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AccueilDroit européen52023BP1830
Acte préparatoire52023BP1830

Acte préparatoire — 52023BP1830

CELEX52023BP1830
TypeActe préparatoire
Datemercredi 10 mai 2023

Texte intégral

29.9.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 242/111


RÉSOLUTION (UE) 2023/1830 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 10 mai 2023

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021, section V — Cour des comptes

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2021, section V — Cour des comptes,

—

vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0081/2023),

A.

considérant que la Cour des comptes (ci-après la «Cour») est l’auditeur externe de l’Union, chargé, au moyen de travaux d’audit indépendants, professionnels et efficaces, d’évaluer l’économie, l’efficacité, l’efficience, la légalité et la régularité de l’action de l’Union afin d’améliorer la responsabilité, la transparence et la gestion financière, et ainsi de renforcer la confiance des citoyens et de répondre efficacement aux défis actuels et futurs auxquels l’Union est confrontée;

B.

considérant que, sans préjudice des dispositions des articles 287 et 319 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (traité FUE), la Cour, depuis la clôture de l’exercice 1987, fait annuellement vérifier son compte de gestion par un réviseur externe indépendant et que les rapports de ce dernier sont, depuis celui relatif à l’exercice 1992, publiés au Journal officiel de l’Union européenne;

C.

considérant que la Cour rend compte de sa gestion aux autorités budgétaires au moyen d’un rapport annuel d’activité de son secrétaire général, document qui, conformément à l’article 74, paragraphe 9, du règlement financier, a pour objet de fournir des informations sur la gestion des ressources, y compris les systèmes, et sur l’efficience et l’efficacité des systèmes de contrôle interne de la Cour;

D.

considérant, dans le contexte de la procédure de décharge, que l’autorité de décharge tient à souligner qu’il est particulièrement important de renforcer davantage la légitimité démocratique des institutions de l’Union en améliorant la transparence et la responsabilité et en appliquant les concepts de budgétisation axée sur les performances et de bonne gestion des ressources humaines;

E.

considérant qu’en agissant de manière transparente et indépendante, la Cour contribue au contrôle démocratique, au débat public et à la bonne gestion financière de l’Union;

F.

considérant que la Cour a adopté la position selon laquelle, pour évaluer la gouvernance de l’Union, son obligation de rendre des comptes et sa transparence ainsi que la qualité et la fiabilité des informations et des données communiquées sur la mise en œuvre des politiques de l’Union, la meilleure solution serait que la Cour soit chargée d’auditer l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union créés par les traités ou en vertu de ceux-ci, ainsi que toutes les structures intergouvernementales présentant un intérêt majeur pour le fonctionnement de l’Union; que, par conséquent, la Cour accueillerait favorablement toute initiative qui lui conférerait un mandat plus large;

1.

note que le budget de la Cour relève de la rubrique 7 du cadre financier pluriannuel (CFP), «Administration publique européenne», qui s’élevait au total à 10,7 milliards d’EUR en 2021 (soit 5,9 % des dépenses budgétaires de l’Union); relève que le budget de la Cour représente environ 1,5 % du total des dépenses administratives de l’Union, soit moins de 0,1 % du total des dépenses de l’Union;

2.

relève que la Cour indique que les travaux qu’elle a réalisés depuis de nombreuses années montrent que la rubrique 7 du CFP concerne globalement des dépenses à faible risque;

3.

sait que les comptes annuels de la Cour sont contrôlés par un auditeur externe indépendant afin que les principes de transparence et de responsabilité que la Cour applique aux entités qu’elle contrôle lui soient également appliqués; note avec satisfaction que l’auditeur externe n’a fait état d’aucun problème particulier à l’issue de son audit de la Cour;

Gestion budgétaire et financière

4.

relève que le budget définitif de la Cour pour 2021 s’élevait à 153 721 727 EUR, soit une légère augmentation de 0,97 % par rapport au budget de 152 237 000 EUR en 2020, due principalement à des adaptations salariales;

5.

relève que l’exécution budgétaire est élevée (96,65 %, contre 95,70 % en 2020), et que les paiements représentaient 94,45 % du total des engagements, contre 94,12 % en 2020; souligne que le délai de paiement moyen en 2021 était de 10,7 jours et que la part des factures électroniques était de 19 %, contre 11 % en 2020;

6.

constate que les crédits reportés à 2021 s’élevaient à 8 242 668 EUR, ce qui représentait 5,55 % du total des engagements, par rapport à 8 565 175 EUR et 5,88 % en 2020; relève que le report automatique de crédits de 2020 à 2021 ont donné lieu à un taux d’utilisation de 91,70 % en 2021 contre 92,24 % en 2020;

7.

note qu’en 2021, la pandémie de COVID-19 a eu une incidence sur l’activité de la Cour, de sorte que, pour certaines lignes, l’utilisation des crédits a diminué, tandis que, pour d’autres, la crise sanitaire a nécessité des dépenses supplémentaires; note que, par conséquent, au cours de l’exercice 2021, la Cour a effectué 30 virements budgétaires, représentant un total de 4 397 588 EUR, dans le but de réaffecter des fonds au financement de besoins spécifiques;

8.

relève que les dépenses supplémentaires en 2021 par rapport à 2020 concernaient l’aménagement des locaux (+ 294,55 %), la sécurité (+ 167,55 %), l’informatique (+ 12,34 %), les équipements et installations techniques (+ 31,85 %), tandis que les économies ont été effectuées grâce à une réduction des dépenses destinées aux missions (– 48,83 %), aux publications (– 41,29 %), au service commun d’interprétation et de conférence (– 61,54 %) et au service juridique (– 75 %); souligne que le taux d’utilisation des crédits pour les missions du personnel s’élevait à 25,03 % des crédits finaux en 2021, contre 23,94 % en 2020, en raison de la crise liée à la pandémie de COVID-19, qui a empêché les auditeurs de voyager; rappelle que la Cour prend toutes les mesures possibles pour que les crédits de mission soient utilisés dans le respect le plus strict des principes d’économie, d’efficience et d’efficacité.

