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AccueilDroit européen52023BP1908
Acte préparatoire52023BP1908

Acte préparatoire — 52023BP1908

CELEX52023BP1908
TypeActe préparatoire
Datemercredi 10 mai 2023

Texte intégral

29.9.2023

FR

Journal officiel de l’Union européenne

L 242/368


RÉSOLUTION (UE) 2023/1908 DU PARLEMENT EUROPÉEN

du 10 mai 2023

contenant les observations qui font partie intégrante de la décision concernant la décharge sur l’exécution du budget du Parquet européen pour l’exercice 2021

LE PARLEMENT EUROPÉEN,

—

vu sa décision concernant la décharge sur l’exécution du budget du Parquet européen pour l’exercice 2021,

—

vu l’article 100 et l’annexe V de son règlement intérieur,

—

vu l’avis de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures,

—

vu le rapport de la commission du contrôle budgétaire (A9-0079/2023),

A.

considérant que le Parquet européen a été établi par le règlement (UE) 2017/1939 du Conseil (1);

B.

considérant que le Parquet européen est le nouveau parquet indépendant de l’Union européenne et est chargé de mener des enquêtes et des poursuites concernant les infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union et de renvoyer en jugement les auteurs et complices des infractions pénales prévues par la directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil (2) et déterminées par le règlement (UE) 2017/1939;

C.

considérant que le Parquet européen intervient dans un scénario dans lequel seules les autorités nationales pouvaient diligenter des enquêtes et poursuivre ces infractions, mais leurs pouvoirs s’arrêtaient aux frontières de leur pays, et d’autres organisations telles qu’Eurojust, l’OLAF et Europol ne disposaient pas des pouvoirs nécessaires pour diligenter ces enquêtes et engager ces poursuites pénales;

D.

considérant que plusieurs types de fraudes relèvent de la compétence du Parquet européen, notamment la fraude à la TVA entraînant un préjudice supérieur à 10 millions d’euros, le blanchiment de capitaux, la corruption et d’autres fraudes dans lesquelles le Parquet européen exerce l’action publique devant les juridictions compétentes des États membres participants, jusqu’à ce que l’affaire ait été définitivement jugée;

E.

considérant que les actes de procédure du Parquet européen sont soumis au contrôle juridictionnel des juridictions nationales et que la Cour de justice de l’Union européenne — à titre préjudiciel ou au moyen d’un contrôle juridictionnel de ces actes — dispose de pouvoirs résiduels pour garantir une application cohérente du droit de l’Union;

F.

considérant que le Parquet européen est composé d’un niveau central, dont le siège se trouve à Luxembourg, composé du chef du Parquet européen, de 22 procureurs européens (un par pays de l’Union participant) et du directeur administratif, et d’un niveau (national) décentralisé composé des procureurs européens délégués dans les 22 États membres de l’Union participants;

G.

considérant qu’au niveau central, le chef du Parquet européen et les 22 procureurs européens composent le collège du Parquet européen et supervisent les enquêtes et les poursuites menées par les procureurs européens délégués au niveau national, qui sont totalement indépendants vis-à-vis de leurs autorités nationales;

H.

considérant qu’en vertu de l’article 93 du règlement (UE) 2017/1939, le directeur administratif du Parquet européen, agissant en qualité d’ordonnateur du Parquet européen, procède à l’exécution du budget sous sa propre responsabilité et dans les limites autorisées dans le budget et transmet chaque année à l’autorité budgétaire toute information pertinente au sujet des résultats de toute procédure d’évaluation;

I.

considérant que, conformément à l’article 50, paragraphe 2, des règles financières du Parquet européen, le comptable de la Commission fait également fonction de comptable du Parquet européen et est responsable de l’établissement des comptes annuels, qui sont consolidés avec ceux de l’Union;

J.

considérant que, dans le cadre actuel, les comptes annuels définitifs sont examinés par la Cour et qu’il appartient au Conseil de recommander et au Parlement européen de décider s’il convient de donner décharge au directeur administratif du Parquet sur l’exécution du budget pour un exercice donné;

K.

