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Acte préparatoire52023DC0291

Acte préparatoire — 52023DC0291

CELEX52023DC0291
TypeActe préparatoire
Datevendredi 2 juin 2023

Texte intégral

european flagCOMMISSION EUROPÉENNE

Bruxelles, le 2.6.2023

COM(2023) 291 final

RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET FINANCIER ET AU COMITÉ DE L’EMPLOI

Rapport sur l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE) engendrée par la propagation de la COVID-19 au titre de l’article 14 du règlement (UE) 2020/672 du Conseil





















SURE après son extinction: rapport semestriel final


Résumé

Le présent rapport est le cinquième et dernier rapport semestriel sur l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE). Il confirme les résultats décrits dans les rapports précédents, présente le fonctionnement et l’utilisation de l’instrument et examine son incidence socioéconomique. SURE était un instrument de crise, doté d’une enveloppe de 100 milliards d’EUR, créé par l’Union européenne (UE) afin d’aider les États membres à protéger les emplois et les revenus des travailleurs dans le contexte de la pandémie de COVID-19. SURE a pris fin le 31 décembre 2022, mais le suivi de sa mise en œuvre, résumé dans le présent rapport, s’est poursuivi au-delà de cette date. Le suivi s’achève avec la publication du présent rapport.

Le présent rapport répond à certaines des observations supplémentaires formulées par la Cour des comptes européenne dans son rapport spécial sur SURE, publié en décembre 2022. Il est important de noter que ce rapport comprend une analyse plus approfondie des systèmes nationaux de contrôle et d’audit, des éléments probants supplémentaires confirmant la fiabilité du nombre de personnes et d’entreprises couvertes par SURE, ainsi qu’une analyse plus détaillée des mesures liées à la santé couvertes par SURE.

Un nouvel instrument mis en place rapidement pour répondre aux conséquences socioéconomiques de la pandémie

L’instrument a été mis en œuvre rapidement et sans heurts. Dans le cadre de la réponse initiale de l’UE à la pandémie, la Commission a proposé le règlement SURE le 2 avril 2020 et le règlement a été adopté par le Conseil le 19 mai 2020. SURE a été une expression forte de la solidarité entre les États membres à travers l’UE: tous les États membres sont convenus de fournir des garanties bilatérales à l’UE de manière que l’Union puisse emprunter sur les marchés à des conditions très avantageuses afin de financer les prêts SURE. L’enveloppe financière de 100 milliards d’EUR a été mise à disposition le 22 septembre 2020, une fois que tous les États membres ont eu signé les accords de garantie. La Commission a accéléré la mise en œuvre de l’instrument, en étroite collaboration avec les États membres, et a accordé une assistance financière à la Belgique, à la Bulgarie, à la Croatie, à Chypre, à la Tchéquie, à l’Estonie, à la Grèce, à la Hongrie, à l’Irlande, à l’Italie, à la Lettonie, à la Lituanie, à Malte, à la Pologne, au Portugal, à la Roumanie, à la Slovaquie, à la Slovénie et à l’Espagne. Plus de 90 % de l’assistance financière accordée a été versée en sept mois seulement, d’octobre 2020 à mai 2021. De nouveaux versements ont été effectués en 2022 pour satisfaire les États membres qui préféraient recevoir des fonds ultérieurement ou ont demandé une assistance financière supplémentaire.

À l’automne 2022, huit États membres ont bénéficié d’une assistance financière supplémentaire. Ce soutien complémentaire était destiné à couvrir des dépenses supplémentaires engagées en 2021 et, dans certains cas, jusqu’au début de 2022, pour les mesures d’urgence déjà soutenues par SURE. Un soutien au titre de SURE pouvait être demandé pour les dépenses éligibles liées à la COVID-19, sur la base des dépenses prévues ou des dépenses engagées, ces dernières ne présentant par définition aucun risque en matière d’absorption. Une décision d’exécution modificative du Conseil a également été adoptée pour que la Pologne remédie à son écart d’absorption.

L’UE a émis pour la première fois des obligations sociales afin de financer l’assistance financière apportée aux États membres au titre de SURE. Le présent rapport répond aux exigences du règlement SURE, mais il fournit également les informations pertinentes prévues par le cadre relatif aux obligations sociales SURE de l’UE et confirme à nouveau que les dépenses SURE s’inscrivaient bien dans la ligne des objectifs de développement durable des Nations unies.

La Commission a émis avec succès 6,5 milliards d’EUR d’obligations sociales SURE en décembre 2022, ce qui a presque épuisé l’enveloppe SURE. Il s’est agi de l’opération finale d’une campagne d’émission réussie qui a suscité un vif intérêt des investisseurs et a permis d’obtenir des conditions de financement favorables. Globalement, 98,4 milliards d’EUR d’assistance financière au titre de SURE ont été versés au total à 19 États membres, soit un montant proche du montant maximal de 100 milliards d’EUR. Le solde de 1,6 milliard d’EUR ne peut pas être demandé pour une utilisation future étant donné que l’instrument a pris fin.

La poursuite de l’utilisation de SURE par les États membres bénéficiaires

Le présent rapport confirme les estimations antérieures selon lesquelles SURE a soutenu environ 31½ millions de personnes et plus de 2½ millions d’entreprises en 2020, quand la pandémie s’est déclenchée. Cela représente, dans les États membres bénéficiaires, près d’un tiers de l’emploi total et plus d’un quart des entreprises. La grande fiabilité des chiffres relatifs à la couverture, qui reposent principalement sur les données administratives des États membres conformément aux orientations de la Commission, a été confirmée. Les PME ont été les principales bénéficiaires de l’assistance financière au titre de SURE. Les secteurs les plus soutenus étaient les services à forte intensité de contacts (services d’hébergement et de restauration, commerce de gros et de détail) et le secteur manufacturier.

En 2021, en particulier au cours du premier semestre de l’année où la pandémie continuait à faire des ravages, SURE a soutenu quelque 9 millions de personnes et plus de 900 000 entreprises. Des mesures de soutien économique ont encore été nécessaires au cours du premier semestre de 2021, mais elles ont ensuite été progressivement supprimées en raison de l’atténuation des incidences économiques et sanitaires de la pandémie. Ce fléchissement progressif s’est produit lorsque les vaccins ont été déployés et que les économies de l’UE se sont davantage adaptées à la pandémie.

