COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 28.6.2023
COM(2023) 384 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2021
| CELEX | 52023DC0384 |
| Type | Acte préparatoire |
| Date | mercredi 28 juin 2023 |
COMMISSION EUROPÉENNE
Bruxelles, le 28.6.2023
COM(2023) 384 final
RAPPORT DE LA COMMISSION AU PARLEMENT EUROPÉEN ET AU CONSEIL
sur le suivi de la décharge pour l’exercice 2021
Rapport sur le suivi des demandes adressées par le Parlement européen dans ses résolutions sur la décharge et par le Conseil dans sa recommandation sur la décharge pour l’exercice 2021
1.Introduction
L’année 2021 a été marquée par la levée des restrictions liées à la pandémie de COVID-19 et la reprise économique à l’échelle de l’Union européenne. D’un point de vue budgétaire, il s’agissait de la première année de mise en œuvre de l’instrument temporaire de relance de l’Union (et de sa clé de voûte, la facilité pour la reprise et la résilience, ou FRR) et de l’année de début du nouveau cadre financier pluriannuel (CFP), les programmes entrant en vigueur alors même que les programmes de dépenses du précédent CFP étaient toujours en cours et continuaient de répondre aux priorités transversales de l’Union.
Le 10 mai 2023, le Parlement européen a décidé, en tenant compte d’une recommandation du Conseil, de donner décharge à la Commission pour son exécution du budget de l’Union en 2021. Dans le cadre de la procédure de décharge 2021, le Parlement européen, dans sa résolution sur la décharge, et le Conseil, dans sa recommandation sur la décharge, ont adressé plusieurs demandes à la Commission. Cette dernière adhère aux principaux objectifs qui sous-tendent ces demandes, à savoir:
·protéger le budget de l’Union contre les erreurs de dépenses, la fraude ou toute ingérence malveillante: la Commission prend toutes les mesures nécessaires pour protéger le budget de l’Union (y compris, le cas échéant, par la suspension de paiements et par des corrections financières);
·placer la performance au centre de l’exécution budgétaire: les fonds devraient être dépensés conformément aux priorités de l’Union et produire les résultats escomptés sur le terrain, en se traduisant ainsi par des retombées tangibles et des changements positifs pour le grand public et les autres bénéficiaires;
·trouver un juste équilibre global: il est important de trouver un juste équilibre entre différents objectifs (tels que la réduction des erreurs, une protection solide contre le détournement de fonds, la rapidité des paiements, un niveau élevé de transparence, le maintien à un niveau raisonnable des coûts et de la charge des contrôles pour les autorités publiques et les bénéficiaires et l’assurance que les dépenses de l’Union apportent une réelle valeur ajoutée).
Le présent rapport sur le suivi de la procédure de décharge 2021 résume, dans le cadre des rapports financiers et sur la responsabilité intégrés, les mesures prises par la Commission en réponse aux demandes formulées dans la section «Priorités politiques» de la résolution sur la décharge. La Commission présentera des informations plus détaillées et actualisées en réponse à l’ensemble des demandes spécifiques lorsque la procédure de décharge 2022 débutera dans le courant de l’année.
2.Amélioration du système de contrôle applicable aux fonds de l’UE
a.Numérisation des contrôles et des audits
La proposition de la Commission de réviser le règlement financier, qui est actuellement examinée par le Parlement européen et le Conseil en tant que colégislateurs, est l’occasion d’accroître encore la protection du budget de l’Union dans tous les modes de gestion contre les irrégularités, la fraude, la corruption et les conflits d’intérêts. Les modifications législatives proposées sont nécessaires à la mise en œuvre de nouvelles mesures.
Dans le cadre des règles proposées, la Commission envisage de rendre obligatoire et plus efficace l’utilisation d’un système informatique intégré pour l’exploration de données et le calcul du risque dans tous les États membres. Ce système informatique permet de répertorier les mesures, les marchés et les bénéficiaires qui sont vulnérables aux irrégularités, à la fraude, à la corruption et aux conflits d’intérêts. La Commission a développé cet outil informatique, dénommé Arachne, et l’a fourni aux États membres qui exécutent le budget de l’Union en gestion partagée et au titre de la FRR. Il est déjà largement employé dans le domaine de la politique de cohésion et, dans une certaine mesure, pour les dépenses agricoles. L’utilisation d’Arachne est actuellement facultative, mais le fait de la rendre obligatoire représenterait une avancée majeure. Les modifications proposées visent également à normaliser davantage l’enregistrement et le stockage des données sur les destinataires de tous les fonds de l’Union et l’interopérabilité du système avec d’autres sources de données.