Gestion interne, performances et contrôle interne

9.

rappelle la stratégie 2021-2025 de la Cour et souligne que cette dernière a intensifié ses efforts pour utiliser au mieux les technologies modernes et les nouvelles techniques d’audit afin de fournir des informations plus nombreuses et de meilleure qualité pour le processus d’obligation de rendre compte; salue la capacité de la Cour d’effectuer des travaux d’audit sur le terrain, malgré les restrictions en matière de déplacements et les mesures de santé publique, qui ont eu une forte incidence sur les audits sur le terrain, ainsi que le recours étendu à l’audit à distance, qui a permis d’interagir fructueusement avec les parties prenantes et de produire des résultats en temps utile; souligne l’intérêt du Parlement pour un suivi efficace et en temps utile de la mise en œuvre de la stratégie de la Cour pour la période 2021-2025 afin de garantir la cohérence avec les normes les plus élevées en matière de transparence et de responsabilité, et aussi de doter l’Union d’un service d’audit public de qualité; estime que ce suivi requiert la conception d’indicateurs de performance et la définition d’étapes et de résultats mesurables, pour l’élaboration du plan d’action visé dans la stratégie, ainsi que la rédaction de rapports périodiques sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie, y compris l’examen à mi-parcours et l’examen par les pairs;

10.

relève qu’en 2021, un total de 1 156 jours de travaux d’audit ont été effectués sur le terrain, contre 1 817 en 2020 et 6 109 en 2019; constate que le volume des principaux éléments livrables est resté inchangé ou, dans certains cas, s’est amélioré par rapport aux années précédentes, étant donné que la Cour a émis 256 recommandations en 2021 contre 189 en 2020, qu’elle a présenté 7 rapports annuels en 2021 comme en 2020 et qu’elle a présenté 27 rapports spéciaux contre 26 en 2020, tandis que les avis ont été ramenés à 2 en 2021, contre 11 en 2020, et les réexamens à 5 en 2021, contre 6 en 2020;

11.

se félicite du processus de réflexion interne lancé pour identifier les améliorations permettant d’atteindre l’objectif de 13 mois maximum pour la préparation et la rédaction des rapports spéciaux en définissant mieux ou en réduisant la portée de l’audit, en intensifiant le suivi des progrès d’audit, en réduisant la durée des procédures d’examen interne sans affecter le niveau de qualité, et en raccourcissant ou en supprimant, dans la mesure du possible, les délais de notification et de diffusion;

12.

constate qu’en juillet 2021, la Cour a adopté son plan de développement la période 2021-2025 pour une meilleure utilisation de la technologie et des données dans le cadre de l’audit, qui est axé sur l’utilisation accrue des données et fixe des objectifs pour cette période en ce qui concerne l’utilisation de la technologie à l’appui des objectifs d’audit de la Cour; se félicite de la création de l’équipe DATA (données et technologies pour l’audit), composée d’experts, de spécialistes des données et d’auditeurs informatiques, dont l’objectif est de soutenir les équipes d’audit et qui est responsable de la numérisation des travaux d’audit de la Cour; approuve les efforts considérables déployés par la Cour pour améliorer sa capacité informatique d’effectuer une analyse avancée des données;

13.

apprécie l’approche de la Cour consistant à définir sa stratégie sur la base de son analyse des tendances, de son évaluation des risques et des priorités des parties prenantes institutionnelles et des entités auditées; estime que le dialogue entre la Cour et le Parlement en vue d’identifier les sujets d’intérêt et les priorités devrait être rationalisé et coordonné afin de garantir la cohérence et une couverture adéquate des principaux problèmes cernés d’un commun accord, tout en évitant les doubles emplois ou les chevauchements; est conscient que la Cour établit son programme de travail en toute indépendance tout en utilisant les contributions du Parlement fournies par l’intermédiaire de la Conférence des présidents des commissions du Parlement; estime que le programme de travail de la Cour devrait être conçu de façon à permettre une analyse plus efficace spécifiquement en relation avec certaines priorités identifiée, afin de pouvoir être plus flexible face à l’importante charge de travail que représentera la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) à l’avenir; rappelle que les ressources de la Cour devraient servir en priorité à élaborer des rapports spéciaux portant sur la situation actuelle de l’Europe et sur les défis auxquels elle doit faire face, tels que la facilité pour la reprise et la résilience, Next Generation EU (NGEU), la lutte contre la COVID-19, et la gestion des douanes, plutôt qu’à multiplier les rapports spéciaux;

14.

constate que la Cour a procédé à une analyse des besoins et a demandé une augmentation du nombre de postes d’audit pour 2023 tout en remplissant les 20 postes supplémentaires qu’elle a reçus en 2022 dans le tableau des effectifs afin de se concentrer sur NGEU; reconnaît que NGUE entraînera une charge de travail supplémentaire pour la Cour et que la Cour a fait part de son intention de se concentrer, en particulier, sur la FRR; regrette profondément que les dispositions en matière de contrôle budgétaire prévues par le Conseil dans la facilité pour la reprise et la résilience ne prévoient pas de prérogatives suffisantes en matière d’audit à l’égard de la Cour en ce qui concerne les dépenses des États membres;

15.

estime que les travaux de la Cour devraient fournir une analyse plus efficace des autres institutions de l’Union, étant donné qu’elles font partie intégrante de la procédure de décharge; est d’avis que l’audit de la rubrique «Administration publique européenne», bien que celle-ci soit considérée comme une dépense à faible risque et n’ait pas donné lieu, jusqu’à présent, à une erreur supérieure au seuil de signification, fournirait davantage d’informations pertinentes à l’autorité de décharge qu’actuellement s’il était réalisé selon une approche différente, ce qui n’impliquerait pas nécessairement une évaluation distincte chaque année pour chaque institution;

16.

constate que les changements liés au prochain cadre financier pluriannuel, à la facilité pour la reprise et la résilience et à NGUE impliquent le financement et l’utilisation du budget de l’Union, y compris de nouvelles formes de ressources propres, passant des règles d’admissibilité fondées sur la conformité à des aspects liés à la performance dans de nombreux domaines d’action; relève que la Cour s’engagera dans le développement continu de son approche et de sa méthodologie d’audit afin de fournir des assurances solides également dans ce scénario évolutif;

17.

encourage la Cour à renforcer sa contribution à la lutte contre la fraude au détriment du budget de l’Union, non seulement en identifiant et en signalant les faiblesses qui exposent à la fraude les programmes financés par l’Union, mais aussi en tenant compte du débat actuellement en cours entre les acteurs de l’architecture antifraude de l’Union et en intensifiant les travaux d’audit en coopération avec les organismes chargés de la détection de la fraude, en évaluant régulièrement les activités de ces organismes et en fournissant à l’autorité de décharge des informations en retour pour son analyse;

18.