D’après les estimations, en 2022, SURE a soutenu près de 350 000 personnes et plus de 40 000 entreprises, ce qui est cohérent avec la diminution des dépenses liées à l’instrument. La plupart des États membres bénéficiaires de SURE avaient peu à peu supprimé leurs mesures urgentes de maintien de l’emploi à la mi-2022. Seuls quatre États membres ont eu recours à SURE pour financer des mesures en 2022 et n’ont dépensé que 5 milliards d’EUR alors que l’incidence de la pandémie continuait de s’atténuer.

Toutes les dépenses publiques prévues au titre de SURE ont désormais été exécutées. Les dépenses publiques totales consacrées aux mesures éligibles au titre de SURE ont atteint 122 milliards d’EUR dans les États membres bénéficiaires. Ce montant est largement supérieur à l’assistance financière totale accordée (98 milliards d’EUR), étant donné que plusieurs États membres ont complété le financement SURE des mesures éligibles par un financement national, ce qui montre la pertinence des mesures soutenues par SURE.

Près de la moitié des dépenses publiques totales consacrées à des mesures éligibles au titre de SURE ont été affectées à des dispositifs de chômage partiel. Près d’un tiers a été affecté à des mesures similaires pour les travailleurs indépendants. Le reste des dépenses publiques a été affecté à des mesures de subventions salariales, assimilables à des dispositifs de chômage partiel, mais non fondées sur les heures travaillées, et à des mesures liées à la santé. La part des femmes et des jeunes au chômage partiel a également augmenté pendant la crise de la COVID-19.

Le caractère accessoire des dépenses liées à la santé a été confirmé, étant donné qu’elles ne concernent que les deux cinquièmes des États membres bénéficiaires de SURE et ne représentent que 5 % des dépenses totales. Huit États membres sur 19 ont utilisé SURE pour financer des mesures liées à la santé, dont 22 % étaient des mesures prises sur le lieu de travail pour assurer un retour au travail en toute sécurité.

En outre, SURE a été utilisé pour financer efficacement différents types de mesures liées à la santé. Ces mesures se répartissent presque uniformément entre i) les mesures préventives de lutte contre la COVID-19, ii) les coûts salariaux supplémentaires pour recruter et soutenir le personnel de santé et iii) l’achat d’équipements de santé et de médicaments, y compris de vaccins. Ces mesures ont soit facilité un retour plus rapide au travail, soit fourni une aide d’urgence bienvenue au secteur des soins de santé dans les huit États membres qui ont eu recours à SURE pour soutenir les dépenses liées à la santé.

Il est important de souligner que toute l’assistance financière SURE a désormais été absorbée dans tous les États membres. Le problème de l’absorption dans deux États membres (Roumanie et Pologne), qui a fait l’objet d’un suivi attentif et d’un compte rendu détaillé dans le quatrième rapport semestriel, est désormais entièrement résolu. En Roumanie, l’écart d’absorption a été totalement comblé par la réduction du montant total octroyé et l’introduction de mesures éligibles supplémentaires en juillet 2022. La résolution du problème a été confirmée par les données définitives relatives à l’exécution budgétaire. En Pologne, l’écart d’absorption modéré par rapport au montant octroyé a été comblé par l’inclusion de deux nouvelles mesures éligibles au titre de SURE dans une décision d’exécution modificative du Conseil adoptée en novembre 2022.

Une évaluation actualisée de l’incidence de SURE

La réponse apportée par les pouvoirs publics à la crise de la COVID-19 a effectivement permis à environ 1½ million de personnes d’éviter de perdre leur emploi en 2020, et les dispositifs financés par SURE peuvent avoir contribué à l’essentiel de cette situation. Cette même année, malgré la forte baisse de la production économique, la hausse du chômage dans les États membres bénéficiaires a été très modérée et nettement inférieure à ce qui aurait pu être attendu au regard des chiffres du passé. Ce résultat a été obtenu en permettant aux entreprises de conserver leurs salariés et en préservant l’activité des travailleurs indépendants. Des simulations supplémentaires réalisées à titre d’illustration par la Commission à l’aide du modèle mondial multinational suggèrent que les dispositifs de chômage partiel et les mesures similaires directement financés par SURE pourraient avoir sauvé jusqu’à un million d’emplois en 2020 dans la seule zone euro (soit 14 des 19 bénéficiaires de SURE). Il en découle que les dispositifs de chômage partiel financés par SURE ont probablement permis de sauver la majeure partie du total estimé de 1½ million d’emplois préservés grâce à la réponse globale apportée par les pouvoirs publics à la COVID-19 dans l’ensemble des 19 États membres bénéficiaires de SURE.

SURE peut également avoir contribué à prévenir une augmentation des inégalités sur le marché du travail dans l’UE. Cela contraste avec les évolutions qui ont eu lieu au lendemain de la crise financière mondiale. Au cours de la période 2020-2022, la dispersion des taux de chômage a été réduite à la fois entre les bénéficiaires de SURE et les autres États membres, et entre les différents bénéficiaires de SURE.

SURE a spécifiquement apporté une valeur ajoutée en renforçant la confiance dans l’économie et en encourageant efficacement les États membres à mettre en place des dispositifs de chômage partiel ambitieux et de grande ampleur au niveau national. Les données issues d’enquêtes fournies dans des rapports antérieurs confirment l’incidence spécifique de SURE. Premièrement, SURE, qui est l’un des premiers instruments financiers de l’UE mis en place en réaction à la COVID-19, a contribué à améliorer la confiance économique générale en démontrant la capacité de l’UE à réagir rapidement et efficacement à une crise sans précédent. Deuxièmement, par l’intermédiaire de SURE, l’UE a soutenu et encouragé le recours généralisé aux dispositifs de chômage partiel (mise en place de nouveaux dispositifs ou extension des dispositifs existants). Troisièmement, SURE a donné aux États membres la confiance pour emprunter et dépenser plus pour les mesures de maintien de l’emploi qu’ils ne l’auraient fait. Selon une étude du Centre d’études de la politique européenne, le recours aux dispositifs de chômage partiel a considérablement augmenté pendant la pandémie en raison, en grande partie, de la forte augmentation du financement public de ces mesures.

La protection de l’emploi au cours des deux premières années de la pandémie a également rendu possible une reprise plus rapide en 2021 que lors des précédentes crises. Les données d’enquête montrent qu’en 2021, le soutien fourni par SURE s’est concentré sur les secteurs encore durement touchés par la pandémie. Les dépenses au titre de SURE ont également été concentrées au cours du premier semestre, lorsque les mesures de confinement étaient plus strictes. Cela suggère que SURE a ciblé les besoins les plus urgents en soutenant les secteurs les plus touchés.