considérant que le Parquet a commencé ses activités opérationnelles le 1er juin 2021, qu’il a acquis son autonomie financière vis-à-vis de la Commission européenne le 24 juin 2021 et qu’il produit, cette même année, ses premiers comptes annuels;

1.

se félicite de l’avis positif émis par la Cour des comptes européenne sur la fiabilité des comptes du Parquet européen pour l’exercice 2021 et sur la légalité et la régularité des recettes et paiements sous-jacents;

2.

salue les efforts déployés par le Parquet européen concernant la mise en place d’une structure opérationnelle et d’un système d’appui nécessaires à son fonctionnement en tant que parquet indépendant de l’Union, en particulier le recrutement de personnel pour les niveaux central et décentralisé, la mise en place d’un système spécifique de gestion des dossiers, y compris l’acquisition de logiciels et l’accès aux bases de données nécessaires à l’exercice de ses fonctions, ainsi que la coopération intensive lancée avec les partenaires concernés;

3.

estime que l’expérience acquise au cours de la première année d’activité opérationnelle et de gestion administrative du Parquet européen a permis de mettre en évidence un certain nombre de faiblesses dans le règlement (UE) 2017/1939, ce qui nécessite par conséquent que la Commission intervienne rapidement; invite la Commission à nouer un dialogue actif avec le Parquet européen et à présenter sans délai une proposition suffisamment complète de révision du règlement (UE) 2017/1939 visant à remédier aux lacunes existantes, en particulier dans les processus internes qui touchent aux ressources financières et humaines; demande au Parquet européen d’informer rapidement l’autorité de décharge des mesures prises pour remédier aux faiblesses ou aux éventuelles nouvelles lacunes recensées;

4.

insiste sur le fait que tous les paiements effectués pour la réalisation des jalons et des cibles basés sur des réformes et des investissements décrits dans les plans nationaux au titre de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) sont considérés comme des fonds de l’Union; souligne dès lors que tous les projets, transactions, appels d’offres ou autres activités y afférents, relèvent du mandat du parquet européen; invite tous les États membres à pleinement coopérer à toutes les enquêtes du Parquet européen ayant trait à la mise en œuvre de la FRR;

Gestion budgétaire et financière

5.

relève que le budget global alloué au Parquet européen pour 2021 était de 26 300 000 EUR, soit une diminution de 45 000 000 EUR par rapport à la dotation initiale; note qu’un montant complémentaire de 9 200 000 EUR a été alloué et utilisé alors que le Parquet européen ne fonctionnait pas encore financièrement de façon autonome mais dépendait encore de la Commission; comprend que, sur les 45 000 000 EUR du montant initialement prévu, 9 500 000 ont été reversés au budget de l’Union; souligne que la restitution de 9 500 000 EUR résulte des retards intervenus tant dans la nomination des procureurs européens délégués que dans le démarrage des activités du Parquet européen, ainsi que du fait que le quota budgétaire alloué pour le recrutement de personnel statutaire n’avait pas été utilisé parce que le tableau des effectifs n’avait pas été adapté en conséquence;

6.

observe qu’en 2021, le budget du Parquet européen a augmenté de manière substantielle par rapport à 2020 (11 600 000 EUR) à la suite d’une correction de la sous-estimation de la charge de travail prévue en 2017 lors de l’adoption du règlement (UE) 2017/1939; souligne qu’il importe d’adapter les ressources humaines et financières à la charge de travail croissante et d’augmenter le budget du Parquet européen en conséquence;

7.

prend acte du taux d’exécution budgétaire de 97 % pour les crédits d’engagement et de 71 % pour les crédits de paiement; souligne le report de 26 % des crédits de paiement à l’exercice 2022; observe que 83 % des opérations de paiement ont été effectuées dans le délai légal et que le délai de paiement moyen était de 21,1 jours; souligne que 34 % des retards de paiement étaient des retards d’un jour et que 75 % des retards de paiement étaient des retards de moins de cinq jours; encourage le Parquet européen à réduire les retards de paiement grâce à des solutions électroniques pleinement efficientes, ce qui contribuerait également à la transparence et à la durabilité des institutions;

8.