salue la stratégie de la Cour consistant à s’engager à formuler des recommandations sur le rapport coût-efficacité afin de contribuer à la débureaucratisation; souligne qu’en particulier les recommandations de la Cour relatives à l’amélioration de l’efficacité des procédures, à l’utilisation des meilleures pratiques, à l’amélioration de la coordination, à la mise en place de procédures normalisées, à la prévention de la surréglementation, ainsi qu’à la simplification et à la numérisation servent cet objectif;

19.

souligne qu’en 2021, la Cour a recommandé de développer des capacités d’analyse et de coordination au niveau de l’Union afin de mieux coordonner les évaluations des risques et d’élaborer et de tenir à jour des bases de données sur les risques à l’échelle de l’Union à des fins d’utilisation par les États membres; souligne l’importance de l’approbation par la Cour des efforts réalisés en vue de mettre en place des capacités efficaces d’exploration de données afin de procéder à l’analyse des données au niveau de l’Union et de recenser les risques pour l’Union; approuve le soutien apporté par la Cour aux États membres pour améliorer l’efficience et l’efficacité des administrations publiques en recensant les obstacles réglementaires et administratifs et en améliorant le cadre d’échange d’informations entre l’Union et les États membres; invite la Cour à fixer les exigences nécessaires à la collecte, au traitement et au stockage faciles et interopérables des données nécessaires au contrôle de l’utilisation des dépenses publiques par les États membres;

20.

invite la Cour à poursuivre ses efforts pour lutter contre l’étiquetage vert dans la facilité pour la reprise et la résilience et à évaluer la FRR du point de vue de son alignement et de sa contribution aux objectifs du pacte vert pour l’Europe en matière d’action pour le climat, et note que ces efforts ont comporté récemment l’élaboration de rapports spéciaux et d’avis sur le principe consistant à «ne pas causer de préjudice important» et sur l’application de la taxinomie de l’Union; invite la Cour à inclure des tâches spécifiques pour évaluer la contribution et les incidences des objectifs de numérisation de la FRR dans la stratégie numérique et à la transformation numérique de l’Union; est préoccupé par le fait que la Commission n’ait pas défini avant le 21 février 2023 de méthode claire pour quantifier l’incidence financière de l’absence de respect satisfaisant d’une ou de plusieurs étapes sous-jacentes aux paiements;

Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel

21.

relève qu’à la fin de 2021, la Cour comptait 853 postes permanents et temporaires (comme les années précédentes), dont 527 dans des chambres d’audit, dont 104 dans les cabinets des membres, et qu’elle employait en outre 92 agents contractuels et 25 experts nationaux détachés, contre respectivement 83 et 15 en 2020;

22.

observe que le total des postes équivalents temps plein de la Cour en 2021 était de 955, dont 749 (soit 79 %) pour exécuter des tâches d’audit;

23.

note qu’en 2021, une série importante d’actions ont été lancées pour fournir des ressources pour l’audit de Next Generation EU, en particulier un appel interne à manifestation d’intérêt lancé en septembre 2021 et un appel à candidatures d’experts nationaux détachés publié en octobre 2021, et que la sélection pour la liste de réserve en vue du recrutement de 20 agents temporaires supplémentaires a été finalisée, la procédure de recrutement devant arriver à son terme au cours du premier trimestre de 2023;

24.

observe qu’au 31 décembre 2021, le taux d’occupation à la Cour était de 97,3 % (23 des 853 postes permanents et temporaires à la Cour étaient vacants et ouverts au recrutement), contre 97,2 % à la fin de 2020; se félicite de la poursuite des efforts intensifs de recrutement, concrétisés en 2021 par 80 nouveaux recrutements, dont 16 fonctionnaires, 21 agents temporaires, 30 agents contractuels et 13 END;

25.

constate que l’équilibre entre les hommes et les femmes au sein du personnel est recherché et atteint: la proportion de femmes parmi les fonctionnaires et les temporaires est respectivement de 50,76 % et 60,82 %, et elle est proche de ces niveaux également pour les agents contractuels (47,83 %) et les experts nationaux détachés (48 %); salue la situation positive de la répartition hommes-femmes dans les postes d’encadrement, les femmes occupant 13 des 28 postes de chef de cabinet et 4 des 10 postes de directeur, tout en observant que l’équilibre n’a pas encore été atteint parmi les cadres principaux, avec 18 postes sur 50 occupés par des femmes;

26.

déplore l’absence d’équilibre hommes-femmes en ce qui concerne le collège des membres de la Cour; fait valoir que l’égalité des sexes constitue une valeur fondamentale de l’Union, consacrée par l’article 2 du traité sur l’Union européenne; souligne que l’égalité entre les hommes et les femmes devrait jouer un rôle non seulement dans toutes les politiques de l’Union, mais aussi dans l’organisation interne de ses institutions; considère qu’il est inacceptable que, dans l’histoire de la Cour, on ne compte que 16 femmes sur 116 membres; reconnaît toutefois que le collège actuel est plus proche de l’équilibre entre les hommes et les femmes, étant donné que sur 27 membres, 10 sont des femmes;

27.

comprend qu’il est difficile de parvenir à un équilibre entre les hommes et les femmes, car la nomination relève uniquement de la responsabilité des États membres, et constate avec regret que 13 États membres n’ont jamais envoyé de femme à la Cour; invite néanmoins la Cour à analyser sa composition globale afin d’en informer le Conseil et les États membres intéressés, de manière que l’équilibre hommes-femmes soit pris en compte dans la décision de nomination; réitère son appel à atteindre l’équilibre hommes-femmes et encourage les autorités nationales à présenter des candidats de sexes différents dans le but de s’en approcher au maximum parmi les membres de la Cour;

28.

regrette que le Conseil ait, à plusieurs reprises, nommé des membres de la Cour que le Parlement avait refusés; souligne que l’évaluation par le Parlement de l’aptitude des candidats à la Cour devrait être considérée comme contraignante;

29.

se félicite de l’adoption, en 2021, d’une nouvelle stratégie en faveur de la diversité et de l’inclusion et d’un plan d’action en faveur de la diversité et de l’inclusion pour la période 2021-2025; observe que la nouvelle politique comprend un critère d’évaluation des performances pour les cadres quant à leur capacité de cultiver une gestion inclusive et de promouvoir la diversité et l’inclusion ainsi que l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée; salue la désignation, pour la première fois, en 2021, d’un membre de la Cour en tant qu’ambassadeur du handicap et l’organisation, sous son parrainage, de la semaine de sensibilisation au handicap afin de promouvoir une culture inclusive;