Très concrètement, on estime actuellement que l’assistance financière au titre de SURE a permis aux États membres d’économiser 9,0 milliards d’EUR au total en paiements d’intérêts. Ce chiffre s’explique par les conditions de financement très favorables dont a bénéficié l’UE et par la longue durée moyenne des prêts accordés aux États membres. Les économies d’intérêts estimées ont augmenté avec la neuvième et dernière opération SURE en décembre 2022.

Les systèmes de contrôle et d’audit mis en place par les États membres

Conformément à leurs obligations légales, tous les États membres ont déclaré avoir vérifié la mise en œuvre des mesures soutenues au titre de SURE, soit au moyen de contrôles ex ante, soit au moyen de contrôles ex post, y compris des audits (ou les deux). Presque tous les États membres ont déclaré avoir contrôlé ex ante toutes les mesures soutenues au titre de SURE (avant le déblocage des fonds en faveur des bénéficiaires finaux). Plus de la moitié des États membres ont déclaré avoir contrôlé la totalité ou la plupart des mesures ex post (après le déblocage des fonds). Cinq autres États membres ont déclaré avoir contrôlé a posteriori la mesure la plus importante ou la mesure présentant le risque de fraude et d’irrégularités le plus élevé. Afin de garantir la bonne utilisation des fonds publics, les mesures qui n’étaient pas contrôlées ex ante l’ont été ex post.

Aucun État membre ne considère que les mesures soutenues au titre de SURE présentent un risque élevé d’irrégularités ou de fraude. En effet, souvent, les conditions d’éligibilité sont définies clairement sur le plan juridique et sont contrôlées ex ante.

Lorsque des irrégularités ou des fraudes ont été confirmées, tous les États membres ont recouvré les fonds qui avaient fait l’objet d’une utilisation abusive ou ont entamé une procédure de recouvrement. Plus précisément, l’incidence des irrégularités ou des fraudes concernant la mesure la plus importante soutenue par SURE dans chaque État membre a été, dans la plupart des cas, inférieure à 2 % des dépenses totales. Jusqu’à présent, la majorité des États membres ont recouvré plus de 75 % du montant total dû. En outre, en cas de fraude, tous les États membres ont pris des mesures allant au-delà du recouvrement des fonds indûment utilisés, telles que la notification aux organismes d’enquête compétents. Certains États membres ont signalé avoir pris des mesures préventives en réaction à des fraudes ou des irrégularités.

La disparition de l’instrument SURE à la fin de 2022

La clause de caducité de l’instrument SURE a pris effet le 1er janvier 2023. Le règlement SURE contenait une «clause de caducité» précisant que l’instrument prendrait fin le 31 décembre 2022, à moins que le Conseil ne décide de le prolonger, sur proposition de la Commission. Le quatrième rapport semestriel de septembre 2022 n’était pas accompagné d’une proposition de prolongation de l’instrument. Les mesures d’urgence liées à la COVID-19 ont été presque entièrement supprimées à la fin de l’été 2022 et les incidences épidémiologiques et économiques de la COVID-19 ont continué à afficher une tendance à la baisse tout au long de l’année 2022. Le 5 mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé a estimé que la COVID-19 était maintenant un problème de santé établi et à caractère persistant qui ne constituait plus une urgence de santé publique de portée internationale. Cela confirme l’appréciation de la Commission selon laquelle les événements exceptionnels justifiant l’existence de SURE n’existent plus. Un suivi attentif a été maintenu au cours des premiers mois de 2023 afin de garantir l’absorption de la totalité de l’assistance financière au titre de SURE, qui est maintenant confirmée. Le présent rapport met fin au suivi de l’utilisation de l’assistance financière au titre de SURE.



Introduction

Le présent rapport est le cinquième et dernier rapport semestriel sur l’instrument européen de soutien temporaire à l’atténuation des risques de chômage en situation d’urgence (SURE). SURE a été créé par l’Union européenne (UE) en mai 2020 pour aider les États membres à protéger les emplois et les revenus des travailleurs pendant la pandémie de COVID-19 1 . Cet instrument a fourni aux États membres demandeurs une assistance financière de l’Union (jusqu’à 100 milliards d’EUR) sous la forme de prêts assortis de conditions favorables. L’objectif des prêts était de contribuer à financer les dispositifs de chômage partiel des États membres ou les mesures similaires prises afin de protéger les salariés et les travailleurs indépendants, ainsi qu’à financer, à titre accessoire, certaines mesures liées à la santé, en particulier sur le lieu de travail.

L’instrument SURE a pris fin le 31 décembre 2022. La clause de caducité relative à la mise à disposition d’un soutien financier au titre de l’instrument SURE précisait que l’instrument prendrait fin le 31 décembre 2022, à moins que le Conseil, sur proposition de la Commission, ne décide de le prolonger si les événements exceptionnels qui ont justifié sa mise en place (à savoir les graves perturbations économiques causées par la pandémie de COVID-19) continuaient d’exister. La Commission a estimé que ces événements n’existaient plus, de sorte que la clause de caducité est entrée en vigueur. Aucune décision d’exécution du Conseil accordant une assistance financière au titre de SURE aux États membres n’a donc pu être adoptée depuis le 1er janvier 2023. Toutefois, le suivi s’est poursuivi au cours des premiers mois de 2023 afin de garantir l’absorption de la totalité de l’assistance financière accordée au titre de SURE, qui est maintenant confirmée. Le présent rapport met fin au suivi de l’utilisation de l’assistance financière au titre de SURE.

Le présent rapport semestriel est une obligation légale. Il est adopté par la Commission européenne (ci-après la «Commission») conformément à l’article 14 du règlement (UE) 2020/672 du Conseil (ci-après le «règlement SURE») 2 afin de satisfaire à son obligation de rendre compte au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et financier (CEF) et au Comité de l’emploi (EMCO) 3 . Étant donné que toute l’assistance financière accordée a désormais été décaissée et dépensée et qu’aucune autre assistance financière ne peut être accordée, il s’agit du dernier rapport de suivi semestriel concernant SURE. Le suivi financier du remboursement des prêts sera effectué par la direction générale du budget de la Commission jusqu’à ce que tous les prêts en cours aient été remboursés. La date butoir pour inclure des informations dans le présent rapport a été fixée au 3 mars 2023 pour les déclarations des États membres, au 17 mars 2023 pour les informations sur le contrôle et l’audit et au 15 mai 2023 pour les données économiques et épidémiologiques 4 .