fait observer que, dans l’ensemble, la pandémie de COVID-19 n’a pas eu d’incidence spécifique sur les activités du Parquet européen relatives au ramassage, aux transferts ou aux investissements nécessaires ou sur les coûts du marché des biens et des services; fait toutefois observer que la pandémie de COVID-19 a peut-être contribué, dans une moindre mesure, à empêcher la nomination en temps utile des procureurs européens délégués, retardant ainsi le lancement des opérations de poursuite et d’enquête;

9.

fait observer que l’actif incorporel le plus important est le système informatique spécifique du Parquet européen utilisé pour introduire, gérer et transmettre les dossiers du Parquet européen et d’autres données confidentielles de manière sécurisée, qui est relié aux systèmes des États membres (système de gestion des dossiers — CMS); constate que le développement de ce logiciel a commencé avant que le Parquet ne devienne indépendant de la Commission, laquelle a transféré la valeur intrinsèque payée jusque là pour le CMS a été transférée par la Commission;

10.

fait observer que la majorité des actifs corporels ont été cédés à titre gratuit par la Commission au Parquet européen et que les recettes correspondantes provenant de cette donation ont été comptabilisées en recettes;

11.

relève que ce transfert récent de prérogatives et de responsabilités de la Commission, bien qu’il soit attendu dans le cadre des modalités d’application convenues à la suite de l’adoption du règlement (UE) 2017/1939, nécessite tout de même des efforts considérables de la part du Parquet européen pour traiter la question des retards de paiement et du respect de ses règles financières internes, y compris les contrôles liés aux aspects opérationnels et financiers de ses activités;

12.

encourage le Parquet européen à faire usage des procédures de facturation électronique afin d’assurer une gestion plus efficace des actions liées à l’exécution des paiements;

13.

note que les coûts supplémentaires encourus par les procureurs européens délégués en plus de leur rémunération dans le cadre de leurs activités opérationnelles (réunions et missions) ont été considérés comme des dépenses opérationnelles dans le cadre du budget du Parquet européen en vertu de l’article 91, paragraphe 5, du règlement (UE) 2017/1939;

14.

relève que le Parquet européen étudie la possibilité d’acquérir les services de traducteurs assermentés nationaux, reconnus par les autorités nationales compétentes comme étant les fournisseurs exclusifs de traductions certifiées conformes recevables et utilisables lors des procès, ou de contribuer directement aux coûts encourus par les procureurs européens délégués pour ces services, en remboursant les coûts supportés au niveau national;

15.

rappelle que la mise en œuvre de l’article 31 et de l’article 91, paragraphes 5 et 6, du règlement (UE) 2017/1939, qui définissent les situations dans lesquelles une contribution financière issue du budget du Parquet européen peut être requise pour couvrir les frais d’enquête au niveau décentralisé et les mesures d’enquête exceptionnellement coûteuses exécutées au niveau national, nécessite l’adaptation des règles financières applicables qui, actuellement, ne permettent pas le remboursement des dépenses engagées par les systèmes judiciaires nationaux; souligne qu’en raison de la sensibilité et de la confidentialité des activités du Parquet européen, le lancement d’une procédure de passation de marché pourrait être occulté et que, par conséquent, les règles doivent prévoir la possibilité de conclure des accords de financement et de niveau de service entre le Parquet et les États membres; invite instamment la Commission à prendre des mesures à cet égard, en proposant des modifications appropriées des règles financières tout en tenant compte de la nécessité de répartir la charge de ces coûts dans le respect du principe de proportionnalité;

16.

est informé que, dans le cadre de la procédure budgétaire, les besoins du Parquet européen sont communiqués à la Commission au plus tard le 31 janvier pour l’exercice suivant; observe que les résultats de l’exercice de prévision, qui permettent de quantifier ces besoins, tiennent dûment compte du nombre estimé de dossiers (nombre moyen de signalements d’infraction et d’enquêtes ouvertes, et degré de maturité des enquêtes en cours); fait toutefois observer que ces prévisions ne tiennent pas compte de l’incidence du déploiement de la facilité pour la reprise et la résilience, qui a entraîné une augmentation des ressources disponibles et du risque de fraude et de mauvaise gestion; souligne qu’un élément supplémentaire de complexité dans la quantification des besoins budgétaires découle à la fois du caractère obligatoire de la compétence du Parquet européen, qui ne dispose d’aucun pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne l’opportunité des enquêtes et des poursuites, et de l’absence de corrélation fixe entre le nombre d’enquêtes et leurs coûts, qui sont très difficiles à prévoir; met l’accent sur la nécessité de doter le Parquet européen des ressources suffisantes et des pouvoirs requis pour mener à bien ses missions;