30.

salue l’ensemble complet d’indicateurs et d’objectifs de performance adoptés pour le suivi des initiatives de la Cour en matière de diversité et d’inclusion ainsi que les enquêtes sur l’égalité des chances et sur l’engagement du personnel; relève que ces dernières témoignent d’une perception positive de la majorité du personnel en ce qui concerne l’autonomisation, le soutien et la confiance;

31.

se félicite de la signature par la Cour, le 14 octobre 2021, de la charte de la diversité Lëtzebuerg, un texte d’engagement national présenté à toute organisation établie au Luxembourg souhaitant s’engager en faveur de la promotion et de la gestion de la diversité au moyen d’actions concrètes;

32.

observe que l’équilibre géographique au sein du personnel de la Cour n’a toujours pas été atteint, ce qui traduit les difficultés de la Court à attirer des candidats pour travailler (et habiter) au Luxembourg, notamment à cause du coût élevé de la vie; salue le fait que la Cour ait commencé à promouvoir les appels à manifestation d’intérêt dans les journaux numériques et les sites d’offres d’emploi dans les États membres sous-représentés à la Cour et qu’elle ait pris contact avec les cabinets compétents de la Cour pour les États membres ciblés; remarque également que la Cour a adopté une attitude proactive pour alerter sur la faible compétitivité des salaires et pour essayer d’y remédier; encourage la Cour à nouer des contacts avec les autorités nationales par l’intermédiaire des représentations permanentes des États membres auprès de l’Union, à utiliser plus activement les médias sociaux pour faire connaître ses procédures de recrutement et à participer à des salons professionnels et à des événements similaires dans les États membres sous-représentés afin de promouvoir la Cour en tant qu’employeur; approuve sa participation à l’initiative «European Academia Network» en tant qu’outil permettant d’attirer des talents dans les institutions de l’Union basées au Luxembourg au moyen de projets communs ciblant les universités;

33.

relève que sept cas d’épuisement professionnel ont été signalés au médecin-conseil de la Cour en 2021, ce que la Cour considère comme un nombre très élevé, et estime que ces cas sont liés aux conditions de travail et de vie exceptionnelles pendant la pandémie de COVID-19; note que la Cour a mené une enquête pour comprendre l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur le personnel et qu’elle a lancé une campagne de communication visant à promouvoir un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée; apprécie, parmi les nombreuses initiatives, le large soutien psychologique offert aux membres du personnel;

34.

se félicite du programme pour le bien-être «Retour au bureau» de la Cour, qui comprend un soutien mental, physique et social, adapté aux particularités de la vie professionnelle hybride, dans le but de prévenir l’épuisement professionnel et de renforcer la résilience; se félicite de l’approbation par la Cour du droit à la déconnexion par l’introduction du «créneau de connexion» en dehors duquel le personnel n’est pas censé travailler ou être joignable, sauf en cas d’urgence ou d’accord antérieur;

35.

relève que la politique du personnel de la Cour comporte un mécanisme de lutte contre le harcèlement consistant en un réseau de soutien qui coordonne les conseillers confidentiels, le médecin-conseil, les supérieurs hiérarchiques, le service de médiation et le service des ressources humaines; appelle à nouveau la Cour à poursuivre ses efforts pour améliorer son dispositif de signalement des plaintes pour harcèlement et son cadre éthique interne; est conscient que la Cour a adopté sa politique de lutte contre le harcèlement la plus récente en 2017; encourage la Cour à mettre à jour cette politique, dont la révision a été lancée en 2021, en vue de mettre davantage l’accent sur la prévention, la sensibilisation et la coordination des différents acteurs de l’aide, ainsi que de mettre en place une procédure d’information et une approche de communication plus claires;

36.

prend acte de la décision sur les modalités de travail hybrides adoptée en novembre 2021 et du fait que les conditions de travail prévoient des intervalles de travail et des horaires flexibles; constate que le télétravail est plafonné à dix jours ouvrables par mois;

37.

rappelle les leçons tirées des irrégularités commises par Karel Pinxten lorsqu’il était membre de la Cour, contre lequel aucune procédure n’a pu être engagée en vue de réparer dûment le préjudice financier et l’atteinte à la réputation subis par la Cour et l’Union dans son ensemble du fait de l’absence de base juridique pour saisir le salaire de M. Pinxten au titre des jours d’absence dans le cadre de missions en dehors de l’exercice de ses fonctions et d’autres absences injustifiées; souligne que, comme l’a indiqué la Cour de justice dans son arrêt du 30 septembre 2021 (1), la perpétration de ces irrégularités a été favorisée par l’imprécision des règles internes et permise par les carences des contrôles mis en place; prend acte des mesures prises par la Cour à cet égard, notamment la coopération avec l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), la levée d’immunité et la procédure menée à bien en application de l’article 286, paragraphe 6, du traité FUE; souligne que la Cour devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que des affaires similaires ne se reproduisent à l’avenir et, pour cette raison, s’engage à soutenir la Cour et à œuvrer avec elle à l’adaptation nécessaire de ses règles internes; signale que la Cour devrait jouer un rôle de gardiennes des finances de l’Union et qu’elle devrait appliquer les normes éthiques les plus strictes, en particulier à l’égard des personnes occupant de hautes fonctions dans les institutions de l’Union;

38.

relève que, jusqu’en 2020, la mise en place d’un registre de présence ne concernait que les quelques réunions physiques du collège des membres de la Cour malgré la demande du Parlement; fait remarquer qu’en vertu de la décision no 21-2021 de la Cour, la participation des membres à d’autres réunions doit être consignée dans le registre de présence, et renouvelle sa demande, formulée chaque année depuis la décharge 2017, d’étendre le registre de présence aux jours ouvrables, aux missions, aux périodes de congé et aux absences justifiées afin de dresser un état des lieux précis du travail effectué par les membres et de prévenir proactivement les cas potentiels d’absentéisme; insiste sur l’obligation qui incombe aux membres de la Cour de se consacrer pleinement à leur mandat; prend acte du fait que le registre de présence des membres pour 2021 a été mis à la disposition des membres de la commission du contrôle budgétaire du Parlement en janvier 2022; demande une nouvelle fois que la Cour fournisse annuellement la mise à jour du registre de présence afin que celui-ci puisse être pris en compte lors de la procédure de décharge;

39.