Le présent rapport présente des données nouvelles ou actualisées qui confirment, en février 2023, les évaluations positives de SURE présentées dans les rapports semestriels précédents. Ses principales constatations peuvent être résumées comme suit:

-selon les estimations, environ 31½ millions de personnes et 2½ millions d’entreprises ont été soutenues par SURE en 2020 dans 19 États membres;

-9 millions de personnes et plus de 900 000 entreprises ont été couvertes par SURE en 2021 dans 15 États membres, avec une atténuation progressive nette en 2022, où 350 000 personnes et 40 000 entreprises étaient couvertes dans quatre États membres;

-selon les estimations, les mesures de soutien adoptées ont permis à environ 1½ million de personnes d’éviter de perdre leur emploi au plus fort de la pandémie en 2020. Des simulations supplémentaires réalisées à titre d’illustration suggèrent que les dispositifs de chômage partiel financés par SURE pourraient avoir garanti l’essentiel de cette incidence estimée;

-cette action a également contribué à réduire les inégalités sur le marché du travail en limitant la dispersion des taux de chômage, en particulier entre les bénéficiaires de SURE;

-19 États membres ont bénéficié d’une assistance financière au titre de SURE et onze d’entre eux ont bénéficié d’un soutien complémentaire 5 ;

-plus de 98 milliards d’EUR, soit un montant proche du montant maximal de 100 milliards d’EUR, ont été alloués et décaissés, dont 6,5 milliards d’EUR ont été versés à 9 États membres en décembre 2022;

-la clause de caducité s’applique depuis le 1er janvier 2023, ce qui signifie qu’aucune assistance financière supplémentaire ne peut plus être accordée aux États membres. Les données épidémiologiques confirment l’appréciation de la Commission selon laquelle les circonstances exceptionnelles justifiant le recours à SURE n’existent plus;

-la totalité de l’assistance financière au titre de SURE a désormais été absorbée dans les 19 États membres bénéficiaires;

-outre les retombées positives en matière sociale et d’emploi, les États membres ont économisé, selon les estimations, 9,0 milliards d’EUR sur les paiements d’intérêts;

-près de la moitié de l’assistance financière au titre de SURE a été allouée aux États membres pour soutenir des dispositifs de chômage partiel et un tiers pour soutenir des mesures similaires en faveur des travailleurs indépendants;

-5 % ont été alloués à des mesures liées à la santé, qui sont «accessoires» conformément au règlement SURE. Il s’agit notamment de mesures de prévention de la COVID-19, de dépenses pour des équipements de santé et de coûts de main-d’œuvre supplémentaires pour recruter et soutenir le personnel de santé, tandis qu’environ un cinquième du montant a été octroyé pour des mesures prises sur le lieu de travail;

-tous les États membres ont déclaré avoir contrôlé des mesures soutenues par SURE soit ex ante, soit ex post (ou les deux). Aucun État membre ne considère que les mesures soutenues au titre de SURE présentent un risque élevé d’irrégularités ou de fraude;

-tous les États membres ont pris des mesures correctives en réaction à des irrégularités ou à des fraudes. La majorité des États membres ont recouvré plus de 75 % du montant total dû jusqu’à présent.

Le présent rapport actualise les informations contenues dans les quatre premiers rapports semestriels relatifs à SURE et fournit des analyses supplémentaires. Il couvre les évolutions institutionnelles depuis la date butoir du quatrième rapport, en août 2022, y compris l’assistance financière complémentaire accordée à 8 États membres, la modification de la décision d’exécution du Conseil concernant la Pologne afin de remédier à l’écart d’absorption et le décaissement des fonds liés à l’assistance complémentaire et à la Pologne. Un examen approfondi des systèmes de contrôle et d’audit, visant à garantir le respect des obligations découlant de l’accord de prêt, est réalisé, dans le prolongement du questionnaire ad hoc repris dans le 3e rapport semestriel. L’analyse présentée dans les précédents rapports est actualisée, en ce qui concerne notamment les dépenses publiques des États membres couvertes par SURE (en s’appuyant sur les déclarations semestrielles fournies par les États membres en février 2023) et l’estimation de l’incidence de SURE (à partir des chiffres macroéconomiques les plus récents). Le présent rapport comprend également un certain nombre d’éléments nouveaux: une analyse supplémentaire du nombre d’emplois préservés par SURE sur la base d’un modèle macroéconomique de la Commission, une analyse plus détaillée des mesures liées à la santé financées par SURE et de leur importance, des informations sur la fiabilité des données relatives au nombre de personnes et d’entreprises couvertes par SURE, l’examen détaillé susmentionné des systèmes nationaux de contrôle et d’audit, et une discussion sur les enseignements tirés de SURE.

Le présent rapport aborde également les suggestions de la Cour des comptes européenne. La Cour des comptes européenne (CCE) a publié son rapport spécial nº 28/2022 sur SURE le 14 décembre 2022, après la publication du quatrième rapport semestriel; il contient un certain nombre d’observations sur l’instrument 6 . Le rapport de la CCE est globalement très positif en ce qui concerne l’instrument et reconnaît que la Commission a réagi rapidement et efficacement au défi consistant à aider les États membres à préserver l’emploi dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Le rapport ne formule qu’une seule recommandation: évaluer l’instrument SURE. La Commission a accepté cette recommandation et réalisera une étude d’évaluation de SURE d’ici au troisième trimestre de 2024, qui complétera l’analyse fournie dans les rapports semestriels.

Le rapport s’articule en sept sections. La section I porte sur l’utilisation institutionnelle de SURE: l’assistance financière accordée et versée aux États membres avec le calendrier de remboursement correspondant. La section II expose l’utilisation de SURE au service des politiques et résume les dépenses publiques totales effectuées par les États membres en faveur des mesures nationales soutenues par SURE 7 . La section III actualise et étend l’évaluation initiale de l’incidence de SURE fournie dans les précédents rapports. La section IV examine les informations relatives aux systèmes nationaux de contrôle ex ante et ex post, y compris l’audit. La section V examine les événements exceptionnels qui ont justifié le maintien de SURE et confirme qu’ils n’existent plus. La section VI contient le rapport que la Commission s’est engagée à établir en vertu de la section 2.4 du cadre relatif aux obligations sociales SURE de l’UE, qui est intégré au présent rapport 8 . Enfin, la section VII présente quelques conclusions sur la valeur ajoutée de SURE.