17.

fait observer que des éclaircissements ont été demandés dans chaque État membre participant sur la manière dont la fraude affectant la FRR sera signalée au Parquet européen et que des discussions sont en cours sur la manière dont celui-ci pourrait intervenir efficacement à cet égard;

18.

est préoccupé par le manque de certitude quant aux mesures correctives qui pourraient être adoptées à la suite de la détection et de la poursuite des fraudes qui touche la facilité pour la reprise et la résilience;

19.

invite instamment la Commission à fournir des orientations appropriées à cet égard et à informer de manière circonstanciée l’autorité budgétaire des options envisageables;

20.

partage l’avis selon lequel l’absence d’un cadre des ressources à moyen terme pour le Parquet européen, tant en ce qui concerne le budget que le personnel, à un moment où il y a lieu d’intensifier les activités et d’établir les fondations administratives, limite les options qui devraient être disponibles pour parvenir à une flexibilité maximale dans la mise en place d’une infrastructure organisationnelle pour un projet aussi innovant que le Parquet européen;

Gestion interne, performances et contrôle interne

21.

encourage le Parquet européen à réexaminer périodiquement son ensemble d’indicateurs de performance, en s’appuyant sur l’expérience opérationnelle acquise dans la mise en œuvre de son modèle de fonctionnement particulier;

22.

relève qu’en 2021, le Parquet européen a reçu 2 832 signalements d’infractions potentielles — 1 351 provenant des autorités nationales, 190 des institutions, organes et organismes de l’Union, 1 282 de parties privées et 9 d’office; constate qu’après avoir vérifié les informations communiquées conformément à l’article 24, paragraphe 6, du règlement (UE) 2017/1939, le Parquet européen a conclu qu’il y avait lieu d’exercer sa compétence et d’évoquer ou d’ouvrir des enquêtes dans 576 affaires (alors que 84 évaluations étaient pendantes à la fin de l’année 2021), dont 31 ont été renvoyées aux autorités nationales après l’exercice de la compétence du Parquet européen; observe que cinq mises en accusation ont été émises par le Parquet européen en 2021 et qu’une condamnation définitive a été ordonnée par les tribunaux dans les affaires du Parquet européen, tandis que, dans trois affaires supplémentaires, des procédures simplifiées en matière de poursuites ont été appliquées;

23.

se félicite que le Parquet européen soit sur le point d’adopter un plan global de continuité des activités; souligne l’importance d’adopter dans les meilleurs délais un plan de continuité des activités afin d’éviter toute interruption de celles-ci et de pouvoir faire face à d’éventuelles crises;

24.

invite la Commission et les États membres participants à envisager d’étendre le mandat et les compétences du Parquet européen afin d’y intégrer les enquêtes sur les violations des mesures restrictives de l’Union, ainsi que les poursuites et la mise en jugement y afférentes.

Ressources humaines, égalité et bien-être du personnel

25.

salue les efforts déployés par le Parquet européen pour mener un processus intensif de recrutement et d’intégration, dans le but de garantir la pleine capacité opérationnelle dans les plus brefs délais;

26.

relève que le taux d’occupation est de 94 % pour les postes d’agents temporaires et d’agents contractuels et que, dans les 22 États membres participants, le nombre de procureurs européens délégués s’élevait à 95 sur les 140 initialement prévus dans le budget;

27.

relève qu’à la fin de 2021, sur un total de 217 agents, le bureau central était doté de 122 agents statutaires (91 agents temporaires et 31 agents contractuels), tandis que les bureaux nationaux comptent actuellement 95 conseillers spéciaux, et que, pour les deux niveaux, la parité hommes/femmes est respectée; observe toutefois que la répartition hommes/femmes au sein de l’encadrement n’est pas optimale, quatre postes sur cinq étant occupés par des hommes, et qu’il convient d’améliorer cet aspect, ainsi que la stratégie en faveur de la diversité, afin d’encourager de manière appropriée les personnes handicapées à postuler;