se félicite qu’à la suite de la recommandation du Parlement, le code de conduite modifié de la Cour pour ses membres et anciens membres, publié le 2 mai 2022, comporte un nouvel article 10, paragraphe 1, qui dispose que «[l] es membres de la Cour se consacrent à l’accomplissement de leur mandat. Ils résident là où la Cour a son siège»; estime que cette disposition révisée est conforme à l’interprétation formulée par le Parlement, au principe de bonne gestion financière et aux normes éthiques attendues de la Cour; relève qu’à l’heure actuelle, tous les membres de la Cour ont leur résidence principale à Luxembourg;

40.

relève que l’indemnité d’installation est accordée à un membre de la Cour à la condition qu’il justifie qu’un changement de résidence a été nécessaire pour prendre ses fonctions, conformément au principe énoncé à l’article 20 du statut; prend acte du fait que la gestion de tous les droits financiers du personnel et des membres de la Cour, y compris l’indemnité d’installation, a été déléguée à l’Office de gestion et de liquidation des droits individuels (PMO) de la Commission, qui demande les pièces justificatives nécessaires et en vérifie la validité; prend acte que, à la demande de la Cour, le PMO a effectué en 2021 un contrôle ex post concernant l’indemnité d’installation et indiqué à la Cour à l’issue de celui-ci qu’aucune irrégularité n’avait été commise en 2021;

41.

prend acte de l’ensemble de règles et des conditions d’utilisation récemment adoptées par la Cour pour réglementer l’utilisation du parc automobile à titre privé; relève que les membres de la Cour sont désormais tenus de prendre en charge les frais réels encourus pour l’utilisation d’une voiture sans rapport avec une mission ou pour des trajets liés à l’exercice leurs fonctions lorsque ceux-ci excèdent le nombre standard de kilomètres fixé pour ce type d’utilisation; craint que le nouveau système mis en place par cette décision manque de clarté et n’ait pas prouvé son efficacité administrative supposée; réaffirme son avis exprimé dans les résolutions précédentes sur la décharge selon lequel l’utilisation du parc automobile devrait se limiter à l’exercice des fonctions des membres; remarque l’existence, au sein des institutions de l’Union, de différentes réglementations relatives à l’utilisation des voitures de fonction, sans qu’il y ait de justification apparente; invite la Commission à proposer des règles communes à toutes les institutions de l’Union en matière d’utilisation des voitures de fonction;

42.

affirme que les missions sont essentielles pour remplir le rôle de la Cour et permettre à ses membres d’agir en tant qu’ambassadeurs de la Cour dans leurs pays d’origine respectifs; se félicite que la Cour publie des informations sur les missions effectuées par ses membres sur son site internet mais souligne que le fait qu’elle ne conserve que très peu de temps sur son site les informations relatives aux missions effectuées au cours des années précédentes va à l’encontre des normes de transparence et de responsabilité attendues de la Cour; réitère de même son appel en faveur de la transparence en ce qui concerne les objectifs et les coûts des missions de la Cour et demande à la Cour d’informer l’autorité de décharge des cas dans lesquels des contrôles ex ante et ex post ont permis de détecter des irrégularités; rejette l’évaluation de la Cour et sa décision de ne pas adhérer au registre de transparence de l’Union et encourage la Cour à se pencher à nouveau sur la question, et renouvelle sa demande ferme d’adhérer au registre de transparence de l’Union, ce qui ne fera pas obstacle à la pleine indépendance de la Cour;

43.

salue la décision de publier les missions effectuées par les membres avant l’année en cours, mais rappelle l’importance de publier également l’intégralité de l’emploi du temps des membres, y compris leurs engagements publics et professionnels;

44.

invite la Cour à vérifier que les règles actuelles préviennent tout recours abusif aux ordres de mission susceptible de mettre en question l’intégrité, l’indépendance et l’objectivité de ses membres; demande en particulier que les tâches et responsabilités d’un membre en mission soient explicitement précisées afin d’écarter tout risque de conduite inadéquate;

45.

attire l’attention de la Cour sur la recommandation de 2021 du service d’audit interne (SAI) de la Cour, qui préconise de veiller à ce que le PMO effectue des contrôles effectifs des dépenses de mission, notamment en appliquant correctement le guide des missions de la Cour, et de faciliter la mise en œuvre des nouvelles décisions relatives à la gestion et à l’utilisation du parc automobile, aux règles relatives aux frais de représentation, aux règles en matière de formation professionnelle et au code de conduite pour les membres et les anciens membres de la Cour, notamment en formulant des lignes directrices supplémentaires à l’intention de tous les acteurs concernés;

46.

constate que, en 2021, la Cour a recruté 55 stagiaires et que tous ont perçu une indemnité mensuelle, à l’exception d’un stagiaire qui n’a pu y prétendre au motif que son stage s’inscrivait dans le cadre d’un programme universitaire; invite la Cour à prendre les mesures appropriées pour garantir que tous ses stagiaires reçoivent une rémunération décente;

Cadre éthique et transparence

47.

se félicite du processus de réforme engagé par la Cour pour mettre en application les recommandations figurant dans les résolutions de décharge précédentes, processus notamment axé sur certains aspects de la gestion financière, la transparence et la conduite éthique;

48.

estime que le rôle et l’importance de la Cour en tant qu’auditeur externe indépendant de l’Union et gardienne des finances de celle-ci exigent de l’autorité de décharge qu’elle applique un ensemble de critères d’évaluation très stricts et de la Cour qu’elle s’engage à respecter les normes les plus élevées possible; souligne à cet égard, comme dans ses précédentes résolutions de décharge, que les institutions supérieures de contrôle des finances publiques telles que la Cour doivent répondre à des normes élevées et que, par conséquent, elles doivent montrer l’exemple, inspirer confiance et être crédibles, et que leurs dirigeants doivent avoir un comportement exemplaire à cet égard; se félicite, à cet égard, de l’élection par ses membres du président actuel, qui apporte les garanties supplémentaires de sa grande expérience au sein des institutions de l’Union et dans le domaine de l’audit de la gestion des ressources financières de l’Union;

49.