La Commission a également proposé d’étendre le champ d’application et l’efficacité du système de détection rapide et d’exclusion (EDES). EDES fournit un ensemble de mesures de protection du budget de l’Union contre les opérateurs économiques peu fiables et auteurs de fraudes. En particulier, il permet aux ordonnateurs de détecter tous les opérateurs économiques peu fiables en raison de leur implication dans des inconduites, y compris des irrégularités et de la fraude, et qui représentent donc un risque pour l’intégrité du budget de l’Union, de les inscrire sur une liste noire, et, éventuellement, de les exclure pour une période limitée des futures attributions de marchés financés par le budget de l’Union. La Commission a proposé à la fois d’étendre l’application d’EDES aux fonds en gestion partagée et de mieux cibler les fonds en gestion directe, y compris lorsque les fonds sont décaissés en tant que contributions financières aux États membres (par exemple au titre de la FRR), de sorte qu’elle soit en mesure d’agir pour les motifs d’exclusion les plus graves. L’objectif est également d’imposer que les décisions d’exclusion prises au niveau de l’Union soient appliquées au niveau national en cas de gestion partagée. La Commission a aussi proposé de permettre d’exclure des appels d’offres pour des marchés publics, et en fin de compte de l’obtention de fonds de l’Union, les entités affiliées et/ou les bénéficiaires effectifs d’une entité principale exclue.
EDES et Arachne restent deux systèmes différents, mais la Commission étudie actuellement la possibilité d’insérer dans Arachne les exclusions contenues dans la base de données EDES afin d’alimenter l’outil d’exploration de données et de fournir un point d’entrée unique.
b.État de droit et valeurs fondamentales
La Commission tire pleinement parti de tous les instruments disponibles pour veiller à remédier aux violations et aux risques de violation des principes de l’état de droit portant atteinte à la bonne gestion financière du budget de l’Union et à ses intérêts financiers.
Un instrument important est le règlement sur la conditionnalité, applicable depuis le 1er janvier 2021.
La première notification de la Commission au titre du règlement sur la conditionnalité a été adressée à la Hongrie le 27 avril 2022. Cette notification a amorcé un processus d’évaluation et d’échange d’informations avec la Hongrie qui a duré jusqu’à la mi-septembre et a conduit la Commission à présenter une proposition de décision du Conseil le 18 septembre 2022.
Le 15 décembre 2022, le Conseil a adopté une décision d’exécution au titre du règlement sur la conditionnalité par laquelle elle a suspendu 55 % des engagements pour trois programmes de la politique de cohésion (les engagements suspendus s’élèvent à environ 6,3 milliards d’EUR au titre du CFP 2021-2027). Le Conseil a également interdit tout nouvel engagement juridique avec des fiducies d’intérêt public dans le cadre de programmes gérés directement ou indirectement par la Commission. Ces fiducies d’intérêt public sont des organisations telles que des universités poursuivant des objectifs d’intérêt public, pour lesquelles il subsiste des problèmes de conflit d’intérêts.
À présent que des mesures budgétaires ont été adoptées par le Conseil, conformément au règlement sur la conditionnalité, la Hongrie peut présenter et prendre de nouvelles mesures correctives en vue de donner suite aux constatations de la Commission et de démontrer à celle-ci que les conditions d’application des mesures budgétaires ne sont plus remplies. Le règlement sur la conditionnalité dispose que, lorsque la Commission considère qu’il a été remédié en partie ou en tout aux problèmes, elle doit présenter au Conseil une proposition de décision d’exécution visant à adapter ou à lever les mesures adoptées, et ce, au moyen d’une notification écrite. Au moment de l’élaboration du présent rapport (le 15 juin 2023), la Hongrie n’avait pas présenté de notification écrite de ce type.
La Hongrie s’est engagée à faire rapport à la Commission tous les trois mois jusqu’au 31 décembre 2028 sur la mise en œuvre, le maintien et l’application de toutes les mesures correctives. Le deuxième rapport était prévu pour le 16 juin 2023.
