de la santé de ces derniers en vue de parvenir à un bon état de santé des sols dans l’ensemble de l’Union d’ici à 2050, afin que les sols puissent fournir différents services écosystémiques à une échelle suffisante pour répondre aux besoins environnementaux, sociétaux et économiques, prévenir et atténuer les effets du changement climatique et de la perte de biodiversité et s’y adapter , accroître la résilience face aux catastrophes naturelles et garantir la sécurité alimentaire, ainsi qu’à faire en sorte, en matière de contamination des sols , que des mesures d’atténuation des risques, telles que des mesures d’assainissement, soient prises pour éviter qu’une telle contamination ne constitue une menace pour la santé humaine et l’environnement.

Amendement 7

Article 3, point 27) (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

27)

«concentrations de fond»: les concentrations de contaminants dans le milieu, qu’elles se produisent naturellement ou qu’elles résultent d’activités humaines diffuses, et dont les différentes sources sont impossibles à distinguer, notamment lorsque la contamination est liée à des sources mobiles, à des sources touchant un vaste territoire, à des sources multiples ou aux teneurs géogènes des sols.

Exposé des motifs

Il s’agit d’ajouter une définition, le terme en question étant utilisé dans les amendements ci-dessous.

Amendement 8

Article 4, paragraphes 1) et 2)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les États membres établissent des districts de gestion des sols sur l’ensemble de leur territoire.

Le nombre de districts établis dans chaque État membre correspond au minimum au nombre d’unités territoriales de niveau NUTS 1 établies en vertu du règlement (CE) no 1059/2003.

1. Les États membres établissent , en consultation avec les collectivités locales et régionales, des districts de gestion des sols sur l’ensemble de leur territoire. Dans les zones transfrontalières, pour autant que ce soit approprié, ces districts sont établis de concert avec les États membres limitrophes. Le cas échéant, le nombre de districts établis dans chaque État membre correspond au minimum au nombre d’unités territoriales de niveau NUTS 1 établies en vertu du règlement (CE) no 1059/2003.

2. Lorsqu’ils déterminent l’étendue géographique des districts de gestion des sols, les États membres peuvent tenir compte des unités administratives existantes et s’efforcent de garantir une certaine homogénéité à l’intérieur de chaque district au regard des paramètres suivants:

2. Lorsqu’ils déterminent l’étendue géographique des districts de gestion des sols, les États membres peuvent tenir compte des unités administratives existantes et s’efforcent de garantir une certaine homogénéité à l’intérieur de chaque district au regard des paramètres suivants:

(a)

le type de sol, tel que défini dans la Base de référence mondiale pour les ressources en sols( 75 );

(a)

le type de sol, tel que défini dans la Base de référence mondiale pour les ressources en sols( 75 );

(b)

les conditions climatiques;

(b)

les conditions climatiques;

(c)

la zone environnementale, telle que décrite dans le rapport Alterra 2281( 76 );

(c)

la zone environnementale, telle que décrite dans le rapport Alterra 2281( 76 );

(d)

l’utilisation ou l’occupation des sols, telle que décrite dans l’enquête statistique aréolaire sur l’utilisation/l’occupation des sols (LUCAS).

(d)

l’utilisation ou l’occupation des sols, telle que décrite dans l’enquête statistique aréolaire sur l’utilisation/l’occupation des sols (LUCAS).

Exposé des motifs

Les collectivités locales et régionales doivent être consultées concernant l’établissement des districts de gestion des sols.

Amendement 9

Article 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Les États membres désignent les autorités compétentes responsables à un niveau approprié afin qu’elles s’acquittent des missions prévues par la présente directive.

Les États membres désignent les autorités compétentes responsables à un niveau approprié afin qu’elles s’acquittent des missions prévues par la présente directive , en tenant compte des divisions administratives existantes et des chevauchements de responsabilités, en particulier lorsque les districts de gestion des sols recouvrent des territoires transfrontaliers .

Les États membres désignent une seule autorité compétente pour chaque district de gestion des sols établi en application de l’article 4.

Les États membres désignent une seule autorité compétente pour chaque district ou ensemble de districts de gestion des sols établi en application de l’article 4.

Exposé des motifs

Pour accroître la flexibilité, éviter une bureaucratie inutile et mieux aligner les districts de gestion des sols sur les divisions administratives et les prérogatives existantes, il convient de préciser que la même autorité compétente peut, le cas échéant, être responsable de plusieurs districts de gestion des sols. Il s’agit également de mettre en lumière l’importance, le cas échéant, de la coopération transfrontalière.

Amendement 10

Article 6, nouveau paragraphe 7 bis

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

7a) Le portail numérique de données sur la santé des sols comprend une boîte à outils gratuite et accessible au public concernant la gestion durable des sols.

Exposé des motifs

L’échange de bonnes pratiques en matière de gestion des sols est essentiel pour assurer la diffusion de ces pratiques auprès des gestionnaires de districts de gestion des sols.