I.L’utilisation institutionnelle de SURE: montants octroyés et versés et autres aspects financiers

1.1 Vue d’ensemble des États membres bénéficiaires et des montants octroyés

Plus de 98 % de l’enveloppe SURE de 100 milliards d’EUR a été accordée sur la durée de vie de l’instrument. Une assistance financière totale de 98,4 milliards d’EUR a été octroyée au titre de SURE à 19 États membres: la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Tchéquie, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et l’Espagne. La grande majorité de l’assistance financière a été accordée en 2020 (graphique 1), à partir de septembre 2020, au moment de la mise à disposition de SURE. Les derniers montants ont été octroyés en novembre 2022.

Une assistance financière complémentaire a été accordée à huit États membres entre septembre et novembre 2022. Depuis le précédent rapport semestriel de septembre 2022, le Conseil a accordé une assistance financière supplémentaire de 5,05 milliards d’EUR à huit États membres en plus de l’assistance financière initiale qui leur avait été octroyée en 2020: la Bulgarie, Chypre, la Tchéquie, la Grèce, la Croatie, la Lituanie, la Lettonie et le Portugal. L’assistance financière a été accordée pour des dépenses engagées, principalement en 2020 et 2021, dans le cadre de prolongations de mesures déjà financées par SURE. Dans le cas de Chypre, de la Grèce et de la Croatie, il s’agissait d’un deuxième complément à leur prêt initial. Au total, 11 des 19 États membres qui ont eu recours à SURE ont finalement bénéficié d’une assistance financière complémentaire. En effet, le soutien au titre de SURE pouvait être demandé pour les dépenses éligibles liées à la COVID-19, sur la base des dépenses prévues ou des dépenses engagées, ces dernières ne présentant par définition aucun risque d’absorption.

Graphique 1: montant octroyé et versé par année

Source: Commission européenne.

Tableau 1: vue d’ensemble du soutien octroyé au titre de SURE (en EUR)

État membre

Montant total octroyé*

Dont complément

Montant versé*

Montant en suspens

Belgique

8 197 530 000

394 150 000

8 197 530 000

0

Bulgarie

971 170 000

460 170 000

971 170 000

0

Chypre

632 970 000

153 900 000

632 970 000

0

Tchéquie

4 500 000 000

2 500 000 000

4 500 000 000

0

Grèce

6 165 000 000

3 437 000 000

6 165 000 000

0

Espagne

21 324 820 449

0

21 324 820 449

0

Croatie

1 570 600 000

550 000 000

1 570 600 000

0

Italie

27 438 486 464

0

27 438 486 464

0

Lituanie

1 099 060 000

496 750 000

1 099 060 000

0

Lettonie

472 807 000

280 107 000

472 807 000

0

Malte

420 817 000

177 185 000

420 817 000

0

Pologne

11 236 693 087

0

11 236 693 087

0

Portugal

6 234 462 488

300 000 000

6 234 462 488

0

Roumanie

3 000 000 000

0

3 000 000 000

0

Slovénie

1 113 670 000

0

1 113 670 000

0

Slovaquie

630 883 600

0

630 883 600

0

Hongrie

651 470 000

147 140 000

651 470 000

0

Irlande

2 473 887 900

0

2 473 887 900

0

Estonie

230 000 000

0

230 000 000

0

Total

98 364 327 988

8 896 402 000

98 364 327 988

0

*Lors de l’exécution des versements, les montants octroyés ont été arrondis à la baisse pour des raisons opérationnelles. Source: Commission européenne.

1.2 Versements et calendrier de remboursement applicable

La Commission a émis avec succès une dernière tranche de 6,5 milliards d’EUR d’obligations sociales SURE au nom de l’UE. Le 7 décembre 2022, la neuvième et dernière émission de l’UE au titre du programme SURE a eu lieu. L’obligation à 15 ans disposait d’un carnet d’ordres de 25,4 milliards d’EUR, soit une demande de souscription quatre fois supérieure à l’offre pour ce volet de financement de fin d’année. Les 6,548 milliards d’EUR ont été décaissés le 14 décembre: 460 millions d’EUR pour la Bulgarie, 29 millions d’EUR pour Chypre, 2 milliards d’EUR pour la Tchéquie, 900 millions d’EUR pour la Grèce, 550 millions d’EUR pour la Croatie, 142 millions d’EUR pour la Lituanie, 167 millions d’EUR pour la Lettonie, 1,5 milliard d’EUR pour la Pologne et 300 millions d’EUR pour le Portugal. Le montant versé à la Pologne avait été reporté jusqu’à ce que son problème d’absorption soit résolu (voir section 2.1.2), tandis que les autres montants représentaient des compléments accordés aux huit États membres à l’automne 2022.

Le programme d’émission SURE a globalement remporté un franc succès, marqué par une forte demande des investisseurs et des conditions de financement favorables. Avant la pandémie, les emprunts de la Commission sur les marchés européens des capitaux étaient limités, mais SURE, rapidement suivi par NextGenerationEU, a fait de la Commission un acteur important de l’émission de titres de dette souveraine. Toutes les opérations ont été sursouscrites à de multiples reprises et ont bénéficié de conditions de financement favorables, un certain nombre des premières obligations ayant été émises à des taux d’intérêt négatifs (cf. tableau A2). Ce succès a témoigné de la confiance des investisseurs dans la capacité de financement de l’UE et dans le programme SURE.

En décembre 2022, la totalité des 98,4 milliards d’EUR d’assistance financière accordée au titre de SURE avaient été décaissés (tableau 1). De plus amples informations sur les opérations SURE et les versements en faveur des États membres figurent dans les tableaux A1 et A2 de l’annexe.

Les prêts accordés aux États membres conservent une échéance moyenne de 14,5 ans, proche du maximum de 15 ans prévu par les décisions d’exécution du Conseil respectives. Le tableau 2 présente des informations sur le calendrier de remboursement du principal et des intérêts.