La Commission suit la situation générale de l’état de droit en Hongrie (et pas seulement les questions faisant l’objet des mesures correctives), comme elle le fait pour tous les autres États membres.
Outre le règlement sur la conditionnalité, le règlement FRR peut lui aussi, dans les limites de son champ d’application, contribuer à résoudre les problèmes en matière d’état de droit recensés dans les recommandations par pays.
En outre, conformément à l’article 22 du règlement FRR, lorsqu’ils mettent en œuvre la facilité, les États membres prennent toutes les mesures appropriées pour protéger les intérêts financiers de l’Union. Comme l’exige le règlement FRR, la Commission a évalué, dans le cadre de la procédure d’approbation des plans nationaux pour la reprise et la résilience (PNRR), si les systèmes de contrôle de l’État membre donnaient l’assurance nécessaire pour protéger les fonds de la FRR.
Dans certains cas, afin de garantir le respect de l’article 22 du règlement FRR, la Commission a établi des mesures convenues avec l’État membre et contribuant à la protection des intérêts financiers de l’Union en ce qui concerne la mise en œuvre de la facilité sous la forme de jalons devant être atteints de manière satisfaisante avant tout versement.
À la suite des propositions de la Commission, les décisions d’exécution du Conseil relatives aux PNRR de la Hongrie et de la Pologne établissent plusieurs jalons de ce type, y compris des mesures visant à résoudre les problèmes liés à l’état de droit.
Au cours de la période 2021-2027, les États membres doivent également se conformer à certaines conditions favorisantes horizontales ou thématiques. Il s’agit là de conditions préalables à la réalisation concrète et rationnelle des objectifs spécifiques des fonds en gestion partagée. Une condition favorisante horizontale concerne l’application et la mise en œuvre concrètes de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la «charte»). Les propositions de programmes des États membres comprenaient une évaluation visant à déterminer si les conditions favorisantes liées aux objectifs spécifiques sélectionnés étaient remplies. La Commission a examiné ces évaluations et a constaté que tous les États membres, à l’exception de la Hongrie et de la Pologne, remplissaient la condition favorisante horizontale relative à la charte 1 . La Commission collabore actuellement avec la Hongrie et la Pologne afin de résoudre les problèmes en suspens.
c.Renforcement des mesures relatives à l’intégrité
La Commission a à la fois un engagement politique et l’obligation juridique de veiller à ce que les organisations et les projets impliqués dans des pratiques criminelles ou incompatibles avec les valeurs de l’Union ne bénéficient pas du soutien financier de celle-ci.
La suspension rapide, en décembre 2022, du financement octroyé à l’organisation non gouvernementale (ONG) «No Peace without Justice», mêlée au «scandale du Qatargate», a illustré les mesures concrètes que la Commission peut prendre en vertu des règles financières de l’Union.
Toutes les entités qui demandent un financement de l’Union sont soumises aux mêmes règles, quel que soit leur statut. Le règlement financier fournit à la Commission une panoplie de mesures qu’elle peut prendre lorsqu’elle exécute directement le budget. Ces mesures comprennent des procédures de sélection rigoureuses fondées sur des critères objectifs visant à garantir que le financement soit conforme aux valeurs de l’Union. Pendant la mise en œuvre, les bénéficiaires d’un financement de l’Union sont tenus de fournir sans délai toutes les informations demandées par la Commission afin que celle-ci puisse vérifier l’éligibilité des coûts ou les contributions déclarées, la bonne exécution de l’action et le respect des autres obligations découlant de la convention de subvention (notamment la fourniture d’informations sur les sources de financement autres que le budget de l’Union si cela est utile pour démontrer la conformité). En ce qui concerne la gestion indirecte du budget, le règlement financier impose aux personnes et aux entités exécutant le budget de l’Union de se conformer au droit applicable de l’Union et aux normes reconnues au niveau international et de l’Union et, par conséquent, de ne pas financer des actions qui contredisent les valeurs de l’Union.