Amendement 11

Article 8, paragraphe 5

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

5. Les États membres veillent à ce qu’il soit procédé à de nouvelles mesures du sol au moins tous les 5 ans.

a)

Les États membres veillent à ce qu’il soit procédé à de nouvelles mesures du sol au moins tous les 5 ans.

Dans les districts de gestion des sols dont la densité de population est inférieure ou égale à 10 habitants par kilomètre carré, ces nouvelles mesures sont réalisées au moins tous les 10 ans.

Les États membres veillent à ce que la valeur des indicateurs d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols soit mise à jour au moins une fois par an .

b)

Les États membres veillent à ce que la valeur des indicateurs d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols soit mise à jour au moins une fois tous les 2 ans .

Exposé des motifs

Les systèmes à évolution lente où les changements substantiels ne sont pas mesurables sur des échelles aussi brèves que tous les 5 ans devraient disposer de périodes de mesure plus longues.

Amendement 12

Article 9, paragraphe 1 (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(a)

Les États membres fixent, en consultation avec les collectivités locales et régionales, des objectifs opérationnels exprimés en pourcentage pour la santé des sols sur leur territoire. Ces objectifs devraient être définis pour les années 2035 et 2050, en vue de parvenir à des sols en bonne santé à l’horizon 2050.

Exposé des motifs

L’amendement vise à clarifier la formulation du texte.

Amendement 13

Article 9, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Un sol est considéré être en bonne santé au sens de la présente directive lorsque les conditions cumulatives suivantes sont remplies:

2. Un sol est considéré être en bonne santé au sens de la présente directive lorsque les conditions cumulatives suivantes sont remplies:

(a)

les valeurs de tous les descripteurs du sol mentionnés à l’annexe I, partie A, satisfont aux critères énoncés dans ladite partie et, le cas échéant, adaptés conformément à l’article 7;

(a)

les valeurs de tous les descripteurs du sol mentionnés à l’annexe I, partie A, satisfont aux critères énoncés dans ladite partie et, le cas échéant, adaptés conformément à l’article 7;

(b)

les valeurs de tous les descripteurs du sol énumérés à l’annexe I, partie B, satisfont aux critères fixés conformément à l’article 7 («sol en bon état de santé»).

(b)

les valeurs de tous les descripteurs du sol énumérés à l’annexe I, partie B, satisfont aux critères fixés conformément à l’article 7 («sol en bon état de santé»).

Par dérogation au premier alinéa, l’évaluation des sols à l’intérieur d’une zone mentionnée dans la quatrième colonne de l’annexe I ne tient pas compte des valeurs indiquées dans la troisième colonne en ce qui concerne ladite zone.

Par dérogation au premier alinéa, l’évaluation des sols à l’intérieur d’une zone mentionnée dans la quatrième colonne de l’annexe I ne tient pas compte des valeurs indiquées dans la troisième colonne en ce qui concerne ladite zone.

Un sol ne présente pas un bon état de santé lorsqu’au moins un des critères visés au paragraphe 1 n’est pas satisfait («sol en mauvais état de santé»).

Les sols dont le statut s’avère inférieur à celui de sol en bon état de santé font l’objet d’une approche de type «feux de signalisation» en vertu de laquelle les sols sont classés selon leur état de santé moyen, médiocre ou mauvais.

Un sol pour lequel les valeurs d’un ou de plusieurs descripteurs du sol énumérés à l’annexe I, partie A ou B, s’écartent modérément des critères établis est classé comme sol à l’état de santé moyen.

Un sol pour lequel les valeurs d’un ou de plusieurs descripteurs du sol énumérés à l’annexe I, partie A ou B, s’écartent sensiblement des critères établis est classé comme sol à l’état de santé médiocre.

Un sol pour lequel les valeurs d’un ou de plusieurs descripteurs du sol énumérés à l’annexe I, partie A ou B, s’écartent sensiblement des critères établis, et où est observée une perte critique de services écosystémiques conformément au paragraphe 3, est classé comme sol en mauvais état de santé.

Les critères non remplis en raison de concentrations de fond naturelles peuvent être écartés.

Exposé des motifs

Des concentrations de substances figurant à l’annexe I apparaissent naturellement dans certains sols en l’absence de toute influence anthropique et ne signifient donc pas qu’un sol doit être classé comme étant en mauvais état de santé. En outre, les sols qui ne sont pas considérés comme sains devraient être différenciés en fonction de la gravité de la contamination.

Amendement 14

Article 10, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. À partir du [OP: prière d’insérer la date = 4 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive], les États membres prennent au moins les mesures suivantes, en tenant compte du type, de l’utilisation et de l’état des sols:

1. À partir du [OP: prière d’insérer la date = 4 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive], les États membres prennent au moins les mesures suivantes, en tenant compte du type, de l’utilisation et de l’état des sols:

(a)

définir les pratiques de gestion durable des sols conformes aux principes de gestion durable des sols énoncés à l’annexe III à mettre progressivement en œuvre sur l’ensemble des sols gérés et, suivant les résultats des évaluations du sol effectuées conformément à l’article 9, les pratiques de régénération à mettre progressivement en œuvre sur les sols en mauvais état de santé des États membres;

(a)

définir les pratiques de gestion durable des sols conformes aux principes de gestion durable des sols énoncés à l’annexe III à mettre progressivement en œuvre sur l’ensemble des sols gérés et, suivant les résultats des évaluations du sol effectuées conformément à l’article 9, les pratiques de régénération à mettre progressivement en œuvre sur les sols en mauvais état de santé des États membres , en particulier dans les situations où ce mauvais état de santé empêche d’appliquer à ces terres le type d’utilisation prévu ;

(b)

définir les pratiques de gestion des sols et les autres pratiques ayant une incidence négative sur la santé des sols et devant être évitées par les gestionnaires de sols.