Tableau 2: Calendrier de remboursement des prêts SURE en cours de l’UE

Année civile

Principal

Intérêts

Total SURE

2023

326 563 400

326 563 400

2024

326 982 500

326 982 500

2025

8 000 000 000

326 982 500

8 326 982 500

2026

8 000 000 000

326 982 500

8 326 982 500

2027

326 982 500

326 982 500

2028

10 000 000 000

326 982 500

10 326 982 500

2029

8 137 000 000

326 982 500

8 463 982 500

2030

10 000 000 000

326 982 500

10 326 982 500

2031

326 982 500

326 982 500

2032

326 982 500

326 982 500

2033

326 982 500

326 982 500

2034

326 982 500

326 982 500

2035

8 500 000 000

326 982 500

8 826 982 500

2036

9 000 000 000

326 982 500

9 326 982 500

2037

8 718 000 000

308 982 500

9 026 982 500

2038

104 500 000

104 500 000

2039

104 500 000

104 500 000

2040

7 000 000 000

104 500 000

7 104 500 000

2041

97 500 000

97 500 000

2042

97 500 000

97 500 000

2043

97 500 000

97 500 000

2044

97 500 000

97 500 000

2045

97 500 000

97 500 000

2046

5 000 000 000

97 500 000

5 097 500 000

2047

6 000 000 000

75 000 000

6 075 000 000

2048

30 000 000

30 000 000

2049

30 000 000

30 000 000

2050

10 000 000 000

30 000 000

10 030 000 000

Total

98 355 000 000

5 949 818 400

104 304 818 400

II.L’utilisation de SURE au service des politiques: dépenses publiques et mesures nationales couvertes par SURE

La présente section s’intéresse à l’utilisation de l’instrument SURE au service des politiques. La section 2.1 résume les dépenses publiques des États membres couvertes par SURE ou éligibles à un soutien au titre de cet instrument, y compris l’absorption des fonds. La section 2.2 fournit des précisions sur les dispositifs de chômage partiel et les mesures similaires soutenus par SURE, tandis que la section 2.3 examine la nature des mesures liées à la santé bénéficiant d’un soutien. La section 2.4 présente le nombre de salariés et d’entreprises qui ont bénéficié des mesures soutenues par SURE.

2.1 Dépenses publiques effectives et prévues soutenues par SURE

2.1.1 Suivi des dépenses publiques consacrées aux mesures éligibles

Les déclarations semestrielles établies par les États membres bénéficiaires sont utilisées pour surveiller l’utilisation prévue et effective de l’assistance financière octroyée au titre de SURE. Les déclarations à fournir portent notamment sur les dépenses publiques en faveur des mesures couvertes par SURE (ainsi que sur le nombre de salariés et d’entreprises bénéficiaires de ces mesures, tel que présenté à la section 3.3). À ce jour, cinq séries de déclarations ont été présentées: en août 2020 («déclaration initiale»), en janvier-février 2021 («premier rapport»), en juin 2021 («deuxième rapport»), en janvier 2022 («troisième rapport»), en juin 2022 («quatrième rapport») et en février 2023 («déclaration la plus récente»). Il est prévu que la déclaration la plus récente soit la dernière, étant donné que l’assistance financière accordée a désormais été dépensée dans son intégralité et qu’il n’y a plus de dépenses prévues dont l’exécution devrait faire l’objet d’un suivi. Les informations sont présentées telles que déclarées par les États membres en ce qui concerne les mesures éligibles au titre de SURE. Certains États membres ont dépensé plus que le montant de l’assistance financière reçue au titre de SURE, étant donné qu’ils ont complété le soutien de SURE par un financement national et/ou des fonds structurels de l’UE, si bien que les dépenses totales peuvent dépasser le montant financé par SURE. Les déclarations permettent de mesurer plus facilement l’absorption de l’assistance financière au titre de SURE par comparaison avec le montant octroyé par le Conseil 9 .

Toutes les dépenses publiques prévues au titre de SURE ont désormais été exécutées. Le règlement SURE permettait d’utiliser l’assistance financière pour les augmentations effectives et prévues de dépenses publiques consacrées à des mesures couvertes par SURE 10 . Au lancement de SURE, lorsque les restrictions liées à la COVID-19 étaient aiguës, l’instrument a financé un montant important des dépenses prévues, qui représentaient 64 % des dépenses totales en juin 2020. La part des dépenses prévues ne représentait plus que 12 % en juin 2021 et moins de 4 % à la fin de 2021. Toutes les dépenses relatives aux mesures éligibles au titre de SURE ont pris fin en décembre 2022; toutefois, en juin 2022, tous les États membres avaient épuisé les fonds octroyés au titre de SURE pour ces mesures et n’ont donc utilisé que des fonds nationaux après cette date 11 .

Graphique 2: Dépenses publiques déclarées

Source: déclarations des États membres (février 2023).

Remarque: l’Estonie n’est prise en compte qu’à partir de juin 2021, car elle a demandé le soutien de SURE plus tard. S1 et S2 correspondent aux premier et deuxième semestres de 2021.

Graphique 3: Évolution mensuelle des dépenses publiques engagées au titre de SURE

Source: déclarations des États membres (février 2023).

Le montant total des dépenses publiques consacrées aux mesures éligibles au titre de SURE a atteint 122 milliards d’EUR, ce qui est supérieur au montant total de l’assistance financière octroyée au titre de SURE. Ce montant a légèrement augmenté par rapport au quatrième rapport (graphique 2), étant donné que certains États membres ont étendu les mesures jusqu’en 2022, mais avec des dépenses plus limitées. Au total, 13 États membres ont déclaré des dépenses en 2022. Les dépenses consacrées à la minorité de dispositifs qui se sont poursuivis en 2022 ont légèrement augmenté, passant des 3,7 milliards d’EUR prévus aux 4,5 milliards d’EUR qui ont finalement été exécutés. Ces dépenses totales (122 milliards d’EUR) sont supérieures au montant total octroyé au titre de SURE (98,4 milliards d’EUR), car la plupart des États membres ont dépensé davantage en faveur des mesures éligibles que l’assistance financière qu’ils ont demandée et qui a été octroyée 12 . Cette situation met en évidence le fait que le champ d’application de SURE est demeuré pertinent pour les États membres après qu’ils ont demandé à bénéficier de cet instrument pour la première fois en 2020.

En raison de l’atténuation de l’impact de la pandémie en 2022, les dépenses mensuelles consacrées aux mesures éligibles au titre de SURE ont atteint des montants négligeables. Le graphique 3 montre, pour 2022, que les dépenses ont culminé (à un faible niveau) en janvier avant de diminuer rapidement. Début 2022, les dépenses se sont concentrées sur des mesures telles que la prolongation de certains dispositifs de chômage partiel, les mesures liées à la quarantaine, les tests de dépistage de la COVID-19 et l’indemnisation spéciale des professionnels de la santé 13 . Au cours du second semestre de 2022, les dépenses mensuelles moyennes n’étaient que de 83 millions d’EUR dans l’ensemble des États membres qui ont fait une déclaration.

2.1.2 Absorption des fonds

Toute l’assistance financière au titre de SURE a désormais été absorbée dans tous les États membres. Toutes les dépenses publiques financées par SURE ayant désormais été exécutées, c’est-à-dire qu’il ne reste aucune dépense prévue, les 98,4 milliards d’EUR d’assistance financière octroyée ont été entièrement absorbés. Les problèmes d’absorption précédemment recensés dans deux États membres et examinés dans le quatrième rapport semestriel sont désormais résolus. Dix-sept États membres sur 19 ont dépensé plus que le montant octroyé, y compris en finançant le solde à l’échelon national (voir graphique 4).