La Commission veille également, par la mise en œuvre d’EDES, à ce que les fonds de l’Union ne profitent pas aux organisations qui vont à l’encontre des valeurs de l’Union. Les motifs permettant d’exclure des demandeurs de la participation aux procédures d’attribution ou de la sélection aux fins de la mise en œuvre de fonds de l’Union comprennent la commission d’une faute professionnelle grave, le financement du terrorisme, la fraude et la corruption. L’exclusion de la participation aux procédures d’attribution peut être décidée non seulement lorsque l’organisation elle-même se trouve dans une situation d’exclusion, mais aussi lorsqu’une personne qui est membre de son organe d’administration, de direction ou de surveillance (ou toute personne qui possède des pouvoirs de représentation, de décision ou de contrôle à l’égard de l’organisation) ou ses bénéficiaires effectifs se trouvent dans une situation d’exclusion établie par un jugement définitif ou une décision administrative définitive.
Dans le cadre de son engagement constant à améliorer le système de protection des intérêts financiers de l’Union, la Commission a proposé d’ajouter «l’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence» en tant que nouvelle situation explicite d’exclusion et d’inclure une définition des ONG dans la proposition de refonte du règlement financier ainsi qu’une obligation correspondante pour les demandeurs de subventions d’indiquer s’ils sont ou non des ONG.
Au-delà de l’objectif spécifique de protection du budget de l’Union, la Commission a également adopté un train de mesures anticorruption le 3 mai 2023. Ce train de mesures comprend une directive relative à la lutte contre la corruption, qui (en cas d’adoption par les colégislateurs) harmoniserait les dispositions nationales définissant la corruption et les infractions et sanctions qui y sont liées, afin de garantir que des instruments de droit pénal hautement efficaces, proportionnels et dissuasifs soient mis en place de manière uniforme pour lutter contre l’ensemble des infractions de corruption, mieux prévenir la corruption et améliorer l’application de la législation. Il comprend également une proposition visant à compléter la panoplie de mesures restrictives (sanctions) relevant de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) par un régime de sanctions spécial pour lutter contre les actes graves de corruption dans le monde entier.
La Commission a aussi adopté, le 8 juin 2023 2 , une proposition de création d’un organe interinstitutionnel chargé des questions d’éthique, couvrant les membres des institutions de l’Union, comme la présidente von der Leyen l’avait annoncé au début de son mandat et après que des consultations informelles ont été menées auprès des autres institutions. La création de l’organe chargé des questions d’éthique rendra possible la mise en place, pour la première fois, de normes communes en matière de conduite éthique des membres des institutions de l’Union et d’un mécanisme formel de coordination et d’échange de vues sur les exigences en matière d’éthique entre les institutions.
Outre la Commission, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et le Parquet européen, dans le cadre de leurs capacités respectives, effectuent des contrôles et des enquêtes pour vérifier que le budget de l’Union est dépensé conformément aux règles applicables.
Si l’actuel CFP repose sur la stabilité des effectifs de toutes les institutions, l’augmentation de la charge de travail de l’OLAF a conduit les colégislateurs, sur la base des propositions de la Commission, à augmenter les effectifs de l’OLAF de 13 équivalents temps plein (ETP) dans les budgets des deux dernières années (sept ETP dans le budget 2022 et six dans le budget 2023). La Commission a proposé d’augmenter à nouveau les effectifs de l’OLAF de deux ETP pour le projet de budget 2024. Cette augmentation est compensée ailleurs au sein de la Commission.
De même, le personnel du Parquet européen a plus que triplé entre 2020 et 2022, tandis que le financement de l’Union a été multiplié par cinq au cours de la même période, proportionnellement à sa mise en service en 2021 et à l’augmentation ultérieure du nombre de ses enquêtes et poursuites. Le budget de l’Union fournit un financement important au Parquet européen, conformément au rôle clé qu’il joue dans la lutte contre la fraude. Plus précisément, 118 agents supplémentaires ont été ajoutés au Parquet européen dans le budget 2022, et la contribution de l’Union a été revue à la hausse de 11,2 millions d’EUR pour couvrir le coût salarial supplémentaire. Le personnel du Parquet européen reste stable en 2023 par rapport à 2022, mais, à la demande du Parquet européen, la structure du personnel a été modifiée en convertissant 20 postes d’agents contractuels en postes inscrits au tableau des effectifs. La modification de la structure du personnel et l’augmentation correspondante des coûts salariaux figurent dans la proposition de la Commission relative aux effectifs et au financement du Parquet européen dans le projet de budget 2024.
d.Le système de contrôle de la FRR
-Structures de gouvernance, processus internes et stratégies de contrôle
La FRR offre un soutien financier fondé sur la performance. Les fonds de la FRR sont décaissés lorsque les États membres ont atteint des étapes clés (appelées «jalons» et «cibles») de la mise en œuvre des réformes et des investissements prévus dans les PNRR. Pour chaque demande de paiement, la Commission veille à avoir une assurance raisonnable quant au fait que les jalons et cibles sous-jacents ont été atteints de manière satisfaisante.