(b)

définir les pratiques de gestion des sols et les autres pratiques ayant une incidence négative sur la santé des sols et devant être évitées par les gestionnaires de sols. Au plus tard deux ans après l’entrée en vigueur de la présente directive, les États membres répertorient et détaillent les pratiques à mettre en œuvre et celles à éviter dans un plan de mise en œuvre de la gestion durable des sols, qui doit être rendu public.

Lorsqu’ils définissent les pratiques et les mesures visées au présent paragraphe, les États membres tiennent compte des programmes, plans, objectifs et mesures mentionnés à l’annexe IV ainsi que des dernières connaissances scientifiques, notamment les résultats de la mission Horizon Europe «Un pacte pour des sols sains en Europe».

Lorsqu’ils définissent les pratiques et les mesures visées au présent paragraphe, les États membres tiennent compte des programmes, plans, objectifs et mesures mentionnés à l’annexe IV ainsi que des dernières connaissances scientifiques, notamment les résultats de la mission Horizon Europe «Un pacte pour des sols sains en Europe».

Ils classent les pratiques et mesures visées au présent paragraphe en fonction du type prévu d’utilisation des terres.

Les États membres identifient les synergies possibles avec les programmes, plans et mesures mentionnés à l’annexe IV. Les données issues de la surveillance de la santé des sols, les résultats des évaluations de la santé des sols, l’analyse visée à l’article 9 et les mesures de gestion durable des sols servent de base à l’élaboration des programmes, plans et mesures mentionnés à l’annexe IV.

Les États membres identifient les synergies possibles avec les programmes, plans et mesures mentionnés à l’annexe IV. Les données issues de la surveillance de la santé des sols, les résultats des évaluations de la santé des sols, l’analyse visée à l’article 9 et les mesures de gestion durable des sols servent de base à l’élaboration des programmes, plans et mesures mentionnés à l’annexe IV.

Les États membres veillent à ce que le processus d’élaboration des pratiques visées au premier alinéa soit ouvert, inclusif et efficace et à ce que le public concerné, en particulier les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres, soit associé au processus et dispose au plus tôt de possibilités effectives d’y participer.

Les États membres veillent à ce que le processus d’élaboration des pratiques visées au premier alinéa soit ouvert, inclusif et efficace et à ce que les parties prenantes concernées soient associées au processus et disposent au plus tôt de possibilités effectives d’y participer.

Amendement 15

Article 10, paragraphe 4 (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

4. Pour adapter les principes de gestion durable des sols afin de tenir compte du progrès scientifique et technique, la Commission fournit des lignes directrices et des instructions en vue d’appliquer efficacement l’annexe III.

Exposé des motifs

Il convient d’appliquer les principes de gestion des sols en s’appuyant sur une bonne connaissance des conditions locales. Au lieu d’adopter des actes délégués, la Commission pourrait soutenir les autorités compétentes et les gestionnaires des sols en fournissant des orientations sur les dernières avancées dans ce domaine.

Amendement 16

Article 11

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

Lorsqu’il y a artificialisation, les États membres veillent au respect des principes suivants:

Lorsqu’il y a artificialisation, les États membres veillent au respect des principes suivants , en tenant compte de la durabilité sociale, économique et environnementale :

(a)

éviter ou limiter autant que possible sur le plan technique et économique la perte de la capacité du sol à fournir différents services écosystémiques, dont la production de denrées alimentaires:

(a)

éviter ou limiter autant que possible sur le plan technique et économique la perte de la capacité du sol à fournir différents services écosystémiques, dont la production de denrées alimentaires:

i)

en réduisant autant que possible la superficie de terres artificialisées,

i)

en réduisant autant que possible la superficie de terres artificialisées,

ii)

en sélectionnant des lieux où la perte de services écosystémiques serait réduite au minimum, et

ii)

en sélectionnant des lieux où la perte de services écosystémiques serait réduite au minimum, et

iii)

en faisant en sorte que l’artificialisation ait le moins d’incidences négatives possible sur les sols;

iii)

en faisant en sorte que l’artificialisation ait le moins d’incidences négatives possible sur les sols;

(b)

compenser autant que possible la perte de capacité des sols à fournir différents services écosystémiques.

(b)

compenser autant que possible la perte de capacité des sols à fournir différents services écosystémiques.