constate, en ce qui concerne le comité d’éthique de la Cour et la procédure de nomination de celui-ci, que les procédures internes de la Cour prévoient qu’il appartient au président de la Cour de proposer des candidats au collège des membres de la Cour; observe que la décision du collège de nommer les membres du comité d’éthique est prise à la majorité; souligne en outre que, conformément à l’article 285 du traité FUE, les membres de la Cour sont totalement indépendants et que le comité d’éthique doit donc également être totalement indépendant; demande une nouvelle fois à la Cour de réexaminer les règles de nomination et de composition du comité d’éthique; demande une nouvelle fois au comité d’éthique de la Cour de présenter les principales conclusions du rapport d’audit interne sur l’éthique, comme elle le lui avait déjà demandé en rapport avec la décharge pour 2019 et 2020;

50.

rappelle que, si le code de conduite modifié pour les membres et les anciens membres de la Cour établit explicitement l’obligation de présenter une déclaration d’intérêts annuelle, la Cour devrait renforcer le système actuel afin de garantir que ses membres respectent les normes les plus élevées en matière de conduite éthique ainsi que les valeurs et principes éthiques applicables, tels que l’intégrité, l’indépendance, l’objectivité, le professionnalisme, la dignité, l’engagement et la loyauté;

51.

note que la structure d’appui pour le conseil en matière d’éthique se compose d’un comité d’éthique, de conseillers en matière d’éthique, d’un portail sur la transparence et d’une équipe de formation chargée d’élaborer un programme de formation comprenant des cours, des conférences et des ateliers sur l’éthique axés sur la sensibilisation ainsi que la formation spécifique des personnes de confiance sur des sujets liés au harcèlement; observe que 131 participants ont assisté aux sessions de formation consacrées à l’éthique, qui sont obligatoires pour les nouveaux arrivants, ainsi qu’à celles sur l’égalité des chances et la lutte contre le harcèlement, et que ces formations sont complétées par des sessions spécifiques pour les dirigeants, les conseillers en matière d’éthique et les personnes de confiance;

52.

a connaissance du fait que, en 2021, la Cour a entamé le processus de mise à jour de son cadre éthique pour le personnel; prend acte du fait que l’évaluation du cadre éthique de la Cour a été effectuée par un consultant externe dont les recommandations, publiées en 2022, reposent sur une enquête menée auprès du personnel, un atelier avec le personnel, des entretiens avec des dirigeants et une analyse de documents; relève que la première action dans le prolongement de l’analyse est la mise à jour des lignes directrices de la Cour en matière d’éthique, puis la mise à jour des règles relatives à la dénonciation des dysfonctionnements;

53.

se félicite de la mise à jour du code de conduite des membres et des anciens membres de la Cour, qui fait suite aux observations formulées par le Parlement dans la décharge précédente; souligne que le code de conduite, comme l’avait recommandé le Parlement, introduit l’obligation pour les membres de résider là où se trouve le siège de la Cour, réglemente les relations contractuelles entre les membres et le personnel et limite les possibilités des membres de participer à la vie politique; se félicite en particulier que le nouvel article 12, paragraphe 2, interdise explicitement aux membres d’occuper des fonctions honoraires non rémunérées au sein d’organisations politiques, ce qui garantit leur totale indépendance;

54.

observe qu’en ce qui concerne la lutte contre la fraude, le SAI a conclu en 2021 qu’il n’existait aucun document consolidé sur la politique de la Cour en la matière ni de stratégie antifraude à l’échelle de l’institution;

55.

souligne qu’en ce qui concerne les contrôles internes pour la prévention et la détection de la fraude en interne, le SAI a estimé qu’une démarche plus structurée était nécessaire au regard de leur documentation, de leur lien avec les évaluations des risques et des ressources consacrées à la gestion des risques de fraude et à l’efficacité de celle-ci; demande à la Cour de donner suite à la recommandation du SAI et de clarifier le rôle de la Cour dans la lutte contre la fraude;

56.

demande qu’il soit mis fin au recours aux services d’entreprises externes qui, selon le classement de l’université de Yale (2), continuent d’exercer leurs activités en Russie;

Transition numérique, cybersécurité et protection des données

57.

observe que le budget informatique total pour 2021 s’élevait à 9 141 000 EUR, virements compris, contre 10 093 000 EUR en 2020 et 8 085 000 EUR en 2019; souligne que les augmentations de 2020 et de 2021 se justifiaient, respectivement, par le remplacement quinquennal du stockage informatique de la Cour et par les investissements réalisés par la Cour pour s’adapter modalités de travail hybride;

58.

convient que la transformation numérique est un processus transversal dans l’ensemble de l’organisation qui qu’il a pris corps dans plusieurs initiatives en 2021, notamment le développement de technologies pour une expérience utilisateur hybride, la mise à niveau du système de stockage des données de la Cour, la migration du centre de rétablissement après sinistre et le renforcement de la sécurité des systèmes informatiques;

59.

prend acte des efforts déployés par la Cour, en 2021 également, pour s’adapter à l’évolution des conditions de travail, favoriser la transformation numérique de l’audit et la mise à niveau de la technologie et des pratiques dans l’ensemble de l’organisation afin de continuer à fournir un service d’audit public efficace dans l’Union; est conscient que de nouveaux progrès dans ce sens nécessitent la mise à disposition de données accessibles, dans le format requis, par la Commission ou les États membres; invite la Commission à encourager les États membres à œuvrer en faveur d’une plus grande interopérabilité;

60.

relève que, en 2021 également, compte tenu des limitations imposées par la pandémie de COVID-19, l’ensemble du cycle de vie de l’audit a été largement réalisé sous forme numérique, couvrant la préparation de l’audit, la collecte d’éléments probants et les procédures contradictoires, et que les missions dans les États membres ont été remplacées par des appels vidéo incluant avec, si nécessaire, une interprétation à distance;

61.

se félicite que d’importants jalons aient été posés en matière numérique à la Cour en 2021, telle l’introduction des services d’automatisation robotisée des processus, introduits pour réduire le travail répétitif de faible valeur ajoutée pour les équipes d’audit, l’automatisation de l’audit des agences exécutives dans le cadre du processus d’audit régulier, et la mise en œuvre d’un tout nouveau système de gestion des traductions en nuage;

62.

se félicite que le plan de cybersécurité pour la période 2018-2021 ait été mené à bien et salue le nouveau plan de cybersécurité adopté pour les trois prochaines années (2022-2024), qui prévoit de passer progressivement à une architecture à vérification systématique, conformément aux dispositions de la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil établissant des mesures pour un niveau élevé commun de cybersécurité dans l’ensemble des institutions, organes et organismes de l’Union; relève qu’aucune cyberattaque réussie contre la Cour n’a été détectée en 2021 et apprécie l’importance de la coopération de la Cour avec l’équipe d’intervention en cas d’urgence informatique pour les institutions, organes et agences de l’Union européenne (CERT-UE); invite la Cour à rester très attentive aux cybermenaces et à la sécurité de l’information, en particulier parce que le nombre de cyberattaques graves a considérablement augmenté ces dernières années, faisant de toutes les institutions de l’Union des cibles de choix pour les éventuels pirates; encourage la Cour à effectuer régulièrement une évaluation des risques que court son infrastructure informatique;