En outre, les États membres sont tenus de mettre en place des systèmes de contrôle appropriés pour détecter et prévenir la fraude, la corruption, le double financement et les conflits d’intérêts ainsi que de contrôler régulièrement la mise en œuvre du plan conformément à l’ensemble de la législation nationale et de l’Union applicable. En cas d’irrégularités graves ponctuelles, l’État membre concerné est tenu de prendre des mesures correctives et, à défaut, il appartient à la Commission de récupérer les fonds auprès de l’État membre. L’évaluation des plans nationaux par la Commission comprend une évaluation des cadres d’audit et de contrôle des États membres décrits dans ces plans. Une évaluation positive n’est possible que s’il a été constaté que ces cadres protégeaient de manière adéquate les intérêts financiers de l’Union.
Au cours de la mise en œuvre et conformément à sa stratégie d’audit, la Commission effectue des audits des systèmes portant sur les systèmes de contrôle des États membres afin de veiller à ce qu’ils préviennent et détectent de manière adéquate les irrégularités graves ou les manquements graves aux obligations de la convention de financement. Dans le cadre de ces audits des systèmes, la Commission vérifie également que les systèmes des États membres prévoient et vérifient la conformité aux règles de l’Union et nationales, notamment en ce qui concerne les procédures de passation de marchés publics. La Commission avait contrôlé 23 systèmes nationaux à la fin du mois d’avril 2023 et entend contrôler tous les autres systèmes avant la fin de 2023. En outre, et en réponse aux recommandations de la Cour des comptes européenne (CCE), la Commission vérifie régulièrement, depuis le début de l’année 2023, que les États membres s’assurent du respect des règles applicables en matière de marchés publics et d’aides d’État. En cas de défaillances systématiques du système constituant un manquement grave aux obligations, la Commission peut suspendre et recouvrer entre 5 % et 100 % des fonds alloués à l’État membre concerné.
La Commission effectue également des audits fondés sur les risques en ce qui concerne les jalons et cibles inclus dans les demandes de paiement. Lors de ces audits, elle vérifie l’exactitude et la fiabilité des données figurant dans ces demandes de paiement.
Les mesures de contrôle de la Commission sont complétées par les audits et enquêtes effectués par son service d’audit interne, par la Cour des comptes, par le Parquet européen et par l’OLAF.
-La communication de la Commission définissant le cadre permettant d’apprécier si les jalons et cibles ont été atteints de manière satisfaisante et d’évaluer la méthode de détermination de la suspension des paiements
La communication de la Commission 3 , publiée le 21 février 2023, apporte davantage de clarté et de transparence sur les procédures que la Commission a mises en place pour mettre en œuvre la FRR.
Le cadre démontre que l’évaluation des jalons et cibles par la Commission repose sur des éléments objectifs et vérifiables, tout en offrant une flexibilité raisonnable. Des écarts minimes par rapport aux montants, aux exigences formelles, au calendrier ou au contenu peuvent être acceptés dans un nombre limité de circonstances et seront définis de manière transparente afin de permettre un contrôle externe par le comité économique et financier, ainsi que par la Cour des comptes et le Parlement européen.
La méthode à appliquer pour la suspension des paiements permet à la Commission de déterminer le montant à suspendre si un jalon ou une cible n’est pas atteint de manière satisfaisante. La Commission procède à cette détermination dans le plein respect des principes d’égalité de traitement et de proportionnalité et conformément à la nature de la FRR, qui est fondée sur la performance. La méthode a été appliquée pour la première fois en mai 2023 pour un paiement en faveur de la Lituanie.