Amendement 17

Article 12

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les États membres gèrent les risques pour la santé humaine et l’environnement associés aux sites contaminés ou potentiellement contaminés et les maintiennent à un niveau acceptable, en tenant compte des incidences environnementales, sociales et économiques de la contamination des sols et des mesures de réduction des risques adoptées en application de l’article 15, paragraphe 4.

1. Les États membres gèrent les risques pour la santé humaine et l’environnement associés aux sites contaminés ou potentiellement contaminés et les maintiennent à un niveau acceptable, en tenant compte des incidences environnementales, sociales et économiques de la contamination des sols et des mesures de réduction des risques adoptées en application de l’article 15, paragraphe 4. L’évaluation des risques pour la santé humaine est toujours effectuée en lien avec le type d’utilisation des terres.

2. Au plus tard le [OP: prière d’insérer la date = 4 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive], les États membres mettent en place une approche fondée sur les risques en ce qui concerne:

2. Au plus tard le [OP: prière d’insérer la date = 4 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive], les États membres mettent en place une approche fondée sur les risques en ce qui concerne:

(a)

l’identification des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 13;

(a)

l’identification des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 13;

(b)

l’analyse des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 14;

(b)

l’analyse des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 14;

(c)

la gestion des sites contaminés conformément à l’article 15.

(c)

la gestion des sites contaminés conformément à l’article 15.

3. L’exigence énoncée au paragraphe 2 est sans préjudice d’exigences plus strictes découlant de la législation de l’Union ou du droit national.

3. L’exigence énoncée au paragraphe 2 est sans préjudice d’exigences plus strictes découlant de la législation de l’Union ou du droit national.

4. Des possibilités effectives sont données au plus tôt au public concerné:

4. Des possibilités effectives sont données au plus tôt au public concerné:

a)

de participer à l’établissement et à l’application concrète de l’approche fondée sur les risques définie au présent article;

a)

de participer à l’établissement et à l’application concrète de l’approche fondée sur les risques définie au présent article;

b)

de fournir des informations utiles pour l’identification des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 13, l’analyse des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 14 et la gestion des sites contaminés conformément à l’article 15;

b)

de fournir des informations utiles pour l’identification des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 13, l’analyse des sites potentiellement contaminés conformément à l’article 14 et la gestion des sites contaminés conformément à l’article 15;

c)

de demander la rectification des informations contenues dans le registre des sites contaminés et potentiellement contaminés visé à l’article 16.

c)

de demander la rectification des informations contenues dans le registre des sites contaminés et potentiellement contaminés visé à l’article 16.

Exposé des motifs

L’approche fondée sur les risques qui est proposée ne précise pas clairement quel usage faire de la description de «sols en mauvaise santé» et traite de la même façon les risques pour la santé humaine et les incidences sur l’environnement. Il importe de toujours évaluer les risques pour la santé humaine en fonction du type d’utilisation des terres afin de permettre l’utilisation des sols.

Amendement 18

Article 13, paragraphe 3

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

3. Les États membres font en sorte que tous les sites potentiellement contaminés soient identifiés et dûment inscrits au registre visé à l’article 16 avant le [OP: veuillez insérer la date = 7 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive].

3. Les États membres font en sorte que les sites potentiellement contaminés soient identifiés et dûment inscrits au registre visé à l’article 16 avant le [OP: veuillez insérer la date = 7 ans après la date d’entrée en vigueur de la directive].

Amendement 19

Article 14, paragraphe 1

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les États membres veillent à ce que tous les sites potentiellement contaminés identifiés conformément à l’article 13 fassent l’objet d’une analyse de sol.

1. Les États membres veillent à ce que tous les sites potentiellement contaminés identifiés conformément à l’article 13 fassent l’objet d’une analyse de sol , le cas échéant conformément à l’approche fondée sur les risques présentée à l’annexe VI .

Exposé des motifs

Procéder à chaque étape de gestion à une évaluation des risques consistant à obtenir des informations complémentaires, conformément à une compréhension générale de l’approche fondée sur les risques, est propre à garantir que l’augmentation des coûts liés à chaque étape de gestion est axée sur les contaminants pertinents. Cela exige une extension de l’évaluation des risques, comme prévu à l’annexe VI.

Amendement 20

Article 15, paragraphe 2

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2. Les États membres définissent ce qui constitue un risque inacceptable pour la santé humaine et l’environnement résultant des sites contaminés, compte tenu des connaissances scientifiques existantes, du principe de précaution, des spécificités locales, ainsi que de l’utilisation actuelle et future des sols. [...] 4. En fonction des résultats de l’évaluation visée au paragraphe 3, l’autorité compétente responsable prend des mesures appropriées pour ramener les risques à un niveau acceptable pour la santé humaine et l’environnement (ci-après les «mesures de réduction des risques»).

2. Les États membres définissent ce qui constitue un risque inacceptable pour la santé humaine et l’environnement résultant des sites contaminés, compte tenu des connaissances scientifiques existantes, du principe de précaution, de la durabilité sociale et économique, des spécificités locales, ainsi que de l’utilisation actuelle et future des sols. [...] 4. En fonction des résultats de l’évaluation visée au paragraphe 3, l’autorité compétente responsable veille à ce que des mesures appropriées soient prises pour ramener les risques à un niveau acceptable pour la santé humaine et l’environnement (ci-après les «mesures de réduction des risques»).