En Roumanie, l’écart d’absorption a été entièrement comblé, comme l’ont confirmé les données définitives sur l’exécution budgétaire. Pour rappel, au début de l’année 2022, la Roumanie affichait un écart d’absorption de près de 3 milliards d’EUR. La décision d’exécution modificative du Conseil adoptée en juillet 2022 a réduit le montant accordé de 4,1 milliards d’EUR à 3 milliards d’EUR et a inclus 21 mesures supplémentaires éligibles au titre de l’instrument SURE, à la suite d’une demande des autorités roumaines. Le dialogue étroit engagé entre la Commission et les autorités roumaines a permis d’identifier d’autres dépenses éligibles sous la forme d’une réduction des coûts salariaux indirects pour les entreprises qui participent à des dispositifs de chômage partiel 14 . L’écart résiduel, estimé à 350 millions d’EUR comme enregistré en septembre 2022 et repris dans le quatrième rapport, est désormais entièrement comblé. La Roumanie présente même aujourd’hui une marge excédentaire largement supérieure aux 3 milliards d’EUR qui lui ont été accordés. L’exécution définitive du budget 2022 pour toutes les mesures de la décision d’exécution modificative du Conseil a dissipé l’incertitude, de sorte qu’en décembre 2022, le total des dépenses engagées dépassait les 3 milliards d’EUR et les dépenses liées à la santé restaient accessoires (représentant moins de 46 % des dépenses totales).

Graphique 4: Montant des dépenses publiques en faveur des mesures éligibles dépassant le montant du prêt (en % du montant du prêt)

Source: déclarations des États membres (février 2023).

Remarque: les dépenses publiques se rapportent aux mesures déclarées comme couvertes dans les décisions d’exécution, déduction faite des Fonds structurels et d’investissement européens. Certains États membres (Estonie et Slovénie) ont cessé leurs déclarations sur les mesures éligibles au titre de SURE après 2020 car, ayant déjà épuisé le montant octroyé, ils n’utilisent plus l’assistance financière au titre de SURE pour financer ces mesures.

En Pologne, l’écart d’absorption modéré par rapport au montant octroyé a été comblé par l’inclusion de deux nouvelles mesures éligibles au titre de SURE. Au début 2022, la Pologne a déclaré, pour les mesures couvertes par la décision d’exécution la concernant, des dépenses totales (9,9 milliards d’EUR) inférieures au montant accordé (11,2 milliards d’EUR). À la suite d’un dialogue technique entre la Commission et les autorités polonaises, le Conseil a modifié la décision d’exécution initiale concernant la Pologne en novembre 2022, sur la base d’une proposition de la Commission, afin d’y inclure deux mesures supplémentaires liées à la santé éligibles au titre de SURE. Il s’agit d’une prime pour les professionnels de la santé et de services de dépistage de la COVID-19 par PCR. Le montant des dépenses de santé éligibles est passé de 0 % à 15 % du total des dépenses, ce qui reste accessoire. Le décaissement de fonds résiduel (1,5 milliard d’EUR), initialement reporté jusqu’à la résolution du problème d’absorption, a été exécuté en décembre 2022.

2.2 Mesures nationales: dispositifs de chômage partiel ou mesures similaires soutenus par SURE

La grande majorité des dépenses publiques totales consacrées à des mesures éligibles au titre de SURE ont été allouées à des dispositifs de chômage partiel et à des «mesures similaires», y compris pour les travailleurs indépendants. En effet, près de la moitié (49 %) des dépenses publiques totales consacrées aux mesures éligibles au titre de SURE ont été affectées à des dispositifs de chômage partiel, qui ont été financés au moyen de l’instrument SURE dans 16 des 19 États membres bénéficiaires. En outre, 31 % ont été affectées à des «mesures similaires» pour les travailleurs indépendants 15 . 9 % ont été affectées à des dispositifs de subventions salariales 16 , tandis que 6 % des dépenses totales ont été affectées à d’«autres» mesures similaires en faveur du maintien de l’emploi et des revenus des travailleurs 17 . Seuls 5 % ont été consacrées à des mesures liées à la santé, ce qui confirme leur caractère accessoire. 11 États membres n’ont eu recours à l’assistance financière au titre de SURE que pour des dispositifs de chômage partiel et des mesures similaires (graphique 5).

Graphique 5: Dépenses publiques consacrées à des mesures éligibles au titre de SURE, par type de dépenses

Source: déclarations des États membres (février 2023).

Remarque: voir le rapport de mars 2021 pour plus de détails sur les dépenses liées à la santé de la Hongrie.

La part des femmes et des jeunes au chômage partiel a augmenté pendant la crise de la COVID-19. Cette augmentation est due principalement à l’évolution de la composition sectorielle du soutien – du secteur manufacturier et du secteur de la construction vers les secteurs des services et du commerce de détail, c’est-à-dire des secteurs où la part des femmes et des jeunes dans l’emploi est relativement plus élevée (graphique 6) 18 .

À l’automne 2022, huit États membres ont bénéficié d’une assistance financière supplémentaire pour diverses mesures. Ce soutien complémentaire a servi à couvrir les dépenses supplémentaires engagées en 2021, et, dans certains cas, jusqu’au début de 2022, pour les mesures d’urgence déjà soutenues par SURE. Plus précisément, l’assistance complémentaire a couvert les mesures suivantes.

-Bulgarie: la prolongation jusqu’en juin 2022 d’un dispositif de chômage partiel mis en place en faveur des entreprises ayant subi une réduction de leurs recettes d’au moins 30 % en raison de la pandémie et ayant limité leurs activités entre le 13 mars 2020 et le 31 décembre 2020 tout en conservant leurs salariés.

-Chypre: les dépenses supplémentaires liées à la prolongation (jusqu’au troisième trimestre de 2021) du dispositif de subventions salariales en faveur des entreprises qui ont dû suspendre (partiellement) leurs activités, aux dispositifs spéciaux en faveur des secteurs de l’hébergement et du tourisme, au dispositif de subventions pour les travailleurs indépendants, et au dispositif de prestations d’indemnités de maladie pour la COVID-19;

-Tchéquie: la prolongation en 2021 du dispositif de chômage partiel d’urgence (le «programme antivirus») et de l’aide d’urgence aux travailleurs indépendants.