3.Transparence du budget de l’UE et des activités de rapport
La Commission et les États membres mettent déjà à disposition un large éventail d’informations sur les bénéficiaires des fonds de l’Union (par exemple, par l’intermédiaire du système de transparence financière 4 ou des sites web nationaux sur la transparence de la politique agricole commune). La proposition de révision du règlement financier, si elle était acceptée par les colégislateurs, améliorerait encore les rapports élaborés par la Commission dans ce domaine en faisant en sorte que la liste des bénéficiaires de fonds de l’Union dans l’ensemble des modes de gestion soit publiée dès le début de la nouvelle période de programmation.
Plus précisément, la proposition de révision du règlement financier exigerait i) que les États membres exécutent le budget de l’Union en gestion partagée ou qu’ils reçoivent et exécutent des fonds de l’Union en gestion directe et ii) que les personnes et entités exécutant le budget de l’Union en gestion indirecte transmettent au moins une fois par an à la Commission, pour publication, des informations sur les bénéficiaires et les montants des fonds de l’Union. La Commission serait chargée de consolider, de centraliser et de publier les informations sur les bénéficiaires des fonds de l’Union dans une base de données sur un site internet unique, couvrant tous les modes de gestion.
Outre les données relatives aux bénéficiaires des fonds, la Commission fournit également des informations au niveau des projets et des programmes pour différents programmes de dépenses au titre du CFP 2021-2027 (par exemple, par l’intermédiaire de sa plateforme de données ouvertes pour la cohésion et de son site web Kohesio, tous deux consacrés à l’utilisation des fonds de la politique de cohésion).
En ce qui concerne le financement au titre de la FRR, l’entrée en vigueur des modifications apportées au règlement FFR au titre de REPowerEU le 1er mars 2023 a encore renforcé la transparence en exigeant des autorités nationales qu’elles publient des informations sur les 100 destinataires finaux recevant les financements les plus élevés dans le cadre de la FRR pour chaque État membre. Les premiers portails nationaux ont été publiés en avril 2023 et les premières données, telles que communiquées par les États membres, ont été publiées dans le tableau de bord de la reprise et de la résilience le 23 mai 2023.
En outre, la Commission a récemment publié une carte interactive de l’Union afin de fournir un accès aisé aux informations sur les réformes et les investissements exemplaires financés par la FRR. Cette carte permet de visualiser les investissements par zone et fournit des informations spécifiques sur l’avancée de leur mise en œuvre. Elle ne contient pas de liste exhaustive de toutes les réformes et de tous les investissements, mais elle est mise à jour régulièrement (en tenant compte des informations de plus en plus nombreuses fournies par les États membres dans le cadre de l’évaluation des demandes de paiement, ainsi que des informations sur les 100 destinataires finaux recevant les financements les plus élevés dans le cadre de la FRR pour chaque État membre).
Les portails nationaux et la carte interactive complètent le tableau de bord de la reprise et de la résilience, qui donne un aperçu des progrès accomplis dans la mise en œuvre des PNRR.
La Commission garantit également la transparence en ce qui concerne ses passifs éventuels en publiant un rapport annuel 5 à ce sujet, qui comprend une vue d’ensemble des passifs éventuels liés aux prêts au titre de la FRR.
4.Performance du budget de l’UE
La Commission attache la plus grande importance à l’optimisation de l’efficacité des dépenses de l’Union.
Pour les grands programmes de dépenses relevant du nouveau CFP, des analyses d’impact ou des évaluations ex ante ont été réalisées pour garantir leur efficacité dès la conception, notamment en fixant des objectifs clairs et en ciblant un certain nombre d’indicateurs de performance de haute qualité. Dans le cadre de ce processus, la Commission a également mené une série de consultations publiques couvrant les principaux domaines de dépenses afin de recueillir l’opinion de toutes les parties intéressées. Le comité d’examen de la réglementation analyse tous les rapports d’analyse d’impact, les bilans de qualité et certaines évaluations, et fournit son assurance de la qualité pour les rapports qu’il examine.
La Commission a intégré ses priorités transversales dans le budget de l’Union. Ses efforts dans ce domaine sont pleinement conformes au calendrier et aux jalons convenus par les colégislateurs dans l’accord interinstitutionnel de décembre 2020, qui prévoit l’intégration de différentes priorités dans le budget de l’Union à des degrés divers, en fonction de considérations politiques et de ressources, et vont même au-delà de ces objectifs.