Amendement 21

Article 15, paragraphe 7 (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

7. Pour adapter au progrès scientifique et technique la liste des mesures de réduction des risques ainsi que les exigences relatives à l’évaluation des risques propre au site, la Commission fournit des orientations et des instructions destinées à garantir une mise en œuvre efficace des annexes V et VI.

Exposé des motifs

Les pratiques de gestion des risques doivent être mises en œuvre avec une bonne connaissance des conditions locales et exigent une planification à long terme. Au lieu d’adopter des actes délégués, la Commission pourrait soutenir les autorités compétentes en fournissant des orientations sur les dernières avancées dans ce domaine.

Amendement 22

Article 15, paragraphe 8 (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

8. Les mesures de réduction des risques peuvent comprendre les mesures visées à l’annexe V. Lorsqu’elle décide des mesures de réduction des risques appropriées et de leur calendrier, l’autorité compétente tient compte de l’utilisation actuelle et projetée des terres ainsi que des coûts, des avantages, de l’efficacité, de la durabilité et de la faisabilité technique des mesures de réduction des risques disponibles.

Exposé des motifs

Il importe que l’autorité compétente ait la faculté de définir le moment approprié pour les pratiques de gestion, en tenant compte des besoins d’utilisation des terres et des risques pour l’environnement et la santé humaine.

Amendement 23

Article 16, paragraphe 6 (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

6. Le pouvoir d’adopter des actes délégués visé aux articles 8 et 16 est conféré à la Commission pour une durée indéterminée à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente directive.

Exposé des motifs

Il s’agit d’adapter le libellé compte tenu des amendements apportés aux articles 10 et 15.

Amendement 24

Article 18

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1. Les États membres communiquent par voie électronique à la Commission et à l’AEE, au moins tous les cinq ans, les données et informations suivantes:

1. Les États membres communiquent par voie électronique à la Commission et à l’AEE, au moins tous les cinq ans, les données et informations suivantes:

(a)

les données et résultats de la surveillance et de l’évaluation de l’état de santé des sols menées conformément aux articles 6 à 9;

(a)

les données et résultats de la surveillance et de l’évaluation de l’état de santé des sols menées conformément aux articles 6 à 9;

(b)

une analyse des tendances de la santé du sol pour les descripteurs figurant à l’annexe I, parties A, B et C, et pour les indicateurs d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols figurant à l’annexe I, partie D, conformément à l’article 9;

(b)

une analyse des tendances de la santé du sol pour les descripteurs figurant à l’annexe I, parties A, B et C, et pour les indicateurs d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols figurant à l’annexe I, partie D, conformément à l’article 9;

(c)

un résumé des progrès accomplis en ce qui concerne:

(c)

un résumé des progrès accomplis en ce qui concerne:

i)

la mise en œuvre des principes de gestion durable des sols conformément à l’article 10,

i)

la mise en œuvre des principes de gestion durable des sols conformément à l’article 10,

ii)

l’enregistrement, l’identification, l’analyse et la gestion des sites contaminés conformément aux articles 12 à 16;

ii)

l’enregistrement, l’identification, l’analyse et la gestion des sites contaminés conformément aux articles 12 à 16 ,

iii)

la réalisation des objectifs en faveur de sols en bonne santé fixés conformément à l’article 9, paragraphe 1, point a);

(d)

les données et informations contenues dans le registre visé à l’article 16. Les premiers rapports sont présentés au plus tard le

(d)

les données et informations contenues dans le registre visé à l’article 16. Les premiers rapports sont présentés au plus tard le

[OP: veuillez insérer la date = 5 ans et 6 mois après la date d’entrée en vigueur de la directive].

[OP: veuillez insérer la date = 5 ans et 6 mois après la date d’entrée en vigueur de la directive].

2. En collaboration avec les gestionnaires de districts de gestion des sols, les États membres élaborent et adoptent des plans relatifs à la santé des sols établissant une trajectoire claire pour la réalisation des objectifs de la directive.

Amendement 25

Article 23, paragraphe 3, point d) (nouveau)

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(d)

le principe du pollueur-payeur .

Exposé des motifs

Il importe de veiller à ce que les sanctions ciblent les responsables conformément au principe du pollueur-payeur.

Amendement 26

Annexe III

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(h)

utiliser des espèces adaptées au site pour la plantation de cultures, de végétaux ou d’arbres lorsque cela peut empêcher la dégradation des sols ou contribuer à améliorer la santé des sols , compte tenu, également, de l’adaptation au changement climatique;

(h)

mettre en œuvre des pratiques en matière de plantation de cultures, de végétaux ou d’arbres qui prennent en compte la prévention de la dégradation des sols , la contribution à une meilleure santé des sols et l’adaptation au changement climatique;

Exposé des motifs

Pour réaliser les objectifs consistant à prévenir la dégradation des sols, à contribuer à l’amélioration de leur santé et à assurer l’adaptation au changement climatique, il y a lieu de se concentrer davantage sur les méthodes et pratiques agricoles, plutôt que sur la limitation des espèces à utiliser.