-Grèce: la prolongation du dispositif d’urgence en faveur du maintien de l’emploi (une allocation pour les salariés du secteur privé dont le contrat avait été suspendu) en 2021 et 2022 et de la subvention correspondante couvrant les cotisations de sécurité sociale.

-Croatie: la prolongation des deux mesures de soutien existantes, à savoir un dispositif de subventions salariales pour les entreprises durement touchées par la pandémie (jusqu’en juin 2022) et un dispositif de chômage partiel apportant un soutien en cas de réduction temporaire du temps de travail (jusqu’en décembre 2022).

-Lituanie: la prolongation jusqu’en juin 2021 du programme de maintien de l’emploi subventionnant les coûts salariaux des salariés pendant les périodes de suspension du travail, et des dispositifs de subventions pour les travailleurs indépendants.

-Lettonie: le rétablissement des mesures d’aide d’urgence (compensation de la période d’inactivité des travailleurs, subventions salariales pour les entreprises touchées et indemnités de maladie liées à la COVID-19) au cours de la période allant de novembre 2020 à juin 2021, et couverture de certaines dépenses supplémentaires pour la prolongation des mesures liées à la santé.

-Portugal: la prolongation d’un ensemble existant de mesures relatives au marché du travail et à la santé (qui avaient été complétées par une décision d’exécution modificative du Conseil en janvier 2022) jusqu’à la fin 2021 et jusqu’en mars 2022 respectivement (les mesures relatives à la santé incluant l’indemnité d’isolement prophylactique et le soutien exceptionnel à la reprise des activités commerciales).

Graphique 6: Part moyenne des femmes et des jeunes (15-24 ans) bénéficiaires dans les dispositifs de chômage partiel (2020-2021)

-

Source: Labour market policy (LMP) données 2020, Commission européenne, direction générale de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, données EMCO 2020 et 2021.

Remarque: les données ne sont pas disponibles pour tous les pays couverts par SURE.

Dans la plupart des États membres, le recours au chômage partiel s’est poursuivi tout au long de l’année 2021, mais à un rythme décroissant. Dans la majorité des États membres, après le premier pic enregistré lors de la première vague de la pandémie en mars-avril 2020, le recours au chômage partiel et à des mesures similaires de maintien de l’emploi s’est stabilisé au second semestre de 2020. Le recours aux mesures a ensuite progressivement diminué au cours de l’année 2021, parallèlement à la reprise économique et au déploiement réussi des campagnes de vaccination. Certains pays ont connu un deuxième pic fin 2020/début 2021.

Graphique 7: Proportion d’emplois bénéficiant de mesures de maintien de l’emploi (données agrégées et par État membre)

Source: Eurostat, déclarations des États membres (février 2023).

Remarque: données non disponibles pour la Tchéquie et la Roumanie. La baisse de la part des emplois couverts au second semestre 2021 est en partie due à l’indisponibilité des données pour un certain nombre de pays.

La plupart des États membres bénéficiaires de SURE avaient peu à peu supprimé leurs mesures urgentes de maintien de l’emploi à la mi-2022. Alors que quelques pays (Estonie, Slovénie) avaient déjà mis un terme à leurs mesures urgentes de maintien de l’emploi au cours du second semestre de 2020, la plupart ont prolongé leur aide d’urgence en 2021 et, dans certains cas, jusqu’au premier semestre de 2022. Seuls deux pays (Portugal, Croatie) ont maintenu l’aide d’urgence jusqu’à la fin de 2022.

Tableau 3: Principales mesures d’urgence de maintien de l’emploi, avec leur durée

État membre

Type

Permanent/temporaire

Réduction du temps de travail

Aide d’urgence fournie jusque

BE

CP

Permanent, avec des modifications temporaires

0 – 100 %

Juin 2022

BG

CP

Temporaire

50 % ou 100 %

Juin 2022

CZ

CP

Temporaire

0 – 100 %

Février 2022

EE

CP

Temporaire

0 – 100 %

Juin 2020

IE

Subvention salariale

Temporaire

-

Août 2020

EL

CP

Temporaire

50 % ou 100 %

Janvier 2022

ES

CP

Permanent, avec des modifications temporaires

0 – 100 %

Mars 2022

HR

Subvention salariale + CP

Temporaire

0 – 100 %

Décembre 2022

IT

CP

Permanent, avec des modifications temporaires

0 – 100 %

Décembre 2021

CY

CP

Temporaire

0 – 100 %

Août 2021

LV

CP

Temporaire

0 – 100 %

Juin 2021

LT

Subvention salariale + CP

Temporaire

0 – 100 %

Juin 2021/Septembre 2021

HU

-

-

-

-

MT

Subvention salariale

Temporaire

-

Mai 2022

PL

Subvention salariale + CP

Temporaire

20 – 100 %

Septembre 2021

PT

CP

Permanent, avec des modifications temporaires

0 – 100 %

Septembre 2022

RO

CP

Temporaire

0 – 100 %

Mai 2022

SI

CP

Temporaire

50 – 100 %

Décembre 2020

SK

CP

Temporaire

0 – 100 %

Mars 2022

Remarque: ce tableau ne reprend que les principaux dispositifs. La Hongrie a mis en place un dispositif de chômage partiel d’urgence pendant la pandémie, qui a été financé par les Fonds structurels européens. Elle n’a donc pas reçu d’assistance financière au titre de SURE. L’Irlande a remplacé son dispositif de subvention salariale par un dispositif modifié similaire qui est demeuré en place jusqu’en mai 2022, mais elle ne l’a pas financé à l’aide de SURE.

2.3 Mesures nationales: mesures liées à la santé soutenues par SURE

Le caractère accessoire des dépenses liées à la santé est confirmé. Seulement 5 % des dépenses totales ont été dépensées en faveur de mesures liées à la santé. Seuls 8 États membres sur 19 ont eu recours au soutien accordé au titre de SURE pour financer ce type de mesures. Le règlement SURE autorise le financement de toute mesure sanitaire liée à la COVID-19, mais met en particulier l’accent sur les mesures prises sur le lieu de travail, qui représentent 22 % de l’ensemble des dépenses liées à la santé (graphique 8) 19 . Les mesures prises sur le lieu de travail sont principalement celles qui facilitent un retour au travail en toute sécurité en réduisant les risques professionnels, y compris pour les professionnels de la santé.

Graphique 8: Part des dépenses liées à la santé sur le lieu de travail

Source: déclarations des États membres (février 2023).

Graphique 9: Ventilation des types de mesures liées à la santé (nombre d’États membres concernés)

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