En ce qui concerne le suivi des dépenses liées à l’égalité entre les femmes et les hommes, la Commission a publié (en avance par rapport au calendrier fixé dans l’accord interinstitutionnel) une méthode qui a été appliquée à titre d’essai à l’ensemble du budget de l’Union (plutôt qu’à une sélection de programmes gérés de manière centralisée, comme le prévoit l’accord interinstitutionnel).
La Commission reconnaît que la méthode de suivi des dépenses liées au climat pour la période 2014-2020 présentait des lacunes et rappelle qu’en fixant son objectif de dépenses en matière de climat et en contrôlant sa réalisation, elle était liée par cette méthode ainsi que par les hypothèses et contraintes sous-jacentes. La Commission a communiqué sa méthode de manière claire et transparente.
Pour la nouvelle période de programmation 2021-2027, la Commission a renforcé plusieurs aspects de sa méthode de suivi des dépenses liées au climat. La pertinence d’une mesure/intervention distincte pour le climat est désormais évaluée sur la base de son incidence attendue plutôt que de son objectif (c’est-à-dire en cherchant à savoir si elle a été spécifiquement conçue pour contribuer aux actions en faveur du climat). Cela permet de garantir que des actions similaires dans différents programmes de dépenses soient évaluées de la même manière (c’est-à-dire qu’elles se voient attribuer le même coefficient climatique de l’Union). En outre, tous les programmes de dépenses de l’Union tiennent compte du principe de «ne pas nuire» lorsqu’ils poursuivent leurs objectifs, bien que de différentes manières. À un niveau agrégé, un mécanisme d’ajustement au changement climatique a été mis en place; celui-ci habilite la Commission à proposer des modifications aux différents programmes de dépenses de l’Union si l’objectif global de dépenses minimales en faveur du climat pour l’ensemble du budget de l’Union risque de ne pas être atteint.
Non seulement la Commission calcule la part des dépenses consacrées à une priorité donnée, mais elle mène aussi trois exercices méthodologiques à titre d’essai dans les domaines du climat, de la transition numérique et de l’emploi. Ces essais permettent de mesurer les résultats concrets obtenus au niveau du budget de l’Union. En particulier, la Commission élabore actuellement une méthode visant à quantifier l’incidence globale des interventions liées au climat financées au titre de la FRR en termes d’émissions de gaz à effet de serre qui ont été évitées, en tenant compte des contraintes et des limites en matière de données. Cette méthode servira de base au premier rapport d’impact sur les obligations vertes NextGenerationEU que la Commission prévoit d’émettre d’ici la fin de 2023. La Commission entend ensuite appliquer cette méthode à l’ensemble du budget de l’Union.
5.Engagements budgétaires restant à liquider — reste à liquider (RAL) et mesures visant à accélérer la mise en œuvre des fonds de l’UE
Les engagements restant à liquider (communément appelés «RAL», ou «reste à liquider») sont des montants qui ont été engagés mais qui n’ont pas encore été liquidés. Ils s’élevaient à 452,2 milliards d’EUR à la fin de 2022 (contre 341,6 milliards à la fin de 2021). La principale raison de l’augmentation du RAL en 2022 a été la mise en œuvre de la partie non remboursable de NextGenerationEU, qui a augmenté le RAL total de 189,1 milliards d’EUR (soit 42 % du RAL total) à la fin de 2022. Comme prévu, les recettes affectées des programmes NextGenerationEU continueront d’augmenter le RAL dans les années à venir, car les engagements seront effectués jusqu’à la fin de 2023, tandis que les paiements seront effectués jusqu’en 2026 6 .
En ce qui concerne les mesures visant à faciliter l’absorption des fonds de l’Union:
-Au cours des procédures budgétaires annuelles, la Commission continuera de proposer des niveaux de crédits de paiement qui répondent de manière adéquate aux besoins de paiements. Ces niveaux tiendront compte des règles de mise en œuvre de certains programmes et fonds qui ont été adoptées par les colégislateurs.
-Certaines simplifications de grande ampleur ont été adoptées dans le règlement portant dispositions communes (RPDC) et dans le nouveau cadre législatif de la politique agricole commune pour la période (notamment grâce à son nouveau modèle de mise en œuvre). Il s’agit notamment d’un recours plus large aux options simplifiées en matière de coûts. Actuellement, étant donné que la programmation des fonds relevant du RPDC a été achevée, la Commission se concentre (et collabore avec les États membres) sur la mise en œuvre rapide, harmonieuse et de qualité des programmes. Les progrès accomplis feront l’objet d’un suivi attentif et la Commission proposera, le cas échéant, des mesures d’atténuation aux États membres.