63.

relève que, en 2021, la Cour a coorganisé l’événement de lancement du mois européen de la cybersécurité et que l’agent de la Cour chargé de la diversité et de l’inclusion a coordonné l’une des principales sessions de l’événement de lancement sur les femmes dans le domaine de la cybersécurité, au cours duquel des femmes d’horizons divers ont échangé sur la motivation des femmes à rejoindre le domaine de la cybersécurité et de la technologie;

64.

note que, en 2021, des lignes budgétaires ont été relevées pour des investissements dans des équipements et des services principalement liés au travail hybride et à la numérisation, et que des crédits supplémentaires ont également été utilisés pour renforcer les capacités de cyberdéfense de la Cour, investir dans un nouveau système de gestion de la traduction et un nouveau système de gestion des parties prenantes, et mettre en œuvre la solution de signature électronique de l’Union;

65.

se félicite de la décision de la Cour de mettre en œuvre des logiciels libres et ouverts, tels que Linux, utilisé en tant que système d’exploitation pour plusieurs serveurs de l’infrastructure informatique, ou encore les logiciels libres Belenios, utilisé comme système de vote à scrutin secret, et Nagios, utilisé par les équipes opérationnelles informatiques de la Cour; relève que la Cour utilise le logiciel libre NextCloud pour l’échange de documents avec les entités auditées dans le cadre du système ECAFiles, qui opère selon les normes les plus élevées en matière de sécurité et de protection des données à caractère personnel;

66.

se félicite que des accords relatifs au traitement des données soient mis en œuvre à chaque fois que des données sont traitées par des tiers et que la Cour, en tant que responsable du traitement, ait à veiller au respect de l’article 29 du règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil (3) et à un contrôle total des opérations de traitement; prend acte de la consultation systématique du délégué à la protection des données de la Cour sur les questions liées au traitement des données et aux mesures techniques et organisationnelles;

Bâtiments et sécurité

67.

se félicite que la Cour consulte le personnel et les représentants avant de décider d’initiatives dans le domaine de la rénovation des bâtiments; encourage la Cour à tenir compte, dans ces initiatives, des besoins des personnes handicapées ainsi que de l’accessibilité physique et numérique;

68.

relève que les travaux de rénovation du bâtiment K2 progressent conformément au calendrier prévu, que les quatrième et cinquième étages ont été achevés fin décembre 2021 et sont pleinement opérationnels, et que les travaux aux deuxième et troisième étages sont bien avancés, de même le remplacement du chauffage, de la climatisation et de la ventilation; relève qu’à la suite de la chute d’éléments de vitrage de la façade K1 en 2019 et du transfert d’un budget adéquat, le comité administratif de la Cour a décidé d’installer des films de protection sur les éléments vitrages fixes, des travaux achevés à 90 %;

Environnement et durabilité

69.

se félicite de la publication, en 2021, du premier rapport de la Cour sur la durabilité, élaboré conformément aux normes de la Global Reporting Initiative, après que la durabilité a été définie en tant que thème transversal dans la stratégie 2021-2025 de la Cour;

70.

invite la Cour à adopter un plan de mobilité structuré englobant le covoiturage, les emplacements de stationnement pour vélos et les bornes de recharge électrique, et à étudier la possibilité de calculer un budget carbone pour le coût des missions, de sorte que les moyens de transport soient choisis en fonction de leur impact, ainsi que des coûts; félicite la Cour pour l’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques et hybrides dans ses locaux;

71.

souligne que la consommation totale d’énergie a diminué de 24 % entre 2014 et 2021, mais qu’elle a augmenté de 0,8 % entre 2020 et 2021 en raison de la surconsommation due à l’utilisation prolongée de systèmes de ventilation dans le contexte des mesures préventives liées à la pandémie de COVID-19; demande à la Cour de veiller à l’installation de panneaux solaires sur les toits de ses locaux;

72.

relève que l’évaluation annuelle des émissions de gaz à effet de serre de la Cour en 2021, qui rend compte des efforts déployés pour réduire son empreinte carbone, indique que les émissions totales s’élèvent à 7 578 tonnes équivalent CO2, contre 10 699 tonnes équivalent CO2 en 2014 (scénario de référence), et fait observer que cela représente une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 3 121 tonnes équivalent CO2 au cours de cette période;

73.

souligne que la production de déchets a diminué de 62 % entre 2019 et 2021 et de 18,7 % entre 2020 et 2021, qu’en 2021 le taux de recyclage a atteint 59 % et le taux de tri 82 %, et que le système de collecte des eaux pluviales, qui a une capacité totale de stockage de 95 m3 et est principalement utilisé pour l’entretien du jardin, a contribué à réduire la consommation globale d’eau;

74.

remarque que la Cour a cogéré le groupe de projet «Se préparer aux risques futurs et à la crise climatique: est-il temps pour l’audit d’adopter une vision à long terme?» et est membre d’Inspiring More Sustainability (IMS) Luxembourg, un réseau d’entreprises et d’organisations établi au Luxembourg qui s’engage en faveur de la responsabilité sociale des entreprises;

75.

salue les progrès accomplis dans la réduction de la consommation de papier et encourage la Cour à s’appuyer davantage sur l’expérience acquise au cours de la pandémie de COVID-19 pour la réduire encore;

Coopération interinstitutionnelle

76.

estime que la mission de la Cour impose une intensification de la coordination avec le Parlement et le Conseil, une relation constructive avec la Commission, principale entité auditée, et des échanges plus étroits avec les États membres, tant avec les gouvernements, compte tenu notamment de leur rôle essentiel dans la protection des intérêts financiers de l’Union, qu’avec les parlements nationaux et les autres institutions supérieures de contrôle;

77.