28.

déplore que les procédures de sélection des procureurs européens délégués dans plusieurs États membres n’aient, à plusieurs reprises, pas permis de pourvoir les postes initialement prévus pour diverses raisons, notamment le niveau de rémunération (80 % de niveau AD 9 — conformément au statut de conseiller spécial, qui ne correspond parfois pas aux qualifications et à l’expérience attendues des procureurs européens délégués), l’absence de perspective de carrière claire ainsi que l’incertitude quant à leur sécurité sociale et à leur assurance maladie;

29.

estime que la complexité résultant du statut administratif des procureurs européens délégués (pour lesquels les droits et avantages sociaux, y compris les droits à pension, le temps de travail et les régimes de congés doivent être prévus par les États membres et la rémunération est financée par le budget de l’Union, calculée sur la base d’un pourcentage de la rémunération d’un fonctionnaire de l’Union) contribue à rendre ces postes moins attrayants et à rendre le processus de nomination à ces postes moins sélectif;

30.

estime que l’application des dispositions générales d’exécution du statut aux procureurs européens délégués représente à certains égards un risque pour l’indépendance de la justice, mais que, dans le cadre de la procédure prévue à l’article 110 du statut et sans validation préalable de la Commission, le statut du Parquet européen ne permet pas l’adoption de règles de mise en œuvre alternatives pour les procureurs européens délégués; mais que, dans le cadre de la procédure prévue à l’article 110 du statut et sans validation préalable de la Commission, le statut du Parquet européen ne permet pas l’adoption de règles de mise en œuvre alternatives pour les procureurs européens délégués; rappelle que le Parquet européen est la seule institution de l’Union à employer des procureurs et que leur indépendance est essentielle au bon fonctionnement du Parquet; demande à la Commission de se pencher sur cette question et d’assurer la flexibilité nécessaire au sein du cadre juridique afin de prendre pleinement en compte le statut spécial des procureurs en tant que personnel du Parquet européen; estime que cette situation apporte des arguments supplémentaires en faveur d’une révision du règlement (UE) 2017/1939 et du statut du Parquet européen;

31.

félicite la direction du Parquet européen d’avoir adopté toutes les actions viables possibles qui entraient dans ses prérogatives pour remédier à la situation, en mobilisant les ressources disponibles pour augmenter le taux d’occupation et accélérer le processus de recrutement, en dépit des problèmes liés à l’après-pandémie; connaît les limites posées par la situation d’après-pandémie et les particularités du marché du travail luxembourgeois, qui est très compétitif, et observe que le manque d’attractivité du lieu d’affectation, principalement en raison du coût élevé de la vie, a également eu pour effet de limiter la diversité géographique des candidatures aux postes statutaires; fait observer qu’en ce qui concerne la rémunération et les avantages financiers offerts combinés à la perspective de carrière, le Parquet européen est moins compétitif que les quatre institutions de l’Union qui comptent des employés à Luxembourg (le Parlement, la Commission, la Cour de justice et la Cour des comptes), étant donné qu’il n’offre pas la possibilité de devenir fonctionnaire de l’Union et que la seule agence de l’Union présente à Luxembourg a été fusionnée et transférée à Bruxelles dans le cadre du CFP actuel;

32.

est préoccupé par le recours important aux services commerciaux de tiers et aux mécanismes de travail temporaire dans la plupart des domaines où le recours à des agents publics de l’Union n’a pas été approuvé, ce qui a parfois donné lieu à des conditions de travail non optimales en raison d’une charge de travail élevée prolongée pour un nombre important de membres du personnel du Parquet européen; demande à la Commission de remédier sans tarder au problème du manque de personnel au Parquet européen lorsqu’elle proposera ses futurs tableaux d’effectifs;

33.

partage l’avis de la Cour des comptes européenne selon lequel les lacunes signalées dans la gestion financière traduisent aussi le manque de ressources allouées aux fonctions relatives aux finances et aux marchés publics et constituent une faiblesse dans la gestion des ressources humaines du Parquet européen;