Amendement 27

Annexe VI

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

2.

Pour chaque site, il est procédé à une évaluation des risques en fonction de l’objectif ou des objectifs de protection pertinent(s). Ces objectifs de protection peuvent se rapporter à l’utilisation des sols, aux eaux souterraines, aux eaux de surface, à la nature ou à l’utilisation agricole.

Exposé des motifs

L’évaluation des risques est effectuée par rapport à l’objectif final ou l’objectif de protection. Lorsqu’aucun objectif de protection n’est applicable, y compris concernant l’utilisation actuelle des sols, l’objectif de protection est l’utilisation possible du sol à l’avenir, et les mesures peuvent se limiter à l’enregistrement, conformément à l’approche fondée sur les risques décrite à l’annexe VI.

Amendement 28

Annexe VI

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

1.

Une évaluation des risques est effectuée à chaque étape de gestion, après quoi il est décidé si le site doit passer ou non à l’étape de gestion suivante, dans le cadre d’une approche étape par étape.

Exposé des motifs

L’application de l’approche fondée sur les risques normalisée garantit que les ressources sont concentrées sur les sites les plus à risque.

Amendement 29

Annexe VII

Texte proposé par la Commission européenne

Amendement du CdR

(f)

les prochaines mesures et étapes de gestion requises, telles que visées aux articles 14 et 15, assorties d’un calendrier.

Exposé des motifs

Il est possible que la prochaine étape de gestion soit très éloignée dans l’avenir et soumise à une hiérarchisation des priorités continue. Lorsqu’aucun objectif de protection n’est applicable, l’objectif de protection est l’utilisation possible du sol à l’avenir, et les mesures peuvent se limiter à l’enregistrement, conformément à l’approche fondée sur les risques. Il n’est pas systématiquement nécessaire de passer à une nouvelle étape.

II. RECOMMANDATIONS POLITIQUES

LE COMITÉ EUROPÉEN DES RÉGIONS (CdR),

1.

se félicite de l’objectif de la Commission européenne visant à établir un cadre européen cohérent et intégré pour la protection des sols en vue de parvenir à des sols en bonne santé d’ici à 2050, et souligne que de tels sols constituent une base essentielle pour l’économie européenne et lorsqu’il s’agit de réaliser la neutralité climatique et l’objectif «zéro pollution», d’enrayer et d’inverser la perte de biodiversité, d’assurer la sécurité alimentaire et la sécurité de l’eau, ainsi que de préserver la santé publique; met en outre l’accent sur le coût de l’inaction en matière de dégradation des sols, estimé à plus de 50 milliards d’EUR par an à l’échelle de l’Union, considérant que jusqu’à 70 % des sols de l’Union présentent actuellement un mauvais état de santé;

2.

reconnaît le rôle primordial des collectivités locales et régionales dans la mise en œuvre de pratiques de gestion durable des sols, en particulier dans les régions moins développées, et insiste sur l’importance de leur participation active aux initiatives en faveur d’une meilleure santé des sols;

3.

souligne que des sols en bonne santé sont essentiels pour atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe, tels que la neutralité climatique, une pollution zéro, la restauration de la biodiversité, des systèmes alimentaires sains et durables, la sécurité de l’eau et la préservation de la santé publique;

4.

souligne que les politiques en matière de sols revêtent une forte dimension locale et territoriale, qui s’explique par l’extrême variété des conditions qui prévalent en ce qui concerne les écosystèmes, la composition des sols, les concentrations de fond naturelles, l’utilisation des sols, les densités de population et le climat, ainsi que par des structures administratives différentes aux niveaux local, régional et national. Il y a lieu de prendre cette diversité en considération en appliquant pleinement l’approche de la gouvernance à plusieurs niveaux, qui permet d’associer comme il se doit les collectivités locales et régionales à l’ensemble des politiques et programmes pertinents. Il s’agit là du seul moyen de garantir des descripteurs du sol et des critères clairs, mais flexibles et applicables au niveau local et qui soient pertinents pour tous les sols, tout en permettant la comparabilité entre les États membres;

5.

demande instamment à la Commission européenne de mettre en place des initiatives de soutien et de renforcement des capacités ciblant spécifiquement les collectivités locales et régionales, en particulier dans les régions moins développées, afin qu’elles puissent, à leur échelon, déployer des stratégies efficaces de conservation des sols et lutter contre la pollution par les plastiques;

6.

reconnaît que la proposition de directive sur la surveillance des sols constitue une première étape importante sur la voie de sols en bonne santé, qui comble un important vide législatif en complétant la législation existante sur l’eau et sur l’air, et déplore que cette directive ne soit pas tant une législation sur la santé des sols qu’un outil de surveillance des sols;

7.