prend acte de la signature d’un nouvel accord tripartite entre la Cour, la Commission et la Banque européenne d’investissement (BEI) en novembre 2021; se félicite que cet accord améliore l’accès et la rationalisation des documents audités de la BEI, mais regrette néanmoins qu’il n’offre pas la solution de grande ampleur demandée par le Parlement; est conscient que la Cour n’a pas de mandat pour contrôler les transactions qui utilisent exclusivement les fonds propres de la BEI; rappelle que la Cour des comptes devrait avoir pleinement accès à toutes les informations relatives aux opérations de la BEI destinées uniquement à la mise en œuvre des politiques de l’Union; estime, à l’instar de la Cour, qu’il est opportun que les futurs actes juridiques de l’Union conférant un mandat à la BEI pour mettre en œuvre les politiques de l’Union prévoient un mandat exhaustif et clair habilitant la Cour, conformément aux traités, à contrôler les aspects liés à la performance de toutes les activités menées sur la base de ces actes juridiques et à accéder sans restriction à tout document qu’elle juge nécessaire à cette fin; invite la Commission à recueillir l’avis de la Cour avant de proposer de tels actes juridiques;

78.

prend acte de la signature d’un protocole d’accord entre la Cour et le Mécanisme européen de stabilité (MES) concernant les auditeurs de la Cour qui effectuent des missions à court terme pour soutenir les travaux du conseil des commissaires aux comptes du MES en tant qu’experts thématiques;

79.

se félicite de la signature d’un accord de travail avec le Parquet européen, lequel établit un cadre de coopération structuré et permet à la Cour de transférer directement des affaires au Parquet européen; se félicite du dialogue intense avec l’OLAF, qui a abouti en 2021 à l’ouverture rapide d’enquêtes dans six affaires à la suite de la transmission d’informations pertinentes par la Cour; fait valoir qu’une coopération plus étroite est nécessaire entre la Cour, le Parquet européen, l’OLAF et la Médiatrice européenne afin d’éviter la duplication des enquêtes et souligne la nécessité de débattre des domaines d’intérêt mutuel.

80.

observe que la Cour est un membre actif de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI) et l’un des 30 membres fondateurs de l’Organisation européenne des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (EUROSAI), le bras régional européen de l’INTOSAI; observe que la Cour coopère avec d’autres institutions supérieures de contrôle et des organisations d’audit internationales, tant sur le plan bilatéral, avec les institutions supérieures de contrôle des 27 États membres, que sur le plan multilatéral, dans le cadre du comité de contact des institutions supérieures de contrôle de l’Union, et que la Cour soutient également les institutions supérieures de contrôle des pays candidats et candidats potentiels à l’adhésion à l’Union; se félicite que la Cour soit l’un des 25 membres du Global Audit Leadership Forum, dont l’objectif est de renforcer les activités d’audit des institutions supérieures de contrôle membres, de traiter des questions mondiales et stratégiques et de contribuer à la communauté de l’INTOSAI;

81.

note que la Cour encourage la coopération interinstitutionnelle et qu’elle utilise les accords de niveau de service pour optimiser l’utilisation des ressources et réaliser des économies tout en tirant parti de l’expertise spécifique des partenaires; observe que, parmi les accords de niveau de service, il existe un accord avec le PMO portant sur la gestion des pensions, des missions, des droits financiers et des fiches de paie, un sur la fourniture de services de ressources humaines et d’autres sur l’interprétation, la traduction et la publication; fait observer que le champ d’application de l’accord de niveau de service peut être étendu par voie de modifications, ce qui a été le cas en 2021 pour la fourniture de services d’habilitation de sécurité en matière de ressources humaines à la suite de l’adoption de la décision no 41/2021 de la Cour des comptes concernant les règles de sécurité aux fins de la protection des informations classifiées de l’Union européenne (ICUE) (4);

82.

se félicite que la Cour soit membre du Bridge Forum Dialogue, un forum basé à Luxembourg qui vise à stimuler le débat sur les questions relatives à l’Europe et à réunir des institutions et agences supranationales, des institutions nationales, la société civile et le monde universitaire;

Communication

83.

en 2021, le budget alloué aux activités de communication et de promotion s’élevait à 205 000 EUR, tandis que 70 000 EUR sur le budget initial de 275 000 EUR ont été transférés vers d’autres lignes budgétaires au cours de l’année; constate que le taux de consommation s’est établi à 73,9 % (151 562 EUR);

84.

se félicite de la publication en juillet 2021, par le Comité de contact des institutions supérieures de contrôle de l’Union européenne, du recueil d’audit sur la réaction face à la COVID-19, qui fournit des informations sur l’incidence de la pandémie et la réaction à celle-ci au niveau national et supranational, ainsi que du lancement d’une nouvelle section sur la COVID-19 sur le site internet du comité de contact des ISC de l’Union afin de faciliter une diffusion plus rapide et continue sur les travaux d’audit pertinents réalisés par les institutions supérieures de contrôle de l’Union;

85.

salue la publication, en 2021, du plan de communication sur la diversité et l’inclusion, qui contient des informations sur les objectifs de communication de la Cour, le public cible, les parties prenantes, les messages, les canaux et le suivi;

86.

encourage la Cour à engager le dialogue avec le Contrôleur européen de la protection des données en vue d’utiliser les deux plateformes de médias sociaux de source ouverte, EU-Voice et EU-Video, qui ont été créées dans le cadre d’un projet pilote public visant à promouvoir l’utilisation de réseaux sociaux de source gratuite et ouverte; encourage également la Cour à utiliser des réseaux sociaux décentralisés pour remplacer les très grandes plateformes en ligne, comme la plateforme Mastodon;

87.

encourage une nouvelle fois la Cour à intensifier ses efforts de communication pour renforcer son lien avec les citoyens en faisant preuve d’une plus grande transparence dans ses activités, en intensifiant l’utilisation des technologies numériques et en poursuivant une stratégie de communication qui permette une perception et une compréhension correctes du rôle de la Cour et de la manière dont il s’inscrit dans la vision de l’Union, ainsi qu’à renforcer la notoriété de la Cour dans les différents États membres.

(1) Arrêt de la Cour (assemblée plénière) du 30 septembre 2021, Cour des comptes européenne/Karel Pinxten, C-130/19, ECLI:EU:C:2021:782.

(2) https://som.yale.edu/story/2022/over-1000-companies-have-curtailed-operations-russia-some-remain

(3) Règlement (UE) 2018/1725 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2018 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel par les institutions, organes et organismes de l’Union et à la libre circulation de ces données, et abrogeant le règlement (CE) no 45/2001 et la décision no 1247/2002/CE (JO L 295 du 21.11.2018, p. 39).

(4) JO L 256 du 19.7.2021, p. 106.


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