34.

souligne que, en matière de ressources humaines, il convient de veiller à garantir le plein respect des principes de transparence et d’égalité de traitement, et tout en étant conscient de l’urgence et de la pression qui prédominaient dans les phases de démarrage des activités opérationnelles de Parquet européen, rappelle la nécessité de donner suite aux conclusions de la Cour sur la mise en œuvre de procédures de recrutement;

35.

se félicite qu’environ 86 % du personnel recruté soit affecté, dans l’ensemble des services du Parquet européen, aux activités liées aux enquêtes (soit 186 personnes, parmi lesquelles les 95 procureurs européens délégués);

36.

relève que la stratégie du Parquet européen en matière de personnel se concentre sur l’augmentation des ressources opérationnelles en 2022 et 2023, que les fonctions administratives et de soutien central devront également se développer afin de pouvoir soutenir les effectifs opérationnels croissants, et que des recrutements supplémentaires seront également essentiels dans le domaine des fonctions de conformité et de gestion des risques ainsi que dans celui des services numériques et de sécurité;

37.

relève que les modalités de travail adoptées pour 2021, à la suite de l’autorisation de retourner au bureau, prévoyaient de travailler à domicile jusqu’à 2,5 jours par semaine et que la majorité du personnel a fait amplement usage de cette possibilité; relève que le Parquet européen alignera sa politique sur les récentes modalités d’application de la Commission en ce qui concerne le temps de travail et le travail hybride;

Cadre éthique et transparence

38.

relève que le Parquet européen s’est engagé dans un processus visant à mettre au point les caractéristiques essentielles de son cadre éthique; salue le fait que le Parquet a adopté une stratégie antifraude dans le cadre de sa gestion fondée sur les risques, que l’ensemble du personnel fournit une déclaration de conflit d’intérêts, que l’ensemble du personnel qui participe aux activités opérationnelles est soumis à une exigence d’habilitation de sécurité personnelle et que les personnes qui occupent les fonctions de procureur ou de directeur administratif sont tenues de présenter des déclarations d’intérêts, qui sont ensuite contrôlées;

39.

salue l’adoption, par le collège du Parquet européen, de règles d’application relatives à la dénonciation des dysfonctionnements et relève que ces dispositions vont désormais faire l’objet de mesures de mise en œuvre concrètes;

40.

a connaissance de l’affaire ouverte par le Médiateur européen en 2021 concernant la procédure de nomination d’un procureur européen délégué; relève que, étant donné que la même plainte a été introduite par le même plaignant devant la Cour de justice de l’Union européenne, le Médiateur européen a décidé de classer l’affaire, car il ne peut pas instruire les plaintes lorsque les faits allégués font ou ont fait l’objet d’une procédure judiciaire;

41.

demande qu’il soit mis fin au recours à des entreprises externes qui, selon le classement de l’université de Yale (3), continuent d’exercer leurs activités en Russie;

Numérisation, cybersécurité et protection des données

42.

fait observer que le système de gestion des dossiers (CMS) du Parquet européen repose sur un système mis au point par la direction générale (DG) COMP de la Commission et que, si les possibilités d’interconnexion de ce système avec d’autres outils équivalents (utilisés par exemple par l’OLAF ou Europol) n’ont pas encore été discutées, une large interopérabilité est toutefois assurée grâce à l’utilisation de concepts et de composants développés et mis à disposition par la Commission;

43.

observe que le CMS du Parquet européen est entièrement géré par ce dernier et que, si le développement du CMS est externalisé, le contrat est géré par une équipe du Parquet européen qui se consacre spécialement au programme CMS; relève que le système opérationnel et ses données sont stockés et traités dans le propre centre de données du Parquet européen, géré par une équipe de soutien au CMS spécifique;

44.

se réjouit de l’attention accordée à l’utilisation des services de traduction automatisée et du développement du «portail de la traduction» pour les procureurs, le personnel du Bureau central et les autres membres du personnel afin d’améliorer l’efficacité du traitement des affaires et de limiter l’augmentation des coûts liés à la traduction, à laquelle il faut s’attendre compte tenu de l’augmentation correspondante de la charge de travail du Bureau;