est d’avis que les districts de gestion des sols peuvent constituer un instrument bénéfique, mais s’inquiète de la manière dont la délimitation sera réalisée, étant donné qu’il existe un équilibre fragile à trouver entre les divisions administratives et des unités pédologiques comparables. Il s’ensuit qu’il conviendra de se montrer suffisamment flexibles en ce qui concerne la délimitation et l’administration des districts de gestion des sols, et que leur mise en place devra se faire en étroite concertation avec les collectivités locales et régionales, sans exclure la possibilité de districts transfrontières;

8.

invite les États membres à définir, en coopération avec les autorités de district responsables et les collectivités locales et régionales concernées, des objectifs pour les districts de gestion des sols devant permettre de surveiller la santé des sols ainsi que de planifier et hiérarchiser les mesures à prendre pour restaurer la santé des sols dégradés et protéger les sols intacts ainsi que la biodiversité des sols; insiste sur l’importance de la séquestration du carbone dans des sols en bonne santé, souligne le rôle des écosystèmes des sols dans l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets, et encourage les États membres à promouvoir des initiatives de boisement et de reboisement ainsi qu’à assurer la coordination technique des activités de lutte contre les feux de forêt et leur efficacité opérationnelle sur le territoire européen;

9.

demande à la Commission, aux États membres et aux collectivités locales et régionales d’améliorer et d’accélérer les efforts visant à exploiter pleinement la valeur de l’eau pour parvenir notamment à la réutilisation complète des nutriments et des composants précieux présents dans les eaux usées afin d’améliorer la circularité dans l’agriculture et d’éviter le rejet excessif de nutriments dans l’environnement;

10.

reconnaît que la santé des sols sur les terres agricoles revêt une grande importance, mais s’inquiète du fait que dans les descripteurs et les critères qu’elle établit, la proposition se consacre excessivement à la santé des sols sur les terres agricoles et qu’elle s’en trouve déséquilibrée, perdant une partie de sa pertinence pour les régions où prédominent d’autres formes d’utilisation des terres;

11.

reconnaît que la perte de biodiversité, exacerbée par la pollution, affaiblit la capacité des écosystèmes à fournir des services essentiels, y compris la séquestration du carbone et la décontamination; appelle de ses vœux des politiques intégrées pour la conservation de la biodiversité qui soient en accord avec les initiatives en faveur de la santé des sols;

12.

insiste sur l’importance de faire en sorte que les éléments figurant aux annexes I et II soient bien équilibrés, clairs et pertinents pour tous les sols, d’explorer les synergies avec les systèmes de surveillance préexistants et d’accorder toute l’attention requise à l’ensemble des exclusions qui s’imposent. L’effet des descripteurs, critères et méthodologies proposés sur les différents types de sols doit faire l’objet d’un examen approfondi, et une révision doit être possible;

13.

fait valoir que les réglementations de l’UE en matière de climat et d’environnement doivent faire l’objet d’une approche intégrée afin de réduire les chevauchements réglementaires, et est convaincu que les mesures prévues dans d’autres actes législatifs, tels que le règlement concernant une utilisation des produits phytopharmaceutiques compatible avec le développement durable et les diverses initiatives législatives de la Commission en cours en matière de prévention de la pollution par les plastiques, sont nécessaires pour garantir que les principes de précaution sont adoptés en amont;

14.

encourage les États membres, en coopération avec les collectivités locales et régionales, à introduire des mesures cohérentes de protection des sols dans leurs plans stratégiques nationaux relevant de la PAC et à veiller à ce que les pratiques agronomiques fondées sur l’agroécologie et l’agriculture carbonée soient largement utilisées; invite la Commission à évaluer si ces plans stratégiques nationaux garantissent un niveau élevé de protection des sols et à promouvoir des mesures visant à régénérer les sols agricoles dégradés; plaide pour des mesures visant à promouvoir des pratiques de travail moins intensives qui perturbent le moins possible les sols, ainsi que l’agriculture biologique et l’apport de matières organiques aux sols;

15.

demande un soutien technique et financier accru pour la mise en œuvre des mesures en faveur de la santé des sols dans les territoires européens, en étroite collaboration avec la mission «Sols» de l’UE, qui met l’accent sur l’innovation et l’échange d’idées et de bonnes pratiques ainsi que sur la promotion et la mise en place de solutions respectueuses de la nature, telles que les jardins communautaires, les exploitations et parcs régénérateurs et les projets de planification durable. Il convient d’établir une coopération directe entre les laboratoires vivants et les collectivités locales et régionales qui ne font pas partie de la mission «Sols», y compris les groupements transnationaux. En outre, l’utilisation et la promotion des outils existants tels que la PAC (programmes écologiques) et Horizon (mission «Sols») peuvent également contribuer à l’ambition de parvenir à des sols en bonne santé d’ici à 2050 et encourager l’action aux niveaux local, régional et national, par exemple en récompensant les agriculteurs pour la bonne gestion des terres et des ressources naturelles et pour la fourniture de services écosystémiques. Le Comité demande à la Commission d’évaluer si les fonds disponibles sont suffisants pour couvrir une contribution supplémentaire en faveur de la santé des sols et, s’ils s’avèrent insuffisants, d’envisager d’inclure un financement spécifique approprié dans le prochain cadre financier pluriannuel;