-La Commission souligne que plusieurs mesures sont en place pour coordonner la mise en œuvre simultanée de la FRR et des fonds de la politique de cohésion, éviter le risque de double financement et répondre aux problèmes liés à la capacité administrative nationale. Les investissements prévus et mis en œuvre dans le cadre des deux instruments doivent être coordonnés. Les documents de programmation au titre des deux instruments doivent préciser comment ils se compléteront mutuellement. Afin d’assurer une bonne coordination, les arrangements opérationnels signés avec les États membres au titre de la FRR comprennent également une manifestation annuelle des parties prenantes qui se tiendra dans chaque État membre afin de discuter, entre autres, de la complémentarité et des synergies entre la FRR et d’autres programmes de l’Union. La Commission fournit également en permanence un soutien administratif et des orientations en vue d’améliorer la capacité administrative des États membres, au moyen d’une assistance technique dans le cadre de la politique de cohésion, de l’instrument d’appui technique, d’échanges entre pairs et de réseaux de praticiens. Par exemple, la plupart des États membres ont reçu le soutien de l’instrument d’appui technique pour préparer leurs chapitres REPowerEU et pour recenser les réformes et les investissements visant à réduire la dépendance à l’égard des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie.
6.Perspectives
La Commission s’engage à produire des résultats sur les priorités mises en évidence par le Parlement européen et le Conseil à la suite de la procédure de décharge 2021.
En 2021, la Commission s’attaquait aux problèmes posés par la pandémie de COVID-19. Depuis lors, l’Union a été confrontée à une nouvelle réalité du fait de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, à une flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, à un nouvel environnement macroéconomique caractérisé par une forte hausse des taux d’intérêt et de l’inflation, ainsi qu’à un large éventail de crises humanitaires et de catastrophes environnementales.
Les crises et les situations d’urgence auxquelles le budget de l’Union a été appelé à faire face, conjuguées à la nécessité persistante de mettre en œuvre les priorités politiques de l’Union, y compris la double transition écologique et numérique, exercent une pression considérable sur le CFP. Les flexibilités budgétaires convenues en 2020 pour l’actuel CFP étaient déjà très limitées au départ: il a été d'autant plus difficile de mobiliser des fonds afin de financer de nouvelles priorités ou de résoudre des difficultés imprévues.
Dans ce contexte, et afin de garantir que l’Union puisse atteindre ses objectifs les plus urgents, la Commission a présenté, en juin 2023, un examen à mi-parcours du CFP 2021-2027, faisant le point sur la mise en œuvre à ce jour et proposant des solutions aux problèmes qui se posent pour le budget de l’Union.
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Dans le cas de Chypre, la Commission a considéré que la condition favorisante horizontale relative à la charte n’était pas remplie uniquement pour le Fonds «Asile, migration et intégration» (FAMI) et l’instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (IGFV).
Communication de la Commission (C (2023) 311 final) — Proposition relative à un organe interinstitutionnel chargé des questions d’éthique
Communication de la Commission COM(2023) 99 final, La facilité pour la reprise et la résilience deux ans après son lancement – Un instrument unique au cœur de la transformation verte et numérique de l’UE
Le système de transparence financière (STF) fournit des informations détaillées sur le budget de l’Union exécuté directement par la Commission européenne ou indirectement par des entités chargées de l’exécution.
Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil sur les instruments financiers, les garanties budgétaires, l’assistance financière et les passifs éventuels – Situation à la date du 31 décembre 2021, COM(2022) 560 final.
De plus amples informations sur le niveau du RAL sont disponibles i) dans les comptes annuels de l’Union pour 2022, ii) dans le document de travail V joint au projet de budget pour 2024 et iii) dans le rapport annuel sur les prévisions à long terme concernant les entrées et les sorties futures du budget de l’Union 2021-2027, qui fait partie des rapports financiers et sur la responsabilité intégrés. En outre, la Commission fournit des informations pertinentes au Parlement européen et au Conseil lors de réunions interinstitutionnelles consacrées aux paiements qui se tiennent trois fois par an.