45.

encourage le Parquet à poursuivre le développement de sa propre capacité en matière de cybersécurité afin de compléter les services de la CERT-UE et de la DG DIGIT de la Commission et de collaborer avec ceux-ci;

46.

relève qu’en 2021, 547 000 EUR ont été investis dans des équipements et installations audiovisuels et techniques et que 872 000 EUR et 4 871 000 EUR ont été respectivement investis dans des biens et services administratifs et dans des biens et services opérationnels dans le domaine des TIC (matériel, logiciels, services, analyse, programmation et assistance technique); fait observer qu’en 2021, le Parquet européen a pleinement exploité les évolutions résultant des ajustements de travail liés à la COVID-19, en s’appuyant sur la DG DIGIT de la Commission pour les installations de vidéoconférence et en lançant un projet visant à adapter complètement toutes les salles de réunion du Parquet européen aux visioconférences;

Bâtiments et sécurité

47.

a connaissance du fait qu’en 2021, le Parquet européen a reçu à titre gratuit, de la part du gouvernement luxembourgeois, 8 335 mètres carrés d’espaces de bureaux au total, ce qui représenterait un coût de location d’environ 3 901 000 EUR par an, et qu’en outre, en 2021, le gouvernement luxembourgeois a proposé de rénover gratuitement les sols (rénovation dont le coût commercial est estimé à 2 700 000 EUR);

48.

relève qu’aucun contrat de bail n’a encore été signé avec les autorités de l’État membre d’accueil mettant gratuitement à disposition les espaces de bureaux, malgré ce qui est prévu à l’article 3, paragraphe 2, de l’accord de siège; partage l’avis de la Cour des comptes européenne qui souligne combien l’absence d’un contrat de bail officiel écrit pourrait priver le Parquet européen de la stabilité à long terme nécessaire à l’exercice de ses fonctions; relève que le Parquet européen a achevé sa partie et a transmis le dossier aux autorités de l’État membre d’accueil; demande à l’administration luxembourgeoise d’accélérer le processus et de parachever la procédure sans plus tarder;

Environnement et durabilité

49.

relève que le bâtiment occupé par le Parquet européen et les services concernés sont fournis par les autorités luxembourgeoises, qui sont également chargées des investissements liés à la durabilité et à la performance énergétique;

50.

invite le Parquet européen à adopter une stratégie en faveur de la mobilité durable de son personnel;

Coopération interinstitutionnelle

51.

salue les efforts déployés par le Parquet européen pour coopérer intensivement avec les partenaires et les parties prenantes et coordonner de manière soutenue ses activités avec les leurs;

52.

souligne qu’en 2021, le Parquet européen a conclu un accord de coopération avec la Commission et des accords de travail avec le Groupe Banque européenne d’investissement, l’OLAF, la Cour des comptes européenne, Europol et Eurojust;

53.

se félicite de la signature de 21 accords de niveau de service et protocoles d’accord avec d’autres institutions et organes de l’Union dans le but de maximiser les avantages découlant des instruments contractuels existants;

54.

souligne l’importance d’instaurer un dialogue fructueux avec les États membres non participants; relève qu’en 2021, le Parquet européen a ouvert 48 enquêtes impliquant des États membres non participants; observe que la coopération, fondée sur les actes de l’Union relatifs à la coopération judiciaire en matière pénale, fonctionne bien avec le Danemark, la Hongrie et la Suède, même si le rythme est différent qu’avec les pays participants; partage l’inquiétude exprimée par le chef du Parquet européen quant au manque de coopération de l’Irlande et de la Pologne dans les enquêtes du Parquet européen qui nécessitent la collecte de preuves auprès de ces deux États membres non participants;

55.

est préoccupé par le manque de coopération des États membres non participants depuis le début des activités du Parquet européen en juin 2021, notamment en ce qui concerne la collecte de preuves; souligne qu’en 2022 le nombre d’enquêtes du Parquet européen concernant la Pologne était le plus élevé de tous les pays non participants; regrette que la Pologne ait considérablement retardé l’introduction, dans son code de procédure pénale, de l’amendement requis pour rendre opérationnelles les modalités de travail avec le Parquet européen; prend acte du fait que l’amendement en question a depuis été adopté; appelle les États membres non participants à respecter pleinement leurs obligations en vue d’assurer une coopération loyale avec le Parquet européen;