16.

signale, dans le même temps, que limiter cette ambition au territoire de l’Union européenne fait peser un risque très sérieux sur son économie; souligne la nécessité de parvenir à des conditions de concurrence équitables concernant l’entrée de produits issus de pays tiers et de soutenir le secteur agricole de l’Union, en veillant à ce que les agriculteurs européens restent compétitifs sur le marché international et en remédiant au risque de voir les problèmes environnementaux et la dégradation des écosystèmes des sols transférés vers des pays tiers dotés de réglementations moins strictes;

17.

attire l’attention sur le fait que la question des sols est une thématique essentielle qui n’a pas encore pleinement éveillé l’intérêt du public; demande que des mesures soient prises pour sensibiliser les gestionnaires de terres ainsi que les particuliers et les autres acteurs clés à l’importance de la santé des sols, et invite le CdR à s’adresser au réseau européen de sensibilisation aux sols afin de contribuer à des campagnes de communication ciblées et à un engagement plus large de la société sur le terrain; estime que la sensibilisation et l’éducation contribueront par ailleurs à la création de nouveaux modèles économiques à l’épreuve du temps;

18.

demande que l’accent soit mis davantage sur l’atténuation du changement climatique et sur l’importance du retrait de terres à des fins d’adaptation au changement climatique. L’évolution du climat, qui se traduit par une plus grande fréquence des épisodes de sécheresse et de fortes précipitations, est susceptible d’altérer la stabilité des sols et d’accroître ainsi le risque d’érosion et de glissements de terrain. Il convient d’accorder une attention particulière à la surveillance des zones côtières marines afin de prévenir et combattre tout comportement illicite et toute exploitation non autorisée de l’environnement;

19.

souligne l’importance d’une approche équilibrée en ce qui concerne les charges administratives et financières, de l’établissement d’un calendrier réaliste mais ambitieux, ainsi que d’une répartition claire des responsabilités entre les différents acteurs, dans le respect du principe de subsidiarité, et demande que soit appliqué le principe du pollueur-payeur, y compris dans les cas de contaminations historiques et futures, en veillant à ce que le pollueur soit tenu d’apporter une contribution financière appropriée aux coûts découlant de la dégradation des écosystèmes des sols;

20.

met en garde contre le fait qu’une gestion non durable des sols menace la sécurité alimentaire et pourrait aggraver l’état de la biodiversité et les effets du changement climatique; dans ce contexte, et compte tenu de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, se félicite du soutien apporté à une gestion durable des sols et souligne la nécessité pour les gestionnaires de sols de recevoir une aide financière jusqu’à ce que cette gestion durable produise les avantages escomptés; invite toutefois les États membres à garantir une participation adéquate des collectivités locales et régionales, notamment en ce qui concerne la promotion de pratiques durables en matière de sols et la diffusion des meilleures pratiques, mais aussi dans le domaine du renforcement des capacités;

21.

invite la Commission à inclure, dans le portail numérique de données sur la santé des sols, une boîte à outils gratuite et accessible au public sur la gestion durable des sols, qui fournisse aux gestionnaires de sols des informations concrètes, tenant compte de la diversité des types de sols, des modes d’utilisation des terres et des conditions climatiques, concernant le recours aux pratiques de gestion durable des sols;

22.

juge nécessaire de clarifier la manière dont une zone contaminée au sein d’un district de gestion des sols affecte la classification sanitaire des sols, dans un contexte où les dispositions de la directive prévoient des mesures de réduction des risques et non d’assainissement;

23.

estime que le principe du paramètre déclassant («one out, all out») tel qu’il est proposé est déséquilibré et peut de ce fait fausser la perception de l’état de santé des sols dans les États membres. Un modèle d’évaluation classant la santé des sols en quatre catégories (bonne, moyenne, médiocre ou mauvaise) donnerait une meilleure vue d’ensemble de l’état des sols dans les États membres et fournirait ainsi une meilleure assise pour l’établissement de priorités au moment de fixer des objectifs;

24.

demande la mise en place d’un mécanisme permettant de distinguer si une pollution est ponctuelle ou diffuse. Les concentrations de fond naturelles et anthropiques résultant d’une pollution diffuse peuvent entraîner des concentrations importantes de contaminants, dans une mesure telle que la gestion des pollutions ponctuelles pose un défi majeur. Par conséquent, il convient de tenir également compte des concentrations de fond pour déterminer les pollutions ponctuelles et définir des mesures à prendre à leur égard. En outre, les concentrations de fond ont une incidence sur la possibilité de recycler les matériaux de ces zones;

25.

insiste sur l’importance de respecter les principes de proportionnalité et de subsidiarité et souligne que conformément à l’article 192 du TFUE, les mesures ayant une incidence sur l’aménagement du territoire ne peuvent être décidées dans le cadre de la procédure législative ordinaire.

Bruxelles, le 19 juin 2024.

Le président

du Comité européen des régions

Vasco ALVES CORDEIRO


ELI: http://data.europa.eu/eli/C/2024/5371/oj

ISSN 1977-0936 (electronic edition)


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