56.

invite la Commission à encourager l’élargissement de la participation des autres États membres qui ne participent pas encore au Parquet européen; invite ces pays à s’écarter des approches qui pourraient conduire à la création de zones d’immunité et de privilège et à adopter, à tout le moins, des accords de coopération qui faciliteront effectivement les activités du Parquet européen et assureront une coopération loyale avec lui; encourage également le Parquet européen à trouver des aménagements de travail efficients et efficaces avec les cinq États membres de l’Union non participants et à définir comment le Parquet peut améliorer sa coopération avec eux;

57.

fait observer que la coopération du Parquet européen avec la Commission dans les domaines du recouvrement administratif et des mesures conservatoires, telle que prévue par l’article 103, paragraphe 2, du règlement (UE) 2017/1939, est régie par l’accord de coopération avec la Commission; observe, à cet égard, qu’aucun retour d’information n’a encore été fourni par le Parquet européen; considère que la bonne mise en œuvre de la coopération au titre de l’article 103, paragraphe 2, nécessite une coordination avec les procureurs européens délégués des États membres et considère comment essentiels le respect du principe général d’indépendance du Parquet européen et la cohérence avec l’objectif d’efficience et d’efficacité de ses enquêtes; invite le Parquet européen à fournir des orientations aux procureurs délégués dans leurs activités de soutien aux efforts déployés par la Commission pour préserver le budget de l’Union, et demande au Parquet européen et à la Commission de faire rapport sur cette question spécifique;

58.

encourage le parquet européen à travailler étroitement avec la Cour des comptes européenne, l’OLAF et le Médiateur, et à renforcer sa coopération avec eux, afin d’éviter la duplication des enquêtes et souligne la nécessité de débattre des domaines d’intérêt mutuel;

59.

prend acte du statut d’observateur du Parquet européen au sein du réseau Camden regroupant les autorités compétentes en matière de recouvrement d’avoirs (CARIN) depuis décembre 2020 et au sein du groupe de travail sur la corruption dans le cadre des transactions commerciales internationales, de l’invitation à participer également en qualité d’observateur aux réunions semestrielles des agents des services répressifs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ainsi que des réunions préliminaires qui ont eu lieu en 2021 avec le secrétariat du Groupe d’action financière (GAFI) afin de préparer la candidature du Parquet européen en tant qu’observateur;

Communication

60.

relève que la communication externe du Parquet européen se concentre sur son site web (www.eppo.europa.eu) et qu’elle se fait par l’intermédiaire des comptes officiels de l’organe sur Facebook, Twitter et LinkedIn, et qu’une série d’options sont proposées sur ces plateformes (demande d’accès du public aux documents, formulaires de contact pour les citoyens, les journalistes et les candidats potentiels);

61.

se félicite de la publication de communiqués de presse, des mises à jour sur les médias sociaux et des entretiens accordés par le chef du Parquet européen, les procureurs européens et plusieurs membres du personnel spécialisé au sujet des activités opérationnelles et institutionnelles du Parquet européen pour accroître considérablement les connaissances et la sensibilisation des citoyens au rôle et aux actions de l’organe;

62.

encourage le Parquet européen à inclure, dans ses actions stratégiques, des activités ciblées visant à accroître sa visibilité et à promouvoir la connaissance et la compréhension de la vision et de l’approche de l’Union en matière de protection des intérêts de l’Union et des contribuables.

(1) Règlement (UE) 2017/1939 du Conseil du 12 octobre 2017 mettant en œuvre une coopération renforcée concernant la création du Parquet européen (JO L 283 du 31.10.2017, p. 1).

(2) Directive (UE) 2017/1371 du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2017 relative à la lutte contre la fraude portant atteinte aux intérêts financiers de l'Union au moyen du droit pénal (JO L 198 du 28.7.2017, p. 29).

(3) https://som.yale.edu/story/2022/over-1000-companies-have-curtailed-operations-russia-some-remain


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